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mardi 14 mars 2023

Campagne EELV contre le nucléaire : le baroud de déshonneur

Le contexte : l’ensemble des Français s’affirme de plus en plus favorables à l’énergie nucléaire. Selon certains sondages, ce serait même le cas de plus de 50% des électeurs EELV, de plus en plus influencés par une approche plus scientifique des problèmes climatiques et écologiques notamment exemplifiée par M.Jancovici. Or, pour l’establishment EELV, l’anti-nucléaire semble une caractéristique existentielle : « les écologistes entendent réinvestir la bataille culturelle et appellent à l'organisation d'une Convention citoyenne sur le nucléaire… On repart au combat, affirme la secrétaire nationale d'EELV, Marine Tondelier. On va faire cette proposition de Convention citoyenne. »

https://www.france24.com/fr/france/20230311-face-%C3%A0-l-adh%C3%A9sion-croissante-au-nucl%C3%A9aire-en-france-les-%C3%A9cologistes-contre-attaquent

Dans cette nouvelle bataille « culturelle », les écologistes mobilisent principalement trois fake news qu’ils martellent dans les media

I)La consommation d’eau par le nucléaire

"Nous entendons toutes sortes de mensonges ou de contrevérités sur la consommation d'eau du nucléaire", regrette-t-elle, avant d'assurer que dans notre pays, « près d’un tiers de l'eau consommée" sert au refroidissement des centrales. (Marine Tondelier)…. Mais c'est aussi, avec les quelques centrales thermiques restantes et selon EELV: 31% de l'eau CONSOMMÉE dans tout le pays soit le 2ème poste de consommation après l'agriculture

Alors une fois pour toutes disons-le, simplement et fermement : à ce rythme il n’y aura bientôt plus assez d’eau dans nos fleuves pour refroidir les centrales nucléaires !

https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/le-nucleaire-un-tiers-de-l-eau-consommee-en-france-2250492.html

https://twitter.com/marinetondelier/status/1633171620129849345?t=gG-WLXMqoAqYBK1YRQALyw&s=09

https://twitter.com/marinetondelier/status/1633171622193426434

Réponse : c’est une confusion soigneusement entretenue entre consommation et prélèvement : Le #nucléaire PRÉLÈVE l’#eau d’un fleuve ou de la mer pour son refroidissement. 

➡️ 98% de cette eau est restituée à la source

➡️ 2% sont « consommés « par évaporation atmosphérique. ( donc restituée un peu plus trad sous forme de pluie.

Contrairement à ce que certains écolos semblent croire, l’eau n’est pas consommée et transformée, en quoi ? en tritium ?

II) La compatibilité du nucléaire avec le réchauffement climatique

"La compatibilité du nucléaire avec le réchauffement climatique est une vraie interrogation", souligne @laernoes, "aujourd'hui, 50% de l'eau en France, 26 milliards de mètres cubes d'eau sont nécessaires pour refroidir le parc actuel".

Laernoes, https://twitter.com/LCP/status/1631014782366109705

La question du refroidissement des centrales nucléaires par temps de canicule ou réchauffement climatique n‘est pas un problème de sécurité, mais de préservation de la biodiversité : l’eau rejetée ne doit pas dépasser soit une certaine valeurs absolue ( qui changera avec le réchauffement climatique), soit une certaine différence  (3°C généralement) avec l’eau puisée

Quel impact du réchauffement climatique sur le nucléaire? Pas grand chose sauf pour Chooz, même dans un scénario de réchauffement à +4°C : cela joue surtout sur le production mais pas sur la sûreté, qui plus est dans des périodes de chaud où le besoin en électricité est faible

En bord de mer, les réacteurs nucléaires n'ont pas besoin d'aéroréfrigérant et les canicules ne sont pas un sujet. Vous avez ici par exemple une photo des 6 réacteurs de Gravelines (sans aéro). A noter qu'un pays comme la Chine n'a pour le moment que des réacteurs en bord de mer

Pour les réacteurs en bord de fleuve, les effets de la centrale sur le débit et la température du fleuve sont contrôlés, principalement pour des raisons d'environnement et de biodiversité. C'est très différent pour chaque réacteur selon le fleuve et son emplacement sur le fleuve. ( Par exemple, au Blayais, avec la proximité de l’estuaire de la Garonne, c’est plus souple.)

Dans son rapport sur 2050, Rte avait simulé et chiffré les indisponibilités du nucléaire avec plusieurs scénarios de réchauffement climatique. L'impact existe mais il est limité (et là encore, c'est une question de réglementation et d'environnement, pas de sûreté) : conclusion : il y a une possibilité de perte de qqs % de production dans des périodes où généralement la demande n’est pas forte.


Donc : pas d'impact sur la sûreté et des effets qui peuvent s'anticiper à la conception. Flamanville, Penly et Gravelines étant en bord de mer, la question ne se posera pas pour les 1er EPR là-bas.

Et rappelons qu’on peut faire parfaitement fonctionner une centrale nucléaire en plein désert, comme celle de Pheonix en Atrzone, refroidie par les eaux usées de la ville…

III) Centrales nucléaires et leucémies

"Habiter à côté d'une centrale nucléaire, ça ne fait pas rêver", a déclaré Aymeric Caron en commission des affaires économiques à l'Assemblée nationale jeudi 2 mars. "Ça se comprend", continue le député Révolution écologique pour le vivant (REV) en donnant plusieurs raisons dont celle-ci : "Si on a lu cette étude de l'Inserm de 2012 qui évoque un nombre de leucémies infantiles supérieur à la moyenne nationale dans un rayon de 5 km autour des centrales."

Ceci repose sur une publication de l’INSERM (Geocap studies) de 2012 qui a trouvé entre 2002 et 2007, 14 enfants avec une leucémie vivaient à moins de cinq kilomètres d'une centrale nucléaire, alors qu'il aurait dû y en avoir sept, selon leurs estimations.

1) Ce sont des chiffres extrêmement faibles et un cluster dû au hasard n’est pas improbable ( faible significativité). Il y a de plus des biais d’études, il est très facile de créer ce genre de fausses corrélations.

Comme l’a noté un commentaire tweeter, “voila comment on crée ce genre de corrélations: j'affirme qu'habiter dans une zone de 15 km autour de la maison d'Aymeric Caron cause des problèmes de santé. Je vais donc recenser les cancers de différents types, les naissances avec malformation, l'espérance de vie de différentes catégories de la population,...les troubles psy . Et toute déviation à la moyenne nationale, je vais l'attribuer à cette proximité. Ah tiens? Vivre dans cette zone double le cancer des poumons chez les hommes et les troubles cardio-vasculaires chez les femmes enceintes? Boum, j'ai ma corrélation.
 
On taiera au passage les "bienfaits" (tout aussi spécieux) que pourraient révéler une corrélation inverse. "Ah tiens, moins de dépression chez les ados? et moins d'obésité chez les femmes de plus de 65 ans", ça doit être ça aussi! “

2) Selon les auteurs de l’étude, le lien avec les très faibles radiations ionisantes émises par les centrales en fonctionnement normal ne peut pas être établi

De fait, en 2021, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) publiait un rapport à ce sujet, portant sur les années 2014 à 2019 et ses observations sont claires : on est bien davantage exposé à des rayonnements ionisants en passant une radio ou un scanner qu'en vivant à côté d'une centrale.

"La dose reçue peut varier d’environ 0,1 millisievert (mSv) pour une radio pulmonaire à 15 mSv pour un scanner abdomino-pelvien ou un TEP-scanner", peut-on y lire, alors que "pour les personnes résidant dans un rayon de 10 km autour [d'une installation nucléaire], une dose de 1 à 10 µSv/an (soit 0,001 à 0,01 mSv/an) est retenue suivant le site". Une simple radio des poumons équivaut à dix ans de vie à côté d'une centrale nucléaire, si on prend les estimations maximales (0,01 mSv/an), une radio des lombaires équivaut à 100 ans, un scanner du thorax à 1 000 ans.”

3) Dès 2013, cette étude était contredite 

En France

“Les enquêtes sanitaires effectuées auprès des populations habitant à proximité des installations nucléaires se suivent et se ressemblent : elles ne montrent, parmi ces populations riveraines, aucun excès de cancers ou de leucémies attribuables à la centrale nucléaire ou à l’usine située dans le voisinage. La dernière en date de ces études a été menée en 2013, à l’initiative des Commissions Locales d’Information du département de la Manche – qui compte sur son territoire l’usine de retraitement de La Hague, la centrale nucléaire de Flamanville, le centre de stockage de déchets radioactifs CSM et l’arsenal de Cherbourg spécialisé dans la construction et la maintenance des sous–marins nucléaires. … Publiés et diffusés fin 2013, les résultats de cette étude sont résumés ainsi dans le document de synthèse : « l’incidence des cancers masculins dans la Manche est équivalente à celle estimée en France » tandis que « l’incidence des cancers chez la femme est inférieure de 1,5% à celle estimée en France ».   En d’autres termes, les installations nucléaires du Cotentin ne causent pas de dommages à la santé des populations riveraines.”

Et à l’étranger

 “Au plan international, l’étude la plus récente venant corroborer ces constats a été réalisée en 2013 au Royaume-Uni sur 10 000 enfants de moins de 5 ans diagnostiqués avec la leucémie ou d’autres cancers entre 1962 et 2007. Elle a été conduite par le Centre de recherche britannique sur les cancers de l’enfance, se demandant si les tout jeunes enfants vivant à proximité immédiate des centrales nucléaires n’ont pas un risque accru de développer une leucémie ou un cancer. La réponse est négative. Le Dr John Bithell, qui a dirigé l’étude, a apporté sur ce point les précisions suivantes : « notre étude cas-témoins a examiné les dossiers de naissance pour presque tous les cas de leucémie infantile nés en Grande- Bretagne et les conclusions de ces analyses sont rassurantes. Nous n’avons pas trouvé de corrélation entre le développement de cette maladie et la proximité des installations nucléaires ». Notons que cette conclusion apporte un nouveau démenti aux rumeurs complaisamment entretenues par certains militants anti-nucléaires attribuant à l’usine de Sellafield un taux de leucémies infantiles plus élevé dans la région que dans le reste du pays.

En fait, personne ne peut sérieusement remettre en cause ce constat fondamental vérifié depuis des années autour de 200 sites nucléaires en France et dans le monde : les installations nucléaires correctement exploitées ne sont pas un problème de santé publique. La raison en est simple : leurs rejets radioactifs sont limités à des niveaux très faibles, se confondant avec le bruit de fond de la radioactivité naturelle.”

https://www.sfen.org/rgn/manche-impact-installations-nucleaires-sante/

Leukaemia in young children in the vicinity of British nuclear power plants: a case–control study,

https://www.nature.com/articles/bjc2013560.pdf

L’industrie nucléaire et le risque de cancers dans le département de la Manche ».

https://inis.iaea.org/search/search.aspx?orig_q=RN:45086097


jeudi 3 mars 2022

Compte rendu du débat EOS (Eoliennes Flottantes en Méditerranée)

 Commentaire de la présidente de la CNDP (Mme Chantal Jouanno) et Compte-rendu du débat public

https://eos.debatpublic.fr/wp-content/uploads/EOS-Bilan-CNDP-1.pdf, https://eos.debatpublic.fr/wp-content/uploads/EOS-CR-2021_bd.pdf

Le projet EOS, premier grand parc éolien en Méditerranée !

Il consiste en la réalisation, pour une durée de 25 à 30 ans, de deux parcs éoliens flottants commerciaux de 250 MW chacun et de leurs extensions, de 500 MW chacune. Les premiers parcs comporteraient chacun une vingtaine d’éoliennes flottantes, leurs systèmes d’ancrage, un poste électrique en mer et le raccordement au réseau. Avec l’évolution de la technologie, leur extension représenterait une trentaine d’éoliennes supplémentaires, soit une cinquantaine au total par parc.

Le public a été amené à se prononcer sur l’opportunité, les alternatives et les caractéristiques de ce projet sur quatre zones en mer, pré-identifiées par l’État, d’une surface totale de 3300 km2. Les deux parcs représenteraient environ 10 % de cette surface et pourraient se situer à une distance comprise entre 15 et 55 kilomètres des côtes.

« Installer des éoliennes importantes en nombre et en taille (de 250 à 270 m de haut) dans cette mer n’a encore jamais été fait : ce serait un tournant pour notre rapport à la mer, perçue « 

(NB l’Espagne a un très grand  projet au large de la baie de Rosas …qui pourrait d’ailleurs interférer avec l’une des zones proposées…)

En Méditerranée, autant et même plus qu’ailleurs, la mer n’est pas vide, et elle n’est pas libre !


Un calendrier bien positionné… pour éviter le problème du tourisme 

« Dès la saisine initiale fin juillet 2020, les Commissaires ont interrogé son calendrier. Compte tenu de l’impact potentiel des projets sur le tourisme, il était opportun que le débat se tienne une partie de l’été. La saisine était trop tardive pour que cela ait pu avoir lieu en 2020. Par ailleurs, le report des élections régionales en juin 2021 a conduit les responsables de projet à  demander en avril un report du lancement du débat après les élections. »  (Chantal Jouanno) 

Un débat accéléré …pour tenter de pousser la décision. Et toujours cette question : pourquoi ne pas attendre le retour d’expérience des fermes pilotes ?

« L’accélération du calendrier de déploiement des parcs éoliens en mer Méditerranée a questionné la fiabilité de la parole de l’État. Les projets de fermes pilotes –au large de Leucate, Gruissan et du Golfe de Fos – avaient tous été présentés par l’État comme les préalables nécessaires à l’éventuel déploiement de parcs industriels. Or, l’annonce des projets de grande ampleur n’a pas attendu le retour d’expérience de ces premiers parcs. Se sont ajoutées de nombreuses interrogations sur l’engagement réel de l’État à tenir compte des conclusions de ce nouveau débat public » (Chantal Jouanno)

Les trois projets pilotes sont prévus au large de Leucate, de Gruissan et du Golfe de Fos et composés chacun de trois éoliennes flottantes de 8 à 10 MW. L’accélération du calendrier dans le développement des projets commerciaux est rendue d’autant plus problématique qu’énormément de retard a été pris sur les fermes pilotes. Elles devaient sortir en2019, elles vont sortir peut-être en 2023

Et lorsque ce projet avait été présenté, il avait été affirmé ceci : « Le suivi des fermes pilotes et de leurs impacts, à la fois sur le milieu et les écosystèmes marins ainsi que sur les activités socio-économiques préexistantes à ces fermes, demeure la condition préalable au déploiement commercial. En effet, un suivi négatif de ces fermes pilotes pré-commerciales d’éoliennes flottantes ne pourrait permettre un agrandissement des parcs à une échelle industrielle » (Document de planification - Le développement de l’éolien en mer Méditerranée, Préfet maritime de la Méditerranée, Préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur MARITIME, avril 2015).

En effet, pour reprendre la formule de Mme Jouanno : la fiabilité de la parole de l’Etat est vraiment questionnable !

Et le bilan carbone ?

L’éolien flottant, une énergie vraiment verte ? Le public du débat s’est interrogé sur l’analyse du cycle de vie de l’éolien flottant et son vrai coût environnemental. L’absence de consensus sur ce point, malgré les différents éclairages apportés par des experts, a conduit à la demande, par la CPDP, d’une expertise complémentaire sur le bilan carbone de l’éolien flottant en comparaison des autres énergies. Les résultats de cette expertise, commandée par la CNDP et réalisée par un expert indépendant, indiquent que le bilan carbone de l’éolien flottant commercial se situerait aux alentours de 19 g CO2/kwh. Un niveau légèrement supérieur au bilan carbone de l’éolien marin posé (entre 14 et 18 g CO2/kwh) ou de l’éolien terrestre (12,7 g CO2/kwh).

(NB pour le nucléaire en France c’est 6 g CO2/kwh ; donc, si on remplace du nucléaire par de l’éolien, surtout offshore, c’est plus carboné et beaucoup plus cher, voir ci après )

Facteur de charge, productivité, coût : des affirmations  très, très contestable 

Le facteur de charge, c’est à dire le pourcentage de production de l’éolienne par rapport à son maximum théorique à plein régime, qui est annoncé par le porteur de projet est de 50%. Or ce chiffre ne paraît pas réaliste à tous, l’opportunité du projet n’étant pas la même si ce facteur de charge est inférieur à celui annoncé par le porteur de projet ou s’il se rapproche de celui de l’éolien terrestre (25- 35%). L’État et RTE soutiennent la pertinence de ce chiffre de 50%, sans en avoir démontré le calcul, en s’appuyant sur les industriels qui semblent convaincus, au vu des expériences étrangères, qu’il sera, dans les faits, peut-être même supérieur… (Ben voyons)

NB : on pourra se reporter à ce petit communiqué Oersted : 

« Fin 2019, les cours du géant danois Oersted, pionnier de l’éolien offshore ont plongé en fin d’année en raison de la réévaluation de la production de son parc éolien en mer. Ce dernier aurait sous-évalué les pannes à répétition entraînées par les vents violents du large. Les marchés s’interrogent donc sur la viabilité de ce business model dont la robustesse financière reste encore à démontrer. Selon l’agence environnementale américaine, le coût actualisé de l’énergie éolien en mer reste 2,7 fois plus élevé que l’éolien conventionnel. 

Très confraternel, Orstedt  qu’il baissait son taux de rendement interne prévu pour plusieurs projets en Europe et à Taïwan. La question sous-jacente est une sous-estimation des effets de sillage et de blocage. Son porte-parole a  insisté sur le fait que le problème n’est pas propre à l’entreprise, mais plutôt à l’ensemble de l’industrie, ajoutant que ses prévisions sont généralement plus prudentes que celles de ses concurrents.

« Notre tâche principale est de nous assurer que nous ne prenons que des projets où nous créons effectivement de la valeur. Il n’est dans l’intérêt d’aucun actionnaire, ni de notre organisation d’opérer avec des prévisions de production gonflées et de gagner des projets sur cette base  

Derrière ce débat sur l’augmentation des coûts de l’énergie, pointe aussi le soupçon que les bénéfices économiques de ces opérations profitent à des grosses entreprises.  Les porteurs du projet et la filière industrielle annoncent chercher ensemble une réduction des prix, et espèrent une convergence des prix entre l’éolien flottant et l’éolien posé à terme.

Mais en attendant, la filière va être soutenue par l’usager au travers des finances publiques et du TURPE (Tarif d’Utilisation du Réseau Public d’Électricité qui représente 25 % de la facture de l’usager) à un tarif élevé (110€/MWh) pendant vingt années.

NB :  et ca parait plutôt optimiste. Il faut plutôt compter entre 230 et 150 €/MWh . Et il faut ajouter le côut du raccordement : typiquement  25% pour un poste en mer à  30 km. des côtes,   30% ou plus à 50 km.



NB : L'arrêté du 9 avril 2020 fixe les conditions de rachat de l'électricité produite par les quatre fermes pilotes éoliennes flottantes pour une durée de vingt ans. Le taux de rentabilité interne d'un projet ne devra pas excéder 8,5 % après impôts. Si cette rentabilité est supérieure, « les gains additionnels sont partagés à 50 % entre l'État et le producteur, en tenant compte de l'évolution des conditions économiques de fonctionnement de l'installation »

Si cet arrêté est appelé à faire école, 8.5% c’est pas mal comme garantie… 

Un parc et après : « Apocalypse Eoliennes ! A terme 27% de l’espace marin régional selon EELV ! 

Une centaine d’éolienne, c’est pas assez et ceux qui les acceptent doivent savoir qu’en fait, il y en aura beaucoup plus.  La  ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, n’a pas caché l’intention d’aller plus loin sur cette façade : « Le potentiel pour le développement de l’éolien en mer en Méditerranée s’établit au-delà de 1,5 GW, d’autres projets devraient à l’avenir y être envisagés si la France et les Régions veulent atteindre leurs objectifs de neutralité carbone ».

Un objectif chiffré de production est avancé dans les deux schémas régionaux PACA et Occitanie : 5 GW en 2050, si on les additionne, « 27% de l’espace marin régional, soit 3 750 km2 sur les 14 000 km2 du plateau continental, c’est ce que devraient couvrir les parcs éoliens à l’horizon 2050 » alerte EELV dans son Cahier d’acteurs. Si les deux projets en débat ne sont qu’un début, à quel rythme, jusqu’où et pour quels besoins projetés envisage-t-on la suite ?

NB : C’est ce que la CNPN (Commission Nationale de protection de la Nature), très critique sur l’éolien maritime appelle la stratégie des poupées russes : le cumul de parcs sur un même secteur choisi initialement au vu du seul impact du parc initial. Attention, un parc peut toujours en cacher un autre.

NB2 : tiens, EELV commence à prendre position contre l’éolien maritime et ses abus. Intéressant

http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/09/conseil-national-de-la-protection-de-la.html

 

Biodiversité/migration des oiseaux : il y a sans doute un problème, mais on verra après ! 

La  Camargue est un haut lieu à la fois de l’hivernage, de la reproduction et de la migration des oiseaux » (Audition d’experts) : y a-t-il un risque de perte d’habitat et de mortalité accrue ?

Eh ben, on sait pas ! « Conscient de la fragilité des données à sa disposition, l’État a initié en 2021 un programme de recherche baptisé MIGRALION, dont l’objectif est la « caractérisation de l’utilisation du golfe du Lion par les migrateurs terrestres et l’avifaune marine ». Ce programme, porté par l’Office Français de la Biodiversité et dix partenaires scientifiques et industriels, permettrait « de savoir ce qui va se passer en mer » (Audition d’experts). 

Mais les résultats étant attendus en 2024-2025, le public se demande comment ceux-ci peuvent être pris en compte quand on veut aujourd’hui décider d’une localisation.

En effet ! 

Des éoliennes dans des aires marines protégées ? Eh oui, c’ est possible ! 

Une grande partie du plateau continental du golfe du Lion est concernée par diverses mesures de protection (sites Natura 2000, réserves, parc naturel marin…). « La zone A est un parc marin, je ne comprends même pas pourquoi cette zone a été proposée, ça n’a pas de sens ! » (Débat mobile, Sète).

La contradiction a été également relevée lors du Congrès mondial de la nature de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Marseille début septembre 2021 : « la France, pays hôte, s’est engagée à (...) parvenir à 30% d’aires protégées au niveau national d’ici 2022, et protéger fortement 5% de ses aires maritimes méditerranéennes d’ici 2027, soit une augmentation de 25 fois par rapport à aujourd’hui. » (Manifeste de Marseille).

Le Conseil national pour la protection de la Nature a estimé « incompatible » cet engagement avec le programme de développement éolien en mer de l’État : « L’adéquation des objectifs éoliens offshore avec l’objectif de zéro perte nette de biodiversité inscrit aux articles L. 110- 1 et L. 163-1 du code de l’environnement paraît difficile voire impossible à atteindre au regard de la connaissance actuelle des incidences et surtout des moyens techniques d’expertise et de pilotage permettant d’y remédier efficacement, ainsi que l’objectif de préservation du paysage marin. »

A cela le ministère répond : « Toutes les aires protégées ne sont pas pour autant sanctuarisées : la réglementation vise la régulation des usages, non pas leurs strictes exclusions » 

Cohabitation des usages : gros problème pour les pêcheurs : 

On voit tout de suite pourquoi :



Donc, les pêcheurs réclament :

 - une implantation hors des macro-zones B et C et au-delà de la limite des 20 milles nautiques, étant donné le caractère indispensable de ces zones dans l'économie de la pêche. Ces zones représentent des secteurs de forte dépendance pour les pêcheurs de la Sa.Tho.An. Une implantation dans un de ces secteurs de forte dépendance serait donc très préjudiciable pour eux. 

Aucune suppression de zones de pêche sans récupération équivalente dans un autre secteur ; 

- L'élaboration d'un retour d'expérience complet des fermes pilotes avant le lancement d'un projet de plus grande envergure dans un milieu fragile ; 

En fait, « le secteur de la pêche et ses représentants souscrivent largement à la proposition d’un report » et veulent attendre le retour d’expérience des parcs pilotes

L’impact potentiel sur la ressource halieutique est trop crucial pour leur activité : « La profession attend beaucoup de ces projets pilotes. En effet, ces derniers devaient apporter des réponses aux nombreuses interrogations concernant de potentiels impacts, tant sur l’environnement que sur les ressources halieutiques, (...). Or, les projets pilotes ont pris du retard (...) et le débat public relatif à l’installation d’importants parcs éoliens commerciaux en Méditerranée se fait sans que les acteurs puissent obtenir les réponses à ces nombreuses interrogations. Plusieurs craintes ont été exprimées par la profession, et le manque de retour d’expérience ne permet pas d’apporter de réponses concrètes sur les effets potentiels » 

Au-delà de la pêche, la Commission rappelle que la « grande bleue » n’est vide et libre qu’en apparence et que  les parcs éoliens s’implanteraient dans un golfe du Lion « surexploité », investi par une multiplicité d’acteurs : cargos, tankers, porte-conteneurs, filets de pêche, câbles sous-marins, bâtiments de la marine nationale, yachts, navires de croisière, jet skis …

Les conflits d’usage sont donc latents et nombreux :le développement de l’éolien se traduira immanquablement par plus de réglementations, moins de liberté de circulation, et donc moins de zones à pêcher.  

Quant aux représentants de la SNSM (les Sauveteurs en mer), ils posent la question de la sécurité dont les contours restent flous. Quelles seront les conditions de navigation dans les parcs et aux abords ? Qui assurera la surveillance ?  La marine nationale ? La gendarmerie maritime ? L’exploitant ?

Le raccordement terrestre : un point négligé 

Le raccordement terrestre a soulevé peu de questions bien que l’on ait parlé de l’installation d’un poste de compensation pouvant occuper jusqu’à 3 ou 4 hectares de terres à proximité du littoral, ou de travaux terrestres pouvant impacter des terres agricoles. Seule FNE Languedoc-Roussillon a alerté dans son cahier d’acteurs sur la nécessaire préservation de la « stricte intégrité des hauts de plage, des cordons dunaires et des lidos qui ne peuvent être coupés ou remaniés même momentanément » et sur la limitation au maximum de « l’artificialisation d’espaces à forte valeur patrimoniale et paysagère ».

Le grand large, faisable techniquement et supportable économiquement.

« La faisabilité technique d’une implantation au grand large a été confirmée par plusieurs industriels. Ils estiment transposable à l’éolien l’expérience des plateformes pétrolières, par exemple le recours à des chaînes d’ancrage en polyester permettant d’atteindre de grandes profondeurs. Pour eux, c’est de toute façon la logique de l’éolien flottant que d’ouvrir des zones beaucoup plus éloignées des côtes, et donc beaucoup plus vastes à leur implantation. Et la profondeur de la plaine abyssale, qui oscille entre 2 000 et 2 500 m de fond, est comparable aux profondeurs d’ancrage des plateformes pétrolières les plus récentes. 

Ce choix aurait bien sûr un coût, notamment dû au raccordement.. Pour le raccordement en particulier, l’éloignement au grand large nécessiterait d’installer le poste de transformation sur flotteur, et des évolutions techniques des câbles dynamiques. RTE alerte sur ces verrous technologiques, sur lesquels il a engagé plusieurs projets de recherche et développement.

Ce coût pourrait être atténué, voire compensé, par un accroissement du facteur de charge des turbines grâce à des vents plus forts et plus constants au large ; en outre il pourrait être complètement compensé si des puissances plus importantes étaient installées (nombre de parcs, nombre de mâts par parc...). Les coûts de maintenance sont supposés être proportionnels à la distance à la côte (plus de carburant pour les bateaux, plus de temps/homme…) mais les progrès technologiques attendus permettent de penser qu’en 2030, année prévue d’installation des parcs si le projet se réalisait, des solutions de maintenance locale (automatisée) pourraient réduire les déplacements humains au strict minimum.

 « On a les techniques pour relever le défi de la profondeur, il ne faut donc pas s’interdire d’aller chercher les opportunités qu’offre l’éloignement de la côte, en particulier une moindre interaction avec les nombreuses activités maritimes davantage concentrées sur la frange littorale » (Technip Energies - audition d’experts). Nous avons au Mexique installé les fondations d’une ligne d’ancrage à plus de 2 900 mètres… L’enjeu est avant tout la maîtrise de coûts et l’impact sur la densité des fermes que l’on met en avant plus que la faisabilité technique elle-même que nous considérons comme acquise » (Technip Energies) »

La question de l’emploi : comme d’hab, du non dit sur les emplois perdus et des illusions sur les emplois gagnés

« Les acteurs du tourisme se sont peu exprimés directement dans le débat, notamment du fait de la période estivale où ils ont indiqué être très peu disponibles. Ce sont donc les élus locaux qui ont relayé leurs inquiétudes. Par le biais des cahiers d’acteurs et des avis publiés, et aussi de manière plus informelle pendant les réunions de proximité, les collectivités ont rappelé le poids du tourisme dans l’économie locale, notamment sur le littoral occitan, où l’économie touristique est très dominante, et ont exprimé de fortes inquiétudes quant à l’impact des projets à l’impact des projets sur l’image touristique et l’activité hôtelière. »

NB : c’était quand même bien pratique de faire cette concertation l’été

Mais, alerte une étude de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités Occitanie, les métiers les plus représentés tels que technicien de maintenance, marins-pilote, coffreur béton, soudeur chaudronnier, « sont aujourd’hui déjà en tension dans les territoires. Le développement de fermes éoliennes risque de renforcer ces tensions ».

Donc, en fait, peu d’emploi local Et aussi ces remarques pleines de bon sens de certains intervenants

« La maintenance sera effectuée par une main d’œuvre étrangère qui habitera sur le bateau, comme pour tous les autres travaux d’installation d’éoliennes en mer. Comment justifiez-vous les 100 ou 125 emplois locaux pour une usine de 500 MW ? » 

NB : c’est effectivement ce qui se passe en Ecosse ! 

« Maintenant il ne faut pas rêver. La filière a démarré il y a une dizaine d’années sur la côte Atlantique et la Manche. Des usines ont été construites, il n’y en aura pas d’autres chez nous. »

« L’éolien en mer en France est dominé par des consortiums majoritairement étrangers, comme en baie de Saint-Brieuc. Ces opérations accentuent la dérégulation du service public de l’électricité, en cassant le monopole dont EDF a longtemps bénéficié, qui était la garantie de l’égalité d’accès des citoyens à ce service public »

NB : effectivement, c’est un autre problème à considérer !

Bilan : un moratoire sur l’éolien flottant ! 

Que ce soient les questions techniques qui restent à régler pour une technologie non mature et très coûteuse, les incertitudes profondes sur l’équations économiques, les effets non documentés sur la biodiversité, les oiseaux,  la pêche, les zone Natura 20000, le manque de données fiables sur les emplois gagnés et perdus,  l’incertitude même sur l’intérêt climatique, les évolutions techniques qui pourraient permettre d’aller plus au large, etc. tout pousse à un moratoire sur l’éolien flottant et à des expériences pilotes.

C’est d’ailleurs bien l’avis de la CNDP, cf. commentaire de Mme Jouanno :

L’accélération du calendrier de déploiement des parcs éoliens en mer Méditerranée a questionné la fiabilité de la parole de l’État. Les projets de fermes pilotes –au large de Leucate, Gruissan et du Golfe de Fos – avaient tous été présentés par l’État comme les préalables nécessaires à l’éventuel déploiement de parcs industriels. 

L’étude de contexte menée par la commission a révélé que ces projets de parcs éoliens en mer n’étaient pas connus localement par le grand public.

L’absence d’informations environnementales suffisantes et le refus de demander un cadrage préalable à l’Autorité environnementale n’ont pas permis à l’État de répondre à une question récurrente: ces projets sont-ils compatibles avec l’exigence affichée de préservation de la biodiversité? Tous les débats publics sur des projets de parcs éoliens en mer se confrontent à cette même question et à cette même difficulté.

« Un nombre important d’expressions dans le débat demandent de reporter la décision en opportunité et/ou le choix des zones préférentielles. Loin d’être une opposition de principe, cette position considère que les conditions d’une meilleure décision seront réunies dans un délai finalement assez court au regard de la vie d’un projeté

Et même les associations habituellement  les plus pro-éoliennes demandent un report  !

Ainsi, la FNE locale: «  À France Nature Environnement, on pense qu’il faut vraiment accepter de retarder d’environ trois ou quatre ans la décision du site que l’on va choisir. Ce qui est important dans la séquence ERC, c’est le E, c’est-à-dire Éviter. À 80 %, cela dépend du site où l’on va mettre les éoliennes. Quel que soit ce que l’on fera après, si on choisit le site dans les six mois qui viennent, dans la phase d’incertitude complète… »

En conclusion, une dernière remarque sur le site : « Nous nous apprêtons à défigurer 200 km de côte, avec des éoliennes visibles à 50 km, pour gagner l’équivalent de deux cinquièmes d’une centrale nucléaire. Cela vaut-il la peine ? »


dimanche 7 février 2021

La zone éolienne Bretagne Sud Groix- Belle-Île et les Elections Régionales en Bretagne

 Les ambiguïtés de Thierry Burlot et du Modem

M. Thierry Burlot, Vice président en charge de l'environnement au Conseil régional de et président de l'Agence française de la biodiversité, ex- PS, réfléchit à une candidature possible LREM-Modem aux élections régionales. Commentaire du Modem : « il faudra être clair sur les visions que nous partageons et défendre une grande coalition, notamment sur la transition écologique »

En effet, et cette clarté passe par toute la lumière sur les positions très favorables à l’éolien et au saccage des côtes bretonnes  de M. Thierry Burlot.

M. Le Floch Prigent se paie Thierry Burlot à propos de la zone éolienne de Saint -Brieuc

Dans un article sur la revue en ligne Entreprendre ; M. Loic Le Floch Prigent  critique la défense de la zone éolienne de Saint Brieuc par M. Burlot : …

https://www.entreprendre.fr/eoliennes-en-mer-de-la-baie-de-saint-brieuc-deliberations-troublantes-au-conseil-regional-de-bretagne/

Citation

L’auteur des propos les plus affligeants à cet égard, a sans aucun doute été le Vice-Président Thierry Burlot,

« L’idée originale d’une nécessité impérieuse de donner une autonomie électrique à la Région ne tient pas la route une minute, un parc éolien en mer, intermittent, ne satisfait la demande que de façon marginale (quelques pour cents quand il y a du vent) et nécessite la sécurité apportée par le nucléaire, le gaz ou le charbon. Ce sont les Centrales de Cordemais (charbon/bois en Loire Atlantique) et demain de Landivisiau (gaz, en construction) qui sont les vrais investissements de sécurité d’approvisionnement

En l’occurrence, sur ce projet, il est important de respecter, comme il le souhaite surement, l’environnement, les hommes et la démocratie

Dans le mot environnement on doit aussi mettre le paysage, le sacré de sites qui ont conduit à écarter déjà pour les éoliennes très justement le Mont Saint-Michel et Saint Malo, il aurait dû en être de même pour les Caps de Fréhel et d’Erquy.

Les hommes, et d’abord les pêcheurs qui avertissent depuis dix ans de conditions dans lesquelles cette opération les fragilise et qui n’ont jamais été écoutés, en particulier par un Conseil d’Etat qui constate les irrégularités procédurales sans jamais en tirer les conséquences.

Prendre des décisions dévastatrices et ensuite avec Breizh Biodiv et autres initiatives vouloir réparer les âneries commises n’est pas respectueux des professionnels de la mer et de ceux qui l’aiment.

La démocratie enfin car les municipalités voisines ont été élues pour faire échec à la construction des éoliennes et sont balayées par toutes les instances s’estimant  supérieures sont balayées par toutes les instances s’estimant supérieures. La politique des « compensations » annoncées et quelquefois demandées est indigne.

On peut comprendre pour certains élus  la dureté de revenir sur une décision à laquelle ils ont  cru, mais l’évidence devrait s’imposer au Conseil Régional de Bretagne , un projet cher, mal amorcé, mal ficelé, mal engagé, ne peut que mal finir »

Sans doute M. Le Floch Prigent fait-il allusion à des déclarations du type Parc éolien en baie de #SaintBrieuc : "Les études qui sont faites, par l'Ifremer et par tous les organismes scientifiques qui vont être présentées (…) au comité de suivi démontrent que l'impact de ce parc est très limité." Thierry Burlot, Vice-Président de la Région #Bretagne. »

Ce à  quoi les pêcheurs ont répondu : Alain COUDRAY, Président du Comité des Pêches des Côtes d’Armor, 14 janvier 2021. « L’annulation du projet d’Ailes Marines-IBERDROLA doit être la seule issue possible en réponse à l’opposition des marins pêcheurs costarmoricains …les pêcheurs costarmoricains jouent leur avenir. Le projet éolien n’est pas compatible avec les enjeux de préservation des habitats et des espèces marines et ni avec les activités de pêche du département : 1)  Les incertitudes sur les possibilités de pêche autour les iles Anglo-Normandes demeurent 2)  Les pêcheurs ont conscience mieux que personne de la fragilité de leur écosystème, c’est pourquoi, ils s’évertuent à protéger et exploiter cet environnement de manière durable.

Intervention de Thierre Burlot : Tous les poncifs des margoulins de l’éolien !

https://twitter.com/elus_socdem_bzh/status/1334912927170768899

« Cette fragilité énergétique elle est connue et l’on sait aujourd’hui que la Bretagne dispose de gisements autour de ses ressources naturelles, notamment l’éolien off-shore et c’est pour cette raison que l’on a souhaité développer des projets d’envergure. C’est le projet éolien offshore en baie de Saint-Brieuc, (62 éoliennes en baie de Saint-Brieuc, mise en service en 2023 qui pourra assurer la consommation électrique annuelle de 850.000personnes (250 emplois à Brest, 1100 emplois en France) »

Commentaire : non ! c’est pas la consommation annuelle  850.00 personnes, c’est la consommation de 850.000 personnes  seulement quand les éoliennes tournent à leur puissance nominale, c’est-à-dire moins de 20% du temps, et pas quand les personnes en question en ont besoin, mais quand le vent le veut bien. Et non encore pour les emplois : dans son rapport de 2018, la Cour des Comptes estimais que seuls 15% des emplois promis par les champions des ENR étaient des emplois industriels pérennes.

« Cette fragilité énergétique, il faut bien y travailler. Pour industrialiser l’ouest de la Bretagne, il faut de l’énergie…Donc aujourd’hui le projet éolien en baie de Saint-Brieuc et le projet éolien prévu du côté de Lorient devraient nous permettre  de renforcer notre capacité énergétique en Bretagne.

Commentaire : là, il y en a un peu assez du couplet de la Bretagne qui a refusé Plogoff et qui doit le payer !  La Bretagne est dans une situation particulière, excentrée, péninsulaire qui, en terme de circulation, de réseau routier ou électrique implique des contraintes particulières. Et sauf à défendre l‘indépendance de la Bretagne – et encore-, on ne voit pas pourquoi elle devrait être autonome énergétiquement

« L’offshore est une technique maitrisée qui ne menace pas la pêche »

Commentaire :ben si ! On peut notamment se reporter au colloque au Parlement Européen, « Les pêcheries et l’éolien en mer peuvent-ils coexister ? » (22 janvier 2020). Et à des témoignages  sur les parcs existants : Jaap, (Stellendam ) « Nous sommes en train de nous faire exclure de la mer. Le domaine dans lequel nous pouvons travailler devient de plus en plus petit. Nous pouvons tous voir ce qu'il advient du poisson lorsque les éoliennes sont en place ». Olivier Becquet (Le Tréport) :  « En mars 2017, nous avons ainsi visité le parc de Thanet sur proposition de l’Institut maritime de prévention (IMP) et nous étions une dizaine de pêcheurs. Nous sommes revenus en pleurant : le port de pêche s’est vidé, il n’y a plus que du fileyeur, nous n’avons vu aucun bateau de pêche en activité… Il n’y a plus de filière, plus de criée, plus de jeunes qui entrent dans ce métier ».

Le problème est encore plus critique pour les éoliennes flottantes qui  impose des restrictions de pêche supérieures à celles d’une éolienne sur fondations, en raison des très grands câbles et chaines d’ancrages susceptibles d’être déplacés par des chaluts. Une zone de sécurité d’environ 1 km de diamètre s’applique, interdisant aussi le mouillage et les activités sous-marines.

 https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/11/eolien-en-mer-les-pecheurs-se-battent.html

« La Bretagne ne peut pas rater cette échéance. Je rappellerais qu’en Europe, il y a plus de 4000 mâts qui sont installés en offshore. Et ce que vous dites, M. Pennelle en annonçant que la pêche ne peut plus se développer en baie de Saint-Brieuc, c’est faux ! « 

Commentaire : On ne peut pas comparer l’Offshore, dans la Manche et la Mer du Nord à la Bretagne ! Même la Commission Européenne, pourtant très favorable à l’éolien, a constaté, en validant des tarifs d’achats particulièrement élevés, entre 131 et 155 euros par mégawattheure (MWh) : « Ce soutien élevé par rapport à ceux pratiqués en mer du Nord ou en Baltique se justifient par deux particularités des côtes françaises, explique la Commission : des vents plus faibles et une nature de sol plus complexe (sols rocheux carbonatés au lieu de sols sableux ou argileux) ».

« C’est une alternative au nucléaire ».

Commentaire : Non, sûrement pas ! Le nucléaire produit par tous temps et est pilotable, l’éolien est intermittent et non pilotable. Le nucléaire est bon marché, l’éolien off shore est monstrueusement cher Le parc de Groix & Belle-Île bénéficiera d’un tarif d’achat de 240 €/MWh de la totalité de sa production (même quand on n’en aura pas besoin) sur vingt ans. En comparaison, le prix de marché se situe aux alentours de 50 €/MWh, et EDF est contrainte de vendre 25 % de sa production nucléaire et hydraulique 42 €/MWh à ses concurrents. Et l’éolien ne participe pas à la décarbonation de l’électricité, bien au contraire. Si l’on supplée son intermittence assez classiquement par du gaz, on est à 300g CO2/kw.h contre 6 pour le nucléaire.

Donc, oui ou non, M Thierry Burlot et le Modem qui le soutiennent sont-ils favorables au projet éolien Bretagne Sud, 60 éoliennes géantes de plus de 200m de haut entre Groix et Belle-Île. Ou sont-ils de l‘avis de M. François Goulard : « Ce projet serait un crime contre une nature d’une beauté insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé »

NB : les têtes de liste EELV ont également été désignées. De Mme Claire Desmares-Poirrier, je n’ai vu que cette prise de position très gênée aux entournures : « Les écologistes sont favorables à l’éolien. A Saint-Brieuc, c’est la manière de faire qui ne passe pas. C’est un échec de gouvernance, les gens concernés n’ont pas été consultés. Il faudrait rediscuter le projet ». On lui posera la question pour le projet éolien Bretagne Sud.

C’est de cela qu’on parle !

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/01/eoliennes-geantes-de-bretagne-sud-groix.html






dimanche 27 octobre 2019

Un seul Fessenheim vous manque, et le réseau saute


Les scénarios inquiétants de RTE. Elisabeth Borne en mode panique

La fermeture de Fessenheim, rappelons-le, n’a été décidée que pour des motifs politiques, pour cause de complaisance envers les écolos les plus fanatiques et les plus rétrogrades (disons EELV, pour schématiser), ceux qui « périsse l’humanité pourvu que le nucléaire périsse avant ») et aux pressions de nos chers amis allemands, dignes du Reich.

Sauf que Fessenheim ne devait être fermé que lorsque Flamanville et son superbe EPR arriverait, ce qui permettait une soudure sans problème pour la production d’énergie renouvelable en France. Or, il faut bien l’avouer, il y a eu quelques problèmes et retards dans la construction du prototype Flamanville (rappelons que les deux EPR crachant tous leurs électrons de Taishan fonctionnent parfaitement (4 milliards d’euros par réacteur de 1660 MW, 10 ans de construction).

Sauf que par conséquent, soudure il n’y a pas eu, et que la très peu courageuse Elisabeth Borne (c’est sa fête ce mois-ci sur mon blog, mais elle le mérite bien cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/10/nucleaire-quand-elisabeth-passe-les.html) commence à paniquer devant les risques d’effondrement du réseau et de black out… dont elle sera légitimement tenue responsable. Donc elle a demandé en urgence un rapport au RTE. La logique scientifique étant ce qu’elle est, inflexible, elle n’a pas été déçue du voyage.

Extraits : « En novembre 2018, RTE avait estimé dans son Bilan prévisionnel de l’équilibre offre-demande d’électricité que les 5 dernières tranches au charbon en France (situées sur les sites de Cordemais, du Havre, de Gardanne et de Saint-Avold) pourraient être fermées d’ici à 2022 - comme s’y est engagé le gouvernement - « tout en conservant un niveau de sécurité d’approvisionnement équivalent à aujourd’hui ». Pour ce faire, les fermetures devraient être progressives : elles débuteraient mi-2020 avec l’arrêt de 2 réacteurs et concerneraient 2 autres tranches en 2021 et la dernière en 2022 »

« En janvier 2019, le ministère de la Transition écologique et solidaire a demandé à RTE de présenter des analyses complémentaires dans le cas de « configurations particulièrement dégradées », par exemple dans l'hypothèse de « décalages significatifs » de la mise en service de l’EPR de Flamanville (en 2023 ou 2024), de la centrale de Landivisiau (en 2022 ou 2023) ou de l’interconnexion Eleclink. Ces nouvelles analyses évaluent également l'impact potentiel pour le réseau électrique du projet de conversion à la biomasse des 2 tranches au charbon de la centrale de Cordemais (« Ecocombust ») »

« Dans les scénarios « les plus défavorables » (« non-réalisation cumulée de plusieurs des hypothèses principales du cas de base » de RTE), le critère de sécurité d’approvisionnement électrique en France - fixé par le code de l’énergie - « pourrait ne plus être respecté en 2022 ». Le gestionnaire de réseau précise toutefois que cette situation critique se limiterait à la période hivernale et serait « transitoire (au plus tard jusqu’en 2024) » avant la mise en service de nouveaux moyens de production .Parmi les différents facteurs défavorables étudiés, « c’est le report de l’EPR qui constituerait la situation la plus pénalisante pour le système français », indique RTE (la puissance du réacteur de 3e génération est de 1 650 MW). Dans le cas « où seule la centrale de Landivisiau ou l’interconnexion Eleclink avec le Royaume-Uni ferait défaut par rapport au cas de base », le déficit de puissance sur le réseau devrait « être relativisé par rapport à l’ensemble des incertitudes existant à l’horizon 2022 », indique RTE.

Parmi ces incertitudes figurent notamment l’évolution de la consommation en France, le développement du reste du système électrique européen ou encore le « placement et le positionnement des visites décennales » des réacteurs du parc nucléaire français
Commentaire : le scenario le plus défavorable, on y est avec 1)  la fermeture de Fessenheim avant la mise en service de l’EPR, 2) une évolution de la consommation en France minorée de façon délirante par la PPE, que le RTE n’ose remettre en doute, 3) l’échec total de l’energiewende en Allemagne et l’Angleterre, qui a réussi sa décarbonation de l’énergie électrique, mais au prix  d’une fragilité extrême du réseau qui a déjà conduit à des black out important à Londres (cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/08/trop-denr-black-out-assure.html). Nous ne pourrons donc pas compter sur nos voisins en cas de problème électrique
.
Et c’est pas pour le futur, on y est déjà : Afin d'éviter le risque de black-out, RTE a baissé le courant de 20 sites industriels énergivores le 7/10/2019.  Et surtout c'est la 2ème fois que ce dispositif d'urgence anti black-out est activé depuis sa création en 2011, la fois d'avt étant le 10/01/2019...! 11 octobre rebelote :  La réalité est que ce matin RTE a publié un manque d'offre pour passer la pointe de 7h a 13h la marge de sécurité requise en cas de panne d'un moyen de production n'est pas couverte, et comme de bien entendu la tendance de la prod éolienne est en baisse ce matin...

Donc Elisabeth Borne a raison de s’inquiéter, et la question n’est plus si un black out majeur risque de se produire en France, mais quand il se produira. Et c’est la conséquence logique de décisions prises par la même Elisabeth Borne, dans la lignée de ses prédécesseurs, et dont elle sera tenue pour responsable.

La situation actuelle résulte principalement de deux décisions : la libéralisation du marché de l’électricité qui, comme partout où elle a été mise en œuvre  (cf. Angleterre, Californie) a conduit à un manque criant d’investissement dans les moyens de productions et le réseau ; la fermeture anticipée de Fessenheim qui n’a aucune justification autre que démagogique.

Les causes du black out à venir : libéralisation du marché de l’électricité (loi Nome) et fermeture de Fessenheim

Loi Nome

Comme expérimenté ailleurs et parfaitement prévisible, la libéralisation du marché de l‘électricité a conduit à l’apparition d’acteurs parasitaires qui ne produisent rien et revendent avec un bon bénéfice le courant du nucléaire historique qu’EDF est obligé de leur céder à bas prix par le mécanisme dément de l’ARENH.

« En 2010, la loi NOME met en place l’Arenh (accès régulé à l’énergie nucléaire historique). Ce mécanisme permet aux nouveaux arrivants de s’approvisionner en électricité dans des conditions économiques équivalentes à celles supportées par EDF. Le prix de l’Arenh fixé par l’État à 42 € n’a pas évolué depuis 2012. En 2018, les opérateurs alternatifs ont demandé plus de 100 TWh, soit le quart de la production nucléaire d’EDF, sans obtenir satisfaction compte tenu du plafonnement légal, ils n’ont obtenu que 75 % de l’électricité demandée à 42 €…. En 2007, lors de l’ouverture du marché à la concurrence, l’AFOC avait dénoncé le manque d’incitation à investir dans la production par les défenseurs de la concurrence à outrance. Elle avait alerté en disant que tout ceci aura des conséquences graves au regard de la sécurité d’approvisionnement qui est déjà fragilisée par le manque d’investissement… » (Communiqué FO- Energie).

Dans la grande tradition des décisions idéologiques (ici ultra libérales) – puisque ça ne marche pas, il faut continuer plus fort- le gouvernement avait décidé…d’augmenter le plafond de l’Arenh de 50 % pour les concurrents d’EDF puisse se gaver encore plus. Il semble qu’il soit en train de revenir sur cette mesure…

Fermeture de Fessenheim

Là-dessus, remarquable tribune de Maxence Cordier, l’un de ces jeunes ingénieurs (CEA, e crois) de plus en plus nombreux et actifs  qui en ont marre du nucléaire bashing et du nucléaire honteux (https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/fessenheim-symbole-de-notre-schizophrenie-face-a-lurgence-climatique-1140070?_lrsc=462ce07e-5171-48bb-922b-a06024da1f17) :

Avec la fermeture de la centrale de Fessenheim, la France va perdre l’an prochain 1.800 mégawatts de capacités électrogènes bas carbone. Cette décision politique aura des conséquences pour les émissions de gaz à effet de serre, la sécurité énergétique française et l’emploi dans le Haut-Rhin,
C’est confirmé, la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin)  fermera bien en 2020. EDF a adressé à l’Autorité de sûreté nucléaire et au gouvernement la demande d’abrogation de l’autorisation d’exploiter la centrale, ainsi que sa déclaration de mise à l’arrêt définitif. Il s’agit du dernier épisode d’un feuilleton entamé lors de la campagne présidentielle de 2012, lorsque le candidat François Hollande s’était engagé à plafonner les capacités de production électrique nucléaires et à fermer Fessenheim – un engagement repris par son successeur, Emmanuel Macron.
Alors que le gouvernement martèle son engagement pour le climat, on est en droit de s’interroger quant à l’adéquation entre les discours et les actes, au travers de cette décision.

Mauvaise opération pour le climat : Les deux réacteurs condamnés de Fessenheim ont une capacité de production électrique cumulée de 1.800 mégawatts (MW). Leur production sur une année est légèrement supérieure à celle de 2.800 éoliennes terrestres de 2 mégawatts (dont la production dépend du vent), soit davantage que le tiers du parc éolien français. En outre, cette production est pilotable : elle est disponible suivant les besoins et non pas quand il y a du vent ou que le soleil brille.
La production électrique nucléaire présente l’avantage d’être très faiblement carbonée : sur son cycle de vie – chaîne d’approvisionnement, infrastructures et exploitation des centrales – elle émet 6 grammes d’équivalent CO2 par kilowatt/heure (kWh) selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). La France et les pays limitrophes comptent encore de nombreuses centrales à gaz (500 grammes d'équivalent CO2/kWh) et à charbon (1.000 gCO2éq/kWh).

La fermeture de Fessenheim entraînera donc un surcroît d’émission de gaz à effet de serre compris entre 6 et 12 millions de tonnes équivalent CO2 par an, par rapport à la situation dans laquelle la centrale aurait été prolongée, du fait du recours aux centrales à gaz et charbon que sa prolongation aurait permis d’éviter. Cela correspond à une fourchette comprise entre 30 et 60 % des émissions de CO2 de la totalité de la production électrique nationale (20,4 millions de tonnes de CO2 en 2018 selon le Bilan électrique 2018 du Réseau de transport d'électricité (RTE).

Un projet alternatif peu convaincant : Dans le cadre du plan de reconversion du territoire de Fessenheim, le gouvernement a lancé début 2019 un appel d’offres pour l’installation dans le Haut-Rhin de 300 MW de panneaux photovoltaïques. Un observateur peu averti se dira peut-être que ça représente 17 % de la puissance de Fessenheim, ce qui n’est pas si mal, même si c’est insuffisant.
Cependant, les centrales nucléaires françaises ont un facteur de charge de 75 %. C’est-à-dire que l’énergie électrique fournie par les réacteurs sur une année équivaut à ce qu’ils auraient produit en fonctionnant en permanence à 75 % de puissance (ou 75% du temps à pleine puissance). Du fait de l’ensoleillement, le facteur de charge photovoltaïque dans la région Grand Est est de 13 % seulement, si l'on en croit le  Panorama de l’électricité renouvelable en 2018 du RTE.
Sur une année, les 300 MW de panneaux photovoltaïques produiront ainsi 35 fois moins d’électricité que la centrale de Fessenheim. Cela, sans compter le fait qu’une centrale nucléaire est pilotable et produit selon les besoins, même de nuit.

Menace sur l'emploi : On peut avoir tendance à l’oublier mais une centrale nucléaire est aussi une installation industrielle, comme un haut-fourneau, une aciérie ou une usine automobile. Elle emploie donc des gens et participe à l’activité économique de la région où elle est implantée. Dans le cas de Fessenheim, une analyse de l’Insee estime que «pour la région, l'existence de 1.900 emplois et les revenus de 5.000 personnes dépendent de la centrale». Même si le gouvernement soutient des projets alternatifs pour en limiter le contrecoup, l’arrêt de la centrale ne sera pas transparent pour les communautés locales.
Enfin, même s’il s’agit d’un problème bien plus vaste dont Fessenheim n’est qu’une petite composante, la plupart des pays européens ferment des capacités électrogènes pilotables – centrales nucléaires et à combustibles fossiles – sans se concerter et en comptant sur leur capacité à importer l’électricité qui leur est nécessaire en période de forte consommation. Les gestionnaires des réseaux électriques européens ne cessent d’alerter – sans succès – leurs gouvernements quant au risque croissant de coupure d’électricité majeure en Europe.
En reprenant à son compte l’engagement du président Hollande de fermer la centrale de Fessenheim, le gouvernement actuel fait preuve de schizophrénie entre un discours très clair sur l’urgence climatique, et des actions qui vont à l’encontre de la nécessaire réduction des émissions de gaz à effet de serre en France. Étant donné les enjeux vitaux portés par le changement climatique, ce manque de cohérence est grave.

Commentaire : pas mieux sauf quelques petits trucs à rajouter.

1) Fessenheim produit plus de 80% de l’électricité en Alsace, il ne faudra donc pas s’étonner (il ne faudra que Mme Borne s’étonne !) si un black out majeur se produit en Alsace, d’autant que c’est pas l’Allemagne avec son energiewende catastrophique qui pourra venir au secours des Alsaciens. (Dieu se rit de ceux qui chérissent les causes dont ils déplorent les effets, je ne pense que Mme Borne fasse rire les Alsaciens dans le futur).
2) L’électricité décarbonée de Fessenheim sera remplacée au mieux par du gaz, au pire par du charbon, français ou allemand.
3) Le surcroît d’émission de gaz à effet de serre dû à la fermeture anticipée et compris entre 6 et 12 millions de tonnes équivalent CO2 par an ; Fermer Fessenheim équivaut à autant de CO2 supplémentaire dans l'atmosphère que faire voler chaque jour 24 à 48  Airbus supplémentaires entre Paris et New York (en AR). Bravo les écolos !

En cas de black out majeur, Mme Elisabeth Borne aura du souci à se faire. Elle aura des responsabilités à assumer.


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