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samedi 4 février 2023

Commission Schellenberger : Philippe Knoche, PDG d’Orano

Commission d’enquête visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France- Commission Schellenberger

Sur Orano :  Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, ont perdu leurs compétences en matière de recyclage. Je suis donc extrêmement fier des équipes du nucléaire français, d’Orano en particulier, qui portent ces technologies. Elles ont besoin de visibilité et d’anticipation, car les industriels s’accommodent mal des stratégies de stop & go ou clignotantes. Nous sommes résilients aux crises, qu’il s’agisse de la crise Covid-19 – nous produisions alors à 80/90 % de notre capacité – ou du drame de la guerre en Ukraine. De véritables forces existent dans l’industrie nucléaire française, en particulier du côté de ces équipes, et ce malgré le désert que nous avons traversé.

Sur l’abandon d’Astrid et le futur des réactuers neutrons rapides : un decéiosn résultant des choix politiques, pas scientifiques

Sur la forme, nous avons effectivement été associés à cette prise de décision. Sur le fond, j’y ai été associé dans des conditions qu’il convient de préciser. À l’époque, Areva sortait de restructuration. L’entreprise n’était pas réellement financeur du programme Astrid, ou seulement de manière marginale, et ce sont surtout des équipes du CEA et d’Areva – aujourd’hui passées chez Framatome – qui travaillaient sur le sujet. Dès lors que l’État a annoncé de fortes réductions des budgets du CEA, et dès lors qu’EDF a annoncé ne pas pouvoir financer au niveau souhaitable en raison de contraintes financières découlant du mécanisme d’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH), il était impossible pour Areva – puis Framatome et Orano – de financer ces recherches et développements, étant entendu que nous étions nous-mêmes sous pression économique. Toute traversée du désert vous confronte à des choix. En l’absence de carburant, il convient d’abandonner certains véhicules en se concentrant sur les autres : c’est le choix qui a été opéré.

Néanmoins, cela n’enlève rien à l’avantage des réacteurs rapides dans la gestion du cycle nucléaire. Nous avons simplement dû procéder, sous contrainte budgétaire, à des arbitrages en termes de recherche et développement (R&D).

Aujourd’hui, plusieurs sortes de réacteurs rapides existent, avec des maturités technologiques et des enjeux extrêmement différents. L’avancement technologique sur les réacteurs à sodium, dont la France a été leader mondial, est tout à fait différent de ce que l’on observe sur les autres types de réacteurs. Près de cinquante start-up dans le monde – notamment aux États-Unis – travaillent sur les réacteurs avancés, dont dix qui ont été sélectionnées et cinq que nous fournissons et qui sont aidées par le gouvernement américain, ce soutien consistant à favoriser l’émergence de plusieurs entreprises de conception de réacteurs. Nous fournissons également deux start-up sélectionnées et financées à hauteur de plusieurs milliards de dollars pour construire leur premier prototype. L’un d’eux est un réacteur au sodium, élaboré par l’entreprise TerraPower de Bill Gates, qui développe également un autre réacteur rapide à sels fondus, alimenté par du combustible liquide, qui ne présente absolument pas le même degré de maturité technologique – il n’en a jusqu’ici existé qu’un seul fonctionnel durant trois ans.

Sur les SMR à combustible très enrichis : pas assez d’investissements, l’Europe à la traine

M. le président Raphaël Schellenberger. Dans le débat public, la discussion autour des SMR élude la question du combustible et de son niveau d’enrichissement. Certains projets reposent sur des niveaux d’enrichissement non usuels et particulièrement élevés au regard de la réglementation. Comment appréhendez-vous cet enjeu ?

 

M. Philippe Knoche. Les réacteurs précités peuvent utiliser des combustibles enrichis jusqu’à 20 % en uranium, contre 5 % pour le combustible classique. Ces réacteurs présentent l’avantage de fonctionner beaucoup plus longtemps sans besoin de recharge et/ou d’être beaucoup plus compacts.

 

Il s’agit d’un horizon complet d’innovation que les États-Unis ont cherché à atteindre en levant ce seuil de 5 % qu’ils avaient eux-mêmes imposé de manière informelle depuis plusieurs décennies. En termes d’enrichissement, le passage de 5 à 20 % ne requiert par d’autres technologies que celles déjà utilisées pour le passage de 0,7 à 5 %. Les usines doivent être adaptées, mais sans rupture technologique. Des installations dédiées sont à prévoir pour l’entreposage, le transport et la déconversion, pour lesquelles les barrières technologiques ont toujours été maîtrisées ; si certaines installations ont été arrêtées depuis vingt ans et ont été détruites, nous disposons toujours des procédés.

 

Le marché n’existe pas actuellement, mais les matières enrichies à 20 %, uniquement d’approvisionnement russe, alimentent des réacteurs de recherche, des réacteurs à but médical ou des prototypes de réacteurs avancés, qui cherchent désormais de nouvelles sources d’approvisionnement. Si les États-Unis ont dégagé un budget de 700 millions de dollars sur ce type de sujet, aucun fonds dédié n’existe au titre de France 2030, qui se concentre sur la conception de réacteurs et non sur le cycle associé. Pour notre part, nous avons publiquement indiqué que nous travaillions sur des combustibles commerciaux enrichis à 6, 7 ou 8 %, sachant que certains clients pourraient vouloir allonger les cycles des réacteurs existants, ainsi que sur des combustibles enrichis jusqu’à 20 %, de manière à soutenir les réacteurs de recherche.

 

M. le président Raphaël Schellenberger. Avec vos installations d’envergure industrielle, jusqu’à quel niveau êtes-vous autorisés à enrichir l’uranium ?

 

M. Philippe Knoche. Nous enrichissons jusqu’à 5 %, mais seules de faibles modifications sont nécessaires pour passer à 6 %, tandis que le cadre réglementaire est relativement adapté à 8 %. Nous devons en revanche soumettre des dossiers aux autorités compétentes en fonction des pays.

 

George Besse = trois centrales nucléaire de plus !


M. le président Raphaël Schellenberger. Vous avez réalisé un important investissement industriel en fermant l’usine Eurodif et en ouvrant l’usine Georges-Besse II. Un chiffre m’a particulièrement marqué : vous êtes passés d’un besoin de puissance de 2 500 mégawatts pour la première à 50 mégawatts pour la seconde. Autrement dit, Orano a rendu l’équivalent de trois tranches nucléaires au réseau national. Pouvez-vous préciser à quelle date est intervenu ce changement ?

M. Philippe Knoche. l’arrêt d’Eurodif – intervenu en 2010, 2011 ou 2012 – fut particulièrement visible à l’époque. En revanche, je confirme que ce changement n’est pas anodin par rapport à l’analyse de la demande, de même qu’il n’est pas anodin en termes géographiques, dans la mesure où le sud-est est très demandeur de génération électrique. À ma connaissance, EDF et RTE étaient tout à fait intéressés de récupérer cette production électrique. J’ignore toutefois comment cette nouvelle donne a été prise en compte dans les simulations d’évolution de la consommation, puisque je ne travaillais pas sur ces sujets à ce moment. Quoi qu’il en soit, il est vrai que l’évolution technologique entre les deux usines est tout bonnement incroyable. Pour prendre une image parlante, Orano intervient généralement sur des objets aussi technologiques qu’une Formule 1 électrique et aussi grands qu’une cathédrale. Dans le cas présent, nous sommes passés d’une technologie à dimension de cathédrale à une technologie très modulaire, très numérisée et très économe en énergie.

M. le président Raphaël Schellenberger. C’est comme si nous avions construit, en 2012, trois tranches nucléaires de 900 gigawatts dans le parc national. Or cela n’a pas été pris en compte dans l’évolution des scénarios, ce qui peut masquer certaines réalités de construction de ces scénarios.

M. Philippe Knoche. De manière générale, les systèmes complexes sont difficiles à vulgariser, et l’on préfère parfois se focaliser sur quelques symboles, alors que la réalité est souvent plus complexe et doit être présentée dans la nuance. À nous de l’expliquer.

Sur l’approche intégrée et les forges du Creusot et l’EPR d’Olkiluoto

L’approche stratégique One-Stop Shop est la capacité à vendre à la fois de l’uranium, du combustible et des réacteurs. Si Areva a été démantelé pour des raisons d’exécution et de mise en œuvre, le producteur d’uranium canadien Cameco a récemment racheté la société américaine Westinghouse, tandis que les Russes ont toujours vendu des réacteurs avec le combustible et les matières associés. Inversement, les Britanniques ont échoué. Il s’agit bien d’une question de mise en œuvre et de capacité, pour une entreprise, à délivrer ce qu’elle a promis. Celle-ci est indépendante de la question relative à la fabrication de cuves, qui induit des enjeux de savoir-faire industriel et de mise à niveau.

 

J’ai dû gérer la situation du Creusot, qui était confronté à l’évolution de la réglementation et du savoir-faire industriel. Nous avons été les premiers à souligner que nos forges n’appliquaient pas les meilleures techniques industrielles du moment. Depuis, de grands forgerons mondiaux ont admis ne pas maîtriser ce type d’opérations aussi bien qu’espéré. Désormais, grâce aux investissements réalisés au Creusot et bien décrits par Bernard Fontana, Framatome a le savoir-faire industriel, maîtrise ces opérations et dispose d’outils industriels complètement rénovés, sachant qu’ils n’avaient pas été renouvelés depuis la construction du parc

 

Professionnellement, il fut très traumatisant de construire dans ces conditions : design inachevé, Supply Chain et base technologique et industrielle qui n’avaient pas été à la même phase de la construction depuis vingt ans, compétences perdues, construction à l’international sans construction préalable en France, etc. Tous les critères de dysfonctionnement étaient réunis. Néanmoins, notre concurrent américain a rencontré des difficultés encore plus grandes. La France ne doit donc pas "jeter le bébé avec l’eau du bain". L’EPR est un produit construit pour soixante ans, reconnu extrêmement sûr par les autorités de sûreté, et même s’il n’est pas le seul réacteur capable de répondre à la demande, les équipes qui ont traversé le désert en construisant le réacteur méritent le respect.

 

M. Antoine Armand, rapporteur. Vous ne partagez donc pas l’avis de M. Proglio selon lequel l’EPR serait inconstructible.

 

M. Philippe Knoche. L’EPR est constructible, puisqu’il tourne, mais il est indéniable que de nombreux objets sont plus simples à construire. Sa construction en Chine semble toutefois plus facile que dans le monde occidental, où les grands projets sont difficiles à faire avancer. Lorsque mes amis allemands me charrient sur le temps de construction de l’EPR, qui est évidemment dramatique et qui n’est pas à reproduire, je leur rappelle que l’EPR est entré en fonction avant l’aéroport de Berlin, dont la construction a débuté lors de la chute du Mur en 1989/1990….

 

Sur la disponibilité du combustible

 

Rappelons à nouveau que 100 grammes d’uranium équivalent à 1 tonne de pétrole. Les stocks disponibles chez les clients et aux différents niveaux de la chaîne représentent plusieurs années de consommation. Si l’une des sources d’approvisionnement représentant 20 à 30 % venait à défaillir, nos autres sources d’approvisionnement et nos deux ans de stocks nous permettraient de gérer une décennie et nous donneraient le temps de nous retourner. Il s’agit bien entendu de chiffres moyens, et les clients n’aborderont pas pareillement la situation suivant leur niveau de stocks.

 

Si nous sommes vigilants aux aspects géopolitiques, nous savons aussi que les réserves d’uranium naturel se trouvent à 40 % dans des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ce qui constitue un amortisseur non négligeable. Par ailleurs, l’équilibre entre intérêt économique de court terme et intérêt de stabilité de long terme fait que nous étions tout à fait d’accord avec la mise sous cocon de la mine McArthur au Canada : dès lors que les conditions de marché sont mauvaises, il est préférable de conserver une réserve sûre pour le long terme. Quoi qu’il en soit, la diversité de nos sources d’approvisionnement – tant en termes géographiques que de partenaires mondiaux ou de technologies – nous permet d’être sereins par rapport à notre sécurité à court terme, pour cet hiver comme pour le prochain.

 

Vous avez évoqué à juste titre le développement du nucléaire, étant entendu que nous aurons besoin de cinq à dix fois plus d’électricité décarbonée d’ici 2050, avec au moins un facteur deux pour le nucléaire selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Il est donc vrai que nous aurons besoin de plus de ressources, mais les réserves et ressources d’uranium sont aujourd’hui estimées à un siècle, y compris avec l’agrandissement du parc nucléaire. À long terme, je n’anticipe pas de hausse du prix de l’uranium aussi forte que celle ayant récemment affecté d’autres ressources naturelles ; historiquement, la livre d’uranium oscille entre 20 et 120 dollars, pour un prix actuel de 50 dollars. Bien entendu, l’augmentation de la demande à horion 2030/2040 conduira à une consommation accrue d’uranium, ce qui nécessitera l’ouverture de nouvelles mines. Cela dit, pour un électricien opérant une centrale nucléaire, passer de 20 à 50 dollars la livre d’uranium ne révolutionnera pas le coût de son mégawattheure

 

Boucler le cycle du combustible , le budget du CEA est insuffisant.

 

M. Antoine Armand, rapporteur. Est-il un peu insuffisant ou faudrait-il vraiment aller plus loin pour traiter correctement la question de la fermeture du cycle – je ne parle pas de l’industrialisation d’un RNR – et être près dans un pas de temps déterminé ?

 

M. Philippe Knoche. Je ne connais pas parfaitement le budget du CEA, mais Orano confie l’essentiel de sa R&D d’aval du cycle au CEA. En outre, l’essentiel de notre budget de R&D porte sur l’aval du cycle, puisque les technologies d’enrichissement et de conversion sont nucléaires. Nous disposons aussi de budgets d’exploration et de jumeaux numériques, mais l’aval du cycle concentre bien l’essentiel de notre budget de R&D, à hauteur de plus de 100 millions d’euros, soit 3 % de notre chiffre d’affaires. Or nous devrions idéalement doubler cet ordre de grandeur. L’aval du cycle représente aujourd’hui 2 ou 3 euros par mégawattheure, mais nous devrions probablement, dans les années à venir, doubler ce montant pour renouveler notre approche. Chaque année, nous investissons 1 % de la valeur d’une usine en maintenance, ce qui n’est pas viable sur une quinzaine d’années. D’importants efforts financiers sont donc à prévoir.

Par ailleurs, une partie du budget nucléaire du CEA est consacrée au démantèlement, et toute augmentation du budget du CEA lui permettrait d’investir davantage dans la recherche.

 

Nous savons démanteler !


M. Philippe Knoche. Je suis ravi d’entendre, madame Laernoes, que vous ne souhaitez pas la mort du nucléaire. Si j’ai bien compris votre propos, vous cherchez avant tout à savoir si nous savons démanteler des centrales nucléaires et si nous avons suffisamment provisionné pour ce faire. Je vous confirme donc que nous savons démanteler des réacteurs nucléaires. Nous avons d’ailleurs terminé, avec nos équipes américaines et l’appui de nos équipes européennes, le démantèlement des parties principales du réacteur américain de Vermont Yankee, quatre ans après que le projet nous a été confié. Il s’agit du deuxième réacteur que nous démantelons aux États-Unis, après celui de Cristal River, avec des budgets comparables à ce qui existe en France, mais avec beaucoup moins de complexité qu’en Europe. Nous allons par exemple découper la cuve en cinq à dix pièces, alors que l’Europe nous impose – du fait des filières de déchets et d’un ensemble de contraintes – de la découper en dizaines voire centaines de pièces. Je confirme donc que nous savons démanteler des réacteurs et qu’il est possible de procéder plus simplement ailleurs, étant entendu que nous procédons selon la réglementation propre à chaque pays.



vendredi 27 mai 2022

Consultation Publique du Ministère de la Transition Ecologique sur le Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR) 2022-2026

 ! La consultation se termine le 16 juin 2022 !

Contribution : L’énergie nucléaire restera, et pour longtemps encore, la seule source d’énergie pouvant fournir en abondance une électricité  de base pilotable et décarbonée  (à part l’hydraulique, limité par la géographie). Elle peut seule nous permettre de répondre au défi climatique de manière climatiquement efficace,  économiquement soutenable et socialement juste.

L’énergie nucléaire génère des déchets radioactifs  ;  ceux-ci sont très étroitement contrôlés et gérés. Contrairement aux déchets du charbon, et, dans une moindre mesure, du gaz, ils ne finissent pas dans nos poumons ; et il existe nombre de déchets chimiques à durée de vie bien plus longues et  plus toxiques dont il serait souhaitable qu’ils soient géré avec le même sérieux.

Par conséquent le stockage selon des conditions adaptées à leur nature des déchets radioactifs est une condition essentielle à la simple poursuite de l’activité du parc nucléaire actuel, et bien plus encore à son développement. Or, une certaine procrastination, voire lâcheté des dirigeants politiques nous ont conduit dans un état critique  où la poursuite de l’activité nucléaire peut être rapidement mise en cause.

 Le président de l’ASN, M. Bernard Doroszczuk, s’exprimait  ainsi devant le Sénat  (7 avril 2021)

« Nous en sommes au 5e plan et les plans précédents ont défini de nombreuses études, demandé des comparaisons, des hypothèses, des avantages et des inconvénients, mais la tendance a plutôt été à la procrastination et aucune décision n'a été prise. Or, aucune filière de gestion des déchets ne sera opérationnelle dans vingt ans si nous ne prenons pas de décision dans les cinq ans à venir… »

« Quant à la filière des déchets de haute activité et à vie longue (HA-VL), porté par le projet Cigéo, à Bure, la décision n'est pas encore totalement prise. Pourtant, il y a eu des lois, des discussions, des débats. »

« Pour les déchets de faible activité et à vie longue (FA-VL) - bitumés, graphites -, de nombreuses études ont été menées et un site d'accueil a été fléché il y a dix ans, celui de Soulaines, mais aucune décision n'a encore été prise. Un jour, les élus diront qu'ils ne sont plus d'accord… »

Il y a donc urgence à agir, et par conséquent de

- réaffirmer le soutien à la politique de  recyclage des combustibles usés, domaine dans lequel la France est pionnière et exemplaire qui permet de réduire le volume et la nocivité des déchets radioactifs

- lancer le plus rapidement possible le nouvel entreposage centralisé sous eau à La Hague, dont l’urgence a été affirmée par l’ASN, pour  une mise en exploitation vers 2030, le site de La Hague s’imposant comme le plus logique pour un déploiement rapide

- Pour les déchets Faible Activité et faible Activité Vie Longue, débuter effectivement le projet étudié depuis plus de dix ans à Vendeuvre-Soulaines. Cette solution centralisée offre bien plus de garanties et moins de risques qu’un stockage décentralisé proche des centrales

- Commencer immédiatement la phase pilote de Cigéo. L’enfouissement géologique profond des déchets de forte activité fait consensus chez tous les pays disposant de production nucléaire et chez toutes les autorités sûreté, et envers et même la Commission Européenne, après expertise de  Centre Commun de Recherche de la Communauté Européenne a dû l’admettre : il permet d’ isoler définitivement de la biosphère des déchets hautement radioactifs le temps que leur radio-toxicité disparaisse naturellement. En Europe, la Finlande, la Suède, la Suisse ont des projets avancés. Nous ne pouvons nous permettre d’attendre plus longtemps, aprés trente ans  de recherches et une approbation du gpuvernement et du Parlement en 2006 d’attendre plus longtemps.

Au surplus, il s’agit d’une solution dont la nature elle-même a démontré la validité avec le site d’Oklo au Gabon où les déchets d’un réacteur nucléaire naturel sont restés parfaitement confinés pendant plus de deux milliards d’années, ne migrant que de quelques centimètres.

Ces décisions concernant les déchets nucléaires sont impératives et urgentes, sans quoi le parc nucléaire devra s’arrêter. Les groupes antinucléaires en sont parfaitement conscients et s’efforcent par tous les moyens, y compris  les plus violents, depuis des années, de les entraver ; ainsi, lors du débat organisé en 2019 par  la CNDP (Commission Nationale du Debat Public) sur le PNGMDR, certaines des réunions n’ont pas pu se tenir ; ainsi, en 2017,  à Bure, un hôtel restaurant où dormaient des personnels de l’ANDRA a fait l’objet d’une attaque et d’une tentative d’incendie par quarante émeutiers ; et encore au début de cette année, la concertation locale sur le projet « piscine » d’Orano n’ a pu être mené à bien en raison de l’opposition de perturbateurs.

Un certain nombre de débats (sur la 5G, sur les OGM et sur le nucléaire notamment) ont été ainsi entravés par des groupes faisant appel à la violence. La démocratie ne peut alors s’exercer. Les organisations approuvant ou justifiant ces actions devraient se voir privées a minima de tout financement public .

mardi 24 mars 2020

Le nucléaire et ses déchets (4) : l’enfouissement en couche profonde, une solution naturelle. Le cas d’Oklo


En juin 1972, à Pierrelatte où l’on enrichissait l’uranium pour les besoins de la « force nationale de dissuasion », une mesure de routine, par spectrométrie de masse, de la teneur isotopique d’un échantillon d’hexafluorure d’uranium naturel UF6 en tête d’usine a présenté une petite anomalie : il n’y avait que 0,7171 % de U235 au lieu de la valeur habituelle 0,7202 ! Une autre version implique une livraison du CEA à des clients soviétiques qui auraient protesté contre une teneur insuffisante en U235

Cet uranium naturel avait donc été appauvri, tout se passait comme si  une partie avait déjà participé à une réaction de fission nucléaire. Et c’est en fait exactement ce qui s’est passé !

Très vite, les scientifiques ont situé l’origine du problème dans les mines d’uranium d’Oklo au Gabon, et l’hypothèse incroyable a été confirmée : oui, des réacteurs nucléaires naturels ont bien fonctionné.

Et pas qu’un : seize sites ont été découverts à Oklo et un à Bangombé, à une trentaine de kilomètres avec des traces de réactions de fission datant de 1,95 milliard d'années !

Les réacteurs nucléaires naturels d’Oklo ont fonctionné il y a environ 2 milliards d'années, et la réaction la réaction s’est maintenue pendant plusieurs centaines de milliers d’années (entre 150 000 et 850 000 ans). Lorsque les réacteurs ont commencé à fonctionner, la part de l’isotope fissile 235U dans l’uranium naturel (proportion des noyaux) était de l’ordre de 3,66 %, valeur proche de celle de l’uranium enrichi utilisé dans les réacteurs nucléaires actuels ( en raison de la radioactivité naturelle, de tels taux d’enrichissements n’existent plus aujourd’hui sur la Terre). Au moins 500 tonnes d'uranium auraient participé aux réactions nucléaires qui ont dégagé une quantité d'énergie estimée à environ 100 milliards de kWh. L'intégrale du flux neutronique a dépassé en certains points 1,5 × 1021 n/cm2 et, dans certains échantillons, la teneur en U235 a chuté jusqu'à 0,29 % (contre 0,72 % dans l'uranium géologique normal)

Les réactions de fission en chaîne se sont produites au ralenti pendant près de 100 000 ans, comme un feu qui couve. Elles étaient régulées par la présence d’eau : au fur et à mesure que la réaction s’intensifiait, augmentant la température, l’eau s’évaporait et s’échappait, ce qui ralentissait la réaction (plus de neutrons rapides et moins de lents), empêchant un emballement du réacteur. Après la baisse de la température, l’eau affluait de nouveau et la réaction réaugmentait, et ainsi de suite. On pense désormais que les réacteurs de la zone nord d’Oklo ont fonctionné à une profondeur de plusieurs milliers de mètres sous leurs sédiments. A ces profondeurs, les conditions de température et de pression étaient proches de celles que l’on rencontre dans un réacteur à eau pressurisée d’aujourd’hui (350 à 450 °C, 15 à 20 Mpa), tandis que ceux du sud ont fonctionné plutôt sous 500 m de terrain, à des conditions (250 °C, 5 Mpa) voisines de celles des réacteurs à eau bouillante.


Pendant leur fonctionnement, les réacteurs naturels ont produit 5,4 tonnes de produits de fission, 1,5 tonne de plutonium et d’autres éléments transuraniens. Tous ces éléments sont restés confinés jusqu’à leur découverte, en dépit du fait que l’eau coule dedans et qu’ils ne se présentent pas sous des formes chimiquement inertes.

A Oklo, les éléments radioactifs n'ont subi  que quelques centimètres de déplacement dans la plupart des cas, quelques mètres au plus. Lors du fonctionnement du réacteur, l’eau chauffée sous pression a entrainé une dé-silicification des grès environnants, qui se sont  transformés en une gangue argileuse, qui a limité la migration des eaux et gardé l’uranium en place. Ainsi, de proche en proche, le réacteur a créé son propre environnement, la zone de réaction se déplaçant progressivement, un peu comme la zone fondue d’une bougie.

L'eau bouillante produite par le fonctionnement lessivait directement les matières radioactives, provoquant parfois des effondrements. Le moins qu’on puisse dire est que ce confinement était effectué sans grandes précautions ! Même dans le pire des scénarios, il est difficile d'imaginer de tels lessivages dans les sites de stockage envisagés. Or pourtant, les zones où ces réactions se sont produites sont restées confinées sur plusieurs centaines de mètres de profondeur dans une région qui n'a connu aucun bouleversement géologique important en deux milliards d'années.

Donc, le confinement géologique, ça fonctionne ! Il n’y a pas de raison de penser que ce qui s’est produit dix-sept fois au Gabon ne s’est pas également produit ailleurs sur Terre, notamment dans les vieux minerais riches du Canada ou d’Australie…



dimanche 22 mars 2020

Le nucléaire et ses déchets : un grand débat public en demi-teinte (1)


Les limites d’un exercice non libre et faussé.

La Commission Nationale du Débat Public a mené fin 2019 une consultation sur la gestion des déchets radioactifs. Ce n’était pas surement pas facile, et des précédents fâcheux avaient eu lieu, tel le débat sur les nanosciences qui n’avait tout simplement pas pu se tenir face à l’obstruction systématique et très bien organisée de groupements extrémistes anti-science. Ce débat sur les déchets pouvait tourner de la même façon et rapidement devenir impossible. Ce ne fut pas tout à fait le cas, et je dois dire que j’ai une assez grande admiration pour Chantal Jouanno,  ses équipes et leur professionnalisme.

Pour autant, ce qui s’est passé est loin d’être satisfaisant- voir ci-dessous la réaction de l’association Sauvons Le Climat. Maintenant, si on peut exiger que les éléments scientifiques et techniques du débat soient transmis de façon impartiale, et cette exigence minimale n’a pas été respectée, on ne pouvait raisonnablement attendre non plus de la CNDP qu’elle revienne sur trente ans de mensonges, de propagande et de désinformation systématique des Français menée par les associations antinucléaires des écologistes bigots et, d’autre part un grand silence des experts scientifiques et des travailleurs du nucléaire ( la politique du nucléaire honteux… surtout pas de vagues, ne répondons pas, laissons les pires âneries se répandre..). Tout au plus pouvait-on attendre qu’elle donne un état de l’opinion publique sur le sujet et quelques pistes ; et il y a tout de même de ce débat quelques informations intéressantes à en tirer.

Commençons par la réaction la plus, comment dire, la plus Elisabeth Borne. Ca devient un qualificatif en soi.

Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, salue la qualité du travail mené, qui a permis une organisation réussie de ce débat essentiel. Elle se félicite du climat constructif qui a prévalu lors du débat, et de la large mobilisation des parties prenantes.

Commentaire : oh ben ça, c’est culotté ! climat constructif….???

« Sur la base des conclusions du débat public, Elisabeth Borne engagera, conjointement avec l’Autorité de sûreté nucléaire, l’élaboration des suites données par le Gouvernement à ce débat, qui seront rendues publiques d’ici la fin du mois de février. Les parties prenantes, notamment des associations de protection de l’environnement et des parlementaires, seront consultés lors de l’élaboration de ces propositions.
Celles-ci seront ensuite pleinement intégrées dans la prochaine édition du PNGMDR, qui sera élaboré en 2020. »

Commentaire : des parties prenantes sélectionnées comment ? Toujours les mêmes écolos bigots antinucléaires ? Ou  des expertises scientifiques indépendantes ? Et pourquoi pas les experts des gouvernements étrangers qui ont tous choisi la solution de l’enfouissement profond ( Finlande, Canada, Suède) ?

Voici maintenant la réaction de l’association d’écologiste favorables ( de manière raisonnée) au nucléaire, Sauvons le Climat :

Sauvons le climat : La science proscrite du débat public sur les déchets nucléaires

Si le but du débat national Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs était de démontrer que les opposants avaient la parole, c'est réussi. Mais pour la science, ce sera pour une autre fois.

Le débat national sur le PNGMDR vient de se terminer. Le sujet est important puisqu'il traite de la façon de clôturer le cycle de façon responsable en donnant aux déchets nucléaires des solutions d'entreposage, de traitement et de stockage. Il s'agissait donc sûrement de traiter sérieusement et de façon responsable de la question. Enfin, c'est ce qu'on croyait (peut être bien naïvement).

Si vous êtes « Sauvons le Climat » (SLC), vous déposez un cahier d'acteur (bien rangé dans la liste), vous formulez de nombreuses contributions sur le site du débat, vous êtes représentés à diverses réunions et … rien : dans la synthèse du débat, on lit (p70) que dans les cahiers d'acteurs, les associations environnementales (Greenpeace, FNE, Global Chance) demandent l'arrêt du retraitement du combustible. Ce raccourci relève d'une simplification qui renforce l'idée que les défenseurs de l'environnement s'opposent au retraitement et par ailleurs au nucléaire en général. Il relève aussi d'une forme de malhonnêteté intellectuelle en résumant les associations de défense de l'environnement à ces trois groupes et d'un manque total de respect pour des associations comme la nôtre.

Si vous êtes les Académies des Sciences et des Technologies et tentez de faire passer un message technique et scientifique sur le stockage profond des déchets en expliquant que c'est une solution technologiquement excellente, vous n'avez droit à aucune tribune dans le cadre du débat et vous n'êtes pas auditionné.

Si vous êtes Wise France, Association antinucléaire notoire, vous n'avez pas besoin de déposer un cahier d'acteur, vous avez la parole à la tribune (y compris à la séquence novatrice des « jeux éducatifs ») et vous êtes référencés une douzaine de fois dans le rapport final.

Si vous êtes Greenpeace, c'est mieux encore : bien sûr, vous aurez des places à la tribune, une vingtaine de citations dans la synthèse, et vos écrits sur vos attentes du débat seront même utilisés pour illustrer la réunion finale…

Si le but du débat était de démontrer que les opposants avaient la parole, c'est réussi. On a même laissé (par exemple lors de la réunion de Tours à propos des impacts sur l'environnement et la santé) autant de temps de parole à un lanceur d'alerte autoproclamé qu'à l'IRSN, qui est l'organisme technique de référence en matière de sûreté. Où sont les géologues, les hydrologues, les neutroniciens, les médecins qui auraient dû être longuement entendus sur un tel sujet ? »


Voilà, ça remet quand même bien les choses en place sur l’ambiance du débat et sa nature viciée. Et aussi un agacement bien compréhensible devant l’anomalie qu’il y a à voir les associations écologistes systématiquement associées à un refus idéologique du nucléaire, alors que ce n’est le cas que d’une partie, certes très militante, des associations écologistes, mais certainement pas de toutes, et que nombre d’écologistes historiques, comme Brice Lalonde sont favorables de manière raisonnable au nucléaire.

Pour autant, on ne pouvait pas attendre que la CNDP puisse à elle seule revenir sur trente ans de désinformation…Et il y a quand même quelques leçons à tirer de ce débat.

Les conditions du débat

Revenons sur les conditions du débat avec cet aveu intéressant de la CNDP : « En réalité, nous ne pensions pas à l’origine que ce débat puisse aller à son terme tant les tensions sur le sujet du nucléaire sont enracinées dans la sphère publique. Plus encore, il fut particulièrement intéressant que le débat puisse finalement s’engager avec ces personnes dont l’objectif était justement d’empêcher le débat. Même si celles-ci refusaient à s’exprimer dans un cadre institutionnel, ces personnes souhaitaient que leur parole soit entendue et il est de notre mission fondamentale que le décideur ait connaissance de tous les arguments y compris les plus contestataires »

Commentaire : si le but de la CNDP est d’obtenir un état de l’opinion publique sur le sujet, pourquoi pas ? Sauf qu’il faut tout de même poser une règle précise : toutes les opinions ne se valent pas, et leur poids doit être pesé au degré de connaissance scientifique…

Plus de 3400 participants aux réunions publiques, 443 avis, 86 questions, 62 cahiers d’acteurs, 3043 messages…. Une dizaine de réunions ont cependant été perturbées à des degrés divers: de la manifestation, plus ou moins bruyante, de groupes d’opposants à l’extérieur de la réunion (ceuxci pouvant ensuite présenter leur position à l’intérieur de la salle) à des perturbations plus sérieuses (bruits, chahuts divers) pouvant conduire jusqu’à la suspension de la réunion, comme à Lille , ou à l’empêchement de traiter les sujets prévus, comme à Bagnols-sur-Cèze ou à Lyon…. La commission regrette notamment que le déroulement de la rencontre de Bar-le-Duc n’ait pas permis de traiter plus au fond la question des alternatives au stockage géologique profond. Cinq rencontres ont étéparticulièrement  bousculées (Lille, Valence, Bar-le-Duc, Bagnols-sur-Cèze et Lyon)

Commentaire : bon, tout ne s’est pas si bien passé que cela, alors…Surtout lorsqu’on apprend que la question du stockage géologique profond, qui était quand même l’un des sujets principaux du débat n’a pu être traité correctement…

Des dispositifs innovants

De par des expériences malheureuses précédentes, la CNDP craignait  que le débat public ne soit préempté que par beaucoup d’opposants très motivés au nucléaire et ne puisse être mené à terme. Aussi-a-t-elle procédé à des expériences innovantes et intéressantes, quoique limitées, la clarification des controverses, le groupe miroir et l’atelier de la relève.

La clarification des controverses est une méthode de co-construction de l’information à destination du public qui, pour la première fois, a permis au moins de trouver un consensus sur ce qui fonde les principales oppositions. Si en 2005, la commission avait bien demandé une analyse contradictoire aux experts connus pour leurs positions critiques, elle n’a pas cherché le consensus sur l’identification des sujets de controverses. Quant au débat public de 2013 sur le centre de stockage profond de déchets radioactifs (Cigéo), il fut justement critiqué pour son absence de documents contradictoires.

Donc les controverses :

- Consensus autour du besoin de nouvelles capacités d’entreposage vers l’échéance 2030. La réponse à ce besoin relèvera d’une démarche de projet, et non du plan qu’est le PNGMDR.

- Requalifier ou non certaines matières en déchets, après examen de la réalité de leur réutilisation possible, notamment pour les combustibles usés dans les filières de retraitement. Les enjeux techniques et financiers de ces choix sont considérables. Certains acteurs du débat ont recommandé la stratégie de précaution consistant à classer en déchets toutes les substances dont la possibilité de réemploi n’était pas garantie dès maintenant. En tout état de cause, la décision de classement de substances en matières ou en déchets devra être adaptée dans le temps, en fonction des évolutions affectant les techniques.de retraitement.

Commentaire :  évidemment Greenpeace pousse que pour tout soit déchet. A noter que cette question est aussi éminemment sensible avec l’arrêt du réacteur de 4 ème génération, Astrid ; le carburant qui devait être recyclé devient un déchet ; double perte pour l’industrie nucléaire, double bonus pour les écolos antinucléaires, ce qui explique leur hostilité à Astrid

Introduction de « seuils de libération » en dessous desquels le niveau d’émission radioactive permettrait un traitement dans les filières de gestion de déchets conventionnels, ou de dérogations plus ponctuelles au principe du zonage. Le public a manifesté une grande sensibilité à ce sujet : les réponses apportées aux questions relatives au processus de traçabilité, à l’effectivité des contrôles et à l’indépendance de ceux qui en ont la responsabilité ainsi qu’aux modalités d’association de la société civile sont apparues dans le débat comme des préalables à d’éventuelles évolutions.

Commentaire : c’est une question extrêmement importante. Il s‘agit de matériaux utilisé dans une installation atomique, mais qui ne sont pas radioactifs. Il y a un consensus total de tous les pays et de toutes les organisations pour définir un seuil de libération à partir duquel ces matériaux peuvent être considérés comme des matériaux ordinaires : AIEA (guide RS-G-1.7), directive 2013/59/ Euratom, définissant  les  seuils d’exemption et de libération, CIPR (Commission internationale de protection radiologique), OMS, FAO et AEN, tous les pays nucléaires européens, la Canada, les US ont mis en place ces seuils de libération. Même l’Allemagne ! Tous sauf la France pour qui, dès qu’ un matériau a été utilisé sur un site nucléaire, il est forcément nucléaire.

C’est totalement absurde, mais dès que le gouvernement a essayé de mettre en place ce seuil de libération, il s’est heurté à une campagne indigne de Greenpeace montrant par exemple deux casseroles estampillées véritable acier de Fessenheim. Le fait de n’avoir pas de seuil de libération permet à nos écolos d’augmenter considérablement les prétendus déchets nucléaires, mais il empêche le démantèlement rationnel des centrales et c’est par exemple, l’une des causes qui entrave la création du centre de retraitement prévu sur Fessenheim après la fermeture.
Nous avons vraiment les écologistes bigots les plus stupides et les plus de mauvaise foi, pire même que les Allemands, et le pire est qu’ils sont entendus. Sur ce sujet critique des seuils de libération, le Grand Débat montre qu’une intervention et une implications fermes de l’Autorité de Sureté Nucléaire seront nécessaires.

- Définir les étapes suivantes du projet Cigéo de stockage géologique profond pour les déchets MA/HA-VL. « Le débat a conduit à préciser les questions à traiter pendant la phase industrielle pilote dans un calendrier cohérent avec l’échéancier très long de ce projet. Si cette phase n’a pas été vraiment débattue en tant que telle, les interpellations du public sur la réversibilité et la sûreté lui sont directement rattachées.

Commentaire : Merci à tous ceux Trsitant Kamin, Orano, le site Cigéo, le Réveilleur et d’autres qui s’efforcent d’expliquer Cigéo. On en aura besoin ! La multiplication des visites guidées de Cigéo semble une bonne idée ( sf évidemment Michèle Rivasi, mais là, il y avait rien à faire sinon l’oublier au fond pendant 10.000 ans)

- Entreposage à sec dans les centrales ou nouvelles piscines : Pour Global Chance en particulier, qui s’appuie sur des exemples étrangers, opérés notamment par Orano, l’entreposage à sec sur site est plus avantageux en termes de coûts, de sûreté et de sécurité, notamment face aux agressions extérieures. Cette solution aurait également l’avantage de réduire les transports de substances radioactives.Lors de l’exercice de clarification descontroverses techniques, il est apparu que, si les deux solutions d’entreposage avaient des mérites, la faisabilité d’un entreposage à sec était moins évidente en France, compte- tenu des spécificités du combustible usé français. Pour permettre d’avancer dans ce débat, la CNDP, sur proposition de la commission, a commandé à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) une expertise complémentaire portant sur l’analyse des possibilités d’entreposage à sec des combustibles nucléaires usés français. Ce document, produit et mis en ligne dans le courant du mois de mai, a permis de nourrir les réflexions et les échanges.

Bon, on voit je crois les l’intérêt et les limites de l’exercice. La CNDP ne peut à elle seule remédier à trente ans de désinformation sur le  nucléaire (et de l’autre côté, de nucléaire honteux, de voie libre laissée à la désinformation). Dans un certain nombre de cas, elle permet au moins un accord sur les désaccords et de mettre à jour les motivations sous-jacentes ; ceux qui souhaitent faire vivre et continuer le débat, les experts qui souhaitent apporter leur contribution peuvent ainsi mieux comprendre les obstacles auxquels ils risquent de se heurter. Et dans certains cas particulièrement favorables (entreposage à sec ou piscine), elle a permis de faire émerger un consensus rationnel basé sur les connaissances existantes…

Suite dans un prochain blog particulièrement centré sur Cigéo.

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