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mardi 22 août 2017

Taine _ La Révolution- Le Gouvernement révolutionnaire_107_ Thermidor

Les Jacobins après Thermidor- la foi a péri. Comment les Jacobins tentent de  se maintenir au pouvoir (Fructidor, non repris ici) ; La société civile est dissoute ; Vers le pouvoir militaire : la discipline des cœurs ; la caserne philosophique de Napoléon

Les Jacobins après Thermidor : la foi a péri

Pourtant, eux aussi, les souverains repus, ils ont leur souci, un souci grave, et on vient de voir lequel : il s’agit pour eux de rester en place, afin de rester en vie, et désormais il ne s’agit pour eux que de cela. – Jusqu’au 9 Thermidor, un bon Jacobin pouvait, en se bouchant les yeux, croire à son dogme  , après le 9 Thermidor, à moins d’être un aveugle-né, comme Soubrany, Romme et Goujon, un fanatique dont les organes intellectuels sont aussi raidis que les membres d’un fakir, personne, dans la Convention, ne peut plus croire au Contrat social, au socialisme égalitaire et autoritaire, aux mérites de la Terreur, au droit divin des purs. Car il a fallu, pour échapper à la guillotine des purs, guillotiner les plus purs, Saint-Just, Couthon et Robespierre, le grand prêtre de la secte : ce jour-là, les Montagnards, en lâchant leur docteur, ont lâché leur principe, et il n’y a plus de principe ni d’homme auquel la Convention puisse se raccrocher ; en effet, avant de guillotiner Robespierre et consorts comme orthodoxes, elle a guillotiné les Girondins, Hébert et Danton, comme hérétiques. Maintenant « l’existence des idoles populaires et des charlatans en chef est irrévocablement finie   ».
 Dans le temple ensanglanté, devant le sanctuaire vide, on récite toujours le symbole convenu et l’on chante à pleine voix l’antienne accoutumée ; mais la foi a péri, et, pour psalmodier l’office révolutionnaire, il ne reste que les acolytes, d’anciens thuriféraires et porte-queues, des bouchers subalternes qui, par un coup de main, sont devenus pontifes, bref des valets d’église qui ont pris la crosse et la mitre de leurs maîtres, après les avoir assassinés.
De mois en mois, sous la pression de l’opinion publique, ils se détachent du culte qu’ils ont desservi ; en effet, si faussée et si paralysée que soit leur conscience, ils ne peuvent pas ne pas s’avouer que le jacobinisme, tel qu’ils l’ont pratiqué, était la religion du vol et du meurtre. Avant Thermidor, une phraséologie officielle couvrait de son ronflement doctrinal   le cri de la vérité vivante, et chaque sacristain ou bedeau conventionnel, enfermé dans sa chapelle, ne se représentait nettement que les sacrifices humains auxquels, de ses propres mains, il avait pris part. Après Thermidor, les proches et les amis des morts, les innombrables opprimés, parlent, et il est forcé de voir l’ensemble et le détail de tous les crimes auxquels, de près ou de loin, il a collaboré par son assentiment et par ses votes : tel, à Mexico, un desservant de Huichilobos promené parmi les six cent mille crânes entassés dans les caves de son temple. – Coup sur coup, pendant toute la durée de l’an III, par la liberté de la presse et par les grands débats publics, la vérité éclate. C’est d’abord l’histoire lamentable des cent trente-deux Nantais traînés à pied de Nantes à Paris, et les détails de leur voyage mortuaire   ; on applaudit avec transport à l’acquittement des quatre-vingt-quatorze qui ont survécu. Ce sont ensuite les procès des plus notables exterminateurs  , le procès de Carrier et du Comité révolutionnaire de Nantes, le procès de Fouquier-Tinville et du Tribunal révolutionnaire de Paris, le procès de Joseph Lebon : pendant trente ou quarante séances consécutives, des centaines de dépositions circonstanciées et vérifiées aboutissent à la preuve faite et parfaite. – Cependant, à la tribune de la Convention, les révélations se multiplient : ce sont les lettres des nouveaux représentants en mission et les dénonciations des villes contre leurs tyrans déchus, contre Maignet, Dartigoeyte, Piochefer Bernard, Levasseur, Crassous, Javogues, Lequinio, Lefiot, Piorry, Pinet, Monestier, Fouché, Laplanche, Le Carpentier et tant d’autres ; ce sont les rapports des commissions chargées d’examiner la conduite des anciens dictateurs, Collot d’Herbois, Billaud-Varennes, Barère, Amar, Voulland, Vadier et David ; ce sont les rapports des représentants chargés d’une enquête sur quelque partie du régime aboli, celui de Grégoire sur le vandalisme révolutionnaire, celui de Cambon sur les taxes révolutionnaires, celui de Courtois sur les papiers de Robespierre. – Toutes ces lumières se rejoignent en une clarté terrible et qui s’impose même aux yeux qui s’en détournent : il est trop manifeste à présent que, pendant quatorze mois, la France a été saccagée par une bande de malfaiteurs   ; tout ce qu’on peut dire pour excuser les moins pervers et les moins vils, c’est qu’ils étaient nés stupides ou qu’ils étaient devenus fous.
 – A cette évidence croissante, la majorité de la Convention ne peut se soustraire, et les Montagnards lui font horreur ; d’autant plus qu’elle a des rancunes : les soixante-treize détenus et les seize proscrits qui ont repris leurs sièges, les quatre cents muets qui ont si longtemps siégé sous le couteau, se souviennent de l’oppression qu’ils ont subie, et ils se redressent, d’abord contre les scélérats les plus souillés, ensuite contre les membres des anciens comités. – Là-dessus, selon sa coutume, la Montagne, dans les émeutes de germinal et de prairial an III, lance ou soutient sa clientèle ordinaire, la populace affamée, la canaille jacobine, et proclame la restauration de la Terreur ; de nouveau, la Convention se sent sous la hache. — Sauvée par les jeunes gens et par la garde nationale, elle prend enfin courage à force de peur, et à son tour elle terrorise les terroristes : le faubourg Saint-Antoine est désarmé, dix mille Jacobins sont arrêtés, plus de soixante Montagnards sont décrétés d’accusation ; on décide que Collot d’Herbois, Barère, Billaud-Varennes et Vadier seront déportés ; neuf autres membres des anciens comités sont mis en prison ; les derniers des vrais fanatiques, Romme, Goujon, Soubrany, Duquesnoy, Bourbotte et Du Roy, sont condamnés à mort ; aussitôt après la sentence, dans l’escalier du tribunal, cinq d’entre eux se poignardent ; deux blessés qui survivent sont portés à l’échafaud et guillotinés avec le sixième ; deux autres Montagnards de la même trempe, Ruhl et Maure, se tuent avant la sentence  . – Désormais la Convention épurée se croit pure ; ses rigueurs finales ont expié ses lâchetés anciennes, et, dans le sang coupable qu’elle verse, elle se lave du sang innocent qu’elle a versé.
Par malheur, en condamnant les Terroristes, c’est elle-même qu’elle condamne, car elle a autorisé et sanctionné tous leurs crimes. Sur ses bancs et dans ses comités, parfois au fauteuil de la présidence et à la tête de la coterie dirigeante, figurent encore plusieurs membres du gouvernement révolutionnaire, nombre de francs Terroristes comme Bourdon de l’Oise, Delmas, Bentabole et Reubell ; des présidents de la Commune de septembre comme Marie-Joseph Chénier ; des exécutants du 31 mai comme Legendre ; l’auteur du décret qui a fait en France six cent mille suspects, Merlin de Douai ; des bourreaux de la province, et les plus brutaux, les plus féroces, les plus voleurs, les plus cyniques, André Dumont, Fréron, Tallien, Barras. Eux-mêmes les quatre cents muets « du ventre » ont été, sous Robespierre, les rapporteurs, les votants, les claqueurs, les agents des pires décrets contre la religion, la propriété et les personnes. Tous les fondements de la Terreur ont été posés par les soixante-treize reclus avant leur réclusion et par les seize proscrits avant leur proscription

La société civile est dissoute

Si la République jacobine meurt, ce n’est pas seulement parce qu’elle est décrépite et qu’on la tue, c’est encore parce qu’elle n’est pas née viable : dès son origine, il y avait en elle un principe de dissolution, un poison intime et mortel, non seulement pour autrui, mais pour elle-même. – Ce qui maintient une société politique, c’est le respect de ses membres les uns pour les autres, en particulier le respect des gouvernés pour les gouvernants et des gouvernants pour les gouvernés, par suite, des habitudes de confiance mutuelle ; chez les gouvernés, la certitude fondée que les gouvernants n’attaqueront pas les droits privés ; chez les gouvernants, la certitude fondée que les gouvernés n’assailliront pas les pouvoirs publics ; chez les uns et chez les autres, la reconnaissance intérieure que ces droits, plus ou moins larges ou restreints, sont inviolables, que ces pouvoirs, plus ou moins amples ou limités, sont légitimes ; enfin, la persuasion qu’en cas de conflit le procès sera conduit selon les formes admises par la loi ou par l’usage, que, pendant les débats, le plus fort n’abusera pas de sa force, et que, les débats clos, le gagnant n’écrasera pas tout à fait le perdant. À cette condition seulement, il peut y avoir concorde entre les gouvernants et les gouvernés, concours de tous à l’œuvre commune, paix intérieure, partant stabilité, sécurité, bien-être et force. Sans cette disposition intime et persistante des esprits et des cœurs, le lien manque entre les hommes. Elle constitue le sentiment social par excellence ; on peut dire qu’elle est l’âme dont l’État est le corps.
Or, dans l’État jacobin, cette âme a péri ; elle a péri, non par un accident imprévu, mais par un effet forcé du système, par une conséquence pratique de la théorie spéculative qui, érigeant chaque homme en souverain absolu, met chaque homme en guerre avec tous les autres, et qui, sous prétexte de régénérer l’espèce humaine, déchaîne, autorise et consacre les pires instincts de la nature humaine, tous les appétits refoulés de licence, d’arbitraire et de domination.
Au nom du peuple idéal qu’ils déclarent souverain et qui n’existe pas, les Jacobins ont usurpé violemment tous les pouvoirs publics, aboli brutalement tous les droits privés, traité le peuple réel et vivant comme une bête de somme, bien pis, comme un automate, appliqué à leur automate humain les plus dures contraintes, pour le maintenir mécaniquement dans la posture antinormale et raide que, d’après les principes, ils lui infligeaient. Dès lors, entre eux et la nation, tout lien a été brisé ; la dépouiller, la saigner et l’affamer, la reconquérir quand elle leur échappait, l’enchaîner et la bâillonner à plusieurs reprises, ils l’ont bien pu ; mais la réconcilier à leur gouvernement, jamais. – Entre eux, et pour la même raison, par une autre conséquence de la même théorie, par un autre effet des mêmes appétits, nul lien n’a pu tenir. Dans l’intérieur du parti, chaque faction, s’étant forgé son peuple idéal selon sa logique et selon ses besoins, a revendiqué pour soi, avec les privilèges de l’orthodoxie, le monopole de la souveraineté   ; pour s’assurer les bénéfices de l’omnipotence, elle a combattu ses rivales par des élections contraintes, faussées ou cassées, par des complots et des trahisons, par des guet-apens et des coups de force, avec les piques de la populace, avec les baïonnettes des soldats ; ensuite elle a massacré, guillotiné, fusillé, déporté les vaincus, comme traîtres, tyrans ou rebelles, et les survivants s’en souviennent. Ils ont appris ce que durent leurs constitutions dites éternelles ; ils savent ce que valent leurs proclamations, leurs serments, leur respect du droit, leur justice, leur humanité ; ils se connaissent pour ce qu’ils sont, pour des frères Caïns  , tous plus ou moins avilis et dangereux, salis et dépravés par leur œuvre : entre de tels hommes, la défiance est incurable. Faire des manifestes, des décrets, des cabales, des révolutions, ils le peuvent encore, mais se mettre d’accord et se subordonner de cœur à l’ascendant justifié, à l’autorité reconnue de quelques-uns ou de quelqu’un d’entre eux, ils ne le peuvent plus. – Après dix ans d’attentats réciproques, parmi les trois mille législateurs qui ont siégé dans les assemblées souveraines, il n’en est pas un qui puisse compter sur la déférence et sur la fidélité de cent Français. Le corps social est dissous ; pour ses millions d’atomes désagrégés, il ne reste plus un seul noyau de cohésion spontanée et de coordination stable. Impossible à la France civile de se reconstruire elle-même ; cela lui est aussi impossible que de bâtir une Notre-Dame de Paris ou un Saint-Pierre de Rome avec la boue des rues et la poussière des chemins.

Vers le pouvoir militaire : la discipline des coeurs

Il en est autrement dans la France militaire. – Là, les hommes se sont éprouvés les uns les autres, et dévoués les uns aux autres, les subordonnés aux chefs, les chefs aux subordonnés, et tous ensemble à une grande œuvre. Les sentiments forts et sains qui lient les volontés humaines en un faisceau, sympathie mutuelle, confiance, estime, admiration, surabondent, et la franche camaraderie encore subsistante de l’inférieur et du supérieur  , la familiarité libre et gaie, si chère aux Français, resserrent le faisceau par un dernier nœud. Dans ce monde préservé des souillures politiques et ennobli par l’habitude de l’abnégation  , il y a tout ce qui constitue une société organisée et viable, une hiérarchie, non pas extérieure et plaquée, mais morale et intime, des titres incontestés, des supériorités reconnues, une subordination acceptée, des droits et des devoirs imprimés dans les consciences, bref ce qui a toujours manqué aux institutions révolutionnaires, la discipline des cœurs. Donnez à ces hommes une consigne, ils ne la discuteront pas ; pourvu qu’elle soit légale ou semble l’être, ils l’exécuteront, non seulement contre des étrangers, mais contre des Français ; c’est ainsi que déjà, le 13 Vendémiaire, ils ont mitraillé les Parisiens, et, le 18 Fructidor, purgé le Corps législatif. Vienne un général illustre : pourvu qu’il garde les formes, ils le suivront et recommenceront l’épuration encore une fois. – Il en vient un qui, depuis trois ans, ne pense pas à autre chose, mais qui cette fois ne veut faire l’opération qu’à son profit ; c’est le plus illustre de tous, et justement le conducteur ou promoteur des deux premières, celui-là même qui a fait, de sa personne, le 13 Vendémiaire, et, par les mains de son lieutenant Augereau, le 18 Fructidor. — Qu’il s’autorise d’un simulacre de décret, et se fasse nommer, par la minorité d’un des Conseils, commandant général de la force armée : la force armée marchera derrière lui. – Qu’il lance les proclamations ordinaires, qu’il appelle à lui « ses camarades » pour sauver la République et faire évacuer la salle des Cinq-Cents : ses grenadiers entreront, baïonnettes en avant, dans la salle, et riront même   en voyant les députés, costumés comme à l’Opéra, sauter précipitamment par les fenêtres. — Qu’il ménage les transitions, qu’il évite le nom malsonnant de dictateur, qu’il prenne un titre modeste et pourtant classique, romain, révolutionnaire, qu’il soit simple consul avec deux autres : les militaires, qui n’ont pas le loisir d’être des publicistes et qui ne sont républicains que d’écorce, ne demanderont pas davantage ; ils trouveront très bon pour le peuple français leur propre régime, le régime autoritaire sans lequel il n’y a pas d’armée, le commandement absolu aux mains d’un seul. — Qu’il réprime les Jacobins outrés, qu’il révoque leurs récents décrets sur les otages et l’emprunt forcé, qu’il rende aux personnes, aux propriétés, aux consciences la sûreté et la sécurité, qu’il remette l’ordre, l’économie et l’efficacité dans les administrations, qu’il pourvoie aux services publics, aux hôpitaux, aux routes, aux écoles : toute la France civile acclamera son libérateur, son protecteur, son réparateur  . — Selon ses propres paroles, le régime qu’il apporte est « l’alliance de la philosophie et du sabre ». Par philosophie, ce qu’on entend alors, c’est l’application des principes abstraits à la politique, la construction logique de l’État d’après quelques notions générales et simples, un plan social uniforme et rectiligne ; or, comme on l’a vu  , la théorie comporte deux de ces plans, l’un anarchique, l’autre despotique. Naturellement, c’est le second que le maître adopte, et c’est d’après ce plan qu’il bâtit, en homme pratique, à sable et à chaux, un édifice solide, habitable, bien approprié à son objet. Toutes les masses du gros œuvre, code civil, université, concordat, administration préfectorale et centralisée, tous les détails de l’aménagement et de la distribution, concourent à un effet d’ensemble, qui est l’omnipotence de l’État, l’omniprésence du gouvernement, l’abolition de l’initiative locale et privée, la suppression de l’association volontaire et libre, la dispersion graduelle des petits groupes spontanés, l’interdiction préventive des longues œuvres héréditaires, l’extinction des sentiments par lesquels l’individu vit au-delà de lui-même, dans le passé et dans l’avenir. On n’a jamais fait une plus belle caserne, plus symétrique et plus décorative d’aspect, plus satisfaisante pour la raison superficielle, plus acceptable pour le bon sens vulgaire, plus commode pour l’égoïsme borné, mieux tenue et plus propre, mieux arrangée pour discipliner les parties moyennes et basses de la nature humaine, pour étioler ou gâter les parties hautes de la nature humaine. – Dans cette caserne philosophique, nous vivons depuis quatre-vingts ans.


vendredi 7 juillet 2017

Un mystère : l’origine de l’omelette norvégienne

Une origine française ?

L’excellent blog de Sébastien Durant  (http://du-sacre-au-sucre.blogspot.fr/2010/02/histoire-de-lomelette-norvegienne.html#!/2010/02/histoire-de-lomelette-norvegienne.html) donne une explication très conviancante et très documetée à l’origine de ce merveilleux dessert qu’est l’omelette norvégienne :

  « L'origine de l'omelette norvégienne - que l'on attribue souvent à un physicien américain - est un cas d'anthologie en matière de faux storytelling car il ne s'agit pas d'une omelette à proprement parler, elle n'a rien de norvégienne et elle a été inventée par un grand chef tout ce qu'il y a de plus français !
L'omelette norvégienne est un entremets composé d'une crème glacée à la vanille entre un fond et un couvercle de génoise, le tout recouvert d'une meringue. On la fait cuire quelques minutes au four et au moment de servir, on flambe à l'alcool, généralement du Grand-Marnier. L'originalité réside bien sûr dans le contraste entre la couverture brûlante et l'intérieur encore glacé. C'est tout simplement divin.
Son invention remonte en fait à l'Exposition Universelle de Paris en 1867 dont il ne nous reste aujourd'hui que le parc des Buttes-Chaumont ainsi que les bateaux mouches sur la Seine. Mais à l'époque, un gigantesque palais des expos, L'Omnibus, fut construit pour accueillir les pavillons des différents pays invités.
   Pendant l'expo, la Ville de Paris reçut une délégation chinoise à dîner au Grand Hôtel. Le chef de ce palace, Balzac, apprenant que les convives allaient parler de la fée Électricité alors encore toute nouvelle décida de créer un dessert "scientifique" en se repenchant sur les expériences conduites par le comte de Rumford, un physicien anglo-américain émigré en Bavière... Région que Balzac situait par erreur en Norvège, les Français étant notoirement mauvais en géographie ! En 1804, Rumford avait en effet établi "l'inconductibilité du blanc d'oeuf battu" (!) autrement dit, la meringue est un mauvais conducteur de chaleur. Et c'est ainsi que le grand chef mit au point... l'omelette norvégienne !
Pendant longtemps, ce dessert est resté l'apanage des grands hôtels, très tôt équipés de fours à gaz permettant un contrôle strict de la chaleur. Ce n'est que lorsque ces derniers devinrent plus courants dans les intérieurs bourgeois que l'omelette norvégienne se démocratisa véritablement."

Donc l’omelette norvégienne serait une invention française faite par un chef précurseur de la gastronomie moléculaire et basée sur une découverte du Physicien « américain » Benjamin Thompson, Comte de Rumford

Omelette norvégienne or Baked Alaska ?

Aux USA, l’omelette norvégienne s’appelle Baked Alaska ou omelette surprise. Le nom de baked Alaska lui a été donné par le Chef Charles Ranhofer, du restaurant Delmonico à New York. Il était connu  pour nommer les plats d‘après les événements marquants de l(‘actualité, en l’occurrence l’achat par les USA du territoire de l’Alaska à  la Russie en 1867.
Donc une invention quasi-simultanée en France et aux USA ?
Le point important est que dans les deux cas l’idée première est bien attribuée à Benjamin Thompson, Comte Rumford. La bible de la cuisine populaire américaine, l’American Heritage Cookbook mentionne ainsi : « L’omelette surprise a été le sous-produit des expériences de Rumford en 1804 sur la résistance des blancs d’œufs rapidement battus à l’induction de chaleur. »
 Donc, américaine ou française, unanimité sur Rumford !

De fait cet éminent physicien à qui l’on doit la théorie moderne de la chaleur comme mouvements des petites molécules, et la première détermination de l’équivalence de la chaleur et du travail mécanique, mais aussi des inventions comme les cuisinières modernes, les premières lampes portables,  le chauffage central et les radiateurs modernes… est certes né américain, mais fut colonel britannique, ministre de la guerre bavarois et savant français - c’est en France et comme membre de l’Institut de France sous Napoléon qu’il fit sa carrière scientifique ;

J’ai raconté sa vie extraordinaire dans sa première biographie en français : Rumford, le scandaleux bienfaiteur d'Harvard, (collection Une vie, une époque des Editions de la Bisquine)

" Dans mes expériences, tout est mouvement, vie et beauté"



jeudi 9 juillet 2015

L’ Ecole Polytechnique détruite ? Le rapport Attali


Alors qu’un projet aberrant vise à bouleverser de fond en comble  la prestigieuse Ecole Polytechnique (voir notamment pour le détail des mesures absurdes Rapport Attali: ou comment tuer l'École polytechnique, Thierry Berthier, http://www.huffingtonpost.fr/thierry-berthier/rapport-attali-ou-comment_b_7559320.html); j’ai pensé intéressant de rappeler les circonstances de la création de l‘Ecole.

On peut se demander quelle rage, folie, saisit une partie de nos élites, des fonctionnaires de l’Education Nationale, apparemment écoutés par ce gouvernement, de détruire ce qui fonctionne encore bien dans notre enseignement  au lieu de s’attaquer à ce qui ne fonctionne pas ; désir de terre brûlée, égalitarisme néo montagnard, simple bêtise, le classement de Shangai qui rend fou ? Que l’on compare en tous cas avec le prestige et la considération  accordés, dans leurs pays respectifs,  à ces vieilles institutions, Oxford, Cambridge, Harvard, Princeton, le MIT, l’institut Lomonossov…Qui aurait l’idée d’un rapport Attali pour Harvard ?
 

L’Ecole Polytechnique : “Pour la Patrie, la Science et la Gloire” (Extrait de l’Empire des Sciences, Napoléon et ses savants, Poche Ellipses, 2015)
 Un complot des savants

En mars 1794 certains membres du Comité de Salut Public s’inquiétèrent. Comment former les officiers dont les armées révolutionnaires avaient besoin ? Les prestigieuses et efficaces écoles militaires de l’Ancien Régime avaient été fermées. L’enseignement révolutionnaire de l’Ecole de Mars, puis de l’Ecole Normale, ils n’y croyaient pas beaucoup. Il fallait autre chose. Par exemple, recréer Mézières, l’Ecole militaire d’élite par excellence. La future Ecole Polytechnique aura trois parrains politiques qui, tour à tour, la protègeront et veilleront avec constance et persévérance à sa survie et à son développement. Ils s’appellent Carnot, Prieur de la Côte d’Or et Fourcroy. Tous trois furent membres du Comité de Salut Public ; deux d’entre eux,  Carnot et Prieur, avaient étudié à l’Ecole du génie de Mézières. Auprès d’eux agissait “ un congrès de savants”, écrivit A. Fourcy, le premier historien de l'Ecole ; on dirait aujourd’hui un lobby. Y figuraient , au premier plan, Monge, ancien enseignant à Mézières et ancien examinateur de la Marine, et Laplace ; et aussi les chimistes Guyton de Morveau, Berthollet, Vauquelin, le physicien Hassenfratz, l’ingénieur Lamblardie, patron des Ponts et Chaussées. Les chimistes étaient particulièrement influents. Grâce aux procédés mis au point par le pauvre Lavoisier et par Berthollet, les armées françaises ne manquaient pas de poudre, malgré l’arrêt de l’importation des salpêtres indiens- alors que,  naguère, le manque de poudre avait mis fin à la guerre de Sept Ans.

Mieux que Mézières
Donc recréer Mézières, et même mieux.  Le projet pédagogique des fondateurs est ambitieux : il s’agît de fonder une Ecole d’un type nouveau, une école généraliste où l’on apprendrait les bases scientifiques fondamentales communes à tous les métiers techniques. “Ils virent que la science d’un bon ingénieur se compose de notions générales, communes à tous les genres de services, et de détails pratiques propres à chacun d’entre eux. Parmi les premières et au premier rang sont les mathématiques élevées qui donnent de la tenue et de la sagacité à l’esprit. Viennent ensuite les grandes théories de la chimie et de la physique. Celles-ci, fondées sur des définitions moins rigoureuses, mais procédant comme les mathématiques, développent cette sorte de talent qui sert à interroger la nature et montre les ressources qu’elle peut fournir. Enfin, on doit y comprendre les principes généraux de toutes les espèces de construction, dont la connaissance est nécessaire pour rendre l’ingénieur indépendant des circonstances et des localités. On eut donc dans la nouvelle école des cours de mathématiques pures et appliquées, des leçons de géométrie descriptive, de fortification, de dessin et d’architecture civile, navale et militaire. Quant aux détails pratiques, on les renvoya aux anciennes écoles, qu’on laissa subsister en élevant toutefois leur enseignement.” (Biot)

Pour Fourcroy, il faut donc prévoir une formation générale de trois ans au moins qui permette ensuite de suivre facilement les cours des écoles spécialisées : génie, artillerie, marine, topographie, Ponts et Chaussées… Pas question d’adopter le mode de recrutement de l’Ecole Normale : recrutement proportionnel à la population (un candidat pour 20.000 habitants), sélection des candidats par un jury populaire sur des critères moraux . Non, une solution sûre, éprouvée : le concours, comme celui que pratiquaient les examinateurs royaux Monge et Laplace, comme celui qu’ont brillamment réussi Carnot et Prieur. Devant la Convention, Fourcroy annonce carrément : “On veut appeler ceux qui sont déjà les mieux préparés pour que la République puisse jouir plus tôt de l’exercice de leurs talents… La seule manière de les reconnaître est de les faire passer à travers un examen qui donne la mesure précise de l’intelligence et des dispositions de chacun d’eux.” Alors qu’aux tribunes de la Convention, on glorifie le culte de l’égalité et on rejette avec violence tout ce qui ressemble à la reconstitution de castes privilégiées, ce discours témoigne d’une réelle conviction et d’un vrai courage politique.
Une naissance difficile

En juillet 1794, la Convention se révolte contre Robespierre, brutalement décrété d’arrestation puis exécuté. L’Ecole Centrale des Travaux Publics, projet défendu par le jacobin Fourcroy, va-t-elle être emportée par la haine du dictateur et le soulagement de ceux qui l’avaient acclamé à proportion qu’ils le craignaient ? Fourcroy monte à la tribune et se livre à un beau numéro d’opportunisme. Robespierre, Couthon et Saint-Just, explique-t-il, étaient hostiles à la science, ils s’opposaient à son projet. Ils menaient “une véritable conjuration contre les progrès de la raison humaine, voulaient anéantir les sciences et les arts pour marcher à la domination”. Une première fois, l’Ecole est sauvée.
En octobre 1794 se déroule le premier concours. Certains examinateurs n’ont pas bien compris les vues de Fourcroy, n’ont pas saisi le cours nouveau des choses. A Paris, l’examinateur “au moral”, montagnard fanatique, insiste pour qu’aucun élève ne soit autorisé à subir les épreuves scientifiques s’il n’a pas été auparavant admis par lui. Aucun repêchage ne doit être possible et l’examinateur entend s’opposer à la “compensation sacrilège des vertus par les talents”. Il recale derechef les quarante premiers élèves qu’il examine : “La manifestation de leur patriotisme a été nulle » On décida rapidement d’éliminer l’examinateur...

Le 1er nivôse an II (21 décembre 1794) eut lieu le premier cours de l’Ecole Centrale des Travaux Publics. Le Représentant Fourcroy y arriva en grande tenue et donna une conférence de physique. A Fourcroy succèdèrent Monge, Chaptal, Hachette, Hassenfratz. Dans l’assistance figurait un autre Représentant, Prieur de la Côte d’Or. Malgré la qualité du corps enseignant, l’Ecole connût des débuts difficiles. En Floréal (mai) 1795, la moitié des élèves n’assistaient plus aux cours. Les uns, mal nourris, mal logés, épuisés par les privations, étaient malades ; les autres ont abandonné et sont retournés chez eux. Les soldes en assignat ne leur permettaient plus de vivre à Paris. Les logeurs désignés par l’administration de l’Ecole (les “pères de famille”) trouvaient les pensions insuffisantes et renvoyaient les élèves. Les élèves qui restaient à l’Ecole manifestaient une vive hostilité envers la Convention et sympathisaient avec les muscadins contre-révolutionnaires.
 L’Ecole menacée par les tribulations politiques
Les 1er et 2 Prairial 1795 (20 et 21 mai), les sections parisiennes favorables aux montagnards se révoltent. L’hiver a été rude et les quartiers populaires ne supportent plus les rationnements alors qu’un marché libre bien approvisionné  permet aux plus riches de vivre luxueusement. La Convention est envahie, un député assassiné. Les sections du centre de Paris, refusant le retour des tragiques journées révolutionnaires, soutenues par l’armée et les muscadins, rétablissent l’ordre. Monge, suspect de sympathies jacobines, est décrété d’arrestation, ainsi que son assistant Hachette et Hassenfratz. Même les élèves les plus favorables aux royalistes se révoltent alors contre l’arrestation de Monge. A la Convention, Carnot, Prieur et Fourcroy veillent. Ils obtiennent le maintien de l’Ecole, et, bien mieux, ils font voter un secours immédiat pour les élèves les plus pauvres et une augmentation du traitement pour tous. Lagrange entre dans le corps enseignant et donne le cours d’analyse le plus avancé du monde. Monge, bientôt libéré, reprend aussitôt son enseignement. Prieur et Carnot viennent visiter l’Ecole et s’assurent que les élèves ont bien repris les cours. Fourcroy continue à travailler la Convention et obtient un cadeau incroyable pour son école, le “privilège”. Désormais, aucun élève ne pourra être reçu dans les écoles d’ingénieurs de la marine, du génie, de l’artillerie, des Ponts, de topographie s’il n’a auparavant suivi les cours de l’Ecole. L’Ecole Centrale des Travaux Publics devient l’Ecole polytechnique….
Au printemps 1797, le régime subit l’une des plus grandes défaites électorales de l’histoire de France : 17 députés favorables au Directoire sont réélus, contre 170 royalistes et 45 indécis. Barras, à nouveau, sauve son pouvoir par un coup d’Etat, le 18 fructidor (5 septembre). Les soldats d’Augereau, envoyés par Bonaparte, occupent Paris. Les Conventionnels favorables à Barras s’indignent de l’attitude des élèves de l’Ecole Polytechnique, “clychiens et réactionnaires”. “L’aristocratie s’est réfugiée dans l’Ecole” entend-on à la tribune de la Convention. Alors paraît un Conventionnel incontestable, Prieur de la Côte d’Or. Il admet benoîtement : “On ne peut douter que quelques élèves ne soient infectés de ce vice, mais il y aurait de l’exagération à trop généraliser ce reproche”. Quelques jours plus tard, Prieur explique encore : “Les élèves une fois admis, il n’y a plus aucun moyen de les réprimer”.

Les élections ont été annulées, 198 députés sont invalidés et 53 déportés en Guyane. Le Directeur royaliste, Barthélemy, est, lui aussi, condamné à la déportation ; Carnot, Directeur favorable au respect du résultat des élections échappe au sort de Barthélemy en courant à la frontière suisse. Mais, pour Prieur, on ne peut prendre aucune sanction contre les élèves de l’Ecole…Les parrains de l'Ecole la défendent bien.
Bonaparte découvre Polytechnique : le rêve Egyptien

Alors que le Directoire de fructidor continue à brimer l’Ecole, rognant les crédits de fonctionnement, les pensions des élèves, retardant la construction des laboratoires de chimie et supprimant même le “privilège” durement gagné par Prieur, le futur Empereur s’y crée au contraire une clientèle d’admirateurs. Il a pour eux un grand projet.
Ce grand projet, c’était l’Expédition d’Egypte. Trois membres du corps enseignant (Monge, Berthollet et Fourier) et trente-neuf élèves issus des premières promotions y participèrent ; huit y laissèrent la vie. Napoléon eut l’occasion d’apprécier l’intelligence et l’activité des Polytechniciens et l’excellence de leur formation, leurs capacités en tous domaines. On sait le rôle politique important que tint Fourier en Egypte. La Description de l’Egypte et la représentation de ses fascinantes antiquités doit autant, sinon plus, aux cours de géométrie de Monge et aux relevés des Polytechniciens qu’au coup de crayon de Denon (“Denon n’a donné que des croquis et des vues sans lever aucun plan, ni prendre aucune mesure” expliquait Villiers).
Le mirage égyptien, héritage de l’épopée napoléonienne, hanta durablement Polytechnique. Ceux qui y participèrent planifièrent, à l’Institut d’Egypte, la mise en valeur du pays. Certains collaboreront aux ambitieux programmes de développement de Mohamed Ali. Les Saint-Simoniens des promotions des années 1810 rêvaient d’un mariage mystique entre Orient et Occident en Egypte. Prosper Enfantin y fit de longs séjours. Charles Lambert fonda et dirigea l’Ecole Polytechnique de Boulak. Ce n’est pas un hasard si le projet du canal de Suez naquit dans les milieux Saint-Simoniens du Second Empire…
Qu’enseigner à l’Ecole ?“Les sciences dans leur état le plus récent“

Entre Fourcroy, Monge, Laplace et Prieur, l’accord était total : L’Ecole devait enseigner les méthodes les plus générales, les plus théoriques, les plus récentes. Elle devait donner le dernier état de la science, amener ses élèves au niveau de la recherche scientifique. C’est pour cette raison que Fourcroy avait plaidé, lors de la création de l’Ecole, pour une scolarité en trois ans. Cela parut démesuré pour former de simples officiers de l’artillerie et du génie, et les Montagnards, opposés à toute renaissance d’une élite, les Idéologues, qui voulaient le monopole de l’enseignement de haut niveau, suspectèrent la manœuvre. “Sous couleur de préparer des officiers instruits et des ingénieurs capables, ils (Fourcroy, Carnot, Prieur, Monge) travaillent à constituer un centre de hautes études désintéressées” entendit-on à la tribune de la Convention…Devant les attaques du corps législatif, Monge avoua carrément ce que fut “le complot des savants” : “Lorsqu’on a créé l’Ecole, on voulait, à la vérité, préparer des officiers et des ingénieurs, mais on avait un but bien plus vaste et bien plus élevé, celui de stimuler tout d’un coup le génie français prêt à s’endormir, de rappeler l’attention vers les sciences, de ranimer l’amour de l’étude et de rendre à la France un éclat non moins solide que celui de nos armées…, de tirer la nation française de la dépendance où elle a été, jusqu’à présent, de l’industrie étrangère”. Ce programme, Napoléon l’accepta, et Arago put se moquer de ces généraux, “très braves canonniers mais nullement artilleurs” qui harcelaient l’Empereur de leurs doléances sur ce qu’ils appelaient les tendances trop scientifiques des officiers sortis de l’Ecole. La vocation de l’Ecole à conduire une recherche de haut niveau fut confirmée en 1808, après la découverte du potassium par l’Anglais Davy, grâce à la pile de Volta. Napoléon finança, pour la somme alors considérable de 20.000 francs, la construction d’une pile gigantesque, qui fut installée à l’Ecole et confiée au Polytechnicien Gay-Lussac.
Entre les cours de géométrie et d’algèbre de Monge, le calcul différentiel de Lacroix, la chimie de Fourcroy et de Haüy, sans compter les dessins de géométrie descriptive, d’imitation libre et les comptes-rendus d’opérations chimiques, l’enseignement était effectivement de haut niveau et ardu…

Et c’est cela que l’on veut détruire ?


 

mercredi 7 janvier 2015

Eric Sartori Activité 2014


Le Socialisme d'Auguste Comte, aimer, penser, agir au XXIème siècle, l'Harmattan 2012
             toujours disponible
Participation au salon du livre Polytechnicien (Magnan 2014) et débat avec Thierry Gaudin (X59), Philippe Herzog (X59) : Positivisme et Optimisme
Publications liées :
La religion de l'humanité de Frédéric Harrison. Positivisme contre ploutonomie   Revue du MAUSS 2014/1 (n° 43)
Les Positivistes et la Chine, Monde chinois, 2014/4 (N° 40) p.152
Histoire des Grands Scientifiques français, Plon, 1999. Edition originale épuisée, la réédition en format de poche (Tempus, 2012) se vend bien
Dernière présentation: Aux scientifiques, la Patrie Reconnaissante, France Culture, la Route des sciences, 10 octobre 2013
L’Empire des Sciences, Napoléon et ses savants, Ellipse, 2003 : le livre a été réédité par Ellipses dans une nouvelle collection de poche (Ellipses Poche, 2015)
Dernière présentation : Radio Campus, les labos de l’histoire, Napoléon, la Science et les Savants, 1er septembre 2014 (http://www.radiocampusparis.org/2014/09/les-labos-de-lhistoire-5-lempire-des-sciences)
Histoire des femmes scientifiques de l’Antiquité au XXe siècle, Plon, 2006 : épuisé depuis plus de trois ans.  
La bonne nouvelle est que Plon envisagerait en 2015 une réédition en format Poche ( Tempus?)
L’ouvrage a notamment été mentionné dans Les Cahiers de Science et Vie, Janvier 2015, Recluses dans leur savoir, Pascale Desclos