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vendredi 11 novembre 2022

Les éoliennes « vertes »… à voir : 2) le SF6 ( Hexafluorure de Soufre)

 Donc, après le balsa https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/10/du-balsa-dans-les-eoliennes-oui-et-pas.html, le SF6


Le SF6, un tueur climatique…utilisé dans les éoliennes 

Le SF6 (hexafluorure de soufre ) a été découvert en 1901 par les chimistes français Henri Moissant et Paul Lebeau. C’est un excellent isolant électrique, stable chimiquement et thermiquement, facilement manipulable, non toxique ; pour cette raison, il a été et reste employé dans nombre d’appareils  électriques, principalement les disjoncteurs à haute tension et les postes électriques sous enveloppe métallique.

Son seul probléme : c’est un gaz à très fort effet de serre, avec un  potentiel de réchauffement global (PRG) à cent ans 23 500 fois supérieur à celui du CO2. Et sa durée de vie est longue : une fois que le SF6 entre dans l'atmosphère, il faut plus de 3 000 ans pour qu'il se décompose. Néanmoins, vu ses faibles concentrations dans l’atmosphère, sa contribution au réchauffement climatique global était considérée comme faible (0,002 ppbv, 0,01% du RC)

Sauf que, alors que le SF6 commence à être interdit par de nombreux secteurs manufacturiers, il est encore largement utilisé dans les éoliennes, principalement dans les tableaux de distribution électroniques. Lorsque l'espace disponible est limité, comme c'est le cas à l'intérieur des éoliennes, ce gaz  offre une excellente isolation tout en laissant un espace supplémentaire pour les machines et les pièces vitales. La quantité est faible (environ 2 kg de gaz) par éolienne, mais avec environ 30 000 éoliennes), ce n’est plus du tout négligeable.

Et ça se voit !

Les mesures de l'air au-dessus de l'Allemagne ont déjà identifié le pays comme le pire contrevenant en Europe en ce qui concerne la substance hautement dangereuse qu'est l'hexafluorure de soufre (SF6). Il est utilisé dans la fabrication des éoliennes et s'échappe dans l'environnement. L'Allemagne étant le leader de l'utilisation des éoliennes en Europe, les scientifiques affirment que c'est le principal facteur expliquant les niveaux exceptionnellement élevés de SF6 relevés en Allemagne.

Avec les 30.000 éoliennes allemandes, l´effet du SF6 qui s´en échappe est plus important que celui du trafic aérien intérieur de l´Allemagne.  Autre élément de comparaison : cela représente émettent environ 20 fois + de CO2e que le SF6 émis par le parc nucléaire  français et souvent pointé par les écologistes (https://twitter.com/grunblatt/status/1561787055398686733?t=c8tBIUEP_De2LbPd6p1QXg&s=09 ) 

Un comportement délictueux : 

Dès 1997, le protocole de Kyoto stipulait que les émissions de SF6 devaient être limitées. L'industrie s'est engagée volontairement à réduire l’utilisation de SF6, à l'utiliser dans des systèmes fermés, et à le recycler et le neutraliser à la fin de son utilisation pratique. L'engagement de 1998 stipulait également que les entreprises devaient enregistrer et communiquer les quantités utilisées et recyclées. 

Or, ce n'est pas le cas. En fait, l'Allemagne viole cette disposition à grande échelle, et les données atmosphériques le prouvent. Selon le Taggeschau, les niveaux de SF6 sont 50 % plus élevés que ce que suggèrent les données d'émission actuelles fournies par l'industrie !

 https://www.tagesschau.de/wirtschaft/technologie/erneuerbare-energien-windkraft-treibhausgas-sf6-101.html


Lorsque le magazine économique Plusminus a interrogé les 2 plus grands fabricants d'éoliennes sur les niveaux élevés de SF6, Nordex et Vestas ont répondu qu'il n'y avait pas d'alternative. Ils affirment que seules de petites quantités de SF6 s'échappent dans l'air et veillent à ce que le produit chimique soit éliminé de manière appropriée à la fin de la durée de vie de l'éolienne. L'engagement de 1998 stipulait également que les entreprises devaient enregistrer et communiquer les quantités utilisées et recyclées.

Oui mais, comme pour le démantèlement, ce ne sont pas les fabricants, mais les propriétaires d’une éolienne à démanteler qui doivent s’occuper eux -même de l’élimination et du recyclage du SF6. Et en cas de doute, il est plus facile de laisser la substance s’échapper dans l’environnement. Il n’y a aucun contrôle. Le mur de démantèlement des éoliennes générera des montagnes de pales et des nuages de SF6 !

Des alternatives…mais un moratoire soutenu par les écolos !

Il existe des solutions alternatives développées notamment par Schneider Electric et Siemens qui utilisent simplement le vide comme isolant.  Divers fournisseurs d’interrupteurs haute tension l’intègrent déjà, ou des systèmes similaires,  dans les équipements dédiés à la distribution de l’électricité et cela devrait être généralisé.

Siemens a développé ce système  pour les éoliennes de sa filiale Gamesa, mais la plupart des fabricants d’éoliennes considèrent que cela représente un coût supplémentaire qui obère leur compétitivité.

En conséquence, l’Union Européenne ne prévoit pas d'interdire ce gaz dans les dispositifs électriques avant 2030, soit une période de transition de huit ans supplémentaires par rapport à ce qui était prévu. Un moratoire très demandé par l’industrie allemande soutenu par les Verts dont le leader au parlement européen , Baas Eickhout a déclaré : « Vous avez fait pression avec succès et fait valoir que la transition énergétique ne devrait pas être entravée et que le SF6 est nécessaire pour cela ».

On les a connu plus combattifs vis-à-vis des lobbys industriels polluants…alors qu’il existe déjà des solutions.

Sujet déjà abordé par G. Grunblatt

 https://twitter.com/grunblatt/status/1562010956481404928

https://rmx.news/article/wind-turbines-emit-highly-dangerous-climate-destroying-gas-with-germany-the-worst-polluter-in-europe/

Mise à jour_1erjuin2023: Le SF6 monte, monte, monte 

Un seul kilogramme de SF6 a le même effet sur le réchauffement terrestre   que 24 personnes voyageant de Londres à New York. Comme nous installons de plus en plus de turbines, et des turbines de plus en plus puissantes, les quantités de SF6 utilisées augmentent, en particulier à cause des éoliennes off shore. Une éolienne off shore contient typiquement 5 kg de SF6, ce qui est l’équivalent d’environ 117 tonnes de dioxyde de carbone.

Une étude de l’Université de Cardiff a montré  que sur tous les réseaux de transport et de distribution au Royaume-Uni, la quantité de SF6  utilisée augmentait de 30 à 40 tonnes par an. Cette hausse s’est également reflétée dans toute l’Europe, les émissions totales des 28 États membres en 2017 équivalant à 6,73 millions de tonnes de CO2. Soit l’équivalent des émissions de 1,3 million de voitures supplémentaires pendant un an.

Nous effectuons des mesures de SF6 dans l’atmosphère», a déclaré le Dr Matt Rigby, lecteur en chimie atmosphérique à Bristol. « Ce que nous avons vu, c’est que les niveaux ont considérablement augmenté, et nous avons vu presque doubler la concentration atmosphérique au cours des deux dernières décennies. » Le moyen le plus important par lequel le SF6 pénètre dans l’atmosphère provient des fuites dans l’industrie de l’électricité.

https://www.bbc.com/news/science-environment-49567197?s=09 Climate change: Electrical industry's 'dirty secret' boosts warming





 

samedi 4 avril 2020

Ravages dans nos campagnes : après les margoulins de l’éolien, les arnaqueurs des méthaniseurs (2)


Un second plus technique essentiellement tiré d’un article de l’excellent bastamag


Comment fonctionne la méthanisation ?

Un méthaniseur est une sorte de marmite : une grande cuve, elle-même recouverte d’un dôme. La recette : des déchets végétaux – de l’herbe, du maïs, des pailles de céréales, de colza... pour le carbone – et des déchets animaux (lisiers et fumiers pour l’azote). Le tout est chauffé entre 35 et 40 degrés pendant de longues heures. Certains exploitants ajoutent des déchets issus de l’agro-alimentaire (venus des abattoirs, des laiteries...), des boues de stations d’épuration, les matières de vidange, ou encore des ordures ménagères 

Dans cette marmite sans oxygène, des bactéries transforment les déchets et produisent notamment du méthane (CH4, le fameux « biogaz »). Celui-ci est récupéré par de grands tuyaux pour être transformé en électricité via un générateur, ou injecté directement dans le réseau de gaz de ville. Le biogaz peut aussi servir à produire de la chaleur, pour des habitations par exemple, ou être utilisé comme carburant. A la fin du processus, il reste des « déchets » solides et liquides, qu’on appelle « digestat ». Ces digestats, riches en azote, phosphate, potassium... sont épandus sur les terres agricoles comme engrais.

Combien d’unités de méthanisation en France et de quels types ? L’Ademe en veut plus de 40.000 ?

En mars 2018, la filière méthanisation représentait, selon le ministère de la Transition écologique et solidaire, environ 400 installations agricoles, territoriales et industrielles, dont 230 à la ferme. Depuis cette date, le nombre d’installations accélère. Selon la base de données régulièrement mise à jour par le Collectif scientifique national méthanisation raisonnée (CNSMR), il y aurait 812 unités en service et 362 en projets.

Ce nombre ne cesse d’augmenter pour atteindre les objectifs fixés par la Loi relative à la transition énergétique de 2015. L’objectif : parvenir à 10 % de gaz « renouvelables » dans les consommations de gaz naturel à l’horizon 2030, ce qui impliquerait la mise en service d’environ 5784 méthaniseurs, soit plus de dix fois plus !

Pour atteindre les 100% de biogaz à l’horizon 2050, comme le suggère une étude de l’Ademe, 42 800 unités de « gros calibre » seraient nécessaires.
(Bon, hein, c’est l’Ademe, une agence de propagande !)

La moyenne d’intrants, végétaux (et animaux est aujourd’hui de 31.400 tonnes par unité de méthanisation et par an, contre 6000 tonnes avant 2017. Les unités construites tendraient donc, de plus en plus, à être de grande taille….

La méthanisation permet-elle de réduire les émissions de gaz à effet de serre ?

Le ministère de la Transition écologique et solidaire considère le gaz issu de la méthanisation comme une énergie renouvelable. 12 millions de tonnes de CO2 par an seraient évitées (3% de nos émissions) prévoit le ministère, avec 10 % de biogaz en 2030. Avec un système gazier en 2050 basé à 100 % sur du gaz renouvelable, 63 millions de tonnes de CO2 par an seraient économisées, selon l’Ademe…
(Bon, hein, c’est l’Ademe !)

Les données sur les gaz à effet de serre ne font toutefois pas consensus. « L’estimation du bénéfice environnemental d’un projet est aujourd’hui impossible », estime le Collectif scientifique national méthanisation raisonnée. En cause : l’impossibilité de se procurer les méthodes de calcul et formules utilisées par le logiciel DIGES2 servant à réaliser le bilan des méthaniseurs en termes de gaz à effet de serre. Ce programme de calcul ne prend par ailleurs pas en compte les émissions dues aux épandages des digestats dans les champs. L’Ademe n’a pas donné suite à nos demandes de précisions sur le bilan carbone du cycle complet de la méthanisation.

(Ben oui, c’est toujours l’Ademe, si sourcilleuse sur le bilan cycle complet du nucléaire (6gCO2/kw.h)

Y a-t-il des fuites et peuvent-elles alimenter l’effet de serre ? Oui, et pas qu’un peu !

Les fuites de gaz peuvent être liées à un défaut d’étanchéité ou à des fissures dans les cuves, stockages et conduits de méthanisation. « On n’a aucun chiffre en France, mais en Allemagne les fuites ont été observées régulièrement », souligne le chercheur Daniel Chateigner, membre du collectif scientifique national méthanisation raisonnée (CSNMR). « C’est logique, tout procédé industriel comporte des fuites à plus ou moins long terme. Surtout en milieu anaérobie [sans oxygène, ndlr], comme la méthanisation au sein desquels du sulfure d’hydrogène, très corrosif même sur les structures inoxydables, est présent. Les gaz émis sont des gaz à effet de serre que l’Ademe ne prend pas en compte dans ses calculs environnementaux. »
(Bon, j’en ai un peu assez de me répéter, c’est l’ Ademe)

Du méthane peut notamment s’échapper, en particulier lorsque les cuves de stockage de digestat sont laissées à l’air libre. Or, le méthane est un gaz dont l’effet de serre est 25 fois supérieur à celui du gaz carbonique. « Seulement 4 % de fuite de méthane suffisent pour que la méthanisation ait un impact sur l’effet de serre plus fort que l’utilisation des carburants fossiles », souligne le CSNMR. « Les cuves de méthanisation doivent donc être parfaitement étanches car la moindre fuite de méthane grève lourdement le bilan gaz à effet de serre de l’opération », précise à ce sujet l’association Solagro, spécialisée dans les transitions écologiques.

Cette dernière alerte également sur le risque de volatilisation de l’azote lors de l’épandage, sous la forme de protoxyde d’azote. Le pouvoir de réchauffement global du protoxyde d’azote (N2O) est de 310 fois celui du gaz carbonique : c’est le second gaz à effet de serre émis par l’agriculture.

La méthanisation enrichit-elle ou appauvrit-elle les sols ?

Avec la méthanisation, le digestat solide épandu sur les champs nourrirait le sol, et le digestat liquide jouerait le rôle d’engrais pour les cultures. Mais selon le Collectif scientifique national méthanisation raisonnée (CSNMR), le digestat épandu entrainerait une perte de carbone progressive du sol. L’Ademe prévoit de mettre un couvert végétal intermédiaire entre deux cultures alimentaires – on parle de CIVE, Cultures intermédiaires à vocation énergétique –, que l’on garde pour le méthaniseur.
Avant, ces cultures intermédiaires retournaient au sol et l’alimentaient. « Avec la méthanisation à marche forcée, au lieu de laisser le sol se reposer, on le fait travailler en permanence sans qu’il ait le temps de se reconstituer entièrement, il s’appauvrit », estime Daniel Chateigner du CNSMR. Cette baisse de fertilité des sols pourrait nécessiter à terme l’utilisation de plus d’engrais.

Quel risque de spéculation et d’accaparement du foncier avec le biogaz ? 10 % de méthanisation de gaz impliquerait de consacrer plus de 18 000 km2 - soit la superficie de trois départements français !

En Allemagne, la politique de soutien à la méthanisation a engendré un développement fulgurant des surfaces de maïs pour nourrir les méthaniseurs, et une hausse du prix du foncier devenu inaccessible pour les petites fermes.

En France, certains agriculteurs s’inquiètent de dérives similaires. La Confédération paysanne de l’Orne a par exemple mené une action fin 2018 contre une unité de méthanisation dont les exploitants ont acquis 100 hectares de terres cultivées dans le but d’alimenter cette unité. Ils constatent également un prix des ressources fourragères bien au-dessus des prix pratiqués avant l’arrivée des méthaniseurs - 80 euros, contre 40 euros la tonne de paille à presser…

Les calculs réalisés par le Collectif scientifique national méthanisation raisonnée sont également inquiétants. Atteindre l’objectif de 10 % de méthanisation de gaz impliquerait de consacrer plus de 18 000 km2 - soit la superficie de trois départements français - à des cultures servant uniquement à alimenter les méthaniseurs . D’après ce collectif, des méthaniseurs se retrouvent déjà aujourd’hui en compétition pour l’approvisionnement en intrants.

(c’est là qu’on voit que l’Ademe délire !!!)

La méthanisation contribue t-elle à l’industrialisation des élevages ?

Un agriculteur qui se lance dans un tel projet doit posséder un troupeau « important », ou chercher des sous-produits dont il sera alors dépendant, auprès d’usines agroalimentaires notamment. En ce sens, les projets individuels de méthanisation auraient tendance à davantage relever de « gros » élevages. Notre enquête révèle d’ailleurs un afflux de demandes pour des méthaniseurs adossés à des élevages industriels.

La méthanisation peut être contradictoire avec l’agriculture paysanne soucieuse d’élevage en plein air. En effet, optimiser une unité de méthanisation implique de laisser les animaux en stabulation le plus longtemps possible, hors des prés, afin de récupérer leurs effluents pour nourrir quotidiennement le méthaniseur.

Y a-t-il des risques d’incident dans les unités de méthanisation ? Oh, que oui : intoxications, explosions, nuisances diverses

La réglementation stipule que les digesteurs doivent être implantés à plus de cinquante mètres des habitations occupées par des tiers afin de minimiser l’impact en cas d’accident. Les usines de méthanisation ne sont pas classées Seveso mais plusieurs « phénomènes dangereux » restent néanmoins associés au biogaz. Un document du ministère de l’Agriculture et de l’Ineris liste les nombreuses exigences de sécurité à adopter dans les installations de méthanisation agricole.

En 2019, le collectif scientifique national méthanisation raisonnée (CSNMR) a relevé 21 incidents sur des méthaniseurs, dont 18 sur des méthaniseurs d’agriculteurs. Les incidents sont de plusieurs ordres : pollutions olfactives, déchirement de bâches au-dessus des dômes des digesteurs contenant le gaz, incendie, explosion

Certains faits sont également troublants comme la mort de 23 veaux en contrebas d’une unité de méthanisation entre août 2017 et janvier 2018. Les résultats des analyses d’eau menées par l’agriculteur ont révélé des taux de coliformes, c’est-à-dire de bactéries liées à des matières fécales, anormalement élevés et la présence de métaux lourds dans l’eau.

Concernant le risque sanitaire, l’Ademe reconnait que des germes peuvent résister à la méthanisation et se retrouver dans le digestat.

Le CSNMR pointe également le risque d’émissions de gaz irritants et dangereux pour la santé comme l’ammoniac ou l’hydrogène sulfuré, en cas de fuite par exemple, et demandent des contrôles indépendants fréquents. « Le rythme de l’incidentologie croît plus vite que celui des installations, preuve d’un manque de considérations des dangerosités de ces usines », estime le collectif scientifique.

Remarque : l’hydrogène sulfuré, outre son odeur épouvantable,  c’est ce que dégagent les algues pourrissantes et qui a tué un troupeau de sanglier, et probablement au moins un joggeur et un employé municipal sur les plages bretonnes.

Comment les méthaniseurs sont ils controlés ?

En dessous de 30 tonnes de matières entrantes par jour, il n’y a pas d’étude d’impact et l’unité relève d’un simple régime de déclaration.
Entre 30 et 100 tonnes de matières entrantes par jour, l’unité relève d’un simple  régime d’enregistrement : elle est soumise à une contribution envoyée à l’inspection des installations classées, puis à l’avis du conseil municipal et à une consultation publique. Au-dessus de 100 tonnes de matières entrantes par jour, l’unité entre dans le régime d’autorisation qui implique une enquête publique et administrative, ainsi qu’une autorisation préfectorale.

Une fois le méthaniseur mis en service, il revient à celui qui l’exploite de réaliser des « auto-contrôles ». « C’est tout le problème des limites », note Jean-Marc Thomas, paysan en Bretagne. « Prenons un projet à 29 tonnes par jour. A 30 tonnes, il bascule du régime de déclaration au régime d’enregistrement. Comment avoir la garantie que demain n’entreront pas 31 tonnes par jour ? » La même réserve concerne le ratio de 15 % de cultures alimentaires dédiées…

Pour terminer, une note de Sauvons Le Climat : Le biogaz obtenu contient toutes sortes d’impureté et des quantités importantes de CO2. Le tout nécessite des opérations complexes de séparation du CO2 et de purification, coûteuses en énergie.

Pour rendre le méthane conforme aux normes de transport et d’utilisation. Il faut également comprimer le méthane à 80 bars pour le transport. Au total, le rendement global devrait être proche de 50 %.
 « Sauvons le Climat https://twitter.com/sauvonsleclimat/status/1132405331135475719)

Donc les méthaniseures, des installations dangereuses, peu contrôlées, polluantes, aux nuisances diverses (puanteur, trafic routier, perte de valeur immobilière) favorisant l’agriculture intensive, dégradant les sols , à  la rentabilité mal assurée et dont le bilan en terme de gaz à effet de serres est très très  incertain, voire négatif,  en raison d’un cycle mal évalué, et des émissions par fuite de méthane très fréquentes, des dégagements d’azote et pire, de protoxyde d’azote lors de l’épandage des digestats ; et encore, d’hydrogène sulfuré, toxique.

Le  gaz vert est tout simplement un programme complètement fou (10 % de méthanisation de gaz impliquerait de consacrer plus de 18 000 km2 - soit la superficie de trois départements français - à des cultures servant uniquement à alimenter les méthaniseurs ), non seulement inutile, mais néfaste pour le climat.
Et pourtant, après les margoulins de l’éolien, , les arnaqueurs des méthaniseurs s’apprêtent à déferler dans nos campagnes, avec la bénédiction de l’Ademe et d’Elisabeth Borne ! 

Mulhouse | Un méthaniseur pionnier à Sausheim

samedi 12 octobre 2019

No Fake Sience ! Quand Réseau Action Climat charrie vraiment !


Grosses manipulations et Gros mensonges de Réseau Action Climat…

J’ai dit à quel point l’initiative No Fake Science est utile, indispensable même à la démocratie (cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/08/no-fake-science-quelques-reflexions.html et pour le texte de l'appel initial https://nofake.science/tribune

Et les choses progressent. De nombreux scientifiques, pas des grands pontes trop longtemps habitués à courber l’échine devant le politique et à flatter l’opinion, qui tiennent trop à leur position pour prendre quelque risque que ce soit, non, des praticiens de tous les jours et de toutes disciplines,  des  techniciens cadres, ingénieurs, étudiants, chercheurs et quelques journalistes, bien décidés à ne plus laisser passer de Fake science, se manifestent sur tweeter et dénoncent mensonges et manipulations, et les menteurs et les manipulateurs se trouvent confrontés à des dizaines de tweet qui dévoilent leurs mensonges et leurs manipulations, se complétant et se précisant l’un l’autre. Les champions toutes catégories du grand n’importe quoi, Jadot et Ségolène Royal (dans un créneau plus spécialisé, ajoutons-y Michèle Rivasi) se font maintenant corriger d’importance à chacune de leurs interventions mensongères et manipulatoires – ils seront à eux seuls responsables d’un bilan carbone fantastique. eE cela est juste et bon, et utile, même indispensable…et de plus souvent réjouissant. Merci et Bravo à tous.

Un exemple récent et d‘autant plus intéressant que se profile la convention citoyenne sur la politique énergétique : les mensonges de Sortir du Nucléaire. Reprenons l’enchainement ; Emmanuel Macron à Rodez, le 4 octobre 2019, bizarrement lors d’un débat sur les retraites a affirmé : « La France a une chance, c'est notre parc nucléaire. C'est ce qui permet de produire une énergie non intermittente la plus propre » et affjrme que depus que l’Allemagne a décidé de sortir du nucléaire, elle a ouvert des centrales à charbon…
Effectivement affirmation non contestable ( pour une fois)

Réaction de Réseau Action Climat : « Contre-vérité d'@EmmanuelMacron : l’Allemagne n’a pas ouvert de centrales à charbon suite à la décision de sortir du nucléaire.
Ce sont les énergies renouvelables, principalement citoyennes, qui ont remplacé le nucléaire et qui vont lui permettre de sortir du charbon. »

Bon, je ne sais pas trop ce qu’est une énergie citoyenne, par contre je sais ce qu’est une émission de CO2 et que voici les ordres de grandeur : 5,3 à 6 g par kWh pour le nucléaire10 g pour l'éolien32 g pour le solaire,  charbon : 1050 g,  fioul : 778 g, gaz : 443 g. Donc, quand on remplace, comme le fait l’Allemagne, le nucléaire par de l’éolien plus du gaz, en gardant son charbon, fierté nationale, eh bien, on mène tout simplement une politique scandaleusement anti-climatique et anti-écologique (donc, non citoyenne, je suppose)

A l’appui de ses dires, Réseau Action Climat prétend fournir de magnifiques chiffres illustrés ou illustrations chiffrées, on ne sait. Voici les courbes présentées sous le titre la preuve par les chiffres.





Mais en tous cas, pas des chiffres sincères, et une belle leçon de manipulation. Car 1)  les camemberts comparés entre 1991 et 2015, comme tous les camemberts, ne montrent pas l’augmentation de la consommation énergétique allemande ; et 2) le zoom sur une petite partie de la courbe permet d’ignorer la quasi-constance en quantité du charbon et du lignite, et l’augmentation du gaz. Si l’on regarde une courbe plus complète (cf. ci-après), on s’aperçoit que charbon et lignite n’ont pratiquement pas diminué, que le nucléaire a été principalement remplacé par du gaz et un peu d’éolien, ce qui, je le répète est un crime climatique et écologique, et que le reste des énergies nouvelles s’est juste surajouté pour compenser l’augmentation de la consommation d’énergie.


Voici une courbe plus complète qui met bien en évidence la malhonnêteté et les manipulations de Réseau Action Climat :


L’Allemagne n’a donc pas diminué d’un iota sa consommation de fossile et ses dégagements de CO2 ont augmenté par substitution du nucléaire par le gaz. L’Allemagne, en gros émet 8 à 10 fois de CO2 par Kwh que la France, eh ben, c’est pas prêt de s’arranger. Et c’est cela que Réseau Action Climat nus propose comme un modèle de transition énergétique ! Idiots, escrocs  imbéciles, bigots de l’écologie…


Autre merveille de manipulation soulignée par un tweetos : la comparaison entre 1991 et 2015. Quel choix astucieux de date ! Car, prenons 2010 ; en 2010, le charbon et le lignite représentaient respectivement 18.5 % et 23 % de la production d'électricité. La part du lignite (le pire du pire !) et du charbon  a donc réaugmenté de 2010 à 2015 avec l’accélération de la baisse du nucléaire !

Et si, l’Allemagne a bel et bien ouvert des centrales à charbon (et pas qu’une…11 !!!) et même, scandale des scandales, intensifié l‘exploitation de son dégueulasse lignite…en prévision de la sortie du nucléaire et des accords de Paris. Car ceux-ci, ruse des ruses et imbécilité des imbécilités prévoient pour la plupart des pays des engagements sur une baisse en pourcentage des émissions de gaz à effet de serre.   Alors, plus le niveau de départ sera haut, plus les engagements seront faciles à respecter !

Et c’est ainsi que l’Allemagne pourra ad vitam eternam prétendre respecter les accords de Paris tout en émettant dix fois plus de CO2 par kw.h qu’en France !

Comment qualifier cela autrement que de foutage de gueule, ou, pour être plus poli, de cynisme et d’hypocrisie totale masquant un crime contre l’Humanité. Et c’est cela que Réseau Action Climat nous propose comme modèle ?

Tiens, allez, pour la route !

Mensonges et crimes climatiques allemands : ouverture d’une gigantestque mine de lignite en 2006


« En Allemagne, la fin du nucléaire et les besoins en énergie ne riment pas forcément avec l’idée d’environnement et de développement des énergies renouvelables. En témoigne ce reportage de l’AFP qui raconte comment le producteur d’électricité RWE agrandit une gigantesque mine de lignite dans la Ruhr, obligeant les habitants à déménager. site de Garzweiler I, exploité depuis 1983, a fait son temps. Il est comblé au fur et à mesure qu'est creusé Garzweiler II, la nouvelle mine contiguë d'une surface de 48 kilomètres carrés, autant que la ville de Lyon.
Quelque 7600 habitants et tout leur environnement doivent être déplacés. Les 900 habitants d'Immerath, dont environ 100 seulement sont encore là, s'installent à à Immerath-Neu (Nouveau Immerath), un village sorti de terre dans la même commune d'Erkelenz. Ils y retrouveront leurs morts, l'école et le jardin d'enfants, mais pas l'église, qui sera déconsacrée après un dernier office en octobre, et rasée comme le reste.
  «Cela me brise le cœur», dit Hans-Willi Peters, qui habite lui aussi un village des environs et devra décider sous peu s'il se laisse transplanter  comme ses voisins… »

« Le 31 mars 1995, le gouvernement du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie donna son aval à la mise en œuvre du Braunkohleplan Garzweiler II. Aussi les excavatrices purent-elles, le 18 juin 2006, entamer cette nouvelle zone…La période d’extraction prévue s’étend de 2006 à 2045. L’abattage du charbon s’effectue à ciel ouvert (exploitation en découverte ou par découverte) et l’activité s’apparente alors à un chantier de terrassement qui se déplace progressivement. Garzweiler II possède un gisement de lignite de 1,3 milliard de tonnes….

Et voilà le modèle des écolos antinucléaires – ils ne le sont pas tous. Voilà l’exemple allemand, le modèle de Réseau  Action Climat et de Sortir du Nucléaire !

samedi 28 septembre 2019

Fake science, fake news et énergies renouvelables. L’Ademe à la manœuvre


Les énergies renouvelables sont un des domaines favoris des fake sciences, des fake news, et des manipulations très intéressées, comme celles des margoulins de l’éolien souvent épinglés sur ce blog.

Quelques exemples récents tirés de divers tweet, dont deux concernent une agence gouvernementale déjà mentionnée, qui a été transformée en office de basse propagande des énergies nouvelles, l’Ademe, qui confirment sa vocation de clown dont les scientifiques qui y travaillent devraient avoir honte – pour leurs méfaits précédents
cf

Et aussi son copain allemand, le DIW, déjà épinglé,

Or, on ne pourra baser aucune politique énergétique raisonnable sur de la Fake science et la manipulation malhonnête des chiffres. D’où nécessité sans cesse de debunker. Merci à tous ceux qui le font incessamment sur les réseaux.

Or, on ne pourra baser aucune politique énergétique raisonnable sur de la Fake science et la manipulation malhonnête des chiffres. D’où nécessité sans cesse de debunker. Un grand merci à tous ceux qui s'y collent....

La grosse truanderie de l’ADEME sur les émissions de carbone du nucléaire. Une erreur typographique ?

D'après un récent sondage, environ deux tiers des Français estiment que le nucléaire contribue au réchauffement climatique. Est-ce étonnant? Les détracteurs de l'atome le chargent de tant de maux, avec un tel fanatisme qui confine parfois à la terreur intellectuelle, qu'un aspect bénéfique devient incongru.
Comment-en serait-il autrement quand le très officiel projet de Programmation Pluriannuelle de l'Energie (PPE) pour évaluer les émissions du nucléaire français propose deux valeurs contradictoires, et toutes les deux fausses ? L'une provient du GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental  sur l'Evolution du Climat) et conduit à une émission de 12 g de CO2 par kWh électrique nucléaire. L'autre moins favorable à l'atome, est de 66 g de CO2 par kWh !!! Elle émane de l'ADEME (Agence de Maîtrise de l'Energie) qui la tire d'une  étude de 2008, faisant la synthèse d'une vingtaine de publications.

En tout état de cause, les deux chiffres actuels indiqués dans la PPE, 12 et 66 g par kWh nucléaire sont incompatibles, dénotent une  lacune d'information et ont provoqué des demandes d'éclaircissement. La réponse à la question posée par le Sénateur Longuet vaut son pesant de n’importe quoi :

« Le chiffre de 66 g par kWh "relève d'une erreur typographique" et "sera corrigée dans la version finale de la PPE" qui "présentera deux valeurs : "12g CO2/kWh d'après le GIEC et 6gCO2/kWh d'après la base carbone de l'ADEME".

Une simple erreur typographique ? Eh ben, dans un document de cette importance pour informer les citoyens, c’est ballot.

En fait c’est sans doute plus grave : Commentaire de l’excellent Lionel Taccoen : « Certes le simple tremblement intempestif d'un doigt peut transformer 6 g en 66 g dans un document officiel. Mais des esprits malveillants, se souvenant du peu d'enthousiasme de l'ADEME pour le nucléaire, penseront que cette Agence a mangé son chapeau et a dû enterrer son étude favorite, mal lue et un peu ancienne, lui permettant d'affecter 66 g de CO2 par kWh nucléaire français. » (Lionel Taccoen, Géopolitique de l'Electricité. (http://www.geopolitique-electricite.com)

Bon, enfin, on y est, l’Ademe admet donc 6g. de CO2 par kWh nucléaire. Espérons que l’ « erreur » de l’Ademe ne se reproduira pas, et que ce seront les vrais chiffres qui seront communiqués au panel de citoyens chargé de dégager un avis sur la fiscalité et la transition énergétique.

Dans une autre réponse, cette fois donnée sur le site du débat public de la PPE, le ministère de l’environnement donne des chiffres plus précis et explique la différence avec la valeur des premiers rapports du GIEC : 

« A Monsieur Mezeix: Suivant le GIEC, L'énergie nucléaire, au niveau mondial émet en moyenne 12 g de CO2 par kWh...mais au niveau français EDF (cité par l'ADEME...) et le CEA...s'accordent sur un niveau d'émissions moyennes ...de 5 à 6 g" car les émissions indirectes dues aux "transports de marchandises et déchets radioactifs et infrastructures" sont plus "faibles en France que dans les autres régions du monde".
La réponse du ministère présente les émissions du nucléaire et des renouvelables : 5,3 à 6 g par kWh pour le nucléaire, 10 g pour l'éolien, 32 g pour le solaire. Aucun chiffre pour l'hydraulique n'est mentionné. Sont ajoutées les émissions de CO2  correspondant à un kWh utilisant la combustion du charbon :  1050 g, du fioul : 778 g, et du gaz : 443 g.

Eh ben voilà, on y est. Accord entre le ministère et les experts !
Et entre parenthèses, vous voyez que quand on est obligé de suppléer à l‘intermittence de l’éolien par du gaz, c’est pas bon, pas bon du tout poutrle climat.

Maintenant, si la moyenne mondiale du GIEC (12 g de CO2 par kWh) est inadaptée au cas français, pourquoi sera-t-elle maintenue dans la PPE? Energies renouvelables et nucléaire n'émettent pas de gaz à effet de serre lors de la production d'électricité. Ils provoquent de faibles émissions indirectes lors de la construction, la maintenance et le démantèlement des installations. Pour le nucléaire, il convient d'ajouter le cycle du combustible. Ces émissions  indirectes varient largement suivant le contexte énergétique des pays et la technologie choisie.

Cf.Lionel Taccoen, Géopolitique de l'Electricité. (http://www.geopolitique-electricite.com), Géopolitique de l'Electricité-Point d'information-Nucléaire français et climat: la fin de la confusion?

Gros mensonge de l’Ademe sur l’éolien et les émissions évités ou diminuées ?

Bon allez, pendant qu’on est sur eux, on continue. A partir du très intéressant fil tweeter de Tanguy@Yugnat95 (https://twitter.com/hashtag/energie_est_notre_avenir_economisons_la?src=hash)
Critiquant cette affirmation de l’Ademe : que la filière éolienne avait permis entre 2002 et 2015 d’éviter l'émission en France de 500 à 600g CO2eq par kWh produit.

C’est d’emblée assez surprenant car en France, grâce à la filière nucléaire et hydro, l’électricité est déjà peu carbonée (voire ci-dessus) et l’on ne voit pas que l’éolien (qui, au surplus, en raison de son intermittence, doit être associé au gaz) puisse permettre une telle économie.  Entre 2005 et 2018, les émissions ont oscillé entre 28 et 46 Mt CO2eq/an (45 et 85 gCO2eq/kWh) (en analyse de cycle de vie).

La critique de Tanguy@Yugnat95 repose sur la méthode même de l’étude de l’Ademe sur deux aspects : 1) la méthode pour construire un mix de référence (= sans prod éolienne)  ; 2)  le bilan du calcul des émissions évitées. Et surtout sur les hypothèses simplificatrices : 1) L’éolien ne se substitue pas à l’hydraulique ; l’éolien ne se substitue pas au nucléaire ; 3) L’éolien n’est pas exporté.

Pour les détails reportez-vous sur le thread et la discussion assez riche. Mais en gros l’éolien se substitue bel et bien parfois au nucléaire et à l’hydraulique, et donc dans ce cas, l’éolien ne permet pas d’éviter des émissions de CO2, bien au contraire. (d’ailleurs la substitution de l’éolien à une partie du nucléaire est l’un des objectifs revendiqués de la PPE, un objectif absurde purement idéologique anticlimatique et antiécologique…). 
Enfin, il arrive que l’éolien produise quand on n’en a pas besoin, donc on l’exporte, sauf que, comme l’Europe produit en gros de l’éolien tout le monde en même temps, 1) on l’exporte d’abord pour rien, nada, et même en payant nos voisins pour le prendre et 2) il ne se substitue alors à rien donc augmente, même marginalement des émissions supplémentaires.

Enfin, la conclusion de l’étude vaut son pesant, encore une fois, de n’importe quoi : «  L’énergie éolienne permet d 'éviter de l’ordre de 500 à 600g de CO2 par chaque kw produit (non, ça dépend à quoi il se substitue, et surtout pas s’il est amené à se substituer de plus en plus au nucléaire)… L’éolen contribue donc de manière significative à la réduction des émissions de GES du secteur électrique et donc à l’effort de la France dans en matière de lutte contre le changement climatique »

Donc l’Ademe mélange joyeusement émissions évitées et réduction. Or, comme l’explique Tanguy@Yugnat95, «  une réduction est absolue et un évitement est relatif, il compare deux alternatives mais ne dit rien sur les émissions qui peuvent très bien augmenter ou diminuer. Exemples: vous n’avez pas de voiture, vous en choisissez une légère au lieu du SUV auquel vous rêviez, vous avez évité des émissions mais vos émissions ont augmenté.

Les éoliennes ne réduisent les émissions de carbone que si elles se substituent utilement à une production plus carbonées…sinon elles augmentent les émissions. Pour tester ses fameux calculs, l’Ademe pourrait d’ailleurs se demander pourquoi malgré ses 29 000 éoliennes, malgré un soutien total pour les énergies renouvelables qui a atteint 680 milliards d'euros, l’Allemagne n’a pas diminué d’un iota ses émissions de carbone.

Conclusion : en se choisissant  ad hoc un mix de référence très carboné qui serait remplacé par les éoliennes, l’Ademe arrive à démontrer ce qu’elle veut, et ses chiffres faux deviendront carrément faux et mensongers à mesure que l’éolien se substituera au nucléaire. Conclusion de Tanguy@Yugnat95 : « Outre les hypothèses optimistes, l’étude NE démontre en RIEN que la filière éolienne “contribue de manière significative à la réduction des émissions de GES [...] et [à la] lutte contre le changement climatique” en France.

Pas mieux !

Les calculs bizarres de the Energy Watch Group and LUT University : délirant !

« La nouvelle étude du Groupe Energy Watch et de l'Université LUT est la première du genre à esquisser un scénario de 1,5°C avec un système mondial d'énergie renouvelable 100 % , rentable et multisectoriel et riche en technologie qui ne s'appuie pas sur des technologies d'émissions de CO2 négatives. L'étude de modélisation scientifique simule une transition énergétique globale totale dans les secteurs de l'électricité, de la chaleur, des transports et du dessalement d'ici 2050. Il est basé sur quatre ans et demi de recherche et d'analyse de la collecte de données…Cela prouve que la transition vers une énergie 100% renouvelable est économiquement compétitive par rapport au système fossile et nucléaire actuel, et pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le système énergétique à zéro avant même 2050. »

Ou, bon, cela prouve surtout qu’on peut raconter n’importe quoi

Constatons d’abord que pour arriver à ce mirifique résultat, Energy Watch Group and LUT Univ… dézinguent tout simplement l’energiewende allemande qui fait la part belle à l’éolien avec les conséquences que l’on sait ( pas une centrale à charbon supprimée, pas une émission de CO2 en moins, et ceci pour un coût pharamineux de plus de 600 milliards) et se repose quasi-entièrement sur le solaire :

« La production mondiale d'énergie primaire dans le système d'énergie 100% renouvelable sera composée du mélange suivant de sources d'énergie : énergie solaire (69%), énergie éolienne (18%), hydroélectricité (3%), bioénergie (6%) géothermie (2 %) ».
On est ben d’accord, le soleil c’est super et ça nous envoie beaucoup d’énergie. Sauf que personne n’a la moindre idée sur la façon  de la capter, de la stocker et de l’utiliser en quantité et en puissance nécessaire pour que le fameux scenario tout renouvelable puisse acquérir la moindre crédibilité ; et il s’en faut de plusieurs ordres de grandeur.

Commentaire : « L'étude fait tout simplement l’impasse sur… les besoins en occupation du sol ! Mais honnêtement, les auteurs fournissent les données nécessaires pour les calculer. Pour l'Allemagne, cela nous indique que 64 % de 1771 GW et 1133 GW PV devront être construits et nous savons par la référence fournie (51)  que ce type de Photovoltaïque est à une densité de 75 MW/km2. 1133 GW / 75 MW/km2 - 15113 km2 , soit plus de 6 % de la superficie de l'Allemagne. Aïe ! »
Et c’est pas tout !

« La plupart des gens considéreraient déjà cela comme irréalisable, mais en outre quelque 300 GW de photovoltaïque sur les toits" doivent être installés bien qu'il n'y ait que de l'espace que pour 161 GW selon cette étude allemande: https://mediatum.ub.tum.de/doc/969497/969497.pdf ...
Et c’est pas tout : « Si nous prenons les chiffres pour l'éolien terrestre, c'est 13% du sol allemand !!! Ca semble déjà fou, mais la réalité est encore pire parce que nos chers écolos supposent un facteur de capacité de 37%, ce qu’on n’a jamais vu ( les chiffres actuels sont plutôt autour de 20%). En en tenant compte, on tourne à un quart (25%) des terres de l'Allemagne.

Un « scenario » tout renouvelable qui passe tout simplement sous silence que pour la simple production, il supposerait une occupation de 31% du sol allemand ?? C’est comment dire, un peu amateuriste !
(pour plus de détails, vor Julius‏ @JayJayJuleson, New Study: Global Energy System based on 100% Renewable Energy)

Tiens, pour s’amuser, un scénario entièrement éolien : «  le taux de consommation énergétique primaire de l’Allemagne est de 1.28 W/m2. Alors, si on se base sur une puissance éolienne de 0.5We/m2 (moyenne aux USA), couvrir d’éoliennes la totalité du sol allemand ne permettrait que d’assurer 60% des besoins ! (2100 TWh par an) Si, par miracle, toutes les éoliennes allemandes se comportaient comme les meilleurs 10% américaines (0.8We/m2), ce ne serait toujours que 80% !

Bon, on peut raffiner sur les détails, mais ça donne quand même un ordre de grandeur !