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mercredi 30 juin 2021

Comité de prospective de la CRE- Les énergies marines

Le SER, un lobby efficae à l’œuvre

« Cette année, j’ai confié au groupe de travail « bouquet énergétique », placé sous la présidence d’Hugh BAILEY, Directeur général de General Electric France, et de Marc LAFOSSE, Président d’Énergie de la Lune et Président de la Commission Énergies marines du SER, la difficile mission d’éclairer l’avenir de la filière énergies marines française » (Jean-François CARENCO)

Commentaire : qu’on demande une expertise à des scientifiques travaillant pour les ENR, O.K à condition qu’elle soit contradictoire ; mais que la CRE demande à l’un des principaux dirigeant du lobby des ENR de codiriger un groupe de travail…, c’est un peu embêtant.

« Ce rapport, qui se veut accessible à tous les publics – y compris aux non spécialistes du secteur de l’énergie –, a pour ambition de nourrir le débat public, en s’appuyant sur l’analyse des principaux acteurs, privés, publics et parapublics, de l’énergie en France. Il est rédigé sous la seule responsabilité des deux co-présidents, Hugh BAILEY et Marc LAFOSSE »

Commentaire : donc, on est bien d’accord, il engage pas la CRE !

Parmi les participants et intervenants, que des partisans des ENR, donc pas un bémol ne sera exprimé. Amusant :  on trouve notamment quatre représentants de Naval Energies

Commentaire : Décembre 2020 : « Naval Energies ambitionne de devenir un acteur industriel de référence au niveau mondial de l’éolien flottant. Le dynamisme du marché français permet à Naval Energies de se projeter ambitieusement sur les marchés export »

Février 2021 : Naval Group cède sa filiale Naval Energies, mettant en avant « l'immaturité du marché des énergies marines renouvelables » : « L'éolien flottant représente des investissements considérables pour une rentabilité incertaine, voire inatteignable »

 Les mensonges habituels sur la France en retard…

 « La France possède le deuxième gisement de vent éolien marin le plus important d’Europe, ainsi que la Zone Économique Exclusive (ZEE) la plus étendue après les États-Unis. Un réel potentiel existe en ce qui concerne la production d’EMR dans le pays, bien qu’il soit aujourd’hui largement sous-exploité par rapport à ses voisins européens… plusieurs États au sein de l’Union européenne se sont fixés des objectifs de développement des EMR, là où la France semble restée sur la réserve, alors même qu’elle dispose d’un potentiel bien supérieur »

 Commentaire : C’est faux ! La Commission Européenne a validé en juillet 2019 des tarifs compris entre 131 et 155 € par MWh pour les parcs éoliens français (sauf Dunkerque  (44 € par MWh) . La Commission justifie ainsi ces prix particulièrement élevés :"Ce soutien élevé par rapport à ceux pratiqués en mer du Nord ou en Baltique se justifient par deux particularités des côtes françaises : des vents plus faibles et une nature de sol plus complexe (sols rocheux carbonatés au lieu de sols sableux ou argileux). »

Bon ben si les côtes françaises ne sont pas adaptées à l’éolien off shore, faut pas en faire…

 « Proposition n°1 : afficher des objectifs plus ambitieux pour la filière des EMR en adoptant lors de la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en 2023 les objectifs suivants : - éolien en mer : 18 GW en 2035 et 50 GW en 2050 (le potentiel technique exploitable identifié par l’Ademe est de 16 GW pour le posé et 34 GW pour le flottant) »

 Commentaire :  Ça représente de l’ordre de 100 parcs comme Saint-Brieuc ! Il ne resterait rien de ce pays et de ses littoraux. Et puis, bonne chance, hein !

 « Proposition n°2 : la mise en place, après un débat public national associant l’ensemble des parties prenantes, d’une planification nationale maritime engageante à horizon 2050, dont le principe serait inscrit dans la PPE. Ce portage politique pourrait être assuré par le ministère de la Mer….

Le groupe de travail recommande également la simplification des procédures d’autorisation administratives, ainsi qu’une unification des différents essais en mer : - Proposition n°9 : généraliser le modèle de l’autorisation unique mis en place pour les projets d’EMR en Zone économique exclusive (ZEE) à l’ensemble des projets, y compris ceux dans le domaine public maritime. »

 Commentaire : Ben voyons, Open bar pour les margoulins de l’éolien. Wind Europe était plus franc : « Nous allons devoir approcher différemment la planification de l’espace maritime. Les zones aquatiques doivent pouvoir faire l’objet d’usages multiples….Pour faciliter le développement des parcs offshore, la Commission Européenne va donc devoir résoudre ce problème en priorité. »

Autrement dit, pousse-toi de là que je m’y mette ! l’éolien off shore aura priorité et on enverra valdinguer protection des paysages, conservatoires du littoral et les autres activités, telles la pêche, le tourisme, la plaisance, les nécessités militaires.

 Une équation économique très très compliquée, surtout pour l’éolien flottant

« Enfin, l’ultime proposition vise à répondre à l’enjeu du stockage de la surproduction d’électricité des EMR : - Proposition n°11 : coupler la question du développement des EMR avec celle de l’hydrogène »

Commentaire : on sait déjà que cette production éolienne offshore sera excédentaire et lorsque le vent souffle en Europe, l’électricité générée ne vaudra rien, et même moins que rien : elle aura un prix négatif. Et par anticyclone d’hiver et d’été…ben, il faudra trouver autre chose. Alors, du coup, on vous propose de se servir de l’éolien offshore  pour générer l’hydrogène de la façon la plus chère qui soit.  

« L’éolien en mer posé est la technologie la plus aboutie et la plus compétitive. À ce stade, les pays les plus avancés sur les EMR ont axé leur développement sur les éoliennes en mer posées… L’éolien en mer flottant est en pleine expansion, mais pose encore certaines questions. Le premier parc d’éoliennes flottantes en mer, le projet Hywind, a été inauguré en Ecosse en 2017 par les sociétés Statoil et Masdar. Sa capacité de production est de 30 MW. Un autre parc éolien flottant, WindFloat Atlantic, a été mis en service fin juillet 2020 au Portugal. Ses trois éoliennes sont composées des plus grandes turbines au monde sur plate-forme flottante, et ont une capacité installée totale de 25 MW.”

Commentaire : merci de cet aveu ! Car justement, en France, il faut, compte-tenu des côtes, quasi-exclusivement de l’éolien flottant…On est donc pas si en retard…Et il reste effectivement beaucoup de questions

« Trois principales raisons expliquent le niveau élevé de risque des projets d’EMR : - à l’exception de l’éolien en mer posé, le niveau de maturité des différentes technologies n’est pas encore optimal, ce qui se traduit à la fois par des incertitudes sur la réussite des projets et par des coûts de production élevés (malgré un coût en baisse pour l’éolien notamment posé) ; - tous les types de projets ont été touchés par des sinistres importants ; - le retour sur expérience est encore faible ce qui limite les possibilités de modélisation et se traduit par la prise de marges plus importantes par les financeurs et les assureurs…Les assureurs considèrent les projets d’EMR comme des projets à « risques aggravés ».

Commentaire : encore une fois, merci de cet aveu…On comprendra que vous aurez besoin de l’aide de l’Etat, pour vos projets si merveilleux… De beaucoup d’aide..

Pour mémoire, JMJ, soit  Jancovici  ( Fondation Nicolas Hulot, X-environnement, Shift Project, Haut Conseil pour le Climat…). Extrait de son exposé devant la Commission Aubert :

« L’éolien offshore aujourd’hui, c’est 25 milliards d’euros qui vont partir dans ce dispositif qui a encore moins d’intérêt que l’éolien terrestre. S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! Avec ces 25 milliards d’euros vous avez de quoi payer 6000 euros de prime de conversion du fuel en pompe à chaleur aux quatre millions de ménages français qui sont chauffés au fuel, qui sont souvent des ruraux, souvent précaires. Qu’on augmente mon taux d’imposition pour ça, moi je veux bien ! Mais qu’on me prélève un centime de plus pour payer l’éolien offshore, ce truc de Shadock »

« La part du raccordement dans le coût complet des projets éoliens en mer va augmenter. Aujourd’hui, concernant le raccordement, le volume d’investissements en portefeuille en phase de réalisation s’élève à 1,2 milliards d’euros, montant équivalent à celui du volume d’investissements en portefeuille en phase de développement. À l’avenir, les projets vont changer d’échelle et passer d’une moyenne de 500 à 600 MW à 1 GW. Par ailleurs, les parcs éoliens en mer ont tendance à s’éloigner de plus en plus des côtes. La zone maritime retenue pour le 4ème appel d’offres se situe à 70 kilomètres des côtes alors que pour les projets précédents elle était plutôt à 30 kilomètres. La combinaison de ces deux éléments entraînera une hausse du coût du raccordement. Actuellement, le raccordement représente entre 15 et 20 % du coût d’un parc. Les premiers raccordements sur le 1er et le 2nd appel d’offres coûtent un peu moins de 550 k€/MW, sans la plateforme et près de 800 k€/MW avec la plateforme. Pour le 4ème appel d’offres, le coût du raccordement s’élèvera à environ 1 milliards d’euros et le renforcement terrestre nécessaire représentera entre 50 et 100 milliards d’euros »

Commentaire : ah ben dites, ça tombe bien que le gouvernement ait justement récemment décidé de prendre ces frais de raccordement à sa charge, c’est-à-dire à celle du contribuable, au mlieu de la laisser à l’exploitant, comme c’était le cas auparavant.

« L’acceptabilité des énergies marines renouvelables fait encore débat notamment pour les riverains, les défenseurs de la biodiversité et les pêcheurs »

Commentaire : ben oui ! d’où de discrètes avancées législatives comme la  loi du 7 décembre 2020 d’accélération et de simplification de l’action publique (dite loi « ASAP ») qui permet notamment d’autoriser le ministre chargé de l’énergie à lancer la procédure de mise en concurrence avant la fin du débat public ou de la concertation préalable.

Décidément, le lobby des margoulins de l’éolien est très efficace. Merci à la CRE de lui avoir prêté la main !



jeudi 6 février 2020

Lettre à la médiatrice de France Inter à propos d’une émission intitulée « La France est-elle dans le vent ? L'énergie éolienne en question »


Mme la médiatrice,

Le samedi 18 janvier 2020 à 7h15 a été diffusée une émission intitulée : « La France est-elle dans le vent ? L'énergie éolienne en question ». 

Loin de correspondre à son titre, l’émission a été un plaidoyer unilatéral en faveur de l’énergie éolienne, et en fait une opération de propagande mensongère et insultante, avec comme unique invitée la Déléguée Générale de France Energie Éolienne, lobby des producteurs éoliens en France, laquelle s’est justement livrée à une véritable opération de lobbying, sans qu’aucun  autre intervenant ne puisse la contredire, sans que la journaliste (Fabienne Chauvière), au mieux complètement ignorante, au pire vraiment très complaisante, ne propose un seul instant une parole critique sur les propos qui étaient tenus.

Ainsi, les auditeurs de votre station ont pu ignorer que d’ici 2050,  300 milliards d’euros seront engagés en faveur des ENR, la plus grande partie en faveur de l’éolien, tout ça pour générer quelques pour cent de notre consommation électrique, et encore, quand le vent veut bien, pas quand on en a besoin – ce qui comme l’explique l’expert Jean-Marc Jancovici ne permet pas vraiment de faire partit le train de 8h15 à 8h15. (cf. Commission Julien Aubert, auditions de M. Patrice Cahart et de Jean-Marc Jancovici)

Ainsi les auditeurs de France Inter ont pu complètement ignorer les problèmes que posent l’intermittence de l’éolien, ignorance soigneusement entretenue  par la confusion entre puissance installée et puissance fournie répétée en permanence par ceux qu’il faut bien appeler les margoulins de l’éolien. Le soi-disant éolien vert c’est au mieux 20% de vent et 80% de gaz, ce qui n’est ni bon pour le climat, ni bon pour l‘économie, ni bon pour l’indépendance énergétique, mais qui rapporte beaucoup à certains opérateurs dont la Déléguée Générale de France Energie Éolienne est la représentante.

Ainsi, les auditeurs de  France Inter ont pu ignorer cette déclaration de Marjolaine Meynier Millefert, rapporteur LREM de la Commission d’enquête parlementaire sur les énergies renouvelables (Commission Aubert,), et pourtant favorable aux ENR :

« Quand on a 80 % des gens qui vous disent que le développement des ENR électriques en France soutient la décarbonation et finalement la transition écologique en France, je pense que ce n’est pas bon non plus parce que le jour où les gens vont vraiment comprendre que cette transition énergétique ne sert pas la transition écologique vous aurez une réaction de rejet de ces politiques en disant vous nous avez menti en fait. »

Ainsi a-t-il été servi aux auditeurs de France Inter , sans aucune correction, un discours négationniste sur les nuisances de l’éolien, et méprisant pour ceux qui souffrent d’un syndrome éolien pourtant reconnu par l’Académie des Sciences, de leurs vies et de leurs paysages gâchés, des agriculteurs qui perdent leurs troupeaux, de la multiplication des lignes haute tension, des pertes de valeurs de leur propriétés, des socles de bêton restant à la charge (20.000 tonnes, de bêton, 20 mètres de haut) des agriculteurs, pour les problèmes bien réels des pêcheurs ( non, ce n’ait pas que les éoliennes offshore fasse fuir les poissons, c’est tout simplement qu’ il n’est pas possible de pêcher dans les zones éoliennes offshore….)

Alors que la Commission Aubert a mis en évidence l’absurdité écologique, climatique et économiques du développement de l’éolien, et les pratiques écœurantes et même malhonnêtes de ses promoteurs, le lobby éolien a pu profiter sur une chaine publique d’une émission de véritable propagande grâce à l’incompétence ou pire la complicité de Fabienne Chauvière.

Les immenses défis énergétiques qui sont devant nous (dérèglement climatique, épuisement des ressources fossiles) ont la potentialité d’entrainer un effondrement économique et social de nos civilisations. Aucune solution ne sera acceptable, ni acceptée, si elle va contre la rationalité scientifique et technique, si elle mobilise une Fake science, les peurs irrationnelles, la manipulation des connaissances scientifiques au service d’intérêts  particuliers bien réels ou de billevesées antiscientifiques, antiprogressistes et antihumanistes.

La radio et les grands moyens d’information, surtout publics,  ont une responsabilité particulière pour diffuser les connaissances scientifiques, et, en particulier, ce qui constitue le noyau de toute connaissance physique, la juste appréhension des ordres de grandeurs, de façon à ce que l’ensemble des citoyens puissent se former une opinion fondée scientifiquement sur des décisions qui les impacteront fortement. France Inter, depuis longtemps n’assume plus cette mission, et l’émission du 29 janvier n’en est qu’une scandaleuse confirmation de plus.

NB : visiblement, la Commission Aubert a beaucoup énervé et inquiété les margoulins de l’éolien et leurs lobbys. En témoigne une floppée brusque d’articles  dans les grands medias (radios, journaux, Ouest France se distinguant particulièrement). France Inter s’est spécialement distingué en invitant carrément la lobbyiste en chef de France Energie Eolienne et en li permettant de servir sa soupe sans aucune opposition, ni même mise en perspective de la journaliste impliquée.


Mise à jour 16 mars 2020 : Aucune réponse de la médiatrice de France Inter. Il semble donc normal sur cette antenne d'accorder une émission à une lobbyiste revendiquée de l'éolien ( Déléguée Générale de France Energie Éolienne) sans la présenter clairement pour ce qu'elle est, sans lui opposer aucune contradiction, en la laissant complaisamment déployer ses mensonges en série. Dont acte. Merci France Inter, Merci Fabienne Chauvière)