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mardi 12 décembre 2023

Les déboires de l'éolien offshore_Verbatim Finon_ Beeker

"La crise actuelle de l'éolien offshore n'est pas celle d'une entrée dans la maturité, comme certains la voient, mais d'abord une crise structurelle »

1) La crise actuelle de l'éolien offshore n'est pas celle d'une entrée dans la maturité, comme certains la voient, mais d'abord une crise structurelle »

1a)Le temps des illusions disparues

« L'éolien offshore a été perçu comme la solution miracle pour assurer de manière décarbonée la sécurité d'approvisionnement électrique du continent d'ici dix ans, notamment dans les pays qui rejettent l'option nucléaire, en se basant sur des anticipations de baisses de coût spectaculaires. L'illusion des prix bas de l'éolien offshore est un phénomène collectif qui s'est joué dans les interactions entre les différents types d'acteurs »

« Les pouvoirs publics, confiants dans les vertus indiscriminées de la concurrence, ont accéléré la fréquence des appels d'offre et engendré une course à la subvention zéro en se confortant de voir les prix demandés par les développeurs baisser à chaque appel d'offres pour lancer rapidement le suivant. »

« Les banquiers et fonds d'investissement ont prêté à des taux très bas, en se basant sur les affichages de projets et les prix demandés, et non les réalisations effectives. Les fonds, à la recherche de diversification de leurs activités, cherchaient à prendre pied à n'importe quel prix dans un secteur vert présenté comme extrêmement prometteur, en candidatant de façon agressive tout en cherchant à écarter des concurrents ayant de moindres capacités financières. »

« Ces coûts si bas ne sont en fait que des anticipations sans références »

« Cette illusion a été amplifiée par les ONG et l'International Renewable Agency (IRENA), aux publications orientées et, il faut le dire, trop souvent dénuées d'objectivité »

1b)Les mirages des courbes d’apprentissage

« La croyance dans des courbes d'apprentissage rapide semblables à celles du solaire PV a conduit à la course en avant dans les sauts de taille et le gigantisme qui ont grippé les chaines d’approvisionnement » 

« La croyance dans la possibilité d’apprentissages industriels rapides dans la fabrication de turbines et autres (nacelles, mats, pales, fondations) lors de passage à des tailles plus importantes relève du mirage »

2) « Il s’agit de l’échec d’une politique volontariste de développement d’une option technologique aux contraintes prononcées conçue dans un environnement idéologique d’optimisme technologique et d’utopie verte »

« La production de câbles pour relier les éoliennes entre elles et à la terre devra être multipliée par 20 avant 2030 »

« La disponibilité de navires de toutes tailles. Rien qu’en Allemagne, Richard Lüken, directeur de l'Association de la construction navale (VSM), a évalué le besoin à environ 1 000 navires pour atteindre l'objectif allemand de 30 GW d'ici 2030. »

 « La Cour des comptes européenne constate  dans son rapport de 2023 que la durabilité sociale et environnementale du développement des énergies marines renouvelables est loin d’être garantie »

Démantèlement  : « aucun encadrement juridique n’est pour l’instant prévu pour ces  installations, au contraire des infrastructures pétrolières et gazières en mer »

« On peut affirmer que les objectifs très ambitieux d’installation d’éolien en mer d’ici 2030 sont inatteignables. »

Selon Standard & Poors, il y a une sous-offre de 20 à 50 % selon les maillons de la supply chain qui devrait se prolonger sur les années à venir. Les fabricants en difficulté viennent de fermer certaines de leurs usines et réduire leur main d’œuvre de plusieurs centaines d’employés.

« La stratégie chinoise ( surproduction éolienne) : « tout laisse à penser que ce pays est en train de développer une filière complète avec la maîtrise de tous les segments de la chaîne de valeur. Ce pays dispose non seulement d es moyens technologiques mais aussi organisationnels de livrer des produits « sur étagère », voire « clés en mains », qui auront été de fait normalisés. » 

Verbatim : Étienne Beeker, « Après le boom de l’éolien offshore en Europe : quelles conditions pour un redémarrage ? », Notes de l'Ifri, 23 octobre 2023

Etienne Beeker, Dominique Finon : L’éolien offshore européen dans un trou d’air, https://www.telos-eu.com/fr/economie/leolien-offshore-europeen-dans-un-trou-dair.html

Dominique Finon, Eolien en mer,  Après son envol spectaculaire, un « retour sur terre » difficile, Enerpresse, 11 decembre 2023

jeudi 30 novembre 2023

La presse espagnole sur l'éolien en mer...

 Hier, nous alignions Ouest-France pour un article de propagande éhontée sur l'éolien en mer, à propos de l'anniversaire de la mise en route du parc éolien de Saint-Nazaire. Aujourd'hui, nous leur proposons un exemple qui devrait inspirer la presse française, fourni par nos voisins espagnols. Extraits

"Le géant danois Orsted enregistre des pertes de plusieurs millions de dollars et remet en question l'avenir de l'éolien offshore à l'international." 

" Le principal installateur de parcs éoliens offshore dans le monde connaît de sérieux problèmes et laisse entendre que cette technologie n'est pas aussi rentable que certains l'espéraient"  

"Les problèmes liés à la chaîne d'approvisionnement et la hausse des taux d'intérêt ont gonflé les coûts de 30 % par rapport aux niveaux de 2019... Un autre facteur qui contribue aux pertes économiques de plusieurs millions de dollars d'Orsted et d'autres entreprises du secteur sont les problèmes techniques et de maintenance, car les éoliennes offshore sont exposées à des conditions environnementales extrêmes telles que des vents forts, la salinité et la corrosion," 

" Pour les milliers de familles qui dépendent de l'activité de pêche traditionnelle dans la zone Cantabrique, en Méditerranée, en Andalousie ou aux îles Canaries, la lutte contre l'éolien offshore est, quant à elle, une bataille de survie"

https://www.rebeldes.info/2023/10/el-gigante-danes-orsted-registra-perdidas-historicas-y-pone-en-cuestion-el-futuro-de-la-eolica-marina-a-nivel-internacional.html?m=1 

https://piebiem.webnode.fr/piebiem/


vendredi 24 novembre 2023

L’éolien offshore européen dans un trou d’air

Article remarquable de Dominique Finon ( CNRS/CIRED) et Etienne Beeker ( France Stratégie) sur les difficultés structurelles ( et non conjoncturelles, comme certains essaient de le faire croire ) de l'éolien offshore en Europe.

Extraits : " L'éolien offshore a été perçu comme la solution miracle pour assurer de manière décarbonée la sécurité d'approvisionnement électrique du continent d'ici dix ans, notamment dans les pays qui rejettent l'option nucléaire, en se basant sur des anticipations de baisses de coût spectaculaires"

"L'illusion des prix bas de l'éolien offshore est un phénomène collectif qui s'est joué dans les interactions entre les différents types d'acteurs.

Les pouvoirs publics, confiants dans les vertus indiscriminées de la concurrence, ont accéléré la fréquence des appels d'offre et engendré une course à la subvention zéro en se confortant de voir les prix demandés par les développeurs baisser à chaque appel d'offres pour lancer rapidement le suivant.

Les banquiers et fonds d'investissement ont prêté à des taux très bas, en se basant sur les affichages de projets et les prix demandés, et non les réalisations effectives. Les fonds, à la recherche de diversification de leurs activités, cherchaient à prendre pied à n'importe quel prix dans un secteur vert présenté comme extrêmement prometteur, en candidatant de façon agressive tout en cherchant à écarter des concurrents ayant de moindres capacités financières.

La croyance de tous dans des courbes d'apprentissage rapide semblables à celles du solaire PV a conduit à la course en avant dans les sauts de taille et le gigantisme, qui ont fini par gripper l'ensemble de la chaine d'approvisionnement.

Les fabricants de turbines se sont retrouvés pris dans une course qui les a obligés à réduire dangereusement leurs marges et les a exposés à une remontée brutale du coût des intrants (l'acier, le cuivre, les matériaux composites et donc le gaz…).

Pour finir personne n'a voulu croire que la période de taux très bas qui a prévalu ces dernières années était passagère....

Cette illusion a été amplifiée par les ONG et l'International Renewable Agency (IRENA), aux publications orientées et, il faut le dire, trop souvent dénuées d'objectivité. Elles n'ont cessé de communiquer sur cette fantastique chevauchée de tailles à la hausse et de coûts à la baisse. C'est ainsi que s'est établi le mythe de l'éolien offshore, solution miracle qui allait permettre de boucler le mix électrique"

En conclusion, la crise actuelle de l'éolien offshore en Europe (et aux États-Unis) n'est pas celle d'une entrée dans la maturité, comme certains la voient, mais d'abord une crise structurelle du mode de gouvernance des politiques de promotion d'ENR, relevant plus de choix idéologiques que de choix rationnels à base d'analyses technico-économiques approfondies.

Article complet  : https://www.telos-eu.com/fr/economie/leolien-offshore-europeen-dans-un-trou-dair.html



jeudi 2 novembre 2023

Quelques nouvelles de l'éolien off shore-octobre 2023 -Et des raisons d'espérer pour ceux qui le combattent !

On commence par ça : Pertes boursières depuis janvier 2021 :

Siemens-Energy   : -80% ; Orsted : -82% ; Vestas : -50% ; Voltalia : -67% ; NEOEN :  - 58%; Nordex - 57%

Et quelques nouvelles :

Le danois Orsted sombre en bourse après avoir renoncé à un projet éolien offshore aux Etats-Unis ;  dépréciations de 3.8 milliards d’euros pour l’abandon de projets off shore sur le côte Est des USA

https://www.tradingsat.com/actualites/informations-societes/le-danois-orsted-sombre-en-bourse-apres-avoir-renonce-a-un-projet-eolien-offshore-aux-etats-unis-1091725.html


Pourquoi la crise frappe les fabricants d’éoliennes alors que la demande n’a jamais été aussi forte ?

Vestas a perdu 1,5 milliard d’euros en 2022 et reste dans le rouge depuis le début de l’année. La branche énergies renouvelables de GE, baptisée Vernova, a perdu 1,8 milliard d’euros et pourrait être vendue. Ce qui passe mal chez les salariés français de Saint-Nazaire, Nantes et Cherbourg, qui ont déjà mal digéré les conditions controversées dans lesquelles l’État a négocié la cession au groupe américain de ce qui appartenait alors à Alstom.

Quant à Siemens-Gamesa il s’enfonce dans le rouge : il a perdu 620 millions d’euros en 2021, plus de 900 millions l’an dernier et s’attend à afficher une perte gigantesque de plus de 4 milliards cette année

https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/la-drole-de-crise-des-fabricants-deoliennes-9e731866-

Aux Etats-Unis, la bulle des énergies renouvelables explose

https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/10/09/aux-etats-unis-la-bulle-des-renouvelables-explose_6193258_3234.html

« L’espagnol Iberdrola a payé 60 millions de dollars (57 millions d’euros) pour se retirer de deux accords de production d’énergie éolienne offshore dans le Massachusetts signés en 2021 et 2019. Cet été, le norvégien Equinor et le britannique BP ont demandé à renégocier les prix de l’électricité de trois projets au large de New York. Le danois Orsted et son partenaire américain Eversource ont fait la même chose, expliquant que sinon « ils ne seraient pas en mesure d’obtenir une décision finale d’investissement ». Orsted a perdu en Bourse le quart de sa valeur lorsqu’il a annoncé fin août une perte potentielle de 2,34 milliards de dollars sur ses projets américains, soit la moitié de son investissement. »


General Electric prévoit de perdre 1 milliard de dollars sur ses activités éoliennes offshore cette année, et s’attend à perdre un montant similaire l’année prochaine

https://dailycaller.com/2023/10/25/general-electric-offshore-wind-massive-losses/

Chez Siemens Energy, les éoliennes sont en berne...

Désastre industriel et financier La promesse s’est fracassée sur le mur des pannes en série sur des turbines à vent." "L'entreprise a perdu les deux tiers de sa valeur depuis son introduction en Bourse, en  2020, Et la descente aux enfers n’est pas terminée.

Jeudi 26 octobre au matin, le cours a de nouveau dévissé de plus de 39 %, après que la société a confirmé des informations de la presse selon lesquelles elle a demandé l’aide de l’Etat allemand

https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/10/28/chez-siemens-energy-les-eoliennes-sont-en-berne_6196996_3234.html?lmd_medium=al&lmd_campaign=envoye-par-appli&lmd_creation=android&lmd_source=default



mercredi 11 octobre 2023

Le mythe de l’énergie verte à bon marché, c’est terminé !

 Quand les mensonges et les illusions se heurtent à la réalité

https://www.telegraph.co.uk/news/2023/10/10/green-energy-plans-wind-solar-power-myth/

Selon le récit omniprésent sur  l'éolien en mer ces dernières années, l'énergie éolienne est bon marché et les coûts sont en baisse  Mais grattez sous la surface et vous verrez que la situation n’est pas si rose ! En fait, les fabricants de turbines ont perdu énormément d’argent ces dernières années. Au cours des cinq dernières années, les quatre premiers producteurs de turbines  (Chine exceptée) ont perdu près de 7 milliards de dollars – et plus de 5 milliards de dollars en 2022. L'année dernière, le directeur général de la turbine Vestas a déclaré que la société avait perdu 8 % sur chaque turbine vendue.

 

Certaines de ces pertes sont dues à des problèmes de garantie, ce qui signifie que les turbines n'ont pas fonctionné comme prévu, ce qui oblige les fabricants à indemniser les développeurs de parcs éoliens et à remédier aux problèmes.  Il semble aussi que  soit en cause la pression pour fabriquer  des éoliennes de plus en plus puissantes et hautes, dont la fabrication est plus problématique. Les spécialistes pensent que l’on est arrivé à une limite de puissance, au moins pour le moment.

 

Mais les pertes ont également été  provoquées par  la pression sur les prix pour gagner des parts de marché, et des promoteurs agressifs de parcs agricoles qui poussent à la baisse, alors qu’ils empochent des milliards de subventions. Le marché a commencé à ressembler, sinon à une pyramide de Ponzi, du moins à un château de cartes construit sur les fondations très peu sûres. . Les producteurs de turbines cherchent très activement à renégocier des contrats et à obtenir de meilleures conditions pour endiguer leurs pertes, faute de quoi ils se déplaceront simplement vers d'autres activités, plus rentables. Cela exerce une pression sur les promoteurs éoliens offshore qui  se retournent maintenant vers les gouvernements, en exigeant plus de subventions et de plus d'allégements fiscaux,  lesquels seront payés par les contribuables ou les consommateurs.

 

Pour lutter contre la menace croissante des fabricants chinois de turbines, l'UE envisage d'ouvrir une enquête sur l'utilisation par la Chine de subventions pour promouvoir ses fabricants de turbines. L'UE a déjà imposé des droits de douane sur les  fibres de verre, qui sont utilisés dans les pales d'éoliennes. Didier Reynders, commissaire à la concurrence de l'UE, a déclaré que les importations chinoises à bas prix pourraient menacer les entreprises européennes. Une décision sur cette enquête est attendue à la fin de ce mois, malgré une réaction  négative de Pékin à propos d'une mesure similaire sur les véhicules électriques.

 

Appels d’offres non souscrits, annulations en série

 

Les projets éoliens offshore se sont rares dans le monde entier.  En 2022, il n'y a pas eu d'investissements dans l'énergie éolienne en mer dans l'UE, si ce n'est une poignée de petits projets flottants.  Les décisions finales en matière d'investissement ont été retardées en raison de l'inflation, des baisses boursières et des incertitudes quant aux recettes futures. Dans l'ensemble, l'UE n'a enregistré que 9 gigawatts de nouvelles commandes de turbines en 2022, soit une baisse de 47 % par rapport à 2021.

 

Les développeurs  se plaignent de l'augmentation des coûts de la chaîne d'approvisionnement, mais bien que ces coûts aient effectivement augmenté, ils  n’ont  fait qu’aggraver les pertes subies par les fabricants. Ces pertes  existaient déjà avant que la guerre en Ukraine n'ait déclenché une hausse des prix mondiaux.

 

En fait, les gouvernements pensent qu'ils subventionnent une technologie immature qui finira par être auto-entretenue. Mais après un quart de siècle de subventions, ce marché n'est plus immature. Et il restera économiquement non soutenable tant que les gens ne se rendront pas compte que, bien qu'ayant des coûts d'exploitation proches de zéro, les parcs éoliens doivent gagner beaucoup d'argent pour rembourser leurs coûts d'investissement très élevés, quelque chose que les décideurs politiques hésitent à admettre parce que cela signifierait abandonner la rhétorique des « énergies bon marché » et admettre que les énergies renouvelables sont en fait très chères.


Et la réalité commence à s’imposer : les entreprises hésitent maintenant à se lancer dans la construction de parcs éoliens. Le mois dernier, le dernier appel d’offre d’offre pour l’éolien off shore au Royaume-Uni n’a suscité…aucune candidature. Vattenfall, a arrêté les travaux sur son parc éolien de Norfolk Boreas en juillet, invoquant des coûts en hausse. Un appel d'offres récent en Allemagne a été sous-souscrit – bien que le volume cible ait été diminué  de  moitié au cours du processus, les offres ont encore été inférieures à la capacité offerte.

 

Aux États-Unis, malgré le soutien massif offert par l'Inflation Reduction Act, les projets de parcs éoliens sont également en difficulté. Orsted, le leader mondial de l’éolien en mer, a indiqué qu’il pourrait annuler plus de 2 milliards de dollars de coûts liés à trois projets basés aux États-Unis – Ocean Wind 2 au large du New Jersey, Revolution Wind off Connecticut et Rhode Island, et Sunrise Wind au large de New York – qui n’ont pas encore commencé la construction, affirmant qu’il pourrait se retirer des trois s’il ne trouve pas un moyen de les rendre économiquement viables.

 

En août, le gouvernement américain a organisé une enchère pour des zones éoliennes en mer dans le golfe du Mexique, qui n'a suscité pratiquement aucun intérêt de la part des promoteurs. Une société, RWE, a fait une offre pour l'un des trois domaines proposé et a gagné…sans concurrent. Il n'y a pas eu d'offres du tout dans les deux autres zones. Les analystes ont déclaré que les entreprises étaient réticentes à soumissionner parce que les États riverains du Golfe n'ont pas besoin d'acheter de l'électricité dans les parcs éoliens offshore.

 

Pendant ce temps, les projets au large de New York demandent une augmentation moyenne de 48 % des prix garantis qui pourraient ajouter 880 milliards de dollars par an aux prix de l'électricité dans l'État. Les contrats d'électricité à long terme pour l'électricité produite par les parcs éoliens en mer ont été annulés, les promoteurs de parcs éoliens payant des pénalités sévères. Le développeur Avangrid, une filiale du géant espagnol Iberdrola, a annulé ses contrats pour la production de la société Park City de 804 mégawatts et des projets de 1,2 gigawatts du Commonwealth Wind. Il prévoit de resoumissionner pour  ces projets lors de futures ventes aux enchères, mais pour l'instant ils sont arrêtés. Shell, Equinor et Orsted ont également cherché à annuler ou à renégocier des contrats similaires, tandis que le projet Ocean Winds-Shell, SouthCoast Wind, a accepté de payer 60 millions de dollars pour annuler des contrats avec les services publics du Massachusetts.

 

En Caroline du Nord, Duke Energy a complètement abandonné l’éolien en mer de son dernier plan énergétique à long terme, en faveur de l’énergie nucléaire, solaire et  éolien terrestre.

Tout cela met en péril les ambitions du président Joe Biden de construire 30 gigawatts d’éoliennes en mer le long de la côte américaine d’ici 2030, de nombreux analystes estimant que ces objectifs ne seront tout simplement pas atteints. Les objectifs ont été guidés en partie par le désir des États du Nord-Est de s’éloigner des combustibles fossiles – New York, par exemple, a pour objectif d’alimenter son réseau avec 70 % d’énergie renouvelable d’ici 2030.

 

Malgré les incitations offertes par la loi sur la réduction de l'inflation (IRA), les promoteurs d'éoliennes en mer ont déclaré que les subventions de l'IRA étaient insuffisantes dans l'environnement actuel, et font pression pour obtenir des concessions supplémentaires.

La litanie des problèmes auxquels est confronté l'éolien en mer devrait inciter les décideurs à réévaluer leurs hypothèses sur ce marché. La production d'énergie renouvelable a sans aucun doute un rôle à jouer dans la transition énergétique, mais continuer à croire qu'elle est bon marché malgré toutes ces preuves du contraire est irresponsable. Sans parler de l'illusion.




samedi 7 octobre 2023

Eolien offshore sur la côte est des USA : la débâcle !

 https://www.manhattancontrarian.com/blog/2023-10-5-update-on-offshore-wind-projects-off-the-mid-atlantic-and-new-england

Elève modèle du volet ENR de l’Inflation Reduction Act (IRA) de l’administration Biden (lequel comporte aussi un fort volet nucléaire), l’Etat de New-York a décidé de se lancer massivement dans l’éolien offshore et de lancer des appels d’offres pour une série de projets. Le plan prévoit quelque 9 000 MW d’éolien offshore pour New York seulement, dont quelques 4 300 mégawatts sont en cours de « développement actif ». Enfin, pas si actifs que cela !

Car en fait, sur les 4 300 MW dont NYSERDA (New York State Energy Research and Development Authority en charge du développement éolien) se vantait, les développeurs d’au moins 3 300 MW sont sur le point de se retirer s’ils n’obtiennent pas une augmentation significative  du prix de vente de l’électricité qu’ils avait accepté

Les projets concernés sont le projet Sunrise Wind de 924 MW d’Orsted et d’Eversource, ainsi que les projets Empire Wind 1 de 816 MW d’Equinor et BP de 816 MW, Empire Wind 2 de 1260 MW et Beacon Wind de 1230 MW. Sunrise Wind avait précédemment convenu d’un prix de 110,37 $ par MWh, et cherche maintenant un prix de 139,99 $ à la place, soit une augmentation de 27%, selon NYSERDA. Empire Wind 1 a demandé d’augmenter son prix d’exercice de 118,38 $ à 159,64 $, soit une augmentation de 35 %, tandis qu’Empire Wind 2 a demandé que son prix initial de 107,50 $ soit augmenté à 177,84 $, soit une augmentation de 66 %. ( le record !). Beacon Wind veut que son prix de 118,00 $ précédemment convenu passe à 190,82 $, soit 62% de plus. Les trois projets Equinor et BP combinés ont une hausse moyenne des prix de 55%.

NB cela fait l’éolien off shore vers 170 €/MW.h

Cela ne va pas beaucoup mieux plus au Nord, le long de la côte de Nouvelle Angleterre où se succède une longue litanie d’annonces d’abandons avec des développeurs qui préfèrent payer des frais d’annulation massifs pour se retirer finalement de la quasi-totalité des contrats existants pour le développement éolien offshore en Nouvelle-Angleterre : Le dernier en date est Avangrid, filiale de la compagnie espagnole Iberdrola,  qui a annoncé abandonner le projet Park City Wind de 804 mégawatts au large du Connecticut. En août, Shell et Ocean Winds North America ont accepté de payer 60 millions de dollars pour annuler les contrats de vente d’électricité au Massachusetts à partir du projet éolien SouthCoast de 2 400 mégawatts. En juillet, Avangrid a accepté de payer 48 millions de dollars pour annuler son contrat avec le Massachusetts pour la vente d’électricité du projet éolien Commonwealth de 1 200 mégawatts. Toujours en juillet, Rhode Island Energy a annoncé qu’elle annulait un accord d’achat d’électricité avec Ørsted et Eversource sur le projet Revolution Wind de 884 mégawatts.

Une bonne nouvelle pour les contribuables, les oiseaux, les chauves-souris, les paysages, les points de vue et la baleine noire de l’Atlantique Nord, en danger critique d’extinction.



Et pendant ce temps -là en France ? Ben,  accord avec les producteurs éoliens pour renégocier les contrats, abandon des pénalités en cas de non réalisation. Et en avant toute vers les 40 GW offshore ( 50 zones industrielles éoliennes le long des côtes) !

samedi 20 août 2022

L’éolien off shore : 1) une équation économique incertaine, une technologie non mature, un coût très élevé de l’électricité pour une décarbonation très peu efficace, voire contestable.

Résumé : Coût  extrêmement  élevé, technologie non mature,  forte dépendance en matériaux stratégiques, occupation extravagante de l’espace maritime, des projets à risque aggravé et des problèmes en séries. L’ensemble de ces considération fait qu’il est difficile de considérer l’éolien off shore , et surtout flottant comme répondant à un intérêt public majeur ; par contre on voit bien comment il conduit à la destruction de nos plus beaux paysages maritimes, à jeter à bas cinquante ans  d’efforts de protection du littoral, à une privatisation de larges espaces maritimes sans équivalent. En conséquence, la seule urgence qui s’impose est celle d’un moratoire

1) « S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! « 

 Jean Marc Jancovici, ( Fondation Nicolas Hulot, X-environnement, Shift Project, Haut Conseil pour le Climat…). Témoignage devant la Commission Aubert, 16 mai 2019

« L’éolien offshore aujourd’hui, c’est 25 milliards d’euros qui vont partir dans ce dispositif qui a encore moins d’intérêt que l’éolien terrestre. S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! Avec ces 25 milliards d’euros vous avez de quoi payer 6000 euros de prime de conversion du fuel en pompe à chaleur aux quatre millions de ménages français qui sont chauffés au fuel, qui sont souvent des ruraux, souvent précaires. Qu’on augmente mon taux d’imposition pour ça, moi je veux bien ! Mais qu’on me prélève un centime de plus pour payer l’éolien offshore, ce truc de Shadock »

« Les conditions de l’éolien en mer expliquent des coûts particulièrement élevés. Une éolienne en mer doit résister non seulement au vent (ça il vaut mieux !) mais aussi aux vagues, à la corrosion du sel, et donc il faut utiliser plus de matériaux et plus de traitements à puissance installée égale, sans parler du support immergé.»

« A cause de ces raisons, et aussi de la zone d’implantation, la construction en mer augmente la dépense en carburant par rapport à la construction à terre, et augmente aussi la dépense en carburant pour la maintenance.» 

 «  Il résulte de ces « surcoûts » à la construction que l’éolien off-shore, malgré un taux de charge augmenté (Vesta annonce de 30% à 50%, ce qui soit dit en passant correspond peut-être au cas du Danemark mais pas au cas de la France, où les meilleurs sites dépassent tout juste 35% de facteur de charge), fournit certes une énergie plus importante par éolienne installée, mais avec un « contenu en carbone par kWh » qui reste à peu près identique. Les éoliennes soient off-shore ou à terre, elles produisent toujours de l’électricité intermittente. De ce fait, dès qu’il y a 1 MW d’éolien installé quelque part, il faut obligatoirement, pour assurer la continuité de la fourniture d’électricité, installer un peu moins de 1 MW « d’autre chose » ailleurs. Installer 24 GW d’éolien suppose donc d’avoir « ailleurs » pas loin de 20 GW de puissance de pointe provenant d’une autre source pour pallier les variations du vent, et au surplus cette « autre source » devra fonctionner 70% à 80% du temps pendant que l’éolien assurera sur 20% à 30% du temps. »

2) L’éolien flottant, c’est cher !

La Cour des Comptes estimait en 2018 (Rapport sur le coût des ENR)  que les six parcs d'ores et déjà attribués au large des côtes françaises devraient coûter 2 milliards d'euros par an sur 20 ans, soit un montant total de 40,7 milliards, pour une part de 2% du mix énergétique !»

Le Président Macron a annoncé le 20 juin 2018 que, après négociations avec les promoteurs, leur coût a été ramené de 40 Md€ à 25 Md€

Un miracle qui laisse songeur sur les méthodes …Sauf que, changement : les raccordements des éoliennes off-shore au réseau d’électricité seront à la charge de RTE, alors que ces opérations coûteuses sont normalement à la charge du producteur.  Ce qui arrange bien les producteurs,  d’autant que ces coûts de raccordements sont assez peu prédictibles, et que la France a des systèmes côtiers plus compliqués que les sites peu profonds et sableux de la Mer du Nord et de la Baltique. ..

Selon l’Ademe, le coût de production de l’électricité éolienne en mer est estimé entre 123 € et 227 € le MWh pour des machines posées et entre 165 € et 364 € le MWh pour l’éolien flottant (Étude « Coûts des énergies renouvelables en France », Ademe, janvier 2017)

La CRE donne en 2022 les premiers Megawatt offshore ( plutôt posé donc)  à 178,2  €/

Rappelons que l’Arenh ( côut estimé du nucléaire historique) était de 42 et  passera à 49.5 €/MWh en janvier 2023.

La zone éolienne  de Groix & Belle-Île bénéficiera d’un tarif d’achat de 240 €/MWh de la totalité de sa production (même si elle est inutile et ne vaut rien, voire si cela se produit régulièrement en Allemagne a une valeur négative) sur vingt ans.

Se basant sur des courbes d’institutions internationales, l’Ademe estime que le coût va fortement diminuer.

C’est en fait très peu probable en raison du renchérissement des matières premières dont les éoliennes sont très gourmandes. Ainsi, le Department of Energy US  donne 8000 t/TWh de béton et 1800 t/TWh d’acier pour l’éolien (sans précision) contre  800 t/TWh de béton et 160 t/TWh d’acier pour le nucléaire, soit  en gros un facteur 10 pour le béton et  pour l’acier… à l’avantage, très marqué, du nucléaire.

Et si l’on considère les métaux critiques, c’est encore pire :l’éolien off shore tout particulièrement nous expose à des dépendances fortes pour le cuivre, le cobalt, certians métaux rares (néodyme, dysprosium…). L’intensité cuivre de l’éolien off shore, avec en plus toutes les connections nécessaires constitue un véritable risque économique et géostratégique  (et un scandale écologique) pour un métal très demandé dans toutes les techniques  nécessaires à la transition énergétiques et dont la production risque fort de ne pouvoir suivre la demande.


Cela signifie donc d’une part, que les ENR nous entrainent dans une nouvelle dépendance géostratégique qui peut devenir  équivalente voire pire que celle du pétrole ; et d’autre part, qu’ils sont extrêmement sensible à des hausses de prix, avec là aussi une forte dépendance étrangère :

« Le PDG d'un grand groupe de développement d’éolien terrestre se plaint que son entreprise a déjà abandonné deux projets éoliens (30 MW) attribués en 2018 car « la rentabilité initialement prévue n’est plus là » et a placé 60 MW « sous cloche » depuis l’automne…

Il nous faudrait un complément de rémunération à EUR 87-90/MWh pour que ces projets soient rentables », a-t-il affirmé, alors que les appels d’offres éoliens et solaires se situent dans les EUR 60-80/MWh…. Jusqu'à 13 GW de capacité solaire (5-6 GW) et éolienne (6-7 GW) sont menacés à cause de « la hausse des coûts des matériaux de construction (…), leurs coûts réels n’étant plus couverts par le prix d’achat garanti par l’État », a récemment dit le ministère de la Transition énergétique. »

https://www.montelnews.com/fr/news/1342348/la-hausse-des-cots-de-30-40-freine-la-croissance-des-enr, 11 Aug 2022

3) Une technologie qui n’est pas mature : « « Les assureurs considèrent les projets d’Energies Maritimes Renouvelables »comme des projets à « risques aggravés »

Si les prix sont élevés, c’est que la technologie de l’éolien flottant n’est pas considérée comme mature. Et c’est d’ailleurs une remarque reprise dans tous les débats publics organisés par la CNDP sur les projets d’éoliens flottant : pourquoi ne pas commencer par des parcs test comme c’était prévu à Groix (Eolfi) ou en Méditerranée plutôt que de se lancer d’emblée dans des zones industrielles d’ampleur sans véritables précédents ?

Comité de prospective de la CRE,  Rapport sur les énergies marines, juin 2021

« L’éolien en mer flottant est en pleine expansion, mais pose encore certaines questions. Le premier parc d’éoliennes flottantes en mer, le projet Hywind, a été inauguré en Ecosse en 2017 par les sociétés Statoil et Masdar. Sa capacité de production est de 30 MW. Un autre parc éolien flottant, WindFloat Atlantic, a été mis en service fin juillet 2020 au Portugal. « 

« Trois principales raisons expliquent le niveau élevé de risque des projets d’EMR : - à l’exception de l’éolien en mer posé, le niveau de maturité des différentes technologies n’est pas encore optimal, ce qui se traduit à la fois par des incertitudes sur la réussite des projets et par des coûts de production élevés (malgré un coût en baisse pour l’éolien notamment posé) ; - tous les types de projets ont été touchés par des sinistres importants ; - le retour sur expérience est encore faible ce qui limite les possibilités de modélisation et se traduit par la prise de marges plus importantes par les financeurs et les assureurs…Les assureurs considèrent les projets d’EMR comme des projets à « risques aggravés ».

RTE,  scenarios futur énergétique 2050 :

« Le développement de l’éolien en mer en France ne pourra pas suivre le même chemin que celui des pays riverains de la mer du Nord. En effet, les caractéristiques de profondeur au large de certaines côtes françaises conduisent à privilégier l’éolien flottant notamment sur les façades maritimes bretonnes et méditerranéennes (caractérisées par des profondeurs chutant rapidement au large des côtes) »

« À ce stade, la technologie des postes flottants n’est pas maîtrisée sur le plan industriel. "

« D’une façon générale, les coûts de raccordement des énergies marines sont soumis à de fortes incertitudes, supérieures à celles rencontrées pour des types de réseaux plus conventionnels.»

Le coût exorbitant des éoliennes flottantes, Books n° 0105, mars 2020. Par Jean-Pierre Le Gorgeu, Hubert Flocard et Jean-Pierre Pervès

« Pour les banques et investisseurs, ces projets apparaissent comme nouveaux et ils demandent de fortes primes de risque :

- Cette technologie ne bénéficie pas encore de la fabrication en série qui diminue le coût de l’éolien posé.

-Plus grave, la technologie de référence n’est pas fixée et il existe plusieurs modèles sur lesquels on manque de recul. Hywind, en Ecosse, utilise un  flotteur vertical, mais bien d'autres solutions sont encore à l'étude.

Pour illustrer l’absence de maturité de la technologie, sur 4 projets prévus en France, ce seront 4 technologies différentes qui seront employées !

 Or le choix technologique est loin d’être indifférent ! Flotteur en bèton (moins cher) ou en acier, vertical, horizontal, plusieurs colonnes,  semi immergé ou non, les choix techniques ne sont pas indifférents : le coût du flotteur compte pour près de 60%.

-Les dispositifs de suivi sur sites restent expérimentaux (camera, jauges de contraintes) A ce stade, il est impossible de mutualiser les moyens de surveillance et de diminuer le coût »


Exemples de défis technologiques propres aux éoliennes flottantes

- les fortes contraintes et vibrations sur l’axe de rotation des pâles, déjà problématiques sur des éoliennes fixes sont amplifiées par les mouvements du socle, ce qui entraine une fatigue plus  prononcée.

- les oscillations au gré de la houle provoquent des successions de tractions et de relâchement  sur les dispositifs d’ancrage déjà complexes et sur les composants qui le relient à la terre entrainant une fatigue et  une dégradation des matériaux très rapide.

C’est déjà pas simple, mais c’est en plus beaucoup demander à un câble d’être dynamique !


- le flotteur joue un grand  rôle dans le coût et la résistance de l’éolienne, et il subsiste de nombreuses incertitudes sur les solutions les mieux adaptées. (dans l'ordre Eoliennes flottantes du Golfe du Lion, Eolmed;  Provence Grand Large,  EOlfi


4 projets, 4 technologies, sans compter des design plus exploratoires mais intéressants, comme des éoliennes  à axe vertical (Sea Twirl)


4) Des projets vraiment problématiques

Naval Group : une rentabilité inatteignable

Début février 2021, Naval Group met fin à sa diversification (Naval Energies) dans le secteur des énergies marines renouvelables qu’il estime immature  : «Malgré les efforts de toutes et de tous, ces projets, engagés depuis près de 12 ans ne présentent pas aujourd'hui suffisamment d'assurance de succès économique à court, moyen ou long terme. L'éolien flottant représente des investissements considérables pour une rentabilité incertaine, voire inatteignable »

Orsted : vitesse des vents et usure des câbles

« Orsted, le plus grand développeur de parcs éoliens offshore au monde, a déclaré qu’il avait perdu. 2,5 milliards de DKr (389 millions de dollars) en raison de vitesses de vent plus faibles au cours des neuf premiers mois de cette année par rapport à 2020… L'intermittence des énergies renouvelables telles que l'énergie éolienne a attiré l'attention en Europe ces derniers mois car certaines des vitesses de vent les plus lentes depuis des décennies ont exacerbé la dépendance au gaz et au charbon pour l'électricité, y compris au Royaume-Uni, le plus grand marché éolien offshore au monde. »

Très confraternel, Orstedt  a mis en cause l’ensemble de l’industrie

«  La question sous-jacente est une sous-estimation des effets de sillage et de blocage. Son porte-parole a  insisté sur le fait que le problème n’est pas propre à l’entreprise, mais plutôt à l’ensemble de l’industrie, ajoutant que ses prévisions sont généralement plus prudentes que celles de ses concurrents

« Notre tâche principale est de nous assurer que nous ne prenons que des projets où nous créons effectivement de la valeur. Il n’est dans l’intérêt d’aucun actionnaire, ni de notre organisation d’opérer avec des prévisions de production gonflées et de gagner des projets sur cette base »

https://ft.com/content/b03713d6-5e87-414e-8da3-506163f6497e

« Revenant sur un précédent rapport très optimiste, le Ministère de l’Energie américain (DOE) a réduit l’estimation du potentiel de développement de l’éolien offshore de 2,000 GW à 54 GW, du fait des contraintes géologiques, océanographiques et légales….. Fin 2019, les cours du géant danois Orsted, pionnier de l’éolien offshore ont plongé en fin d’année en raison de la réévaluation de la production de son parc éolien en mer. Ce dernier aurait sous-évalué les pannes à répétition entraînées par les vents violents du large. Les marchés s’interrogent donc sur la viabilité de ce business model dont la robustesse financière reste encore à démontrer. Selon l’agence environnementale américaine, le coût actualisé de l’énergie éolien en mer reste 2,7 fois plus élevé que l’éolien conventionnel. »

https://www.forbes.fr/environnement/leolienne-en-mer-le-nouvel-eldorado-des-energies-renouvelables/

« La société éolienne danoise Ørsted a averti que jusqu’à 10 de ses parcs éoliens offshore géants au Royaume-Uni et en Europe auront besoin de réparations urgentes car leurs câbles sous-marins ont été érodés par des roches sur le fond marin. Ørsted a constaté que les roches placées à la base des fondations des éoliennes pour empêcher l’érosion des fonds marins étaient responsables de l’usure du système de protection des câbles qui, dans le pire des cas, pourrait provoquer la défaillance des câbles. Le problème a été découvert pour la première fois plus tôt cette année après que son parc éolien offshore Race Bank au large de la côte de Norfolk, qui peut générer suffisamment d’électricité pour alimenter 500 000 foyers, a subi une panne en raison de dommages aux câbles causés par les roches du fond marin. »

https://www.theguardian.com/business/2021/apr/29/rsted-says-offshore-uk-windfarms-need-urgent-repairs

La perte de rentabilité de l’éolien off shore en raison de l’affaiblissement des vents est une réalité inquiétante et préoccupante, sur le court terme et aussi sur le long terme. Deux facteurs peuvent être évoqués : 1) un effet de cannibalisation des éoliennes et des parcs entre eux, pour le coup déjà bien connu et documenté par les fabricants eux-mêmes et les universitaires ; 2) une diminution générale des vents en Europe du Nord avec le réchauffement climatique,

 « La grande taille des parcs éoliens et leur proximité affectent non seulement la performance des turbines sous le vent, mais aussi celle des fermes voisines, réduisant le facteur de capacité de 20% ou plus, ce qui augmente les coûts de production d’énergie et les pertes économiques. Nous concluons que l’énergie éolienne peut être une ressource limitée en mer du Nord »

Hereon Research Center, https://www.nature.com/articles/s41598-021-91283-3

Selon le dernier rapport du programme Copernicus, les vitesses du vent ont été particulièrement faibles dans certains pays européens en 2021. Notamment en Europe du Nord, où sont installées un grand nombre d'éoliennes. En 2021, dans certaines parties du Vieux continent, les vitesses du vent ont été les plus faibles enregistrées depuis au moins quarante ans…

Dans une région s'étendant de l'Irlande et du Royaume-Uni au Danemark, à l'Allemagne et la Tchéquie, en passant par la mer du Nord, la moyenne annuelle de la vitesse du vent dans certains endroits a été jusqu'à 10% inférieure à la moyenne enregistrée sur la période de référence 1991-2020…

Selon le rapport de Copernicus, une réduction de 10% de la vitesse du vent entraîne une baisse de 27% de la puissance d'une éolienne - qui, par ailleurs, a besoin d'une vitesse minimale pour produire de l'électricité. »

https://climate.copernicus.eu/esotc/2021/low-winds#

Selon les projections du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), la vitesse du vent au-dessus de l'Europe occidentale, centrale et septentrionale pourrait chuter jusqu'à 10% au cours des mois d'été d'ici à 2100, sur la base d'un réchauffement de 1,5°C.

Cela dit avec, les précautions d’usage : les observations actuelles sont sujettes à de nombreuses variations, et il est difficile de les relier au changement climatique

5) Et le bilan carbone ?

« La production d’électricité éolienne et photovoltaïque se caractérise par une intermittence qui, dans l’état actuel des capacités de stockage de l’électricité, empêche de s’affranchir des combustibles fossiles. Ces derniers, quand ils sont importés, pèsent sur la balance commerciale du pays et alourdissent sa dépendance énergétique. »

 https://www.academie-sciences.fr/fr/Rapports-ouvrages-avis-et-recommandations-de-l-Academie/quelle-place-pour-les-eoliennes-dans-le-mix-energetique-francais.html#:~:text=La%20France%20produit%20une%20%C3%A9lectricit%C3%A9,et%20le%20photovolta%C3%AFque%20(2%25).

Des données internationales situent le bilan carbone de l’éolien offshore entre de 24 à 47 g CO2/kWh. En ce qui concerne Groix, les porteurs du projet EOLFI  annonçaient 36 g CO2/kWh. pour le projet pilote, et  24 CO2/kWh pour le parc définitif.

Considérant l’absence de consensus à ce sujet, la CDPD chargée du débat public sur le projet EOS Méditerranée a commandé une expertise complémentaire réalisée par un expert indépendant. Les résultats indiquent que le bilan carbone de l’éolien flottant commercial se situerait aux alentours de 19 g CO2/kwh. soit un niveau légèrement supérieur au bilan carbone de l’éolien marin posé (entre 14 et 18 g CO2/kwh) ou de l’éolien terrestre (12,7 g CO2/kwh). 

Rappelons que le nucléaire est aux environs de 4,  jour et nuit, hiver et été. Alors, si, comme souvent, on supplémente l’intermittence par du gaz (400g/CO2/kw.h), ça nous fait à la louche du 330g CO2/Kw.h. Le moins qu'on puisse dire est que le bilan  pour la décarbonation de l’électricité  n’est pas excellent

L’ensemble de ces considération fait qu’il est difficile de considérer l’éolien off shore , et surtout flottant comme répondant à un intérêt public majeur ; que par contre on voit bien comment il conduit à la destruction de nos plus beaux paysages maritimes, à jeter à bas cinquante ans  d’efforts de protection du littoral, à une privatisation de larges espaces maritimes sans équivalent.