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vendredi 12 mai 2023

Les leçons de l’ Eolien off shore au Royaume-Uni : Réalités, illusions, mensonges

 https://www.thegwpf.org/content/uploads/2017/09/OffshoreStrikePrice.pdf (2017)

Prix d’exercice de l’éolien offshore : que se cache-t-il derrière les annonces mirobolantes ?

Gordon Hughes est un ancien conseiller de la Banque mondiale et professeur d’économie à l’Université d’Édimbourg

Dans cet article remarquable de 2017 (tout était annoncé) Gordon Hughes ironise sur les titres triomphalistes de la presse et des ONG pro-ENR sur la baisse des prix de l’offre retenue (57,50 £/MWh contre 74,75 £/MWh en  2012) . Les tarifs des contrats for difference (FiTs CfD) sont très nettement inférieurs à ceux attribués en 2015 (114 £ contre  150 £ / MWh aux prix de 2012).

Donc triomphe des pro-ENR et de la presse trop facilement abusée :  “les coûts sous-jacents de l’éolien offshore sont en baisse, et les prix CfD indiquent un changement de paradigme soudain pour la technologie”.

Faux prix et vrais coûts : des CFD planchers et non plafonds,  une spéculation commerciale et pas une nouvelle ère

Eh bien, c’est faux : l’analyse statistique des données disponibles, couvrant 86 parcs éoliens offshore, suggère que le coût en capital de l’éolien l’offshore (£/MW installé) n’est en fait pas en baisse, puisque les coûts supplémentaires de déplacement nécessaires dans des eaux plus profondes compensent un réel mais modeste progrès technologique. 

“En fait, les projets sélectionnés au deuxième tour de l’appel d’offre ne sont presque certainement pas viables avec les faibles CFD offerts. “. Il doit donc y avoir une autre explication “Nous en déduisons que les développeurs considèrent le CfD comme une option peu coûteuse et sans pénalité pour le développement futur, et que, parce que le contrat est facilement rompu une fois le parc éolien construit, ils considèrent le prix comme un minimum et non comme un plafond. Si le prix du marché devait dépasser le prix contractuel, en raison de la hausse des coûts des combustibles fossiles ou d’une taxe sur le carbone, ils annuleraient le contrat CfD et prendre le prix plus élevé qui deviendrait disponible.

D’autre part, s’il n’y a pas de probabilité significative de prix de marché élevé, il est très peu probable que de nouveaux sites soient construits. Contrairement aux exagérations des médias, les prix bas des CfD  sont de la spéculation commerciale, et ne représentent sûrement pas l’aube d’une nouvelle ère pour l’éolien offshore et les énergies renouvelables.

Une presse crédule ou achetée ?

La couverture médiatique naïve des résultats des résultats des offres et des bas CFD pour l’éolien offshore a montré la crédulité étrange des journalistes et des régulateurs dans leurs annonces mirobolantes des nouvelles apparemment bonnes sur les énergies renouvelables.

“Dans la vie réelle – en dehors du secteur des énergies renouvelables – les journalistes financiers nous conseillent généralement de nous méfier de ce qui parait trop beau pour être vrai. Lorsqu’on offre à des investisseurs un rendement annuel garanti de 10%, le nom de Maddoff apparait très vite en subliminal et nous incite à nous tenir à l’écart. Les sacs à main ou les foulards  bon marché qui prétendent être fabriqués par Gucci ou Hermès sont généralement des faux. Mais dans les énergies renouvelable, situation est différente, et on nous encourage à croire que tout ce qui brille est vraiment de l’or “

Pour les esprits prudents ou curieux, il y a quelques problèmes, des faits qu’il convient de garder à l’esprit. Malgré ce que clame la publicité, les soumissionnaires ne s’engagent en fait pas à livrer l’énergie éolienne aux prix promis: il n’y a pas de pénalités dissuasives en cas d’incapacité de construire la capacité de production promise lors de la vente aux enchères.  Par ailleurs, un examen minutieux  de la section pertinentes de ces contrats, enfouies dans 540 pages de jargon juridique, révèlent qu’un  développeur qui a construit la capacité promise peut facilement abroger le contrat si le prix du marché de l’électricité semble susceptible de dépasser systématiquement le prix fixé dans le CfD. En fait, les titulaires de contrat seront fortement motivés à les  annuler et à payer une pénalité relativement modiques. En d’autres termes, du point de vue du développeur, le prix du CfD n’est pas un prix fixe, mais un prix minimum . Si les circonstances du marché changent et si les prix de gros augmentent, par exemple en raison de la hausse des coûts des combustibles fossiles ou de l’imposition d’une taxe carbone élevée, alors ils peuvent casser le CfD et profiter du prix du marché

Les coûts d’investissement éoliens offshore sont-ils vraiment en baisse?

Les média expliquent que les coûts d’investissement ont diminué, mais étonnamment, cette assertion n’est jamais étayée, et aucun détail des technologies qui auraient rendu ces progrès possibles n’est présenté.

Cependant, il y a maintenant assez de données disponibles pour faire une évaluation fiable des facteurs qui déterminent ces coûts au Royaume-Uni, et permettre d’identifier les tendances réelles des coûts en capital. Nous pouvons tirer nos propres conclusions sur ce qui a motivé les entreprises derrière ces parcs éoliens offshore pour faire des offres de prix aussi remarquables avec l’encouragement soigneusement formulé du gouvernement et de l’industrie des énergies renouvelables

De nombreux journalistes ont naïvement supposé qu’un prix d’offre inférieur devait indiquer un coût en capital inférieur pour la construction des parcs éoliens. Mais cela ne doit pas nécessairement être le cas. Là encore, il est frappant de constater qu’on ne trouve dans tous les discours positifs publiés jusqu’à présent, aucune données claires à l’appui de l’affirmation implicite selon laquelle le coût en capital est en train de baisser. C’est en soi tout à fait surprenant. Si cela  était réel , les entreprises  s’en serviraient dans leur communication afin d’en tirer un avantage commercial. Mais en fait la seule preuve fournie de la baisse du coût en capital est le prix du CfD lui-même, qui est, ainsi qu’on l’a vu plus haut, une preuve des plus équivoques.

Malheureusement, il y a une grave pénurie d’informations fiables sur les coûts d’investissement. De nombreuses estimations initiales sont ensuite révisées à la hausse avec nettement moins de fanfare médiatique. Par exemple, une annonce anticipée pour le parc éolien Borkum Riffgrund 2 (Allemagne mer du Nord) d’une capacité prévue de 450 MW, a vu son coût en capital estimé à 1,35 milliard d’euros. Une annonce boursière ultérieure relative à la vente d’une participation de 50% dans le développement impliquait un coût total de développement de près du double…

Conclusion

Les CfD annoncés pour Triton Knoll, Hornsea 2 et Moray East ne nous disent rien sur le coût réel de l’éolien offshore, et la couverture médiatique mettant en avant un « nouveau paradigme dans les énergies renouvelables » fait preuve d’une crédulité confondante. Que tant de journalistes aient  accepté ce récit sans aucun doute suscite de graves inquiétudes sur leur jugement .

Notre analyse des données sur les coûts en capital dans le domaine public montre que les réductions de coûts depuis 2013 ont été largement compensées par les effets de l’exploitation de sites de plus en plus profonds.


La hausse des coûts de l’éolien offshore pose un défi pour les énergies renouvelables  (2022)

https://www.cityam.com/a-green-price-to-pay-why-offshore-winds-rising-costs-pose-a-challenge-for-renewables/

L’inflation galopante, la stagnation de la croissance économique et la pression intense sur les chaînes d’approvisionnement en minéraux entrainent une forte augmentation des coûts de l’énergie éolienne.  La solution de décarbonation  « à long terme » du Royaume-Uni, la production éolienne offshore, est maintenant confrontée à de réels défis de rentabilité pour la construction de nouvelles turbines


C’est depuis 2015 le cinquième cycle d’allocation selon le principe du CfD : lorsque les prix de gros de l’électricité sont supérieurs au prix convenu dans le système CfD, les producteurs remboursent la différence.

Jusqu’à présent, le gouvernement a attribué 27 GW d’énergie à faible émission de carbone par le biais de CfD, soit assez pour alimenter 12 millions de foyers à travers le pays. Il a également vu le prix d’exercice de la production d’énergie renouvelable passer de 155 £ par mégawatt en 2015 à 37 £ par MWh l’année dernière. Le gouvernement vise à faire passer l’éolien offshore de 14 GW à 50 GW.

Cette baisse des prix en conjonction avec les pressions inflationnistes menace les marges des producteurs et devrait provoquer une augmentation des prix d’exercice pour la première fois

Le lobby ENR plaide pour plus de subventions 

Ana Musat, directrice exécutive de la politique et de l’engagement chez Renewable UK, a critiqué la promesse de financement de 205 millions de livres sterling du gouvernement pour le dernier cycle de CfD, la jugeant trop faible pour alléger la pression sur les entreprises énergétiques. Elle a fait valoir que les objectifs renouvelables du gouvernement risquent d’être compromis.  Les derniers tours d’enchères en Europe ont été décevants–aucune d’allocation en Espagne en novembre dernier.

Le gouvernement a ouvert une consultation sur les enchères d’éoliennes offshore, proposant que les avantages sociétaux des projets éoliens (??)soient pris en compte en même temps que les prix d’exercice pour les offres gagnantes, une idée d’actualité dans le contexte des vastes promesses de subventions dans la loi américaine sur la réduction de l’inflation (IRA). Une proposition largement soutenue par Renewable UK 

Cependant, d’autre préfèrent une concurrence libre permettant de choisir la technologie décarbonée la plus efficace 

Andy Mayer, analyste de l’énergie à l’Institute of Economic Affairs, un groupe de réflexion sur le marché libre, a fait valoir que « la meilleure voie pour une décarbonisation abordable est une concurrence impitoyable sur les prix ». Cela signifierait une augmentation des coûts des énergies renouvelables à court terme, mais permettrait également une concurrence loyale avec d’autres industries telles que le nucléaire, l’hydrogène, les batteries et les technologies d’atténuation des émissions de carbone. 

« Le gouvernement doit maintenir une indifférence inébranlable à l’égard des plaidoyers spéciaux des intérêts particuliers avec des plans de croissance fantasmés. Le climat ne se soucie pas de savoir où ou comment le carbone est économisé, ou à qui appartient l’entreprise, et le gouvernement ne devrait pas le faire non plus. La seule croissance verte durable vient de vraies entreprises qui inventent des choses que d’autres veulent acheter, pas de subventions »,. 

Pertes et licenciements chez les fabricants éoliens. Modifier les CfD ? 

Kathryn Porter, consultante en énergie chez Watt Logic, a noté que les fabricants de turbines subissent des pertes importantes… les directeurs généraux d’Orsted et de Siemens Gamesa ont averti que le statu quo n’était pas viable, reconnaissant qu’ils ne pouvaient pas continuer à soutenir des projets déficitaires. 

Mme Porter a fait valoir que cela « fera inévitablement monter les prix dans le CfD ». Elle a également averti que l’énergie éolienne souffrait d’un défi à long terme avec des besoins en capital élevés avec un risque de ne pas récupérer leurs coûts d’investissement en raison de l’intermittence de leur production. 

Mme Porter a appelé à développer un nouveau type de CfD où le soutien aux parcs éoliens serait basé sur les besoins plutôt que sur le potentiel de production.

« Ce nouveau type de CfD permettrait de récompenser la flexibilité - c’est-à-dire que les aérogénérateurs feraient varier leur production en fonction des besoins (si possible compte tenu des conditions météorologiques) au lieu de recevoir des frais de réduction de production.  Avec les augmentations massives des coûts d’équilibrage résultant de l’augmentation de la production intermittente d’énergie renouvelable, cela pourrait être un moyen de gérer cette variabilité plus efficacement. »

NB : En septembre 20222, Siemens Gamesa a annoncé le licenciement de 11% de ses effectifs.

Les chaines d’approvisionnement, une grande fragilité pour l’éolien off shore (avril 03)

https://www.cityam.com/government-risks-higher-wind-power-as-industry-slams-lack-of-funds-for-auction-round/ 

La dernière fenêtre d’enchères en cours pour les projets éoliens offshore pourrait entraîner une hausse des prix de production et une pénurie de soumissionnaires, a averti le principal organisme de l’industrie éolienne du Royaume-Uni.

Renewable UK a déclaré  que le gouvernement n’avait pas engagé suffisamment de subventions pour tenir compte des pressions de l’inflation sur les minéraux critiques, les chaînes d’approvisionnement et le financement des développements éoliens, Un porte-parole a déclaré: « Comme toutes les parties de l’économie, le secteur de l’énergie est touché par les impacts de l’inflation, le coût des principaux intrants et produits de base, comme l’acier et le cuivre, atteignant des niveaux record au cours des 18 derniers mois. Il est difficile de dire où iront ces prix à l’avenir, mais l’impact à court terme est que les nouveaux parcs éoliens sont confrontés à des coûts plus élevés.”

Le référent de l’éolien offshore Tim Pick,  nommé par le gouvernement pour évaluer le secteur a fait valoir que des prix bas et durables dans le secteur des énergies renouvelables seraient difficiles à maintenir dans l’environnement économique actuel....« Nous devons reconnaître qu’en raison des contraintes de la chaîne d’approvisionnement ainsi que de l’augmentation des coûts du capital, il est peu probable que les prix d’exercice des CFD pour l’éolien offshore à fond fixe poursuivent leur trajectoire descendante ». 

Adam Bell (Stonehaven) a déclaré qu’il s’attendait à ce que les prix de la production augmentent, principalement parce que la demande dépassera durablement et pour longtemps les capacités des chaînes d’approvisionnement britanniques, le gouvernement visant une augmentation de 14 GW à 50 GW d’ici la fin de la décennie. « Je pense que certains des coûts plus élevés induits par l’inflation n’auront un impact qu’à court terme, mais la demande très élevée vers la fin de la décennie continuera d’avoir un impact sur les prix. Ce qui sera intéressant, c’est la mesure dans laquelle la chaîne d’approvisionnement se développera pour répondre à cette demande et, ce qui est important politiquement, où cette mise à l’échelle se produira »

Stuart Dossett, conseiller politique principal au groupe de réflexion Green Alliance, a suggéré une taxation plus favorable pour les énergies renouvelables. “Accorder aux énergies renouvelables une déduction pour investissement dans le prélèvement sur les bénéfices, comme celle accordée aux producteurs de pétrole et de gaz dans leur taxe sur les bénéfices exceptionnels, est une première étape pour minimiser le risque d’échec des enchères.”



Les promesses fallacieuses d’emploi dans l’éolien off shore en Ecosse (Avril 2023) 

https://www.heraldscotland.com/news/homenews/23489568.offshore-wind-delivers-one-tenth-jobs-promised-ministers/ 

Il y a dix ans, le gouvernement écossais proclamait  qu’il visait à devenir” l’Arabie Saoudite des Energies renouvelables” et le leader de l’Europe avec environ 28 000 emplois rien que dans l’éolien offshore. 

En réalité, l’éolien off shore n’a fournit qu’un dixième des emplois alors  promis par le dirigeants et ministres écossais soit selon les dernières estimations officielles (2021),  3100 emplois à temps plein dans l’éolien offshore.

Le syndicat GMB Scotland a écrit au secrétaire à l’énergie, Neil Gray, pour demander un sommet urgent afin de s’assurer que le pays ne continue pas à se tromper dans la révolution des emplois verts. Une lettre qui  a coïncidé avec le voyage de M. Gray au Japon pour une visite commerciale visant à encourager de nouveaux investissements japonais dans les énergies renouvelables écossaises. Le GMB que M. Gray « n’a pas besoin de faire le tour du monde » pour créer des emplois dans les énergies renouvelables en Écosse et a rappelé que le nombre d’emplois créés dans l’éolien offshore n’a pas suivi le montant des revenus générés - pointant un écart de 16 000 emplois entre les prévisions et ce qui a été effectivement réalisé. Le GMB réclame que davantage de turbines et autres infrastructures pour les parcs éoliens au large des côtes écossaises soient effectivement construites en Ecsse pour ycréer plus d’emplois. Le”s éoliennes sont en Ecosse, les profits sont ailleurs (

Selon les dernières estimations de l’Office of National Statistics, en 2014, chaque million de livres sterling de  CA réalisés par les entreprises éoliennes offshore s’est traduit par sept emplois, en 2021, ce chiffre a chuté à un seul emploi pour 1 million de livres sterling de chiffre d’affaires . Alors que le chiffre d’affaires de l’éolien offshore a été multiplié par plus de 27 au cours des sept années précédant 2021 - de 95 millions de livres sterling à 2,594 milliards de livres sterling, le nombre d’emplois n’a augmenté que de près de quatre fois et demie, passant de 700 à 3100.

Lors du sommet de la COP26 en 2021, Scottish Enterprise a signé un accord avec Marubeni Corporation, basée à Tokyo, pour explorer les opportunités de parcs éoliens flottants et d’hydrogène vert. Une autre société japonaise, Mitsubishi, est déjà un investisseur dans le plus grand parc éolien offshore en exploitation d’Écosse, Moray East, qui a été mis en service l’année dernière. La  Chine et des Émirats arabes unis, qui ont présidé aux préoccupations en matière de droits humains, figurent parmi les grands  bénéficiaires de la révolution verte écossaise.  Le Herald a révélé que les gouvernements étrangers, y compris la Chine, bénéficient déjà de plus de 200 millions de livres sterling de bénéfices annuels.  Les éoliennes sont en Ecosse, les profits ailleurs (la liste des bénéficiaires  comprend également la France, la Norvège, la Suède et la République d’Irlande)

Gary Cook, l’organisateur principal du syndicat GMB pour l’ingénierie et la fabrication, a déclaré que l’incapacité à créer et à protéger des emplois d’ingénieurs pendant la transition vers les énergies renouvelables est « abjecte et est devenue un embarras national ».

Les synndicats se sont également battus contre la très controversée concession des travailleurs de l’éolien offshore (OWWC), qui permet l’emploi de ressortissants étrangers à des conditions salariales et sociales minimales  sur des projets éoliens. Celle-ci va être abrogée.

NB :  Voire également https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/04/les-laisses-pour-compte-de-la-transition-verte-ecossaise_6100878_3244.html

Extraits

“Projet NnG (opéré par EDF), à 15 kilomètres au large de Methil...  “85 % des fondations des éoliennes de NnG sont fabriquées en Indonésie, à l’autre bout de la terre. Elles devront être amenées sur des barges géantes, tournant au diesel, c’est absurde... Seagreen (à une trentaine de miles plus au sud) fait travailler des sociétés chinoises, et Moray Est a passé commande aux Emirats », d

Richard Hardy, secrétaire pour l’Ecosse du syndicat Prospect, cite le cas du projet éolien Beatrice, au nord d’Inverness, piloté par le norvégien SSE, « qui a salarié des Philippins, des Indiens et des travailleurs d’Europe de l’Est en les payant de 2 à 3 livres de l’heure, bien au-dessous du salaire minimum au Royaume-Uni, qui ne s’applique pas au-delà des 3 miles nautiques. Comment lutter contre ces pratiques d’esclavage moderne ? »

vendredi 11 novembre 2022

Les éoliennes « vertes »… à voir : 2) le SF6 ( Hexafluorure de Soufre)

 Donc, après le balsa https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/10/du-balsa-dans-les-eoliennes-oui-et-pas.html, le SF6


Le SF6, un tueur climatique…utilisé dans les éoliennes 

Le SF6 (hexafluorure de soufre ) a été découvert en 1901 par les chimistes français Henri Moissant et Paul Lebeau. C’est un excellent isolant électrique, stable chimiquement et thermiquement, facilement manipulable, non toxique ; pour cette raison, il a été et reste employé dans nombre d’appareils  électriques, principalement les disjoncteurs à haute tension et les postes électriques sous enveloppe métallique.

Son seul probléme : c’est un gaz à très fort effet de serre, avec un  potentiel de réchauffement global (PRG) à cent ans 23 500 fois supérieur à celui du CO2. Et sa durée de vie est longue : une fois que le SF6 entre dans l'atmosphère, il faut plus de 3 000 ans pour qu'il se décompose. Néanmoins, vu ses faibles concentrations dans l’atmosphère, sa contribution au réchauffement climatique global était considérée comme faible (0,002 ppbv, 0,01% du RC)

Sauf que, alors que le SF6 commence à être interdit par de nombreux secteurs manufacturiers, il est encore largement utilisé dans les éoliennes, principalement dans les tableaux de distribution électroniques. Lorsque l'espace disponible est limité, comme c'est le cas à l'intérieur des éoliennes, ce gaz  offre une excellente isolation tout en laissant un espace supplémentaire pour les machines et les pièces vitales. La quantité est faible (environ 2 kg de gaz) par éolienne, mais avec environ 30 000 éoliennes), ce n’est plus du tout négligeable.

Et ça se voit !

Les mesures de l'air au-dessus de l'Allemagne ont déjà identifié le pays comme le pire contrevenant en Europe en ce qui concerne la substance hautement dangereuse qu'est l'hexafluorure de soufre (SF6). Il est utilisé dans la fabrication des éoliennes et s'échappe dans l'environnement. L'Allemagne étant le leader de l'utilisation des éoliennes en Europe, les scientifiques affirment que c'est le principal facteur expliquant les niveaux exceptionnellement élevés de SF6 relevés en Allemagne.

Avec les 30.000 éoliennes allemandes, l´effet du SF6 qui s´en échappe est plus important que celui du trafic aérien intérieur de l´Allemagne.  Autre élément de comparaison : cela représente émettent environ 20 fois + de CO2e que le SF6 émis par le parc nucléaire  français et souvent pointé par les écologistes (https://twitter.com/grunblatt/status/1561787055398686733?t=c8tBIUEP_De2LbPd6p1QXg&s=09 ) 

Un comportement délictueux : 

Dès 1997, le protocole de Kyoto stipulait que les émissions de SF6 devaient être limitées. L'industrie s'est engagée volontairement à réduire l’utilisation de SF6, à l'utiliser dans des systèmes fermés, et à le recycler et le neutraliser à la fin de son utilisation pratique. L'engagement de 1998 stipulait également que les entreprises devaient enregistrer et communiquer les quantités utilisées et recyclées. 

Or, ce n'est pas le cas. En fait, l'Allemagne viole cette disposition à grande échelle, et les données atmosphériques le prouvent. Selon le Taggeschau, les niveaux de SF6 sont 50 % plus élevés que ce que suggèrent les données d'émission actuelles fournies par l'industrie !

 https://www.tagesschau.de/wirtschaft/technologie/erneuerbare-energien-windkraft-treibhausgas-sf6-101.html


Lorsque le magazine économique Plusminus a interrogé les 2 plus grands fabricants d'éoliennes sur les niveaux élevés de SF6, Nordex et Vestas ont répondu qu'il n'y avait pas d'alternative. Ils affirment que seules de petites quantités de SF6 s'échappent dans l'air et veillent à ce que le produit chimique soit éliminé de manière appropriée à la fin de la durée de vie de l'éolienne. L'engagement de 1998 stipulait également que les entreprises devaient enregistrer et communiquer les quantités utilisées et recyclées.

Oui mais, comme pour le démantèlement, ce ne sont pas les fabricants, mais les propriétaires d’une éolienne à démanteler qui doivent s’occuper eux -même de l’élimination et du recyclage du SF6. Et en cas de doute, il est plus facile de laisser la substance s’échapper dans l’environnement. Il n’y a aucun contrôle. Le mur de démantèlement des éoliennes générera des montagnes de pales et des nuages de SF6 !

Des alternatives…mais un moratoire soutenu par les écolos !

Il existe des solutions alternatives développées notamment par Schneider Electric et Siemens qui utilisent simplement le vide comme isolant.  Divers fournisseurs d’interrupteurs haute tension l’intègrent déjà, ou des systèmes similaires,  dans les équipements dédiés à la distribution de l’électricité et cela devrait être généralisé.

Siemens a développé ce système  pour les éoliennes de sa filiale Gamesa, mais la plupart des fabricants d’éoliennes considèrent que cela représente un coût supplémentaire qui obère leur compétitivité.

En conséquence, l’Union Européenne ne prévoit pas d'interdire ce gaz dans les dispositifs électriques avant 2030, soit une période de transition de huit ans supplémentaires par rapport à ce qui était prévu. Un moratoire très demandé par l’industrie allemande soutenu par les Verts dont le leader au parlement européen , Baas Eickhout a déclaré : « Vous avez fait pression avec succès et fait valoir que la transition énergétique ne devrait pas être entravée et que le SF6 est nécessaire pour cela ».

On les a connu plus combattifs vis-à-vis des lobbys industriels polluants…alors qu’il existe déjà des solutions.

Sujet déjà abordé par G. Grunblatt

 https://twitter.com/grunblatt/status/1562010956481404928

https://rmx.news/article/wind-turbines-emit-highly-dangerous-climate-destroying-gas-with-germany-the-worst-polluter-in-europe/

Mise à jour_1erjuin2023: Le SF6 monte, monte, monte 

Un seul kilogramme de SF6 a le même effet sur le réchauffement terrestre   que 24 personnes voyageant de Londres à New York. Comme nous installons de plus en plus de turbines, et des turbines de plus en plus puissantes, les quantités de SF6 utilisées augmentent, en particulier à cause des éoliennes off shore. Une éolienne off shore contient typiquement 5 kg de SF6, ce qui est l’équivalent d’environ 117 tonnes de dioxyde de carbone.

Une étude de l’Université de Cardiff a montré  que sur tous les réseaux de transport et de distribution au Royaume-Uni, la quantité de SF6  utilisée augmentait de 30 à 40 tonnes par an. Cette hausse s’est également reflétée dans toute l’Europe, les émissions totales des 28 États membres en 2017 équivalant à 6,73 millions de tonnes de CO2. Soit l’équivalent des émissions de 1,3 million de voitures supplémentaires pendant un an.

Nous effectuons des mesures de SF6 dans l’atmosphère», a déclaré le Dr Matt Rigby, lecteur en chimie atmosphérique à Bristol. « Ce que nous avons vu, c’est que les niveaux ont considérablement augmenté, et nous avons vu presque doubler la concentration atmosphérique au cours des deux dernières décennies. » Le moyen le plus important par lequel le SF6 pénètre dans l’atmosphère provient des fuites dans l’industrie de l’électricité.

https://www.bbc.com/news/science-environment-49567197?s=09 Climate change: Electrical industry's 'dirty secret' boosts warming





 

dimanche 21 août 2022

L’éolien off shore : 3) la pêche- les pêcheurs sacrifiés et exclus de la mer

Résumé : Très actif à Bruxelles, le lobby de l’éolien a prévenu : «  il faut approcher différemment la planification de l’espace maritime ». Pour les pêcheurs déjà confrontés aux parcs éoliens, la signification est claire : ils sont évincés de leurs zones de pêche ; à  cela s’ajoute les effets nocifs des parcs sur la biodiversité, la pollution, les courants. Face à une propagande intense qui va jusqu’à chercher les enfants à l’école et achète les complicités, ils s’organisent avec leurs organisations professionnelles pour obtenir l’interdiction de parcs qui auraient une  incidence majeure sur la pêche.     

1) Le sacrifice des pêcheurs annoncé et revendiqué par le lobby éolien :  il va falloir « approcher différemment la planification de l’espace maritime »

« Pour Wind Europe (lobby des industriels de l’éolien), la France possède l’un des plus forts potentiels de production d’énergie d’origine éolienne marine en Europe. Ce serait l’un des pays les plus sollicités de l’Union européenne, après le Royaume-Uni (80 GW) et les Pays-Bas (60 GW). Dans le schéma présenté par Wind Europe, les côtes françaises fourniraient 57 GW : 40 GW, soit près de la moitié de la capacité envisagée dans l’océan Atlantique et la Manche et 17 GW au large des côtes méditerranéennes.

NB : cela représenterait environ 115 parcs de la taille de celui de la baie de Saint-Brieuc. Commentaire de Vent Libre (@Fragren36) : Il ne resterait rien de ce pays et de ses littoraux.

Dans son étude de novembre 2019,  WindEurope précisait que « l’espace maritime capable d’accueillir des éoliennes offshore est trop petit. On ne pourrait installer que 112 GW quand il faudrait 450 GW…Nous allons devoir approcher différemment la planification de l’espace maritime. Les zones aquatiques doivent pouvoir faire l’objet d’usages multiples…Pour faciliter le développement des parcs offshore, la Commission Européenne va donc devoir résoudre ce problème en priorité. »

Giles Dickson, le président de WindEurope, https://lenergeek.com/2020/07/23/lue-accelere-sur-lenergie-offshore/

Autrement dit, poussez-vous que je m’y mette !

2) Témoignages de pêcheurs devant la Commission Aubert (Commission d'enquête sur l'impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables, sur la transparence des financements et sur l'acceptabilité sociale des politiques de transition énergétique)

M. Julien Trehorel, Saint-Brieuc :  « Ce parc éolien a été mis en place en plein milieu de la baie de Saint-Brieuc où 290 bateaux travaillent. Cela représente 236 licences de coquilles Saint-Jacques. La baie de Saint-Brieuc est la plus grande baie de France où se reproduisent naturellement les coquilles Saint-Jacques. Nous avons également énormément d’activités autour du bulot, des araignées et du homard.

Lorsque ce parc a été installé à cet endroit-là, ils n’ont pas pensé aux conflits d’usage. C’est de l’éolien posé. Aujourd’hui, on n’a pas de place. On ne peut pas aller ailleurs car la baie de Saint-Brieuc est entièrement exploitée, que ce soit au filet, au chalut ou au casier »

« On se dit que tout ce travail que nous faisons depuis des années, tout ce chiffre d’affaires qu’on remet à l’eau pour pouvoir mieux l’exploiter l’année suivante va nous être enlevé comme cela, d’un claquement de doigts »

Sylvain Gallais, Noirmoutiers . « Je suis patron pêcheur au port de L’Herbaudière sur l’île de Noirmoutier. Dans la zone où j’exerce mon activité, il est prévu deux projets éoliens plantés de 80 machines pour le projet de Saint-Nazaire et 62 machines pour le projet de Noirmoutier-Yeu.  Je représente les pêcheurs de Noirmoutier-Yeu c’est-à-dire environ 100 bateaux et 200 marins pêcheurs.

Selon la direction interrégionale de la mer (DIRM) Nord Atlantique Manche Ouest, un emploi en mer génère trois emplois à terre…..

La pêche, sur nos îles, c’est un métier qui se transmet de père en fils depuis des générations. Il n’y a pas une famille de la région qui n’ait pas de pêcheurs : c’est l’histoire de nos îles, son patrimoine, notre Notre-Dame à nous. Ce sont les ports de pêche, les petites maisons de pêcheurs, les produits frais de la pêche consommés sur place qui font venir les touristes, qui risquent de partir avec nous si ces projets voient le jour. Aujourd’hui nos zones de pêche diminuent toujours un peu plus, laissant place à l’industrialisation de la mer. Nous sommes aussi de plus en plus à partager un même espace de pêche. Nos zones de pêche se réduisent comme peau de chagrin avec la taille de nos bateaux et les quotas. Il n’est pas possible de les remplacer par des zones plus au large ou ailleurs…Nous avons exprimé notre opposition au projet dans une motion adressée en janvier 2018 à Nicolas Hulot, au député et sénateur de Vendée ainsi qu’à tous les élus locaux. 152 travailleurs de la mer l’ont signée dont – à une exception près – tous les patrons pêcheurs de Noirmoutier. La population nous a suivis lors de l’enquête publique sur le projet Noirmoutier-Yeu. Elle a recueilli 80 % d’avis défavorables. Pourtant, jusqu’à maintenant, nous ne sommes pas entendus. »

Philippe Gendreau, Saint-Gilles-Croix-de-Vie : « Nous sommes des vieux acteurs de la conserve de poisson, depuis 1903, depuis quatre générations, et nous employons à la conserverie Gendreau 300 salariés dont 150 travaillent uniquement la sardine. Saint-Gilles-Croix-de-Vie est l’un des tout premiers ports sardiniers français : 3 000 tonnes sont pêchées par an. C’est aussi un port sardinier qui a été inscrit en tant que site remarquable du goût pour la sardine en 1998 et qui est depuis 2018 inscrit au Patrimoine culturel immatériel de la France. La sardine, est un véritable emblème de la ville de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

La pêche à la sardine se pratique par des chalutiers pélagiques de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Nous sommes directement impactés par ce projet de centrale éolienne car il intervient au milieu de la zone de pêche. Ce projet va également entraîner de graves perturbations au niveau de l’écosystème marin en raison des travaux. Les marins pêcheurs de Saint-Gilles estiment qu’à peu près 30 % des apports viennent de cette zone de 100 kilomètres carrés. Pour nous cela représente la menace de perdre 30 % d’approvisionnement et une baisse de notre activité de transformation qui impacterait nos 150 salariés »

M. Emmanuel Maquet, Le Tréport   : Il y a un mois, nous recevions ici Jean-Louis Bal le président du Syndicat des énergies renouvelables, qui nous déclarait que le projet du Tréport est l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Je crois que c’est bien l’illustration de l’aberration de ce projet. Je l’ai vécu de l’intérieur puisque j’étais à l’époque élu local au département et dans ma commune de Mers-les-Bains située face au parc. Ce projet se situe dans le périmètre du parc naturel marin situé entre les estuaires de la plaine de Picardie et de la côte d’Opale. Il s’agit d’une zone extrêmement riche en termes de biodiversité et un plan de gestion ambitieux  a été mis en place pour la sauvegarder. Puis, on a nous a retiré le droit de veto pour le confier à l’Agence française pour la biodiversité (AFB) qui a validé ce parc alors que nous avions émis un avis défavorable. Cela a généré une crise de gouvernance puisque nous avons tous démissionné du parc marin à cette occasion-là.

C’est à la fois une zone riche en biodiversité dont l’État s’est contrefichu et une zone de pêche

Olivier Becquet, le Tréport : « En mars 2017, nous avons ainsi visité le parc de Thannet sur proposition de l’Institut maritime de prévention (IMP) et nous étions une dizaine de pêcheurs. Nous sommes revenus en pleurant : le port de pêche s’est vidé, il n’y a plus que du fileyeur, nous n’avons vu aucun bateau de pêche en activité… Il n’y a plus de filière, plus de criée, plus de jeunes qui entrent dans ce métier. Il ne reste qu’un chalutier qui pêche à la côte des petits naissains de moules, qui sont revendus pour les bouchots. Les éoliennes qui ont été plantées dans un fond accidenté avec une granulométrie variée ont créé une dépression sur la zone de Thannet. Avec une telle turbidité, les espèces ne se reproduisent plus. Les fonds sont devenus plats »

« On trouve aberrant que des consortiums se rendent dans les écoles, pour voir les enfants, sur le temps des cours, pour faire la promotion de l’éolien. Une élève nous a rapporté que les questions étaient interdites et qu’il s’agissait d’un monologue.

Mme Marjolaine Meynier-Millefert, rapporteure. De quel niveau de classe s’agissait-il ?

M. Olivier Becquet. C’est une élève de 15 ans, donc au collège. Mais dans l’Éducation nationale, on ne fait pas de cours sur la pêche. La pêche, c’est aussi une activité et là, on distribue des petites éoliennes aux enfants. Sur la façon de procéder des consortiums, on constate que plusieurs milliers d’euros sont distribués à l’école de voile du Tréport qui dispose d’un stand dédié aux éoliennes. C’est un peu fort de café ! Ces gens-là ont des moyens colossaux pour faire leur promotion qu’ils nous font peut-être payer avec la facture de la contribution au service public de l’électricité (CSPE). »

Philippe Gendreau. Le consortium EMYN, qui est actif sur le projet de Noirmoutier, a financé le Vendée Globe en 2016 pour une somme de 500 000 euros. La force des lobbies nous a conduits à être censurés par le journal Ouest-France. »

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/comptes-rendus/cetransene/l15cetransene1819047_compte-rendu

Jean Porcher et Émile Éouzan, armateurs, Saint-Brieuc :  « Ces éoliennes, on n’en veut pas. C’est tout ! C’est une aberration écologique, proche de la zone Natura 2000, sous le Cap Fréhel. Ça fait 60 ans que la baie est protégée. Ça fait 60 ans que les pêcheurs font leur part, entre les quotas et les zones à respecter. Pour exemple, au Sud-Ouest immédiat des travaux prévus, on a 250 tonnes de raies brunes qu’on n’a pas le droit de toucher. On n’y touche pas !...Ce parc, entre les emplois en mer et ceux qui travaillent à terre, ça va toucher 1 800 personnes. Dont la moitié va rester sur le carreau. Parce qu’on ne pourra plus y pêcher. C’est une petite baie et on l’a vu quand il y a eu les essais de forage : les bateaux rentraient à vide. La ressource s’était enfouie plus profondément qu’à l’habitude. Ou était partie. On ne sait pas. Mais ce qu’on sait, c’est que quand les nuisances sonores et les vibrations se sont arrêtées, tout est rapidement rentré dans l’ordre… »

https://www.letelegramme.fr/bretagne/baie-de-saint-brieuc-deux-armateurs-vent-debout-contre-le-parc-eolien-17-11-2020-12658182.php

4) Colloque au Parlement Européen, « Les pêcheries et l’éolien en mer peuvent-ils coexister ? » (22 janvier 2020) : « Il faut comprendre que nous sommes chassés de la mer »

Témoignages de pêcheurs confrontés aux zones industrielles éoliennes :

Job Shot, président d’EMK ( Hollande)  : « Des éoliennes néerlandaises, allemandes et britanniques nous chassent du sud de la mer du Nord. (…) Ils prétendent que la zone autour des éoliennes crée une sorte de paradis de la biodiversité. C'est exactement le contraire. Ce sont des zones mortes…

Avec ce qui est construit ou décidé en Mer du Nord, 25% des zones traditionnelles de pêches sont déjà occupées…Il faut comprendre que nous sommes chassés de la mer. Il ne nous reste presque rien au sud de la mer du Nord. Ce sont des espaces où nous avons toujours pêché de génération en génération. Pendant combien de temps encore pourrons-nous déguster du poisson frais dans notre assiette ? »

Jaap, Stellendam (Hollande) : « Nous sommes en train de nous faire exclure de la mer. Le domaine dans lequel nous pouvons travailler devient de plus en plus petit. Nous pouvons tous voir ce qu'il advient du poisson lorsque les éoliennes sont en place ; »

Steve, Ramsgate (Angleterre) « Pour une raison quelconque, je ne sais pas ce que c'est, mais il n’y a pas de poissons dans le parc éolien. Cette zone est pratiquement stérile. (…) La région était autrefois un lieu de pêche privilégié. »

Avis d’experts :

Luca van Duren, Deltares : Il existe un « effet Chaine » dans les perturbations, et ce n’est pas du tout la même chose d’avoir une éolienne isolée ou d’immenses parcs à proximité les uns des autres : « Le développement de l’éolien à grande échelle impose de comprendre les effets des changements dans la physique des écosystèmes. Les turbulences importantes produites par les éoliennes entraînent des changements de vent provoquant des modifications dans la vitesse et la direction des vagues. Dans les parcs éoliens allemands, on observe une diminution de la stratification de la colonne d’eau et une augmentation de la turbidité entraînant une diminution de la production d'algues etc. Il est indispensable de développer des programmes internationaux pour réduire les incertitudes de ces effets à long terme. »

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Thierry Ruellet , GEMEL, Chercheur en écologie littorale et biodiversité marine : « Remaniement des fonds, panaches turbides, anodes sacrificielles, champs électromagnétiques créés par les câbles, autant d’impacts et d’effets sur les poissons, les mammifères marins, les invertébrés qui demandent à être documentés… L’impact des anodes superficielles notamment est largement ignoré (valeur typique : 39 tonnes de métaux divers dissous par an pour un parc de 60 éoliennes) »

“L’effet récif avancé par les opérateurs, il n’est pas toujours vérifié. Par contre, la constante toujours vérifiée, c’est une raréfaction grave de la ressource autour des sites éoliens et une baisse drastique des flottes de pêche cf. exemple de Ramsgate (UK)…Le seul point malheureusement déjà documenté au vu de l’expérience, c’est l’ingérence de l’éolien offshore dans l’espace économique et la diminution de la ressource. A quoi s’ajoute le constat que même les solutions techniques amoindrissantes (ex, les rideaux de bulles) sont insuffisantes.»

 5) Les pêcheries et l’éolien en mer peuvent-ils coexister ?, https://pecheursartisans.com/2020/01/

Parlement Européen, Commission pêche : Projet de rapport sur les effets des parcs éoliens en mer et des autres systèmes d’énergie renouvelable sur le secteur de la pêche

« La Commission pêche du Parlement européen fait remarquer que les études empiriques récentes ne comportent pas d’évaluations des effets économiques et socioculturels des énergies renouvelables en mer sur la pêche, et, en l’absence de données fiables, appelle au principe de précaution quant à la construction de parc éoliens offshore. »

La Commission :

- S’inquiète de l’impact négatif à long terme des éoliennes en mer sur les écosystèmes, les stocks de poissons et la biodiversité, et par conséquent sur l’ensemble des pêcheries, et ce tout au long du cycle de vie des éoliennes, de leur construction jusqu’à leur déclassement, en passant par leur exploitation;

- Souligne que le déploiement à grande échelle de parcs éoliens en mer risque de nuire au fonctionnement physique des bassins maritimes, en particulier des courants marins et aériens, ce qui pourrait contribuer au mélange des couches de la colonne d’eau, et, par conséquent, influer sur le cycle des nutriments, la génération des vagues, les amplitudes des marées et le charriage des sédiments sur le fond, tandis que les infrasons produits par la rotation des pales pourraient chasser les poissons des parcs éoliens, et que les champs électromagnétiques des câbles sous-marins, ainsi que le bruit produit par le battage des pieux, risquent de perturber gravement la vie marine;

- Affirme que les parcs éoliens peuvent avoir une incidence sur les pêcheries car ils modifient la répartition spatiale et l’abondance des espèces marines pêchées à des fins commerciales, peuvent être fermés pour des raisons de sécurité ou imposent une modification de l’activité ou de la méthode de pêche, par exemple le passage d’une pêche active à passive;

- Souligne que les pêcheries artisanales seront particulièrement touchées par les déplacements de poissons, car elles ne sont pas toujours en mesure de se rendre dans d’autres zones de pêche plus éloignées ou de modifier leur méthode de pêche;

- Souligne que l’assurance des navires de pêche opérant dans des parcs éoliens est très problématique en raison des niveaux d’indemnisation insuffisants offerts par les polices d’assurance des navires;

Est soucieux du fait que les pêcheurs ont tendance à éviter de pêcher dans les parcs éoliens, même s’ils y ont accès, car ils craignent les dégâts accidentels, les accrochages et la perte de matériel de pêche, et que, par conséquent, la crainte d’une exposition potentielle à des poursuites est une source de préoccupation qui entrave la coexistence;

- Souligne qu’à l’heure actuelle, les activités de pêche (active ou passive) dans les parcs éoliens sont restreintes ou interdites dans la plupart des États membres;

- Insiste sur le fait que toute restriction d’accès aux zones de pêche traditionnelles a des répercussions directes sur les moyens de subsistance des pêcheurs de l’Union et les emplois connexes à terre, et que l’approvisionnement responsable et durable en denrées alimentaires et la sécurité alimentaire s’en trouvent compromis;

- Met en exergue que l’analyse des chevauchements entre les énergies renouvelables en mer et les pêcheries laisse présager une forte hausse des conflits spécifiques potentiels dans les eaux européennes dans les années à venir;

- Fait remarquer que les études empiriques récentes ne comportent pas d’évaluations des effets économiques et socioculturels des énergies renouvelables en mer sur les pêcheries; invite dès lors instamment la Commission à poursuivre ses recherches au-delà des incidences environnementales afin d’évaluer les éventuelles répercussions économiques et sociales négatives des investissements dans les parcs éoliens sur les pêcheries;

- Souligne que des programmes de surveillance normalisés et une harmonisation des données relatives à l’effort de pêche s’imposent pour évaluer l’incidence écologique, socio-économique et environnementale cumulée de l’exploitation croissante des énergies renouvelables en mer, et insiste pour que les données soient davantage compatibles et comparables;

- Souligne que les parcs éoliens en mer ne devraient être construits qu’en l’absence d’incidences négatives sur les plans environnemental et écologique ainsi que sur les plans économique et socioculturel, conformément aux objectifs de l’économie bleue et du pacte vert pour l’Europe;

- Invite la Commission à réaliser une analyse d’impact portant sur les incidences économiques, sociales et environnementales attendues de la construction de parcs éoliens en mer, dans les zones où ceux-ci sont susceptibles d’entrer en conflit avec le secteur de la pêche et d’avoir des répercussions sur la pérennité de la vie marine;

- Insiste sur le fait que le principe de précaution, prévu à l’article 191, paragraphe 2, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, doit s’appliquer si des décisions doivent être prises avant que les connaissances ou les informations requises ne soient disponibles;4

- Souligne qu’il pourrait être nécessaire de légiférer davantage au niveau de l’Union si les États membres n’intègrent pas équitablement les pêcheries dans leur planification de l’espace maritime;

https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/PECH-PR-681090_FR.pdf

6) L’effet récif

Les structures immergées représentent un effet « récif », souvent mis en avant par les porteurs de projet, voire de concentration de poissons mais qui sont également des tremplins « relais spatialisés » pour le développement d’espèces exotiques invasives

L’effet « récif « a été mis en avant en Mer du Nord,  relativement à la colonisation des structures immergées par des organismes filtreurs, qui attirent d’autres espèces en créant un milieu propre aux substrats durs. Mais la diversité baisse après une première phase d’installation, en raison de la compétition d’espèces invasives… L’effet récif ne peut pas être généralisé à des fonds marins rocheux. Ses effets sur les poissons, crustacés et mollusques peuvent être positifs en milieux sableux mais difficile à distinguer de l’effet réserve engendré simultanément par l’arrêt des prélèvements par la pêche. De plus, cet effet « réserve naturelle » est annulé par une pêche plus intensive autour des parcs ou contrainte de se reporter dans des zones sub-optimales auparavant peu utilisées

Le CNPN souligne d’ailleurs, dans un contexte de multiplication des déploiements de structures et de parcs éoliens,  les effets délétères que pourraient générer la prolifération et l’extension d’espèces invasives du fait de la modification de la connectivité dans ces écosystèmes. Des espèces autochtones peuvent aussi disparaître de champs éoliens (ex la Petite vive Echiichthys vipera sur les parcs belges

http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf