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mercredi 10 juillet 2019

Tarifs réglementés de l’électricité : une bien curieuse augmentation


La Lettre géopolitique de l’électricité juin 2019 est consacrée à l'étude des causes de la forte et inhabituelle hausse des Tarifs Réglementés d'EDF au 1er juin 2019. Vous la trouverez sur www.geopolitique-electricite.com . Encore une intervention du très remarquable Lionel Taccoen pour expliquer comment contribuables, clients d’EDF et EDF lui-même sont pillés pour faire vivre une pseudo concurrence.

Elle complète joliment et précise un de mes blogs précédents : Pourquoi les tarifs EDF augmentent ? Magouilles et mensonges. Un système fou, fou, fou (2) !Ou l’ARENH expliqué à vos enfants (enfin, on essaie)

Donc ici ce sera, l’ARENH expliquée à vos grands enfants ! Extraits du texte de Lionel Taccoen

Les Tarifs réglementés : qu’y-a-t-il dedans ?

Les Tarifs Réglementés sont obtenus par empilement des différents coûts : coûts d’approvisionnement en électricité (produite ou achetée), d’acheminement (réseaux de transport et de distribution), de commercialisation additionnés d’une modeste marge (bénéfice), auxquels s’ajoutera ensuite une composante de taxes. On observe que les concurrents d’EDF produisent peu ou pas d’électricité. Leur approvisionnement impose donc qu’ils l’achètent pour la revendre. D’où un premier coût : le prix d’achat. Mais il faut ajouter un second coût indirect : la garantie d’approvisionnement. Tout fournisseur doit acquérir des certificats de capacité prouvant qu’il a accès à une capacité de production compatible avec l’approvisionnement de ses clients. On constate que la cause unique d’augmentation des Tarifs Régulés est une forte augmentation des coûts directs et indirects (garantie de capacité) d’approvisionnement en électricité. Les autres postes sont restés stables. C’est donc dans les achats d’électricité qu’il faut rechercher la cause des augmentations des Tarifs Réglementés d’Electricité. Les concurrents d’EDF ont deux possibilités pour se procurer du courant : le parc nucléaire d’EDF et le marché de l’électricité. Les prix de l’électricité de ces deux sources entrent dans le calcul des Tarifs Réglementés.

Un marché qui se retourne, l’électricité polluante étant davantage taxée ! Les concurrents d’EDF accros au biberon nucléaire !

Durant des années, les prix de l’électricité sur le marché ont été très bas. Les centrales à charbon allemandes déversaient du courant, polluant, mais bon marché, au prix proche du nucléaire EDF. Les surplus de charbon américain, arrivant en Europe avaient fait chuter les coûts de ce combustible. A cela s’ajoutait l’apport des renouvelables, une électricité livrée à un prix dérisoire car payée hors marché par des taxes. Dans un premier temps, le prix bas (artificiel) des renouvelables et des combustibles fossiles firent énormément chuter les prix de marché. Ils devinrent inférieurs au prix de production des centrales à charbon seules et également à celui du nucléaire mis à disposition des concurrents d’EDF par le dispositif ARENH… On observa simultanément des baisses du prix de gros de l’électricité sur le marché et des augmentations de factures des particuliers en raison des taxes finançant les renouvelables. Bref, l’époque fut bénie pour les concurrents d’EDF. Lorsque le marché ne procurait pas assez d’électricité à bas coût, il suffisait de compléter par des achats de nucléaire EDF à prix d’ami. Certes, en l’absence de concurrence lors de la production, aucun gain n’apparut pour le consommateur (sur les factures TTC) comme l’indiqua le Président de la Commission de Régulation de l’Energie (voir ci-après).

Mais début 2018, l’annonce d’une modification des règles du marché du carbone provoqua une forte hausse des prix de la tonne de CO2 pour les centrales électriques (Enfin, une volonté politique de décarboner l’énergie !). A cela s’ajouta une augmentation du coût des combustibles fossiles. La conséquence fut une l’augmentation notable des coûts de production des centrales à combustibles fossiles (dont le charbon). Le prix du marché de gros de l’électricité suivit. Le changement majeur fut que les prix de marché dépassèrent le prix de vente du courant nucléaire d’EDF (42 euros/MWh).

Les concurrents d’EDF devinrent alors accros au biberon nucléaire. La situation était renversée : désormais les fournisseurs alternatifs, qui produisent peu ou pas devaient acheter une partie de leur courant sur le marché à un prix supérieur à celui issu des centrales nucléaires, qui, comme chacun sait, procurent la plus grande partie du courant à EDF. Ils se ruèrent sur le courant nucléaire : en 2018, les deux tiers de leur approvisionnement vinrent du parc nucléaire EDF.

ARENH : un échec complet parfaitement prévisible, et des margoulins qui se goinfrent.

EDF, premier producteur mondial occupe en France une position dominante. Le législateur français a, par la Loi Nome (Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité , décidé de s’écarter des règles habituelles de concurrence afin d’aider l’apparition et le développement des nouveaux fournisseurs d’électricité. La raison invoquée est le prix très bas du nucléaire lié à l’amortissement du parc de centrales. La Loi Nome, par le dispositif nommé Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique (ARENH), permet aux concurrents d’EDF de se procurer du courant nucléaire à un prix censé ne pas léser EDF tout en leur donnant, à efficacité égale, la possibilité de concurrencer l’opérateur historique (42 euros/MWh depuis plusieurs années)…. Le recours à l’ARENH est bien sûr optionnel. Les fournisseurs alternatifs n’ont intérêt à l’utiliser que lorsque les prix de marché sont plus élevés que 42 € MWh. La Loi NOME stipule que le dispositif ARENH doit s’arrêter en 2025. L’Autorité de Concurrence, consultée, a accepté le dispositif ARENH en constatant : « Le dispositif … conduit à s’écarter des conditions normales d’un marché concurrentiel … pendant une période très longue ». Et encore :  l’Autorité de Concurrence, en donnant son accord à l’ARENH, l’a assortit des considérations suivantes : - « L’émergence d’une concurrence réelle rend nécessaire de favoriser une incitation à l’investissement des fournisseurs alternatifs dans les moyens de production ». Ces investissements sont « la contrepartie » des fournitures de courant nucléaire par l’ARENH. - « … il est important [de prévoir] une sortie progressive du mécanisme…L’objectif est d’obliger les fournisseurs à se préparer à l’échéance du 31 décembre 2025 »

Force est de constater que de telles incitations, dont la sortie progressive du dispositif, ne furent pas prévues. Les investissements dans la production des concurrents d’EDF ne sont pas apparus. La concurrence à la production d’électricité n’existe pas en France. Ce qui entraîne, dans les faits, l’absence de concurrence tout court, donc l’absence d’effet sur le prix. Le Président de la Commission de Régulation de l’Energie le confirme : « la concurrence par les prix reste marginale » , Comme l’avait prévu l’Autorité de Concurrence : « A défaut [de la concurrence à la production]…à la sortie du dispositif [ARENH] la configuration du marché ne sera guère différente de celle actuelle ». L’ARENH est un échec. Le Président de la Commission de Régulation de l’Energie et l’Autorité de Concurrence constatent : aucun gain pour le consommateur, aucune avancée dans la mise en place d’un véritable marché de l’électricité. On notera que ni la Commission de Régulation de l’Energie, ni l’Autorité de Concurrence ne parlent de renouvelables: ces sources sont toujours largement hors concurrence. La véritable raison de l’échec de l’ARENH est le marché de l’électricité européen, qui par son fonctionnement aberrant, ne permet pas d’investissement rentable dans la production et le stockage de l’électricité. Cette situation existant depuis des années, le résultat de l’ARENH aurait pu être prévu. »

NB : Si l’ARENH qui contraint EDF à céder à prix coûtant (voire même plus bas) un quart de sa production nucléaire, n’a permis aucun gain pour le consommateur, ni aucun progrès dans la constitution d’un marché de l’électricité, elle fait en revanche un tabac chez les pseudo-concurrent d’EDF, qui en demandent toujours plus, soit une augmentation de 30% ! Accordée en dépit de tout bon sens par M. De Rugy, alors que l’ARENH était au contraire censée disparaître progressivement. Une aberration de plus !
 Et c’est ainsi qu’EDF se trouve contraint de subventionner (et de plus en plus) des margoulins qui prétendent fournir de l’énergie verte et qui n’ont investi dans aucune installation de production, et qui se contentent de revendre le courant nucléaire qu’EDF est forcé de leur vendre à bas prix !

Ou encore par l’ARENH, EDF est forcée de subventionner Total au frais des consommateurs…pour que Total lui prenne des clients ! Au fou !

Pourquoi l’augmentation ? Pour sauver la parodie de concurrence !

Tout consommateur qui a quitté les Tarifs Réglementés d’EDF peut y revenir quand il veut. La seule façon d’éviter l’effondrement des concurrents de parodie d’EDF était d’augmenter les Tarifs Réglementés d’EDF … afin que les concurrents puissent augmenter leurs prix tout en évitant que leurs clients retournent chez EDF.

Concurrents de parodie , qui ne produisent rien, et se contentent, dans un marché de gros devenu plus cher à cause  de tensions internationales et de  l’ augmentation des taxes carbones, de revendre à coût plus élevé le courant nucléaire qu’EDF est contrant de leur céder à bas prix ! Comme ils ne produisent pas ( et comment pourraient produire à plus bas coût qu’EDF ?), comme ils n’investissent pas dans de nouveaux moyens de production, leur seul levier, c’est une concurrence au niveau des frais de commercialisation, 6 à 8% de nos factures !. Alors on assiste  à ce déplacement massif des centres d’appel dans des pays où le soleil est plus généreux et le code du travail nettement moins. Une grande entreprise (Suez) a ainsi délocalisé massivement ses commerciaux au Maroc et à Madagascar… avec les conséquences évidentes sur l’emploi en France et la qualité du service rendu./

La hausse des tarifs réglementés pour maintenir l’hypocrisie de la concurrence sur le marché de l’électricité

Les dirigeants français ont essayé de se soumettre aux directives européennes sur la libéralisation du marché de l’électricité en particulier par l’adoption d’un dispositif nommé ARENH, qui oblige l’entreprise EDF à fournir aux autres fournisseurs du courant nucléaire à un prix tel que ceux-ci aient la possibilité de la concurrencer (à efficacité égale). Il en a résulté une Usine à Gaz, dont le fonctionnement semble échapper à ses concepteurs. L’espoir était que les concurrents d’EDF investissent dans la production. Ils ne l’ont pas fait. Cela entraîne l’absence de concurrence à la production, donc l’inexistence d’une concurrence permettant de faire baisser les prix. . L’augmentation récente des prix de gros de marché de l’électricité menace la compétitivité des concurrents d’ED.  Pour sauver la face vis-à-vis de Bruxelles et maintenir cette apparence de concurrence sans intérêt pour le consommateur, il est nécessaire d’augmenter les Tarifs Règlementés d’EDF ainsi que la quantité de courant nucléaire livré aux « fournisseurs » alternatifs. Il faut éviter que les clients qui ont quitté EDF y retournent. Le consommateur français va payer son électricité plus chère et sera privé d’une partie de la compétitivité du nucléaire, utilisée pour aider les concurrents d’EDF. EDF, seul investisseur conséquent dans le secteur électrique et dont dépend une branche industrielle de centaines d’entreprises, est fragilisé par les aides à ces mêmes concurrents, qui eux, investissent bien peu.

C’est technique ? Non, en fait, c’est assez simple. Les syndicats et organisations de consommateurs ont bien compris ce qui se passe et le dénoncer. Par exemple, la position de la CNL :

« Durant des décennies, la France a fait le choix politique de développer un service public de l’énergie en offrant aux usagers de l’électricité et du gaz un prix uniforme et accessible sur tout le territoire, et qui garantissait l’indépendance énergétique du pays.

En 2000, le choix de privatiser les opérateurs historiques EDF et GDF ainsi que les différentes étapes de l’ouverture du marché de l’énergie ont conduit à des augmentations très importantes des prix pour les consommateurs et à la recherche systématique des profits pour les actionnaires.
La situation ne va faire qu’empirer avec la dernière loi de nouvelle organisation du marché de l’électricité et la mise en place de nouveaux compteurs. L’objectif est très clair : la disparition des tarifs réglementés de l’électricité, entre autres, et une ouverture totale à la concurrence et à la spéculation. Avec cette loi, il n’existe plus de garde-fou sur l’évolution des tarifs.
Pour la CNL, il est scandaleux que l’Etat ait renoncé à un service public de l’énergie, garant de l’accès de tous à ce bien de première nécessité, d’autant plus que 3,5 millions de ménages ne peuvent plus se chauffer correctement. Ces familles sont prises dans une spirale infernale : factures impayées, restriction ou privation de chauffage, tout conduit à la dégradation accélérée du bien-être dans le logement. Les conséquences sanitaires et sociales sont tout autant dramatiques. Qu’en sera-t-il demain ? Ce ne sont pas les Tarifs de solidarité énergie actuels qui peuvent aider les familles en difficulté. »

La CNL et d’autres ont entrepris de contester l’augmentation des TRV. Comme le souligne M. Taccoen, « la base juridique, comme l’explique l’Autorité de Concurrence, est fragile.Il est bien possible que le Conseil d’Etat, saisi par des associations de consommateurs annule l’augmentation de 5,9 % pour la ramener à 3,54%. Cette même Autorité de Concurrence, qui a donné un avis défavorable à cette initiative de la Commission de Régulation, estime qu’il s’agit d’un transfert financier aux concurrents d’EDF fait aux dépens des consommateurs »

Nous voyons à quels sommets d’absurdité mène l’idéologie de l’ultralibéralisme – la pseudo libéralisation du pseudo marché de l’électricité en est un exemple particulièrement clair !

Il est peut-être temps d’arrêter !

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samedi 22 juin 2019

Pourquoi les tarifs EDF augmentent ? Magouilles et mensonges. Un système fou, fou, fou !

Renouvelables et faux marché expliquent largement les hausses du prix de l’électricité, et en particulier celles de 2019.

(ou l’explication du très étrange mystère selon lequel, plus il y a d’éolien « pas cher » dans le mix électrique, plus son prix est élevé)

Une augmentation du prix de l’électricité a été décidée (6 % en juin, 1 ou 2 % de plus en août). Elle résulte d’une double aberration idéologique, d’une politique doublement irrationnelle et d’un double gaspillage scandaleux : d’une part, l’aberration du développement des énergies nouvelles, particulièrement éolien et la volonté idiote et délétère pour les enjeux climatiques, de baisser la part du nucléaire. D’autre part, le dogme libéral de la libéralisation de l’électricité et du tout marché.  Explication, aidée par un certain nombre d’interventions.

La responsabilité des renouvelables.

Eh oui, c’est curieux, mais ça marche dans tous les pays, plus il y na de renouvelable, qui devient prétendument de plus en plus rentable, plus le prix de l’électricité augmente. Etrange !
L’électricité renouvelable, plus exactement, le renouvelable intermittent, c’est-à-dire le photovoltaïque et l’éolien. augmentent les coûts d’une quadruple façon.

Le coût direct de production de l’éolien et du photovoltaïque est élevé, même s’il tend à baisser. Les renouvelables ne se développent que grâce à des subventions massives. Ces subventions prennent la forme d’un achat garanti de toute la production à un prix élevé (actuellement 90 euros/kWh pour l’éolien, et 290 euros/kWh pour l’éolien offshore). Cet achat est financé par une taxe prélevée sur les ventes de toutes les formes d’électricité, dont le montant est affecté aux renouvelables. On connaît donc bien le surcoût de cette électricité. Il est actuellement de près de 7 milliards (TVA comprise, car le fisc taxe cette taxe), et il augmente régulièrement.

La multiplication des éoliennes et des panneaux solaires a un impact sur le réseau de transport d’électricité. Avant les renouvelables, l’électricité était produite en 150 ou 200 points du territoire (20 sites nucléaires, autant de centrales à charbon et au gaz, un peu plus de barrages) ; avec les renouvelables, elle est produite en 10 000 points. Pour faire face à cet agrandissement du réseau, RTE dépense environ 1 milliard par an, coût qui est évidemment répercuté en une augmentation équivalente des prix.

Les renouvelables bénéficient d’une priorité d’accès au réseau, qui doit acheter tout ce qu’ils produisent, au moment où ils le produisent. Les autres sources d’électricité (nucléaires, thermique) doivent alors immédiatement diminuer d’autant leur production. Cet effet d’éviction fait que leurs coûts fixes sont amortis sur un moindre nombre d’heures de fonctionnement, et donc que leurs coûts moyens augmentent. Augmentation elle aussi nécessairement répercutée dans les prix de vente.

On a enfin introduit un mécanisme de « garantie de capacité » qui consiste à payer les entreprises qui s’engagent à pallier les insuffisances de l’intermittence éolienne et solaire. Ce coût est encore faible, mais en augmentation rapide. Il contribue bien évidemment à l’augmentation des prix de vente.

 (cf Remy Prud’homme,
https://www.contrepoints.org/2019/06/11/346546-qui-a-fait-augmenter-le-prix-de-lelectricite)

Ajoutons cette manipulation, cette fake new gigantesque, cette intox  de l’Ademe sur le coût des renouvelables dont j’ai parlé dans un blog précédent. 

(https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/02/les-clowneries-de-lademe.html).  C’est que dans le coût des renouvelables, il faut tenir compte du prix auquel on peut vendre l’électricité, qui doit être produite au moment où l’on en a besoin. Lorsque les ENR variables tournent à plein régime, et que le besoin d’électricité est faible, la valeur de l’électricité produite est très faible…Il est arrivé même qu’elle soit négative ; le 1er janvier 2018 , en France ! EDF était obligé de payer pour que l’Espagne achète  le courant que les éoliennes produisaient à plein tube  – alors que toute le monde était sous la couette et que personne n’en avait besoin.

La responsabilité du dogme libéral du marché

D’une façon générale, un marché concurrentiel élimine les rentes et stimule l’innovation, entraînant une baisse des prix. Rien de tel en matière d’électricité. Il n’y a pratiquement qu’un seul producteur en France : EDF. Les autres acteurs ne sont pour l’essentiel pas des industriels, mais des commerçants, ou plus exactement des financiers. Ils achètent – et revendent à un prix plus élevé – de l’électricité intermittente subventionnée, de l’électricité produite à l’étranger, et l’électricité produite par EDF, obligée par la loi de leur vendre le quart de sa production nucléaire à 42 euros/kWh.

La concurrence a été introduite pour faire baisser les prix ; mais le système est si tordu qu’il faut augmenter les prix pour que vive la concurrence ! Outrée, l’Autorité de la Concurrence, qui croit aux vertus de la concurrence, a rédigé une critique vengeresse (bien écrite et bien argumentée) de la proposition de la CRE. Mais le gouvernement ne l’a pas entendue, et a choisi l’intérêt des financiers plutôt que celui des consommateurs.

Ce point a d’ailleurs été bien souligné par François Carlier, délégué général de l'association de consommateurs CLCV jeudi 30 mai sur franceinfo. Il a dénoncé « un système un peu fou où l'on augmente les prix d'EDF pour faire vivre la concurrence".

« Est-ce l'ouverture du secteur de l'électricité à la concurrence qui entraîne un surcoût pour les consommateurs ?

Oui, parce qu'on est dans un système un peu fou où l'on augmente les prix pour faire vivre la concurrence. Les opérateurs alternatifs ont certains types de problèmes, en l'occurrence le fait qu'ils n'ont pas assez accès au nucléaire. Ils font donc face à un surcoût. Donc pour qu'ils continuent d'être compétitifs, on augmente le tarif d'EDF, ça permet aux opérateurs alternatifs de pouvoir dire : "Je vous fais 5 ou 10% moins cher que le tarif EDF". Mais en fait, ils peuvent faire ça uniquement parce qu'on a augmenté le tarif d'EDF. (…) On n'est pas les seuls à s'étonner de cette mesure. L'Autorité de la concurrence a rendu deux avis pour critiquer cette décision de la Commission de l'énergie et pour en souligner les fragilités juridiques. »

L’aberration de l’ARENH : EDF subventionne ses concurrents pour qu'ils lui prennent des parts de marché.

La loi Nome, qui encadre le calcul des tarifs de l’électricité a instauré un accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh). Ce dispositif permet aux concurrents d’EDF d’acheter, à prix fixe, une partie de l’électricité nucléaire produite par l’opérateur historique dans une limite de 100 Twh par an, au total (soit un quart de la production nucléaire).

C’est de toute façon tout bénef et sans risque pour les « concurrents » . Lorsque les éoliennes crachent, ils vendent de l’éolien- si ça intéresse quelqu’un. Si le prix de marché spot  passe au-dessus du prix ARENH ((42€/MWh) fortement subventionné, qui couvre à peine le coût de production d’EDF, eh bien les « concurrents » vendent du nucléaire plus cher qu’ils ne l’achètent à EDF ( et parfois, en prétendant que c’est de l’énergie verte !).Et ils peuvent le faire à chaque instant, sans délai, comme arrêter à tout instant. Jackpot !

Ce qui a fait dire au PDG d’EDF :  « Des concurrents, j’en ai, mais des concurrents qui produisent, j’en cherche » ! L’ Arenh  a été qualifiée de « vrai péril » et de « principal handicap » d'EDF, un dispositif qui revient à ce que des investissements publics subventionnent des acteurs privés dont certains disposent de moyens considérables, empêche EDF de profiter du produit de son travail et n'incite pas ses concurrents à construire de production nouvelle à leurs risques ».

 A ses yeux, prolonger ce dispositif au-delà de 2025 ne serait « pas défendable » et serait même « inconvenant ». Et d'en appeler à une régulation équitable et durable qui « permette aux Français de bénéficier du nucléaire dont ils sont les propriétaires indirects au travers de l'entreprise publique EDF, qu'ils soient ou non clients d'EDF ».

Dans un rapport dressant le bilan de la période 2011-2017, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) estime que « malgré son caractère limité et transitoire, l'Arenh ne semble pas en mesure d'apporter les incitations suffisantes au développement de la concurrence à l'amont ».

L'économiste Elie Cohen estime pour sa part qu'avec ce dispositif « EDF subventionne ses concurrents pour qu'ils lui prennent des parts de marché. Elle renonce à une partie de sa rente sans compensation quand les prix de gros faiblissent alors qu'elle doit assurer seule les coûts des exigences grandissantes de sûreté ».
Et bien, que croyez-vous qu’il arrivera ?

Les « fournisseurs non producteurs » concurrents d’EDF sont si content (évidemment !) de l’ARENH qu’ils ont demandé à la fois une augmentation du plafond autorisé et le maintien du prix de vente actuel à 42 €/MWh. Pourquoi se gêner ?

Augmentation du plafond ! Bingo !  : Malgré les critiques de la CRE, Les députés de La République en Marche ont présenté, le 1er juin, un amendement  visant à rehausser le plafond de l’ARENH à 150 TWh dans le cadre du projet de loi relatif à l’énergie et au climat. Cette augmentation est souhaitée de longue date par les fournisseurs alternatifs et François de Rugy s’est lui aussi prononcé en faveur d’une hausse.

Maintien du bas tarif ! bingo ! De Rugy : « Je vous le dis franchement, on ne satisfera pas» la demande de @EDFofficiel de hausse de 42 à 52 €/MWh du prix Arenh. La Commission européenne ne nous y autorisera pas, c'est très décalé avec la réalité»

Donc EDF perdra de l’argent en vendant de l’électricité à ses concurrents pour qu’ils puissent la concurrencer ( puisque, plus les renouvelables augmentent, plus les coûts pour EDF augmentent 

De Rugy, insulte,  incompétence, démagogie ou plus grave

Si l’on se fie aux calculs de la Cour des Comptes, le manque à gagner lié à ce tarif agent pour EDF était évalué à 295 millions d’euros pour 2017. « Cela représente 1 000 euros par an, soit 83 euros par mois et par ayant droit », relativise la syndicaliste de Sud-Energie. « « Si chaque salarié touchait une prime de 83 euros par mois, cela ne créerait pas une telle polémique. »

« Les coûts de production ont dérivé depuis des années pour des raisons bien connues. Les coûts.salariaux d’EDF sont plus élevés que ceux des autres entreprises de l’énergie […] tous les ans la Cour des comptes dénonce le fait qu’à EDF il y a les salariés d’EDF qui payent 10 % du prix de l’électricité », a contre-attaqué François de Rugy ».

Étonnamment, le ministre de la Transition Écologique est le seul des acteurs de ce dossier à considérer que les salariés d’EDF sont responsables de l’augmentation des coûts de production de l’électricité, et part là de celle des tarifs. Ni la direction de l’entreprise, ni les syndicats, ni les associations de consommateurs, ni même les autres opérateurs du marché de l’électricité ne partagent la pensée complexe de François de Rugy. « Le salaire moyen chez EDF est tout à fait dans les standards des grands groupes comparables », affirme l’entreprise productrice d’électricité. En tous les cas, celui-ci n’a pas augmenté de 5,9 % l’an dernier. La part des salaires dans les 70 milliards de chiffre d’affaires d’EDF n’excède pas 10 %, et ceci avec nombre d’ emplois exigeant un haut niveau de compétences dans le nucléaire, les renouvelables, l’hydraulique et les réseaux. ».
Alors, le fameux tarif agent : « Le coût est autour de 290 millions par an, mais il n’a pas de rapport avec la hausse des tarifs », explique la communication d’EDF qui explique que le Tarif Agent « participe au sentiment d’appartenance de nos salariés », dans une entreprise « qui produit de l’électricité partout en France, 24 h/24 et 7 j/7 ». Par ailleurs, ces tarifs avantageux existeraient dans près de 150 entreprises sous statut d’Industries électriques et gazières (IEG) en France. Ce Tarif Agent  « c’est un élément de rémunération contractuel comme peuvent l’être un véhicule pour d’autres salariés »  soulignent les syndicats.
Au fait combien ? : 1 000 euros par an, soit 83 euros par mois et par ayant droit », (Sud-Energie.)

Belle façon de détourner la colère des 6 millions de ménages vivant déjà en précarité énergétique, selon les données de l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) et  des 423 235 supplémentaires qui pourraient les rejoindre avec une hausse de 10 % du prix de l’électricité, selon les projections de l’ONEP.

François de Rugy est l’exemple de même de la médiocrité, de l’incompétence et de l’arrivisme politique du personnel macronien, de l’alliance de l’idéologie ultra libérale et de l’idéologie verte ( qui ne recouvre pas l’écologie). Il est l’allié indéfectible des margoulins des éoliennes, des verdisseurs truands d’électricité aux méthodes commerciales condamnés par la justice. Ce type là est en train de détruire l’un des principaux atouts de la France. Le symbole de l’alliance maffieuse des milieux d’affaires et des affairistes verts
…
Tiens, un truc comme ça, de l’irremplaçable Canard Enchainé : « le lobbyiste @DirectEnergie, filiale de @Total, qui a envoyé une liasse d'amendements aux députés "écolos" de @LaREM_AN est en fait un ancien assistant parlementaires des verts ! »

Monsieur le Vicomte
Nous fait des contes
Pour justifier ses comptes
Il devrait avoir honte

Monsieur de Rugy
A propose d’énergie
Ment comme il rugit
Et même pas il n’en rougit

Vive la Carmagnole
On va lui fiche une torgnole

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samedi 23 décembre 2017

Ordonnances Macron amères : la Convention Collective de la Chimie menacée

Depuis six semaines et 2 réunions paritaires plénières, une intersyndicale CGT,  CFE-CGC et FO a engagé contre l’UIC (Union des Industries Chimiques) un bras de fer afin de maintenir des dispositions non dérogeables en entreprises, en matière de salaires minima, ainsi que des primes et des repos liés aux conditions et rythmes de travail, d’ancienneté, etc. et des garanties de salaire en maladie.

Les trois organisations syndicales  (la CFDT ne s’y associe pas, comme c’est original !) ne revendiquent pas de droits nouveaux, juste le maintien du socle de droits conventionnels existant. Pour L’UIC, c’est encore trop, et la chambre patronale affiche ainsi clairement la volonté de ses adhérents de réduire les garanties pour les salariés.

Il est vital de défendre aujourd’hui la Convention Collective Nationale des Industries Chimiques

Les nombreuses garanties obtenues au fil du temps et inscrites dans la Convention Collective pour tous les salariés, quelle que soit leur catégorie professionnelle, pourront demain être remises en cause par l’UIC, conséquence des ordonnances Macron.
Certaines de ces garanties peuvent être méconnues par les salariés, mais elles sont généralement la base d’accords qui les améliorent dans les entreprises. Pour les salariés des plus petites entreprises, ces garanties constituent bien souvent une partie importante de la rémunération. Dans tous les cas, elles agissent comme un filet de sécurité en cas de difficultés.

Primes d’anciennetés : limitées à 15 ans pour les salariés des deux premiers collèges, elle représente par exemple 267 euros mensuels pour un technicien classé à 275 ayant 12 ans d’ancienneté. Dans une entreprise payant les salariés au minimum conventionnel, c’est plus de 10% de la rémunération.

Travailleurs postés : la Convention garantit une prime minimale de 20% du taux minimum conventionnel pour chaque heure effectuée de nuit. Elle prévoit également une prime de 100% de ce taux horaire pour le travail du dimanche, doublée d’un jour de récupération (qui peut être payé) pour les jours fériés. Pour un opérateur classé à 190, c’est la garantie d’une majoration minimale de 70 euros par dimanche par exemple.

Maintien du salaire en cas de maladie : à partir d’un an d’ancienneté, le salaire est maintenu à 100 % pendant quatre mois. Ce délai est porté à six mois pour sept ans d’ancienneté. C’est cette disposition qui impose aux entreprises le paiement des jours de carence aujourd’hui au nombre de trois.

Rémunération des cadres : c’est la convention collective qui oblige aujourd’hui les entreprises à prévoir des augmentations minimales équivalentes pour les salariés du troisième collège lorsqu’elles sont négociées pour les salariés des deux premiers collèges ? Et demain ?

Suppression DP-CE-CHSCT et réduction du nombre d’élus : que ce soit dans les ateliers ou dans les sièges sociaux, le CHSCT est un véritable garde-fou essentiel aux conditions de travail des postés comme à la préservation de la santé des cadres. Faire croire, comme le font les ordonnances, que les prérogatives sont transférées tout en supprimant la souveraineté de cette commission et ses représentants est tout simplement criminel.
Prétendre que les salariés seront protégés car les dérogations à ces élément ne seront possibles qu’en cas d’accord majoritaire est mensonger. Cela ne fera qu’encourager les chantages à l’emploi comme cela a été le cas dans d’autres secteurs (Smart, Bosh, etc.) avec les résultats que l’on connait : les salariés se déchirent, les remises en cause passent par referendum, puis, de toute façon, les licenciements tombent.  

Devant la gravité de la situation, les fédérations de la Chimie CFE-CGC, FNIC-CGT et Fédéchimie FO ont décidé de passer outre leurs divergences et de se rejoindre autour d’une revendication commune : demander ensemble à l’UIC de négocier un accord qui permettrait à tous les salariés de la profession, quelle que soit la taille de leur entreprise, le maintien de ces garanties conventionnelles.

L’UIC a répondu qu’elle ne souhaitait pas s’engager dans cette voie.

Face au risque sans précédent de dumping social, d’appauvrissement de toutes les catégories de salariés de la branche (de l’opérateur à l’ingénieur) et d’atteintes inéluctables à la santé et à la sécurité, les trois fédérations ont décidé de maintenir la demande de négociation de ce projet d’accord, préalablement à toute autre discussion avec l’UIC.
Etape dans la mobilisation pour infléchir la position de l’UIC, les trois fédérations invitent les salariés à signer massivement la pétition porteuse de cette exigence. (chère intersyndicale, essayez de rendre possible une signature en ligne sur internet, merci  !

Pétition commune CFE/CGC, CGT , Chimie : (voir image)

Branche Chimie : pour une Convention Nationale Collective des Industries Chimiques qui soit un véritable socle de droits pour tous les salariés
Répondant au revendications du MEDEF, Macron et son gouvernement ont fait le choix de la régression sociale en permettant aux employeurs de déroger de façon moins favorable, c’est-à-dire baisser, voire supprimer, différentes éléments de notre convention nationale de la Chimie. Pour exemple, peuvent être concernés :
Primes d’ancienneté,
Primes de nuit, de dimanche ou de férié
Jours de carence et maintien du salaire en cas de maladie
CHSCT
Repos compensateurs
Augmentation générale pour les cadres comme pour les autres salariés

Les organisations CFE-CGC chimie, FNIC-CGT et Fédéchimie FO demandent à l’UIC et aux fédérations associées de maintenir le socle de garanties collectives  existants