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vendredi 24 novembre 2023

L’éolien offshore européen dans un trou d’air

Article remarquable de Dominique Finon ( CNRS/CIRED) et Etienne Beeker ( France Stratégie) sur les difficultés structurelles ( et non conjoncturelles, comme certains essaient de le faire croire ) de l'éolien offshore en Europe.

Extraits : " L'éolien offshore a été perçu comme la solution miracle pour assurer de manière décarbonée la sécurité d'approvisionnement électrique du continent d'ici dix ans, notamment dans les pays qui rejettent l'option nucléaire, en se basant sur des anticipations de baisses de coût spectaculaires"

"L'illusion des prix bas de l'éolien offshore est un phénomène collectif qui s'est joué dans les interactions entre les différents types d'acteurs.

Les pouvoirs publics, confiants dans les vertus indiscriminées de la concurrence, ont accéléré la fréquence des appels d'offre et engendré une course à la subvention zéro en se confortant de voir les prix demandés par les développeurs baisser à chaque appel d'offres pour lancer rapidement le suivant.

Les banquiers et fonds d'investissement ont prêté à des taux très bas, en se basant sur les affichages de projets et les prix demandés, et non les réalisations effectives. Les fonds, à la recherche de diversification de leurs activités, cherchaient à prendre pied à n'importe quel prix dans un secteur vert présenté comme extrêmement prometteur, en candidatant de façon agressive tout en cherchant à écarter des concurrents ayant de moindres capacités financières.

La croyance de tous dans des courbes d'apprentissage rapide semblables à celles du solaire PV a conduit à la course en avant dans les sauts de taille et le gigantisme, qui ont fini par gripper l'ensemble de la chaine d'approvisionnement.

Les fabricants de turbines se sont retrouvés pris dans une course qui les a obligés à réduire dangereusement leurs marges et les a exposés à une remontée brutale du coût des intrants (l'acier, le cuivre, les matériaux composites et donc le gaz…).

Pour finir personne n'a voulu croire que la période de taux très bas qui a prévalu ces dernières années était passagère....

Cette illusion a été amplifiée par les ONG et l'International Renewable Agency (IRENA), aux publications orientées et, il faut le dire, trop souvent dénuées d'objectivité. Elles n'ont cessé de communiquer sur cette fantastique chevauchée de tailles à la hausse et de coûts à la baisse. C'est ainsi que s'est établi le mythe de l'éolien offshore, solution miracle qui allait permettre de boucler le mix électrique"

En conclusion, la crise actuelle de l'éolien offshore en Europe (et aux États-Unis) n'est pas celle d'une entrée dans la maturité, comme certains la voient, mais d'abord une crise structurelle du mode de gouvernance des politiques de promotion d'ENR, relevant plus de choix idéologiques que de choix rationnels à base d'analyses technico-économiques approfondies.

Article complet  : https://www.telos-eu.com/fr/economie/leolien-offshore-europeen-dans-un-trou-dair.html



lundi 20 novembre 2023

Eolien en mer, ou le grand mensonge, episode xxx: étape écossaise

 Titre énigmatique d'Energies de la mer : Pataquès sur les projections de l'éolien offshore.

En fait, mensonge d'Etat :"le gouvernement écossais a sciemment gonflé pendant des années la part de l'Écosse dans le potentiel des ressources éoliennes offshore de l'Europe.

« L'Écosse possède 25 % du potentiel éolien offshore de l'Europe. » Eh ben non : "1)Le chiffre de 25 % n'est pas vraie 2)Le gouvernement écossais a tenté de le justifier par des calculs
manifestement erronés. 3)Le gouvernement écossais sait depuis un certain temps que cette affirmation ne peut être justifiée, et pourtant continue de l'utiliser. 4)Un chiffre réaliste est de 4 à 6 %"

L'article publié même des mails prouvant que le gouvernement écossais
est bien conscient de ses mensonges:
"L'estimation de 25% n'a jamais, à ma connaissance, été correctement fondée" "Oui, nous avons recyclé ces chiffres de manière assez robotisée sans vraiment les vérifier." Article et dossier complet : https://www.these-islands.co.uk/publications/i384/wrong_with_the_wind.aspx
https://www.energiesdelamer.eu/2023/11/14/patacaisse-en-ecosse-autour-des-projections-ecossaises-en-matiere-denergie-offshore/



vendredi 21 octobre 2022

Mensonge et propagande antinucléaire sur France Inter- comme d'hab : la Terre au Carré, 20 octobre 2022

 Une fois de plus, une fois de trop des militants anti-nucléaires ont pu raconter n’importe quoi  entre ignorance crasse et mensonges flagrants  sur France Inter sans aucune contradiction, antenne ouverte ! Emission  La  Terre au Carré, Jeudi 20 octobre, fin de l’émission. Un militant de Sortir du Nucléaire et de l‘ ACRO,a été interviewé sur les dosages de tritium dans la Loire. 

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-jeudi-20-octobre-2022-7638630

Extraits 

«  Dans cette eau, il y a de la radioactivité, vous l’avez mesurée. Pour le tritium, on est à 20 Becquerel/L à chaque fois qu’on fait des prélèvements, donc ça veut dire que c’est l’ambiant… C’est normal ? Ben moi, je trouve que c’est pas normal, pour moi, la Loire, ça doit être de l’eau et puis c’est tout, de l’eau et des poissons ?… de l’eau pure.."

"Et en 2019, vous avez mesuré jusqu’à 300 Bq/L ? .Oui 310 à Saumur… Et on a pu prouver que c’était la centrale de Chinon qui avait fait un rejet"

Mensonge démenti par l’IRSN, voir la suite

"Est-ce qu’il faut s’en inquiéter ? Je ne sais, pas , là on va prendre de la radioactivité, mais elle est faible, forcément qu’elle est faible . Mais sur le long terme, elle est forcément importante"

Retour sur la valeur « anormale » (en effet ! ) de 2019  et les  méthodes détestables de l’ACRO qui, a provoqué une panique idiote et  dangereuse

 Titres de la presse  AFP : «Du tritium dans l’eau potable de millions de personnes » ; Canard Enchainé : «De l’eau potable assaisonnée à la radioactivité». Sur quatre colonnes, l’hebdomadaire évoque ces «6,4 millions de Français, dans 268 communes, [qui] boivent sans le savoir de la flotte au tritium ; Parisien : contamination » radioactive de l'eau alimentant 6,4 millions personnes en France. Selon elle, 268 communes sont concernées, dont de « grandes agglomérations » comme Orléans, Blois, Tours, Angers, Nantes, et 122 communes d'Ile-de-France)

Au moins le Parisien a-t-il fait amende honorable en titrant finalement   « Gare aux fake news».

Car fake news il y avait : « Aucune valeur ne dépasse le critère de qualité de 100 Bq/L instauré par les autorités sanitaires », reconnaît l'association elle-même alors que la moyenne de ces relevés est de 9 Bq/L !!!!

Et au lieu de « Du tritium dans l’eau potable de millions de personnes », c’est bien plutôt :

« Une association confirme que 6 millions de français ont accès à une eau qui respecte le critère de qualité de 100 Bq/L (Becquerel par litre) » qu’il fallait dire

Ajoutons que le critère de 100 Bq/l n’est pas une alerte saniatire, mais une alerte de l’ASN indiquant u niveau anormal de radioactivité sur lequel il faut enquêter

Pour un ordre de grandeur qu’il sera utile de faire connaitre à vos auditeurs,

- Pour qu’une eau tritiée mesurée à 500 Bq/L provoque sur un adulte les mêmes « dommages » qu’une seule banane, il faudrait en boire quelque… 40 litres ! »

- le seuil de potabilité pour l'eau de boisson fixé par l'OMS est de 10.000 Bq/l.

Et rappelons : le rapport de l'ACRO concernait des mesures réalisées entre décembre 2017 et mai 2019. On court donc sur 18 mois de données, sur toute cette période, sur la Vienne et la Loire (deux cours d'eau, 5 centrales, 14 réacteurs), ils ont eu UNE mesure dépassant 60 Bq/L, atteignant 310 Bq/L)

Et voilà la fameuse courbe. C’est louche, en effet !


Une enquête a été faite qui a couté 500.000 euros pour rien, la valeur anormale de l’ACRO n’a jamais pu être retrouvée, cf l’article de France Bleu : Rejets anormaux de tritium dans la Moire et la Vienne, un problème de méthodologie selon l’IRSN

L’ACRO séme volontairement des paniques dangereuses et injustifiée, elle  cultive les peurs et l’ignorance. Son financement public doit cesser !

NB : l’avis très policé de l’IRSN : « En effet, les modélisations monodimensionnelles et bidimensionnelles de la dispersion du tritium dans la Loire, calées à partir des mesures d'EDF, de l'IRSN et de l'ACRO et intégrant les conditions (rejets déclarés, débits) de janvier 2019, conduisent à une concentration maximale en tritium dans la Loire au pont Cessart à Saumur variant entre 70 Bq/L et 160 Bq/L le 21 janvier 2019. Ces modélisations n'ont donc pas permis, même dans des conditions majorantes, de retrouver le niveau de la mesure atypique (310 Bq/L). »

https://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20220119_tritium-eaux-Loire-Saumur.aspx#.Y1Jrl3VByM8

mercredi 10 octobre 2018

Politique énergétique : mensonges et enfumage!


Gros Mensonge de Greenpeace sur le CO2, le solaire et le nucléaire.

L'association a publié en septembre 2018 un classement des fournisseurs d'électricité « verte » dans lequel sont diffamés comme d’habitude les services publics ( EDF comme fournisseur d’électricité au tarif réglementé, Engie pour le gaz) et dans lequel ne sont reconnus comme  véritablement verts que des acteurs marginaux (Energie d’ici, Enercoop et Ilek.).

Cette action de Greenpeace  a au moins un mérite : dénoncer un enfumage total et même une escroquerie caractérisée : « un fournisseur d’offres vertes peut se contenter d’acheter de l’électricité produite dans une centrale à charbon ou nucléaire, du moment qu’il achète aussi un certificat “vert” ».

Il met aussi en évidence qu’il est tout simplement impossible d’assurer l’approvisionnement en électricité  et de lutter contre le dérèglement climatique si, par idéologie, on refuse de considérer comme « verte » l’énergie nucléaire, la plus décarbonnée et la plus économique qui soit.

 Enfin, il démontre une étrange alliance entre les écologistes antiprogressistes, les ultra libéraux et de grands intérêts privés, qui, constatant que la privatisation du nucléaire électrique ne sera jamais acceptée, veulent en réduire la part pour s’octroyer un immense gâteau dont profitent déjà  les margoulins des énergies nouvelles (notamment  éoliennes)

Et en passant Greenpeace commet un petit mensonge dans sa note où  le nucléaire est considéré émettant plus de CO2 que le photovoltaïque, ce qui est faux. Pour Greenpeace, le nucléaire est classé +/- en émission de CO2 alors que le photovoltaïque est classé ++. Un résultat surprenant au premier abord. En effet, les chiffres du Giec (cohérents avec les estimations internationales)  évaluent les émissions de CO2 autour de 50 g/kWh pour le photovoltaïque et autour de 12 g/kWh pour le nucléaire (contre plus de 700 pour pétrole et autour de 1000 pour le charbon)- soit tout de même, pour ce qui nous intéresse, quatre fois plus pour le solaire que pour le nucléaire !

Un peu embarrassé (et faisant preuve d’un petit reste d’honnêteté),  Greenpeace a avoué la manipulation : « Nous avons voulu marquer le fait que, en raison des défaillances du parc nucléaire existant en France et en Belgique, les centrales sont de plus en plus souvent arrêtées et, pour compenser, les exploitants font appel à des énergies très carbonées»… » «La France est très en retard sur le développement des énergies renouvelables. Ainsi, quand le nucléaire ne peut pas produire, c’est le charbon ou le gaz qui le prend en charge »

Oh les gars et les filles  ! Vous vous fichez un peu du monde. Et vous êtes incorrigibles : car lorsque le nucléaire tombe en panne, on ne peut le remplacer que par une énergie pilotable, qui produit de l’électricité quand on en a besoin, et pas quand il fait beau et qu’il vente !- donc, ni du solaire, ni de l’éolien !

Donc, si l’on veut lutter contre le réchauffement climatique, il faut plus de nucléaire et du plus puissant - des EPR. 
Réclamez tous à EDF le contrat citoyen et responsable nucléaire : « Parce que je suis conscient des périls climatiques et que je veux lutter contre eux, je veux que vous me garantissiez une électricité à 80% nucléaire ( et un peu hydraulique) »

 Gros mensonges sur les coûts : Le débat sur la transition énergétique doit prendre en compte tous les coûts.

C’est sous ce titre que deux experts de l’économie de l’énergie Jacques Percebois (Professeur émérite à l’université de Montpellier) et Stanislas Pommeret (Président de la division énergie de la SCF) ont publié une tribune intéressante dans Le Monde du 3 octobre 2018. Extraits :

Le débat parlementaire sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) va relancer les discussions sur la place relative du nucléaire et des renouvelables. Le mix électrique français est très largement « décarboné », ce qui est un atout dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique, mais se trouve être largement le produit de l’histoire et des diverses transitions impulsées par les pouvoirs publics depuis des décennies, et non pour des raisons environnementales.
Lors des chocs pétroliers (1974 et 1979), la France s’est tournée vers le nucléaire au nom de l’indépendance énergétique. En 1974, le nucléaire ne représentait que 8 % de la production d’électricité ; il en couvre aujourd’hui 72 à 75 %. Comme l’hydraulique permet de satisfaire 12 % environ des besoins et que les autres renouvelables (éolien et photovoltaïque) en fournissent 6 %, l’électricité produite en France est à 93 % « décarbonée ».

Le nucléaire de 2e génération (les 58 réacteurs en fonctionnement), largement amorti, est aujourd’hui compétitif puisque, malgré le bas prix de l’électricité sur le marché de gros (40 à 50 euros le MWh, soit 4 à 5 centimes d’euro par kWh), son coût est de l’ordre de 33 euros le MWh (soit 3,3 centimes d’euro par kWh).

(Et voilà pourquoi fermer Fessenheim est un gaspillage éhonté du patrimoine français, et une aberration climatique, industrielle, économique et sociale !)

Pour l’EPR de Flamanville, le montant annoncé de 10,9 milliards d’euros porte le coût du MWh à près de 100 euros, soit 10 centimes d’euro par kWh. La décision récente d’Edf de reporter à fin 2019 la mise en service de l’Epr de Flamanville, prévue au départ fin 2012 montre que l’industrie française a un peu perdu la mqin dans un domaine où elle excellait. .. Ainsi, la Russie, grâce à Rosatom, et la Chine, qui a mis en service il y a quelques semaines le premier réacteur EPR grâce à la collaboration française, deviennent aujourd’hui des leaders d’un secteur dont les perspectives demeures prometteuses.
« Les énergies renouvelables dont on vante la compétitivité croissante ne sont pas non plus exemptes de dérives. La promotion des énergies renouvelables du type solaire et éolien se justifie car elles sont décarbonées, mais à condition qu’elle se substituent à des énergies carbonées, et non au nucléaire (décarboné)

Un rapport de la Cour des Comptes d’avril qui montre que les engagement déjà pris du fait de ces tarifs (promotionnels et subventionnés) des énergies renouvelables vont conduire à un surcoût cumulé de 121 milliards d’euros pour le consommateur d’électricité (jusqu’en 2044 !!, avec un pic vers 2022) surcoût financé par des taxes ( la CSPE- contribution au service public de l’électricité),soit de l’ordre de 4 à 5 milliards d’euros par an.

Ce coûteux système mis en place engendre deux effets pervers qui ne doivent pas être sous-estimés dans le calcul économique : l’injection sur le marché de gros de ces énergies rémunérées hors marché exerce un effet d’éviction sur le parc nucléaire et thermique, et cela risque fort de coûter cher en stockage ( NB qu’au surplus, on ne sait pas réaliser). Au-delà de 30 % environ de pénétration du renouvelable intermittent dans le mix électrique français,… le coût du stockage et du déstockage de cette électricité risque d’être élevé... Si l’on suppose que la part du nucléaire est plafonnée à 50% de la production d’électricité et que ce sont les renouvelables solaires et éoliens qui compensent cette réduction, le coût du stockage et du déstockage peut représenter à lui seul entre 4 et 20 centimes d’euros par kwh….
Conclusion : En d’autre termes, le débat doit prendre en compte tous les coûts directs et indirects des diverses solutions en compétition….

Coûts comparés de l’éolien et de l’EPR. Les margoulins de l’éolien et l’Ecolo Business.

En effet, donc petite remarque sur le site très utile du grand débat sur la transition énergétique : si l’électricité renouvelable est si intéressante, comment se fait-il que le prix de l’électricité augmente de façon très bien corrélée à l’augmentation des productions renouvelable dans tous, absolument tous les pays ?
Et réponse plus argumentée : Avis n°478 Comparaison des coûts de production éoliennes et EPR en Europe en 2017.

Eolien on et off-shore : 103 MW de puissance installée. Ces installations ont un productible de 26 GWh/an pour un facteur de charge moyen de 30 %. Leur durée d’exploitation est prévue pour 20 ans. Au MW installé, ces éoliennes coutent 4 600 k€ par MW. Ramené au MWh produit, cela donne une production de 520 TWh sur 20 ans soit 88 €/MWh d’amortissement p
EPR : Sur 60 ans, l’EPR coute 11 Mds d’€ pour 1,65 GW installé ; donc au MW installé cela donne 6400 M€/MW. Le productible de l’EPR est 13 TWh par an sur la base d’une puissance installée de 1650 MW et d'une disponibilité de 90 %. Donc sur 60 ans, l’EPR aura produit 780 TWh.
Comparaison finale : Eolien : 106 €/MWh pour une électricité non pilotable sans back-up et stockage. EPR : 72,5 €/MWh pour une électricité pilotable.
Et encore : l’éolien est maintenant une technologie mature pour laquelle le coût ne diminuera plus significativement. L’EPR est une tête de série (qui a connu certains problèmes…) ; compte-tenu du retour d’expérience, le coût des futurs EPR diminuera considérablement.

Autres éléments, que l’on trouve sur le site de la CGT, qui mène une campagne exemplaire (avec FO et la CFE-CGC pour sauver le service public de l’électricité (voir https://www.mainbassesurlenergie.com). Extraits :

Il existe un Ecolo business qui vise à  casser le service public pour favoriser le privé. Les heureux profiteurs de l’Ecolo business ont été gavés par un flot d’aide d’Etat : le prix de l’électricité produite par le éoliennes est fixé à plus de 8 centimes d’euros le kw heur soit le double du prix de l’électricité classique (mesure prise par le vert Yves Cochet !).

S’en est suivi une ruée vers le nord : en une dizaine d’années, 5000 turbines le département de l’Aisne.  Les communes se lancèrent dans une compétition échevelée,  c’était la ruée vers les éoliennes, c’était véritablement la manne. On promettait des emplois, de la taxe professionnelle, du tourisme, des cars entiers de touristes devaient venir admirer les éoliennes. Et puis quoi : des installations qui changent de main à haute fréquence, en trois ans, quatre exploitants et des montages de plus en plus opaques ; des fonds de pension qui viennent d’Australie pour ramasser la manne des contribuables français. Et pour les riverains, au leu de la manne promise, des bruit continus, les nuisances visuelles, effets stroboscopiques, perte de valeur des habitations. Même Ségolène Royal s’en était émue : «  il y a tout un système spéculatif qui se met en place, on a eu des expériences assez désastreuses par le passé. Et Xavier Bertand reprenant pour sa région le cri de Marine Le Pen : Plus une seule éolienne.

En 2018, le surcoût des énergies renouvelables s’est élevé à pas moins de 8 milliards d’euros. Il s’agit d’un véritable hold up.
Ce fait significatif, repris aussi dans les video de la CGT. Le premier janvier 2018, il faisait relativement bon, il y avait du vent. Production très importante éolienne en France et en Europe, sauf qu’il n’ y avait aucun besoin industriel et peu de vesoin domestique. Résultat sur le marché  l’électricité était achetée à 82 euros le MW par EDF (prix garantis Cochet oblige) et vendue à -15 euros ! le MW, ce qui coûte aux Français 97 euros le Mw ! Le lobby de l’éolien remercie les Verts !

L’article de M. Percebois, article d’expert semble arriver au maximum de critique que peut exprimer un expert reconnu sans se mettre en péril. Mais enfin Mrs, s’il faut vous remercier pour votre lucidité, peut-on vous demandez un peu plus de courage. Si vous ne dites pas haut et fort ce qu’il en est qui le dira ?

Baisser la part du nucléaire à 50% est une absurdité injustifiable, c’est aller au rebours de nos engagement climatique et de la lutte contre la précarité énergétique, c’est catastrophique pour le climat, c’est catastrophique pour l’environnement, c’est catastrophique pour les consommateurs, c’est catastrophiques pour la compétitivité de l’industrie, c’est catastrophique pour la sureté d’approvisionnement aujourd’hui encore plus qu’hier indispensable tant nous sommes devenus dépendant, pour notre santé, pour notre vie même de l’électronique, c’est catastrophique socialement pour les salariés et pour les usagers.

Prétendre lutter contre le dérèglement climatique en baissant la part du nucléaire, c’est une hypocrisie ou une imbécillité. Il faut au contraire maintenir la part du nucléaire en France et l’augmenter dans tous les autres pays :

La production nucléaire d’électricité a encore un grand avenir devant elle, si nous voulons que l’Humanité et la Terre en ait un !

samedi 13 janvier 2018

Electricité : vers le grand noir- Le contre exemple australien

Australie-la foudre s'abat sur les énergies renouvelables

C’est ce titre assez drôle qu’ont utilisé nombre de journaux pour relater des événements qui ne le sont pas du tout, des pannes gravissimes à répétition qui ont provoqué un effondrement du réseau en Australie du Sud. Pas une fois, pas deux fois, trois fois !
L'Australie du Sud (capitale Adélaïde,1,6 million d'habitants) a connu un premier  black-out général le 1er novembre 2015, suite à une panne de vent.  Le 30 sept. 2016,  panne géante, l’une des plus grande de l’époque moderne ; suite à un violent orage, la totalité des habitants d'Australie-Méridionale ont été privés d'électricité pendant plusieurs heures. Une nouvelle panne de vent a frappé l'Australie du Sud le premier décembre 2017 vers 22H et  200,000 foyers ont vu leur fourniture électrique coupée. Outre les dangers que cela représente, le coût de ces pannes est gigantesque ; ainsi, lors d’un incident en octobre 2016, les consommateurs d'électricité d'Australie du Sud ont été assommés par un surcoût de 4,5 millions de dollars pour une seule journée, pour stabiliser le réseau.

Pourquoi ? L'Australie du Sud est un des champions mondiaux des énergies renouvelables. Cet état dépend pour 45% de l'éolien, dont la production dispose d'une priorité et est subventionnée. Le reste de la production était assuré par des centrales classiques (charbon, fuel, gaz). Comme elles ne fonctionnent plus assez, elles ne sont plus rentables et ferment. Malheureusement, il semble difficile d'assurer la stabilité du système électrique avec des sources dont la production n'est pas contrôlable et au stade de plus de 40% d’énergie renouvelable, c’est mission impossible. Comme le montrent ces effondrements à répétition, L'Australie du Sud traverse une crise aiguë de stabilité de son réseau électrique. L’éolien, au moins jusqu'ici, n'est pas en mesure d'assurer la stabilisation d'un réseau électrique en fréquence. La disparition des producteurs conventionnels s'est donc traduit par des instabilités qui ont conduit le régulateur du réseau à des délestages de grande ampleur et à des frais ahurissants de stabilisation.

Plus de 30% d’énergie renouvelables (non pilotables), c’est l’effondrement du réseau

Le bilan de ces énergies renouvelables à plus de 40% pour la fourniture d’électricité :
-  des régions entières plongées dans le noir à plusieurs reprises.  La stabilisation du réseau électrique est devenue un cauchemar.
- Le prix de l'électricité facturé aux particuliers a quadruplé et les consommateurs pauvres ne peuvent plus payer leurs factures. Les consommateurs d’énergie d'Australie du Sud avaient la dette moyenne d’électricité la plus élevée du pays. Ils étaient plus susceptible qu'ailleurs en Australie d’être sur un programme d'aide aux nécessiteux et plus susceptible d’avoir leur électricité coupée pour cause de non paiement.
- Les emplois verts ne sont pas au rendez-vous. Le nombre d’Australiens du Sud employées dans le secteur des énergies renouvelables a chuté ces dernières années. Le secteur de l'énergie solaire est le principal contributeur à cette baisse, après un pic à 2010 personnes employées en 2011-12 puis une chute à 470 l'an dernier. Les emplois créés le sont principalement en Chine, ou baissent lorsque les subventions diminuent.
Résultat des courses : une réaction du gouvernement face à l’opinion publique qui s’indigne : « c'est un problème auquel nous sommes confrontés : la sécurité énergétique. C'est bien de débattre d'un avenir à faible émission de carbone et nous y sommes tous favorables, mais la priorité du gouvernement doit être que la lumière reste allumée. »
Donc, l’Australie a relancé ses centrales à charbon, pour pouvoir équilibrer son réseau !!!!! et tant pis pour le climat. Ou les énergies renouvelables, ou le climat, il faut choisir !

Selon des données EDF, le grand grand maximum d’énergies renouvelables non pilotables que peut supporter un réseau tout en gardant une chance raisonnable de ne pas s’effondrer, c’est 30%. C’est dire qu’avec 70 % de nucléaire pilotable quasi instantanément, la France bénéficie d’un avantage compétitif immense et qui permet d’atteindre les objectifs de protection du climat.
C’est dire aussi à quelle point la pseudo loi de transition énergétique qui veut faire descendre le nucléaire à 50% est stupide, dangereuse, économiquement suicidaire, et qu’elle va à l’encontre des objectifs qu’elle proclame en terme notamment de protection du climat.

A quand enfin une politique énergétique rationnelle, qui tienne compte des expériences étrangères catastrophiques , la libéralisation du marché de l’électricité en Californie, les énergies renouvelables en Australie ( effondrement du réseau) et en Allemagne ( relance du charbon)

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mercredi 9 août 2017

Taine _ La Révolution- l’anarchie spontanée_33_ Comment le parti révolutionnaire domina la Constituante

Important, magistral : les recettes du totalitarisme. Gagner la guerre des idées, utilisation de la violence et des menaces,  imposer les mensonges et renverser les rôles entre persécuteurs et persécuté, disqualification de l’adversaire comme ennemi du genre humain ; empêchement de la délibération libre, disqualification et élimination des corps intermédiaires , une organisation disciplinée faite pour le combat et la violence, quitte à la mettre parfois au service  des dominants du moment « qui subiront ensuite la pression qu’ils ont autorisé contre autrui ».

Le parti révolutionnaire a pour lui la théorie régnante

Nulle hésitation : ils sont persuadés que la chose ( N.B. rédaction d’ une constitution) est facile et qu’avec deux ou trois axiomes de philosophie politique le premier venu peut en venir à bout. Dans une assemblée de gens expérimentés, une pareille outrecuidance serait ridicule ; dans cette assemblée de novices, elle est une force. Un troupeau désorienté suit ceux qui se mettent en avant ; ce sont les plus déraisonnables, mais ce sont les plus affirmatifs, et, dans la Chambre comme dans la nation, les casse-cou deviennent les conducteurs.
Deux avantages leur donnent l’ascendant, et ces avantages sont si grands, que désormais ceux qui les auront seront toujours les maîtres. – En premier lieu, le parti révolutionnaire a pour lui la théorie régnante, et seul il est décidé à l’appliquer jusqu’au bout. Il est donc seul conséquent et populaire, en face d’adversaires impopulaires et inconséquents. En effet, presque tous ceux-ci, défenseurs de l’ancien régime ou partisans de la monarchie limitée, sont imbus comme lui de principes abstraits et de politique spéculative. Les nobles les plus récalcitrants ont revendiqué dans leurs cahiers les droits de l’homme, et Mounier, le principal adversaire des démagogues, conduisait les Communes lorsqu’elles se sont déclarées Assemblée nationale  . Cela suffit, ils sont engagés dans le défilé étroit qui aboutit aux précipices. Au commencement, ils ne s’en doutaient pas ; mais un pas entraîne l’autre ; bon gré, mal gré, ils avancent ou sont poussés. Quand ils voient l’abîme, il est trop tard ; ils y sont acculés par leurs propres concessions et par la logique ; ils ne peuvent que s’exclamer, s’indigner ; ayant lâché leur point d’appui, ils ne trouvent plus de point d’arrêt. – Il y a dans les idées générales une puissance terrible, surtout lorsqu’elles sont simples et font appel à la passion. Rien de plus simple que celles-ci, puisqu’elles se réduisent à l’axiome qui pose les droits de l’homme et y subordonnent toutes les institutions anciennes ou nouvelles. Rien de plus propre à enflammer les cœurs, puisque la doctrine enrôle tout l’orgueil humain à son service, et consacre, sous le nom de justice, tous les besoins d’indépendance et de domination. Considérez les trois quarts des députés, esprits neufs et prévenus, sans autre information que quelques formules de la philosophie courante, sans autre fil conducteur que la logique pure, livrés aux déclamations des avocats, aux vociférations des gazettes, aux suggestions de leur amour-propre, aux cent mille voix qui de tous côtés, à la barre de l’Assemblée, à la tribune, dans les clubs, dans la rue, dans leur propre cœur, leur répètent unanimement tous les jours la même flatterie : « Vous êtes souverains et tout-puissants. En vous seuls réside le droit. Le Roi n’est là que pour exécuter vos volontés. Tout ordre, corporation, pouvoir, association civile ou ecclésiastique, est illégitime et nul, dès que vous l’avez déclaré tel ; vous pourriez même changer la religion. Vous êtes les pères de la patrie. Vous avez sauvé la France, vous régénérez l’espèce humaine. Le monde entier vous admire ; achevez votre glorieux ouvrage, allez plus loin et tous les jours plus loin. » Contre ce flot de séductions et de sollicitations, un bon sens supérieur et des convictions enracinées peuvent seuls tenir ferme ; mais les hommes ordinaires et indécis sont entraînés. Dans le concert des acclamations qui s’élèvent, ils n’entendent pas le fracas des ruines qu’ils font. À tout le moins, ils se bouchent les oreilles, ils se dérobent aux cris des opprimés ; ils refusent d’admettre que leur œuvre ait pu être malfaisante, ils acceptent les sophismes et les mensonges qui la justifient ; ils souffrent que, pour excuser les assassins, on calomnie les assassinés

Domination de  la force illégale et brutale ; on subit soi-même la pression que l’on autorise contre autrui

Contre leur raison, contre leur conscience, les modérés, captifs dans le réseau de leurs propres actes, se joignent aux révolutionnaires pour achever la Révolution.
S’ils refusaient, ils seraient contraints. Car, pour s’emparer du pouvoir, l’Assemblée a dès l’abord toléré ou sollicité les coups de main de la rue. Mais, en prenant les émeutiers pour alliés, elle se les est donnés pour maîtres, et désormais, à Paris comme en province, la force illégale et brutale est le principal pouvoir de l’État. « On avait triomphé par le peuple ; il n’y avait pas moyen de se montrer sévère avec lui   » ; c’est pourquoi, « quand il s’agissait de réprimer les insurrections, l’Assemblée était sans cœur et sans force ». – « On blâme par décence, on ménage par politique », et, par un juste retour, on subit soi-même la pression que l’on autorise contre autrui. Trois ou quatre fois seulement, quand la sédition devient trop insolente, après le meurtre du boulanger François, dans l’insurrection des Suisses à Nancy, dans l’émeute du Champ-de-Mars, la majorité, qui se sent elle-même menacée, vote ou applique la loi martiale, et repousse la force par la force. Mais ordinairement, quand le despotisme populaire ne s’exerce que sur la minorité royaliste, elle laisse opprimer ses adversaires et ne se croit pas atteinte par les violences qui assaillent le côté droit : ce sont des ennemis, on peut les livrer aux bêtes. Là-dessus, le côté gauche a pris ses dispositions ; son fanatisme n’a pas de scrupules ; il s’agit des principes, de la vérité absolue ; à tout prix, il faut qu’elle triomphe. D’ailleurs peut-on hésiter à recourir au peuple dans la cause du peuple ? Un peu de contrainte aidera le bon droit ; c’est pourquoi, tous les jours, le siège de l’Assemblée recommence. Déjà, avant le 6 octobre, on le faisait à Versailles ; à présent, à Paris, il continue plus vif et moins déguisé.

La loi des tribunes stipendiées

Au commencement de 1790, la bande soudoyée comprend 750 hommes effectifs, déserteurs pour la plupart ou soldats chassés de leur régiment, payés d’abord cinq francs, puis quarante sous par jour. Leur office est de faire ou soutenir des motions dans les cafés et dans les rues, de se mêler aux spectateurs dans les séances des sections, dans les groupes du Palais-Royal, surtout dans les galeries de l’Assemblée nationale, et d’y huer ou applaudir sur un signal. Leur chef est un chevalier de Saint-Louis auquel ils jurent obéissance et qui prend les ordres du comité des Jacobins. À l’Assemblée, son principal lieutenant est un M. Saule, « gros petit vieux tout rabougri, jadis tapissier, puis colporteur-charlatan de boîtes de quatre sous garnies de graisse de pendu, pour guérir les maux de reins, toute sa vie ivrogne... qui, par le moyen d’une voix assez perçante et toujours bien humectée, s’est acquis quelque réputation dans les tribunes de l’Assemblée…
Ainsi payés, on devine comment des gens de cette espèce font leur besogne. Du haut des tribunes  , ils étouffent par la force de leurs poumons les réclamations de la droite… Tous leurs attentats, non seulement restent impunis, mais encore sont encouragés : tel noble qui se plaint de leurs huées est rappelé à l’ordre, et leur intervention, leurs vociférations, leurs insultes, leurs menaces, sont désormais introduites comme un rouage régulier dans l’opération législative. — Aux abords de la salle, leur pression est encore pire  . À plusieurs reprises, l’Assemblée est obligée de doubler sa garde. Le 27 septembre 1790, il y a quarante mille hommes autour d’elle pour lui extorquer le renvoi des ministres, et, sous ses fenêtres, on fait « des motions d’assassinat ». Le 4 janvier 1791, pendant que, sur l’appel nominal, les députés ecclésiastiques montent tour à tour à la tribune pour prêter ou refuser le serment à la Constitution civile du clergé, une clameur furieuse s’élève dans les Tuileries et perce jusque dans la salle : « À la lanterne ceux qui refuseront ! » Le 27 septembre 1790, M. Dupont de Nemours, économiste, ayant fait un discours contre les assignats, est entouré au sortir de la séance, hué, bousculé, poussé contre le bassin des Tuileries : on l’y jetait, quand la garde le délivra. Le 21 juin 1790, M. de Cazalès manque « d’être déchiré et mis en pièces par le peuple   ». À vingt reprises, dans les rues, au café, les députés du côté droit sont menacés du geste ; on expose en public des figures qui les représentent la corde au cou. Plusieurs fois l’abbé Maury est sur le point d’être pendu ; une fois, il se sauve en présentant des pistolets ; une autre fois, le vicomte de Mirabeau est obligé de mettre l’épée à la main. M. de Clermont-Tonnerre, ayant voté contre la réunion du Comtat à la France, est assailli dans le Palais-Royal à coups de chaises et de bâtons, poursuivi jusque chez le suisse, puis jusque dans son hôtel : la foule hurlante en brise les portes et n’est repoussée qu’à grand’peine.

Disparition de la droite : Quand vous allez dans un établissement de boucherie


Impossible aux membres du côté droit de s’assembler entre eux : ils sont « lapidés » dans l’église des Capucins, puis dans le Salon Français de la rue Royale ; pour comble, un arrêt des nouveaux juges ferme leur salle et les punit des violences qu’ils subissent  . Bref, ils sont à la discrétion de la foule, et l’homme le plus modéré, le plus libéral, le plus ferme de cœur et d’esprit, Malouet, déclare qu’en « allant à l’Assemblée, il oubliait rarement d’emporter ses pistolets   ». — « Depuis deux ans, dit-il après l’évasion du roi, nous n’avions pas joui d’un instant de liberté et de sécurité. » – « Quand vous allez dans un établissement de boucherie, écrit un autre député, vous pouvez trouver à l’entrée une provision d’animaux qu’on laisse vivre encore quelque temps, jusqu’à ce que l’heure soit venue de les détruire. Telle était, chaque fois que j’entrais à l’Assemblée nationale, l’impression que me faisait cet ensemble de nobles, d’évêques et de parlementaires qui remplissaient le côté droit, et que les exécuteurs du côté gauche laissaient respirer encore quelque temps. » Outragés et violentés jusque sur leurs bancs, « placés entre les périls du dedans et ceux du dehors  , entre les hostilités des galeries » et celles des aboyeurs de l’entrée, « entre les insultes personnelles et l’abbaye de Saint-Germain, entre les éclats de rire qui célèbrent l’incendie de leurs châteaux et les clameurs qui, trente fois dans le quart d’heure, brisent leur opinion », livrés et dénoncés « aux dix mille cerbères » du journalisme et de la rue qui les poursuivent de leurs hurlements et qui « les couvrent de leur bave », tout moyen est bon pour terrasser leur résistance, et, à la fin de la session, en pleine Assemblée, on leur promet de « les recommander aux départements », c’est-à-dire d’ameuter à leur retour, chez eux et contre eux, la jacquerie permanente de la province. – De tels procédés parlementaires, employés sans interruption et pendant vingt-neuf mois, finissent par faire leur effet. Beaucoup de faibles sont entraînés   ; même sur des caractères bien trempés, la crainte a des prises : tel qui marcherait au feu le front haut frémit à l’idée d’être traîné dans le ruisseau par la canaille ; toujours, sur des nerfs un peu délicats, la brutalité populaire exerce un ascendant physique. Le 12 juillet 1791   l’appel nominal décrété contre les absents montre que cent trente-deux députés ne siègent plus. Onze jours auparavant, parmi ceux qui siègent encore, deux cent soixante-dix ont déclaré qu’ils ne prendraient plus part aux délibérations. Ainsi, avant l’achèvement de la Constitution, toute l’opposition, plus de quatre cents membres, plus d’un tiers de l’Assemblée, est réduit à la fuite ou au silence. À force d’oppression, le parti révolutionnaire s’est débarrassé de toute résistance, et la violence, qui lui a donné l’empire dans la rue, lui donne l’empire dans le Parlement.


vendredi 14 juillet 2017

Trois jugements en matière de santé

Vaccin contre l'hépatite B et sclérose en plaques : une étrange décision :
Un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne a reconnu un lien de causalité entre le vaccin contre l'hépatite B et la survenue d'une sclérose en plaques en dépit de toute justification scientifique.
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) en date du 21 juin 2017 rend le laboratoire Sanofi-Pasteur responsable de la sclérose en plaques contractée par M. W peu de temps après avoir reçu le vaccin contre l'hépatite B. Pour mémoire, M. W a reçu entre 1998 et le milieu de l'année 1999 le VHB produit par Sanofi-Pasteur. Deux mois plus tard, il présente de premiers troubles qui conduisent à un diagnostic de sclérose en plaques (SEP) en novembre 2000. Dès 2006, lui et sa famille engagent une action en justice contre le laboratoire pour obtenir réparation du préjudice attribué au vaccin. 10 ans plus tard donc, la CJUE inverse les jugements précédents et conclue : "En l'absence de consensus scientifique, le défaut d'un vaccin et le lien de causalité entre celui-ci et une maladie peuvent être prouvés par un faisceau d'indices graves, précis et concordants." . Or, il n’existe rien de tel, bien au contraire !

Depuis l'apparition des premières plaintes au milieu des années 1990, de nombreuses études ont été conduites et aucune n'a pu établir un quelconque lien entre vaccination et survenue ou aggravation de la sclérose en plaque- à chaque fois, celles-ci ,’étaient pas plus nimbreuse dans le groupe vacciné que dans le groupe témoin.. Jusqu'à présent donc, ce n'est pas la preuve du lien qui fait défaut, mais la possibilité même qu'un tel lien existe. À ce jour, environ 1,5 milliard de doses de vaccin anti-VHB ont été administrées dans le monde selon le groupe Vaccination et Prévention de la Société française de pathologie infectieuse (SPILF). Ce qui donne un recul conséquent sur les effets indésirables de cette vaccination ; et toutes les études ont montré qu’il n’ y a aucune différence dans l’apparition de scléroses en plaque entre vaccinée et non vaccinés.

De telle décision sont extrêmement dangereuses car elles mettent en cause la protection générale de la population contre des maladies graves. Il ne faudra pas s’étonner si les firmes pharmaceutiques ralentissent leurs efforts dans le domaine des vaccins et si ceux –ci viennent à manquer.

Pour commencer, on pourrait peut-être priver de vaccins les membres de la CJE ? Une solution que semble promouvoir la nouvelle ministre de la santé consiste à rendre ce vaccin obligatoire. Alors, c’est un fond de l’Etat qui aurait à prendre en charge d’éventuels problèmes dus à la vaccination et les preuves à apporter seraient beaucoup plus rigoureuses…

Donc, pour éviter des décisions imbéciles, on rendrait obligatoire un vaccin pour lequel pour l’instant chacun est libre de décider… Quand l’imbécillité juridique fonctionne à plein.
  
2)      Amiante : arrêt des procédures pénales

Le parquet de Paris vient de requérir l’arrêt de l’instruction dans plusieurs enquêtes pénales ouvertes notamment contre des entreprises dont les salariés ont développé des pathologies après avoir été exposés à l’amiante. Considérant qu’il est impossible de déterminer avec certitude la date à laquelle ces personnes ont été intoxiquées par l’amiante, le ministère public recommande de « mettre fin à la présente information judiciaire ». Cette analyse s’aligne sur celle défendue par les magistrats instructeurs, chargés de tous ces dossiers.

C’est peut-être la fin  d’un marathon judiciaire tragique de 20 ans.  Le scandale de l’amiante a éclaté, sur le plan pénal, à la suite d’une plainte pour homicides involontaires et blessures involontaires déposée en 1996 par d’anciens salariés d’Eternit, plainte à laquelle était partie prenante l’Andeva, l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante. Au fil des années, d’autres actions similaires ont été engagées contre plusieurs sociétés ainsi que des institutions publiques : Everite, la Normed, Sollac, la direction des chantiers navals… Soit, au total, une vingtaine d’enquêtes interminables, dont par exemple, la mise en examen, finalement annulée, de plusieurs anciens hauts fonctionnaires, dont Martine Aubry, en sa qualité d’ex-directrice des relations du travail.
Les associations de victimes se sont indignées et ont argué du fait que compte-tenu des conditions de travail, l’intoxication remontait à la date de premier contact avec l’amiante. D’accord, mais pour un procès pénal, il faut prouver, à maintenant plus de trente ans de distance, une faute qualifiable pénalement ; qui connaissait quoi, quand, à quel moment et par qui les lois ou réglementations ont été volontairement ignorées ; et au niveau ministériel, si l’on vouait remonter jusque-là, qui a décidé quoi et avec quelles informations.

Il ne faut donc pas s’étonner du résultat, qui ne pouvait être que celui-là et ceux qui ont entrainé des victimes ou familles de victime dans ce fiasco douloureux devraient sérieusement se remettre en cause ; il est vrai que certains magistrats ou avocats y ont gagné une très douteuse notoriété dont Bertella-Geoffroy, exfiltrée en urgence du pôle santé.

Heureusement, les victimes ont été indemnisées, pour autant que cela soit possible, au civil. Mais il y a maintenant dans nos sociétés une généralisation toxique de ce que Philippe Murray appelait «  l’envie de pénal ». Ce qui est compréhensible de la part des victimes l’est moins de leurs conseils et des magistrats qui les encouragent dans cette voie au lieu de les mettre en garde.
On observe actuellement une remise en cause généralisée  (en droit pénal, pas civil) beaucoup de domaines des règles de prescription, par la loi ou par des détournements juridiques sophistiqués. Je le regrette : la prescription est du côté de la civilisation, la vengeance éternelle du côté de la barbarie ou du malheur. A ceux qui ne seraient pas convaincus, les derniers développements de l’affaire Grégory… 

3) Condamnation de Michel Aubier : un jugement (pas encore) historique 

Entendu le 16 avril 2015 par la commission d’enquête sénatoriale sur le coût économique et financier de la pollution de l’air, en tant que représentant de l’Assistance publique hôpitaux de Paris (AP-HP), le pneumologue Michel Aubier avait prêté serment en promettant de dire «toute la vérité». Puis déclaré n’avoir «aucun lien d’intérêt avec les acteurs économiques». Sauf qu’il était en fait employé par le pétrolier Total depuis 1997 comme médecin-conseil des dirigeants du groupe, en plus d’être membre du conseil d’administration de la Fondation Total.

Le mandarin (ancien chef de service à l’hôpital Bichat de Paris, professeur à l’université Paris-Diderot et chercheur à l’Inserm, entre moult autres casquettes), qui a minimisé pendant des années dans les médias les effets du diesel et de la pollution atmosphérique sur la santé, a touché en moyenne autour de 100 000 euros par an de Total. Soit environ la moitié de ses revenus annuels. Le tout pour «neuf demi-journées par mois», comme l’indique son contrat de travail.

Dans un jugement « historique et symboliquement fort », pour la première fois en France, la justice a condamné mercredi une personne pour «faux témoignage» devant la représentation nationale. Pour avoir menti devant une commission d’enquête du Sénat, Michel Aubier a été condamné à six mois de prison avec sursis et à 50 000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Paris. La sanction est plus lourde que celle requise par le parquet – qui avait seulement demandé une amende de 30 000 euros, au terme d’une audience de sept heures, le 14 juin – mais moindre que la peine maximale encourue pour ce délit de «faux témoignage» (cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende)

Je suis scientifique, je suis attaché à l’autorité que donne la science et la compétence, je juge extrêmement important pour la démocratie le rôle de l’expertise scientifique  (une partie du pouvoir spirituel qui règle nos sociétés, selon Comte). Je suis aussi de ceux qui n’ont cessé de dire combien, en de très nombreux domaines, il est quasiment impossible d’avoir des experts compétents qui n’aient pas de contact avec des intérêts industriels – et c’est heureux, voudraient-on que les industriels soient incompétents ? ; que par conséquent, aucun expert ne doit être récusé sur cette base, à condition d’une transparence totale sur ses liens d’intérêts.

Eh bien, parce que c’est cela que M. Aubier remet en cause,  et que c’est extrêmement grave et qu’il sape ainsi la confiance dans l’autorité, sans laquelle aucune société n’est possible, parce que simplement,  matériellement, la sanction est sans aucun rapport avec ce que lui ont rapporté ces liens d’intérêts qu’il a dissimulé devant la Représentation Nationale, parce qu’il n’a émis aucun regret ou excuses, je dois dire que, même s’il constitue une première, j’ai du mal à trouver ce jugement historique ou pour tout dire à la hauteur.

Il semble que M. Aubier ait eu l’indécence de faire appel ; je ne peux que souhaiter que la sanction soit considérablement alourdie si appel il y a .


 Trois jugements de justice en matière de santé, trois jugements insatisfaisant ou scandaleux faute d’une doctrine sociale commune ne ce domaine. Ca ne peut plus durer longtemps ainsi.