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samedi 12 octobre 2019

No Fake Sience ! Quand Réseau Action Climat charrie vraiment !


Grosses manipulations et Gros mensonges de Réseau Action Climat…

J’ai dit à quel point l’initiative No Fake Science est utile, indispensable même à la démocratie (cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/08/no-fake-science-quelques-reflexions.html et pour le texte de l'appel initial https://nofake.science/tribune

Et les choses progressent. De nombreux scientifiques, pas des grands pontes trop longtemps habitués à courber l’échine devant le politique et à flatter l’opinion, qui tiennent trop à leur position pour prendre quelque risque que ce soit, non, des praticiens de tous les jours et de toutes disciplines,  des  techniciens cadres, ingénieurs, étudiants, chercheurs et quelques journalistes, bien décidés à ne plus laisser passer de Fake science, se manifestent sur tweeter et dénoncent mensonges et manipulations, et les menteurs et les manipulateurs se trouvent confrontés à des dizaines de tweet qui dévoilent leurs mensonges et leurs manipulations, se complétant et se précisant l’un l’autre. Les champions toutes catégories du grand n’importe quoi, Jadot et Ségolène Royal (dans un créneau plus spécialisé, ajoutons-y Michèle Rivasi) se font maintenant corriger d’importance à chacune de leurs interventions mensongères et manipulatoires – ils seront à eux seuls responsables d’un bilan carbone fantastique. eE cela est juste et bon, et utile, même indispensable…et de plus souvent réjouissant. Merci et Bravo à tous.

Un exemple récent et d‘autant plus intéressant que se profile la convention citoyenne sur la politique énergétique : les mensonges de Sortir du Nucléaire. Reprenons l’enchainement ; Emmanuel Macron à Rodez, le 4 octobre 2019, bizarrement lors d’un débat sur les retraites a affirmé : « La France a une chance, c'est notre parc nucléaire. C'est ce qui permet de produire une énergie non intermittente la plus propre » et affjrme que depus que l’Allemagne a décidé de sortir du nucléaire, elle a ouvert des centrales à charbon…
Effectivement affirmation non contestable ( pour une fois)

Réaction de Réseau Action Climat : « Contre-vérité d'@EmmanuelMacron : l’Allemagne n’a pas ouvert de centrales à charbon suite à la décision de sortir du nucléaire.
Ce sont les énergies renouvelables, principalement citoyennes, qui ont remplacé le nucléaire et qui vont lui permettre de sortir du charbon. »

Bon, je ne sais pas trop ce qu’est une énergie citoyenne, par contre je sais ce qu’est une émission de CO2 et que voici les ordres de grandeur : 5,3 à 6 g par kWh pour le nucléaire10 g pour l'éolien32 g pour le solaire,  charbon : 1050 g,  fioul : 778 g, gaz : 443 g. Donc, quand on remplace, comme le fait l’Allemagne, le nucléaire par de l’éolien plus du gaz, en gardant son charbon, fierté nationale, eh bien, on mène tout simplement une politique scandaleusement anti-climatique et anti-écologique (donc, non citoyenne, je suppose)

A l’appui de ses dires, Réseau Action Climat prétend fournir de magnifiques chiffres illustrés ou illustrations chiffrées, on ne sait. Voici les courbes présentées sous le titre la preuve par les chiffres.





Mais en tous cas, pas des chiffres sincères, et une belle leçon de manipulation. Car 1)  les camemberts comparés entre 1991 et 2015, comme tous les camemberts, ne montrent pas l’augmentation de la consommation énergétique allemande ; et 2) le zoom sur une petite partie de la courbe permet d’ignorer la quasi-constance en quantité du charbon et du lignite, et l’augmentation du gaz. Si l’on regarde une courbe plus complète (cf. ci-après), on s’aperçoit que charbon et lignite n’ont pratiquement pas diminué, que le nucléaire a été principalement remplacé par du gaz et un peu d’éolien, ce qui, je le répète est un crime climatique et écologique, et que le reste des énergies nouvelles s’est juste surajouté pour compenser l’augmentation de la consommation d’énergie.


Voici une courbe plus complète qui met bien en évidence la malhonnêteté et les manipulations de Réseau Action Climat :


L’Allemagne n’a donc pas diminué d’un iota sa consommation de fossile et ses dégagements de CO2 ont augmenté par substitution du nucléaire par le gaz. L’Allemagne, en gros émet 8 à 10 fois de CO2 par Kwh que la France, eh ben, c’est pas prêt de s’arranger. Et c’est cela que Réseau Action Climat nus propose comme un modèle de transition énergétique ! Idiots, escrocs  imbéciles, bigots de l’écologie…


Autre merveille de manipulation soulignée par un tweetos : la comparaison entre 1991 et 2015. Quel choix astucieux de date ! Car, prenons 2010 ; en 2010, le charbon et le lignite représentaient respectivement 18.5 % et 23 % de la production d'électricité. La part du lignite (le pire du pire !) et du charbon  a donc réaugmenté de 2010 à 2015 avec l’accélération de la baisse du nucléaire !

Et si, l’Allemagne a bel et bien ouvert des centrales à charbon (et pas qu’une…11 !!!) et même, scandale des scandales, intensifié l‘exploitation de son dégueulasse lignite…en prévision de la sortie du nucléaire et des accords de Paris. Car ceux-ci, ruse des ruses et imbécilité des imbécilités prévoient pour la plupart des pays des engagements sur une baisse en pourcentage des émissions de gaz à effet de serre.   Alors, plus le niveau de départ sera haut, plus les engagements seront faciles à respecter !

Et c’est ainsi que l’Allemagne pourra ad vitam eternam prétendre respecter les accords de Paris tout en émettant dix fois plus de CO2 par kw.h qu’en France !

Comment qualifier cela autrement que de foutage de gueule, ou, pour être plus poli, de cynisme et d’hypocrisie totale masquant un crime contre l’Humanité. Et c’est cela que Réseau Action Climat nous propose comme modèle ?

Tiens, allez, pour la route !

Mensonges et crimes climatiques allemands : ouverture d’une gigantestque mine de lignite en 2006


« En Allemagne, la fin du nucléaire et les besoins en énergie ne riment pas forcément avec l’idée d’environnement et de développement des énergies renouvelables. En témoigne ce reportage de l’AFP qui raconte comment le producteur d’électricité RWE agrandit une gigantesque mine de lignite dans la Ruhr, obligeant les habitants à déménager. site de Garzweiler I, exploité depuis 1983, a fait son temps. Il est comblé au fur et à mesure qu'est creusé Garzweiler II, la nouvelle mine contiguë d'une surface de 48 kilomètres carrés, autant que la ville de Lyon.
Quelque 7600 habitants et tout leur environnement doivent être déplacés. Les 900 habitants d'Immerath, dont environ 100 seulement sont encore là, s'installent à à Immerath-Neu (Nouveau Immerath), un village sorti de terre dans la même commune d'Erkelenz. Ils y retrouveront leurs morts, l'école et le jardin d'enfants, mais pas l'église, qui sera déconsacrée après un dernier office en octobre, et rasée comme le reste.
  «Cela me brise le cœur», dit Hans-Willi Peters, qui habite lui aussi un village des environs et devra décider sous peu s'il se laisse transplanter  comme ses voisins… »

« Le 31 mars 1995, le gouvernement du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie donna son aval à la mise en œuvre du Braunkohleplan Garzweiler II. Aussi les excavatrices purent-elles, le 18 juin 2006, entamer cette nouvelle zone…La période d’extraction prévue s’étend de 2006 à 2045. L’abattage du charbon s’effectue à ciel ouvert (exploitation en découverte ou par découverte) et l’activité s’apparente alors à un chantier de terrassement qui se déplace progressivement. Garzweiler II possède un gisement de lignite de 1,3 milliard de tonnes….

Et voilà le modèle des écolos antinucléaires – ils ne le sont pas tous. Voilà l’exemple allemand, le modèle de Réseau  Action Climat et de Sortir du Nucléaire !

dimanche 7 juillet 2019

Politique énergétique et climatique ; à fond dans le mur, derrière l’Allemagne !

Après le blog précédent (« Le grand maléfice : pourquoi plus il y a de renouvelable, plus le prix de l’électricité augmente !)

un  autre aspect des dépositions devant une Commission parlementaire du très grand et indispensable Jean-Marc Jancovici, repris dans deux interviews données à Energgeek


Extraits :

Deux priorités incompatibles : combattre le réchauffement climatique ou baisser la part du nucléaire ?

« Dans son interview au Monde du 10 septembre 2018, le nouveau ministre de Rugy évoque un mix électrique à 50% EnR et 50% nucléaire dans la prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), que pensez-vous de cette déclaration ?
Cette déclaration de François de Rugy atteste d’une mauvaise appréhension des priorités du gouvernement. Après avoir déclaré l’importance de décarboner l’économie, commencer par se focaliser sur la baisse du nucléaire, qui n’aura strictement aucun impact sur nos émissions, ne correspond à rien de logique.

Si la première déclaration de François de Rugy avait été « je vais m’occuper des transports », ou « de la rénovation des bâtiments », ça aurait clairement montré qu’Emmanuel Macron avait compris que la question climatique était ailleurs que dans le nucléaire. Le fait que le président laisse dire au nouveau ministre de l’environnement, dans sa première interview au Monde, « je vais commencer par m’occuper du nucléaire », même s’il précise qu’il souhaite pacifier le débat, illustre que rien n’a changé dans la mauvaise gestion des priorités. La démission de Nicolas Hulot n’y aura rien changé : le nucléaire reste le passage obligé de tout discours environnemental du gouvernement, et la place qu’il occupe dans les esprits et les débats annihile tout débat environnemental sérieux…

Attaquer sur le nucléaire est donc avant tout une erreur stratégique et tactique, car cela signifie que l’on va continuer à regarder ailleurs que là où sont les vrais problèmes. Il n’y a qu’à voir, la loi mobilités vient de passer de 130 à 30 articles, mais personne chez les écologistes ou ailleurs ne proteste…

Cette obsession autour du nucléaire vient peut-être de ce que ni François de Rugy, ni le président, ne disposent des leviers d’action pour agir sur les autres déterminants majeurs du système énergétique qui concerne la France, à savoir l’ouverture des mines de charbon en Chine ou en Indonésie, l’exploitation des gisements de gaz russes et le développement de l’activité des foreurs de shale oil aux États-Unis… Car c’est là que sont les grands facteurs déterminants de notre système énergétique depuis que nous sommes entrés dans une civilisation thermo-industrielle, où les machines produisent à notre place. Face à ce constat, le chef de la cinquième république française a finalement assez peu de possibilités d’agir à court terme.

Malgré toujours plus de renouvelables, nous ne sommes pas du tout sur la bonne trajectoire : les GES réaugmentent.

Avec l’Accord de Paris et l’exemplarité du nouveau champion de la Terre et du climat, Emmanuel Macron, peut-on tout de même croire que nous sommes sur une bonne trajectoire ?

Malheureusement, comme la plupart des pays qui ont adopté l’Accord de Paris, nous ne faisons pas les efforts qui correspondent à ces déclarations. Que fait-on pour lutter réellement contre nos émissions ? Pas grand-chose, et d’ailleurs elles ont augmenté en France en 2017. Quand on regarde les postes d’émission et les ordres de grandeur pour estimer ce qu’il faudrait faire, on ne peut pas dire qu’on tienne compte de l’Accord de Paris. On ne s’occupe sérieusement ni des transports, ni du bâtiment par exemple. En Allemagne c’est pareil, les constructeurs automobiles sont vent debout contre la réduction des émissions, les industriels sont vent debout sur la baisse des quotas à distribuer, les électriciens sont vent debout contre la baisse du charbon… L’Allemagne ne peut absolument pas être citée en exemple : ils vont certes dépenser 500 milliards d’euros dans les énergies renouvelables, mais cela n’aura quasiment rien changé à leur trajectoire sur les émissions de CO2.

En France, nous finançons essentiellement des investissements « de transition » qui ne correspondent pas à la question climatique. D’après un récent rapport de la Cour des comptes, à fin 2017 120 milliards d’euros ont été engagés dans l’énergie solaire et les éoliennes (sans compter les 25 milliards promis pour l’offshore à l’été 2018), sans modifier la part non fossile de la production d’électricité française, qui est à 90% depuis 1987. Question : à quoi ont servi les dépenses dans ces énergies renouvelables électriques intermittentes, si ce n’est à préparer une transition énergétique à l’allemande, c’est-à-dire pour faire moins de nucléaire, alors que ce dernier ne contribue pas aux émissions ? La plus grande confusion règne sur les objectifs, et elle est entretenue par une partie du monde politique qui met dans un même sac les énergies fossiles et le nucléaire. Au point que récemment encore, un sondage indiquait qu’environ deux tiers des Français pensent que le nucléaire est un contributeur significatif aux émissions de gaz à effet de serre, alors que c’est évidemment inexact. Ce qui est sûr, c’est que les slogans simplistes nuisent à la compréhension correcte des dossiers scientifiques !



L’Europe sous domination allemande. Pauvre démagogie des politiciens français. Pour quoi le fermeture de Fessenheim relève de l’imposture.

Pourquoi nos responsables politiques n’ont pas su faire un choix pertinent pour le pays au lieu d’essayer de singer les Allemands qui sont partis dans le décor…

Finalement, au regard de ces éléments, comment expliquez-vous les choix énergétiques français depuis ces dernières années ?
Pour moi, l’Europe est allemande, et donc l’Europe de l’énergie… est allemande. Le nucléaire c’est mal, le charbon on verra plus tard, le gaz (pourtant fossile et contributeur aux émissions) c’est bien, et le pétrole est en dehors des esprits. Au nom de l’axe franco-allemand, nous cherchons à les imiter en tout… Or, de l‘autre côté du Rhin, il y a une haine viscérale du nucléaire qui existe depuis longtemps, pour des raisons qui ne sont pas techniques. Le nucléaire rappelle tout d’abord les fusées Pershing, la présence militaire américaine sur le sol allemand, donc la « honte » de la Seconde Guerre mondiale. Ces fusées rappellent aussi l’époque où il y avait deux Allemagne, et que tout le monde essaie d’oublier aujourd’hui. Une experte de l’énergie m’a aussi fait remarquer un jour que l’énergie nucléaire est une énergie fédérale, et que dans un pays dominé par les Lander, elle sera moins bien vue que l’éolien qui est présenté comme une énergie locale (comme le charbon !). En France, nous n’avons pas tous ces éléments « culturels », donc nous voyons aussi la situation différemment.
Chez nous, cette focalisation sur le nucléaire a aussi des déterminants culturels. Les Français adorent l’Etat, mais adorent aussi s’en plaindre. Ils sont très attachés à avoir des hôpitaux publics tout en critiquant dès qu’ils le peuvent la qualité de l’accueil, très attachés au système public ferroviaire tout en se gaussant des retards des trains (alors que notre système ferroviaire nous est envié par nombre de pays étrangers), très attachés à l’école publique tout en critiquant l’enseignement, etc.
Dans cet ensemble, ils sont aussi très attachés à EDF tout en critiquant le système technique mis en place. Il faut savoir dépasser cet esprit de « village gaulois » pour faire des choix pertinents, et ni Sarkozy ni Hollande n’ont su le faire. Sarkozy a délibérément évité de parler du nucléaire au moment du Grenelle de l’Environnement, mais du coup il a laissé le champ libre aux anti-nucléaires et aux gaziers pour proposer que ce soient les ENR électriques (couplées au gaz !) qui montent en puissance dans le mix électrique.
Hollande a voulu séduire les 2% d’électeurs pour qui la baisse du nucléaire est un des premiers déterminants du bulletin de vote en annonçant la baisse à 50% en 2025 (il n’avait pas d’autre idée en tête que de se faire élire, ce chiffre rond ne correspondait à aucune analyse technique sérieuse) et la fermeture de Fessenheim, qui relève de l’imposture. Sur ce dernier point, que l’Etat, actionnaire d’EDF, lui impose, quelle que soit la raison, de fermer un réacteur, peut être vu comme une bêtise, mais cela reste dans le cadre des droits de l’actionnaire majoritaire. Par contre, que Monsieur François Hollande affirme, sans tenir compte de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), que c’est Fessenheim qu’il faut fermer car c’est la plus vieille et donc la plus dangereuse, cela relève de l’hypocrisie. Cela laisse croire que Monsieur Hollande est plus compétent que l’ASN ou que les ingénieurs d’EDF pour arbitrer entre tous les réacteurs en fonctionnement, alors qu’il n’a pas la compétence pour. En fait, la seule raison de cette décision était de réaffirmer l’autorité du gouvernement sur EDF, exactement comme un gamin sur la plage montre à un autre gamin qu’il est le plus fort en allant piétiner son château de sable. Voilà où nous en sommes rendus en matière de « clairvoyance » de l’Etat sur les arbitrages de ce qui constitue le sang de nos sociétés modernes, l’énergie.
Et encore, ici nous n’avons parlé essentiellement que d’électricité, mais cette dernière ne constitue que le quart à la moitié de notre consommation énergétique (selon la façon de compter, primaire ou final), et notre société dépend tout autant du pétrole, qui est un des angles morts majeurs de la politique énergétique européenne et française. »

Conclusion : Si l’objectif est de remplir nos engagements climatiques, diminuer la part du nucléaire dans le mix électrique est une imbécillité, une erreur monstrueuse, d’autant plus que la consommation d’électricité va considérablement augmenter. L’électricité peut être la plus décarbonée des énergie si elle est produite de la façon la plus décarbonée, c’est-à-dire le nucléaire, l’hydraulique plus des renouvelables en taux acceptables pour la stabilité du réseau (f ; l’Australie du Sud pour un contre-exemple). Mais pour un certain nombre d’écologistes (pas tous) fanatiques et misologues, l’objectif principal est la diminution du nucléaire, et ils sont suivis par des politiciens démagogues – il semble malheureusement que M. De Rugy  soit de leur côté.



samedi 27 octobre 2018

Le nucléaire, seul espoir pour sauver le climat


Le rapport du Giec : le nucléaire, seule solution permettant de respecter les accords de Paris.

Selon un rapport des Nations unies publié le 8 octobre, maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 1,5°C nécessite une forte augmentation de la production d’énergie nucléaire. Ce rapport spécial « Réchauffement de la planète de 1,5°C » du Groupe d’experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) avait été commandé par les gouvernements lors des négociations de Paris sur le climat en 2015. Une étude précieuse pour orienter le sommet de la COP24 à Katowice, en Pologne, en décembre.
En décembre 2015, la signature de l’accord de Paris avait permis de fixer pour objectif un réchauffement global des températures terrestres limité à 2°C à l’horizon 2100, et si possible à 1,5°C. C’est au regard de cet objectif ambitieux que le GIEC vient de publier un nouveau rapport. Celui-ci étudie donc les moyens à mettre en œuvre pour parvenir à contenir la hausse de la température globale à 1,5°C à l’horizon de la fin du siècle. A la lecture du rapport, il y a urgence à agir. Les experts du GIEC estiment en effet que le réchauffement global à 1,5°C sera atteint plus tôt que prévu, entre 2030 et 2052.

Dans son résumé aux décideurs, le GIEC propose 4 scénarios permettant de limiter la hausse globale de la température à 1,5°C à l’horizon 2100. On trouve ces scénarios dans le Résumé à l’intention des décideurs..
Tous les scénarios du GIEC nécessitent plus de nucléaire : Le nucléaire augmente dans les quatre scénarios par rapport à 2010, de 59-106% d’ici 2030, de 98-501% d’ici 2050. Ce scénario inclut d’ailleurs la hausse la plus notable (+501%) à l’horizon 2050 de la production nucléaire. Ainsi le respect des objectifs climatiques nécessitera de multiplier par six les capacités nucléaires mondiales.

Les commentaires du GIEC sur le nucléaire : il faut commencer maintenant les nouveaux EPR !

Dans son rapport, au chapitre 4, le GIEC rappelle que « dans les années 1960 et 1970, la France a mis en œuvre un programme visant à obtenir rapidement près de 80% de son électricité du nucléaire sous 25 ans, mais le décalage actuel entre la prise de décision et la mise en service des installations est de 10 à 19 ans ». Le rapport précise d’ailleurs que le rythme actuel de déploiement de l'énergie nucléaire est « limité dans de nombreux pays par l'acceptabilité sociale » liée à des préoccupations relatives aux risques d'accident et à la gestion des déchets radioactifs.
« Bien que l'évaluation comparative des risques montre que les dangers pour la santé sont faibles par unité de production d'électricité et que les besoins en terrains sont inférieurs à ceux d'autres sources d'énergie, les processus politiques déclenchés par les préoccupations de la société dépendent des moyens propres à chaque pays pour gérer les débats politiques autour des choix technologiques et de leurs impacts environnementaux », conclut le rapport du GIEC.

Nucléaire et Climat : la lettre des scientifiques aux chefs d’Etat.

Un groupe international d'experts du climat et de l'énergie a écrit aux principaux chefs d’Etat, le premier dans la liste étant Macron, en raison des accords de Paris et parce que la France apparait comme un modèle en matière de décarbonation de l’énergie, en raison de l’importance du secteur nucléaire.
A Monsieur le Président de la République Emmanuel Macron
Monsieur le Président,

Nous vous écrivons en tant qu'environnementalistes, écologistes et climatologues pour vous féliciter de votre victoire dans l'élection présidentielle et pour applaudir votre politique en faveur d'une taxe carbone. Personne n'a autant fait que la France pour diffuser une énergie propre sur un réseau électrique. Sachant cela, nous vous écrivons également pour vous faire part de notre inquiétude devant votre décision d'éloigner la France d'une production nucléaire propre.

Peu de pays ont fait plus que la France pour démontrer les bénéfices humanitaires et environnementaux obtenus par la création d'une société fortement dotée d'électricité nucléaire. Non seulement la France a été l'hôte de conférences sur le climat des Nations Unies, elle est aussi un des pays développés dont les émissions de dioxyde de carbone par habitant sont les plus faibles.

Toute réduction de la production nucléaire en France aura pour effet d'augmenter la production d'électricité par des combustibles fossiles, donc la pollution, au vu des faibles facteurs de charge et de l'intermittence du solaire et de l'éolien. L'Allemagne en est l'illustration parfaite. Ses émissions n'ont pratiquement pas changé depuis 2009 et ont, en fait, augmenté tant en 2015 qu'en 2016, à cause des fermetures de centrales nucléaires. En dépit d'une augmentation de la puissance installée solaire de 4%, et de celle de l'éolien de 11%, la production de ces deux sources a baissé de 3 et 2% respectivement du fait qu'il y a eu moins de soleil et de vent en 2016 qu'en 2015.

Et là où la France a une électricité parmi les moins chères et les plus propres d'Europe, celle de l'Allemagne est une des plus chères et plus sales. L' Allemagne a dépensé près de 24 milliards € de plus que le prix de marché en 2016 pour ses seuls prix garantis d'achat des renouvelables mais ses émissions ont stagné. Il est à prévoir que l'Allemagne n'atteindra pas ses objectifs de réduction d'émissions de 2020, et de loin. Malgré des investissements énormes dans les renouvelables, seulement 46% de l'électricité allemande sont issus de sources d'énergie propre, à comparer aux 93% de la France.

Le solaire et l'éolien peuvent jouer un rôle important en France. Cependant, si la France devait investir dans le solaire et l'éolien de façon comparable à l'Allemagne, il faudrait s'assurer que ces investissements augmentent la part d'énergie propre de la France et ne la diminuent pas malencontreusement. Les renouvelables peuvent contribuer à une électrification plus poussée des transports, celle-ci étant déjà bien entamée avec le réseau ferré mais pouvant être poursuivie avec les véhicules individuels.

Un remplacement du nucléaire par des combustibles fossiles et des renouvelables nuirait considérablement à l'économie française de trois façons : augmentation des prix de l'électricité pour les ménages et l'industrie, la fin des exportations lucratives d'électricité et - peut-être le plus important - la destruction de la filière nucléaire française à l'export. Si le parc nucléaire français est contraint de fonctionner avec un facteur de charge réduit, la filière nucléaire française en sera paralysée par une augmentation de ses coûts et une réduction de ses revenus. A terme, cela conduira à des niveaux de sûreté inférieurs et à une réduction des possibilités de financement de la recherche, du développement, ainsi que des efforts pour l'exportation des technologies nucléaires françaises. Les pays qui cherchent à construire de nouvelles centrales nucléaires veulent, avec raison, savoir que le produit que la France leur vend est un produit dont la France elle-même profite.

Le programme nucléaire français a, par le passé, été l'objet d'admiration dans le monde. La France a fait la preuve, dans les années 1970 et 1980 qu'il est de fait possible pour un pays industrialisé de décarboner son secteur électrique. Pour la France, la prochaine étape, nécessaire afin de contribuer à la lutte contre le changement climatique et pour l'amélioration de la qualité de l'air, est d'augmenter sa production d'électricité propre à partir de toutes les sources non-fossiles et de réduire massivement l'utilisation des combustibles fossiles dans les secteurs du chauffage et des transports. L'électricité nucléaire devra y jouer un rôle central.

Exemples de signataires: James Hansen, Climate Science, Awareness, and Solutions Program, Columbia University, Earth Institute, Columbia University, Kerry Emanuel, Professor of Atmospheric , Science, Massachusetts Institute of Technology, Steven Pinker, Harvard University, author of Better Angels of Our Nature, Richard Rhodes, Pulitzer Prize recipient, author of Nuclear Renewal and The Making of the Atomic Bomb, Erle C. Ellis, Ph.D, Professor, Geography & Environmental Systems, University of Maryland, Joe Lassiter, Professor, Harvard Business School…

Fermeture de Fessenheim : une erreur industrielle, une hérésie climatique, une gabegie économique

Suite à l’action en justice de la CFE-CGC, le décret de Ségolène Royal actant la fermeture de Fessenheim a été annulé. Une action remarquable et une déclaration tout aussi remarquable et courageuse de la part d’un syndicat qui n’est pas connu comme spécialement revendicatif ( mails il semble que cela change avec leur nouveau président François Hommeril.

Le Conseil d’État fait une leçon de droit public à Ségolène ROYAL et la CFE Énergies obtient l’annulation du décret abrogeant l’autorisation d’exploitation

Fruit d’un caprice politique, le décret de Ségolène ROYAL actant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim a été annulé par le Conseil d’État. La CFE Énergies avait en effet saisi le Conseil d’État en mai 2017 pour faire annuler ce décret où l’État s’était arrogé des droits que la loi ne lui conférait pas, c’est-à-dire de décider à la place de EDF uniquement dans un but politique à quelques jours des élections.

Le 9 avril 2017, Ségolène Royal avait publié en urgence un décret portant abrogation de l’autorisation d’exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim, n’hésitant pas à cumuler passage en force, déni de gouvernance et précipitation. La CFE Énergies avait alors dénoncé un décret aussi illégal que précipité. Aucune urgence ne justifiait la précipitation avec laquelle ce décret a été publié, hormis de sombres considérations de tactique politicienne ou d’agitation médiatique en pleine campagne électorale.
La CFE Énergies a contesté cet excès de pouvoir pour non-respect du cadre juridique de la demande d’abrogation qui ne peut qu’émaner de l’exploitant EDF, et non de l’administration. Elle avait donc déposé auprès du Conseil d’État un recours en annulation d’un décret illégal. Suivant l’avis du rapporteur public, le Conseil d’État vient d’annuler le décret contesté par la CFE Énergies, en se rangeant à nos arguments.

Pour la CFE Énergies et les salariés qui persistent à considérer que la fermeture de la centrale
nucléaire de Fessenheim est une erreur industrielle, une hérésie climatique, une gabegie économique et une énorme injustice pour les salariés d’EDF et de la filière nucléaire française, c’est une victoire à la fois juridique mais aussi politique. En matière énergétique, ce sont le pragmatisme, la raison et l’esprit de responsabilité qui doivent plus que jamais prévaloir au moment où le GIEC tire la sonnette d’alarme climatique.

Si la CFE Énergies fait aujourd’hui de l’accompagnement des salariés sa priorité pour qu’ils ne paient pas les pots cassés d’une décision politique irresponsable, elle considère que la décision du Conseil d’État doit conduire chacun à mettre l’intérêt général, l’urgence climatique, l’impératif industriel et la souveraineté énergétique au cœur des décisions.

A l’heure où il rend ses derniers arbitrages sur la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, le Gouvernement doit tirer les conséquences de cette décision du Conseil d’État pour faire les bons choix, de manière rationnelle, pragmatique et responsable. Cela vaut à la fois pour l’avenir du parc nucléaire français, celui des centrales charbon ou l’indispensable évolution de la régulation du système électrique français avec l’objectif de favoriser les investissements industriels de long terme nécessaires à la décarbonation de l’économie.

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