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vendredi 14 février 2020

Mon geste pour le climat: je veux un contrat électrique d'origine garantie 100% nucléaire


Pourquoi un contrat nucléaire  (1)

On en a parlé, Energie Durable et Les Voix du nucléaire et Myrto Tripathi l’ont fait ! Quoi ? La pétition pour réclamer à votre fournisseur préféré ( bon , je veux rien imposer, mais EDF est pas mal, hein, voir graphe ci-dessous) un contrat 1900% nucléaire !


La première raison est une très forte exaspération devant la propagande incessante et mensongère des margoulins de l’éolien. Un exemple parmi de multiples : « Trouvez un fournisseur commercialisant de l' électricité 100% verte, sans nucléaire afin de préserver la planète." (Kelwatt).

Ou ceci encore : « De plus en plus de Français ont envie de changer de fournisseur d’électricité pour passer à une énergie plus propre que le nucléaire ou le charbon » (Capitaine énergie repris par le Télégramme de Brest ! ( Mazette : le nucléaire, la plus décarbonée des énergies mise sur le même plan que le charbon !).

Et il ya encore plus grave par ex. l initiative RE100,  150 entreprises qui s engagent à terme à consommer 100% d énergie "verte", un choix, je cite, qui les "valorise en terme de communication et  d’image".

Alors, ça suffat comme si avec la Fake science et les margoulins, pour ne pas dire les escrocs ! Je veux des electrons nucléaires tout beau et si mon fournisseur me donne de l’éolien tout pourri et surtout bien carboné ( car son intermittence nécessite de le supplémenter à 80% par du gaz),  eh ben je veux qu il compense en finançant pour la même valeur de nouveaux EPR. Voilà !

Bon, mais au-delà de cette réaction épidermique (mais pas seulement, car toute cette Fake science nous amène droit dans le mur, il y a toutes les raisons défendre le nuclaire comme acteur majeur de la lutte contre le dérèglement climatique et de la  sortie des énergies fossiles.




Pourquoi un contrat nucléaire  (2)

Donc, parce que je suis conscient des risques très graves que le dérèglement climatique et l’épuisement des énergies fossiles font peser sur nos sociétés, avec un risque fort d’effondrement complet…

Parce que le nucléaire est une énergie décarbonée – et la seule à permettre un combat efficace contre le dérèglement climatique : L’énergie électronucléaire n’émet quasiment pas de gaz à effet de serre (GES), cause du dérèglement climatique. Son bilan carbone sur l’ensemble du cycle de vie est en effet parmi les plus faibles des technologies bas carbone,

Parce que le nucléaire est une  énergie pilotable- et la seule à permettre la sécurité d’approvisionnement  : l’énergie électronucléaire est une énergie « pilotable » et disponible à la demande ; sa disponibilité contribue hautement à la sécurité du système électrique et énergétique européen,

Parce que le nucléaire est une énergie abondante, et la seule à permettre la durabilité de nos civilisations , comme  mesuré par le TRE (Taux de retour énergétique) qui quantifie le rapport entre l’énergie générée et l’énerrgie investie : 75 pour le nucléaire, 30 pour le charbon, 4 à 16 pour l’éolien et 1,6 - 4 pour le photovoltaïque,
Parce que le nucléaire est une énergie géographiquement très concentrée, et  la seule qui permette de sauvegarder notre cadre de vie :  la  densité de puissance (puissance produite  divisée par la surface requise pour la production/disribition) est de l’ordre de 1000-4000 W/m2 pour le nucléaire, de 200-2000W/m² pour les centrales à gaz, de 1 à 10 W/m² pour le PV et autour de 1W/m² pour l’éolien…(conséquence : Pour l’agglomération lyonnaise, une surface 7 fois plus grande que celle de la région doit être recouverte d’éoliennes pour fournir suffisamment d’énergie ! ),

Parce que le nucléaire est une énergie durable à la construction : Une étude du Department of Energy  donne 800 t/TWh de béton et 160 t/TWh d’acier pour le nucléaire, et 8000 t/TWh de béton et 1800 t/TWh d’acier pour l’éolien,

Parce que le nucléaire est une énergie sûre et très dépolluée : Le nucléaire évite les décès prématurés provoqués par les émissions polluantes des combustibles fossiles (évalués annuellement  à 1,8 million dans le monde et 290 000 pour la France). Ainsi, l’abandon du nucléaire par l’Allemagne va causer plus de 1000 morts par an,

Parce que l'énergie électronucléaire, est l'une des technologies générant le moins de décès rapportés au kWh d’électricité produite. La mortalité due à l'électricité nucléaire est de 90 décès par billion (= mille milliards) de kWh, 100 000 pour le charbon (toujours par billion de KWH.), 36 000 pour le pétrole, 4.000 pour le gaz naturel, 1 400 pour l'hydroélectricité, 440 décès pour le solaire photovoltaïque 150 décès pour l'éolien. (A.Markandya,P. Wilkinson 2007, The Lancet)


Donc, pour toutes ces raisons je signe des deux mains la pétition « Mon geste pour le climat »

« Oui, nous sommes nombreuses et nombreux désireux d'apporter à la lutte contre le réchauffement climatique notre contribution de citoyen responsable… Nous proposons ici une action simple, peu coûteuse et pourtant très efficace pour réduire notre empreinte carbone individuelle : demander à votre fournisseur un contrat « d’électricité d'origine garantie 100 % nucléaire ».
C’est ce que chacun peut faire en adressant la lettre de consultation ci-dessous à son fournisseur préféré ainsi qu’à quelques fournisseurs alternatifs… »


L’exemple Karnfull ou l’écologie rationnelle.

A vrai dire, cette action, quoique malheureusement assez unique, n’est pas tout à fait sans précédent. Une initiative similaire a été lancée par la société Karnfull energy en Suède.  Présentation :

« Les écologistes rationnels  en Suède sont maintenant les bienvenus pour s’inscrire en vue du lancement prochain de Karnfull Energi - une initiative visant à mettre en évidence l’importance de l’énergie nucléaire dans un monde désespérément à la recherche fiable d’une énergie non fossile, et neutre en carbone.

 Le rapport du GIEC décrivant diverses façons de maintenir le réchauffement climatique à moins de 2 degrés a suscité une idée simple parmi deux écologistes rationnels à Goteborg, en Suède : fonder une  société d’approvisionnement en énergie ne  fournissant rien d’autre que l’énergie nucléaire.

Il est consternant que même aujourd’hui, très peu de gens semblent être conscients que le nucléaire est de loin la source d’énergie la plus sûre  et disponible, avec le taux de mortalité le plus bas par kWh de tous - y compris les énergies renouvelables. 
Il n’est malheureusement que trop clair que, depuis trop longtemps, l’énergie nucléaire a été écartée des incitations politiques, et donc commerciales que justifient ses qualités. .

La recherche et le développement  dans ce domaine doivent  redevenir une priorité absolue… En outre, il ne fait aucun doute que le nucléaire est la source d’énergie qui prend le meilleur soin de ses déchets, avec un processus réfléchi et extrêmement règlementé en place.

Le GIEC est très clair sur le fait que la dépendance à l’énergie fossile doit diminuer considérablement avant 2050, mais qu’actuellement environ 40 % de la production totale d’énergie de l’UE est fossile. C’est un chiffre dévastateur.

Le niveau de compréhension du grand public doit immédiatement être renforcé, car nous n’avons plus le temps d’attendre alors que le charbon allemand et le gaz russe sont considérés comme des sources d’énergie de base non controversées, ou du moins acceptables. Un passage réaliste à une société sans fossiles n’est possible qu’au moyen de l’énergie nucléaire, et c’est le seul moyen raisonnable et écologique pour la Suède (et l’UE) d’approvisionnement énergétique et d’indépendance...


Et le coût ?

Ben tiens au fait c’est bizarre, toutes les offres vertes sont plus chères et c’est là ou l’electricité nucléaire est la plus important en France que l’électricité est la moins chère… Et ceci malgré les subventions massives accordées aux ENR en Allemagne (600 milliards d’euros…60 EPR, sans décarbonner d’un iota !). L’offre d’électricité d’Enercoop est chère (30 à 40% plus onéreuse qu’EDF) Enercoop est une filiale de Greenpeace Energy  bizarrement classée par l’ONG Greenpeace comme le meilleur des fournisseurs verts ( un petit conflit d’intérêt , peut-être?). Direct Energie arrive à un prix socialement plus acceptable, mais avec seulement 50% d’électricité dite verte.

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lundi 5 février 2018

Halte au nucléaire bashing (2) Les margoulins du gaz et des éoliennes

Pourquoi les producteurs de gaz adorent les éoliennes

Dans mon dernier blog (Halte au nucléaire bashing), j’écrivais «  il y a contre le nucléaire à l’œuvre une véritable campagne de désinformation, continue, acharnée, durable. En maitre d’œuvre, les tenants de la secte libérale dominant à Bruxelles, allergiques à  toute forme de service public et qui en ont juré la destruction et la privatisation, en particulier de l’énergie ; c’est que l’électricité nucléaire, en raison de son intensité capitalistique, des problèmes de sécurité, de ses liens historiques avec l’Etat rend impossible toute privatisation du secteur nucléaire- surtout après Fukushima ; et c’est très embêtant, pour les fanatiques de la libéralisation de l’énergie ; en  complices, les opportunistes très intéressés, les concurrents gaziers d’EDF, magouilleurs qui au prétexte d’énergies renouvelables veulent en réalité développer leur activité gazière,  en imbéciles complices, certains écologistes rétrogrades et scientifiquement incultes et les manipulateurs et profiteurs de peurs.
Développons : les producteurs d’électricité gazière se livrent à un lobbying intensif, indécent, éhonté…pour les éoliennes. Etrange non ! Ben non ! Car pour chaque électron produit par une éolienne, il faudra ajouter au moins quatre électrons produits par une centrale à gaz (appel à contributions : quelqu’un aurait une valeur exacte et certifiée) simplement pour pouvoir assurer la sécurité d’approvisionnement et la stabilité du réseau ( cf le blog sur la situation en Australie). Tous ceux qui veulent prendre la peine de se renseigner sur le sujet peuvent le faire et éviter la propagande très intéressées des gaziers. Sur le ton et sur le fond, un des textes les plus intéressants me parait un blog Médiapart de Pierre Yves Morvan :intitulé le solaire et l’éolien marchent au charbon (https://blogs.mediapart.fr/pierre-yves-morvan/blog/300814/le-solaire-et-l-eolien-marchent-au-charbon). Extraits :

Imaginons un mode merveilleux

« Lorsque les militants et la presse annoncent la construction d'un parc d'éoliennes de tant de MW, capable d'alimenter une ville de vingt mille habitants, il faut comprendre que ces éoliennes alimenteront une ville de vingt mille habitants, seulement les quelques rares heures où le vent aura la force exacte permettant la production nominale des éoliennes. Une éolienne de 2 MW est capable de fournir 2 MW... quand il y a du vent, le bon vent, pas trop faible, pas trop fort. Le reste du temps, elle produit moins de 2 MW, et même rien du tout. Compte tenu des fluctuations du vent, qui est brise, zéphyr, ou ouragan, tout se passe comme si une éolienne fonctionnait un quart ou un cinquième du temps à plein régime, son régime nominal... et était à l'arrêt le reste du temps 1. C'est-à-dire que ce nouveau parc d'éoliennes alimentera la ville pour l'équivalent d'un trimestre seulement. Le reste du temps, il faut trouver d'autres énergies ; lorsque l'on construit une éolienne, il faut construire aussi, ou maintenir en service, des centrales-béquilles de puissance équivalente, pour garantir la fourniture d'électricité lorsqu'il n'y a pas, ou pas assez, de vent… »

"Imaginons un monde merveilleux, avec profusion d'éoliennes, partout, et de panneaux photovoltaïques, sans aucune centrale à combustibles fossiles... Imaginons maintenant une belle nuit étoilée sans vent, de celles qui font le bonheur des amoureux et des poètes… Ce serait une belle nuit sans électricité ; l’obscure clarté qui tombe des étoiles ne produit pas d’électrons.
Cela met en évidence un gros problème de la nouvelle électricité renouvelable, celle que produisent éoliennes et panneaux photovoltaïques : elle est inconstante, instable, changeante, volage, on ne peut pas compter sur elle ; il suffit d’une saute de vent, d’un nuage qui passe... et il n'y a plus d'image à la télévision, et le TGV s'arrête en rase campagne. C'est bête à rappeler : il y a aussi des jours sans vent et des nuits sans soleil.
S'il n'y avait que les éoliennes, le TGV avancerait au rythme des tourbillons et des soupirs du vent, pouvant même rester des jours entiers en rase campagne ; pour les rendez-vous, c'est stressant. Dans ces conditions le char à voile est aussi rapide, et bien plus fun. Pour ceux qui ont le mal de mer en char à voile, il est donc nécessaire que la nouvelle électricité renouvelable soit doublée par d'autres centrales moins volages, sur lesquelles on puisse vraiment compter"

«  L'énergie éolienne n'est pas vraiment une énergie renouvelable ; aux trois quarts, c'est une énergie fossile… Les arbres d'acier des éoliennes cachent la forêt fossile. »

« C'est pourquoi, pendant que l’Espagne développait sa capacité éolienne ces dernières années, elle construisait aussi des centrales à gaz pour une capacité de 15 GW. C’est pourquoi l’Allemagne, qui prétend sortir du nucléaire, entre autres en construisant des éoliennes, est obligée de construire aussi, ou de maintenir en service, des centrales à combustible fossile pour les jours sans vent – il y en a. La construction ou la modernisation de 29 centrales au gaz et 17 au charbon est planifiée… Compte tenu de la durée de vie de ces centrales, leurs cheminées fumeront encore dans 40 ans. Les Grünen français se pâment d'admiration. »
« C'est pourquoi dans un pays comme la France, où il n'y a pas un parc suffisant de centrales à combustibles fossiles que l'on pourrait maintenir en service, la construction massive d’éoliennes nécessiterait la construction de nouvelles centrales thermiques, et entraînerait des émissions accrues de CO2. Le scénario serait le suivant, cas d'école avec des éoliennes : - - On ferme une centrale nucléaire de 1 000 MW qui n'émet pratiquement pas de CO2.
- On construit des éoliennes pour une capacité nominale de 1 000 MW.
- On construit une centrale au gaz, russe ou autre, de 1 000 MW, pour les jours sans vent, plus largement pour toutes les conditions pendant lesquelles les éoliennes n'atteignent pas leur puissance nominale.
- Compte tenu du facteur de charge des éoliennes (environ un quart), le résultat sera équivalent à des éoliennes fournissant 1 000 MW un quart du temps, et une centrale au gaz de 1 000 MW fonctionnant les trois quarts du temps, avec émission de CO2.

Tenter de remplacer une centrale nucléaire par des énergies renouvelables en France, ce n'est pas seulement se tirer une balle dans le pied, c'est carrément se tirer une balle dans le ventre. Très douloureux. »

En passant, Pierre Yves Morvan démonte la manipulation de certains chiffres, comme ceux du Danemark : « On cite le cas danois pour démontrer que c’est un faux problème ; mais c’est une fausse démonstration. Il est vrai que les Danois réussissent à injecter 20% d'électricité éolienne, par rapport à la consommation strictement danoise, sur le réseau. Mais ce résultat n'est obtenu que parce que le réseau danois fait en réalité partie d’un plus vaste réseau, incluant la Norvège et son abondante production hydraulique, laquelle est contrôlable. Dans cet ensemble la part de l’éolien danois est largement inférieure à 20% »

Alors on comprend pourquoi les gaziers plaident pour le développement des éoliennes et même la fermeture de centrales nucléaires : c’est la promesse d’immenses profits pour eux, au détriment de la lutte contre le dérèglement climatique, du coût de l’électricité, de l’indépendance énergétique nationale et de l’emploi en France.

Eurogas, un lobby gazier très efficace

La propagande des gaziers est tellement outrancière qu’elle a commencé à faire réagir certains écologistes plus intelligents et mieux informés. « Le gaz est une énergie propre » ose Mestrallet, PDG de Suez Ben ça dépend par rapport à quoi (au charbon et au fuel oui, au nucléaire non !). Et ça dépend d’où il provient : cela n’est valable, ecxplisque Alain Grandjean, conseiller de Hulot,  que si celui-ci est «produit et transporté sans fuite, ce qui n’est pas le cas du gaz de schiste». Car la fracturation hydraulique, seule technique permettant aujourd’hui d’extraire les gaz et pétroles de schiste, entraîne d’importantes fuites de méthane, qui s’ajoutent à celles qui ont lieu lors du transport, du traitement et de la distribution du gaz. Or le méthane est un gaz très réchauffant, 25 fois plus que le dioxyde de carbone (CO2). Le gaz issu du gaz de schiste est beaucoup plus néfaste pour le climat que le charbon et le fuel. Or, tous les pays européens n’ont pas interdit le gaz de schiste ! Shell a réussi à imposer au niveau européen un slogan scandaleux : « Gaz is good for Europe and Europe is good at gaz ».
Pour mémoire, Shell est l’un des lobbyistes les plus actifs auprès de la Commission Européenne- 4.5 millions d’euros de dépenses annuelles, révèle un article du Guardian du 21 sep 2015, lequel écrit aussi que le Directeur Général de l’énergie auprès de la Commission Européenne, M. Dominique Ristori, a envoyé un mel au très puissant lobby Eurogas, instrument de Shell, BP, Suez…dans lequel il le félicitait de partager complètement les vues de la Commission.  

On pourrait souhaiter politique plus avisée et s’inquiéter de ces vues complètement partagées

Et donc, demandez le contrat nucléaire !
En attendant tiens, pourquoi pas une petite lettre à votre fournisseur favori, pour un nouveau type de contrat, un contrat nucléaire :


Parce que je suis un citoyen vraiment concerné par le dérèglement climatique et que je veux une électricité décarbonée, parce que je veux lutter contre la précarité énergétique et pour la compétitivité de l’industrie française avec une énergie bon marché, parce que je veux la sureté et l’égalité d’approvisionnement sur tout le territoire et un réseau qui ne s‘effondre pas en hiver, ni d’ailleurs en été, je demande un contrat me garantissant une énergie électrique à 80% nucléaire

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samedi 3 février 2018

Halte au nucléaire bashing

Bure/Cigeo: un raté significatif et signifiant du Monde

Raté significatif du journal de référence vespéral à propos du projet de centre d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure (CIGEO),  qui nous a valu un bel exercice de contrition du médiateur Franck Nouchi.  Le Monde du 16 janvier titrait sur quatre colonnes à la une : Nucléaire : l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire) juge le projet de Bure dangereux. Ce titre énorme en première page ne correspondait pas du tout à la retranscription de l’interview du président de l’ASN en page 6, lequel jugeait que le projet de Bure était un très bon projet (« L’Andra nous a soumis un très bon dossier, commence-t-il par indiquer au quotidien. Il confirme que la zone argileuse retenue possède les caractéristiques géologiques requises. Et il marque des avancées significatives en termes de sûreté. ») à l’exception d’un sujet « important » ( c’est le rôle de l’ASN de froncer les sourcils dans ce cas), celui des colis bituminés, ,issus d’une ancienne technique de conditionnement de boues radioactives dans des matrices en bitumes. Ce ne sont pas les déchets les plus radioactifs et ils représentent 18% des colis prévus. Par ailleurs, l’ASN indique deux solutions possibles et assez faciles en mettre en œuvre, soit le reconditionnement de ces déchets, soit, pour ces déchets, un espacement plus important que prévu initialement par Cigeo. L’une ou l’autre ne devrait pas remettre en cause la mise en service du site en 2019.

Le Monde cite par exemple la réaction d’un lecteur, Clément Lemaignan, ancien Directeur de recherche au CEA : « Abonné du Monde depuis des décennies et par ailleurs ayant travaillé dans le domaine de l’industrie nucléaire et enseigné sur les aspects technologiques de cette industrie, je commence à être franchement exaspéré par le positionnement trop systématiquement anti-nucléaire du journal. A cet égard, la première page du numéro du 16 janvier dépasse ce qui est acceptable. On peut se demander ce que le rédacteur du titre de la première page veut induire dans la tête des lecteurs… »

Et de fait, les lecteurs et passants qui n‘auront vu que la une du Monde auront eu une opinion complètement déformée de Cigeo et de l’avis de l’ASN. !

Réagir à la malhonnêteté et au nucléaire bashing

Face à la colère justifiée  de certains lecteurs, le Directeur de la rédaction a reconnu une erreur : « Il faut savoir reconnaitre ses erreurs lorsqu’on en fait. Ce titre donnait l’impression que l’ensemble du projet de Bure était remis en cause. Ce n’est pas le cas. Il aurait fallu trouver une formulation plus nuancée ». Le journaliste Pierre Le Hir, qui a mené l’entretien, assume aussi honnêtement sa responsabilité : « Ce titre constitue un raccourci qui ne reflète pas la teneur de l’entretien. Il dénature le propos de M. Chevet en pouvant laisser entendre que celui-ci juge dangereux le principe même de l’enfouissement, alors qu’il défend au contraire cette solution, tout en pointant le danger que représentent en l’état actuel certains déchets…J’assume évidemment ma part de responsabilité dans cette erreur éditoriale pour n’avoir pas eu la présence d’esprit de proposer une alternative, telle que Les réserves de l’ASN, ou Le oui mais de l’ASN. »

Dont acte et absolution… pour cette fois. 

Car il y a dans la presse une attitude générale systématiquement hostile au nucléaire qui commence à devenir extrêmement pesante. Il y a là à l’œuvre une véritable campagne de désinformation, continue, acharnée, durable. En maitre d’œuvre, les tenants de la secte libérale dominant à Bruxelles, qui ont juré d’avoir la peau de tous les services publics ; c’est que l’électricité nucléaire, en raison de son intensité capitalistique, des problèmes de sécurité, de ses liens historiques avec l’Etat rend impossible toute privatisation du secteur nucléaire- surtout après Fukushima ; et c’est très embêtant, pour les fanatiques de la libéralisation de l’énergie ; en opportunistes très intéressés, les concurrents gaziers d’EDF, magouilleurs qui au prétexte d’énergies renouvelables veulent en réalité développer leur activité gazière ; et en imbéciles complices, certains écologistes rétrogrades et scientifiquement incultes et les manipulateurs et profiteurs de peurs.

C’est à  ce point que le contrat signé récemment avec la Chine, un contrat historique couronnant plus de quarante ans d’étroite et intelligente collaboration entre nucléaire civil français et chinois, n’a pas fait, c’est le moins qu’on puisse dire, l’objet de communications enthousiastes, et que M. Macron a refusé que des photographies soient prises sur le site de l’EPR chinois. Il a semble-t-il le nucléaire honteux, alors qu’ »il devrait l’avoir fier, ou peur de la nième menace de démission de M. Hulot ?

Alors, oui, pour obtenir une information honnête sur les enjeux énergétiques, il va sans doute souvent falloir s’énerver.

Je veux de l’électricité nucléaire

En attendant tiens, pourquoi pas une petite lettre à votre fournisseur préféré, pour un nouveau type de contrat, un contrat nucléaire :

Parce que je suis un citoyen vraiment concerné par le dérèglement climatique et que je veux une électricité décarbonée, parce que je veux lutter contre la précarité énergétique et pour la compétitivité de l’industrie française avec une énergie bon marché, parce que je veux la sureté et l’égalité d’approvisionnement sur tout le territoire et un réseau qui ne s‘effondre pas en hiver, ni d’ailleurs en été, je demande un contrat me garantissant une énergie électrique à 80% nucléaire.


Réacteur EPR