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lundi 26 décembre 2022

France- Stratégie : la géothermie de surface : une arme puissante

 https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2022/10/hcp_ouverture-n12-geothermiesurface.pdf

Les avantages des PACg

Les PACg représentent aujourd’hui 2 % seulement du parc de pompes à chaleur alors qu’elles sont plus ;efficaces que leurs concurrentes aérothermiques qui présentent un champ d’utilisation limité. Puisqu’elles extraient la chaleur de l’air à l’extérieur du bâtiment, les PACa sont pénalisées lors des périodes de grand froid et ne peuvent donc être utilisées tout au long de l’année, 24 heures sur 24. Leur performance se dégrade lorsque la température extérieure avoisine 0°C et elles ne fonctionnent parfois plus lorsque la température devient négative.

Il en va autrement pour les PACg. Le sol ayant une bonne inertie thermique (avec une température stabilisée autour de 12°C), les pompes à chaleur géothermiques peuvent en extraire de la chaleur en hiver et de la fraîcheur en été. De plus, les PACa peuvent entraîner des nuisances sonores, alors que les PACg sont silencieuses. La durée de vie d’une PACg avoisine 30 ans à comparer à 15 à 20 ans pour une PACa selon les conditions d’exploitation.

Enfin, une PACa consomme, en cas d’hiver normal, 30 % de plus qu’une PACg.

PACg : une technologie compétitive, qui contribue à l’indépendance énergétique de la France

Une PACa consomme, en cas d’hiver normal, 30 % d’électricité de plus qu’une PACg. Il en résulte, ainsi que le précisent les travaux du BRGM, que, alors que l’investissement initial pour une PACa est inférieur à celui d’une PACg, le coûtglobal d’exploitation de la première est supérieur à celui de la seconde en prenant en compte la durée de vie totale d’une installation, soit une vingtaine d’années30 pour les PACa et près de 30 ans pour les PACg

Les prix de l’électricité sont sujets à des évolutions fortes et devraient augmenter à l’avenir du fait des investissements massifs de décarbonation à effectuer. En réduisant le besoin d’électricité, la PACg constitue un élément de la sobriété énergétique et un moyen de diminuer les factures des consommateurs et les ressources collectives à consacrer au système

La chaleur d’origine géothermique est compétitive avec les solutions concurrentes :

l’ADEME estimait en 2020 le coût de production de l’ordre de 80 à 130 €/MWh pour la PACg contre 100 à 115 €/MWh pour le gaz et 130 à 160 €/MWh pour le fioul.

Par ailleurs, la géothermie peut devenir une filière française d’excellence. Elle en a les atouts. Avec des exportations qui dépassent déjà le demi-milliard d’euros – à destination de pays de l’Union européenne pour plus des trois quarts – la France affiche en ce qui concerne les pompes à chaleur un solde commercial excédentaire de 240 millions d’euros en 2020 et 73 millions d’euros3 en 2021

La France possède un parc de PACa considérable (8,4 millions36) mais relativement peu de PACg (206 500), permettant une production thermique de 4770 GWh pour une puissance installée de 3076MW, soit 0,7% seulement de la consommation finale de chaleur.

Cette situation est à mettre en regard de celle constatée dans les pays du Nord de l’Europe qui ont un parc total moins volumineux, mais plus performant car composé d’une plus grande proportion de PAC géothermiques. Ainsi, en Allemagne, les PAC géothermiques constituent près de la moitié du parc avec environ 410 000 unités. L’Allemagne est deuxième derrière la Suède, champion européen dans ce domaine avec un peu plus de 560 000 PACg


Le sous-sol français offre un potentiel important aujourd’hui sous-exploité.

À ce jour en France métropolitaine, la géothermie de surface fournit 3 % de la chaleur renouvelable, soit près d’1 % de la chaleur produite en France – la production de froid est négligeable aujourd’hui. Ainsi qu’il a été dit plus haut, en 2019, un peu moins de 21 % de la consommation finale de chaleur et de froid était d’origine renouvelable (toutes sources) alors que l’objectif de consommation finale d’origine renouvelable était de 33 % pour 2020 et est de 38 % pour 2030.

Or le potentiel de la géothermie dans ses différentes composantes, est très important. Pour la géologue Béatrice Ledésert, professeur à l’université de Cergy Paris, « en tant que source d’énergie renouvelable pour l’électricité et le chauffage, la récupération de la chaleur terrestre pourrait couvrir 3 à 5 % de la demande mondiale d’ici à 2050 », et 10 % d’ici à 2100 grâce à des incitations économiques.

S’agissant plus précisément de la géothermie de surface, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) estime en France, en additionnant les différents gisements, à 100 TWh annuels le potentiel d’économie de gaz d’ici 15 à 20 ans25, soit un peu plus que la consommation annuelle française de gaz russe en 2021 (90 TWh).

En ce qui concerne la métropole du Grand Paris, la géothermie de surface pourrait produire 25TWh par an ce qui représente plus de la moitié de ses besoins en chauffage, eau chaude sanitaire et climatisation

Les problèmes des PACg.

Pour le bâtiment résidentiel individuel, les PACg sont préférentiellement installées dans les maisons disposant d’un jardin sous lequel sont installées les sondes. Le logement concerné doit comporter une large surface de plancher ou des radiateurs de grande taille, qui permettent la diffusion de la chaleur sans qu’il soit besoin d’une température élevée de la source. Il s’agit là d’une des limites à la diffusion des PACg mais le potentiel d’habitations concernées reste considérable : il existe environ 20 millions de maisons individuelles en France14 et environ 8 millions d’entre elles sont chauffées au gaz ou au fioul, ce qui montre les marges de progression de la géothermie de surface.

Un investissement initial en décalage avec les capacités de financement des ménages

Les aides sont en grande partie conditionnées au revenu ; néanmoins le reste à charge demeure élevé. Cela rend certaines PACa, même moins soutenues relativement plus abordables pour les ménages modestes du fait de leur prix relativement bas.


Une offre insuffisante, notamment sur l’installation des PACg

Le faible nombre de professionnels proposant l’installation d’une PACg explique également ce phénomène, dans la mesure où celle-ci est beaucoup plus complexe que l’installation d’une PACa. Elle implique de forer le sol, ce qui suppose de disposer des machines et du savoir-faire adaptés. Pour l’heure, les installateurs proposent rarement d’eux-mêmes ce dispositif moins bien connu, qui nécessite des compétences relativement rares aujourd’hui. L’initiative provient le plus souvent des propriétaires de la maison, qui doivent avoir déjà connaissance du dispositif. Les freins psychologiques liés au forage du terrain sont également des facteurs explicatifs de la faible demande de PACg.

L’installation se fait en deux étapes, avec deux professionnels différents : un pour le forage, et l’autre pour la mise en place du chauffage. À ce jour, le nombre d’ateliers de forage en service en France est estimé à 7042 et ce sont pour la plupart de petites entreprises familiales.

Plan d’action : comment développer à grande échelle la géothermie de surface d’ici à 2050 ?

a. Développer la formation de professionnels du secteur pour renforcer le socle de compétences et accroître le volume de l’offre. En 7 ans environ, pour un coût de 60 millions d’euros.

b. Développer les capacités de forage et l’offre de systèmes de chauffage, actuellement insuffisantes pour répondre à une demande plus élevée. Montée en charge en 7 ans, avec des modalités à définir avec les acteurs de la filière et les industriels concernés.

c. Réduire, pour les particuliers et le tertiaire, l’effort d’investissement initial et les risques financiers. C’est un dispositif d’incitation coordonné entre l’État, les collectivités territoriales et les organismes de financement qu’il convient de mettre en oeuvre.

d. Etablir de manière plus précise la cartographie du territoire, pour favoriser la développement de la géothermie de surface, en repérant notamment les zones les plus favorables à des forages performants.

Remarque : une idée intéressante à la géothermie de surface, qui présente un potentiel intéressant. Pour autant, compte-tenu des difficultés, plus pour des projets collectifs que l’habitat individuel

samedi 24 juin 2017

Assistants parlementaires, Front National, Bayrou et démocratie

Nous ne comprenons plus la démocratie 

Qu’attendre maintenant de M. Bayrou ? Résumé des épisodes précédents : Le Front National se fait aligner sur des assistants parlementaires européens qui n’auraient pas vraiment travaillés pour l’Europe et, en attendant un éventuel procès, se voit forcé de rembourser des sommes importantes. Il y avait évidemment là comme un parfum de règlement de compte politique, car enfin, le Parlement Européen n’avait ciblé que deux partis eurosceptiques, l’UKIP et le Front National. On ne pouvait qu’être assez confondu par ces attaques extrêmement ciblées contre des partis hostiles à l’‘Europe institutionnelle actuelle (rien, nada, nichts, niente…  d’équivalent à reprocher à aucun autre parti, dans aucun autre pays ??). Nous avons maintenant la réponse, car enfin, le Front National de Marine Le Pen, même s’il est moins virulent que l’ancien, il ne faut tout de même pas trop le chauffer. D’où dénonciation assez efficace et argumentée du Modem, vite confirmée par les enquêtes des media, position impossible des ministres Modem et démission générale. Fin de carrière pour M. Bayrou !
Tant qu’à faire, encourageons le Parlement Européen à poursuivre une enquête générale, que tout le monde soit sur le même plan. De toute façon, il est clair que les Institutions Européennes ont un vrai problème de démocratie, et qu’elles ont visiblement du mal à comprendre que des députés élus par des électeurs qui contestent ces institutions remplissent leur mandat conformément au vœu de leurs électeurs. Il y a quelque paradoxe à reprocher aux élus Front national de ne pas se comporter en partisans de l’Europe.

Qu’attendre de M. Bayrou – qu’il explique la démocratie ! l’intoxication jacobine

Mais je pense que le problème est bien différent et bien plus grave, et qu’il vient du fait que nous ne comprenons plus ce qu’est la démocratie, que nous n’y sommes plus attachés. Les partis politiques concourent à l‘expression du suffrage universel. Ils reçoivent pour cela un financement, qui est lié à leur succès électoraux  (à la présidentielle, pourcentage de votant au premier tour, accès ou pas au second tour ; pour les législatives,  nombre de votants au premier tour – ce qui est très bien, et devrait même être renforcé,  car ce système tient compte de l’abstention : si les partis sont incapables d’intéresser les électeurs, ils sont sanctionnés-,  puis nombre d’élus). Une fois élus, partis et députés ont des moyens mis à disposition pour mener leur activité politique.
Eh bien, quitte à choquer,  je dis que les partis politiques et leurs élus doivent pouvoir  disposer de ces moyens comme ils l’entendent, sans aucun contrôle étatique ou judiciaire, avec pour seul contrôle l’opinion publique et celle de leurs électeurs, point ! (sauf si évidemment ils commettent des actes illégaux). Il semble que nous considérions comme presque normal que l’utilisation de leur financement  par les partis politiques (ou les syndicats) soit placé sous le contrôle du Parlement, de l’Etat, de la Cour des Comptes, ou que sais-je ? C’est je pense une hérésie totale, qui aurait fait lever d’horreur les cheveux ou les sourcils de ceux qui ont fondé la République en France. C’est une conception de la démocratie qui nous rapproche dangereusement de celle d’Erdogan ou de Poutine. Les partis, les syndicats ne doivent de compte qu’à leurs adhérents et à leur électorat, il ne peuvent pas fonctionner sous le contrôle des institutions qu’ils sont censées diriger ou contrôler. 
  
Il y a un livre – j’y reviendrais dans un prochain blog- , un livre important, Décoloniser les Provinces de Michel Onfray, qui identifie le triomphe général du jacobinisme comme l’un de nos principaux problèmes. Nous sommes tellement habitués à obéir que nous oublions que nous sommes le souverain. Nous ne comprenons même plus  la nécessité de l’indépendance des partis politiques, la nécessité des corps intermédiaires ( qui bien sûr n’ont rien à voir avec l’intérêt général, et même en sont des ennemis à combattre), et il n’est même pas sût que nous comprenions la nécessité d’une opposition ; s’opposer à une marche si bienveillante et si massive, c’est évidemment  être du côté du mal, non ? ; c’est du sabotage !)  
Ah oui, il va falloir sérieusement réfléchir à notre intoxication collective par le jacobinisme triomphant de l’extrême droite à l’extrême gauche, en passant par l’extrême centre !  

Alors qu’attendre de M. Bayrou ? Eh bien, qu’au lieu de nier l’évidence dans l’affaire des assistants européens, qu’ il la revendique ! Et que ne pouvant plus exercer un ministère, il exerce un magistère, et explique aux Français ce qu’est la démocratie, et comment elle fonctionne nécessairement. Là, il sera vraiment utile !




mercredi 7 juin 2017

C’est avec les vieilles recettes qu’on fait de vieux gouvernements

Le Drian, il le faut, il a fait preuve de sa compétence à la Défense. Ah oui, mais un tel ministre, dans un tel domaine, ça peut faire de l’ombre au président. Mettons-le aux affaires étrangères et européennes où il est incompétent

Sylvie Goulard : aux affaires européennes, elle est compétente. Ça peut être gênant. Hop, A la Défense, où elle est strictement incompétente !

François Bayrou à la justice. C’est parfait, la justice, pour un mis en examen ( pour diffamation) ! En plus, pas un de ces politiciens que les Français ont assez vu, pas le genre à négocier des postes contre un ralliement

Pour le renouvellement, Marielle de Sarnez, vielle apparatchik du Modem dont même les militants Modem ne veulent pas dans leur circonscription

Pour une nouvelle façon de faire de la politique, Richard Ferrand, qui renouvelle si bien le clientèlisme et la connivence – voire ce qu’en dit le leader des bonnets rouges,  Christian Troadec

Pour la laïcité, Marlène Schiappa, « féministe qui refuse que la République mène le combat contre l’ obligation faite aux femmes, sous des prétextes religieux un tenue discriminatoire et signataire d’un appel lancé par les organisations islamiste « Je ne suis pas Charlie qui n’est rien d’autre qu’un crachat sur les martyrs de la liberté d’expression » ( Guy Konopnicki, Marianne, 26 mai 2017)

Contre les combines politiques, l’ouverture, des ministres de droite. ça c’est du jamais vu. Bienheureux les futurs Soisson et Stasi !

A l’Intérieur, si important par ces temps peu sympathiques,  pas du tout la récompense d’un très vieux fidèle qui a bien servi et ne s’est jamais intéressé à la Sécurité, , non un jeune ministre dynamique qui a montré un réel intérêt pour les questions de sécurité.. .Gérard Colomb !

Et où est le grand ministre de l’Industrie, de la si nécessaire réindustrialisation, de l’innovation, des industries nouvelles, de la recherche, de la politique industrielle, oui, un ministre de l’industrie et de la recherche, de la compétitivité par la rupture technologique, ? Et il est où ? Et il est où ?


Et toute une presse béate de s’extasier !!!!

jeudi 20 avril 2017

Vers une tyrannie Judiciaire (4) : Bayrou mis en examen

Promis, ce sera le dernier post que je consacrerai à cette étrange campagne (inquiétante réminiscence- l’étrange défaite !) avant de me reconcentrer sur mes sujets favoris, sur la culture, la science, la recherche scientifique…

Il y a décidément dans l’air un certain côté farce, avec cette nouvelle passée assez  inaperçue : François Bayrou, mis en examen. Bon certes, c’est pas gravissime, juste une petite mise en examen pour diffamation envers une association promouvant la musique chez les enfants et qu’il a accusée de  ne pas être aussi dénuée de but lucratif qu’elle le prétendait. Mais c’est quand même une mise en examen !

C’est ballot ! déjà que s’il avait eu l’énergie de son ex copain Lassalle, il pourrait être favori de la présidentielle, et qu’il ne pourra pas même être ministre de Macron. Car on n’ose supposer que le chevalier blanc Bayrou ignorera avec superbe ses leçons d’honnêteté  et ses engagements à démissionner tous élus mis en examen.  Restera-t-il même Maire de Pau ?

Mais plus sérieusement, en dehors de cette petite leçon à qui prétendait laver plus blanc que blanc, ce fait supplémentaire me permet d’illustrer une fois de plus  la dérive vers une tyrannie judiciaire en France, de m’en inquiéter et de m’en indigner. Le pouvoir politique se trouve progressivement réduit à l’impuissance par le pouvoir économique d’une part, par la tyrannie judiciaire d’autre part, et c’est la meilleure recette pour une explosion.

Rappelons que la séparation des pouvoirs c’est l’indépendance du pouvoir judiciaire par rapport au pouvoir politique, mais aussi l’indépendance du pouvoir politique par rapport au pouvoir judiciaire. Que c’est la tyrannie judiciaire (les bœufs tigres des parlements dénoncés par Voltaire) qui est responsable de l’affaire Calas et du massacre du pauvre chevalier de la Barre, et non le pouvoir royal qui n’avait plus rien d’absolu – et que la paralysie du pouvoir royal et de la société par la tyrannie judiciaire a révolté les intellectuels des Lumières et  a été l’une des causes  de la Révolution.

Au risque de choquer, oui, désolé, c’est une des conditions essentielles de la démocratie que les Parlementaires disposent librement des fonds alloués dans le cadre de leur mandat, sans contrôle judiciaire, quitte à en répondre devant l’opinion publique. Dans les affaires Fillon, le Canard Enchainé a fait magnifiquement son travail, mais l’institution judiciaire a commis une forfaiture. Et dans l’affaire des attachés parlementaires du Front National, il me semble que le Parlement Européen a un léger problème de démocratie et refuse de comprendre que oui, des gens puissent être élus au Parlement Européen et être opposés à sa politique voire à son existence, et que c’est la loi de la démocratie qu’ils soient traités comme les autres représentants des peuples- tout comme en France, le gouvernement finance les  partis de l’opposition selon la loi commune – et qui peut croire un instant que seuls le Front National et l’UKIP, parmi tous les partis bizarroïdes ont utilisé à leur guise et selon les vœux mêmes de leurs électeurs leurs attachés parlementaires.


Qui ne voit qu’entre ces affaires d’aujourd’hui et les immenses scandales d’autrefois, la mise en coupe réglée de la Mairie de Paris et de la Région Ile de France par le RPR, Urba Gracco etc, ou même plus récemment le surdépassement cynique des plafonds des campagnes électorales, il n’y a rien de commun, et que la justice, bien inefficace et bien tendre envers les voyous d’autrefois se montre bien ardente aujourd’hui- toujours aussi courageuse, mais désormais tyrannique.


mardi 21 février 2017

Perplexités politiques et présidentielles : 2) dangers imminents : l’écrasement des classes moyennes fait naître des monstres politiques.

Taxer l’immobilier- ISF, impôt sur le patrimoine et loyers fictifs

Dans un premier blog consacré à ce sujet je m’inquiétais de la mauvaise qualité des émission politiques, type la Grande Emission, qui ne permettent pas un vrai débat mais l’opposition de vérités alternatives, et qui par mépris, insuffisance ou manque de travail des journalistes ne permettent pas de mettre en évidence les immenses failles d’une Marine Le Pen bien rompue à l’exercice médiatique.
Je souhaiterais ici mentionner un autre sujet d’inquiétude qui est, me semble-t-il que des candidats comme Macron ou Hamon n’ont pas tiré les conséquences d’autres élections inquiétantes, qui est que l’écrasement des classes moyennes produit des monstres politiques.

Ainsi, nous avons entendu Hamon dire qu’il allait financer son revenu universel par une fiscalité sur le patrimoine ; et Macron expliquer que, pour le salut de l’économie française, il fallait supprimer l’ISF sur les actions pour en faire un impôt portant uniquement  sur la « rente immobilière » – ce qui sous-tend son aggravation pour les propriétaires immobiliers. Ce ne devrait d’ailleurs pas être une surprise, car Macron s’était déjà déclaré intéressé par une invention diabolique de Bercy, celle d’un impôt taxant la propriété immobilière sur des revenus fictifs qu’elle pourrait générer ; ainsi, si vous êtres propriétaires habitant, vous serez imposé sur les loyers que vous pourriez toucher de la location de votre habitation, au motif que l’Etat n’a pas à favoriser la propriété par rapport à la location et que c’est un choix de vie individuel. Le genre de monstruosités qu‘on envoie comme ballon d’essai, et qui finit toujours par ressortir.

On comprend bien la logique derrière cela ; pour augmenter les impôts, on ne peut plus taxer la grande fortune et son patrimoine très mobile qui s’enfuit si facilement ; non il faut taxer le patrimoine qui ne peut pas fuir, celui des classes moyennes. Donc, les classes moyennes et leur aspiration à la propriété qui n’est pas, comme même l’avait compris Proudhon le vol, mais une des meilleurs garanties de liberté !

Et, effet,  pour Macron qui rêve de salariés ultra mobiles et précarisés, et pour Hamon qui surjoue l’animosité contre les propriétaires en pensant que ça fait de gauche ( au fait, n’est-il pas propriétaire lui-même ?), la taxation de l‘immobilier apparaît comme une bonne recette.  

Mais c’est aller contre les désirs de beaucoup de Français et c’est surtout oublier cette leçon politique très simple : l’écrasement des classes moyennes produit des monstres politiques. Qu’ils se méfient : les scores de Marine Le Pen au deuxième tour augmentent dangereusement. Macron par exemple serait sans doute un adversaire très à sa portée : le souvenir de la li travail et encore quelques déclarations comme « Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. » et il se fera exploser.

Il y a pourtant besoin d’une forte politique d’investissement immobilier

Alors que tant de nos compatriotes sont mal ou pas du tout logés, que le droit au logement est une aimable plaisanterie, il y a un immense besoin d’encourager l’investissement immobilier. Ainsi, la différence entre les dépenses immobilières (emprunt ou location) contraintes des ménages en France et en Allemagne ont été longtemps signalées par les économistes comme un facteur très important et négatif pour l’économie française aux conséquences graves et multiples :  moins de croissance et de marge pour les autres dépenses, pression sur les salaires nominaux, éloignement des salariés de leur lieu de travail, augmentation des prix des loyers pour les entreprises…

Et il a aussi une incidence forte sur le chômage : selon une étude de Pôle Emploi de 2016, les difficultés d'accès au lieu de travail - et donc un trop grand éloignement du logement par rapport au site d'emploi - constituent un problème de recrutement dans 24% des cas ! Et aussi le prix des logements ou des locations celui des transactions immobilières en cas de déménagement.
Le mal logement résulte aussi du fait que les logements sociaux restent occupés par des salariés des classes moyennes qui ne parviennent plus à se loger de manière acceptable dans le parc privé.

Taxer et décourager la construction et l’investissement immobilier, décourager la propriété immobilière constitue non seulement un danger politique extrême, mais aussi une absurdité politique… d’autant que les emplois concernés sont largement locaux…

Donc ni Macron, ni Hamon !
Alors qui , Un Fillon bien affaibli qui sera dans l’incapacité- tant mieux ! – de réaliser son programme ultra libéral ?

Bayrou ?