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vendredi 6 octobre 2023

Arrêt Combray : la prise en compte du patrimoine immatériel dans les autorisations de parcs éolien

 Dans une décision rendue le 4 octobre 2023, le Conseil d’État retoque définitivement  un projet de parc éolien situé près d’Illiers-Combray, commune décrite dans les œuvres de Marcel Proust.

C’est une décision majeure qui autorise la prise en compte du patrimoine immatériel dans les autorisations de parcs éolien :   les atteintes portées au sol, à la faune et à la flore, ne sont désormais plus les seuls critères à examiner avant d’autoriser l’installation d’un parc éolien.

Les atteintes à des paysages liés au patrimoine immatériel breton comme les sites remarquables de Bell-Île, Quiberon, Groix,  Erdeven sont donc évidemment concernés.

Un point intéressant est que le rapporteur cite explicitement  des patrimoines marins comme Etretat ou le chateau d’If comme possédant des caractéristiques intrinsèques de beauté exceptionnelle ou de valeur patrimoniale historique suffisant à justifier la préservation

L’affaire a commencé au mois d’octobre 2020, année durant laquelle la préfète d’Eure-et-Loir de l’époque, notamment soutenue par la société des amis de Marcel Proust et des amis de Combray, refuse de délivrer l’autorisation environnementale pour lancer le projet éolien.

Extraits significatifs

Définition du paysage : « l’article L. 350-1 A du code de l’environnement définit le paysage comme « une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l'action de facteurs naturels ou humains et de leurs interrelations dynamiques. » Cette définition reprend celle de la convention européenne du paysage signée sous l’égide du Conseil de l’Europe à Florence le 20 octobre 2000 et dont l’article 5 définit le paysage comme « composante essentielle du cadre de vie des populations, expression de la diversité de leur patrimoine commun culturel et naturel, et fondement de leur identité (…) »

Protection du paysage et patrimoine immatériel : « Les prescriptions du code de l’environnement autorisent l’administration à prendre en compte, pour apprécier l’importance des « dangers et des inconvénients » pour « la protection des paysages » et des « sites », l’inscription de ces sites et paysages dans un contexte historique ou culturel particulier »

« La prise en compte de la composante littéraire du paysage ne méconnaît pas le principe selon lequel la notion de paysage au sens de l’article L. 511-1 s’entend d’un paysage matérialisé, avec une consistance physique : il s’agit bien en effet toujours de préserver un paysage réel, mais dont l’intérêt réside dans la correspondance qu’il entretient avec le paysage, imaginaire, de l’œuvre »

Les conditions d’applications : « trois facteurs paraissent devoir être réunis pour justifier un refus d’autorisation sur le fondement de l’article L. 511-1 : d’abord, la renommée de l’oeuvre ou sa place particulière dans l’histoire de l’art ; ensuite, l’existence d’une relation si étroite entre et l’oeuvre et un paysage inscrit dans un lieu précis que le second apparaisse immédiatement et indissociablement lié à la première ; enfin, un état de conservation des lieux suffisant, au regard de la description qui en est faite dans l’oeuvre, pour que la correspondance de l’un à l’autre présente encore un enjeu »

Par cette décision, le Conseil d'Etat ouvre un champ nouveau de réflexion sur les compromis à trouver entre choix de nature et choix de culture d’une société. Cela laisse aussi entendre que les atteintes portées au sol, à la faune et à la flore, ne sont désormais plus les seuls critères à examiner avant d’autoriser l’installation d’un parc éolien »

Même en l’absence d’œuvre, la beauté exceptionnelle des lieux ou leur valeur patrimoniale suffit :«  Le motif tiré de la composante artistique ou littéraire ne devrait être mobilisé que de manière tout à fait exceptionnelle. Dans bien des cas, ce sont les caractéristiques intrinsèques des lieux, leur beauté exceptionnelle ou leur valeur patrimoniale historique qui suffiront à justifier la préservation des paysages et des sites, que l’on pense à la Montagne Sainte-Victoire peinte par Cézanne, au site d’Etretat évoqué par Maurice Leblanc ou au château d’If du Comte de Monte-Christo. »


mardi 5 septembre 2023

Pourquoi lutter contre l'éolien en mer ? Préserver le littoral !

 1) La préservation du paysage marin n’est pas un acquis…et pourtant !

La préservation de l'identité marine menacée par des atteintes irréversibles provoquées notamment par le changement massif d'affectation de la mer littorale fait évidemment partie des buts de PIEBÏEM (Préserver l’Identité Environnementale de la Bretagne sud et des Îles contre l’Eolien en Mer) qui se bat pour la préservation des paysages littoraux.

Avec la zone industrielle éolienne Bretagne Sud et bien plus encore  le tsunami éolien en préparation (40GW d’éolien offshore pour la France dont 25 le long des côtes bretonnes, soit l’équivalent d’une trentaine de parcs) , avec une artificialisation,  une industrialisation, une privatisation sans précédent de la mer côtière, c’est plus de 100 ans de protection du littoral qui vont être annihilés et c’est une mutation anthropologique qui se prépare et qui privera de la vue du grand large des dizaines de  millions d’habitants de nos côtes et ceux qui aiment à les fréquenter.

Et pourtant !

« Les paysages littoraux se caractérisent par un rapport unique entre un trait de côte fini et un horizon marin infini, une harmonie du mariage entre la terre et la mer. En s’imposant entre les deux, les éoliennes en mer modifient radicalement la nature et la valeur de ces paysages maritimes » … Les paysages marins et leur littoral, peints par les plus grands artistes tels Monet, Maufra, Moret, Gauguin, Turner, ont une valeur artistique, touristique et mémorielle inestimable. » (CSSPP, avis sur l’éolien en mer, 16 juin 2021)

 

Maxime Maufra, Quiberon

« La défiguration du paysage par des structures considérées comme inesthétiques voire franchement laides doit être considéré comme relevant non d’un problème d’esthétique environnementale mais d’une réelle nuisance sanitaire.»  (Académie de Médecine, rapport sur les éoliennes, 3 mai 2017)

Henry Moret, Goulphar

« La thérapie par la nature bleue, ça existe. Cela va de la simple vue de la mer à une marche le long de d’un espace bleu, jusqu’à une véritable interaction, comme avec la natation. Des recherches menées par l’Université d’Exeter (Royaume-Uni) ont montré que des balades quotidiennes en bord de mer sont associées à des niveaux élevés d‘émotions positives qui réduisent le stress.  Et cet effet est plus puissant que celui provoqué par des promenades dans des parcs ou en pleine campagne ».  Josep Lloret Romanach, chaire Océan et Santé humaine, Gijona, Science et Avenir, Juillet 2023, p. 73

 

Claude Monet, Goulphar

« Je suis sûre que tout le monde devient philosophe au moins deux minutes s’il prend le temps de regarder la mer. En fait, ce n’est pas un paysage, c’est la fin de tout paysage. C’est une surface, qui reste agitée…et l’horizon ; en fait, c’est un infini horizontal. »  Laurence Devillairs, Petite Philosophie de la Mer.

Et plus spécifiquement à propos de Bretagne - Sud : 

« Ce projet « serait  un préjudice considérable pour notre région ; pour les pêcheurs, qui perdraient l’accès à une ressource très riche ; pour le tourisme, en raison de la perte d’attractivité d’une nature défigurée…   Ce projet serait un crime contre une nature d’une beauté insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé » François Goulard, alors Président du Conseil Départemental du Morbihan.

La question de la protection du paysage maritime mérite d’ailleurs d’être posée plus largement : à terre, il existe une forme de protection des « perspectives monumentales ou vues particulièrement remarquables » : placer des éoliennes devant la Montagne Sainte-Victoire illustrée par Cézanne peut être combattu. Le paysage maritime ne fait pas l’objet des mêmes protections, pourtant déjà bien insuffisantes : rien n’empêche d’élever un rideau d’éoliennes derrière les aiguilles de Port Coton illustrés par Monet. Il y a tout de même là une asymétrie choquante.  

2) Ce que nous aurons demain…et après-demain, si nous ne nous battons pas !


Belle-Île s'enflamme ( Eric Guillot)

Les illustrations/photographies/photomontages proviennent de la page Facebook animée par Eric Guillot, Président de PIEBIEM  https://www.facebook.com/groups/pebiem

Bretagne Sud, ce sera une soixantaine d’éoliennes à 19 km des côtes de Belle-ïle, en pleine vue des aiguilles de Port Coton, à 29 km de Groix, 31 km de Quiberon ; des éoliennes de près de 300 m de haut ( contre 180 m. pour Saint-Nazaire) , environ 4 fois la hauteur du point culminant de Belle Île en Mer et occupant une surface équivalent à une fois et demi Belle-Île.

Pour commencer ! Et ensuite :

« Les appels d'offres pour le développement successif des deux parcs d'éoliennes flottantes en Bretagne Sud, l'un d'une puissance de 250 MW et l'autre de 500 MW, devront en appeler d'autres, afin de garantir le plan de charge des industriels, d'assurer une continuité et une régularité dans le déploiement des éoliennes » ( CESER Bretagne)



3) Le site emblématique : les aiguilles de Port Coton ( Belle-Île)

Un site dont l’horizon sera barré et  bardé d’éoliennes

Les Aiguilles peintes par Monet
Photo Eric Guillot 
Photomontage officiel Geophom minimisant la réalité 
Ce que sera la réalité ( cf ci après)

4) Autres sites emblématiques 

Belle-Île, Les Poulains (montage officiel GEOPHOM)

Donnant, Belle-Île en 2030 (Eric Guillot)


 Groix, Pointe des chats (photomontage officiel GEOPHOM)

Groix, Port de Locmaria (montage officiel GEOPHOM)


Quiberon, côte sauvage photomontage Geophom


 Quiberon, côte sauvage photomontage réaliste

5) Les leçons du parc de Saint- Nazaire/Guérande

Il y a un peu plus d’un an, en juillet 2022 surgissaient d’un horizon marin jusqu’ici libre les éoliennes du parc dit de Saint-Nazaire (mais plus exactement de Saint-Nazaire Guérande) et la presse  locale, relatant les réactions des maires du Croisic, de Batz Sur mer, de Pornichet, d’Hoedic… parlait de « choc visuel », de « sidération », de « ligne d’horizon dénaturée ».

Michelle Quellard, Maire du Croisic : « Notre côte n’a plus rien de sauvage...La vue que l’on en a, a bien changé… L’horizon face mer est "obstrué" par un site de 78 km2, alors que Le Croisic ne représente un territoire que de 4,5 km2.».

Marie-Catherine Lehuede, maire de Batz-sur-Mer: « Il y a un sujet qui me met en colère, celui du parc éolien... Les éoliennes qui ne devaient être à peine perceptibles sont aujourd’hui trop visibles de la côte. En tant que citoyens batziens, nous sommes tristes de voir la ligne d’horizon dénaturée sur l’ensemble de notre littoral »


L’Académie des Beaux-Arts parle à propos des photomontages de « simulacres d’intégration paysagère ». De fait, concernant l’impact paysager, la CNDP a été incapable de garantir la sincérité des photomontages. Si les lois de l’optiques géométriques ne peuvent être ignorées, divers procédés sont utilisés (écrasement panoramique, contrejours, effet de brume) pour minimiser l‘effet final. Et cette propagande mensongère,  les habitants du Croisic, de la Baule, de Batz sur Mer ont appris douloureusement ce qu’elle vaut.

 Démonstration de ce qu'il faut bien appeler une tromperie

Photomontage GEOPHOM à Batz sur Mer (éoliennes à 12.5km),

La réalité !

Et ces éoliennes dites de Saint-Nazaire, qu’on devait à peine voir à 12.5 km à Batz sur mer, eh bien on les voit très bien de certains points de Belle-Île, qui en est déjà bien défigurée, et ce sera encore pire avec Bretagne Sud !


Parc éolien Saint-Nazaire- Guérande (80 éoliennes de 180 m de hauteur), vue du Palais (Belle-Île en Mer) à 37 km. Prochains parcs : AO5 & AO9, 62 éoliennes flottantes de 300 m de hauteur, à 19 km de la côte sauvage de Belle-Île.


Parc éolien Saint-Nazaire-Guérande (80 éoliennes de 180 m de hauteur) vue  de Port Andro ( Belle-Île en Mer) à 30km. . Prochains parcs : AO5 & AO9, 62 éoliennes flottantes de 300 m de hauteur, à 19 km de la côte sauvage de Belle-Île.

 


Parc éolien Saint-Nazaire (80 éoliennes de 180 m de hauteur), vue  de Pouldon  (Belle-Île en Mer) à 37 km.. Prochains parcs : AO5 & AO9, 62 éoliennes flottantes de 300 m de hauteur, à 19 km de la côte sauvage de Belle-Île. 

Ces éoliennes dites de Saint-Nazaire, qu’on devait à peine voir à 12.5 km à Batz sur mer, eh bien on les voit très bien de cette perle du Golfe qu’est Hoedic  (à 20km)


 


 Et, pour une mise en garde, ce qu’ils sont en train de faire de la baie de Saint-Brieuc (Zone classée NATURA 2000 !)

Un parc qui n’est ni à faire, ni à refaire, selon M H. Berville, secrétaire d’Etat à la Mer !


Pour éviter cela :

PIEBÎEM


samedi 20 août 2022

L’éolien off shore : 2) les effets environnementaux : atteintes aux paysages marins et à la biodiversité, les littoraux transformés en zones industrielles, 50 ans de protection du littoral jetés en pâture aux requins des ENR

Résumé : Les avis très critiques de la CSSPP, de la CNPN et de Sea Shepherd sur les effets nocifs d’un développement massif de l’éolien off shore sur la préservation des paysages et de la biodiversité. Comment les débats sont nourris par les promoteurs de simulacres d’études d’insertion dans les paysages et des désillusions et de la colère qui s’ensuit lorsqu’apparaissent en plein champs des éoliennes censées rester invisible. « Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé »

1) Commission Supérieure des Sites, Perspectives et Paysages : le développement des projets éoliens offshore est disproportionné eu égard aux enjeux de préservation du patrimoine naturel et paysager

« La Commission supérieure des sites, perspectives et paysages s’inquiète du développement des projets éoliens offshore tels que proposés par la Programmation Pluriannuelle de l’Energie, et du potentiel jusqu’à 57 GW suite aux propositions de la Commission Européenne pour 2050, qu’elle juge disproportionnés eu égard aux enjeux de préservation du patrimoine naturel et paysager….

La Commission estime que la transition énergétique ne doit pas conduire à porter gravement atteinte au littoral français dont la valeur paysagère, artistique, mémorielle et touristique est au premier plan en Europe, sous peine de remettre en cause plus d’un siècle d’efforts constants de protection du littoral par l’Etat…

La Commission estime que les paysages littoraux se caractérisent par un rapport unique entre un trait de côte fini et un horizon marin infini, une harmonie du mariage entre la terre et la mer. En s’imposant entre les deux, les éoliennes en mer modifient radicalement la nature et la valeur de ces paysages maritimes, jusqu’alors non industrialisés. Visibles depuis la côte, nos eaux territoriales participent pleinement à la qualité de nos paysages terrestres côtiers. Les paysages marins et leur littoral, peints par les plus grands artistes tels Monet, Maufra, Moret, Gauguin, Turner, ont une valeur artistique, touristique et mémorielle inestimable…

La Commission considère que le développement de l’éolien en mer a un impact important sur le paysage, en raison de la taille des éoliennes, de leur mouvement et de l’absence d’écrans végétaux ou de reliefs contrairement aux paysages terrestres, qui les rendent visibles parfois jusqu’à 70 km… L’ensemble de ces éléments, le clignotement des éoliennes et, dans certains cas, les effets de reflets sur l’eau, peuvent entrainer une pollution visuelle et lumineuse, notamment nocturne. »

https://www.sitesetmonuments.org/Avis-du-16-juin-2021-de-la-Commission-superieure-des-sites-perspectives-et-paysages-CSSPP-sur-l-eolien-en-mer

2) Académie des sciences, Académie des Beaux-Arts, Académie des Sciences Morales et Politiques : des simulacres d’intégration plastique

« Pour obtenir le permis de construire, les entreprises responsables de l'implantation des éoliennes terrestres et littorales sur une commune sont pourtant tenues de présenter une étude paysagère. Cette dernière n'est qu'un simulacre d'intégration plastique. Par conséquent, il n'est pas étonnant que se développe, chez les populations concernées, le sentiment de vivre dans un territoire sacrifié par une politique autoritaire dont le ressort leur apparaît avant tout idéologique. L'apparition de nombreuses associations de défense du paysage et l'intensité des débats en leur sein témoignent de cette résistance grandissante à l'implantation des éoliennes »

« L'implantation des éoliennes suppose un sacrifice considérable et généralisé à toute la population. Au vu des conséquences, la décision de leur implantation est d’une responsabilité énorme et ne peut être prise qu’avec la certitude absolue de son bien-fondé. Face au sacrifice consenti ce serait une faute impardonnable de la part de nos décideurs que de nous obliger dans quelques années à assister partout en France aux spectacles désolant de champs d’éoliennes abandonnés parce qu’inutiles ou non rentables. Tel risque d'être le paysage que nous laisserons aux générations futures. »

https://www.academie-sciences.fr/fr/Rapports-ouvrages-avis-et-recommandations-de-l-Academie/quelle-place-pour-les-eoliennes-dans-le-mix-energetique-francais.html#:~:text=La%20France%20produit%20une%20%C3%A9lectricit%C3%A9,et%20le%20photovolta%C3%AFque%20(2%25).

De nombreuses associations ont appris à se méfier et travaillent sur cette question des « simulacres » d’intégration plastique, soit des photomontages trafiqués de manière à minimiser l’empreinte des éoliennes. Ainsi, l’association Les Gardiens du Large a fait un travail remarquable sur  les côtes de Belle-Île, Quiberon et Groix qui peut être retrouvé sur le site des Gardiens du Large (https://www.gardiensdularge.org/page-vierge)


Mais lorsque les gens ont été trompés, et qu’ils le découvrent, c’est trop tard !

Des éoliennes à 20km des côtes, on les voit… et c’est trop tard

La construction du parc de dit de Saint-Nazaire a constitué de ce point de vue un électrochoc pédagogique. Le parc  dit de Saint-Nazaire » (mais en fait plus proche du Croisic et de Hoëdic que de Saint Nazaire !) comprendra 80 éoliennes hautes de 180 m, entre 12 et 20 km des côtes du Morbihan. La zone occupée (accès interdit) correspond en gros à la surface de Belle-Île. Pour mémoire, le point culminant de Belle-Île s'élève à 70 mètres !


Le 26 juillet, alors que les trois quarts des éoliennes étaient en place,  L’Echo de la Presqu’île et de Saint- Nazaire titrait : Eoliennes en Mer, le choc visuel !



Les déclarations des maires interrogés témoignaient d’une sorte de sidération et d’indignation :


Michelle Quellard, maire du Croisic: « Notre côte n’a plus rien de sauvage...La vue que l’on en a a bien changé… L’horizon face mer est "obstrué" par un site de 78 km2, alors que Le Croisic ne représente un territoire que de 4,5 km2 et celui du Pouliguen de 22 km2. Marie-Catherine Lehuede, maire de Batz-sur-Mer: « Il y a un sujet qui me met en colère, celui du parc éolien... Les éoliennes qui ne devaient être à peine perceptibles sont aujourd’hui trop visibles de la côte. En tant que citoyens batziens, nous sommes tristes de voir la ligne d’horizon dénaturée sur l’ensemble de notre littorale »

Jean-Claude Pelleteur, maire de Pornichet: « À l’époque, on m’a toujours dit qu’elles seraient de la taille d’une allumette. Il y a un phénomène qui est dingue : comme pour le phare de la Banche, il y a des jours où on ne les voit pas même quand il fait beau et d’autres jours, on a l’impression qu’elles sont juste en face de nous »

Lorsque la tromperie a été érigée en système et appuyée par le autorités officielles, il sera vain ensuite de déplorer la colère qu’elle aura engendré !

 

3) Commission Nationale de Protection de la Nature : L’adéquation des objectifs éoliens offshore avec l’objectif de zéro perte nette de biodiversité  paraît difficile voire impossible à atteindre

«  La CNPN s’est interrogée  sur les conséquences sur la biodiversité et les paysages que pourrait représenter le fort développement de l’énergie offshore souhaité par la Commission Européenne dans sa Stratégie de l’Union Européenne sur les énergies renouvelables en mer annoncée le 19 novembre 2020. En effet, son objectif vise à multiplier considérablement l’énergie offshore dans la Communauté Européenne d’ici 2050 pour atteindre 300 GW en éolien (contre 12 GW actuellement) et 40 GW d’énergie océanique (ex. marémotrices, houle), soit une multiplication par cinq du parc éolien offshore européen actuel d’ici 2030 et par 25 d’ici 2050.

Ces projections vont bien au-delà de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) française révisée le 21 avril 2020. Celle-ci n’envisageait d’ici 2028 qu’environ 15 GW, soit au moins une trentaine de parcs éoliens offshore équivalant à celui de St-Brieuc..

L’adéquation des objectifs éoliens offshore avec l’objectif de zéro perte nette de biodiversité inscrit aux articles L. 110- 1 et L. 163-1 du code de l’environnement paraît difficile voire impossible à atteindre au regard de la connaissance actuelle des incidences et surtout des moyens techniques d’expertise et de pilotage permettant d’y remédier efficacement, ainsi que l’objectif de préservation du paysage marin. »

Les impacts potentiels sur la biodiversité représentés par le développement de l’éolien offshore en France, tel que prévu par la PPE de 2020 (révisable en 2023) et de l’objectif fixé par la C.E. en 2020 pour l’horizon 2030 et 2050 pouvant aller jusqu’à 57 GW ou 62 GW, peuvent être très importants sur la biodiversité marine, en premier lieu sur l’avifaune reproductrice, migratrice et hivernante provenant de l’Europe entière ainsi que les chauves-souris migratrices ou locales par mortalité ou perte d’habitat (par évitement des parcs), sur les mammifères marins par perte partielle d’habitats, et sur les habitats marins et espèces les composant, notamment les poissons, crustacés et mollusques par modifications physiques, hydrologiques et chimiques… Nos connaissances des impacts potentiels restent très partielles et un volet d’études important est nécessaire pour mieux appréhender les particularités des trois façades maritimes françaises… 

La description et l’évaluation de la démarche administrative de planification de l’éolien offshore jusqu’ici conduite en France… ont privilégié les activités socio-économiques sans prendre réellement en compte la biodiversité, pourtant prioritaire au titre des Directives Oiseaux et Habitats, et de la Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages du 8 août 2016 renforçant la démarche « Eviter, Réduire, Compenser » (ERC) dans l’objectif, notamment, de zéro perte de biodiversité, que le CNPN est tenu d’apprécier dans ses avis sur les dossiers d’aménagement qui lui sont soumis….

Le  développement des EMR (Energies Marines Renouvelables) a jusqu'ici échoué à intégrer développement économique, transition énergétique et préservation de l'environnement dans une démarche vertueuse

 Contrairement à certains pays européens où la biodiversité est prise en compte en amont dans le choix des localisations de parcs, comme l’Allemagne, ce n’est pas le cas jusqu’à présent en France où ce choix s’est fait en fonction des contraintes socio-économiques ou militaires, la démarche ERC (Eviter, Réduire, Compenser)  ne s’effectuant que trop tardivement lors des études d’impacts et de demande de dérogations espèces protégées intervenant in fine par les porteurs de projets éoliens privés. La possibilité de trouver les zones les moins impactantes se trouve fortement réduite au sein des macro-zones qui leur sont imposées, et la réduction des impacts sur la biodiversité n’est pas leur priorité. »

http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf

4) Le caractère tardif et quelque peu subsidiaire des études de biodiversité a notamment été bien mis en évidence lors du débat  EOS  (Eoliennes Flottantes en Méditerranée) :

« La  Camargue est un haut lieu à la fois de l’hivernage, de la reproduction et de la migration des oiseaux .  Conscient de la fragilité des données à sa disposition, l’État a initié en 2021 un programme de recherche baptisé MIGRALION, dont l’objectif est la « caractérisation de l’utilisation du golfe du Lion par les migrateurs terrestres et l’avifaune marine. »

Ce programme est porté par l’Office Français de la Biodiversité et dix partenaires scientifiques et industriels. Un seul problème : les résultats sont attendus en 2024-2025, et le choix de la localisation doit avoir lieu en 2023, le gouvernement ayant refusé toute idée de moratoire pourtant nettement plébiscitée par le  débat.

https://eos.debatpublic.fr/wp-content/uploads/EOS-CR-2021_bd.pdf

S’il fallait une preuve supplémentaire de la prise en compte de plus en plus légère de la biodiversité, on pourra le trouver dans l’article 24 des  recommandations de la Commission Européenne relatives à l’accélération des procédures d’octroi de permis pour les projets dans le domaine des énergies renouvelables. La rédaction particulièrement alambiquée laisse peu de doute : tant pis pour les dégâts sur des espèces protégées, on compense autant que possible

« Les États membres devraient veiller à ce que la mise à mort ou la perturbation d’espèces données d’oiseaux sauvages et d’espèces protégées au titre de la directive 92/43/CEE du Conseil 12  ne fasse pas obstacle au développement de projets dans le domaine des énergies renouvelables, en exigeant que ces projets intègrent, le cas échéant, des mesures d’atténuation visant à prévenir efficacement et autant que possible la mise à mort ou la perturbation, en assurant le suivi de leur efficacité et, à la lumière des informations obtenues dans le cadre du suivi, en prenant les mesures supplémentaires qui s’imposent pour éviter toute incidence négative significative sur la population des espèces concernées. »

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=PI_COM:C(2022)3219&from=EN

5) Le cas des Zones Natura 2000 : une exception française !

« Si NATURA 2000 n’interdit pas les éoliennes et autres utilisations d’énergies renouvelables par principe, comme aucune activité socio-économique au demeurant, l’examen au cas par cas des projets d’éoliennes dans les zones NATURA 2000 doit prouver qu’elles n’ont pas d’effets contraires au principe de protection de la biodiversité qui a justifié leur classement…

La transgression de ce principe de non installation de parcs éoliens en zones NATURA 2000 par la France (à notre connaissance il n’y a qu’un seul parc éolien dans une ZPS en Europe, en Allemagne) et d’absence d’étude d’incidence préalable au niveau des macro-zones, contredisent toutes les positions ministérielles antérieures au ministère Ségolène Royal. Trois projets de parcs sont en infraction à ce principe, Dunkerque, Port-Saint Louis du Rhône (face à la Camargue) et le projet d’Oléron »

http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf

6) Méconnaissance des effets environnementaux des grands parcs éoliens, en particulier off shore

Effets sur les courants, les vents, la composition des eaux et le climat

« Il est nécessaire d’élaborer des programmes de grande ampleur, faisant appel aux nouvelles méthodes de suivi des déplacements des animaux aériens comme marins afin de mieux comprendre l’impact possible des parcs éoliens, en fonction de leur localisation, de leur envergure et des conditions environnementales. Une attention particulière devra être apportée aux modifications des courants marins et des mouvements d’air générées par l’implantation de parcs éoliens de grande envergure….

La modification de la force des vents en aval des éoliennes peut avoir des effets insoupçonnés sur les équilibres atmosphériques (en induisant des sécheresse locales) ou des modifications des courants marins sur plusieurs dizaines de kilomètres. »

https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/22_02_24_eoliennes.pdf

« D’ores et déjà, la production d’énergie renouvelable en mer du Nord a des impacts substantiels sur les conditions atmosphériques locales , et ces effets continueront d’augmenter à l’avenir. Les données indiquent que les parcs offshore peuvent avoir un impact sur les animaux marins et peuvent soulever des préoccupations environnementales et climatiques. Étant donné que l’énergie éolienne est l’un des principaux facteurs modulant la productivité et la structure de l’écosystème, les parcs éoliens ont le potentiel de devenir des facteurs écosystémiques dominants et doivent être pris en compte pour la gestion de l’écosystème et l’évaluation des pêches….En outre, les sillages atmosphériques peuvent induire des réponses océaniques en modifiant la rugosité de la surface de la mer, la stabilité atmosphérique et les flux de chaleur, et ont donc un potentiel d’impact sur  le climat local qui nécessite des recherches  plus approfondies »

Accelerating deployment of offshore wind energy alter wind climate and reduce future power generation potentials, Helmholtz-Zentrum Hereon

https://www.nature.com/articles/s41598-021-91283-3, Naveed Akhtar et al. 

« Un trop grand nombre de turbines placées trop près les unes des autres peut perturber de manière importante la marche naturelle du vent en l'affaiblissant de manière très sensible. Cet effet de freinage pourrait se faire ressentir jusqu'à 35 ou 40 kilomètres autour d'une ferme éolienne offshore –voire jusqu'à 100 kilomètres dans certaines configurations. »

(https://www.sciencedaily.com/releases/2021/06/210603171247.htm) 

Norcowe (Norwegian Centre for Offshore Wind Energy)  s’est particulièrement intéressé à l’effet de sillage dans les parcs éoliens offshore et la disposition des machines en mer. Selon l’étude menée par Unicomputing, les méga parcs éoliens auraient la même influence sur l’environnement et la trajectoire des vents que de petites montagnes. »

https://www.energiesdelamer.eu/2011/10/24/49norcowe-incidence-atmospherique-des-mega-parcs-eoliens-en-mer/

Effets électromagnétiques : 

« Les interférences électromagnétiques et l’augmentation de la température des parcs éoliens offshore  dépendent d’un réseau intensif de câbles électriques pour transférer l’énergie entre les appareils, aux transformateurs et au continent. Les champs électromagnétiques (CEM) qui en résulteront seront d’une intensité similaire à celle de la Terre à proximité des câbles, et pourraient donc affecter des espèces magnétosensibles telles que les poissons osseux, les élasmobranches, les mammifères marins et les tortues de mer ;

Les CEM (champs électromagnétiques) pourraient également affecter les animaux qui utilisent des indices géomagnétiques pendant la migration.  Par exemple, on a vu des anguilles réagir aux CEM en se détournant de leur route de migration . Les élasmobranches benthiques répondent également aux CEM émis par les câbles sous-marins. En ce qui concerne l’impact direct des CEM sur la santé animale, on sait peu de choses avec certitude à l’heure actuelle. Comme l’ont souligné Lovich et Ennen, les perceptions des différents évaluateurs vont de « mineur » à majeur »

De plus, on prévoit que la production d’électricité par les parcs éoliens offshore  augmentera la température dans les sédiments et l’eau environnants. Cet effet thermique se limitera peut-être à une augmentation de la température à quelques centimètres du câble et peut, en soi, ne pas être un facteur de stress majeur pour les communautés benthiques, mais en combinaison d’autres facteurs de stress pourrait prendre de l’importance »

Wind energy: Increasing deployment, rising environmental concerns.Renew. Sustain. Energy Rev. 31, 270–288 (2014). (Tabassum, A et al, Pondicherry University)

Enfin, rappelons que lorsque  mi aout 2022, un  beluga a été retrouvé piégé dans la Seine dans une écluse à 70 km de Paris, des scientifiques ont pointé la responsabilité possible de l’insdustrialisation de la mer et des éoliennes :

« Le trafic maritime ainsi que la construction d’un champ d’éoliennes offshore au large des côtes normandes ont été pointés du doigt par les associations. Ces activités provoquent une pollution sonore importante qui peut désorienter ces animaux se repérant beaucoup grâce à leur sonar. «C’est une hypothèse plausible, juge Fabrice Schnoller. Mais elle ne suffit pas. Car la première des questions est de savoir pourquoi il s’est retrouvé au large du Havre, loin des eaux du cercle arctique, dans lesquelles il a l’habitude d’évoluer.» «Ce béluga s’est perdu une première fois quand il est entré dans les eaux du nord de l’Europe, aux alentours du Danemark et de la Norvège, analyse Hervé Glotin, chercheur en bioacoustique marine à l’université de Toulon. C’est une zone où l’on trouve une forte activité sous-marine liée à l’extraction du gaz, et avec de nombreuses éoliennes offshore. Il est possible que le béluga ait subi une perte d’audition qui l’aurait désorienté »

https://www.lefigaro.fr/sciences/beaucoup-de-mysteres-autour-de-la-presence-du-beluga-dans-la-seine-20220809

7) Sea Shepherd- Vent de Colère : il est urgent d’établir un moratoire 

 « La France est le deuxième plus grand espace maritime mondial. Seul pays présent sur tous les océans de la planète, elle a en matière de protection de la biodiversité marine une responsabilité planétaire qui devrait l’inciter à être exemplaire. Déjà loin de l’être…, elle est sur le point de franchir un cap supplémentaire avec les 7 projets de centrales éoliennes autorisés le long de la façade Atlantique et Manche Mer du Nord. S’estimant en retard dans la course à l’armement éolien maritime, le gouvernement français a accordé à des promoteurs éoliens et des fonds de pension étrangers les plus beaux sites naturels de son littoral et a autorisé des projets d’usines dont l’impact va être colossal, impossible à compenser et irréversible pour la biodiversité marine, première régulatrice du climat, première productrice d’oxygène et premier puits de carbone de la planète….

La France, dont les 3 façades maritimes représentent un enjeu fondamental pour la survie des oiseaux et mammifères marins en Europe, est à la traine et n’a pas pris les mesures mises en place dans d’autres pays, pourtant d’importance moindre pour la biodiversité, afin de s’assurer que ses ambitions énergétiques ne mettent pas en péril les populations marines. C’est particulièrement inquiétant, car la politique gouvernementale est irresponsable et indigne de notre rang de grande puissance maritime mondiale qui voudrait que nous montrions l’exemple. Nous ne sommes pas à la hauteur des responsabilités qui nous incombent et les conséquences vont être cataclysmiques : elles vont s’étendre bien au-delà de nos frontières et nous devrons en répondre devant les générations futures. Il est urgent d’établir un moratoire sur tous ces projets mortifères pour leur imposer les limites nécessaires, car la lutte contre le changement climatique ne peut pas se faire au détriment de la protection de la biodiversité. »

https://newsletters.seashepherd.fr/images/septembre_2021/PROJET_FRANCAIS_D_USINES_EOLIENNES_EN_MER_-_UNE_BOMBE_A_RETARDEMENT_ECOLOGIQUE.pdf

8) S’ éloigner des côtes

La difficulté de l’éolien offshore en France a été reconnue par la Commission européenne  qui a validé les tarifs de rachat  élevés accordés aux parcs Française d’éolien posé (131- 155 MWh) les justifiant ainsi :

« Ce soutien élevé par rapport à ceux pratiqués en mer du Nord ou en Baltique se justifient par deux particularités des côtes françaises, des vents plus faibles et une nature de sol plus complexe (sols rocheux carbonatés au lieu de sols sableux ou argileux) ».

En fait, la structure particulière des côtes françaises impose dans la plupart des cas le passage à l’éolien off shore flottant, qui normalement permettrait de s’éloigner davantage des côtes :

« On ne comprend pas pourquoi tous les parcs actuellement décidés l’ont été dans la zone des 12 miles de la côte, à une distance de 10 à 20 km de celles-ci. S’éloigner des côtes (notamment avec l’éolien flottant) est une nécessité pour plusieurs raisons, dont l'impact majeur sur les oiseaux et les chauves-souris, mais seulement jusqu’à une certaine distance pour ne pas impacter les cétacés qui se trouvent surtout plus au large...la grande majorité des éoliennes offshore actuellement déployées en Europe sont dispersées sur de grandes surfaces en Mer du Nord avec une distance moyenne à la côte de 41 km »

http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf

« Certains membres de la Commission remarquent que malheureusement le choix final de la « zone ministre » pour lancer l’appel d’offre notamment en Bretagne sud est encore trop près des côtes, alors que la technologie de l’appel d’offre concerne l’éolien flottant et que la macro-zone s’ouvrait bien plus au large. Pourtant dès les premiers débats publics, l’enjeu paysager a été au cœur des échanges, et a cristallisé les oppositions et les principaux recours juridiques. »

https://www.sitesetmonuments.org/Avis-du-16-juin-2021-de-la-Commission-superieure-des-sites-perspectives-et-paysages-CSSPP-sur-l-eolien-en-mer

Lors du débat EOS un expert de la société Technip Energies  expliquait ainsi :

«  On a les techniques pour relever le défi de la profondeur, il ne faut donc pas s’interdire d’aller chercher les opportunités qu’offre l’éloignement de la côte, en particulier une moindre interaction avec les nombreuses activités maritimes davantage concentrées sur la frange littorale… Nous avons au Mexique installé les fondations d’une ligne d’ancrage à plus de 2 900 mètres… L’enjeu est avant tout la maîtrise de coûts et l’impact sur la densité des fermes que l’on met en avant plus que la faisabilité technique elle-même que nous considérons comme acquise » (Technip Energies)

https://eos.debatpublic.fr/wp-content/uploads/EOS-CR-2021_bd.pdf

Ce programme éolien massif est inutile à court terme car ne permettant pas de suppléer au manque d’électricité pilotable et de résoudre le problème des pointes électriques de consommations. Prétendre miser sur l’éolien à long terme pour décarboner l’électricité et sortir des fossiles est au niveau stratégique un peu l’équivalent de se jeter à l’eau pour éviter d’être mouillé, comme le prouve tragiquement l’Energiewende. Ce programme éolien off shore dégraderait définitivement les plus beaux sites naturels de notre littoral, avec des effets irréversibles, impossibles à compenser sur l’environnement marin et sa biodiversité.

Et, en ce qui concerne plus spécifiquement Bretagne Sud, rappelons cet avis exprimé par M. François Goulard, Président du Conseil Général du Morbihan : «Il s’agirait d’un préjudice considérable pour notre région ; pour les pêcheurs, qui perdraient l’accès à une ressource très riche ; pour le tourisme, ne raison de la perte d’attractivité d’une nature défigurée… Ce projet serait un crime contre une nature d’une beauté insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout bonnement insensé »