Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Greenpeace. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Greenpeace. Afficher tous les articles

samedi 13 mai 2023

Comment l’Allemagne finance l’affaiblissement du secteur nucléaire français

 Comité d’Intelligence Stratégique pour la Souveraineté, Avril 2023

 https://www.docdroid.net/y7NENZB/comment-lallemagne-finance-laffaiblissement-du-secteur-nucleaire-francais-pdf

Résumé : le paradigme antinucléaire, fortement diffusé au sein de la 

société allemande, notamment au travers de la peur d’une potentielle catastrophe nucléaire, pousse Berlin à voir d’un mauvais œil le développement de l’atome dans un pays limitrophe.

Une raison culturelle : la peur bien entretenue de l’atome

Une raison  économique : afin de sauver la compétitivité de l’industrie allemande mise en péril par la sortie précipitée du nucléaire en 2011, il est inconcevable, pour Berlin, de laisser un de ses principaux rivaux, l’industrie française, disposer d’une source d’énergie bien moins onéreuse et des avantages compétitifs en découlant.

Ainsi, l’Allemagne manœuvre afin de nuire à la filière nucléaire française. Au sein des instances européennes, elle agit afin de ralentir au maximum le développement de l’atome en France, notamment en œuvrant à prévenir tout soutien financier de la part de l’Union.

Cependant, Berlin ne cantonne pas sa stratégie au ralentissement du secteur nucléaire français. En effet, l’Allemagne œuvre à propager le paradigme antinucléaire en France. Pour cela, elle s’appuie sur un de ses principaux outils en matière d’influence à l’étranger, ses fondations politiques.


Les Fondations, un instrument d’influence de l’Allemagne 

Il existe actuellement 7 fondations, chacune proche d’un parti  politique allemand :

Fondation Friedrich Ebert (SPD, 670 collaborateurs, 15 bureaux nationaux et plus de 100 représentations étrangères), Konrad Adenauer (CDU, 1 000 collaborateurs dans 100 bureaux à l’étranger , supervisant des projets dans plus de 120 pays.), Friedrich Naumann (FDP, présente dans plus de 60 pays avec plus de 500 collaborateurs), Hans Seidel (CSU, 90 projets de développement dans plus de 75 pays), Rosa Luxemburg (Die Linke, 300 collaborateurs, présente dans 25 bureaux nationaux et 46 bureaux à l’étranger), Heinrich Böll ( Verts, implantée dans 35 pays et soutient des projets dans plus de 60 pays dans le monde, Desiderius Erasmus (AfD, non soutenue par des subventions fédérales)

Les Fondations, instruments revendiqués de la politique extérieure de l’Etat Allemand 

« L’État octroie à certaines organisations privées allemandes dotées de différents profils politiques et

idéologiques, des fonds pour qu’elles puissent mettre en œuvre des projets de formation et des mesures de conseils avec des partenaires dans les pays e développement qui présentent aussi différentes opinions politiques et idéologiques et qui poursuivent divers objectifs politiques dans leurs pays. Ces projets de formation ont pour but d’influencer le développement de ces pays à travers une orientation de leurs élites dans un sens sociopolitique déterminé »

Les fondations allemandes et le nucléaire français 

Dans le cadre des opérations de propagation du paradigme antinucléaire, les principales Fondations mobilisées sont Heinrich Böll et Rosa Luxemburg. En effet, les 2 structures se sont vu attribuer, par les ministères de la Coopération et du Développement et celui des Affaires étrangères, des financements relatifs à des projets d’influences visant à induire une « transformation socio-écologique » sur les territoires ciblés. 

Ainsi, en 2018, la fondation Heinrich Böll publiait « l’Atlas de l’énergie. Les auteurs s’alarment des « incertitudes sur la faisabilité technique et économique de la prolongation de la période d’exploitation des centrales », ils y déplorent également les 55 milliards d’euros investis dans la rénovation des réacteurs, montant qui, selon eux, aurait pu être « investis  dans les énergies renouvelables

En 2020, la fondation Heinrich Böll participe à la production de l’étude « Rapport mondial sur les déchets nucléaires : Focus sur l’Europe.  Le rapport cherche notamment à stigmatiser la France quant à sa production de déchets nucléaires. Le document remet également en cause la viabilité du système français en matière de traitement de ces déchets, insistant sur son coût actuel ainsi que sur sa potentielle augmentation. 

En 2021, la Fondation Heinrich Böll collabore avec le journal Alternatives Economiques dans le cadre de la production d’un dossier à charge contre le nucléaire français. Intitulé « Nucléaire : la France à l’heure du choix »,  il brosse un portrait au vitriol du secteur. Titre des chapitres Réacteurs : une prolongation à haut risque ; Déchets nucléaires : quand les poubelles débordent ; Le nucléaire, une industrie sans grand avenir ; 100 % Renouvelable, c’est possible ; Nucléaire : la folle obstination d’EDF ;  Sortir du charbon et du nucléaire : l’exemple allemand ;  Pour faire avancer la transition, l’énergie citoyenne ;  Nucléaire : « il faut que le débat ait lieu ». 

Le vendredi 10 mars 2023, suite à l’adoption du projet de loi « relatif à l’accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires », Jules Hébert, Vice- président de la fondation en France, a été le premier des 5 intervenants à s’exprimer au siège du parti Europe Ecologie Les Verts, face à un parterre de journalistes, dans le cadre d’une conférence constituant le début de la « contre-offensive culturelle » des écologistes face au retour en grâce du nucléaire dans l’hexagone.

La  fondation Heinrich Böll finance le Réseau Action Climat  France, une fédération composée de 27 associations nationales et de 10 associations locales dont Greenpeace France, Les Amis de la Terre ou encore le réseau Sortir du Nucléaire. Il convient de préciser que, dans son rapport d’activité 2021, le Réseau Action Climat ne se présente plus comme financé par la fondation Heinrich Böll, mais directement par le ministère fédéral des Affaires économiques et de l’Action climatique

La Fondation Rosa Luxemburg mène des actions parfois extrêmement virulentes contre l’industrie nucléaire française.

Ainsi, en janvier 2022, la structure publie, en collaboration avec le Réseau Sortir du nucléaire et la Nuclear Free Future Foundation, un document dont la production a été financée par le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement intitulé « Atlas de l’Uranium ». Traduction d’un document allemand issu d’une collaboration entre la Nuclear Free Future Foundation, Le Monde diplomatique, la Fondation Rosa Luxemburg et BUND (Les Amis de la Terre Allemagne), cette production de 56 pages est une compilation d’articles à charge contre divers acteurs impliqués dans l’exploitation de l’uranium.. Le document est particulièrement virulent à l’égard de la France qui se voit consacrée 3 articles entiers et citée dans plusieurs autres. En plus d’une hostilité générale envers l’Hexagone, l’Atlas cible particulièrement la relation de la France avec un de ses principaux fournisseurs : le Niger…. L’article cible également l’entreprise Orano, anciennement Areva, l’accusant d’être responsable d’une catastrophe écologique, de l’empoisonnement des mineurs locaux, mais également d’un « naufrage social » à venir.

Réel document militant, l’Atlas de l’uranium stigmatise la France, poussant les conditions d’une dégradation des relations commerciales entre Paris et un de ses principaux fournisseurs d’uranium. Ce faisant, la Fondation Rosa Luxemburg œuvre à perturber la chaîne d’approvisionnement de la filière nucléaire française. Le financement par l’État fédéral allemand d’un tel document, peu importe s’il partage ou non les opinions qui y sont énoncées, constitue indiscutablement une contribution de Berlin, consciente ou non, aux manœuvres d’affaiblissement de la filière nucléaire française ;

Rappel : En ce qui concerne les manœuvres et l’attitude de Berlin quant au nucléaire français, il faut aussi rappeler que le rapport franco-allemand AGORA IDDRI (« L‘Energiewende et la transition énergétique à l'horizon 2030 ») indique que « […] si des capacités nucléaires sont retirées du mix français, la compétitivité des centrales à charbon maintenues dans le système en Allemagne est améliorée. »


dimanche 30 janvier 2022

Prolongation des 900 MW : les enquêtes publiques, c’est parti avec Tricastin

Contexte et importance des enquêtes publiques

L’enquête publique sur les modifications réalisées par Tricastin à l'occasion du quatrième réexamen de sûreté de la tranche 1 a débuté jeudi 13 janvier et se poursuivra jusqu’au lundi 14 janvier. Le grand public pourra donner son avis sur l’ensemble des dispositions d’amélioration mises en œuvre pour la prolongation de la durée de fonctionnement du réacteur N°1. Tous les citoyens, y compris les salariés, sont invités à y participer.

Cette première enquête publique concerne la perspective d’une poursuite de fonctionnement des réacteurs 900 MW pour les 10 ans qui suivent leur 4ème réexamen périodique. Tricastin ouvre la voie, il y aura une enquête pour chaque réacteur 900 MW.

Après dépouillement et analyse, la commission d’enquête remettra ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet et  cela constituera un des éléments pris en compte par l’Autorité de Sûreté Nucléaire pour élaborer sa Décision (attendue au 2ème semestre 2022) de poursuite d’exploitation de Tricastin 1. Ce serait une erreur de penser qu’il s’agit d’une « formalité » ou que cette enquête publique qui est « consultative » ne pèsera pas dans la décision de l’ASN. Les opposants au nucléaire, eux,  se sont organisés pour peser.

L’enquête publique porte sur « les dispositions proposées par EDF lors du 4ème réexamen périodique de Tricastin 1 ». Ce n’est pas une prise de position « pour » ou « contre » le nucléaire mais un avis sur l’ensemble des dispositions d’amélioration mises en œuvre pour la prolongation de la durée de fonctionnement du réacteur N°1.

Les contributions personnelles… doivent être personnelles. A chacun de les rédiger selon ses connaissances et sensibilités. Les envois de messages tous similaires en masse ne seront pas pris en compte.

Il est néanmoins possible de présenter quelques arguments assez standard. Tout le monde peut contribuer sur la plate-forme ci-dessous

https://www.registre-dematerialise.fr/2797

Principales remarques et conclusion :

1) La prolongation des réacteurs existants, lorsqu’elle est compatible avec la sécurité et validée par les Autorités de Sureté compétentes est reconnue par l’AIE et l’OCDE (NEA) comme la source la plus rentable d’électricité à faible teneur en carbone.

Rappelons qu’il n’y a pas de durée de vie fixée des centrales nucléaires, ni en France, ni dans les autres pays possédant une industrie nucléaire (sauf le Japon). En France, l’autorisation de créer une installation nucléaire est délivrée par le gouvernement, sur avis de l’ASN. Ce « feu vert » est délivré sans limitation de durée mais il est remis en question tous les 10 ans dans le cadre d’un réexamen approfondi de l’installation (réexamen périodique)

Aux USA, pays le plus avancé dans la prolongation des centrales nucléaires, les centrales nucléaires renouvellent leur autorisation de fonctionner tous les 20 ans. La plupart des centrales, qui sont assez similaires aux nôtres,  sont déjà autorisées à fonctionner 60 ans. La poursuite de fonctionnement jusque 80 ans est en cours de réflexion.

2) Lorsqu'on fait le bilan de 40 ans de fonctionnement du parc nucléaire, on doit constater qu'il a assuré la production d'énergie électrique de la nation avec une grande fiabilité et sans incident ou accident notable. C’est le résultat de bonnes interactions entre l’exploitant EDF, et l’Agence de Sureté Nucléaire, dont l’indépendance et la qualités sont reconnues internationalement.

L’accident survenu au Japon en 2011 (Fukushima)  a été pleinement pris en compte comme pour faire évoluer la sécurité des réacteurs 900MW face à des risques spécifiques (séisme, perte de source électrique, perte de source de refroidissement). Les demandes de l'ASN dans le cadre du 4ème réexamen périodique des centrales concernent une meilleure gestion des accidents potentiels avec ou sans fusion du coeur du réacteur, du combustible dans la piscine de désactivation et des agressions internes ou externes au site (séisme, tornade, inondation,...).Le but final est de protéger la population de tout accident nucléaire mais également de ne pas contaminer l'environnement en toute situation.

Cet objectif a été pleinement adopté par EDF dans le cadre des VD4. Bien qu’âgé de 40 ans, le réacteur N°1 de Tricastin avec l’ensemble des dispositions prises par EDF sera plus sûr qu’à sa mise en service et qu’à la sortie des précédents réexamens de sûreté et le niveau de sécurité sera très proche de celui des réacteurs de GENIII type EPR. Cette exigence est en fait assez unique dans les comparaisons internationales.

3) Etat de la cuve et fissures : l’existence de microfissures (ou plus exactement de microbulles entre l'acier noir de la cuve et son revêtement en inox) est un problème connu depuis l’origine et suivi donc depuis 40 ans. Le problème concerne huit cuves construites avant 1979, Tricastin 1 étant  le plus affecté avec 20 défauts détectés sur les viroles pour 37 sur l’ensemble du parc. Ces microfissures résultent d’un procédé de soudage du revêtement, qui a été modifié depuis. L‘ASN a rappelé que ces défauts isolés ne dépassent pas une dizaine de millimètres de hauteur dans une paroi épaisse de plus de 200 mm et ne sont, ni par leur dimension, ni par leur nombre comparables à ceux trouvés sur les cuves de Doel en Belgique.

Depuis quarante ans qu’elles sont suivies, ces fissures surveillées par l’IRSN et l’exploitant  n’ont pas évoluées. En conséquence, l’ASN a fait savoir au directeur de la production nucléaire d'EDF (3 janvier 2022) que «considérant les éléments communiqués […], l'ASN retient que la tenue en service de la zone de cœur des réacteurs numéro 1 du Tricastin et numéro 2 du Bugey est démontrée pour la période de dix ans suivant leur quatrième visite décennale.»

4) Les récupérateurs de corium : c’est un exemple de la façon dont le post Fukushima a été pris en compte, conduisant à une sécurité de niveau GEN III. 

L’ASN a imposé dans les réacteurs de 900 MWe « des dispositions nouvelles permettant la stabilisation du corium (y compris en cas de percement de la cuve) et la possibilité d'évacuer la chaleur hors de l'enceinte de confinement sans utiliser le dispositif d'éventage-filtration ». En accord avec l’IRSN¸ les dispositions retenues par EDF consistent  à réaliser un étalement sec du corium sur le radier dans le puits de cuve en l'étalant également dans un local voisin (local RIC). Elles permettent l'étalement sur une grande surface du corium afin de permettre le renoyage passif par l'injection d'eau. Cette solution ingénieuse permet d'assurer la  stabilisation et le refroidissement du corium à l’intérieur de l’enceinte de confinement.

Certains jettent le doute sur cette solution en affirmant qu’elle n’a pas fait l’objet d’études expérimentales ; c’est une évidence, il est impossible et dangereux d'expérimenter avec un vrai corium ! et il n’existe heureusement que très peu de retours d’expériences d’accidents. Les physiciens recourent à des modélisations et simulations expérimentales, il est ainsi possible d’étudier les effets de métaux fondus à très haute température, ou  ceux d'une très forte radioactivité sur les matériaux susceptibles d'être en contact avec un corium.

Les récupérateurs de corium ont fait l’objet d’expertises par l’IRSN et l‘AS qui ont validé le bien-fondé de ce concept et de son design. L’IRSN a ainsi proposé une couche de béton sacrificiel plus épaisse qu’initialement prévu afin que le corium n'atteigne pas trop tôt les plaques d’acier sous-jacentes. Par ailleurs, la quantité d’eau qui pourrait être présente dans le puits de cuve et dans la chambre d'étalement au moment de la percée de la cuve doit être limitée par conception afin d’éviter les risques d’explosion.

4b) un recombineur d'hydrogène, qui diminue conisdérablement tout risque d'explosion

5) Injection d’eau borée : dans la série des modifications post-Fukushima, l’ASN a demandé aux exploitants des réacteurs de 900 MWe de mettre en place un dispositif permettant d’injecter de l’eau borée dans le réacteur dans les situations de perte totale des alimentations électriques du site.

 

EDF a proposé l’installation sur chaque paire de  réacteurs d’une pompe supplémentaire aspirant l’eau borée de la bâche d’eau de refroidissement des piscines via le circuit d’aspersion de l’enceinte, et la refoulant dans le circuit primaire par les lignes basse pression du circuit d’injection de sécurité (RIS-BP).  Cette modification augmente la pression d'injection d'eau borée du circuit RIS et permet de réduire considérablement le risque de découvrement du cœur en situation de perte de réfrigérant primaire.

 

6) Diesels d’Ultimes Secours : Autre modification post-Fukushima, l’Autorité de Sureté Nucléaire Diesel d'Ultime Secours (DUS) avait en 2012 imposé à EDF d’installer, sur chacun de ses sites nucléaires, deux moteurs de secours autonomes.  Ils sont l'ultime rempart contre la fusion du cœur du réacteur en cas de perte de la source de refroidissement car ils permettent l'alimentation électrique en 220V de divers appareils utiles en gestion de crise (notamment: appareils de télécommunication, équipements de protection individuelle ou collective).

 

La presse s’est fait l’écho de problèmes (départs de feux au niveau du collecteur d’échappement) lors des premières installations et tests sur 6 DUS (sur 56).  L’Autorité de sûreté nucléaire a été informée de ces événements et a communiqué  : « L’ASN a veillé à ce que les causes en soient déterminées et à ce que des mesures correctives soient mises en œuvre, ce qui a été fait. ».  Tous les matériels en exploitation (52 DUS) ont passé des essais d’endurance et ont été qualifiés. Ils sont conformes et sûrs.

 

7) Piscines de refroidissement des combustibles usés : Un système d’appoint de refroidissement de l’eau des piscines d’entreposage des combustibles usés a été mis en place, notamment pour parer à la possibilité d’une chute d’un petit avion sur ces installations. La dalle de béton d’enceintes de confinement doit être épaissie pour éviter la pollution des nappes phréatiques en cas d’accident grave dans le cœur du réacteur. « L’objectif est de se rapprocher le plus possible des exigences de sûreté des réacteurs de troisième génération tels que l’EPR », a déclaré le Directeur de l’ASN. Une intervention de la FARN (Force d'Action Rapide Nucléaire) est également prévue en cas de problèmes.

 

 Un des reproches récurrents de la part des opposants du nucléaire est que les piscines « ne sont pas bunkerisées ». Pour sa part, l’ASN a souligné le travail réalisé par EDF en termes d’études de sûreté, qui a conduit à « la définition de dispositions supplémentaires qui permettront d’améliorer notablement la sûreté de l’entreposage du combustible et de répondre aux objectifs retenus pour le quatrième réexamen périodique des réacteurs de 900 MWe »

9) Force d’Action  Rapide du Nucléaire : autre mesure post Fukushima, la Force d’Action Rapide du Nucléaire compte 310 personnes qui s’entraînent toute l’année à l’intervention en situation de crise. Son but est d’ intervenir en moins de 24 heures en appui au site, si besoin, réinjecter de l’eau et de l’électricité dans l’installation, assurer les branchements « plug & play » et appuyer l’équipe de pilotage de la centrale. La Farn dispose de 40 équipements, dont un hélicoptère, des barges, des pick-up 4x4, des semi-remorques, des camions plateaux avec ou sans grue pour apporter et déplacer les groupes électrogènes, les tuyaux, les câbles, les pompes, le carburant… tout ce qui est nécessaire pour dégager une route, assurer une alimentation électrique et une "source froide" (eau permettant le refroidissement) pour le site nucléaire

La FARN s’entraine continument. Ainsi, un exercice a eu lieu du lundi 17 au jeudi 20 janvier 2022 au Tricastin et dans les communes alentours. Les moyens mobiles mis en œuvre par la Force d’Action Rapide du Nucléaire permettent de renforcer encore le niveau de sûreté avec une nouvelle ligne de défense pour faire face aux situations les plus critiques, permettant notamment d’assurer le refroidissement du combustible aussi bien celui présent dans la cuve du réacteur que celui qui peut être entreposé dans la piscine de refroidissement

 

10) Agressions externes au site : Les travaux de renforcement de la digue pour résister au Séisme Noyau Dur permettent d’élever le niveau de résistance à l’agression d’un séisme.

 

À la suite du séisme du Teil survenu le 11 novembre 2019 à proximité des centrales nucléaires de Cruas et du Tricastin, l’ASN a demandé à EDF  de déterminer si cet événement serait susceptible de conduire à une réévaluation du niveau des aléas sismiques retenus pour la démonstration de sûreté. En réponse, EDF considère que  le séisme du Teil est sans impact sur la définition du SMS du site du Tricastin. En effet, sur les sites des installations nucléaires du Sud-Est (Cruas, Tricastin, Marcoule et Cadarache), le séisme du Teil n’a engendré que des accélérations minimes, très inférieures à celles prises en compte dans leur dimensionnement, et n’a pas eu de conséquences sur les matériels. Du point de vue de la sûreté, le retour d’expérience porte en premier lieu sur les procédures d’inspection en cas de séisme, qui doivent être précisées et rendues plus directes et opérationnelles.

 

Lorsqu’en un lieu, la vitesse de propagation des ondes sismiques est inférieure à la vitesse des ondes en profondeur, on observe une amplification et un allongement du signal sismique. Le sol agit en quelque sorte comme un amplificateur et les ondes peuvent être « piégées » dans les terrains à plus faible vitesse de propagation. Tricastin, construit sur une zone sédimentaire est soumis à cet effet de site bien connu. Après le séisme du Teil, l’IRSN a comparé les signaux enregistrés par différents capteurs placés à proximité de Tricastin, les uns au rocher, sur le bord du canyon, les autres sur les sédiments. Ces signaux ont confirmé l’existence d’un effet de site : amplification et allongement du signal. Cet  effet de site est  pris en compte dans la définition du spectre de référence.

 

La FARN constitue une nouvelle ligne de défense face aux situations les plus critiques d’inondation ou séisme ; de même pour les Diesel d’Ultimes Secours.


Pour l’inondation d’origine externe, dont l’étude a été réalisée à ce stade pour les sites du Tricastin, du Bugey, de Gravelines et de Saint-Laurent-des-Eaux, les valeurs obtenues sont, pour le risque de fusion du cœur, compris entre 10-6 et 10-5 par an et par réacteur et sont négligeables pour le risque de découvrement des assemblages de combustible dans la piscine d’entreposage.

L’ASN considère que « l’ensemble des dispositions mises en œuvre à la suite de l’inondation du site du Blayais en décembre 1999 et dans le cadre de la prise en compte du retour d’expérience de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi permet de conférer aux centrales nucléaires de 900 MWe un haut niveau de protection contre le risque d’inondation d’origine externe »… Pour le site du Tricastin, les éléments transmis par EDF relatifs aux méthodes d’évaluation des situations de référence pour le risque d’inondation (crue, pluie, rupture d’ouvrage hydraulique…) sont  jugés globalement satisfaisants.

Concernant le risque de tornades, l’ASN a notamment considéré que la définition de la tornade de référence proposée alors par EDF (niveau de tornade EF340 sur l’échelle de Fujita) ainsi que les projectiles associés étaient globalement satisfaisants pour le quatrième réexamen périodique.

Concernant les vagues de chaleur, un référentiel « grands chauds » (température exceptionnelle supérieure ou égale à 45,7 °C et une température minimale supérieure ou égale à 27,3 °C pour le site du Tricastin) a fait l’objet d’une instruction dans le cadre du quatrième réexamen périodique des réacteurs de 900 MWe. L’ASN souligne l’ampleur des études réalisées et des modifications prévues par l’exploitant pour protéger ses installations. L’ASN considère que la déclinaison du référentiel « grands chauds » constitue une avancée majeure pour la démonstration de sûreté.

En résumé, les demandes de l'ASN dans le cadre du 4ème réexamen périodique des centrales REP 900 MW concernant une meilleure gestion des accidents avec ou sans fusion du cœur du réacteur, du combustible dans la piscine de désactivation et des agressions internes ou externes au site (séisme, tornade, inondation,...) ont été prises en compte. Elles permettent une meilleure gestion des accidents avec ou sans fusion du cœur du réacteur, du combustible dans la piscine de désactivation et des agressions internes ou externes au site (séisme, tornade, inondation,...), le but final étant de protéger la population de tout accident nucléaire mais également de ne pas contaminer l'environnement quelle que soit la situation. L’'accident survenu au japon (Fukushima) en 2011 a été pleinement pris en compte.

Le CNPE de Tricastin exploite et effectue la maintenance de ses réacteurs en toute transparence. Ce point a notamment été souligné par l'Autorité de Sûreté Nucléaire. A la suite du quatrième examen décennal, le réacteur N°1 de Tricastin est plus sûr qu’à sa mise en service et qu’à la sortie des précédents réexamens de sûreté.

Face à l’urgence climatique, à la crise énergétique et à ses conséquences économiques,  à l’épuisement des ressources fossiles, l’avis sur la prolongation de l’exploitation de  Tricastin ne peut être que très favorable. 



dimanche 4 juillet 2021

Etrange et inquiétante justice, pour rester poli

 Un procès à Valence et un procureur qui défend les inculpés

Trente-quatre militants de Greenpeace ont comparu le mardi 29 juin 2021 devant le tribunal de Valence pour s'être introduits (intrusion illégale, notamment en découpant un grillage) en février 2020, sur le site de la centrale nucléaire du Tricastin, afin de réclamer sa fermeture.

Si les dépositions des témoins et les arguments des avocats de la défense fuirent sans surprises, ce ne fut pas le cas des réquisitions du procureur Michel Coste…qui prit carrément le parti des militants de Greenpeace avec des argument qu’eux-mêmes n’auraient pas osé utiliser.

Verbatim :

Témoin : Yves Marignac, Negawatt :  « l’ ASN rappelle régulièrement qu'une catastrophe nucléaire est possible sur chacune des installations nucléaires en France…."la démonstration de sûreté de la centrale nucléaire de Tricastin a été initialement projetée sur 40 ans. Le dépassement n'a pas été ni étudié ni évalué au départ »

Commentaire : C’est faux. L’ASN fait son métier d’agence indépendante pour que justement un accident nucléaire n’arrive pas.  Et quant au mensonge inlassablement répété des 40 ans, répétons inlassablement avec l‘ASN : « la France n'a pas prévu, dans sa législation, de limitation de la durée de vie des centrales nucléaires, comme cela peut être le cas parfois à l'étranger. Une fois que l'exploitant est autorisé à fonctionner, il n'y a pas de limite mais une obligation d'examen de sûreté tous les dix ans. »

Procureur: « Les méthodes de Greenpeacef n'ont jamais été violentes et n'ont jamais fait de victime. Par contre, il y a eu une victime de leur côté à la suite de l'attentat sur le Rainbow Warrior organisé par l'Etat français »

Commentaire : Quel est le rapport avec EDF ?  les méthodes de Greenpeace sont illégales et dangereuses. Elles mettent en péril les salariés des centres nucléaires et les militants de Greenpeace eux-mêmes le jour où ils seront confrontés à la réponse normale de la sécurité des CNPE.

Par ailleurs cette observation du Procureur tombe mal, juste après (16 juin) l’intrusion d’un ULM de Greenpeace dans le stade de Munich, juste avant  le match France Allemagne. Le pilote de l’ULM en a perdu le contrôle et a blessé plusieurs personnes dont une au moins a dû être hospitalisée. C’aurait pu être encore plus grave si l‘ULM s’était écrasé dans les tribunes, et, par ailleurs, il a failli être abattu par la police. Il est peut-être temps de siffler la fin de la récréation pour ce type d’action de Greenpeace.

Et rappelons que Greenpeace s’est vu retirer son statut d’organisme de bienfaisance par le gouvernement canadien en raison de son action pour obtenir la fermeture de certaines industries. Et qu’en Nouvelle-Zélande ( le pays du Rainbow warrior…), Greenpeace s’est longtemps fait contester le statut d’organisation charitable…

Procureur : » n'oublions pas que l’image d’EDF est écornée aussi par des échecs retentissants", a affirmé le représentant du parquet dans une allusion au projet d'EPR à Flamanville.

Commentaire : Quelle compétence du procureur sur ce sujet ? Quant à l’échec de l’EPR, on en reparlera dans vingt ans.

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/01/un-nucleaire-nouveau-est-necessaire.htm

Procureur : «  3 accidents nucléaires majeurs ont rythmé l'histoire mondiale du nucléaire. C'est à la suite d'un de ces accidents qu'a été  créée la @CRIIRAD pour démêler le vrai du faux sur le nucléaire »

Commentaire : La CRIIRAD fondée par l’inénarrable Michèle Rivasi a depuis longtemps perdu toute crédibilité… et singulièrement depuis Tchernobyl et son nuage, et ses attaques indignes contre le PR Pellerin et le SCPRI

Sur la mortalité des différentes énergies, une information pour le proc…

Procureur: "Les sites nucléaires représentent un danger car il y a des matières dangereuses et ça se barrage hydroélectrique ça ne se surveille pas"surveille. Un

Commentaire : Oh, ben si que ça surveille et heureusement. Par exemple, c’est bardé de jauges de contraintes suivies en permanence pour voir que ça bouge pas trop. Parce que on rappelle : Morvi ; 15.000 morts ; Banquiao : 170.000 morts ; en France, Malpasset, 423 morts)

Nucléaire, démocratie et transparence

Et en ce qui concerne ces autres tartes à la crème de grenpeace, une remaquable tribune d'Alexis Quentin ( CFE-CGC) dans Marianne :

"le nucléaire est bel et bien un domaine sujet à la plus grande transparence. Votée en 2006, la loi Transparence et Sûreté Nucléaire précise que « toute personne a le droit d'être informée sur les risques liés aux activités nucléaires et leur impact sur la santé et la sécurité des personnes, ainsi que sur l'environnement et sur les rejets d'effluents des installations...Quelle autre industrie en fait autant ?"

"En 1981, quelques mois après l’élection de François Mitterrand, a eu lieu à l’Assemblée Nationale un débat, dont la lecture du compte-rendu est passionnante. Durant deux jours, il n’a été question que de politique énergétique, et principalement de la politique nucléaire qui serait mise en place durant ce septennat....Dix ans plus tard était votée la loi Bataille sur la gestion des déchets nucléaire, aussi un modèle démocratique. Après cette loi ont eu lieu 20 ans de travaux scientifiques, d’auditions devant une commission nationale d’évaluation et devant l’OPECST, l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Techniques, plusieurs débats publics"

https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/rejeter-le-nucleaire-pour-de-mauvaises-raisons-nest-pas-raisonnable

Bon bref, la justice, en l’occurrence le Procureur Michel Coste déconne à plein tubes..

Et ce n’est pas tout, la même semaine on a été gâté.

Quand le Conseil d’Etat veut résoudre le problème climatique

1er juillet 2021 : Saisi par la commune de Grande-Synthe, qui s'estime menacée par la montée du niveau de la mer, le Conseil d’Etat a relevé que les trajectoires actuelles de la France ne lui permettent pas de respecter ses engagements dans le cadre de l'accord de Paris et ordonne donc au Premier ministre de prendre toutes mesures utiles permettant d'infléchir la courbe des émissions de gaz à effet de serre (...) afin d'assurer sa compatibilité avec les objectifs" de la France d'ici le 31 mars 2022, délai qui expirera donc en pleine campagne présidentielle »

Ben voyons, mes dignes ??? magistrats, il y a qu’à faut qu’on hein. Ce sont des objectifs totalement délirants dont aucun scientifique ou ingénieur n’a la moindre idée de la façon de les tenir, mais, bon, pas de problème, les magistrats savent…

Quand même une petite idée qui peut aider, on remet en route Fessenheim (bon, c’est pas trop possible, mais après tout pas plus impossible que le reste). Mais surtout on prolonge toutes les centrales existantes (donc on envoie balader la PPE) et on met illico presto en route 6 EPR…pour commencer.

Le tribunal administratif de Lyon plus compétent que l’ANSES sur le glyphosate

https://www.leprogres.fr/environnement/2021/06/30/glyphosate-la-justice-confirme-l-interdiction-du-roundup-pro-360

 En 2019, le tribunal administratif de Lyon avait annulé l’autorisation de mise sur le marché émise en mars 2017 par l’Anses (l‘Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, organisme chargé de distribuer les autorisations de mise sur le marché en France). Les juges estimaient que l‘herbicide devait « être considéré comme une substance dont le potentiel cancérogène pour l’être humain est supposé » et mettaient en cause l‘Anses, estimant qu’elle avait « commis une erreur d’appréciation au regard du principe de précaution » en autorisant ce produit.

En rejetant l’appel de Bayer et de l’Anses ce 29 juin, la cour administrative d’appel confirme l’argumentation du tribunal. Considérant que le risque d’atteinte à l’environnement et de nuisance à la santé était connu à l’époque, il estime que l’Anses n’a pas évalué ce risque avant l’autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360 et que sa décision a été prise « en méconnaissance du principe de précaution »

Toutes les agences sanitaires du monde entier considèrent que malgré près de 40 ans d’utilisations et des centaines d’études, il n’y a aucune preuve de danger cancérogène ou sanitaire du glyphosate, une seule agence le qualifie de cancérogène probable dans une classification assez baroque, au même titre que la viande rouge ou le manque de sommeil, mais les dignes ??? magistrats se permettent de retoquer l’ANSES et d’affirmer que le principe de précaution impose son retrait

Eh bien, je dirais que le principe de précaution impose de ne surtout pas avoir affaire à la justice française. Depuis Outreau, c’est peu dire que je ne lui accorde aucune confiance, 


mardi 2 février 2021

Fukushima 10 ans après : bilan et leçons

 Le plus important séisme jamais subi au Japon

 Le vendredi 11 mars 2011 à 14 h 46 min 23 s heure locale, a eu lieu le plus important séisme mesuré au Japon. Son épicentre se situe à 130 km à l'est de Sendai, chef-lieu de la préfecture de Miyagi, à environ 300 km au nord-est de Tokyo. Cinquante-et-une minutes plus tard, un tsunami provoqué par le tremblement de terre aborde la côte orientale. La vague atteint une hauteur estimée à plus de 30 m par endroits, parcourant jusqu'à 10 km  l'intérieur des terres, ravageant près de 600 km de côtes et détruisant partiellement ou totalement de nombreuses villes et zones portuaires. Ce tsunami d’une ampleur inédite a été directement responsable de près de 19.000 morts.




La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est située à 145 km de l’épicentre. L'installation, ayant été bâtie pour résister à un séisme de magnitude 8 et à un tsunami de 5,7 mètres de haut, est entièrement inondée. Le tsunami a eu pour conséquences une dégradation des prises d’eau en mer conduisant à la perte de la source froide, puis à la perte des Diesels de secours des réacteurs 1 à 4. Ceux-ci, à la suite de la perte d’autres systèmes de sécurités ne sont plus refroidis et les cœurs des réacteurs 1,2 et 3 fondent et le « corium » formé perce la cuve et s’épand sur le socle en bêton (non, il ne traverse pas la terre comme dans le syndrome chinois !).

 Entre le 11 et le 15 mars, les toits des réacteurs 1,2 et 3 explosent  les uns après les autres, ces explosions sont provoquées par de l’hydrogène rejeté volontairement pour faire baisser la pression malgré la charge du nuage engendré en radionucléides. Le 15 mars, les travailleurs du site sont évacués, seuls 50 restent sur place pour stabiliser la situation. En même temps, un ordre d’évacuation initialement de 2km, puis très rapidement de 20 km autour de la centrale est donné.

 A noter : A Fukushima même, les réacteurs 5 et 6, construits postérieurement aux quatre premiers réacteurs, sur une plate-forme située à une dizaine de mètres plus haut, n'ont pas été atteints. Une autre centrale nucléaire Onagawa, plus proche de l’épicentre que Fukushima (80 km) n’a subi aucun dommage.


A Fukushima : ce n‘est pas l’accident nucléaire, c’est le tsunami et l’évacuation qui a tué !

 Tiens, une fois n’est pas coutume, on va se baser sur un Check news de Libération !

(https://www.liberation.fr/checknews/2019/04/20/est-il-vrai-que-l-accident-nucleaire-de-fukushima-n-a-cause-aucun-mort_1720075)

 « En résumé pour les travailleurs dans la centrale : un mort et cinq malades ont été associés aux rayonnements, 10 morts ne sont pas associées aux rayonnements et 16 blessés en raison des explosions, selon les données officielles. »

«Dans la population générale, il n’y a pas de décès attribué à l’exposition aux rayonnements ionisants», explique Dominique Laurier, chef du service de recherche sur les effets biologiques et sanitaires des rayonnements ionisants de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. »

« Les fuites de la centrale ont très vite entraîné l’évacuation de 70 000 personnes provenant du premier cercle de 20 kilomètres autour de la centrale évacué dès le début de la catastrophe. Ensuite des nouvelles zones d’évacuation volontaire ou obligatoire ont été tracées entraînant un nouveau mouvement de population, dont l’estimation varie selon les sources. »

« Sur les trois premières années, un article de recherche estime à environ 1600 le nombre de décès attribuables à l’évacuation. En 2018, la chercheuse Cécile Asanuma-Brice parle de 2 211 le nombre de décès «en raison de la mauvaise gestion du refuge». L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest, évoque en 2019 un bilan de «2 267 décès indirects dus à des suicides ou à une dégradation des conditions de santé suite à l’évacuation». En effet, le taux de suicide a augmenté tout de suite après l’accident chez les hommes évacués et trois ans après l’accident chez les femmes, selon un article de recherche de 2018.

La prise en compte de ces décès imputables aux déplacements de population (environ 2200, donc) est un des principaux arguments des opposants à la thèse selon laquelle l’accident nucléaire n’aurait fait aucun mort.

Donc, on est bien, ou à peu près, d’accord : Aucune mort des conséquences de l’accident nucléaire, et cela est parfaitement compatible avec les mesures de radioactivité effectuées pour l'UNSCEAR. 

(Comité scientifique des Nations unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants) : les doses reçues par la population étaient  trop faibles pour entraîner un risque significatif de cancer ou un impact sanitaire quelconque, y compris pour les populations non évacuées qui n'auront été exposées qu'à quelques milli-sieverts. Et en passant, aucun cancer de la thyroïde, aucun effet sur les malformations : pour les bilans thyroïdiens effectués sur 368 000 enfants, les résultats sont en tout point comparables à celles des autres régions du Japon non touchées par les retombées de l’accident. Concernant les femmes enceintes, les mêmes constats sont portés sur les fausses couches, les naissances prématurées et les malformations qui ne traduisent, dans la région étudiée, aucune recrudescence par rapport aux moyennes nationales. 

Donc : Tsunami : 18 079 morts, Accident nucléaire : 2 morts (2 ouvriers de la centrale, un d’un cancer peut-être dû à son irradiation, ) Evacuation : 1,600 à 2200 morts.

 Mais le pire est que les morts de l’évacuation ont été des morts inutiles qui auraient pu et dû être évitées.

Le 11 mars, la préfecture de Fukushima émet à 20 h 50 un ordre d'évacuation pour les personnes situées dans un rayon de 2 km autour du réacteur ; à  21 h 23 le premier ministre étend ce rayon à 3 km avec mise à l'abri jusqu'à 10 km. Le lendemain, 12 mars, il est étendu à 10 km à 5 h 44 puis à 20 km à 18 h 25, le confinement étant porté jusqu'à 30 km. De même il est demandé aux autorités locales de distribuer des comprimés d’iode lors de l'évacuation. Ainsi en deux jours, le rayon de la zone à évacuer a été porté de 2 à 20 km

 L’évacuation peut tuer plus que la catastrophe, c’est la leçon retenue par une équipe de chercheurs  anglais, qui s’interroge sur ce qu’il faudrait faire en cas d’accident nucléaire majeur à Hinkley Point.

 Cf. https://www.bristolpost.co.uk/news/bristol-news/people-near-nuclear-power-station-853901.amp

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0957582017300782 (J-value assessment of relocation measures following the nuclear power plant accidents at Chernobyl and Fukushima Daiichi)

 L’équipe dirigée par Philip Thomas, professeur de gestion des risques à l'Université de Bristol, a étudié les résultats à long terme pour les dizaines de milliers de personnes évacuées à la suite des catastrophes de Tchernobyl en Ukraine, et la catastrophe plus récente de Fukushima Daiichi, à la suite du tsunami au Japon en 2011. Et ils ont conclu que si les radiations auxquelles ils pourraient être exposés s'ils restaient sur place ne pourraient que réduire de quelques mois leur espérance de vie, il ne fallait pas entreprendre un vaste programme d'évacuation de masse. (Ce calcul statistique peut sembler un peu raide, mais il compare deux situations, avec et sans évacuation, et l'article propose aussi un seuil d'irradiation pour lequel l'évacuation est justifiée, mais c'est un peu plus complexe- moins de 555 kBq /mne justifient surement pas une évacuation).

 Concernant Fukushima, les auteurs rappellent que « aucun décès par rayonnement ne s’est produit pendant ou après l’accident, mais un certain nombre de décès ont été directement attribués à la réinstallation et à la réinstallation subséquente de la population de Fukushima. Hasegawa et coll. (2015) ont établi  qu’après l’accident, la mortalité chez les personnes âgées déplacées qui ont besoin de soins infirmiers a augmenté d’environ un facteur 3 au cours des trois premiers mois suivant la réinstallation et est demeurée environ 1·5 fois plus élevée qu’avant l’accident. Ainsi, après leur évacuation de l’hôpital de Futaba, cinquante patients étaient décédés au 31 mars 2011… En septembre 2012, il y avait eu 1121 décès parmi les personnes déplacées à Fukushima attribués à l’épuisement physique et mental causé par l’évacuation . Un rapport de Parungao suggère que le problème pourrait se poursuivre jusqu’à la 3ème année, donnant une estimation de 1656 décès prématurés dus au stress de déplacement enregistré dans les 3 premières années après l’accident de Fukushima Daiichi.

 Et leur conclusion est la suivante : « A Fukushima, où 111 000 personnes ont été déplacées, il était difficile de justifier  le déplacement d’une seule  personne vivant à proximité… Compte-tenu de la dose de sécurité de  20 mSv/an  du gouvernement japonais, nous constatons qu’aucune relocalisation n’était justifiée pour des raisons scientifiques ou économiques après l’accident de Fukushima Daiichi. Cette constatation est solide par rapport à l’heuristique de 95%. »

 La réalité des morts de l’évacuation n’est pas à discuter. Selon la Croix-Rouge, les principales causes en sont l'épuisement mental et physique liée à l'évacuation forcée  (cause principale de la mort immédiate de 34 morts, principalement des personnes âgées troublées par la perturbation apportée à leur condition de vie, hypothermie, déshydratation), les conditions d'évacuation elles-mêmes, celles d’hébergement en abris d'urgence ou en logement temporaire, l'épuisement dû aux déplacements, l'aggravation de maladies existantes consécutives à la fermeture d'hôpitaux et les suicides.

 A la limite, seule l’évacuation initiale du 11 mars dans un rayon de 2 km pouvait-être  justifiée, comme évacuation de précaution, compte-tenu des incertitudes de mesure de la radioactivité à ce moment, et elle n’aurait pas dû durer plus de deux semaines.  Injustifiées et mortelles les évacuations forcées du 12 mars (rayon de 10 km, puis à 20 km à 18 h 25) ! Et encore plus injustifié, le 11 avril, l’évacuation volontaire au-delà des 30 km !

 N.B. concernant Tchernobyl, les auteurs arrivent à la conclusion que l’évacuation était injustifiée pour 75% des 335,000 évacués. Et concernant  Hinkley Point   « Les habitants à proximité de la centrale nucléaire de Hinkley Point feraient  mieux de rester sur place que d’évacuer vers Bristol en cas de catastrophe nucléaire.  Evacuer à Bristol leur enlèverait statistiquement plusieurs mois d’espérance de vie, alors que rester sur place dans le cas d’une catastrophe de type Fukushima n’aurait aucune conséquence ». De fait, ne serait-ce que  les effets de la pollution de Bristol seraient très supérieurs à ceux qu’entraineraient une exposition radioactive faible, comme ce fut le cas pour la quasi-totalité des évacués de Fukushima !

 Alors que faut-il faire ? Mesure de la radioactivité, radioprotection, décontamination

 Les auteurs de l’étude avertissent : « Ces mesures d’évacuation et de relocalisation sont en train de devenir  le choix politique principal après un grand accident nucléaire. Cela ne devrait absolument pas être le cas. L'assainissement devrait être le mot ; »

Pour toutes les centrales modernes (cf. pas Tchernobyl), compte-tenu des niveaux de radioactivité susceptibles d‘être relâchés, l’évacuation n’est pas la bonne solution. Il suffit de recourir aux moyens classiques de radioprotection, de décontaminations et de mitigation des risques : prise de comprimés d’iode si justifié par l’émission d’iode radioactif, nettoyage des sols et des poussières, interdiction de de certains aliments, tels le lait etc., le tout basé sur une politique intensive de mesure de la radioactivité.

 Les résistants de Soma: « Ce démon était l'anxiété causée par la peur des radiations. »

 Il faut lire le témoignage poignant du maire de Soma, une petite ville de 37.000 habitants, à 45 km de Fukushima.  Dans cette communauté soudée, au mode de vie traditionnel, complètement dévastée par le tsunami,  la question de l’évacuation a été posée. Et grâce au sang-froid des édiles, qui ont réclamé des  moyens d’évaluer eux-mêmes  la radioactivité, décidé rationnellement et refusé de céder à la panique, aucun mort supplémentaire n’a été à déplorer.

 « Mais nous ne nous rendions pas compte que nous serions assaillis par un deuxième « démon », cette fois du comté lointain de Futaba, à 45 km de là. Ce démon était l'anxiété causée par la peur des radiations. Alors que la catastrophe nucléaire s'intensifiait sans relâche, les reportages frénétiques qui ont duré toute la journée ont suscité la terreur, non seulement chez les personnes vivant près de la centrale, mais dans tout le pays. À partir du moment où le gouvernement national a ordonné aux habitants dans un rayon de 20 km autour de la centrale d'évacuer, les citoyens de Soma ont commencé à vouloir s'enfuir loin, et ce sentiment a commencé à se répandre…Pour ce qui est de la question nucléaire, nos concitoyens éprouvent maintenant beaucoup d'anxiété à cet égard, et j'aimerais l'envisager en fonction de deux objectifs distincts. L'une consiste à veiller à ce que nos concitoyens ne subissent aucun dommage à leur santé en raison des radiations de la centrale; l'autre est de s'assurer qu'ils ne finissent pas par changer la façon dont ils vivent leur vie quotidienne en raison de l'anxiété au sujet des radiations…C'est la voie que Soma suit. Le problème nucléaire ne change rien à cela. Nous continuerons à planter un pied fermement devant l'autre pour suivre le parcours que nous avons choisi »

 L’évacuation de Fukushima a été une décision catastrophique qui a coûté la vie à des milliers de personnes fragiles (sans compter les dépressions) qui n’auraient subi aucun dommage si elles n‘avaient pas été évacuées.

 Les autorités de tous pays doivent en être maintenant conscientes. En cas de catastrophe nucléaire, l’évacuation ne doit être décidée qu’en cas de réel danger d’irradiation. Et la première chose à faire c’est d’écouter et de faire confiance aux autorités qui disposent des données de radioactivité , plutôt qu’aux marchands de peur qui sont aussi des donneurs de mort.

 Les morts de Fukushima ( ceux de l’évacuation, pas du séisme ou du tsunami) sont donc surtout des morts de la peur dont sont responsables  les marchands de peur, les créateurs de paniques, les exploiteurs de terreur et leurs organisations qui ne cessent de vivre et prospérer sur le mensonge et une nucléarophobie irrationnelle( Greenpeace et les écolos bigots)

 Notons aussi cette conclusion un peu désabusée des auteurs : « la compréhension du risque nucléaire par la plupart des cliniciens — et  par le grand public — n’a pas progressé de façon aussi approfondie ou aussi largement que l’adoption de la technologie nucléaire. » Et pourtant, les effets biologiques et toxicologiques  des rayonnements sont parmi les phénomènes les mieux étudiés et connus, et depuis très longtemps- beaucoup s’en faut que celle de la plupart des substances chimiques soit aussi bien connue !

 L’arrêt par précaution des réacteurs nucléaires japonais a tué plus que Fukushima !

 Avant l’accident de Fukushima, le pays comptait 54 réacteurs disponibles, tous ont d’abord été été arrêtés et très peu ont été remis en route.

 Cette décision  est responsable de beaucoup plus de morts que l’accident nucléaire et que l’évacuation elle-même.

Tout d’abord, cela a entraîné une hausse du prix de l’électricité et dans les années qui ont suivi, 4800 personnes seraient mortes de froid selon le NBER (Bureau National d'Etudes Economiques) en raison de l’accroissement de la précarité énergétique (https://atlantico.fr/article/decryptage/energie--l-arret-du-nucleaire-au-japon-responsable-de-beaucoup-plus-de-morts-que-la-catastrophe-de-fukushima-tristan-kamin)

L’électricité nucléaire (29% en 2010) a été remplacée, par le gaz (+17,2%), le charbon (+6%), le pétrole (+2,6%) et les renouvelables non hydrauliques (+2,2%). En conséquence,  les émissions de gaz à effets de serre ont augmenté : le Japon est avec l’Allemagne l’un des pays industrialisés les plus émetteurs de CO2, à 9 tonnes par habitant, soir le double de la France. Et l‘augmentation du charbon au lieu de sa diminution prévue a augmenté la pollution !

 La décision non justifiée d’arrêter l’ensemble des centrales a donc fait encore beaucoup plus de mort que l’incident nucléaire et l’évacuation, qui ne seront jamais comptabilisés. Il a été estimé que le charbon entraîne 23 000 morts prématurées en Europe chaque année, 3900 en Allemagne.- au  Japon, ce serait environ 6000 morts prématurées par ans-dont 360 directement dues à l’arrêt des centrales nucléaires (https://www.lemonde.fr/pollution/article/2016/07/05/le-charbon-entraine-23-000-morts-prematurees-en-europe-chaque-annee_4964092_1652666.html)

 Eh oui, le nucléaire est l’énergie qui fait le moins de victime par kW.h généré !

Addendum : note sur le système électrique japonais : (https://centreasia.eu/japon-bilan-de-lenergie-nucleaire-dix-ans-apres-fukushima/Florian Veslin)

Un réseau …baroque

Le réseau électrique japonais  est totalement isolé. L’Archipel n’a aucun lien avec ses voisins, même le plus proche, la Corée du Sud (les grandes villes de Fukuoka côté japonais et Busan côté coréen ne sont pourtant distantes que de 200 km environ). Cet isolement n’est pas dû à des difficultés techniques mais politiques. Le Japon ne pouvant se reposer sur des interconnexions pour palier une baisse de production ou une hausse de la demande, la génération d’électricité doit toujours être suffisamment forte et aisément pilotable pour éviter les black-out.

En addition, de graves problèmes structurels limitent les échanges électriques entre les différentes régions ; le Japon est coupé en deux pour ses fréquences : l’est est à 50Hz et l’ouest est à 60Hz, cas unique dans un pays industrialisé. Les différents réseaux agissent dans une relative indépendance, n’étant reliés que par trois convertisseurs de fréquences, et seulement entre les régions de Chūbu (centre, région de Nagoya) et du Kantō (aire urbaine de Tōkyō), d’une capacité de 1,2 GW (voir annexes pour les unités de l’énergie). Et même parmi les régions utilisant la même fréquence, les échanges peuvent être problématiques, comme entre Honshū et l’île septentrionale d’Hokkaidō : deux uniques lignes existent, d’une capacité de 0,9 GW. Enfin, Okinawa est totalement isolée du réseau principal.

De plus, l’ouverture à la concurrence a provoqué un affaiblissement des acteurs historiques. par exemple, Tokyo EPCO a été réorganisé en holding, contrôlant trois entités distinctes : génération (soumise à concurrence), distribution (monopole) et vente (soumise à concurrence). On peut se demander si une telle réforme est bien favorable et même compatible avec le nucléaire.

 Un programme ambitieux dans le nucléaire, mais une autorité de sûreté défaillante

 En 2010, 54 réacteurs nucléaires produisaient 47,4GWe d’électricité, soit environ 30% de la génération totale d’électricité dans le pays. Trois autres réacteurs étaient en construction (2,9GWe), et une douzaine d’autres (15,9GWe) étaient envisagés. Le plan stratégique énergétique du Japon de 2010 prévoyait qu’en 2030, les sources de production bas carbone (renouvelables et nucléaires) produiraient environ 70% de l’électricité du pays, dont 50% venant du nucléaire.

Tous les grands producteurs nippons avaient alors leur centrale nucléaire, excepté Okinawa EPCO et EPDC (ce dernier ayant néanmoins un réacteur en construction). Tokyo EPCO (TEPCO) possédait trois sites, dont  Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande centrale du monde avec 7 réacteurs et 8.212 MW de puissance installée totale.

Le régulateur japonais de l’énergie atomique, instauré dès 1957, a connu plusieurs restructurations au fil des ans qui n’ont jamais permis de le rendre pleinement efficient. Etabli comme un comité administratif, son spectre d’actions trop réduit l’empêche de prévenir l’accident du Mutsu de 1974 (légère  fuite radioactive sans aucune exposition conséquente très mal gérée lors de la première sortie du premier navire japonais à propulsion atomique- aucune victime).   Refondé en 1978 sous l’autorité du Premier ministre, il est de nouveau défaillant lors de l’accident de criticité de JCO en 1999 qui cause la mort de deux personnes et entraine un rejet radioactif. Le régulateur est alors de nouveau refondé sous le nom de NISA (Nuclear and Industrial Safety Agency) et placé sous le contrôle du Ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (METI). Cette dépendance du régulateur à l’organe gouvernemental chargé de faire la promotion de l’énergie nucléaire a été sévèrement critiquée, pointant les risques évidents de conflits d’intérêts.

Par ailleurs, de graves problèmes de communication entre les agences étatiques empêchaient la NISA d’être correctement informée sur les recherches scientifiques récentes, notamment sur un rapport de décembre 2010 de la Japanese Nuclear Energy Safety Organization (JNES) sur les probabilités statistiques de tsunami sur les centrales nucléaire et leurs conséquences.

Ainsi, lors de la conception de la centrale, le risque de raz-de-marée avait été établi en fonction des données recueillies après le séisme du Chili de 1960, qui avait provoqué un tsunami de 3 mètres de hauteur sur la côte du Tōhoku. En conséquence, la centrale avait été construite 10 mètres au-dessus du niveau de la mer, et les mesures anti-tsunami étaient calibrées pour une vague n’excédant pas 5,7 mètres. A cette époque, la menace des groupes terroristes d’extrême-gauche au Japon (Armée Rouge Unifiée) avait poussé la direction de TEPCO à focaliser les défenses de la centrale contre une menace humaine, la catastrophe naturelle paraissant trop peu probable.

Pourtant, en 1993, de nouvelles recherches scientifiques avaient conclu à la possibilité que le site puisse être touché par une vague de 15,7 mètres. Toutefois, ni TEPCO, ni la NISA n’avaient engagé le renforcement des mesures de sécurité ou changé de place les générateurs de secours, installés dans le sous-bassement de la centrale et donc très vulnérables en cas d’inondation.

 https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/11/tchernobyl-et-fukushima-quand-les-fake.htmlhttps://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/12/le-nucleaire-est-la-plus-sure-des.htmlhttps://vivrelarecherche.blogspot.com/2018/07/fukushima-et-la-campagne-de-la-peur.html