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dimanche 9 juin 2019

Fake news »- Procès en sorcellerie contre l’industrie- obsolescence programmée des ampoules et glyphosate


Puisque la mode est à l’anti fake news, allons- y aussi sur le blog. C’est après tout une contribution utile au débat que de tenter de rectifier les fausses idées ou mensonges, dans les domaines scientifiques et techniques. L’idée générale sera aussi de rappeler que l’industrie, comme la science, comme la technique est une création de l‘Humanité pour son service. Et que des services, elle en a rendu énormément

Obsolescence programmée (des ampoules et cartel Phoebus)

Le cartel Phœbus est un oligopole composé notamment de Philips, Osram et General Electric mis en place entre 1924 et 1939 dans le but de contrôler la fabrication et la vente des lampes à incandescence mais qui échoua finalement à contrer l'arrivée de compétiteurs mieux offrant. Bien que peu étudié par les historiens de l'économie (NB  et pour cause), ce cartel a fait l'objet d'un regain d'intérêt après avoir été mentionné dans des œuvres de fiction et des documentaires le dénonçant comme l'une des premières tentatives et donc l'échec d'application à grande échelle de l'obsolescence programmée, c'est-à-dire la planification industrielle pour sciemment limiter la durabilité des lampes en empêchant les progrès techniques qui auraient permis la fabrication de lampes plus durables. Le cartel Phoebus figure notammnent dans le roman L'Arc-en-ciel de la gravité, publié en 1973, qui mêle fiction et réalité autour des théories du complot.

La réalité : L’appellation « cartel de Phœbus » fait référence à la société anonyme spécialement créée pour contrôler le marché mondial des lampes à incandescence : Phœbus S.A. Compagnie Industrielle pour le développement de l'Éclairage, fondée à Genève le 15 janvier 1925.
 Le succès a été relatif : dès la fin des années 1920, une union suédo-norvégo-danoise des entreprises (la société d'Europe du Nord Luma Co-op) a commencé à planifier un centre de fabrication indépendant. Les menaces économiques et de poursuites par Phœbus n'ont pas obtenu l'effet désiré, et en 1931, les Scandinaves produisaient et vendaient des lampes à un prix considérablement plus bas que Phœbus. L'accord initial Phœbus expirait en 1955. Cependant, le début de la Seconde Guerre mondiale avait fortement perturbé le fonctionnement de l'entente=. Les vestiges de l'entente Phœbus ont repris leur activité en 1948.

Les pratiques du cartel Phœbus ont fait l'objet en 1951 d'un rapport de la commission anti-trust britannique. Si ce rapport dénonce une entente sur les prix qui aurait conduit le consommateur à payer plus cher ses lampes, il réfute par contre l'accusation d'une limitation de la durée de vie en défaveur du consommateur.

Courrier dans la revue La Recherche, avril 2019 n° 546 :
Markus Krajewski confirme la thèse de l'obsolescence programmée des ampoules à incandescence (La Recherche n° 541, p. 12). Pourtant, il me semble que la normalisation effectuée par le cartel Phoebus découlait plutôt d'un compromis entre la durée de vie, la qualité de l'éclairage et la consommation électrique des ampoules.
Réponse de Georges Zissis, du laboratoire plasma et conversion d'énergie (université Toulouse 3 Paul-Sabatier)- un Universitaire donc.  La limitation de la durée de vie des lampes à incandescence est, en effet, un choix dicté par plusieurs facteurs. Réduire la température du filament et augmenter la pression du gaz dans l'ampoule pourraient prolonger leur durée de vie, mais elles seraient moins lumineuses (rouge orangé plutôt que blanches) et moins efficaces du point de vue de la consommation électrique. Les travaux du cartel Phoebus ont contribué à réduire les coûts de production et à démocratiser un produit qui a équipé nos maisons pendant des décennies. Il n’est donc pas tout à fait exact d’assimiler ce choix à de l’obsolescence programmée.

En effet, et merci à La Recherche d’avoir publié ce rectificatif. Néanmoins, le problème reste toujours le même : le rectificatif occupe un quart de page tandis que le Fake News initial figure dans un article complet reprenant sans critique les thèse de Markus Krajewski, auteur de  The Great Lightbulb Conspiracy  (sic !).

Plus techniquement : En ce qui concerne les standards de durée de vie, avant l’cccord Phœbus et jusqu’à ce jour, les ampoules à filament habituelles sont conçues pour avoir, en moyenne, une durée de vie minimum de 1000 heures. Il a souvent été prétendu – cependant sans preuve pour nous – que l’organisation Phoebus avait artificiellement fixé une courte vie aux ampoules dans le but d’augmenter le nombre d’ampoules vendues. Comme nous l’avons indiqué au Chapitre 9, il ne peut pas y avoir de durée de vie parfaitement adaptée aux nombreuses conditions variables que l’on trouve parmi les consommateurs d’un pays donné, de sorte que tout standard de durée de vie doit représenter un compromis entre facteurs contradictoires. Le B.S.I, a toujours adopté un seul standard de durée de vie pour les ampoules a filament, et les représentants du B.S.I, et du B.E.A., comme la plupart des fabricants de lampes nous ont dit sous serment qu’ils considèrent 1000 heures comme le meilleur compromis possible actuellement, et aucun élément ne nous a été soumis pour contredire ceci. De ce fait, nous devons rejeter l’allégation fallacieuse mentionnée plus haut.

En pratique, un filament d’ampoule atteint une température de l’ordre de 3000 K, ce qui le condamne à émettre plus de chaleur sous forme d’infrarouges que de lumière visible. Pour un bon rendement de la lampe, on a tout intérêt à ce que le filament soit le plus chaud possible. Un ensemble de relations expérimentales connues sous le nom de “lamp rerating”  permettent de lier entre elles la tension électrique à la “température de couleur du filament et à la durée de vie de l’ampoule. Car lorsque la température se rapproche de la température de fusion, le filament s’évapore par sublimation très vite et claque au bout d’un temps proportionnel à la puissance -12 (environ) de la température. En clair, si on diminuait la température du filament de 6%, la durée de vie de l’ampoule serait multipliée par 2. Mais cette baisse de température baisserait la production de lumière de  20%, pour la même consommation d’électricité.
(cf :https://www.drgoulu.com/2011/10/16/la-veritable-histoire-de-lampoule-de -livermore/#.XPzDilwzbIU)

Au fond le cartel Phoebus luttait déjà contre le réchauffement climatique !

La toxicité du glyphosate : confusion entre valeur limite d’exposition et…seuil de détection !

Tiens, autre article de La recherche, cette fois juin 2019

Vous écrivez à propos du glyphosate que la limite autorisée de cette substance dans l'eau de boisson serait de 0,1 µg/l (La Recherche hors-série n° 29, p. 75). Pourtant, l'Organisation mondiale de la Santé estime que, « dans des conditions usuelles, la présence de glyphosate dans l'eau de boisson ne constitue pas un danger pour la santé humaine. Dès lors, la détermination d'une valeur guide formelle n'a pas été jugée nécessaire ». Comment cette valeur est-elle justifiée ?

Réponse de la rédaction : Ce seuil de 0,1 µg/l n'est pas une « limite autorisée » comme l'indique l'article, mais un seuil de qualité, fixé par l'arrêté du 11 janvier 2007, en application de la directive européenne 98/83/CE. Cette limite n’est pas fondée sur une approche toxicologique , « elle n’a donc pas de signification sanitaire » selon la Direction Générale de la Santé (DGS)Son objectif est de « réduire la présence de ces composés au plus bas niveau de concentration possible ». La DS indique que «  cette limite a été fixée en tenant compte des limites de détection des pesticides dans l’eau. »… Des travaux de révisions de la directive européenne sont en cours mais « ils n’a mènent pas de modification de cette valeur à ce stade des discussions… » précise la DGS

Dont acte, mais même remarque que précédemment ; il est quand même fâcheux dans un journal de référence de la vulgarisation scientifique de laisser passer des articles confondant seul de toxicité, Valeur limite d’exposition professionnelle et… seuil de détection.

La fiche INRS confirme :

Valeurs Limites d'Exposition Professionnelle : Aucune VLEP spécifique au glyphosate n’a été établie.
Le dosage du glyphosate urinaire, en fin de poste de travail est proposé pour la surveillance pour le suivi biologique des expositions en milieu professionnel. Il n'existe pas de donnée qui permette d'établir une corrélation entre l'exposition et la concentration urinaire de glyphosate. Le glyphosate est absent des urines de la population générale non professionnellement exposée ; Il n’existe pas de valeur biologique d’interprétation pour ce paramètre pour la population professionnellement exposée.
Ben oui, le glyphosate n’est pas toxique, sauf exposition massive
Avec cette confusion entretenue entre seuil de toxicité, valeur réglementiare d’expoistion et et seuil de détection, que signifient donc les annonces médiatiques en série de « pisseurs involontaires », effectuées selon quelles conditions, avec quels procédés, selon quel étalonnage ?

A juste titre, des agriculteurs  (un peu soutenus par la FNSEA – la FDSEA du Calvados en l’occurrence ont commencé à réagir.
Xavier Hay, Bertin George et Geoffroy De Lesquen ne s’en cachent pas. Ils utilisent du glyphosate en intercultures sur leurs exploitations.  « De façon raisonnée dans le respect de la loi et des autorisations de mise en marché », précisent-ils. Dans un contexte d’agribashing, les trois agriculteurs ont souhaité tester leur urine. La FDSEA 14 a porté la démarche. Dans le Calvados, le mouvement « des pisseurs volontaires » avait reçu un certain écho. Selon eux, la moyenne pour le Calvados est de 1,14 ng/millilitre (35 résultats) et, à l’échelle française, de 1.06 ng/millilitre. « Nous avons un taux de présence glyphosate et AMPA non détectable inférieur à 0,4 ng/millilitre », expliquent les trois membres de la FDSEA 14.
Ce résultat les interroge. « Comment se fait-il que 3 agriculteurs utilisateurs de glyphosate aient un taux 4 fois inférieur à des citoyens non utilisateurs et de plus avertis sur ce sujet ? »

Afin d’éviter toute contestation, le test a été réalisé par un laboratoire agréé par l’Etat, à savoir le laboratoire du CHU de Limoges. Le prélèvement a, lui, été effectué sous le contrôle d’un médecin assermenté, le 14 mars dernier.
Xavier Hay, Geoffroy De Lesquen et Bertin George demande une véritable expertise scientifique cautionnée par les autorités compétentes. « Nous dénonçons les raccourcis exprimés sur la place publique, qui viennent contribuer une fois de plus à l’agribashing.  Nous ne nous interdisons pas de porter plainte pour calomnie scientifique et stigmatisation envers notre profession ». Et d'ajouter "nous dénonçons les raccourcis scientifiques".

Bravo pour votre bon sens et votre courage

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dimanche 19 mai 2019

Anti-vert !: Pour (ne pas) en finir avec le glyphosate ! Chronique du triomphe de l’ignorance (2)


A peine annoncé dans mon blog précédent

que ce serait ma dernière chronique sur le glyphosate, allez, je repique, tant la montée de l’ignorance et du fanatisme anti-science, anti-progrès, anti-humanité me met en colère.

Donc, remarquable tribune de M. Jean-Louis Bernard, vice-président de l’Académie d’Agriculture sur https://www.lopinion.fr intitulée

«En quarante ans, on n’a rien trouvé de plus efficace que le glyphosate» :

Comment expliquer le règne sans partage du glyphosate parmi les herbicides ?

Le glyphosate a rencontré le succès dès sa mise sur le marché en 1974 car il avait des qualités uniques par rapport à ses compétiteurs. C’est, tout d’abord, un produit systémique : il a une largeur de spectre inégalée. La plupart des végétaux le captent sur la surface de leur feuille, puis il est entraîné par la sève et se dirige vers les zones en croissance pour dérégler le métabolisme de la plante et la faire disparaître. Le tout, sans toucher aux semences qui sont en terre. De plus, il est très peu cher.

Ce que l’on recherche avec le glyphosate, c’est un allègement de la charge de travail. Avant qu’il existe, il fallait, pour créer un lit de semences, procéder à des passages d’outils croisés après le labour. On utilisait une herse, puis un disque, puis à nouveau une herse, dans un sens puis dans l’autre afin d’ameublir la surface du sol. Cela impliquait la destruction des semences en cours de germination. Peu de gens le font encore, car cela demande énormément de temps. Et le matériel s’use vite. Le glyphosate permet de se limiter à un passage. En somme, il simplifie le travail et limite les coûts de production. (NB et épargne les sols !)

Les cultures les plus dépendantes sont celles qui se développent sur des terrains fragiles : des terrains pente ou caillouteux, par exemple. Pour supprimer l’herbe, un herbicide non sélectif et non résiduel comme le glyphosate est beaucoup plus pratique que de revenir au travail du sol. Les grandes cultures comme les céréales ou le colza sont également très dépendantes. Se passer du glyphosate gonflerait leur coût de production. A moins que l’on trouve des solutions mécaniques. Ce qui signifie acheter de nouvelles machines, dont les agriculteurs se sont délestés.

Existe-t-il des herbicides équivalents à ce jour ?

On comptait quatre herbicides à spectre large comme le glyphosate il y a vingt ans. Aujourd’hui, il n’en reste plus qu’un. A ma connaissance, il n’existe aucune molécule qui puisse le remplacer. Lorsque le glyphosate est apparu sur le marché, tous ses compétiteurs ont lancé des lignes de recherche pour le concurrencer. Mais en quarante ans, on n’a rien trouvé de plus efficace. Il est certain que nous ne trouverons pas d’équivalent dans les années qui viennent.

Nous ne pourrions pas nous adapter à une interdiction pure et simple. Si on le supprime, on doit revoir tout le système de production agricole. Il n’y a pas de méthode alternative. Il faudrait revenir à des pratiques d’il y a vingt ou trente ans : le travail du sol systématique. On perdrait toute compétitivité face à nos voisins européens. Enfin, je m’interroge sur la raison scientifique d’une telle interdiction : le CIRC est bien seul pour qualifier le glyphosate de cancérogène probable.

(Oui, en effet ; il n’y a aucune preuve de toxicité du glyphosate, ii y a accumulation de preuves qu’il n’est pas ou très peu toxique…)

Glyphosate, une interdiction politique sans fondement scientifique

Le Président Macron s’est fait le héraut inattendu du combat contre le glyphosate. Sous la pression française, le renouvellement de l’autorisation du glyphosate en Europe, initialement prévu  pour 15 ans a été ramené le 27 novembre 2017 à 5 ans … et à 3 ans pour la France !

Strictement politique et symbolique, cette décision se désolidarise des choix européens, va à l’encontre des avis des agences d’évaluation française (ANSES), européennes (EFSA, ECHA) et internationales et s’éloigne une fois de plus de  l’expertise scientifique.

S’attaquer en priorité au glyphosate s’avère surprenant s’agissant d’un désherbant rendant de nombreux services aux agriculteurs. Le plus utilisé et le plus étudié au monde, il est connu pour son efficacité, sa polyvalence, son faible prix et son bon profil toxicologique et écotoxicologique.

Alternatives au glyphosate : retour au travail du sol ; trente ans en arrière !

Le Président Macron a déclaré imprudemment «dans 3 ans, dans au moins 90% voire 95% des cas on aura trouvé une alternative au glyphosate ? ». On en a pris l’habitude : c’est n’importe quoi !

Le rapport de l’INRA de novembre 2017 sur les alternatives au glyphosate illustre les difficultés  et les nombreuses impasses techniques auxquels les agriculteurs seraient confrontés.

En fait, pour quiconque sait lire, il constitue un désaveu complet des positions présidentielles.

C’est le retour au travail du sol qui serait la principale alternative, que ce soit pour détruire  l’enherbement et les couverts végétaux avant semis, pour désherber vignes et vergers ou pour rénover des prairies.
Un travail mécanique plus exigeant en main d’oeuvre, en carburant, plus onéreux, émetteur de CO2, peu favorable à la structure du sol et difficile voire impossible à effectuer en diverses situations (sol humide, terrains pentus ou caillouteux, vergers avec système d’irrigation au sol, …).

Les hypothétiques alternatives au glyphosate, reposant essentiellement sur le travail mécanique, consommateur de carburant et émetteur de CO2, marquent un net recul sur le plan environnemental.

Pire, les techniques de conservation des sols - combinant abandon du labour (semis direct) et couvert végétal en interculture qui nécessitent, certes, l’emploi d’une faible dose de glyphosate - seront condamnées, alors qu’elles concilient bénéfices économiques (réduction des coûts de mécanisation), agronomiques (activité biologique et fertilité des sols améliorées, érosion réduite) et écologiques (séquestration du CO2 atmosphérique dans le sol, abri et nourriture pour la faune sauvage).
Par cette décision, les méthodes agronomiques qui satisfont le mieux la transition écologique en agriculture sont condamnées alors qu’elles devraient être promues !!!

Eh oui, le glyphosate est aussi une molécule écologique !

Et la meilleure ( la pire) ? Didier Guillaume !

Interviewé jeudi 16 mai sur Europe 1, le ministre de l’agriculture , Didier Guillaume a eu à confirmer sa position à l’égard de l’usage du glyphosate par les agriculteurs. « L’OMS, l’organisation mondiale de la santé, a classé le glyphosate comme probablement cancérogène. Est-ce que cela suffit pour décider d’en interdire l’usage ? », lui demande la journaliste.
« Oui, ça suffit ! C’est le principe de précaution. À partir du moment où c’est probablement cancérogène, le Gouvernement et moi-même sommes là pour défendre et protéger la sécurité et la santé de nos concitoyens », a-t-il répondu.

1) Non, aucune agence compétente ne classe le glyphosate comme cancérigène
2° Non, ce n’est pas du tout, du tout, le principe de précaution, qui imposerait de continuer des études sur la toxicité du glyphosate,..par ailleurs, déjà l’une des molécules les plus étudiées.

Là, je craque :Imbécile ! incompétent, démagogue, lâche, ignorant, scientifiquement inepte, tuer d’agriculteur, bigot, rétrograde, adversaire du progrès et de l’humanité affameur des peuples,
Macronien ! (Sa seule excuse, son prédécesseur Stéphane Travers a payé sa compétence et son opposition aux fanatiques écologistes …)

Et j’arrête sur le glyphosate, il est décidément  néfaste à ma santé tellement le flot d’ignorance crasse et de manipulation me met en fureur.
Cette haine de soi, cette haine de la science, cette haine du progrès, cette haine de l’humanité risque bien de tout emporter. Jamais, du moins dans l‘histoire récente, on a vu un tel obscurantisme se répandre et menacer l'avenir de l’Humanité et des populations à venir qu’il faudra nourrir !


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Anti-vert ! Pour (ne pas) en finir avec le glyphosate ! Chronique du triomphe de l’ignorance


Dernières chroniques de l’absurdité et un rapporteur courageux !

Ceux qui ont suivi les épisodes précédents comprendront : non pas pour en finir avec le glyphosate (un des herbicides les plus efficaces et les moins dangereux pour la santé et l’environnement, mais pour en finir avec le sujet du glyphosate).

Donc trois dernières nouvelles :

1) le 30 avril, l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) continue de constater qu’il n’y a pas de risques pour la santé publique lorsque le glyphosate est utilisé dans le respect des normes et que le glyphosate n’est pas cancérigène. Elle recommande cependant de nouvelles mesures d’utilisation pour réduire son risque environnemental et notamment l’impact de l’herbicide sur les insectes pollinisateurs. »

L’EPA signe et resigne et confirme et reconfirme très courageusement le point de vue de l’Autorité Européenne de sécurité des aliments (EFSA), de l’Agence Européenne des produits chimiques (ECHA), des agences similaires suisse, australienne, canadienne et à vrai dire de toutes les agences   , qui a également conclu à l’absence de preuve de danger du glyphosate. Bien évidemment, tous vendus, stipendiés par Monsanto

2) Le 14 mai, troisième condamnation pour le Roundup et Monsanto- Bayer : un jury américain l’a condamné lundi à verser 2 milliards de dollars à un couple de septuagénaires atteints d’un cancer.

Les procès en sorcellerie continuent. Au nom de quoi et comment, avec quelle compétence un juge peut-il ainsi décider à l’encontre de toutes les autorités scientifiques légitimes ? Il y a là une forfaiture grave qui devrait lui valoir révocation. C’est une fois de plus le triomphe de l’obscurantisme. Et c’est extrêmement grave ! Demain les mêmes juges, le même type de juge condamnera des fabricants de vaccin ( provoquant l’autisme ! hein Mme Rivasi), des fabricants d’antennes électriques, de micro ondes, de laser sur n’importe quelle absurdité scientifique !

3)13 mai : Annonce du rapport de l’Office français parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques et un beau barouf à propos des déclarations du rapporteur Pierre Médevielle sénateur de Haute-Garonne : « aucune étude scientifique ne prouve formellement sa cancérogénicité, ni en France, ni en Europe ni dans le monde…Le glyphosate est moins dangereux que la charcuterie » Tollé général !
Rappelons que M. Médevielle est pharmacien de profession, impliqué depuis longtemps dans l’évaluation scientifique, et qu’il sait un peu ce qu’est un cancérogène, et comment on le caractérise.
Une autre membre de la Commission, Anne Genetet a également une formation scientifique, de médecin. Si elle n’a pas pris la parole le 13 mai, voici ce qu’elle déclarait peu de temps avant : « À ce jour, seul le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a classé en 2015 ce produit comme cancérogène probable, contre l’avis de toutes les agences sanitaires (en Europe et aux États-Unis) chargées de l’homologation des pesticides. Rappelons au passage que le caractère cancérogène supposé concerne l’exposition directe. Ce n’est pas le fait de manger un produit qui a poussé dans un champ traité qui pourrait poser problème. Rappelons aussi que l’OMS a classé la viande rouge comme cancérogène probable, exactement au même niveau que le glyphosate. Il faut donc comprendre cette qualification à la hauteur de ce qu’elle signifie. »
C’est assez clair, non !

Alors, M. Médevielle s’est fait crucifier sur le thème : il a pété un plomb, le rapport parlementaire ne parle pas du tout de cela, il s’agit simplement d'éclairer le Parlement sur 'l'indépendance et l'objectivité des agences européennes chargées d'évaluer la dangerosité des substances mises sur le marché'.

Or, dans le rapport, on trouve ceci, un simple rappel factuel :

« Les agences ont donc jusqu’à présent écarté le risque cancérigène en cas d’exposition au glyphosate dans les conditions normales d’exposition de cette substance….. »

Et d’autre part, même si les rapporteurs proposent des améliorations dont certaines sont déjà d’ailleurs mises en œuvre, la tonalité est générale est quand même celle de la reconnaissance du professionnalisme et de la qualité du travail des agences :

 « Les vingt dernières années ont été marquées en France et au sein de l’Union européenne par une institutionnalisation de l’expertise des risques autour d’agences spécialisées, combinant l’application de méthodes de plus en plus sophistiquées et la standardisation des techniques et des référentiels. »

Donc, même si les propos de M. Médevielle ne sont pas dans le rapport, ils en découlent assez logiquement, et sa conclusion semble partagée par les rapporteurs ayant une culture scientifique. Et j’ajouterai par l’immense majorité de tous les scientifiques de quelque compétence sur le sujet qui se sont intéressé au dossier

Parmi les crucificateurs, on distinguera Cedric Villani, président de l’Office français parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, qui a fait preuve en l’occurrence de lâcheté et de démagogie insignes. Merci la twittosphère qui a vivement réagi, par exemple : « Vous faites hontes à l’éthique scientifique en respectant si peu les travaux de vos confrères biologistes chimistes et agronomes…. Vous leur crachez à la figure »
Pas mieux à dire. On peut être très grand mathématicien et petit homme, c’était un peu le cas de Laplace…dont Villani préside l’Institut.

Les recommandations du rapport :

1) Donner aux agences la possibilité de déclencher des études destinées à améliorer la connaissance des dangers et des expositions, à travers un fonds de recherche inter-agences. 2) Mettre en commun dans des systèmes d’information partagés les études et données disponibles sur l’ensemble des produits réglementés.3) Mieux identifier les effets de perturbation endocrinienne, les effets cancérogènes, mutagènes ou génotoxiques en les quantifiant précisément et en développant des outils de compréhension des risques cumulés. 4)  Développer les méthodes alternatives à l’expérimentation animale pour l’identification des risques sanitaires et environnementaux ; 5)  Encourager la mise à jour régulière des lignes directrices pour ne pas retarder l’adoption de nouvelles méthodes et de tests sensibles et fiables. 6) Développer les instruments de surveillance en situation réelle des effets des produits réglementés : vigilances, biosurveillance, études épidémiologiques. Améliorer la transparence des travaux d’évaluation . 7) Mettre à disposition du public l’intégralité des données figurant dans les dossiers soumis aux agences d’évaluation, afin de permettre une contre-expertise citoyenne.8) Faire la transparence sur les liens d’intérêt et contrôler les liens d’intérêt déclarés dans le cadre d’obligations déontologiques fortes pesant sur les personnels et experts des agences.Conforter les agences dans leur rôle d’expertise des risques.9) Renforcer l’attractivité pour les scientifiques de la participation aux travaux d’expertise menés par les agences.10) Structurer le dialogue entre organes d’évaluation, pour
éviter les divergences d’appréciation sur les risques qui perturbent la prise de décision.11) Donner aux agences des compétences étendues pour l’identification des risques émergents. Rendre l’évaluation des risques accessible et compréhensible. 12) Mieux structurer le débat public sur les risques, en amont des prises de décision. 13) Expliquer et clarifier les résultats des évaluations de risques effectuées par les agences.

Rien de révolutionnaire donc, des remarques de bon sens, des missions renforcées qui impliqueraient, notons-le, des moyens renforcés, des vœux désirables, mais pieux en l’état des techniques, une meilleure communication (pas si facile, si l’autorité scientifique est systématiquement mise en doute par les bigots et les complotistes de tous poils)

En plus général et en plus court, je proposerais ceci : l’évaluation des risques est un service public qui doit être correctement assuré. Mais comme on a affaire à des gouvernements qui n’aiment pas beaucoup la notion de service public….

Notons, en ce qui concerne le CIRC, la seule agence à avoir classé le glyphosate comme cancérigène probable (comme la viande rouge et le travail de nuit, rappelons-le), deux remarques assez assassines du rapport : « Il a ainsi été reproché au CIRC d’avoir fait participer à ses travaux le Dr Christopher Portier, impliqué par ailleurs dans des lobbies antiglyphosate et intervenant dans des procédures judiciaires lancées contre les fabricants de glyphosate ; - enfin, le classement des agents cancérogènes par le CIRC fait lui aussi l’objet d’une remise en cause, considérant qu’il ne s’agit que d’un classement théorique, qui ne prend pas en compte la réalité des expositions de l’homme aux différents agents ou encore la fréquence et la gravité des cancers pouvant être causés par les agents incriminés.

En guise de remarques finales ( mais j’ai bien peur d’tre obligé d’y revenir !^

Monsanto a-t-il truqué les tests réglementaires relatifs aux glyphosate ( comme Volkswagen avec ses moteurs) : Non, mille fois non !

Monsanto a-t-il eu connaissance de tests prouvant la toxicité ou le caractère cancérigène du glyphosate, et les a-t-il dissimulé : Non !

N’importe quel chercheur ne peut que s’indigner et s’inquiéter  de l’utilisation qui a été faite lors d’un des procès de mels internes qui ne montraient qu’une discussion normale entre une directrice scientifique tempérant le langage quelque peu enthousiaste d’une responsable de marketing..

Existe-t-il des tests prouvant le caractère cancérogène du glyphosate ? Non ! Et pourtant, c’est peut-être la molécule qui a été la plus étudiée !

Existe-t-il des études épidémiologiques faisant ressortit un caractère cancérigène du glyphosate ? Non ! ( il existe un avis minoritaire discordant sur l’une des études)

Concernant un produit  aussi répandu que le glyphosate, l étude épidémiologique parait évidemment la voix royale pour vérifier l’absence de toxicité/pouvoir cancérogène. Le rapport parlementaire rappelle à juste titre que ce n’est pas si facile : « l’épidémiologie trouve aussi seslimites en matière d’évaluation des risques. Ainsi, dans sa fiche-repère « pesticides et risques de cancer », l’Institut national du cancer indique bien que si « les études épidémiologiques attestent d’un lien entre l’exposition aux pesticides, notamment en milieu professionnel, et l’apparition de cancers, elles doivent être regardées avec précaution. En effet, leurs principales limites concernent la difficulté d’établir un lien avec des molécules précises, la caractérisation de l’exposition aux pesticides chez un individu tout au long de sa vie, en incluant les périodes critiques (grossesse, enfance), et les multiexpositions. De plus, les personnes sont exposées potentiellement à d’autres facteurs de risque (exposition à d’autres substances chimiques telles que solvants, rayonnements ultraviolets, zoonoses, polluants atmosphériques, médicaments, tabagisme, alcool […]. La complexité des expositions multiples et séquentielles au cours de la vie à ces produits appelle une réflexion spécifique en matière de recherche ».

Il existe d’excellents didacticiels sur la notion de puissance statistique d’une étude. Compte-tenu de son utilisation, les données épidémiologiques sur le glyphosate sont très très puissantes, donc le risque de ne pas voir une éventuelle toxicité est très très faible .

En l’état actuel des connaissances, rien ne permet d’affirmer que le glyphosate est cancérigène !

Les agences d’évaluation ont-elles recopiés in extenso des études fournies par Monsanto ?

Oh là là Messieurs, attention,  là on atteint des sommets de mauvaise foi,  d’ignorance de manipulation ! La réponse est… évidemment oui ! Les études réglementaires et leurs conclusions sont censées être reproduites telles quelles et d’ailleurs, autant que possible, sont fournies sous des formats non modifiables afin de préserver l’intégrité des données ! On peut ensuite les commenter, mais à part…

Faut-il faire davantage confiance aux tests de Monsanto ou aux tests pratiqués par des laboratoires universitaires ?

Accrochez-vous ! La réponse est évidemment aux tests de Monsanto…qui ne sont d’ailleurs pas les test de Monsanto, mais les tests imposés à Monsanto par la réglementation. Ils sont standardisés, calibrés, parfaitement reproductibles, leur interprétation est immédiate, leur pertinence quant aux effets biologiques certaine et universellement reconnue.
Les chercheurs eux testent des protocoles, nouveaux, originaux, que seuls de petites équipes maitrisent. Leur pertinence quant aux effets toxiques chez l’homme est incertaine, pas encore reconnue…. Ce n‘est pas un vain mot : les instances universitaires se trouvent confrontées à une très sérieuse crise de la reproductibilité (plus de 60% des études non reproduites précisément dans la cas du cancer !)

Toutes les agences officielles considèrent qu’il n’existe aucune preuve de la toxicité ou du caractère cancérigène du glyphosate sauf le CIRC qui le place en cancérigène probable (et no certain !). Qui ment ?

Probablement  personne, mais il existe des avis plus pertinents que d’autres ! Selon le CIRC, le glyphosate le classement en cancérigène problème du glyphosate rappelons-le, dans la même catégorie que le travail de nuit ou la viande rouge.  Le CIRC s’efforce d’estimer un risque global tenant compte de la cancérogénicité « intrinséque » et de l’exposition au produit de la population : ainsi s’explique que des produits fortement cancérigènes mais très peu utilisés se retrouvent dans la même catégorie qu’un produit extrêmement utilisé mais dont la cancérogénicité intrinsèque est non démontrée. De plus, le CIRC n’utilise pas toutes les données les plus sûres des enquêtes réglementaires, ce qui est quand même un peu fâcheux. Ce classement  du CIRC fait  l’objet d’une remise en cause, considérant qu’il ne s’agit que d’un classement théorique, qui ne prend pas suffisamment en compte la réalité des expositions de l’homme aux différents agents (par rapport aux études épidémiologiques) ou encore la fréquence et la gravité des cancers pouvant être causés par les agents incriminés (par rapport aux études biologiques).
Mon opinion : C’est en fait une espèce de cote mal taillée, qui est tout de même utile pour un grand nombre de substances, mais qui ne fonctionne pas dans le cas de substances très étudées et très répandues.

Les décisions de justice condamnant Monsanto à de fortes indemnisation pour des cas de cancers sont –elles basées sur des preuves scientifiques ?

Non, pas la moindre. Pas plus qu’elles ne sont basées sur la moindre preuve de fraude. Ces décisions à l’encontre du consensus scientifique reconnu sont une véritable menaces pour la santé publique ( demain, les vaccins ? les médicaments, les ondes radios, les lasres, l’électricité..)

Et l’immense scandale des Monsanto papers ? Monsanto a-t-il empêché des études sur le caractère mutagène et génotoxique du glyphosate ?

Non, Monsanto n’a rien empêché du tout, et comment l’aurait-il pu ? Par contre, oui, il a surveillé et critiqué, et souvent à juste titre, les milliers d’études qui paraissaient ( et qu’il n’a pas empêchées !).
Commentaire du rapport sénatorial : « Les Monsanto papers mettent surtout en évidence une pratique de la société Monsanto consistant à suivre une stratégie de communication scientifique problématique, reposant sur le « ghostwriting », c’est-à-dire la rédaction d’articles favorables par l’entreprise, signés ensuite par des scientifiques de renom pour donner une crédibilité forte aux documents ainsi publiés. Un cabinet de consultant, Intertek, a joué ce rôle de recruteur de scientifiques destinés à exercer une mission d’influenceur »

Ah oui, ça c’est pas bien ! Un peu agressif comme pratique marketing ! Pas très glorieux pour certains scientifiques !
On peut (et on doit) quand même suspecter la sincérité chez la plupart d’entre eux. Le glyphosate en tant qu’herbicide représente un tel progrès majeur, à la fois sur le plan de l’efficacité et de la sécurité, une telle révolution des pratiques agricoles qu’il ne peut que susciter l’enthousiasme immense de tous ceux qui travaillent dans ce domaine. Après, le degré zéro de l’ éthique consiste quand même à écrire les papets que l’on signe et à signer les papiers que l’on écrit….
En passant, ça irait mieux si les chercheurs n’étaient pas obligé de passer une part considérable de leurs temps à mendier des fonds dans une jungle bureaucratique nationale, européenne, internationale et si la financement de la rechrche était davantage assuré par des financements pérennes !

Et le dernier (pour l’instant) scandale sur le fichier de Monsanto sur les opposants au glyphosate ?

Ben, beauf, je sais pas moi. Que Monsanto ait maintenu une base de données bien fournies sur les articles concernant le glyphosate et ceux qui travaillent ou écrivent dans ce domaine, c’est quand même le BA ba ? On douterait de leur professionnalisme s’ils ne l’avaient pas fait, non ?
Après, s’il s’agit d’un véritable fichier , avec recherche d’informations privées, alors là c’est autre chose. Que l’on poursuive alors Monsanto !
Pour ça et pas pour autre chose !

Le glyphosate, pourquoi tant de haine ? A cause des OGM et cultures génétiquement modifiées !

Ce n’est pas le glyphosate en tant qu’herbicide qui provoque tant de passion  (et c’est pourtant cet usage qui est interdit pour les particuliers !).
C’est vraiment une molécule miracle ! Malgré tous leurs efforts, durant plus de trente ans  aucun concurrent de Monsanto n’a pu proposé quelque chose d’approchant
C’est l’utilisation par Monsanto du glyphosate en conjonction avec des cultures OGM résistantes au glyphosate, un véritable miracle ! Vous plantez votre maïs résistant OGM, vous passez du glyphosate, et hop, plus de mauvaises herbes, plus de labours, un rendement augmenté de 20% à la louche, au moins les premières années, et, cerise sur le gateau, des produits plus sûrs moins contaminés par les mycotoxines..

Donc Monsanto et le glyphosate font l’objet d’une haine vigilante et parfois délirante de tous les anti-OGM qui ont juré la perte de Monsanto, la vilaine sorcière

Ce débat sur les OGM, sur leur réel intérêt ou pas, sur leurs réels dangers, ou pas., il faudra l’avoir, mais c’est un sujet différent de celui de la toxicité non démontrée et très improbable du glyphosate !

Et bravo au Sénateur Médevielle pour son courage !

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