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samedi 26 mars 2022

Sondage Opinion Way pour Sites et Monuments de France : Les Français, l’impact des éoliennes, les solutions : vers un moratoire ?

 NB : Sites & Monuments, association nationale créée en 1901, reconnue d’utilité publique en 1936 et agréée pour la protection de l’environnement depuis 1978, défend les paysages depuis sa fondation. Elle est ainsi à l’origine du vote, en 1906, de la première loi de protection des sites naturels en France.

https://www.sitesetmonuments.org/

https://www.opinion-way.com/fr/component/edocman/opinionway-pour-la-sppef-les-franc-ais-et-l-impact-des-e-oliennes-mars-2022/viewdocument/2820.html?Itemid=0

https://www.opinion-way.com/fr/component/edocman/opinionway-pour-la-sppef-les-franc-ais-et-l-impact-des-e-oliennes-mars-2022/viewdocument/2820.html?Itemid=0

Faut-il s’en étonner ? Le résultat est assez différent des sondages que les lobbyistes éoliens  relâchent à flots continus sur l’opinion des Francais sur l’éolien. Les raisons : ces sondages commencent systématiquement par un exposé sur le réchauffement climatique et les éoliennes sont présentées comme une solution auquel nul ne saurait s’opposer…Et ensuite vient un vague questionnement "l’image" qu’ont les Français de cette énergie…

Ceux qui se livrent à ces manipulations feraient bien de garder en mémoire cette remarque de  Mme Marjolaine Meynier Millefert Députée LREM, Rapporteur de la Commission d’enquête parlementaire sur les énergies renouvelables : 

«  comprendre que 80 % des gens qui vous disent que le développement des ENR électriques en France soutient la décarbonation  et finalement la transition écologique en France je pense que ce n’est pas bon non plus parce que le jour où les gens vont vraiment comprendre que cette transition énergétique ne sert pas la transition écologique vous aurez une réaction de rejet de ces politiques en disant vous nous avez menti » (Colloque National Éolien 2019)

Au contraire , Sites & Monuments a posé des questions précises sur l’impact des éoliennes sur les paysages, l’environnement, la qualité de vie, le vivre ensemble, l’attractivité des territoires, la perte de valeur des propriétés.

Et face à ces questions précises, les résultats ne sont pas du tout les mêmes !


Avis largement négatif sur tous les sujets santé des personnes, qualité de vie, santé des animaux.  Et plus de 70% négatif pour l ‘attractivité touristique, la beauté des paysages, la biodiversité, calme et silence des campagnes, valeur des habitations

-Les hommes ont une perception  un peu plus négative de l’impact des éoliennes que les femmes (79 contre 66%

-Les aspects négatifs de l’éolien sont même reconnus par la majorité des électeurs écologistes ( à plus de 65% pour la beauté des paysages, le calme, la valeur immobilière, l’entente entre les habitants, la santé des animaux…

Plus de 60% des français sont favorables à un éloignement  de 5km au moins  pour des éoliennes de 200m de haut…



On notera que même les électeurs écologistes sont en majorité 55% favorables à un éloignement de plus de 5km, et que 

Seuls 11% des écologiques ( 4%  des Français) soutiennent le maintien de la distance actuelle de 500 m ! ( rappelons que l’Académie des science set l’Académie de médecine et l’Académie des technologies se sont prononcées pour un éloignement de l’ordre de dix fois la hauteur.)

On notera que même les électeurs écologistes sont en majorité 55% favorables à un éloignement de plus de 5km, et que seuls 11% des écologiques ( 4%  des Français) soutiennent le maintien de la distance actuelle de 500 m ! ( rappelons que l’Académie des science set l’Académie de médecine et l’Académie des technologies se sont prononcées pour un éloignement de l’ordre de dix fois la hauteur.

Cf . Académie des sciences, Académie des Beaux-Arts, Académie des Sciences Morales et Politiques : Quelle place pour les éoliennes dans le mix énergétique français ?

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/03/academie-des-sciences-academie-des.html

Plus de 62% des Français sont favorables à l’interdiction des éoliennes dans les zones Natura 2000 (si, si ça se fait, et même beaucoup, en particulier pour l’éolien en mer !) Et surtout en France, très peu chez nos voisins.

Les Français ne veulent pas que 50 ans d’effort de protection de la nature soient jetées aux oubliettes  et que des zones protégées soient transformées en zones industrielles pour le plus grand profit des margoulins de l’éolien


Là aussi, sans appel : 80% des Français veulent que l’on impose pas des éoliennes aux communes dont le conseil municipal les refuse ou les citoyens s’y opposent par référendum – ce qui va complètement à l’encontre des pratiques de l’Etat, du Ministère de l’écologie et des préfets aux ordres.

Une majorité de près de 70 % est favorable à la destruction d’éoliennes existantes créant des nuisances et de façon intéressant, 69% des  Français sont favorables à un moratoire sur l’éolien terrestre.


A noter que sur le respect de la démocratie locale, même les électeurs écologistes y sont favorables en très grande majorité 70%

Le lobby des margoulins de l’éolien a du souci à se faire ! Car on est loin de leur revendication d’alléger fortement  les contraintes ! 

mardi 16 avril 2019

Privatisation d’Aéroports de Paris : enfin, ça réagit au Parlement !


Un aéroport n’est pas un centre commercial, c’est un aéroport !

Discussion avec un collègue : mais enfin, pourquoi tu es contre la privatisation d’ADP . Un aéroport c’est juste un centre commercial ! J’avoue, j’en suis resté un peu quoi ! Manque d’habitude sans doute, manque d’intérêt, manque de foi certainement dans le discours libéral dans sa plus grande finesse !

Pourtant, je n’aurais pas dû être surpris tant, mais j’avais du mal à le croire, l‘argument figure comme l’élément de langage préférentiel répété en boucle par les macronistes qui ont décidé la privatisation d’ADP : « gérer un centre commercial n’entre pas dans les missions de l’Etat.

Cet aveuglement libéral est assez révélateur, qui consiste à confondre mission et rendement, ce qui doit être fait et ce qui rapporte, intérêt social et intérêt financier et au fond, à nier la notion même de service public ou d’activité stratégique.

Donc, un aéroport ça sert d’abord à faire décoller et atterrir des avions ! Punkt ! C’est son objet social si l’on veut, sa mission.

Les Chinois, lorsqu’à travers le programme des Nouvelles Routes de la Soie (One Belt, one Road, OBOR), ils prennent le contrôle de ports, d’aéroports, de voies ferrés… ce ne sont pas des centres commerciaux qu’ils achètent. Pas très libéraux, ils ont eux encore une pensée stratégique, géostratégique, industrielle. Une stratégie, un plan ! Pas simplement le maximum de bénéfices dans le plus court laps de temps…

Pour mémoire, Aéroports de Paris, ce sont  les plus gros aéroports français : Roissy-Charles-de-Gaulle (72,2 millions de passagers), Orly (33,1 millions de passagers), Le Bourget et une dizaine d’aérodromes ;

C’est le premier propriétaire foncier d’Ile-de-France, grâce aux 6 686 hectares des aéroports, dont 411 hectares sont disponibles. Il détient aussi plus d’un million de mètres carrés de bâtiments, hangars, hôtels, bureaux, etc. ;

C’est encore une filiale dans la téléphonie (Hub One) ; des participations dans le capital de nombreux aéroports internationaux, soit directement (Zagreb, Santiago, Amman, Maurice, etc.), soit par le groupe TAV Airport (Istanbul Atatürk, Antalya, Izmir, etc.) 

 C’est surtout la voie d’entrée majeure sur le territoire français : les aéroports de Paris reçoivent un peu plus de 100 millions de touristes par an - le deuxième aéroport, Nice, est très loin derrière avec 14 millions. C’est la frontière la plus fréquentée de France, avec ce que cela entraine en termes d’enjeux de sécurité, de terrorisme, de surveillance douanière et des trafics (drogues, humains..), d’immigration.

C’est enfin le hub central de la compagnie nationale Air France, qui risque de voir menacés les avantages en termes de créneaux, de coûts, de services et autres  dont elle bénéficie…

Et enfin, ce sont aussi des centres commerciaux importants, avec 386 boutiques et services, qui ont rapporté, à eux seuls, 1 milliard d’euros en 2018. Cette activité est déjà largement privée- les magasins de ces centres commerciaux ne sont pas des boutiques d’Etat proposant la production des sovkhozes de la Brie.  Soulignons d’ailleurs que cette activité mise en avant par les partisans de la privatisation n’est même pas économiquement l’activité dominante puisque  ADP génère un chiffre d’affaires de près de 4,5 milliards d’euros – la plus grande part provenant des activités aéronautiques en France (1,89 milliard). Par ailleurs, le fait de rapporter de l’argent à l’Etat fait partie des missions de l’Agence des participations de l’Etat : avec des bénéfices de plusieurs centaines de millions d’euros par an (610 en 2018), ADP répond à l’objectif de « la valorisation dans la durée du patrimoine des Français ».

Alors pourquoi  privatiser ADP ? L’escroquerie à l’innovation !

Ben, à part l’idéologie ou le besoin de faire plaisir à des amis (Il va falloir dédommager Vinci pour l‘abandon de Notre Dame des Landes), ou la politique à très courte vue, on ne voit pas bien.
Surtout que le prétexte affiché, récupérer de l’argent pour créer un fonds de 10 milliards d’euros afin de financer l’innovation, ne tient pas un seul instant.  « Ce fonds doit notamment permettre à la France de se muscler dans l’intelligence artificielle et de « garder sa souveraineté technologique » face aux Chinois et aux Américains, souligne le ministre de l’Économie Bruno Le Maire ». Innovation, Intelligence artificielle, les mots magiques…

Sauf que ça ne tient pas debout et que la manip était déjà dénoncée dans le rapport de la mission parlementaire d’information sur Alstom et la stratégie industrielle du pays (Mission Bourquin, octobre 2018). Citations :

« Le Président de la République a annoncé la création prochaine d’un fonds pour l’industrie et l’innovation qui serait doté de 10 Md€, constitué grâce à la cession de participations de l’État dont les caractéristiques restent à déterminer précisément (Aéroports de Paris, Française des Jeux, Engie, etc.) et dont la gestion serait assurée par Bpifrance. Or, les objectifs de ce fonds et ses modalités de fonctionnement sont encore flous. Quand le Gouvernement a annoncé sa création, on a d’abord pu croire qu’il s’agissait de céder 10 Md€ de titres et d’investir cette somme considérable dans l’innovation. Puis, il a finalement été expliqué que cette somme ne serait pas investie dans l’innovation mais placée. Au final, seuls les revenus générés par ce placement seraient donc effectivement investis dans l’innovation, soit environ 200 M€ par an.

Votre mission est dubitative face au montage proposé. Si elle est extrêmement favorable à une initiative forte pour financer l’innovation de rupture, elle ne comprend pas l’intérêt financier de céder des titres dont le rendement est de 3,5 % l’an, voire 4,1 % (si l’on considère le portefeuille de l’État, hors énergie) pour les placer à un taux de 2 à 3 %. Il serait plus judicieux financièrement, et plus simple en pratique, d’affecter directement une partie des dividendes générés par le portefeuille de l’État au financement de l’innovation.

Les montants en jeu interrogent également. S’il s’agit effectivement de financer l’innovation de rupture, ce ne sont pas les 200 M€ annuels issus du nouveau fonds qui vont permettre de changer d’échelle. La mission a également du mal à saisir ce qu’apportera réellement ce nouveau fonds dans le paysage institutionnel morcelé du soutien public à l’innovation.

Alors quoi, pourquoi ? C’est sans doute ce que commencent à se demander un certain nombre de parlementiares, de toutes les oppositions ( Républicains, Socialistes, et, cas unique France Insoumise et Rassemblemet National !) : Deux cent dix-huit parlementaires ont signé un texte contre la privatisation du Groupe ADP, anciennement Aéroports de Paris, première étape pour l’organisation d’un référendum d’initiative partagée, mardi 9 avril.

Gageons que cela ne fera que mettre en évidence l’extrême difficulté à organiser les Referendum d’Initiative Partagée (demande signée par un cinquième des parlementaires et 10% du corps électoral (soit 4,5 millions de citoyens). Le recueil des soutiens est réalisé pendant neuf mois par le Ministère de l’intérieur via le site referendum.interieur.gouv.fr.) 

Et que la seule solution, c’est la mise en place d’un Referendum d’Initiative Citoyenne.

Tiens, et puis, ça serait pas mal qu’il se passe la même réaction à propos de ce scandale et ce danger que constitue ma privatisation des barrages hydrauliques.


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