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mardi 3 décembre 2019

Cadre et réforme des retraites, ou pourquoi défiler jeudi

Cadres et réforme des retraites, ou pourquoi défiler jeudi

1) Extraits d’un document  CFE-CGC – eh oui, la CFE-CGC soutient la grève contre la réforme des retraites

Alors que la concertation se poursuit cahin-caha entre le gouvernement et les partenaires sociaux sur la réforme voulue par l’exécutif et à laquelle s'oppose la CFE-CGC en l'état, consultez notre vrai-faux éclairant les débats sur des problématiques complexes.

Avec la réforme, le niveau des futures pensions serait-il impacté à la baisse ? Vrai
Parce que le régime par point serait calculé sur l’ensemble de la carrière et non pas sur les 25 meilleures années : la moyenne obtenue serait donc nécessairement inférieure à la situation actuelle.
Parce que le système futur serait conçu tel que le poids des retraites n’excède pas 13,8 % du PIB d’aujourd’hui. Or, le nombre de retraités progressant, cela revient à programmer l’appauvrissement des futurs retraités.

Les salariés de l’encadrement seraient-ils particulièrement perdants ? Vrai
Parce que les moins bonnes années seraient désormais autant prises en compte que les meilleures années.
Parce que l’exigence d’une durée de cotisation de 43 ans pénaliserait toujours les jeunes qui font des études et qui rentrent sur le marché du travail de plus en plus tard.
Parce que les cadres disposant de revenus au-delà de 120 000 euros annuels ne pourraient plus acquérir des droits sur cette part de leur revenu. Les droits précédemment acquis seraient maintenus et seraient donc financés par tous, dès le premier euro.
Parce que la pension de réversion ne permettrait pas au conjoint survivant de dépasser 70 % de la somme des pensions des deux conjoints. En cas de décès de leur conjoint, les salariés de l’encadrement verraient donc leur pension de réversion limitée alors qu’aujourd’hui, elle est versée sans condition de ressources.

Les femmes gagneraient-elles à la mise en place du système universel ? Faux
Parce qu’un régime par point avec une durée de cotisation impérative de 43 ans pénaliserait les carrières heurtées. Or ce sont principalement les femmes qui sont concernées.
Parce que les années à temps partiel ne seraient plus neutralisées comme c’est le cas aujourd’hui dans le régime de base.
Parce que les femmes percevraient 5 % de points supplémentaires par enfant mais perdraient les trimestres de majoration pour enfant qui leur étaient jusqu’à présent accordés.

La réforme n’aurait aucun impact avant 2025 ? Faux
Parce que le gouvernement exige que nos régimes actuels soient à l’équilibre au moment du passage dans le nouveau système, dispensant théoriquement celui-ci d’avoir des réserves pour équilibrer le régime sur le long terme. Nous subirions donc très probablement des mesures d’économies avant fin 2024 pour être immédiatement à l’équilibre.

Le nouveau système donnerait plus de garanties sur le montant des retraites ? Faux
Parce que, poursuivant l’objectif d’assurer un équilibre quasi permanent du régime, le gouvernement ajusterait les éventuels déficits soit par l’impôt soit par l’allongement de la durée de cotisation requise pour bénéficier d’une retraite sans décote.
Parce que le budget de la retraite serait fondu dans celui de l’Etat et donc soumis aux arbitrages politiques.
Parce que dans ce système étatisé, il est prévu que le conseil d’administration composé notamment de partenaires sociaux ne pourrait que donner des avis et n’aurait aucune marge de manœuvre pour contrebalancer le pilotage imposé par le gouvernement.

Y a-t-il un risque de récuperation des réserves des régimes par l’état ? Vrai
Parce ce que les réserves constituées par tous les régimes de retraites complémentaires des actifs (136 milliards d’euros) seraient vraisemblablement transférées à l’Etat sans garantie ni contrepartie sur son utilisation finale.
Ces réserves sont la propriété de tous les actifs qui les ont constituées. Elles doivent donc, selon la CFE-CGC, rester sous la gestion et le contrôle des paritaires et non venir renflouer les caisses de l’Etat.

Cette réforme a-t-elle uniquement pour but de supprimer les régimes speciaux ? Faux
Parce que cette réforme toucherait l’ensemble des Français. Ce serait une grave erreur de croire que le but du gouvernement consiste simplement à ramener plus d’équité entre le régime général et les régimes spéciaux. En réalité, cette réforme est avant tout une réforme financière. L’objectif est de maintenir le poids des dépenses publiques au niveau actuel, malgré l’augmentation du nombre de retraités dans les années à venir…

Les agents de la fonction publique et des régimes spéciaux sont-ils favorisés ? Faux
La retraite est calculée à la fois sur la base d’une assiette et d’un taux. Beaucoup d’éléments rentrent en ligne de compte : rythme de la progression salariale, traitement indiciaire (6 derniers mois, hors prime).
Les statistiques par cas-types du Conseil d’orientation des retraites font apparaître que les agents de la fonction publique et des régimes spéciaux n’accèdent pas à de meilleurs taux de remplacement que les autres, c’est-à-dire qu’ils subissent de la même façon une baisse de leur niveau de vie au passage à la retraite.

Notre système de retraite est-il en péril ? Faux
Le financement du système de retraite est principalement assuré par les cotisations sociales. En 2018, les dépenses se sont élevées à 324,5 milliards d’euros soit 13,8 % du PIB, pour des recettes atteignant à 321,6 milliards d’euros. Ainsi, le besoin de financement pour 2018 est de 2,9 milliards d’euros, ce qui représente moins de 1 % des recettes.
Le système de retraite est quasiment revenu à l’équilibre depuis 2017.
À noter : la décision de ne pas faire cotiser les heures supplémentaires entraîne une perte annuelle estimée, pour 2019, à environ 1,2 milliard d’euros.

Les dettes accumulées sont-elles énormes ? Faux
La dette logée à la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades), imputable à la branche retraite, représente 46 milliards d’euros (essentiellement les dettes de la Caisse nationale d'assurance vieillesse et du Fonds de solidarité vieillesse). Cette dette sera totalement remboursée en 2024 via les versements de la Contribution sociale généralisée (CSG) et de la Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), et grâce à l’apport du Fonds de réserve pour les retraites (FRR).
Le FRR dispose d’un actif net de 36,4 milliards d’euros à fin 2017 (1,6 % du PIB). Il concourt au financement de la Cades à hauteur de 2,1 milliards d’euros par an (environ 12 % des ressources de la Cades).
Les régimes de retraite disposent-ils de réserves abondantes ? Vrai
En additionnant l’ensemble des réserves des divers régimes (régimes de base, régimes intégrés et régimes complémentaires tels l’Agirc-Arrco), soit 136,9 milliards d’euros, aux réserves du Fonds de réserve pour les retraites (36,4 milliards d’euros), le total des réserves atteint 173,3 milliards d’euros.
Source : les données exposées ci-dessus sont issue du rapport annuel du Conseil d'orientation des retraites (COR) publié en juin 2019.
La CFE-CGC réaffirme son opposition au projet de réforme gouvernemental


2) Le modèle suédois tant vanté : une manière de baisser les retraites, augmentation de la pauvreté

François Fillion, un homme qui s’y connait en politique de revenu : «Je mets en garde les Français contre l'illusion d'une retraite par points, qui est une manière de baisser chaque année la valeur du point».

Il  y davantage de seniors pauvres en Suède qu'en France- Oui,  près de deux fois plus !

D'après l'Insee, le taux de pauvreté des Français âgés entre 65 et 74 ans est de 7,5%, et de 7,9% pour les plus de 75 ans. (NB Il s’agit du taux le plus bas d'Europe).  En Suède, on atteint le double. Selon Statistiska Centralbyrån - le Bureau central de la statistique du Royaume de Suède - le taux de pauvreté des plus de 65 ans est 14%.
Autre information éclairante. Si en France, le taux de pauvreté des seniors est inférieur à la moyenne de l'ensemble de la population, 8% d'après Eurostat, en Suède la situation est inverse avec 9,3% pour l'ensemble des Suédois.

La réforme des retraités en Suède a-t-elle accentué la pauvreté des seniors ? Oui

Selon l'organisme, le taux de pauvreté des plus de 66 ans depuis le milieu des années 90 à 2016 a augmenté +7,1% en Suède contre -0,8% pour la France. Et sur cette même période, il diminuait de -2,1% pour les pays membres de l'OCDE. L’introduction de la réforme des retraites en 2001 a provoqué une légère baisse de la pauvreté rapidement suivie d’une remontée. (effet parfaitement attendu du stabilisateur automatique)

Les seniors suédois sont-ils obligés de compléter leur pension avec un emploi ? Oui      

Aujourd'hui, 38% des 67 ans ont un revenu provenant d'un salaire, contre 18% en 2000, avant l'instauration du régime par points. Pour les plus de 69 ans, 25% perçoivent toujours un salaire alors qu'il n'y avait que 12% en 2000.

Les pensions de retraités équivalent en moyenne à 53 % de leur salaire de fin de carrière, contre 60 % en 2001.


3) Il n’ y a pas d’urgence pour modifier le système des retraites ( Cf. blog Christian Eckert, secrétaire d’État chargé du Budget au ministère des Finances et des Comptes publics dans les gouvernements Valls I et II, et dans le gouvernement Cazeneuve.

Extraits : Ce qui me sépare du Gouvernement se situe en fait bien en amont du contenu de la réforme. A rebours des discours récurrents relayés par une presse économique le plus souvent porte-voix des réseaux libéraux, j’ose ici douter de la nécessité d’une réforme globale, certainement brutale et dont le caractère définitif et simplificateur sera bien improbable.
Ayons donc l’audace de prendre le contre-pied des sempiternels propos qui annoncent depuis un demi-siècle pour le lendemain l’effondrement de notre régime de retraites par répartition, assis sur la solidarité des générations, la mutualisation des risques et la volonté d’assurer à tous un socle minimal de revenus.

Aux oiseaux de mauvais augure qui ne savent que mettre en avant l’allongement de la durée de la vie et la baisse du rapport actif/retraité, il convient de souligner d’autres éléments dont personne ne parle et qui compensent pour le moins la non viabilité d’un dispositif que le monde entier regarde avec jalousie….

Quand bien même les prévisions à 50 ans doivent être faites avec humilité (et cela vaut pour les optimistes comme pour les pessimistes), il est singulier d’observer ce que prévoient les experts de la Commission Européenne (pas les plus chauds partisans du maintien de notre régime de retraites) : « En 2070, la France consacrera 3,3 points de PIB de moins aux retraites qu'en 2016. ». L’excellent propos de Guillaume Duval dans Alternatives Economiques rappelle que les différentes réformes en cours de déploiement auront comme conséquence de réduire la part des dépenses de retraites dans la dépense publique. Cet article complet rappelle utilement les mesures prises par les uns et par les autres, et trace les perspectives des questions restant à régler. Toujours est-il que la prévision prévoit que toute chose égale par ailleurs, les retraites pèseront de moins en moins dans la dépense publique. Le niveau des revenus est en fait le vrai sujet.

IUl existe par ailleurs un autre élément qui doit être rappelé avec force : les Gouvernements successifs, en premier lieu celui de Lionel Jospin en 1999, ont créé et alimenté un Fonds de Réserve des Retraites (FRR). Celui-ci, fin 2018, disposait d’actifs de plus de 32 milliards d’euros. Même si quelques engagements pourraient diminuer un peu ce montant imposant, il représente une ressource bien réelle. En plus de ce premier pactole, la plupart des autres régimes de retraites, dont les complémentaires (Agirc-Arrco, CNAPVL …), possèdent également des réserves que le Conseil d’Orientation des Retraites évalue lui-même à plus de 116 milliards d’Euros. On peut donc estimer à 150 Milliards au bas mot les réserves disponibles pour passer le cap des difficultés esquissées pour 2025. Mais là n’est pas encore le plus important.

On nous a pendant des années répété un discours formaté qui consistait à assimiler sécurité sociale et déficit. Qui n’a pas en tête le fameux "Trou de la Sécu" ? Tout le monde a en tête que la Sécurité Sociale (qui inclut les retraites) est grevée d’une « dette abyssale ». C’est aujourd’hui largement faux et ce sera terminé fin 2023 ou au plus tard en 2024 ! A quelques bémols près, (voir mon post du 27 juin dernier), la Sécurité Sociale est aujourd’hui en équilibre ! Mieux, les Gouvernements successifs ont logé sa dette dans un organisme spécifique, la CADES (Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale). Créée en 1996, la CADES aura reçu et remboursé toute la dette de la Sécurité Sociale au plus tard début 2024. Elle est essentiellement alimentée par la CRDS et une part de CSG, le tout pour 18 Milliards d’Euros annuels actuellement ! en 2024, la cades n’aura plus de raison d’exister et 24 milliards deviendront disponibles tous les ans. « Au total, c’est une somme de 24 milliards d’euros en valeur 2024 qui sera disponible dont 9 milliards au seul titre de la CRDS. Aucun gouvernement ne s’était trouvé historiquement à devoir arbitrer l’affectation d’une telle manne. » (Jean Louis Rey, Président de la CADES, décembre 2018). Même si certains ont, à juste titre, suggéré d’utiliser une partie de cette marge pour financer la dépendance des personnes âgées, la somme est énorme et mérite d’être intégrée à la réflexion…

Il ne faut pas pour autant croire que rien ne doit bouger et que toute réforme est superflue. Des inégalités perdurent, trop de cas socialement difficiles subsistent, la pénibilité de certains métiers est insuffisamment prise en compte et les inégalités hommes-femmes sont encore inacceptables.
Pour autant, le discours exigeant le Grand Soir du régime actuel au motif qu’il ne serait pas viable est une tromperie ! La mise en place brutale d’un système par points fondé sur l’individualisme ambiant est évidemment un pas vers l’assurance privée dont rêvent les libéraux au pouvoir. Par le dialogue, la négociation, des modifications doivent intervenir. Mais la répartition, la solidarité des générations et la couverture minimale universelle pour chacun sont les principes qui doivent perdurer. Même d’un point de vue purement comptable, c’est largement possible. »

vendredi 9 août 2019

Réforme des retraites- les cadres encore sacrifiés –vers l’explosion


Après la réforme de l’indemnisation du  chômage, particulièrement injuste pour les cadres,  avec une  dégressivité de 30% après 6 mois pour tout salaire initial supérieur à 4500 € brut et un taux d’indemnisation qui  passera donc de 57% à 39,9 % !, une dégressivité injuste, inefficace, aux effets ravageurs pour les cadres seniors …


Pétition unitaire CFE-CGC et CGT pour protester contre la dégressivité de l’indemnisation chômage des cadres. Signer  vite et nombreux, SVP) :

Voici maintenant la réforme des retraites ! Et c’est pas mieux !!

A combien le point ? Quel niveau pour la retraite ? Une loterie d’Etat !

Dans les éléments de langage macroniens, c’est un système universel, plus juste et plus lisible puisque, slogan inlassablement répété, pour tout le monde,  « un euro cotisé ouvrira les mêmes droits à retraite pour tous ». Toutes les générations nées à partir de 1963 seront concernées ; dès 2025, elles devront avoir en pratique avoir  cotisé 172 trimestres. Elles vont donc subir une double peine : l’allongement de la durée de cotisation requise qui les obligera à reporter leur départ au-delà de 62 ans , la bascule dans le futur système à points

Lisible ? Ben pas vraiment ! Et en tous cas, pas du tout transparent ! Ce système par point ne permet d’évaluer la pension qu’à la veille de la retraite car la valeur du point est modifiée chaque année. Benoitement présentée, il s’agit en fait d’une réforme systémique qui induit une rupture majeure : alors qu’aujourd’hui les salariés ont une garantie de maintien de leur niveau de vie avec des pensions qui représentent en moyenne 61 % du salaire moyen, le montant de leur pension dans le nouveau système ne sera défini qu’au moment du départ en retraite, en fonction de l’espérance de vie et de la situation économique : la loterie ( selon la CGT, qui présente plusieurs dossiers et un calculateur assez bien fait

Enfin, une loterie avec toujours les mêmes perdants ! La preuve qu’il y a un loup, un énorme loup là-dessus, c’est que M. Delevoye, dans les présentations qu’il a fait, avec les masses de chiffre qu’il donne, à aucun moment il ne donne la moindre indication sur le taux de remplacement ( la retraite, combien en % du salaire, même pas une estimation.

Or, la Suède l’a déjà expérimenté : le basculement d’un système « à prestations définies » avec garantie du niveau de pension, à un régime « à cotisation définies » avec blocage des ressources s’est traduit par une baisse de 10 % des pensions en seulement 4 ans !

Et il y a la retraite au moment où vous partez, et ce qu’elle devient ensuite. Là-dessus, on peut juger le gouvernement actuel non pas à ses intentions, mais à ce qu’il a déjà fait : l’annonce, pour 2019 et 2020, de la désindexation des pensions par rapport au coût de la vie, est un signal très clair… et très mauvais pour les futurs retraités !

En fait ce système par point représente le summum de ce que Alain Supiot appelle la gouvernance par les nombres qui se substitue à la gouvernance par les hommes – et c’est pas forcément un progrès !  L’évolution du point est pilotée par un certain nombre d’indicateurs économiques, et, en cas de crise, le point et les pensions peuvent baisser, et même fortement. Plus de lisibilité, plus de prévisibilité ! De cette manière-là, les conflits d’intérêt, les conflits politiques, de classe, si l’on veut, qui sont pourtant tout à fait légitimes, se trouvent niés et complètement masqués sous une apparence technocratique qui se substitue à la démocratie basée sur la libre discussion des désirs, des intérêts et des opinions. Plus de discussions jusqu’au petit matin entre partenaires sociaux, plus de grain à moudre, ou pas, plus de grèves et de manifestations, l’algorithme, garanti par l’Etat et l’Etat seul décide.

Nous sommes là dans la  continuation obstinée, planifiée et même revendiquée de ce qui a été fait pour l’indemnisation du chômage : l’éviction totale des partenaires sociaux, et singulièrement des syndicats, qui, comme Macron l’avait annoncé, n’ont aucune vocation à représenter l’intérêt général !

Un jugement particulièrement éclairé et éclairant : « Le système par point permet une chose qu’aucun homme politique n’avoue… Ca permet de baisser chaque année le montant des points, la valeur des points et donc de diminuer le niveau des pensions. »… François Fillon !


Les cadres spécialement matraqués

Plusieurs dispositions vont plus spécialement et sérieusement impacter les retraites des cadres.

Plafonnement de la cotisation : Jusqu'à présent, les cadres cotisaient obligatoirement (et beaucoup) pour la (et leur employeur avec eux). Or, le nouveau projet la limitation à 3 plafonds de la Sécurité sociale des salaires pris en compte, contre 8 actuellement.
Cela veut dire pratiquement que, comme pour l’assurance chômage, il n’y a plus une assurance qui assure à chacun, moyennant le niveau de cotisation approprié, un niveau de remplacement correct à la retraite, mais une prestation minimale qui devra être largement complétée par  une assurance individuelle.

Années de références : Avec la prise en compte de l’ensemble de la carrière au lieu des 25 meilleures années dans le privé ou des 6 derniers mois dans le public, celles et ceux qui ont eu des carrières ascendantes seront particulièrement perdant ! Merci pour l’investissement au travail et la promotion professionnelle !

Age de la retraite. Là, c’est la grande farce ! La réforme garantit, soi-disant, un droit à la retraite à 62 ans ; sauf que le gouvernement  ne cache d’ailleurs plus désormais que son objectif est de reculer l’âge réel de départ à la retraite à 64 ans puis à 65 ans. Donc malus il y aura, avant 64 ans dans un premier temps.
Mais attention, le fait de garder de manière tout à fait hypocrite 62 ans comme référence risque d’avoir des conséquences graves pour les cadres âgés. La question est de savoir si Pôle emploi va continuer à indemniser tous les chômeurs jusqu’au nouvel âge du taux plein – et dans l’affirmative à quelles conditions - prenant à sa charge le relèvement déguisé de l’âge de la retraite ou s’il va arrêter de les indemniser dès 62 ans, quel que soit leur durée d’assurance, puisque cette notion disparaît dans le futur régime. Mais s’ils se retrouvent sans allocations chômage, et sont contraints de demander la liquidation de leur retraite à 62 ans, ils subiront automatiquement la nouvelle décote. Et là, ça fera mal.

Tous les futurs retraités n’ont pas forcément le choix de décaler la date de leur départ en retraite. Réaction de la CFE-CCG : « les propositions du haut-commissaire visent à repousser l’âge de départ à la retraite, sans considération du taux d’emploi des seniors, ni de l’accroissement du chômage qui en découle. Une approche étriquée avec, au bout, une régression sociale. »

Les pensions de réversion : L’enjeu est de taille: les pensions de réversion pèsent environ 36 milliards d’euros, soit 12% des dépenses totales de retraite. Elles s’élèvent en moyenne à 304 euros mensuels pour les hommes et 642 euros pour les femmes. Pour ces dernières, cela représente presque la moitié du montant de la retraite moyenne ! Comme souvent, il y a eu une intense préparation médiatique de la part de LREM depuis un an, avec des propositions de suppression totale. Comme ça, quoi qu’il arrive, ça ne pourra pas être pire !     
Donc elles ne seront pas supprimées… mais on n’en sait pas plus.  La CFE-CGC, méfiante, demande qu’elle s’applique  sans conditions de ressources, et permette de maintenir le niveau de vie qu’avait le couple.

Hold-up sur les réserves de l’Agirc Arco et des régimes spéciaux : Depuis très longtemps, assaut de démagogie sur les régimes spéciaux de la part de LREM, avec la tactique habituelle de dénoncer des privilégiés.
Or, la plupart de ces régimes sont bien gérés et disposent d’importantes réserves. Ainsi, syndicats et patronat gèrent paritairement le régime de retraite complémentaire des salariés du privé, l'Agirc-Arrco, qui dispose des  plus grosses réserves de tous les régimes  : en 2016, 70,8 milliards sur les 118 milliards d'euros de l'ensemble des régimes complémentaires obligatoires du pays (5,3 % du PIB). Les partenaires sociaux ont eu à coeur de pérenniser leur régime, et ont conclu plus de dix accords de redressement des comptes par le passé pour garantir un haut niveau de réserves. Le dernier (2019) a déjà entraîné le recul d’un an de l’âge de la retraite à taux plein sous peine de malus.

Or, le Haut-Commissariat et le gouvernement se verraient bien récupérer ces réserves pour compenser le déficit du régime général. Ainsi, l'Etat employeur pourrait être contraint de « doter » ses 5 millions de fonctionnaires en déposant 20 milliards d'euros dans la corbeille de mariage des régimes de retraite…
S'ils récupèrent toutes les réserves, nous attaquerons en justice en plaidant l'égalité des droits », menace Philippe Pihet, le négociateur Force ouvrière. Pour le syndicat, mettre au pot commun les 70 milliards de l'Agirc-Arrco reviendrait à spolier certains assurés, puisque les engagements du régime ne seront pas tous couverts par le futur régime universel. Le patronat aussi regimbe :  le négociateur du Medef Claude Tendil a déclaré  précédemment que « les efforts consentis par les entreprises et les salariés du privé au sein de l'Agirc-Arrco ne doivent pas bénéficier au laxisme d'autres régimes ».

Et aussi les pilotes d’avion, les avocats, les policiers, les chirurgiens-dentistes ont réagi au quart de tour devant ces menaces et n’ont pas l’intention de se laisser piller par M. Delevoye et Macron. Ça promet !!

Les régimes spéciaux : En ce qui concerne les âges et conditions de départ à la retraite, les régimes spéciaux ont déjà beaucoup évolué. Alors, le gouvernement prétend instaurer un régime plus juste, on peut se demander pourquoi cela se fait toujours dans le sens d’un alignement général vers le bas plutôt que vers le haut. (Ou version morale politique élémentaire : quand ils s’en sont pris aux « privilèges » de la RATP, je n’ai pas bougé ; à ceux de la SNCF, je n’ai pas bougé non plus ; à ceux d’EDF, je n’ai toujours pas bougé ; et quand ils s’en sont pris aux miens, il n’ y avait plus personne…)

Ces régimes spéciaux sont le résultat de longues luttes syndicales pour obtenir une juste compensation de certaines servitudes. La justice consiste-telle à tous les supprimer, à mettre tout le monde sur le même plan ? Bien sûr que non ! Le gouvernement l’à déjà reconnu pour les métiers régaliens (policiers, douaniers, pompiers, surveillants pénitentiaires) qui garderont leurs spécificités de départ anticipé à 57 ans, voire 52 ans ; et aussi pour les militaires.  
En revanche, apparemment c’est non pour les aides-soignantes des hôpitaux publics ! Et les trajets de nuit des cheminots, mes servitudes des agents de la RATP, les pilotes qui devront continuer à piloter jusqu’à 64 ans….

Estimation des pertes : pour ce journal très à gauche qu’est Capital, voici une estimation, à mon avis minorée, des évolutions :
« Dès les plus bas niveau de revenu, la perte se chiffre à 122,69 euros mensuels, Pour quelqu’un dont le salaire correspondrait à 1,5 fois le smic - soit 27 381,90 euros annuels, le manque à gagner s’établit en à 184,05 euros mensuels,  Un cadre, dont le salaire s’élève annuel brut s’élève à 40 524 euros perdrait pour sa part 247 euros chaque mois…

Pour l’assurance retraite, comme pour l’assurance  chômage, ce gouvernement veut imposer une réforme ultra-libérale, avec  fin du paritarisme et étatisation. Le système ne sera plus assurantiel et contrairement à ce que les Nordiques ont pris soin de faire, il n’embarquera plus les classes moyennes supérieures. Il évoluera vers un filet de sécurité minimal, qui devra être complété, pour ceux qui le peuvent, par des assurances privées. D’ailleurs, le secteur des assurances se frotte déjà les mains et peaufinent de nouveaux plans d’épargne retraite…à la sécurité discutable.

Rappel : l’écrasement des classes moyennes produit des monstres politiques ! Et Macron ferait bien de ne pas désespérer son électorat préférentiel !


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mardi 9 juillet 2019

Chômage des cadres ; une dégressivité injuste, inefficace, aux effets ravageurs pour les cadres seniors


Réforme Macron, pour les cadres, dégressivité de 30% après 6 mois pour tout salaire initial supérieur à 4500 € brut!!!Le taux d’indemnisation passera donc pour cette population de 57% à 39,9 % !
Dès le 1er novembre 2019, tous les chômeurs qui percevaient plus de 4 500 € brut de salaire mensuel verront leur indemnité réduite de 30 % à partir du septième mois. Une mesure qui vise principalement les cadres seniors !


Pétition unitaire CFE-CGC et CGT pour protester contre la dégressivité de l’indemnisation chômage des cadres. Signer  vite et nombreux, SVP) :


Non, les cadres n’abusent pas de l’ assurance chômage !

Il faut se méfier des gens de LREM, ils font vraiment ce qu’ils disent, surtout quand c’est idiot et injuste ! L’histoire a commencé, en août 2018, quand le député LREM, Aurélien Taché, a lancé l’idée de retoucher à l’indemnisation chômage des hauts revenus. « La justice sociale, ce n’est pas de couvrir pendant deux ans des gens qui ont de très hauts revenus et pourraient retrouver un emploi » !!!
Et de citer l’exemple de quelques traders, mis au chômage en Angleterre par la crise boursière, et qui reviendraient toucher des indemnités exorbitantes en France !

Ah toujours cette exquise méthode de désigner à la jalousie générale les privilégiés ( les cheminots et leurs statuts spéciaux, EDF et ses tarifs agents..). Donc ici, les cadres aux indemnités mirobolantes, et qui au lieu de chercher du travail, bronzeraient dans des îles exotiques.

Réalité des choses et Fake news : Seulement 900 personnes touchaient l’allocation maximale (7 454 € brut par mois soit 6560€ net), cela représente 0,03 % des bénéficiaires en 2017 ; les cadres ne représentaient que 7 % des allocataires indemnisés en 2016 ; 95 % des allocataires cadres perçoivent une allocation de moins de 2 275 € brut par mois ;

Et pour en rajouter une louche, une étude très bienvenue de Pole Emploi mise en avant par LREM comme donnant de nouveaux arguments au gouvernement. Ils démontrent, en effet, que la catégorie des demandeurs d'emploi percevant le niveau d'allocation le plus élevée - soit plus de 5000 € mensuels - est aussi celle qui reste le plus longtemps au chômage. En clair, d'après ces chiffres, les 15 609 chômeurs, qui, en 2017, ont pu toucher une allocation de 5000 € et plus chaque mois sont restés plus d'un an et demi au chômage.

Réalité des choses et Fake news : Il faut être singulièrement buse, ou singulièrement de mauvaise foi pour manipuler les chiffres ainsi ! Car l’évidence, c’est que la population en question sont des cadres senior de relativement haut niveau. Constatation de François Hommeril, président de la CFE/CGC : « Un cadre de haut niveau au chômage met plus de temps à retrouver un emploi car le marché du travail auquel il s'adresse est plus restreint et son niveau d'exigence plus élevé. C'est donc normal qu'il prenne plus de temps et qu'il touche plus longtemps ces allocations. Constatant cet état de fait, le gouvernement fait l'interprétation inverse : il prétend que les cadres au chômage recherchent mollement du travail. En plus l'outil utilisé, la dégressivité des allocations donc, est inefficace. Il existait avant (NDLR : entre 1986 et 2001) et il a été abandonné justement par ce que ça ne marche pas. Cela pousse les gens à accepter un emploi déqualifié par rapport à leur niveau de compétence et ça dévalue l'ensemble de la pyramide des activités et des demandeurs d'emploi. C'est une politique démagogique »

Il existe une vraie discrimination liée à l’âge, toute chose égale par ailleurs, analyse Yannick L’Horty, professeur à l’université de Paris-Est et directeur de la fédération de recherche « Travail, Emploi et Politiques publiques ». Même à productivité et à rémunération identique, les seniors ont plus de difficultés à retrouver un emploi. Et plus on avance en âge après 50 ans, plus c’est difficile. »
L’absence supposée de mobilité, la peur des managers d’embaucher un cadre plus âgé qu’eux qu’ils n’arriveraient pas à diriger, ou encore les préjugés concernant la réactivité et l’engagement sont autant d’idées reçues qui bloquent les recruteurs.

En 2012, la moitié des plus de 55 ans au chômage l’était depuis plus d’un an, contre moins de 10 % chez les moins de 30 ans, relevait la dernière étude de l’Apec. Sur l’ensemble des chômeurs, seul 13 % des seniors trouvent un emploi dans le trimestre
Et senior, c’est pas 57 ans, ni même 50 ans. Statistiquement, on est senior à partir de 50 ans, mais pour les recruteurs, c’est dès 45 ans ! »estime Jean-Paul Domergue, responsable dans l’association Solidarités nouvelles face au chômage et ancien directeur des affaires juridiques à l’Unédic. Une vision que confirme Annie Jolivet, chercheuse au Centre d’études de l’emploi et du travail, qui dépend du Cnam : « La limite à partir de laquelle on est "âgé" dépend du recruteur et du secteur d’activité, certains candidats peuvent être perçus comme "âgés" avant 50 ans ». Un candidat de plus de 48 ans a trois fois moins de chance de passer la première étape d’une embauche qu’un candidat d’une trentaine d’années, chiffrait une étude de l’université Paris.

La dégressivité des allocations chômage est-elle efficace ? Non !

En 1992, en pleine crise économique et face à l'augmentation du déficit de l'assurance chômage, syndicats et patronat ont mis en place une allocation dégressive. A l'époque, tous les chômeurs étaient concernés et le montant de leur allocation baissait tous les quatre mois.

Dans une étude, l'Insee a conclu que ce type de dégressivité (finalement supprimée en 2001) n'a pas accéléré le retour à l'emploi. Sauf chez les chômeurs les mieux indemnisés qui pouvaient voir leur allocation baisser jusqu'à neuf fois au cours de leur période d'indemnisation. Seul bémol, l'étude n’a pas analysé la qualité des emplois repris. La question étant de savoir si certains cadres ou salariés à hauts revenus ont été contraints d'accepter un travail moins qualifié et moins payé que ce qu'ils espéraient…pénalisant ainsi d’autres catégories.

D'après l'OFCE, une soixantaine d'études académiques a été menée dans plusieurs pays sur les effets de la dégressivité des allocations chômage. 80% d'entre elles concluent que le système le plus efficace pour stimuler la reprise d'emploi, c'est celui des droits constants. C'est-à-dire quand un chômeur touche le même niveau d’allocations tout au long de sa période d'indemnisation. Des études qui visiblement n'ont pas convaincu le gouvernement. 

Trois mois, pour retrouver un poste pour un cadre senior, c’est juste le temps de commencer à activer son réseau. Il est visible que M. Aurelien Taché et ses copains de LREM qui ont voté cette mesure scélérate n’ont jamais été confronté au problème. Savez-vous qu’être au chômage, c’est loin d’être au repos, que c’est même un travail à plein temps, et même à plus que temps plein. Et que c’est en plus une période pendant laquelle vous dépensez plus, parce que vous avez perdu les avantages du salariat, que vous devez vous déplacer beaucoup, monter des dossiers ou des présentations etc. sans aide logistique. Sans compter, que pour beaucoup de cadres âgés, la seule solution est souvent de créer son emploi et son entreprise… et que les  indemnités chômage servaient aussi à cela.
Non seulement la dégressivité des allocations chômage est inefficace, elle constitue même une entrave à la recherche d’un emploi.

Comment en est-on venu là ?

Et bien suite à une grande manip du gouvernement qui a imposé aux partenaires sociaux un cadrage de l’Unedic impossible et extrêmement injuste, puis qui, devant leur refus unanimes, syndicats salariés et patronaux, a prétendu qu’ils étaient incapables de gérer l’Unedic. Réponse de ce syndicat oh combien extrémiste qu’est la CFE-CGG : « On n'a aucune responsabilité dans la situation de l'Unédic. Le système d'assurance chômage, si on fait l'équilibre entre les cotisations et les allocations, est excédentaire. Et c'est comme ça depuis 20 ans. Si le système affiche de la dette, c'est parce que l'État fait peser sur lui d'autres engagements. Comme le financement de Pôle emploi, c'est 3,4 milliards d'euros prélevés chaque année sur les cotisations. Lors de la négociation de la dernière convention, le gouvernement était venu vers nous en imposant une lettre de cadrage pratiquement impossible à suivre. En reprenant la main, il a laissé libre cours à ses idées les plus néfastes. »
Un acte politique d’agression », dénonce François Hommeril, président de la CFE-CGC, le syndicat des cadres. L’ancien géologue n’a pas de mots assez durs pour dénoncer « la violence », « le cynisme » et « l’inconséquence » de l’exécutif. « Non seulement la réforme prive de leurs droits ceux qui contribuent le plus, mais, cerise de l’indignité, elle prétend le faire au nom de la justice sociale. »En 2017, rappelle-t-il, la participation des cadres finançait le régime d’assurance-chômage à hauteur de 42 %, alors qu’ils ne recevaient que 15 % des allocations. « Inefficace », « funeste », « néfaste », « démagogique »
C’est aussi « oublier » que les cadres étant peu au chômage, leurs cotisations représentent 42% des ressources du régime et leurs allocations comptent seulement pour 15% des dépenses. La dégressivité et le plafonnement des allocations des cadres dégagera donc peu d’économies. Par contre, les chiffrages de l’UNEDIC démontrent que mettre à contribution les cadres dirigeants et instaurer des cotisations chômage sur la part des salaires supérieurs à 13 500€ permettrait de dégager 700 millions d’euros de recettes supplémentaires et concernerait d’abord les grandes entreprises qui concentrent les plus hauts salaires.
Vers la destruction de l’assurance chômage !
L’enjeu, c’est la conception même du régime d’assurance chômage et cela concerne l’ensemble des salariés. En plafonnant les allocations, on passe d’un régime donnant droit au maintien du niveau de vie des salariés à un système de filet de sécurité minimum avec des indemnités plafonnées et conditionnées. Résultat : pour maintenir leur niveau de vie, celles et ceux qui en ont en ont les moyens financiers seront renvoyés vers les assureurs.D’où fin du paritarisme et étatisation. Elle sera suivie, c’est annoncé, de la fin du système d’assurance chômage, qui sera remplacé par un filet de sécurité à l’anglaise, un minimum vital contraignant à  reprendre le plus vite possible n’importe quel emploi.
Il ne restera à ceux qui voudront une vraie assurance chômage que de se tourner vers les assureurs privés qui commencent à se frotter les mains. A noter que les Suédois, justement pour éviter l’atomisation de la société, ont fait le choix contraire de sauver les assurances sociales en gardant à bord les classes moyennes supérieures
C’est une agression contre les cadres, et c’est assez simple à comprendre, c’est une catégorie électorale que LREM et Macron considèrent comme quasiment captive, qui ne votera jamais Marine Le Pen ou quelque autre opposant. Chiche ?

Vous n’entendez pas dans les campagnes, dans les villes, dans les entreprises, contre Macron, la grande colère qui monte, qui monte !
Attention,  l’écrasement  des classes moyennes provoque des monstres politiques !

Pétition CFE-CGC et CGT : 


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