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samedi 16 novembre 2019

Tremblements de Terre et Centrales Nucléaires


On avait dit : no Fake news, No fake science… et ben c’est pas gagné !

Un séisme s’est produit le 11 novembre 2019 au Teil à environ 10 km à l’ouest de Montélimar. La secousse a duré plusieurs secondes à proximité de l’épicentre et a été ressentie par la population du sud-est de la France, notamment jusqu’à Saint-Etienne, Grenoble, Lyon, Montpellier et Marseille. L’IRSN a rapidement publié que ce séisme avait  magnitude locale comprise entre 5,1 et 5,4 (soit le plus fort historique de la région). Les centrales nucléaires EDF de Cruas et du Tricastin, comprenant chacune quatre réacteurs de 900 MWe, sont situées respectivement à 15 km et à 25 km de l’épicentre, situé sur la commune du Teil.

A partir de là, les touilleurs de peur, les organisateurs de paniques, les fana antinucléaires, les retrogrades ignares, les bigots écolos se sont mis à délirer, trop souvent repris par une presse écervelée ou complice.

Florilège.

« Le Dauphiné libéré rappelle cependant que le tremblement de terre de ce lundi était « plus puissant que le séisme majoré de sécurité de magnitude 5,2 qui a été retenu par l’Autorité de sûreté nucléaire », pour lequel les centrales du Tricastin et de Cruas ont été construites. » (Le Monde, 11 nov 2019)

Séisme : la peur d’un Fukushima à la centrale du Tricastin (Le Dauphiné Libéré et aussi Le progrès !)

« Dans un tweet, le réseau «Sortir du nucléaire» a souligné que la magnitude de ce séisme était supérieure au «séisme majoré de sécurité» de 5,2 pour lequel les centrales du Tricastin et Cruas ont été construites. Il est urgent d’arrêter ces centrales avant qu’un accident grave ne survienne», ajoute-t-il. » (Le Dauphiné Libéré, 11 nov 2019)

« Séisme : "J'ai cru que la centrale nucléaire de Cruas avait sauté, je me suis vue morte !" (Midi Libre)

« Fort #séisme en Rhone-Alpes: #EDF ne prend pas au sérieux le risque sismique dans le #nucleaire Le séisme d’hier de 5,4 était supérieur au séisme majoré de sécurité fixé à 5,2. L’industrie nucléaire fait peser un risque inacceptable sur la population en minimisant le danger. Stop! « (Michele Rivasi)

« Les centrales nucléaires en France ne sont pas correctement conçues pour résister à des séismes": le constat alarmant d'un expert (Nice Matin) (NB l'expert en question est un militant de la Criirad)

« La secousse a été ressentie dans la salle des machines de la centrale nucléaire de Cruas. A cette heure (14h45) aucune information n'a filtré sur les dégâts éventuels et la fragilisation des installations et matériels…Pourtant, quelques heures avant le séisme, à 23h51 le réacteur n°4 du Tricastin s'est mis en arrêt d'urgence, la puissance chutant de 950kWh à 0kwh . Concomitance d'évènements ou bien enchaînement annonciateur? » Coordination antinucléaire sud est)

Bon, j’arrête, parce que là, on s’approche de la sorcellerie…

Et maintenant la réalité :*

Grâce comme d’habitude aux tweets très informés de Tristan Kamin et Buchebuche (et bien d’autres, Boris Le Ngoc) ; Et surprise des surprises, peut-être que finalement, la campagne No Fake Science n’aura pas été inutile, le checknews de Libération qui a pris la peine de lire et  de rendre plus accessible la communication de l’IRSN (l’Institut de radioprotection de sûreté nucléaire (IRSN). Car communication, il y a eu) (https://www.liberation.fr/checknews/2019/11/12/apres-le-seisme-en-ardeche-doit-on-s-inquieter-de-l-etat-des-centrales-nucleaires-de-cruas-et-tricas_1762771

Donc : « Les deux centrales  de Cruas et de Tricastin. auraient été construites pour résister à un séisme de magnitude 5,2 alors que le tremblement de terre du Teil affiche une magnitude de 5,4 sur l’échelle de Richter. » 

Eh bien Fake, ultra Fake news

«Les normes de sécurité, pour chaque centrale, sont établies en fonction d’un "séisme de référence", c’est-à-dire le séisme le plus fort connu dans la région. C’est ce qu’on appelle le "Séisme maximal historique vraisemblable" (SMHV). En ce qui concerne la zone de Cruas et Tricastin, le séisme de référence a eu lieu en 1873, il était de magnitude 4,7. Ensuite, pour déterminer la résistance des centrales face aux tremblements de terre, on ajoute 0,5 point : on obtient alors le "séisme majoré de sécurité (SMS)".» Donc 5.2

« Tout d’abord, le SMS est déterminé dans l’hypothèse où l’épicentre du séisme est placé exactement sous la centrale. Ce qui n’était pas le cas lundi. »

Donc 5.2 au cul de la centrale, pas à dix ou 20km. Donc norme de sécurité pas dépassée !

Par ailleurs et surtout, il y a eu une confusion sur l’échelle de magnitude. «Il y a différentes échelles, poursuit Thierry Charles. Le séisme de lundi a été annoncé entre 5,1 et 5,4 en magnitude locale. Or, pour calculer le SMS, nous pensons en magnitude d’ondes de surface. Si on suit cette échelle, cela signifie que le séisme du Treil était d’une magnitude de 4,5 en son épicentre. Ce qui, on le voit, est inférieur au séisme de référence, à partir duquel ont été construites les centrales. Pour y arriver, il y a encore de la marge, donc.»

Ben oui, de la marge, il y en avait et pas qu’un peu ! Pour ceux qui veulent suivre un peu plus, le communiqué de l’IRSN est explicatif : « Un séisme peut être caractérisé par sa magnitude ainsi que sa profondeur. On distingueplusieurs échelles de magnitude : - la magnitude locale : magnitude estimée à partir de l’amplitude maximale des ondes de volume, - la magnitude de moment : magnitude estimée à partir de l’énergie contenue dans le signal sismologique, - la magnitude des ondes de surface : magnitude estimée à partir de l’amplitude maximale des ondes de surface.

Or ce sont ces ondes de surfaces qui sont à considérer pour les dégâts éventuels (il faut prendre en considération l’accélération du sol ressentie sur place, et pas la magnitude mesurée au niveau de l’épicentre !).  ; soit magnitude 4.5 à l’épicentrre, ; et pas au cul de la centrale.

Donc une très, très large marge ! Pour preuve, à Cruas un capteur a signalé une secousse cinq fois moins importante que le seuil de sûreté", a précisé à la presse le directeur adjoint de la production nucléaire d'EDF, Régis Clément. NB : Cruas est la seule centrale du parc français à disposer d'appuis parasismiques en élastomères, afin d'absorber de possibles secousses. "Aujourd'hui, clairement, aucun désordre n'a été observé sur les installations".

Dernier sujet de panique : le tsunami du Tricastin : Check new de Libération. « Enfin, certains commentateurs ont relevé une autre source d’inquiétude : celle-ci concerne une mise en garde réalisée par l’ASN au sujet de la centrale de Tricastin. Celle-ci avertissait, en 2017, de possibles dangers d’inondation en cas de séisme. En cause : le Rhône, situé juste à côté et une portion de digue fragilisée. D’où cette question : la centrale du Tricastin et sa digue étaient-elles équipées pour résister au séisme du Teil ?

Là encore, Thierry Charles, de l’IRSN, détaille : «En 2017, l’ASN a demandé l’arrêt des réacteurs à Tricastin, le temps qu’une portion de la digue le long du Rhône soit renforcée afin de résister au SMS, soit un séisme de magnitude de 5,2. Ce qui a été fait. Et puis, suite à l’incident nucléaire de Fukushima, il a été décidé de majorer encore davantage ce seuil de référence. C’est pourquoi une nouvelle demande de mise à jour a été formulée par l’ASN.» L’Autorité confirme, auprès de CheckNews : «L’idée sera de rendre les centrales résistantes à un séisme une fois et demie supérieure au SMS actuel. Au Tricastin, les travaux devront être effectués d’ici 2022.» Mais, à l’heure actuelle et après les contrôles de 2017 et les travaux qui ont suivi, il apparaît que la centrale du Tricastin, tout comme sa digue, étaient opérationnels pour résister à un séisme de 5,2 sur l’échelle de Richter.

Ben voilà, les journalistes, c’est pas si compliqué de bien faire son boulot. Ca implique seulement un peu de boulot et de renoncer  à des pratiques putassières et irresponsables.



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jeudi 7 novembre 2019

Tchernobyl et Fukushima ; quand les Fake news peuvent tuer…


Le mythe du nuage de Tchernobyl : Bravo au Parisien et au Point !

Entre autres. Car l’accident industriel de Lumizol à Rouen a pour une fois été l’occasion pour une certaine partie de la presse de revenir sur ce mythe dangereux et manipulé à souhait par les écolos rétrogrades du nuage de Tchernobyl. Et de fait, certains journaux ont repris sans critique cette fake news : ainsi le Midi Libre qui évoque «  le nuage de Tchernobyl qui avait assombri toute l’Europe et s’était arrêté à nos frontières, comme pour mieux protéger nos salades de pleine terre » ou l’Union, qui rappelle « l’histoire du nuage de Tchernobyl qui s’était arrêté pile à la douane ».
Tentative d‘humour mal placée de journalistes propagateurs de Fake news et de Fake science, et  qui mettent en fait en exergue leur ignorance ou leur mauvaise foi. Et titres et articles courageux du Point (Géraldine Woessner, L'increvable mythe du « nuage de Tchernobyl »et du Parisien ( Le nuage s’arrête à la frontière, de Tchernobyl à Rouen, itinéraire d’un mensonge qui n’en était pas un !), qui pour l’occasion, c’est à souligner, fait une belle et honnête autocritique de ses titres alarmistes de l’époque.


Résumé : 1) aucun scientifique, aucun ministre, aucun journaliste n’a jamais déclaré que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à la frontière ou n’avait pas survolé la France !

2) le seul élément en ce sens peut être trouvé dans un bulletin météo devenu célèbre dans lequel  une présentatrice explique qu'un anticyclone protège la France des vents en provenance de l'est jusqu'au 2 mai, le tout agrémenté d’un panneau stop du plus bel effet (c’était parfaitement exact au moment où elle parlait et elle précisait la date de validité de la prévision météo) ;

3) le Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI) est prévenu le 28 avril (l’accident a eu lieu le 26 avril 1986). Le  29 avril, le professeur Pellerin, patron du SCPRI, indique les valeurs mesurées en becquerels en Suède (de l'ordre de 10 Bq/m³, c'est-à-dire très proches de la radioactivité naturelle), et rassure logiquement : « C'est une activité notable, mesurable, mais qui ne présente aucun inconvénient sur le plan de la santé publique. (…) Je voudrais bien dire clairement que, même pour les Scandinaves, la santé n'est pas menacée. » Dès le 30 avril, un communiqué du SCPRI envoyé à la presse confirme l'arrivée du nuage radioactif et  signale « une légère hausse de la radioactivité atmosphérique sur certaines stations du Sud-Est, non significative pour la santé publique ». Autre communiqué, le 1er mai : « tendance pour l'ensemble des stations du territoire à un alignement de la radioactivité atmosphérique sur le niveau relevé le 30 avril dans le Sud-Est. Il est rappelé que ce niveau est sans aucune incidence sur l'hygiène publique. »Puis la radioactivité s'accroît dans l'Est. Dans le Nord-Est, région la plus touchée, l'activité atteindra 25 Bq/m3. C'est effectivement rassurant : dans certaines maisons, l'exposition naturelle au radon peut atteindre 1 000 Bq/m3 !

4) On sait aujourd'hui que, malgré la présence de plusieurs éléments radioactifs dans le nuage, seul le césium 137 a conduit à une contamination durable en France et que la contamination de surface n'a pas dépassé 1 000 Bq/m2 sur la majeure partie du territoire. Mais certaines zones ont été beaucoup plus touchées : sur les reliefs au sud des Alpes, en Franche-Comté, en Corse, les pluies ont amené des dépôts dont l'activité a dépassé 20 000, voire très localement 40 000 Bq/m2. Aucun effet sur la santé n'a jamais été mis en évidence, mais les polémiques, nourries par des études contradictoires, n'ont jamais cessé.

5) Donc le SCPRI et le Pr Pellerin n’ont jamais dit que le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière et ont justement relativisé les risques. Aucun cancer, aucun effet biologique n’a pu être  en France attribué au fameux nuage. Le Pr Pellerin a gagné tous ses procès y compris celui que lui avait intenté la CRIIrad de Michèle Rivasi,  fondée pour l’occasion et qui depuis plus de trente ans prospère sur la culture industrielle des Fake news et l’exploitation des peurs (cf. encore cet été 2018 la grosse farce des contaminations au tritium)

Mais fake news et peurs ont eu de terribles conséquences à Fukushima. Ils ont tué !

Fukushima : ce n‘est pas l’accident nucléaire, c’est l’évacuation qui a tué !

Le vendredi 11 mars 2011 à 5 h 46 min 23 s UTC, soit 14 h 46 min 23 s heure locale, a lieu le plus important séisme mesuré au Japon. Son épicentre se situe à 130 km à l'est de Sendai, chef-lieu de la préfecture de Miyagi, dans la région de Tōhoku, situé à environ 300 km au nord-est de Tokyo. Cinquante-et-une minutes plus tard10, un tsunami provoqué par le tremblement de terre aborde la côte orientale. La vague atteint une hauteur estimée à plus de 30 m par endroits, parcourant jusqu'à 10 km12 à l'intérieur des terres, ravageant près de 600 km de côtes et détruisant partiellement ou totalement de nombreuses villes et zones portuaires. Bilan : 15 689 morts

Quatre centrales nucléaires se situent sur la côte nord orientale et se sont arrêtées automatiquement à la suite des premières secousses : les centrales de Fukushima Daiichi, de Fukushima Daini, d’Onagawa et de Tokai. Les seules conséquences graves se sont produites à Fukushima où les diesels de secours n’étaient pas placés suffisamment en hauteur, le réacteur n’étant plus refroidi et ne pouvant être arrêté, cela même à la fusion des cœurs des réacteurs 1 à 3 avec le corium perçant les cuves des réacteurs pour au moins en partie s’épandre sur le socle en béton . (NB : pas possible avec un EPR grâce au récupérateur de Corium). Entre le 12 et le 15 mars, l’accumulation d’hydrogène mène à l’explosion des rois réacteurs. C’est l’accident nucléaire le plus grave depuis Tchernobyl.)

Cependant, les émissions de radioactivité restent relativement faibles. Au-delà d'une dizaine de kilomètres de la centrale, le niveau de radiation moyen n'a pas dépassé 100 µGy h−1, débit de dose en dessous duquel aucune pathologie n'est plus observée en laboratoire même pour des expositions chroniques. D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les conséquences sanitaires anticipées des doses d'irradiations reçues par les populations sont minimes en 2013. Pour l'UNSCEAR (Comité scientifique des Nations unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants), les doses reçues par la population auront finalement été trop faibles pour entraîner un risque significatif de cancer ou un impact sanitaire quelconque, y compris pour les populations non évacuées qui n'auront été exposées qu'à quelques milli-sieverts.

Bilan final : 2 morts ( 2 ouvriers de la Centrale,  un d’épuisement sur le chantier , un autre d’un cancer probablement du à son exposition). Comme prévisible d’après les mesures de radioactivité, zéro cancer induit dans la population.

Par contre, l'épuisement mental et physique liée à l'évacuation forcée à la suite de l'évacuation de Fukushima a été la cause principale de la mort immédiate de 34 morts, principalement des personnes âgées troublées par la perturbation apportée à leur condition de vie ; sur les 300 000 personnes de la préfecture de Fukushima qui ont évacué la zone, jusqu'en août 2013, d'après les chiffres de la Croix-rouge, approximativement 1600 morts seraient liées aux conditions d'évacuation, comme l'hébergement en abris d'urgence ou en logement temporaire, l'épuisement dû aux déplacements, l'aggravation de maladies existantes consécutives à la fermeture d'hôpitaux, les suicides, etc. Bilan de l’évacuation : 1600 morts.

Or, la grande majorité de ces évacuations étaient inutiles, compte-tenu de la radioactivité dégagée ! Seule l’évacuation initiale du 11 mars dans un rayon de 2 km était justifiée, compte-tenu des incertitudes à ce moment là. Injustifiées et mortelles les évacuations du 12 mars (rayon de 10 km à 5 h 44 puis à 20 km à 18 h 25) ! Et encore plus injustifié et mortelle, le 11 avril, l’ évacuation volontaire allant au-delà des 30 km est instituée.
1600 morts contre 2 morts pour l’accident nucléaire ! Voilà l’effet des rumeurs et des Fake news sur le nucléaire, voilà l’oeuvre des marchands de peur ! 

Soma : « Ce démon était l'anxiété causée par la peur des radiations. »

Il faut lire le témoignage poignant, de maire de Soma, une petite ville de 37.000 habitants, à 45 km de Fukushima.  Dans cette communauté soudée, au mode de vie traditionnel, complètement dévastée par le tsunami,  la question de l’évacuation a été posée. Et grâce au sang-froid des édiles, qui ont réclamé des  moyens d’évaluer eux-mêmes  la radioactivité, décidé rationnellement et refusé de céder à la panique, aucun mort supplémentaire n’a été à déplorer.

« Mais nous ne nous rendions pas compte que nous serions assaillis par un deuxième « démon », cette fois du comté lointain de Futaba, à 45 km de là. Ce démon était l'anxiété causée par la peur des radiations. Alors que la catastrophe nucléaire s'intensifiait sans relâche, les reportages frénétiques qui ont duré toute la journée ont suscité la terreur, non seulement chez les personnes vivant près de la centrale, mais dans tout le pays. À partir du moment où le gouvernement national a ordonné aux habitants dans un rayon de 20 km autour de la centrale d'évacuer, les citoyens de Soma ont commencé à vouloir s'enfuir loin, et ce sentiment a commencé à se répandre…Pour ce qui est de la question nucléaire, nos concitoyens éprouvent maintenant beaucoup d'anxiété à cet égard, et j'aimerais l'envisager en fonction de deux objectifs distincts. L'une consiste à veiller à ce que nos concitoyens ne subissent aucun dommage à leur santé en raison des radiations de la centrale; l'autre est de s'assurer qu'ils ne finissent pas par changer la façon dont ils vivent leur vie quotidienne en raison de l'anxiété au sujet des radiations…C'est la voie que Soma suit. Le problème nucléaire ne change rien à cela. Nous continuerons à planter un pied fermement devant l'autre pour suivre le parcours que nous avons choisi »

(Dealing with Disasters of Unprecedented Magnitude: The Local Government’s Tribulations and the Road to Reconstruction, https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-4-431-55558-2_1)
(Excess mortality due to indirect health effects of the 2011 triple disaster in Fukushima, Japan: a retrospective observational study BMJ,https://jech.bmj.com/content/71/10/974) ; Mass evacuation and increases in long-term care benefits: Lessons from the Fukushima nuclear disaster, https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0218835)

Précision sur les cancers de la thyroïde : certains militants antinucléaires prétendent que plus de 100 diagnostics de cancer de la thyroïde ont été trouvés chez les enfants de Fukushima. Fake Science ; Fake news ! Le rayonnement ne peut pas être la cause, puisque la maladie prend quatre ou cinq ans à se développer après l'exposition. En fait, il a été démontré que les cas de thyroïde étaient le résultat du dépistage massif des enfants dans la préfecture à l'aide d'équipements ultrasensibles, détectant même de faibles anomalies sans significations cliniques Les taux de détection à Fukushima étaient similaires à ceux trouvés en utilisant le même équipement dans d'autres préfectures japonaises non irradiées. Comme en France après Tchernobyl, les irradiations constatées sont trop basses pour provoquer quelque cancer que ce soit, même de la fragile thyroïde, et c’est bien confirmé.



samedi 28 septembre 2019

Jadot, son ignorance, ses mensonges- No Fake Science


Du Jadot, du grand Jadot, de l’EELV, c’est-à-dire du n’importe quoi !

« 44 euros le mégawatt pour l’éolien offshore, 130 euros le mégawatt pour l’EPR. Le nucléaire englouti des milliards d’argent public, est dangereux, et pousse ses salariés dans une impasse. Il faut organiser la sortie du nucléaire au lieu de s’entêter dans cette filière sans avenir. » ( déclaration à la matinale de Cnews, le 24 sept 2019, reprise dans divers tweets)

Bon, pour commencer, c’est vrai, mes copains de tweeter s’en sont donné à cœur joie. En confondant megawatt et megawatt.h, Jadot montre qu’il ne comprend rien à rien aux bases mêmes de l’énergie.

Explication :

Admettons-le, la confusion entre kW et kWh est fréquente dans le langage courant- elle équivaut à confondre puissance (en kW) et énergie (en kWh). L’unité de puissance (kW) est souvent utilisée à tort pour désigner une consommation ou une production (qu’on exprime en kWh). On ne consomme pas des kW mais des kWh !
Ainsi, si vous utilisez un rasoir électrique d’une puissance de 10 W pendant 5 minutes par jour durant l’année, vous consommez : 0,01 kW x 30,4 h = 0,304 kWh ;
La production annuelle d’une éolienne d’une puissance de 3 MW fonctionnant 2 000 heures durant l’année ( oh, ça fait près d’un quart, c’est beaucoup !)  : 3 000 kW x 2 000 h  = 6 000 000 kWh, soit 6 GWh (Gigawatt (109 watts)
La production électrique nette de la France en 2015  est de 546 000 000 000 kWh, soit 546,0 TeraWh (Térawatt (1012 watts)
La puissance installée du parc électrique français atteint 129,3 GW fin 2015.

Bon, la physique étant la science des ordres de grandeur et des dimensions, j‘ai fait mon job. Que tout un chacun confusionne parfois un peu entre kW et kWh, c’est humain. Que ce soit un dirigeant puis député écolo depuis plus de 15 ans, qui intervient à tout bout de champs sur les questions climatiques et énergétiques et dont c’est, du moins le clame-t-il, dont ce devrat être l(‘une des préoccupations principales, c’est à la fois vaguement ridicule et grandement inquiétant- ou l’inverse. Mais il n’y a pas que ça…

Du Jadot, du grand Jadot, de l’EELV, c’est-à-dire du grand mensonge !

Car même en supposant que Jadot se soit emmêlé entre kW. et kWh., ses chiffres ne tiennent pas la route. Voici ceux que donnent  https://prix-elec.com/energie/production :
Le coût moyen du nucléaire pour les centrales déjà construites est de 49,50€ le MWh. Ce chiffre est en hausse par rapport aux estimations de la Cour des comptes, qui évaluait le coût de production du MWh avant l’accident de Fukushima à 42 euros le MWh. Pour les centrales en cours de construction (l'EPR de Flamanville en France), la Cour des Comptes estime le coût de production d'électricité des nouveaux réacteurs dans une fourchette de 70 à 90 euros, en s’appuyant sur les coûts de construction de l’EPR, sans cesse relevés, et chiffrés début 2014 à 8,5 milliards d'euros - encore relevés depuis à 10,5 milliards en 2016.  EDF, pour Hinkley Point, avec le gouvernement britannique a signé à  109€ le MWh,
Mais ceci, ce sont pour les prototypes – et compte-tenu de défaillances certaines et malheureuses au Creusot. Pour les EPR futurs, compte tenu des effets d’expérience et de quantité, le prix attendu est plutôt entre 60€ et 70€ le MWh.

Le coût moyen de production de l’électricité pour l'éolien onshore (terrestre) s’établit à 82€ le MWh, selon l’avis commun de la CRE et de la Cour des Comptes. L’éolien offshore (en mer) produit en revanche une électricité moins bon marché -  coût estimé à 180€ le MWh
Les centrales thermiques au gaz les plus récentes ont un cout de production moyen du MWh estimé entre 70€ et 100€ le MWh.
Le coût moyen de l’électricité solaire photovoltaïque, lorsqu’elle est exploitée sous forme de parcs (installations non intégrées au bâti) ressort à 142,50€ le MWh, en cohérence avec le tarif de rachat de l'énergie solaire photovoltaïque, fixé par le gouvernement à 121,50 € le MWh.
L'énergie hydraulique affiche le prix du kWh énergie renouvelable le moins cher. Le coût moyen de l’électricité d’origine hydroélectrique fluctue entre 15 et 20€ le MWh (source CRE et Cour des Compte)
Mas on continue à décrypter, car c’est pas tout !

Un peu de décryptage supplémentaire ! Eolien vs nucléaire.

Ces chiffres sont ceux des organismes officiels, c’est-à-dire tout de même légèrement trafiqués pour soutenir la réduction de la part du nucléaire (idéologique et stupide) prévue par la PPE. Pour voir comment par exemple l’Ademe, disons-le carrément, triche et s’est transformée en agence de propagande cf. http://huet.blog.lemonde.fr/2019/01/31/le-plan-tout-renouvelable-de-lademe-conteste/

Ainsi : - les coûts et la rentabilité comparées du nucléaire et de l’éolien dépendent très fortement des hypothèses sur leur durée de fonctionnement, systématiquement sous-estimée pour le nucléaire, systématiquement surestimée pour les éoliennes. Et pour l’éolien en mer, il y a du sel, du soleil et du vent. Alors c’est un peu mieux pour le rendement, mais pas pour la durée de vie…Pas bon, le sel !

Ainsi : - Les éoliennes c’est très déconcentré et très dispersé, et donc ça coûte une blinde en raccordement au réseau ! Et pire que pire, pour l’éolien off shore, en mer.  Et, tenez-vous bien, bizarrement juste pour l’éolien, le coût de raccord a été mis, non à la charge de l’exploitant, comme d’hab,  mais à la charge du réseau ! (in fine des usagers). RTE, sur 15 ans prévoit 20 milliards d’euros spéciaux ENR  dont 7rien que pour l’éolien  off shore et une puissance anecdotique. Rien qu’en coût de raccordement, avec ça on se fait facile 2 EPR !

Ainsi : - L’Ademe considère que presque toutes les consommations sont supposées être asservies à la variabilité des productions des éoliennes et des installations photovoltaïques développées à grande échelle. Toutes les consommations d’eau chaude sanitaire, 75% du chauffage électrique, 38 à 56% des produits blancs (électroménager…), 50% des usages industriels (!), 80% des recharges des véhicules électriques sont « effaçables » selon ces hypothèses !
Donc, vous êtes priés de consommer de l’électricité quand les éoliennes veulent bien en produire. Sinon ? Sinon, ben,  peut-être que votre compteur Linky vous, comment déjà, ah oui, vous  « effacera » !
 Une « hypothèse héroïque » disent même ses partisans ! C’est pas héroïque, c’est absurde et idiot ! Ce qui signifie qu’il faudra davantage que l’Ademe le reconnait compenser l’éolien par une autre énergie pilotable. Du gaz ? (ce qu’explique l’action résolue des gaziers en faveur de l’éolien !). Ah oui, mais pas bon pour le climat, pas bon pour l’économie, pas bon pour l’indépendance énergétique.

Ainsi : - Dans les hypothèses économiques, il faut aussi tenir compte du prix auquel on vend l’électricité, ce que ne fait pas l’Ademe. Or, ça n’a rien de marginal !  J’explique. En fait, dans la vraie vie les éoliennes produisent quand elles veulent et pas quand vous avez besoin. Et elles produisent  à peu près toutes en même temps en Europe ! Malédiction des dépressions transatlantiques !
Donc l’électricité qu’elles produisent eh ben....
économiquement elle vaut que dalle  et même certains 1er Janvier où tout le monde est sous la couette, et que les éoliennes tournent comme des moulins hollandais sous speed, on est obligé de payer pour que quelqu’un nous la prenne. Les tchèques doivent protéger leur réseau des débordements éoliens allemands par un transfo gigantesque... sinon black out....

Ainsi : - Ainsi s’explique la malédiction des ENR, plus il y en a, plus le coût de l’électricité... augmente, ce qui est assez étrange pour une énergie qu’on (qui comme chacun sait, est un c… !) nous présente comme ultra-compétitive. Et un secteur éolien qui, tout aussi bizarrement s’effondre lorsqu’il cesse d’être ultra subventionné.  
En éolien nos chers amis allemands ont dépensé 680 milliards d’euros, pour un prix plus élevé de l’électricité qu’en France et surtout sans diminuer d’un iota leur émissions de  CO2 ! ni fermer leur charbon !
Avec ça, ils auraient pu se payer facile plus de 60 Epr ! En fait...beaucoup plus qu’il ne leur en faut pour plus de 70 ans d’électricité abondante, décarbonée et économique...

En France, il semble que l’on soit pressé de suivre le même catastrophique chemin. Il est prévu 41 milliards d’euros, rien que pour l’éolien off shore... pour produire 2% de la consommation électrique... (Cour des Comptes)... Et voilà... Au lieu d'emmerder les pêcheurs on pourrait se bâtir 4  EPR..
Et 121 milliards pour l’ensemble  des ENR  soit allez 12-14 EPR (Plus on en fait, moins ils seront chers !)

Bon, j’arrête là. Et c’est ainsi que le grand Jadot est grand…

Merci au fond à lui pour m’avoir flanqué un coup de sang et poussé à écrire ce billet…

Eh ben, tiens non, encore ceci :

En ce qui concerne le nucléaire, historique, là, c’est carrément drôle : l’ Ademe recommande de fermer les réacteurs nucléaires actuels plus vite… car leur trop bas coût de production d’électricité gène le déploiement des ENR non pilotables, handicapées par ce concurrent trop efficace !!
Ben voyons…

Et ça :

« L’Académie des technologies, comme elle l’a déjà écrit, s’inscrit pleinement dans la politique de développement des énergies renouvelables. Elle considère que la réussite de cette politique suppose des hypothèses réalistes. C’est pourquoi elle estime que les conclusions de l’étude de l’ADEME doivent être prises avec une très grande prudence. Elles ne devraient en aucun cas servir de base à des décisions de politique publique »

Eh oui, on ne pourra bâtir aucune politique énergétique sur la Fake science et la manipulation des chiffres !No Fake science !


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samedi 21 septembre 2019

Energiewende : Our dear German friends are starting to seriously break our balls(1)


DIW: almost all wrong!

The German economics institute DIW has released a study on nuclear power, the conclusion of which is that nuclear power is expensive and dangerous
This study  is full of various errors and manipulations.

 Historic nuclear competitiveness: "In recent years, new studies have confirmed that nuclear energy is not competitive."

Comment: false, false, and ultra false for historical nuclear. To stay in a Germany, the Fraunhofer Institute showed in 2018 that the energy generated by nuclear power plants was cheaper in Germany than that obtained from coal, lignite and gas and barely more expensive than from biomass..

A key parameter for calculating the cost of energy production is the lifespan of a given source. And of course, DIW has shortened the life of the nuclear reactors, saying that "nuclear power plants are designed to last 30 to 40 years.”

The initial uncertainty about the lifespan of nuclear power plants was due to a precaution resulting from a lack of knowledge about the effects of long-term irradiation. Today, it is clear that these initial fears were premature and the consensus is rather over 60 or even 80 years; especially since nuclear power plants are constantly maintained and large refit-type renovations like French grand carénage allow for a safe extension of life.

By comparison, the lifespan of wind farms is only 20 to 30 years, and much less for marine wind farms. According to an OECD report, the median cost of electricity generated during the life of an electricity producer is $53/MWh for a nuclear power plant and $175/MWh for an offshore wind farm. !

And if nuclear was not so interesting, why then do the so-called alternative suppliers of french EDF rush to ARENH (regulated access to historic nuclear) and demand more and more?


Competitiveness of the new nuclear :  "Additional investments in nuclear power plants after the Fukushima accident will be made in a new economic environment that could affect their level of profitability."

Comment: Oh yes, really? In Germany, the government takes more than 20 billion euros from the pockets of citizens each year to allocate to the renewable energy sector. According to Peter Altmeier, German Economy Minister, total support for energy Germany reaches 680 billion euros. This amount enough to build 61 nuclear power plants of Olkiluoto-3  type(EPR), despite all the slippages and difficulties of this second prototype of the EPR

Dear German friends, you better think! (sur l’intérêt de l’EPR, cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/01/un-nucleaire-nouveau-est-necessaire.html)

In addition, the experts in the DIW report made a series of biased errors, notably neglecting the quality of the energy (fatal or controllable, it's not the same!), failed to translate the installed capacity into the amount of energy actually generated and ignored external costs, such as not at all negligible costs of network extension and management, which are high when operating dispersed and intermittent sources !!

Decarbonised energy or not? "There is still no reason for the private economy to invest in commercial nuclear energy today"

Comment: yes, especially if you  do not want to fight global warming and do not put in place a carbon tax essential and adapted for this purpose!

The imposition of meaningful taxes on CO2 emissions makes nuclear competitive with coal-fired production in all fuel price scenarios and with CCGT technology (combined cycle power plant, the top of the gas) when gas prices are at moderate or high levels. At a price of $25 per tonne of CO2, in a moderate coal price scenario, nuclear would be competitive with coal. With a higher royalty of $50 per tonne of CO2, nuclear costs less than gas in moderate and high gas price scenarios.

However, the carbon credits generated by the Kyoto Protocol are no longer available and manufacturers have now exhausted their total quota. According to a carbon tracker study, the price of carbon could reach between 35 and 40 euros per ton over the next five years and this is far from enough if we are to meet our climate targets.
The Quinet report of France Strategy (Feb 2019) estimated the necessary value of CO2 at 250 euros/tonne of CO2 in 2030. Realistic, the authors do not ask for a carbon tax of 250 euros by this time, but their study means this: "Any action to reduce emissions that cost less than 250 euros/tonne of CO2 makes sense for the community and must therefore be undertaken »

So priviledge nuclear power over gas, and of course, coal. Which is the exact opposite of what Germany is doing with its Energiewende !

And the DIW study has a meaning that we would do well to understand: Germany will fight like a bulldog to avoid the increase in the CO2 tax and to deter nuclear financing, which it has beautifully succeeded in bringing out the taxonomy of green funding proposed by the EU.
We are warned: Germany is determined to continue to behave like a climate criminal!

Acceptance of nuclear power: "The main determinants of the future operation of existing nuclear power plants and investments in new nuclear power plants remain economic considerations, safety considerations energy, environmental considerations and public acceptance"

Comment: Having grossly falsified the figures on economic considerations, not being able to say anything about energy security (if it is security of supply, the US and Russia are fighting fiercely about who Europe will be vassal for gas, about  safety at all, . WHO estimates, globally, that nuclear has spared 3.8 million premature deaths from carbon pollution

And there, surprise: "researchers are surprised that the public's acceptance of atomic energy has not been more shaken by the Fukushima accident." It was expected that countries such as Germany, Switzerland and Japan would be significantly affected in their support for nuclear energy. In practice, these forecasts have been proven for Germany alone, with the German Parliament declaring its intention to close nuclear power plants by 2022. Meanwhile, Japan is gradually restarting nuclear power plants that closed after 2011, while Switzerland allows its existing reactors to remain in operation. Not to mention nuclear investments in China, Russia, India or Saudi Arabia ...

Climate: and now the big big lie! : "Nuclear energy is not an option for a climate-friendly energy mix."

Comment: Well, precisey !, nuclear energy is much better than wind or solar that’s has to be necessarily backed by an equivalent power either gas or, much worse, coal, or, much worse than worse, lignite, as our dear friends have done in Germany ; this is what emerges from the IPCC's latest climate report of October 2018, for which keeping global warming below 1.5°C requires a sharp increase in nuclear energy production.

In summary: dishonest selectivity of sources, omission of any study contrary to the position of the German government (and even the IPCC documents), erroneous conclusions of the analyses cited, cost-effectiveness analysis of nuclear completely and deliberately falsified,  the DIW report is clearly biased, written to support the German government's thesis that it is necessary to move away quickly from nuclear energy. 

The fact that such an unreliable study, a shameless propaganda tool, is taken up without criticism by some media is just another example of Fake Science and manipulation in the energy sector.

Germany is determined to do everything it can to continue to behave like a climate criminal!

And after all, crime against humanity is a local specialty !

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