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jeudi 11 avril 2024

Analyse de Patrimoine Nucléaire et Climat France sur le Schéma décennal de développement du réseau

 Résumé

1) Adaptation des réseaux aux ENR : 240 milliards d’euros dont une grande partie pourrait être évitée si on sortait de l’aveuglement idéologique sur les ENR

2) D’ici 2035 un investissement dans les centrales à gaz sera inévitable et bien moins coûteux. L’ option ENR , très coûteuse en équipements et en réseaux, n’apporte pas la garantie de sécurité d’approvisionnement attendue. La capacité pilotable française est aujourd’hui clairement insuffisante et nous oblige à des importations coûteuses lors d’épisodes EnRi européens faibles, Ceci n’est compensé aujourd’hui que par un accroissement considérable des EnRi sans garantie de fourniture. PNC France estime qu’il faudrait engager immédiatement environ 3 GWe de nouvelles capacité gaz lesquelles ne serviraient qu’en ponte et demi-base, donc avec peu de d’émissions CO2.

3) 2050 : plus de nucléaire, c’est possible et cela diminuerait considérablement les coûts de réseau. PNC-France estime que la quasi-totalité du parc devrait pouvoir être exploitée au moins 60 ans et qu’il est indispensable de prévoir un nucléaire majoritaire en 2050 ce qui implique :

- D’engager dès 2024 les 8 EPR2 envisagés par le gouvernement

- De prévoir, à compter de 2035/2040, deux nouveaux réacteurs par an,

4) Beaucoup de flexibilités non chiffrées : financement des effacements de consommation chez les industriels, financement des effacements de production des renouvelables, système de charge/décharge des batteries des voitures électriques

5) Le choix rationnel optimal, c’est un système électrique minimisant le recours aux énergies variables intermittentes. La question de fond est donc bien celle de la dispersion des capacités de production et du niveau des productions intermittentes, ce qui devrait conduire à la recherche d’un équilibre optimal.

6) PNC sur l’éolien en mer : le programme envisagé est peu raisonnable, sans retour d’expérience réel sur la productivité et les cinétiques d’évolution, les questions de maintenance, et les investissements en fonction de la caractéristique des fonds marin ( éolien flottant)

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1) 240 milliards d’euros dont une grande partie pourrait être évitée si on sortait de l’aveuglement idéologique sur les ENR

« RTE propose ainsi un investissement de 100 milliards d’euros d’ici 2040 (avec un triplement de l’investissement annuel de 2019 à 2027 et en moyenne un quintuplement ensuite)…ENEDIS devrait en conséquence investir une somme équivalente (94 milliards €) pour gérer l’extrême éparpillement des sources de production et les redistributions géographiques. La France devra de plus apporter sa contribution au financement par l’Europe des réseaux transfrontaliers, évalués à 500 milliards d’ici 2050. Nous sommes donc face à un mur d’investissements de près de 240 milliards d’€ pour le seul transport/distribution, hors moyens de production et de flexibilités, pour une consommation française en 2050 qui ne serait supérieure que de 16% à l’actuelle dans les documents officiels. »

2) PNC pense que d’ici 2035 un investissement dans les centrales à gaz sera inévitable et bien moins coûteux

« A l’horizon 2035, la consultation écarte l’hypothèse d’un recours à des centrales pilotables de pointe supplémentaires (à gaz type TAC et éventuellement en partie CCG), ce qui conduit à des capacités intermittentes considérables pour répondre à la consommation supplémentaire de 180 TWh visée pour 2035. Cette option, très coûteuse en équipements et en réseaux n’apporte cependant pas la garantie attendue. La faisabilité technique et les conséquences économiques de la gestion de l’intermittence des énergies éolienne et photovoltaïque posent un problème central, sans pour autant apporter la garantie nécessaire de production (éolien terrestre + 36 TWh, éolien marin + 60 TWh et solaire + 32 TWh par rapport à 2023 selon notre calcul) »

Cf aussi la tribune libre de PNC « Pour éviter ruine ou black-out, nous allons hélas devoir construire des centrales à gaz» https://www.lefigaro.fr/vox/societe/pour-eviter-ruine-ou-black-out-nous-allons-helas-devoir-construire-des-centrales-a-gaz-20230927

 

“La capacité pilotable française est aujourd’hui clairement insuffisante et nous oblige à des importations coûteuses lors d’épisodes EnRi européens faibles, comme le montre le tableau ci-dessous. Ceci n’est compensé aujourd’hui que par un accroissement considérable des EnRi sans garantie de fourniture.


Par ailleurs seule une électrification rapide des secteurs des bâtiments et des transports sera efficace du point de vue climatique. Il est donc nécessaire, plutôt que de poursuivre un programme démesuré d’EnRi, de construire dans la décennie des centrales à gaz de pointe, des TAC (et selon les optimisations de CCG en semi-base), préférentiellement dans des régions soufrant d’un déficit de production, afin d’accélérer l’électrification. Fonctionnant de manière épisodique elles émettront peu de CO2, bénéficieront des réseaux et stockages actuels, et assureront une meilleure souveraineté.”

 

“Combien en faudra-t-il ? PNC France estime qu’il faudrait engager immédiatement environ 3 GWe de nouvelles capacité gaz (ce que RTE suggère à demi-mot dans son bilan prévisionnel), sachant que la pesanteur administrative et les multiples concertations rendent probable un délai de mise en service de 6 à 7 ans.”

3) 2050 : plus de nucléaire, c’est possible et cela diminuerait considérablement les coûts de réseau

« A l’horizon 2050/2060, la consultation s’interdit d’envisager un programme nucléaire beaucoup plus dynamique, avec une structure du réseau plus proche de l’actuelle et des productions majoritairement pilotables et centralisées. Cette stratégie réduirait très sensiblement les adaptations des deux réseaux RTE et ENEDIS et limiterait la complexité de la gestion de l’équilibre du réseau. »

 

« PNC-France estime que la quasi-totalité du parc devrait pouvoir être exploitée au moins 60 ans et qu’il est indispensable de prévoir un nucléaire majoritaire en 2050 ce qui implique :

 

- D’engager dès 2024 les 8 EPR2 envisagés par le gouvernement et de définir leurs sites (PPE). Cela donnera en outre un signal de long terme à toute la filière industrielle nucléaire et à l’attractivité des emplois du secteur, emploi qui, il faut le rappeler sera largement national.

 

- De prévoir, à compter de 2035/2040, deux nouveaux réacteurs par an, éventuellement sur des sites nouveaux, avec une répartition géographique (et de source froide) optimale et afin de constituer un réseau HT robuste couvrant tout le territoire, y/compris les régions aujourd’hui fragiles (SFEC). »

4) Beaucoup de flexibilités non chiffrées

« Le financement des effacements de consommation, en particulier chez les industriels mais aussi en faveur des gestionnaires de flexibilités chez les particuliers. Non chiffré.

- Le financement des effacements de production qui devrait couvrir, contrairement à la situation actuelle, les pertes de production des capacités pilotables dont la rentabilité sera menacée. Non chiffré.

- Les investissements et frais d’exploitation de la partie de la technologie hydrogène affectée à une production éventuelle d’électricité. La technologie de l’ensemble électrolyseurs/piles à combustible est peu efficace et, sauf révolution technologique, la souplesse d’adaptation à l’intermittence dans des conditions économiques acceptables reste à démontrer. Le coût des réseaux de distribution et des stockages d’hydrogène est également non chiffré.

- Le système de charge/décharge des batteries des voitures électriques et la compensation de l’accélération de leur obsolescence. Non chiffré

5) Le choix rationnel optimal, c’est un système électrique minimisant le recours aux energies variables intermittentes

« A ce panorama, déjà inquiétant, il faut ajouter qu’à partir de 2030 devrait intervenir la question du financement du renouvellement d’un parc intermittent dont la durée d’exploitation ne devrait pas dépasser 20 à 25 ans. Un parc de la dimension retenue par RTE pour 2035 représente un investissement d’environ 120 à 130 milliards hors back-up et flexibilités pour une production limitée à 220 TWh par an.

La question de fond est donc bien celle de la dispersion des capacités de production et du niveau des productions intermittentes, ce qui devrait conduire à la recherche d’un équilibre optimal capacités pilotables/capacités intermittente en amont de la consultation en cours. D’ici 2035, il faut donc optimiser l’équilibre entre capacités supplémentaires d’EnRi et thermiques à gaz en semi-base et pointe (RTE indique qu’en 2023 les trois-quarts de la production des EnRi sont déjà exportés). L’essentiel est de décarboner le pays, et non l’électricité qui l’est déjà largement, mais aussi de protéger notre pays des surproductions intermittentes de nos voisins, qui s’annoncent considérables.

A l’horizon 2050/2060 les questions essentielles sont :

- La possibilité de porter à au moins 60 ans et si possible 70/80 ans la durée d’exploitation du parc nucléaire. L’ASN devrait donner en 2026 un premier avis pour une durée 60 ans, accompagnée de ses prescriptions en termes de sûreté.

- La possibilité d’accélérer la construction de centrales nucléaires dont la durée d’exploitation pourrait dépasser 80 ans afin de conserver un socle pilotable très robuste, à un niveau proche de l’actuel.

6) PNC sur l’éolien en mer : le programme envisagé est peu raisonnable

« PNC-France estime que le programme envisagé est peu raisonnable, sans retour d’expérience réel sur la productivité et les cinétiques d’évolution, les questions de maintenance, et les investissements en fonction de la caractéristique des fonds marin (en particulier pour l’éolien flottant). Par ailleurs les conflits d’intérêts sont nombreux et les consultations en cours, globalisées, ne feront que les développer. Il est utile de rappeler qu’une puissance deux fois inférieure de nucléaire présente l’avantage de la pilotabilité, d’une moindre dispersion, d’un coût de réseaux très inférieur (non inclus dans l’investissement des opérateurs) et qu’il permet une gestion saisonnière de la production. » 

lundi 14 novembre 2022

L’Estonie se prépare à entrer dans le club nucléaire : 1) rapport intermédiaire Possibilités d'utilisation de l'énergie nucléaire en Estonie » (sept 2022)

 C’est émouvant, une nouvelle nation qui veut entrer dans l’ère nucléaire ! Rapport officiel  intermédiaire au Parlement estonien, le  rapport final du groupe de travail, qui sera achevé d’ici la fin de 2023,   

https://twitter.com/buchebuche561/status/1583113864245149698?t=o8CXanxabDYPfbL1GGXjhQ&s=09

L’entrée dans l’ère nucléaire :  les raisons : défi climatique, sécurité énergétique, compétitivité, sécurité du réseau et flexibilité de la production et des usages   

« La vision stratégique à long terme de la Commission européenne du 28 novembre 2018 intitulée « Une planète propre pour tous » s’est fixé pour objectif de parvenir à une économie neutre pour le climat d’ici 2050….

La guerre en Ukraine, le comportement instable de la Russie en tant qu’exportateur d’énergie, ainsi que l’imposition de sanctions à la Russie, ont exacerbé la nécessité d’assurer la sécurité énergétique dans toute l’Europe et l’ont placée parmi ses priorités politiques

«  Afin d’accroître la sécurité, la durabilité et la compétitivité énergétiques de l’Estonie et d’atteindre ses objectifs climatiques pour 2050, le « Plan national estonien en matière d’énergie et de climat pour 2030 » et « Analyse des moyens de relever l’ambition climatique de l’Estonie » ont proposé l’introduction de l’énergie nucléaire après 2030 comme l’une des solutions possibles »

Défi climatique : « Depuis les années 1970, l’énergie nucléaire a largement contribué à ralentir la croissance des émissions mondiales de CO2. Entre 1971 et 2020, environ 66 Gt de carbone ont été évités , en supposant que d’autres sources d’électricité qui se sont développées parallèlement à l’énergie nucléaire, y compris les combustibles fossiles, auraient plutôt été augmentées proportionnellement. Les émissions totales provenant de la production d’électricité au cours de cette période auraient été près de 20 % plus élevées et les émissions totales liées à l’énergie de 6 %. Sans l’énergie nucléaire, les émissions de production d’électricité au Japon auraient été environ un quart plus élevées, et en Corée et au Canada environ 50 % plus élevées. »

« Comme de  manière réaliste, la  première centrale nucléaire en Estonie pourrait être achevée d’ici 2035 au plus tôt, l’introduction de l’énergie nucléaire ne contribuerait pas aux objectifs fixés par l’Estonie pour 2030, mais contribuerait à atteindre les objectifs fixés pour 2050 »

Sécurité du réseau et flexibilité de la production et des usages  : Le rôle de l’énergie nucléaire pour assurer la sécurité de l’approvisionnement À mesure que la part des énergies renouvelables augmente, la capacité du système électrique à faire face à la variabilité et à l’incertitude de la demande et de l’offre de manière fiable et rentable est un facteur de plus en plus important pour la sécurité de l’électricité. Afin d’assurer la stabilité instantanée du système électrique et la sécurité d’approvisionnement à long terme, une flexibilité est nécessaire à différents intervalles de temps, de minute en minute, d’heure en heure et d’une saison à l’autre.

En France, où l’énergie nucléaire couvre la majeure partie des besoins de production d’électricité, le besoin de flexibilité est pris en compte dans la conception des réacteurs, ce qui permet à certaines centrales d’augmenter ou de diminuer leur production rapidement et à court terme (en quelques heures) afin de fonctionner en mode de suivi de charge… Bien que les pays n’aient jusqu’à présent pas utilisé l’énergie nucléaire comme premier choix pour la flexibilité, de nombreux réacteurs peuvent être utilisés à cette fin sans ou avec des modifications techniques minimes.

Les nouvelles technologies nucléaires, y compris les petits réacteurs modulaires, sont considérées comme une occasion de passer de la production d’électricité à la production de chaleur, d’ammoniac ou d’hydrogène ou de les produire en même temps que de l’électricité

Les conditions de compétitivités

Compétitivité dans la productions électrique : Le principal obstacle économique est le coût élevé du capital par rapport à d’autres sources d’énergie à faibles émissions. 

De meilleures mesures, telles que LCOE ajusté en fonction de la valeur (VALCOE), peuvent également vous aider à comparer et à classer différentes technologies en fonction d’autres valeurs. La VALCOE des énergies éoliennes et solaire se détériorera à mesure que leur part de la production totale augmentera, tandis que celle de l’énergie nucléaire et d’autres options de production gérée s’améliorera plutôt. Le coût de construction de nouveaux réacteurs nucléaires est crucial pour le rôle futur de l’énergie nucléaire dans la transition mondiale vers une énergie propre. Si le coût de construction de la nouvelle énergie nucléaire tombait à 2000 USD/kW (environ 1900 €) ou moins (par rapport aux coûts actuels, qui vont de 2800 USD/kW (environ 2660 €)) à plus de 12 000 USD/kW (environ 11 400 €), elle serait en mesure de concurrencer directement les  énergies solaire et éolienne dans la plupart des régions

NB : le rôle de la VALCOE comme instrument de comparaison avait été très bien expliqué dans le Rapport sur le nucléaire du Parlement Néerlandais., notamment sur les coûts systèmes 

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/11/role-possible-du-nucleaire-dans-le.html

Compétitivité de l’énergie nucléaire dans la production d’hydrogène :  « Selon l’AIE, il est peu probable que les nouvelles centrales nucléaires soient compétitives par rapport aux énergies renouvelables ou aux combustibles fossiles dans la production d’hydrogène aux prix actuels » 

Cependant, le rapport rappelle que cette analyse « ne tient pas compte des autres avantages potentiels de l’énergie nucléaire pour la production d’hydrogène, tels que sa maniabilité et sa capacité à produire en continu. La technologie nucléaire peut produire de grandes quantités d’hydrogène plus près du lieu de consommation, réduisant ainsi le besoin d’infrastructures de transport et de distribution de l’hydrogène. »

Compétitivité de l’énergie nucléaire dans le chauffage urbain :  « Pour que la cogénération nucléaire soit compétitive par rapport aux combustibles fossiles combinés au CCUS, à la biomasse ou aux pompes à chaleur électriques pour les applications industrielles et le chauffage urbain, les coûts d’investissement de la centrale doivent généralement être d’environ 3000 USD/kWe, et l’emplacement approprié pour la centrale doit également être situé à proximité des consommateurs de chauffage urbain. Les délais de planification et de construction devraient également être raisonnablement courts (en fonction notamment du temps consacré aux études environnementales) afin de limiter le risque de dépassement des coûts. C’est également là que la question de la sûreté nucléaire entre en jeu, car les centrales de cogénération doivent être situées à proximité des centres de population afin de minimiser les pertes et les coûts associés lors du transfert de chaleur sur de longues distance. »

Conclusion : «  Dans le plan national estonien en matière d’énergie et de climat pour 2030 (REKK 2030)10, les réacteurs nucléaires modulaires ont été considérés comme l’une des options alternatives pour produire de l’électricité en Estonie. Dans le même temps, il est également noté qu’ils nécessitent des travaux préliminaires approfondis – études, travaux préparatoires et construction (estimés à 10 ans) – et que des réacteurs modulaires plus petits qui ne sont pas encore en service dans le monde pourraient convenir aux conditions estoniennes.

Ce seront donc des SMR, mais lesquels ? (voir partie 2)

Les défis à relever : tout est à bâtir

Cadre juridique : « À l’heure actuelle, l’Estonie ne dispose pas du cadre juridique, des autorités compétentes ou des experts en la matière nécessaires pour construire une centrale nucléaire. Selon la loi sur les rayonnements, une autorisation pour de telles activités ne peut être demandée qu’après que le Riigikogu a adopté une décision sur la mise en service d’une installation nucléaire. La mise en service d’une centrale nucléaire, quelle que soit la technologie à déployer, comprend au moins 10 à 15 ans d’activités préparatoires, telles que la mise en place d’un cadre juridique et réglementaire, les activités de planification et de construction et la délivrance de permis. Le processus de préparation couvre également un montant important (estimé à 10+ millions d’euros) de coûts, y compris pour l’analyse et la génération de compétences avant même qu’il ne soit clair si la centrale nucléaire sera construite en Estonie »

Les déchets : entreposage ultime à prévoir, mais pas dans l’immédiat : « Il n’est possible de planifier une centrale nucléaire en Estonie que s’il n’est possible d’éliminer le combustible nucléaire irradié en Estonie. L’analyse spatiale qui sera préparée dans un premier temps permettra de déterminer s’il existe des conditions spatiales (principalement naturelles et géologiques) pour la planification d’une centrale nucléaire et d’un site de stockage final du combustible usé en Estonie. S’il y a des conditions préalables pour les deux, il est possible de planifier une centrale nucléaire. Selon les normes internationales, le combustible usé peut être stocké dans un site de stockage intermédiaire appartenant à une centrale nucléaire jusqu’à la fin de la durée de vie de la centrale nucléaire (40-80 ans). Par conséquent, lors de l’élaboration d’un plan, le site de stockage final n’est pas planifié. Ceci est fait lorsque le besoin s’en fait sentir.

Autorité de Sureté : Création d’un régulateur nucléaire : conformément à la loi sur les rayonnements, le ministère de l’environnement organise des activités de sûreté radiologique (y compris la sûreté nucléaire) en Estonie dans les limites de ses compétences, en associant d’autres autorités compétentes et en tenant compte, entre autres, de l’expérience du secteur .. Sur la base des données de Fermi Energia AS « Analyse de faisabilité de l’adéquation d’un petit réacteur modulaire (VMR) pour assurer l’approvisionnement énergétique de l’Estonie et atteindre les objectifs climatiques d’ici 2030+ », il faudra au moins 10 millions d’euros pour créer une compétence nationale et créer un cadre juridique. Si une décision positive est prise sur l’introduction de l’énergie nucléaire, le régulateur devrait être créé après l’approbation du Riigikogu, vraisemblablement en 2024. Afin d’accélérer le processus d’introduction de l’énergie nucléaire, la proposition de création d’un régulateur nucléaire devrait être proposée pour approbation avec le rapport final au Parlement (fin 2023)

Acceptabilité sociale / attitude générale vis-à-vis du nucléaire

Une enquête a révélé que que les résidents de l’Estonie sont positifs à l’égard de l’énergie nucléaire – 59% soutiennent l’introduction de l’énergie nucléaire, tandis que 22% ont exprimé leur opposition.  67 % estime que la Lettonie devrait coopérer avec les pays voisins (nordique-balte) afin d’utiliser l’énergie nucléaire.

Plus de la moitié de la population estonienne se considère familière avec le principe général de la production d’énergie nucléaire, un peu plus d’un tiers considèrent que le domaine ne leur est pas familier, mais sont intéressés par de nouvelles connaissances. Dans les segments où le niveau de connaissance est plus élevé, la proportion de défenseurs de l’énergie nucléaire est plus élevée.

Les plus grandes craintes liées au nucléaire sont les risques environnementaux potentiels posés par la gestion des déchets radioactifs; le besoin d’information est également le plus grand dans ce domaine.

En tant que source d’information sur le nucléaire , la télévision et la radio et les thématiques sont préférées au web

Si l’attitude générale de la population estonienne à l’égard de l’introduction de l’énergie nucléaire est plutôt favorable (59%), elle peut changer considérablement sur des points spécifiques. Une communication honnête et transparente est nécessaire pour que, pour quelque motif que ce soit, le sujet ne soit pas utilisé pour créer des confrontations dans la société et que le débat ne soit pas tué tant qu’il ne peut pas réellement commencer.

Les phases du projets

Phase I:de 2 à 5 ans : Analyse et considérations préalables à la décision d’introduire l’énergie nucléaire (préparation du projet). À la fin de la première phase, le pays devrait être prêt à prendre une décision réfléchie et éclairée sur l’introduction de l’énergie nucléaire. En fin de compte, il doit répondre à la question de savoir si et pourquoi l’énergie nucléaire serait la meilleure option pour le pays.

Phase II : environ dix ans : La décision de principe d’autoriser la construction d’une centrale nucléaire a été prise. Lors de la deuxième étape, des activités préparatoires sont réalisées, qui sont une condition préalable à la conclusion des contrats et à la construction (activités de développement de projets, plans). À la fin de la phase II , les négociations sur un contrat pour la construction d’une centrale nucléaire doivent pouvoir commencer.

Les coûts concernent notamment le cadre réglementaire et juridique nécessaire à la mise en œuvre du programme nucléaire, le développement des compétences et la mise en place d’une infrastructure nationale de soutien au programme nucléaire. (aurorité de Sureté)

Phase III :  Dans la troisième phase, des activités sont menées pour la mise en service de la première centrale nucléaire (décision finale de financement, conclusion des contrats, construction). À la fin de la phase, qui peut durer de 7 à 10 ans, le pays devrait être prêt à autoriser la mise en service et l’exploitation de la première centrale nucléaire.

Si la durée de la phase I en Estonie est considérée comme étant de trois ans (une décision de principe en 2024), la phase II est de 7 à 10 ans et la phase III est de cinq ans, alors, selon le scénario le plus optimiste, la première centrale nucléaire en Estonie pourrait commencer à fonctionner après 2035.


Le Financement

Un certain nombre d’experts internationaux et de représentants de l’AIEA ont estimé raisonnable de coopérer entre les secteurs public et privé ou de financer un projet de construction reposant entièrement sur des capitaux privés, étant donné que les VMR sont moins capitalistiques que les grandes centrales nucléaires.

Néanmoins , il est souhaitable de  réduire le risque de rendement : « Si le gouvernement n’est pas un bailleur de fonds direct du projet, il peut tout de même jouer un rôle important dans la réduction du risque pour les investisseurs. L’une des considérations les plus importantes pour les investisseurs est la tarification de l’électricité, qui doit être efficace et rationnelle. Les rendements exigés par les investisseurs pour financer un projet dépendent principalement du niveau de risque qu’ils doivent prendre.

Sur les marchés libres où la part des énergies renouvelables variables est élevée, la baisse et la forte volatilité des prix de l’électricité créent des conditions difficiles pour investir dans de tels actifs sans subventions. Afin d’assurer un financement abordable sans subvention, la prévisibilité du prix de l’électricité est nécessaire pour garantir que les coûts d’investissement initiaux sont couverts pendant toute la durée de vie du projet. Sur les marchés réglementés, la régulation des tarifs facturés aux clients assure cette stabilité. En l’absence d’une telle stabilité, les technologies à faible intensité de capital peuvent être préférées, même si leurs coûts de durée de vie sont plus élevés.

 Assurer un financement compétitif des centrales nucléaires (ainsi que d’autres technologies à faible intensité de carbone) sur des marchés non réglementés dépend donc souvent de l’utilisation de mécanismes qui assurent effectivement la stabilisation à long terme des prix de l’électricité. Ces mesures comprennent les contrats d’achat d’électricité, les tarifs d’achat (FiT) et les contrats d’écart compensatoire (CfD). Contrat d’achat d’électricité (PPA)

Problèmes des CFD : « qu’est un « CfD équitable ». Le rôle du gouvernement est de prendre cette décision au nom des citoyens. Si le CfD est trop élevé, il peut être interprété comme une subvention – cela permet au producteur d’obtenir un rendement qui ne serait pas possible dans une situation de marché libre. S’entendre sur une juste valeur CfD pendant 30 ans est extrêmement difficile. Les prix actuels du marché sont souvent considérés comme une référence utile. Cependant, dans de nombreux marchés libres, les prix de gros correspondent à des coûts variables à court terme et sont donc nettement inférieurs au coût moyen de production d’électricité (qui comprend l’investissement de la centrale »

Il est nécessaire de prendre des décisions qui renforcent la confiance des investisseurs. L’intensité capitalistique des projets d’énergie nucléaire signifie que le coût du capital a un impact important sur les coûts de production. La réduction du risque pour les investisseurs peut réduire la composante des coûts totaux associés au financement. L’implication du gouvernement dans le projet facilite généralement l’obtention de prêts bon marché. Les prêteurs sont encouragés par le fait que, en dernier recours, les prêts sont en fait soutenus par l’État.. La participation de l’État au sens traditionnel peut être directe si le projet est financé par le budget de l’État, si l’entreprise de services publics exploitant la centrale appartient à l’État ou si le gouvernement détient une participation majoritaire, ou indirecte, par exemple, une aide financière sous forme de garanties.


dimanche 7 novembre 2021

RTE, scenarios « Futurs énergétiques 2050 : quelques compléments

Suite des billets sur ce blog, quelques note supplémentaires laissées de côté ou insuffisamment traités dans les deux  blogs précédents

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/11/les-futurs-energetiques-2050-de-rte.htmlhttps://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/11/rte-scenarios-futurs-energetiques-2050.html

 1) Capture et stockage du carbone« Puisque les énergies fossiles ne sont plus une option, que la solution du captage et stockage du carbone (CCS) n’est pas privilégiée pour des raisons de maturité technologique, d’acceptabilité et de disponibilité technique » (Chap1 p.8)

 Remarque :ben ça, on peut en discuter. En terme d’utilité, cette technique a fait l’objet de commentaires plutôt positifs dans le dernier rapport du GIEC (Climate Change 2021) :

« Toutes les voies analysées limitant le réchauffement à 1,5 °C d’ici 2100 sans dépassement ou avec dépassement limité comprennent l’utilisation du CCS dans une certaine mesure pour compenser les émissions anthropiques de CO2… Des options de CCS abordables et acceptables sur le plan environnemental et social à l’échelle nécessaire bien avant 2050 sont un élément important des trajectoires cohérentes à 1,5 °C »

Cf . https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/08/le-carbone-capture-and-storage-une.html.

Quant à l’acceptabilité et la disponibilité techniques, elles ne posent pas de difficultés fondamentales ou techniques majeures (beaucoup moins que l’hydrogène ou les scénarios 100%ENR) et la recherche développement progresse à grand pas.  J’entends bien que RTE entend se passer totalement de gaz pour la production électrique, ça aussi c’est un sacré pari quand on voit la place dans ses scénarios du biogaz ou de l’hydrogène. De toute façon, le CCS sera développé.

2) Sobriété :insuffisant

« l’activation simultanée des leviers du scénario sobriété n’apparaît pas de nature à infléchir la tendance prévisionnelle d’augmentation de la consommation d’électricité dans un cadre de neutralité carbone. » (C3p.51)

3) Scenario 100%ENR (M0) :en fait, non !

« Il ne peut exister aucune ambiguïté sur le caractère très ambitieux de tels rythmes, qui dépassent les meilleures performances européennes en la matière, et qui semblent aujourd’hui difficilement atteignables au vu des rythmes constatés et projetés et des difficultés d’acceptabilité des nouveaux projets. La faisabilité technique de M0 est en outre conditionnée aux différentes conditions listées dans le rapport publié conjointement par RTE et l’Agence internationale de l’énergie en janvier 2021. »

Non seulement, il est beaucoup plus cher, mais en plus, on en reste aux conclusions du rapport RTE/IAE de janvier 2021. Soit une quasi impossibilité :

Ce rapport listait 4 conditions essentielles :

(1) l’arrivée à maturité de solutions technologiques permettant de maintenir la stabilité du système électrique sans production conventionnelle : 2)  le déploiement à grande échelle des flexibilités : flexibilité de la demande, les capacités d’effacement, le pilotage « intelligent » de la consommation…(3)  la maîtrise des enjeux de développement des réserves techniques (« Bien que le dimensionnement des réserves opérationnelles et la responsabilité d’équilibre soient des enjeux bien identifiés dans le débat actuel sur l’architecture de marché, ce point n'a pas suscité une forte attention dans le cadre des travaux prospectifs sur les scénarios de long terme. Ainsi, l’effet de l'éolien et du photovoltaïque sur les réserves opérationnelles n'est généralement pas pris en compte dans les publications académiques sur le déploiement à grande échelle des EnR . (4) une mise à niveau des réseaux électriques nationaux.

Cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/rapport-iearte-conditions-et-prerequis.html

Les trois premières n’ont à ce jour aucune solution industrielle en vue, et la quatrième (le déploiement des réseaux) se heurte à un refus d’ acceptabilité sociale très forte (cf l’expérience allemande de l’energiewende : sur 3600 km de réseau supplémentaire prévus pour  2015, seuls 17% étaient réalisés en 2019 ; or l’Energiewende complète exigerait 11.000 km ! En réponse, la loi a été modifiée pour limiter les recours des riverains…)

4) Besoins de flexibilité :en explosion ! Gaz vert, vraiment ?

 

À l’horizon 2050, les besoins totaux de nouvelles flexibilités sont importants dans tous les scénarios et se situent entre 28 GW et 68 GW.( allez, une vingtaine d’EPR ?)

 

Le besoin de modulation intra-journalier augmente très fortement jusqu’à +600% à l’horizon 2060 dans les scénarios avec beaucoup de production solaire, sous l’effet principal du cycle jour/nuit de la production solaire…

 

Le besoin de modulation intra-hebdomadaire augmente très fortement, jusqu’à +300% dans les scénarios avec un fort développement de l’éolien, du fait de la variabilité d’un jour sur l’autre de la production éolienne

 

En second lieu, les scénarios nécessitent une flexibilité accrue de la demande…il peut être nécessaire de construire de nouvelles unités thermiques (cycle combiné, turbine à combustion) devant nécessairement utiliser des combustibles décarbonés..




 

Et c’est là qu’arrive…

 

5) Le problème du biogaz et de l’hydrogène

 

« La SNBC prévoit ainsi de l’ordre de 150 TWh de biométhane accessible en France à long terme (à comparer aux 480 TWh de consommation actuelle de gaznaturel), tandis que d’autres études suggèrent même que le gisement pourrait être plus limité… . Une alternative consistant à transporter le gaz par camions (biométhane « porté ») est également possible mais présente plusieurs inconvénients (nuisances, consommation énergétique du transport, etc.).l’hypothèse  de référence consiste à considérer (i) un volume de biogaz utilisable pour la production d’électricité inférieur au niveau prévu par la SNBC et (ii) une utilisation dans des installations de cogénération non flexibles .

 

Le couplage sectoriel avec l’hydrogène s’impose comme l’un des moyens les plus pertinents pour assurer le bouclage des scénarios en limitant l’utilisation de biométhane, mais nécessite que les infrastructures de production et de stockage associées à l’hydrogène soient bien dimensionnées…

 

Cependant, la boucle power-to-hydrogen-to-power est caractérisée par un rendement de l’ordre de 40% au maximum, nettement plus faible que celui du stockage par batterie ou des STEP (mais meilleur que celui d’autres alternatives de stockage de masse via le méthane, l’éthanol ou l’ammoniac). Elle nécessite par ailleurs de maîtriser l’ensemble de la chaîne logistique (électrolyse, transport, stockage, production d’électricité dans des centrales dédiées) à une échelle industrielle et de bien dimensionner les infrastructures de stockage. »

Encore une fois, le comité de prospective de la CRE se montrait beaucoup moins optimiste sur l’hydrogène, compte-tenu des difficultés et des dangers de sa fabrication (compression), stockage et distribution

 

Cf. sur ce blog

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/07/comite-de-prospective-de-la-cre-le.html, https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/09/les-enjeux-de-lhydrogene-le-rapport-de.htm

De fait, dans le chapitre 9, RTE douche un peu l’enthousiasme sur l’hydrogène :

Un effet de mode ? : La place de l’hydrogène dans les scénarios de neutralité carbone est l’un des grands enjeux actuels de la prospective énergétique. Ce renversement est d’autant plus spectaculaire que l’hydrogène tenait jusqu’alors une place marginale dans les stratégies énergétiques et climatiques mondiales.

Des stratégies divergentes : « la stratégie française consiste à produire l’hydrogène sur le territoire national selon le principe de souveraineté énergétique posé par la SNBC, d’autres pays comme l’Allemagne comptent spécifiquement sur des imports d’hydrogène, depuis des pays européens ou extra-européens, pour atteindre la neutralité carbone (NB en fait surtout africains avec une vision quelque peu néocoloniale et qui pose de sacrés problèmes logistiques) »

Un avenir en fait très incertain : « Des acteurs comme Agora Energiewende ou l’IDDRI suggèrent de concentrer dans un premier temps le développement de l’hydrogène sur des usages privilégiés dans l’industrie et indiquent par ailleurs que la construction d’un réseau d’hydrogène transeuropéen n’est pas la priorité. D’après ces acteurs, ce type d’infrastructures présente un risque de coûts échoués important, en l’absence de vision claire et consensuelle sur les projections de demande d’hydrogène…

Cette option admet néanmoins des prérequis importants et est soumise à des incertitudes technologiques (la mise au point des turbines à hydrogène est encore en cours d’expérimentation) et surtout industrielles : disponibilité de stockages d’hydrogène (stockage salins notamment) et développement d’un réseau d’hydrogène. »

Et bien sûr, la nécessité du recours à l’hydrogène pour équilibrer le réseau est très très dépendante des scenario

Et pour finir, sur les coûts : « Le prix de revient du gaz vert est déterminé dans les «Futurs énergétiques 2050» de manière endogène : il dépend du prix de l’électricité utilisée pour produire de l’hydrogène, et donc du mix électrique français…. Les coûts de production d’électricité à partir de thermique décarboné émergent dans tous les cas à un niveau élevé et très largement supérieur au coût complet des énergies renouvelables et du nucléaire. Ils atteignent un coût variable de production thermique pouvant être compris entre 120 €/MWhe dans le meilleur des cas (cycle combiné fonctionnant avec un gaz à 70 €/MWhgaz) à 400 €/MWhe dans le pire (turbine à combustion utilisant du méthane de synthèse à 160 €/MWhgaz).

 

Or prévient RTE :  « l’atteinte de l’objectif de décarbonation du système électrique est en partie conditionnée à la faculté de décarboner totalement le gaz utilisé dans les centrales thermiques, notamment dans les scénarios sans nouveau nucléaire »

 

6) Les ENR marines : déjà très chères et beaucoup d’incertitudes

 

« Des besoins d’investissements en forte hausse pour assurer le raccordement des parcs éoliens en mer Les scénarios M nécessitent une accélération extrêmement forte du rythme de raccordement (entre 2 GW/an et 3 GW/an sur la période 2035-2050 contre moins d’un GW par an au rythme actuel). Cette accélération se traduit directement dans les dépenses d’investissement pour le raccordement : celles-ci atteignent ainsi de l’ordre de 2 Md€/an dans les scénarios M sur la période 2035-2050. D’une façon générale, les coûts de raccordement des énergies marines sont soumis à de fortes incertitudes, supérieures à celles rencontrées pour des types de réseaux plus conventionnels. »

Le développement de l’éolien en mer en France ne pourra pas suivre le même chemin que celui des pays riverains de la mer du Nord. En effet, les caractéristiques de profondeur au large de certaines côtes françaises conduisent à privilégier l’éolien flottant notamment sur les façades maritimes bretonnes et méditerranéennes (caractérisées par des profondeurs chutant rapidement au large des côtes). À ce stade, la technologie des postes flottants n’est pas maîtrisée sur le plan industriel. Dans les «Futurs énergétiques 2050», tous les parcs envisagés à 2050, y compris les parcs flottants en Méditerranée ou en Bretagne, sont donc raccordés avec des postes électriques en mer qui seraient posés sur des fondations ancrées au fond marin par des pieux («Jacket»).

Les débats publics menés sur les différentes façades depuis 2019 pour les prochains appels d’offres mettent ainsi en évidence des demandes récurrentes d’éloigner les parcs des côtes, à des distances de plusieurs dizaines de kilomètres, afin de limiter les impacts sur l’environnement, la concurrence d’usages pour la pêche ou encore le tourisme et pour tenir compte des enjeux paysagers. Cet éloignement permet également de bénéficier de vents plus forts et stables »

 

6) Evaluation du coût du nucléaire : des options maximisées

 

Prolongation du nucléaire historique : Le Bilan prévisionnel 2017 avait déjà établi que la prolongation de la durée de vie des réacteurs était une option compétitive. Cette conclusion est largement confortée par les nouvelles évaluations réalisées dans le cadre des «Futurs énergétiques 2050.

Rapportées au nombre de visites décennales projetées (ou plus précisément à la puissance totale des réacteurs concernés par des visites décennales), les références de coûts conduisent dans tous les cas à un ordre de grandeur similaire d’investissements d’environ 600 à 650 k€/MW pour prolonger l’exploitation des réacteurs de dix ans (NB :soit 50 milliards pour l’ensemble du Grand Carénage-22 réacteurs).

«  Même en intégrant de manière rigoureuse la totalité des investissements nécessaires à la poursuite de l’exploitation du nucléaire existant au-delà de 40 ans et au changement des gros composants des centrales, les coûts de production à engager.se situeraient autour de 30 à 40 €/MWh en coût de prolongation (hors remboursement et rémunération de l’investissement initial), soit un niveau plus faible que celui de nouvelles installations renouvelables à cet horizon (40-80 €/MWh). Ceci fait de la poursuite de l’exploitation des réacteurs existants l’option économique la plus compétitive à moyen terme, et ce dans toutes les configurations étudiées »

                                                    

Les EPR : 4700 €/kW pour des EPR2 de série. : « Pour l’EPR de Flamanville, les dernières estimations communiquées par EDF prévoient un coût total de construction de l’ordre de 12,4 Md€2015 (environ 13 Md€2020), soit 7900 €2020/kW. Début 2021, EDF a par ailleurs revu le coût du projet Hinkley Point C en Grande Bretagne à 25-26 Md€2020, soit 7800 à 8100 €2020/kW

S’agissant du nucléaire historique, pour les paliers P4 et N4, des gains de 25 à 30% avaient été constatés entre les têtes de série industrielles et les réacteurs construits ultérieurement

Ces projections conduisent à retenir, dans la trajectoire de référence (coût médian intégrant déjà des provisions pour risque), des coûts de construction de l’ordre de 5500 €/kW pour les premiers (soit environ 9 Md€ par tranche EPR en comparaison des 12,4 Md€2015 correspondant à la dernière estimation pour l’EPR de Flamanville), avec une perspective de baisse à 4700 €/kW pour des EPR2 de série.

 

 Le démantèlement : Les charges pour démantèlement sont  des coûts prévisionnels intégrés dans les provisions à constituer à la construction des réacteurs

La loi française prévoit que ces coûts soient provisionnés par l’opérateur pour la gestion des charges futures20 : ils sont donc bien pris en compte dans l’estimation des coûts complets annualisés au titre de l’amortissement des coûts passes : les coûts liés au démantèlement pour les futurs réacteurs s’établit à environ 290 M€ de provisions à constituer à la mise en service de chaque réacteur de type EPR2, soit environ 180 €/kW de CAPEX initiaux. Dans l’analyse de RTE, ce montant est ajouté au coût des investissements à amortir à la mise en service des réacteurs

 

Les déchets : « l’hypothèse retenue pour les «Futurs énergétiques 2050» se fonde sur une évaluation volontairement conservatrice intégrant un principe de prudence, de sorte à ce que la comparaison entre les scénarios M et N ne puisse souffrir d’un risque de sous-estimation des charges futures liées au stockage des déchets nucléaires »

 

« À l’horizon 2030, des mesures sont nécessaires pour éviter la saturation des piscines existantes, qui limiterait la faculté à entreposer les combustibles usés et pourrait contraindre le fonctionnement de certaines centrales du parc nucléaire. À brève échéance, la densification des piscines de La Hague permettra d’en augmenter la capacité d’entreposage de 30%. Malgré cela, une piscine additionnelle sera nécessaire, pour un montant évalué entre un et deux milliards d’euros. Cet investissement est intégré à l’évaluation économique des scenarios (Chap11p.462) »

 

Cigéo : « les coûts considérés sont de 31 Md€2020  au périmètre de l’inventaire de référence » ;  à ceci s’ajoute «  une majoration supplémentaire de 10 Md€ pour prendre en compte la possibilité d’accueillir environ 20000 tonnes de déchets supplémentaires »

 

 

7°) Les points de vigilance sur la décarbonation

 

- l’atteinte de l’objectif de décarbonation du système électrique est en partie conditionnée à la faculté de décarboner totalement le gaz utilisé dans les centrales thermiques, notamment dans les scénarios sans nouveau nucléaire

 

- En cas de non-atteinte des objectifs de développement des énergies renouvelables ou du nucléaire,il existe  un risque de compensation par des centrales au gaz fossile

 

- un scénario de «substitution» plutôt que «d’addition» entre énergies bas-carbone conduit à faire augmenter les émissionss.  Seule une logique «additive» entre les énergies bas-carbone permet au système électrique de pourvoir à court/moyen terme à des besoins en augmentation

 

Traduction :  remplacer du nucléaire par de l’éolien est une très, très mauvaise idée  qui conduirait immanquablement à l’échec de la décarbonation. Ca s’explique très bien ainsi :


8) Dépendance et matériaux stratégiques: de nombreuses criticités, surtout pour les ENR

 

C’est un chapitre très développé dans le rapport final, et un vrai sujet d’inquiétude déjà traité notamment par l’Ademe

Sur ce blog :

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/06/le-photovoltaique-choix-technologiques.html

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/01/les-reseaux-electriques-choix.html

 

De nombreuses ressources nécessaires à la transition du système énergétique (cuivre, lithium, cobalt, Aluminium, Silicium…) présentent des enjeux de criticité réels, qui peuvent être de multiples natures et spécifiques à chaque ressource : volume des réserves connues, monopole, conflit d’usage et importance économique, substituabilité, impacts environnementaux liés à leur extraction…

 

Lithium : très critique : « Les réserves mondiales de lithium connues à l’heure actuelle apparaissent limitées en regard de la croissance de la consommation. Le scénario de référence décrit dans les «Futurs énergétiques 2050» prévoit une demande cumulée en lithium d’environ 1 million de tonnes sur les trente prochaines années pour électrifier 95% du parc de véhicules légers en France et décarboner les transports. Cette demande représente de l’ordre de 5% des réserves mondiales connues de lithium, pour les seuls besoins associés aux véhicules électriques français. lLutilisation du lithium dans les batteries apparaît aujourd’hui difficilement substituable dans la mesure où la technologie lithium-ion est largement dominante. L’approvisionnement en lithium pose des questions de dépendance géostratégique visà-vis de la Chine. Celle-ci constitue un acteur majeur intégré dans le secteur du lithium avec deux importantes compagnies, Tianqi Lithium et Ganfeng Lithium Co. »

 

Conclusion de RTE : « un des principaux leviers pour réduire la demande en métaux critiques des batteries consiste à accompagner la décarbonation des transports et le développement du véhicule électrique d’une approche de sobriété (traduction : des voitures plus petites, moins lourdes, limitation des transports individuel)

 

Cuivre : très très critique :  un métal critique, consommé dans le secteur électrique et de nombreux autres secteurs, et qui présente un risque de tensions sur l’approvisionnement à moyen terme

 

Le cuivre est aujourd’hui utilisé dans la plupart des secteurs économiques et notamment dans le secteur du bâtiment que ce soit pour l’électricité, les télécommunications ou la plomberie, ou encore dans les infrastructures de production et de transport d’électricité. Il est également utilisé dans l’automobile, les biens de consommation, la réfrigération et la climatisation, etc. Le cuivre constitue en conséquence une ressource désormais très stratégique.

 

Plusieurs organismes mentionnent un point de vigilance concernant l’approvisionnement en cuivre. L’Agence internationale de l’énergie projette par exemple un pic d’extraction autour de 2024 compte tenu des mines existantes, de celles en construction et du besoin de cuivre pour la transition énergétique. L’IFPen estime dans une autre étude que la consommation mondiale de cuivre cumulée d’ici 2050 pourrait dépasser le niveau de ressources connues en 2019. Même en prenant en compte les capacités de recyclage du cuivre (aujourd’hui environ un tiers de la demande mondiale est satisfaite à partir de cuivre recyclé), la consommation de cuivre primaire d’ici 2050 s’élèverait à plus de 80% des ressources connues en 2019 soit un niveau susceptible de compliquer fortement l’approvisionnement en cuivre. Le niveau de réserves rapporté au volume de consommation du cuivre est stable depuis plusieurs années et estimé à 30-40 ans. Bien que les budgets d’exploration sur les dernières années soient en hausse, le rythme de découverte de nouveaux gisements s’étiole, en particulier depuis 2014. Le manque de découverte de nouveaux gisements susceptibles de prendre le relais des grands gisements en fin de vie conduirait à de sérieux problèmes d’approvisionnement dans un futur proche, notamment dans un contexte d’accroissement de la demande. Des fluctuations récentes du prix du cuivre illustrent dès à présent les tensions croissantes sur l’approvisionnement de cette ressource. Dans ce contexte, le recyclage constitue un levier essential…

 

Aluminium : un classement comme matière critique par la Commission européenne mais des enjeux a priori moins contraignants que pour le cuivre

 

En 2020, la Commission européenne a ajouté la bauxite, matière première de l’aluminium à la liste des matières premières critiques (en même temps que le lithium, le titane et le strontium), du fait de plusieurs évènements significatifs qui ont mis en avant la fragilité de la chaîne d’approvisionnement de l’aluminium.

 

Remarque : le rapport fait ici allusion à la »crise des oligarques russes de 2018 » (des sanctions américaines  contre Rusal  ont révélé la dépendance très forte de l’Europe vis-à-vis de Rusal qui livre 85% des producteurs européens ) Ben oui, mais on a laissé disparaitre dans l’indifférence et au nom de la sacro-sainte concurrence l’industrie européenne et française (c’était quand même un point fort de la France) l’industrie de l »aluminium. Rappelons aussi que Dunkerque est devenue la plus importante fonderie d’aluminium de l’Union européenne, en produisant à elle seule en 2018, 13,5% de l’aluminium de l’Union (284 000 tonnes). Elle ne fonctionnerait pas sans l’électricité très bon marché et très décarbonée des six réacteurs de 900 MWe de Gravelines)



Rappelons que le  nucléaire est respectivement 20, 2 000 et 1 00 fois plus économe en cuivre que l’éolien terrestre, l’éolien maritime et le solaire PV, rapporté à l’énergie produite sur le cycle de vie de l’installation (source IRENA-2019 et JRC-2020).

Et c’est d’ailleurs vrai de tous les matériaux..




Silicium : très critique aussi

 

Dans les deux derniers mois, le prix du silicium métallique a bondi de +300% d’après l’agence Bloomberg. Cette évolution s’explique notamment par un ralentissement de la production chinoise de silicium, du fait d’un rationnement…

Le prix des panneaux photovoltaïques polycristallins pourrait en conséquence également augmenter de manière significative. Cette situation illustre ainsi la forte dépendance de l’approvisionnement en silicium à la Chine, qui domine le marché de production de silice de haute pureté et de production de silicium métallique. Toutefois la France et la Norvège sont aussi des producteurs significatifs, mais les industriels concernés connaissent aujourd’hui des difficultés économiques (notamment Ferropem en France) et prévoient des fermetures de site à moyen terme. Sans soutien ni stratégie européenne visant à préserver une part de marché européenne (alors que les réserves et l’outil industriel existe déjà), la Chine pourrait devenir le seul producteur de silicium métallique et de panneaux photovoltaïques dans le monde, fragilisant grandement la sécurité d’approvisionnement de la ressource.

 

Terres rares : La relative bonne nouvelle : l’approvisionnement en terres rares, s’il soulève des questions spécifiques en matière de dépendance à certains pays, ne constitue pas un enjeu de premier ordre pour l’évolution du système électrique. (Ouo, enfin, peut-être de coût et de pollution quand même ; c’est quand mêmepas un hasard si la Chine est en quasi-position de monopole…

 

Et la vraie bonne nouvelle : l’uranium ! : Les réserves d’uranium naturel et la chaîne de production en uranium enrichi ne semblent pas soulever de risques d’approvisionnement d’ici 2050 En 2019, les réserves mondiales d’uranium identifiées comme exploitables étaient de l’ordre de 6800 kilotonnes, représentant plus d’un siècle de consommation au rythme actuel.

 

La consommation d’uranium devrait en outre ralentir de manière plus ou moins importante, sous l’effet de la réduction de la capacité nucléaire et de l’amélioration du rendement permise par les réacteurs de 3e génération de type EPR. Dans le scénario le plus haut en matière de capacité nucléaire (N03), la consommation cumulée d’uranium naturel atteint près de 260 kt sur la période 2020-2060 (6,5 kilotonnes par an), sous l’hypothèse d’une poursuite de la stratégie de mono-recyclage actuel (des stratégies différentes pourraient légèrement modifier ce chiffre à la hausse ou à la baisse). Plutôt que sur la question de la disponibilité des réserves, l’approvisionnement en uranium naturel suscite de vifs débats autour de la question de l’indépendance énergétique

D’autres acteurs indiquent à l’inverse que la France dispose de gisements d’uranium naturel sur son territoire (même si non exploités à l’heure actuelle), de stocks constitués pour plusieurs années de fonctionnement et d’une filière de production, d’enrichissement et de traitement de l’uranium tirée par des acteurs industriels nationaux de premier plan.

 

Remarque : et avec les réacteurs de GENIV (surgénérateurs),  plusieurs milliers d’années de réserve. Et la possibilité d’utiliser le thorium, encore plus abondant…


9) Les coûts des batteries : d’importantes baisses attendues grâce à la massification de leur fabrication...mais

 

La demande accrue de certains matériaux critiques nécessaires à la fabrication des batteries, notamment pour accompagner le développement du véhicule électrique dans le monde, pourrait renchérir le coût des batteries. De manière générale, les tensions géopolitiques qui se sont fait jour au cours des dernières années accréditent l’intérêt de traiter sérieusement la possibilité d’une augmentation du coût de certains matériaux critiques dans les scénarios de neutralité carbone. Le sujet de la tension sur

l’approvisionnement de ces matériaux est discuté ci-dessus.


10) L’Europe : trop de renouvelables, pas assez de pilotable :le sécurité d’alimentation n’est pas garantie

 

« Tous les scénarios d’atteinte de la neutralité carbone publiés en Europe reposent sur une forte baisse de la consommation énergétique finale, tous vecteurs confondus. Cette baisse est supérieure à 20% pour tous les scénarios européens et nationaux identifiés…

 

Tous les scénarios reposent également sur une forte électrification des usages. L’électricité représente actuellement de l’ordre de 25% de la consommation finale d’énergie en Europe, avec des niveaux sensiblement différents entre les pays. Dans la plupart des scénarios européens ou de certains États, cette part se situe à l’horizon 2050 entre 40% et 60% et certains scénarios envisagent des taux pouvant aller jusqu’à 75%.


On retrouve la très grande incertitude et des stratégies très variables sur l’hydrogène : « l’évolution de la consommation d’hydrogène est très contrastée selon les scénarios européens et nationaux, traduisant les fortes incertitudes actuelles sur la part des usages finaux qui ne pourront pas être électrifiés. Certains scénarios limitent le développement de la consommation d’hydrogène au secteur de l’industrie, tandis que d’autres envisagent un rôle important dans la mobilité, y compris légère, mais aussi dans le secteur des bâtiments, pour le chauffage »


« Les énergies renouvelables variables représenteront au moins 70% de la production d’électricité européenne en 2050 Dans tous les scénarios d’atteinte de la neutralité carbone à l’échelle européenne, la place des énergies renouvelables, notamment l’éolien et le photovoltaïque, évolue fortement pour représenter au moins 70% de la production totale d’électricité en Europe, au détriment notamment de la production thermique fossile et, dans une moindre mesure, de la production nucléaire. »

 

La production nucléaire en Europe est amenée à se réduire de façon sensible Fin 2019, le parc de réacteurs nucléaires en Europe (EU27, Royaume-Uni et Suisse) comptait 130 unités en service pour une puissance totale installée de l’ordre de 122 GW, produisant près de 800 TWh (785 TWh en 2019), soit de l’ordre de 25% de la production d’électricité en Europe…. Plusieurs États européens ont en effet décidé de sortir du nucléaire dans les prochaines années : l’Allemagne en 2022, la Belgique en 2025 et l’Espagne en 2035. D’autres États (Royaume-Uni, Pologne, République tchèque, Slovaquie, etc.) ont annoncé vouloir construire de nouveaux réacteurs pour compenser la fermeture à venir de leurs centrales nucléaires qui arriveront en fin de vie dans les prochaines décennies ou pour permettre la fermeture de centrales au charbon. Enfin, certains pays comme la France ou les Pays-Bas n’ont pas encore pris de décision concernant l’éventuelle construction de nouveaux réacteurs. Cependant, dans tous les scénarios européens, la capacité nucléaire installée en 2050 est plus faible (ou au plus du même niveau) que la capacité actuelle »

 

Remarque : Et ce n’est pas du tout une bonne nouvelle, ni pour les coûts, ni pour la sécurité d’alimentation, ni la meilleure garantie de réussir la décarbonation

 

« Les pays caractérisés par une forte densité de population (ex. Belgique et Allemagne et possiblement les Pays-bas et Italie), qui limite le gisement ENR disponible par habitant, envisagent de s’appuyer sur les imports d’électricité (potentiellement en complément d’imports de gaz «vert») pour boucler leur système électrique. Dans la plupart des scénarios énergétiques sur l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et les Pays-Bas, ces pays sont structurellement importateurs d’électricité…. Ces différences de mix de production entre les pays du nord et du sud de l’Europe auront des conséquences importantes sur les échanges d’électricité en Europe, avec des variations de flux jour/ nuit plus marquées, et sur les flux sur le réseau de transport français qui se situe à l’interface entre ces pays.

 

Remarque : si chacun compte sur son voisin pour importer, on est mal. Et c’est effectivement ce qui se passe. On est mal. Sans compter l’acceptabilité des extension de réseau indispensable ( cf energgiewende)

Conclusion : « Il s’agit notamment d’accélérer le rythme de développement des énergies renouvelables. Elles constituent un défi aussi au périmètre européen dans un contexte d’accroissement des capacités d’interconnexion entre les pays, la superposition des stratégies définies au niveau national ne garantit pas la construction d’un système où la sécurité d’approvisionnement est assurée et où les coûts sont optimisés »

 

Remarque : on retrouve l’inquiétude exprimée par la note de France Stratégie : Quelle sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ? : » dès 2030 et vraisemblablement à une date plus rapprochée, si les tendances actuelles se maintiennent, les seuls moyens pilotables ne seront pas en mesure de satisfaire toutes les demandes de pointe moyennes »… « Une forte part d’ENRi dans le mix électrique augmente la probabilité de déstabilisation du réseau et en complexifie le pilotage » « ’essor des énergies renouvelables intermittentes doit se faire au rythme du développement de moyens d’équilibrage du système électrique »…

 

Ce  qui n’est pas le cas dans les scenario européens actuels. Donc, e très prochainement, ça ne passera pas !

 

Cf. sur ce blog : https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/note-de-france-strategie-quelle.html

 

Evolution de quelques pays européens :