Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

samedi 23 décembre 2017

Ordonnances Macron amères : la Convention Collective de la Chimie menacée

Depuis six semaines et 2 réunions paritaires plénières, une intersyndicale CGT,  CFE-CGC et FO a engagé contre l’UIC (Union des Industries Chimiques) un bras de fer afin de maintenir des dispositions non dérogeables en entreprises, en matière de salaires minima, ainsi que des primes et des repos liés aux conditions et rythmes de travail, d’ancienneté, etc. et des garanties de salaire en maladie.

Les trois organisations syndicales  (la CFDT ne s’y associe pas, comme c’est original !) ne revendiquent pas de droits nouveaux, juste le maintien du socle de droits conventionnels existant. Pour L’UIC, c’est encore trop, et la chambre patronale affiche ainsi clairement la volonté de ses adhérents de réduire les garanties pour les salariés.

Il est vital de défendre aujourd’hui la Convention Collective Nationale des Industries Chimiques

Les nombreuses garanties obtenues au fil du temps et inscrites dans la Convention Collective pour tous les salariés, quelle que soit leur catégorie professionnelle, pourront demain être remises en cause par l’UIC, conséquence des ordonnances Macron.
Certaines de ces garanties peuvent être méconnues par les salariés, mais elles sont généralement la base d’accords qui les améliorent dans les entreprises. Pour les salariés des plus petites entreprises, ces garanties constituent bien souvent une partie importante de la rémunération. Dans tous les cas, elles agissent comme un filet de sécurité en cas de difficultés.

Primes d’anciennetés : limitées à 15 ans pour les salariés des deux premiers collèges, elle représente par exemple 267 euros mensuels pour un technicien classé à 275 ayant 12 ans d’ancienneté. Dans une entreprise payant les salariés au minimum conventionnel, c’est plus de 10% de la rémunération.

Travailleurs postés : la Convention garantit une prime minimale de 20% du taux minimum conventionnel pour chaque heure effectuée de nuit. Elle prévoit également une prime de 100% de ce taux horaire pour le travail du dimanche, doublée d’un jour de récupération (qui peut être payé) pour les jours fériés. Pour un opérateur classé à 190, c’est la garantie d’une majoration minimale de 70 euros par dimanche par exemple.

Maintien du salaire en cas de maladie : à partir d’un an d’ancienneté, le salaire est maintenu à 100 % pendant quatre mois. Ce délai est porté à six mois pour sept ans d’ancienneté. C’est cette disposition qui impose aux entreprises le paiement des jours de carence aujourd’hui au nombre de trois.

Rémunération des cadres : c’est la convention collective qui oblige aujourd’hui les entreprises à prévoir des augmentations minimales équivalentes pour les salariés du troisième collège lorsqu’elles sont négociées pour les salariés des deux premiers collèges ? Et demain ?

Suppression DP-CE-CHSCT et réduction du nombre d’élus : que ce soit dans les ateliers ou dans les sièges sociaux, le CHSCT est un véritable garde-fou essentiel aux conditions de travail des postés comme à la préservation de la santé des cadres. Faire croire, comme le font les ordonnances, que les prérogatives sont transférées tout en supprimant la souveraineté de cette commission et ses représentants est tout simplement criminel.
Prétendre que les salariés seront protégés car les dérogations à ces élément ne seront possibles qu’en cas d’accord majoritaire est mensonger. Cela ne fera qu’encourager les chantages à l’emploi comme cela a été le cas dans d’autres secteurs (Smart, Bosh, etc.) avec les résultats que l’on connait : les salariés se déchirent, les remises en cause passent par referendum, puis, de toute façon, les licenciements tombent.  

Devant la gravité de la situation, les fédérations de la Chimie CFE-CGC, FNIC-CGT et Fédéchimie FO ont décidé de passer outre leurs divergences et de se rejoindre autour d’une revendication commune : demander ensemble à l’UIC de négocier un accord qui permettrait à tous les salariés de la profession, quelle que soit la taille de leur entreprise, le maintien de ces garanties conventionnelles.

L’UIC a répondu qu’elle ne souhaitait pas s’engager dans cette voie.

Face au risque sans précédent de dumping social, d’appauvrissement de toutes les catégories de salariés de la branche (de l’opérateur à l’ingénieur) et d’atteintes inéluctables à la santé et à la sécurité, les trois fédérations ont décidé de maintenir la demande de négociation de ce projet d’accord, préalablement à toute autre discussion avec l’UIC.
Etape dans la mobilisation pour infléchir la position de l’UIC, les trois fédérations invitent les salariés à signer massivement la pétition porteuse de cette exigence. (chère intersyndicale, essayez de rendre possible une signature en ligne sur internet, merci  !

Pétition commune CFE/CGC, CGT , Chimie : (voir image)

Branche Chimie : pour une Convention Nationale Collective des Industries Chimiques qui soit un véritable socle de droits pour tous les salariés
Répondant au revendications du MEDEF, Macron et son gouvernement ont fait le choix de la régression sociale en permettant aux employeurs de déroger de façon moins favorable, c’est-à-dire baisser, voire supprimer, différentes éléments de notre convention nationale de la Chimie. Pour exemple, peuvent être concernés :
Primes d’ancienneté,
Primes de nuit, de dimanche ou de férié
Jours de carence et maintien du salaire en cas de maladie
CHSCT
Repos compensateurs
Augmentation générale pour les cadres comme pour les autres salariés

Les organisations CFE-CGC chimie, FNIC-CGT et Fédéchimie FO demandent à l’UIC et aux fédérations associées de maintenir le socle de garanties collectives  existants


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire