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jeudi 15 février 2018

Les délires de Macron : service national contre EHPAD, drôle de priorité

Service national universel ou parcours citoyen ? Quel coût ?
                
En mars 2017, lors d’un discours consacré à la politique de défense, Macron improvisait une mesure nouvelle, un « service national universel, encadré par les armées et la gendarmerie nationale, qui s'adressera aux jeunes femmes et hommes aptes de toute une classe d'âge, soit environ 600.000 jeunes par an»,   Cette mesure ne figurait pas dans son programme qui ne prévoyait à l'origine que de renforcer le service civique mis en place par François Hollande. Eh oui, camarades marcheurs, il arrive que la nouvelle politique  ressemble beaucoup à l’ancienne ! Ce nouveau service national n’était censé duré qu’un mois, devait  inculquer «de la discipline, de l'autorité, des priorités stratégies de la France», mais comprendre aussi «des activités physiques et sportives pour permettre la cohésion» des appelés.

S'agissant de son coût annuel, l'ex-ministre de l'Économie lui-même l'estimait d'abord entre 2 et 3 milliards d'euros par an «en régime de croisière».

En juin 2017: un premier rapport parlementaire s'inquiète des coûts (Ah ce parlement, il est bien embêtant,  trop ancienne politique !). Serge Lepeltier  annonce un coût de fonctionnement compris entre 1,5 et 2 milliards par an, mais l’investissement de départ, est évalué à plus de 15 milliards par Emmanuel Macron lui-même !

Et la Défense fait savoir qu’il est hors de question de  prélever cette somme sur son budget, déjà au maximum du taquet ! Un rapport sénatorial (Raffarin, Reiner) estime le coût du projet à 30 milliards d'euros sur cinq ans et assure que le nouveau service national «ne doit pas ‘tuer dans l'œuf' la remontée en puissance des moyens des armées» Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, affirme que le projet de service national d’un mois s'annonce «très lourd en termes d'organisation et de budget».

Service national universel ? Personne n’en veut, mais Macron s’obstine

En janvier, France Info révèle que les députés LREM qui planchent sur le sujet envisagent de remplacer le service national par un «parcours citoyen» d'une semaine par an, destiné aux collégiens et élèves de seconde, âgés de 10 à 16 ans. Ca, ça parait plus raisonnable. Mais Macron persiste et signe et  lors de ses vœux aux armées le 19 janvier confirme que le SNU «sera mené à son terme». «Il entrera à bon port, il sera conduit par l'ensemble des ministères concernés, et pas simplement par le ministère des Armées, il aura un financement ad hoc, qui ne viendra en rien impacter la loi de programmation militaire 2019-2025.

Rien à voir avec la vieille politique et les sondages montrant qu’une large majorité de Français serait  favorable au retour d'un service national ? Mais leur en a-t-on expliqué le coût ?

Dans un avis rendu le 30 janvier au ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer, le Conseil d'orientation des politiques de jeunesse (COJ), un cercle d'experts, préconise de ne pas rendre le service national universel obligatoire. Le patron de la commission de la Défense de l'Assemblée Jean-Jacques Bridey (LREM) confirme que le service ne peut pas être rendu «obligatoire pour des adultes… Même si c'est adopté par le Parlement, même si on change la Constitution).

En fait, du service national universel, les armées n’en veulent pas, n’ont ni les moyens, ni le temps, ni l’envie de former des citoyens, elles qui ont déjà bien de la peine à former des soldats et à les équiper convenablement ! la ministre de la défense, Mme Parly, à son tour explique « que le service national n'aurait probablement «pas un caractère obligatoire, au sens où les gendarmes viendraient rechercher le réfractaire».

Mais peu importe, Macron persiste à vouloir  que le service national universel soit «obligatoire» et dure autour du trimestre, voire de 3 à 6 mois (...) si l'on intègre un service civique».
Résumons la fantaisie macronesque: Service national universel : 15 milliards immédiatement d’investissement et à 30 milliards d'euros sur cinq ans.

18 milliards pour le service national de Macron, 160 millions pour les Ehpad

En revanche, tout le monde a pu constater l’état lamentable des Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), la manière scandaleuse, indigne, honteuse  dont les personnes âgées dépendantes y sont maltraitées, la pression qui s’exerce sur le personnel soignant et les oblige quasiment à la maltraitance.

Eh bien, nous sommes ravis d’apprendre (sur le site de La Republique en marche) que à partir de 2019, « une enquête de satisfaction sera menée chaque année auprès des résidents, pour évaluer la bienveillance, la bientraitance et la qualité de vie au travail. Les résultats de cette enquête seront publics.Consciente des difficultés que connaissent certains EHPAD, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn en appelé à “arrêter l’EHPAD bashing” et à reconnaître le travail formidable que font les professionnels de santé dans de nombreux établissements. ». !!!

Et la République en marche d »annoncer fièrement : que le gouvernement a « décidé un budget supplémentaire sur le volet « santé » des personnes âgées dépendantes de 160 millions d’euros en 2018 au soutien des EHPAD  pour permettre le recrutement de nouveaux personnels, pour l’accompagnement des établissements en difficulté et pour renforcer la présence des infirmiers de nuit dans les EHPAD.

Donc, vous avez bien lu : 15 milliards immédiatement d’investissement et à 30 milliards d'euros sur cinq ans pour la petite fantaisie de Macron, son  Service National qui de toute façon ne sera pas universel d, et en 2018, 160 millions d’euros  au soutien des EHPAD.


On aimerait en plaisanter, mais c’est l’écœurement qui domine.

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