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dimanche 21 août 2022

L’éolien off shore : 3) la pêche- les pêcheurs sacrifiés et exclus de la mer

Résumé : Très actif à Bruxelles, le lobby de l’éolien a prévenu : «  il faut approcher différemment la planification de l’espace maritime ». Pour les pêcheurs déjà confrontés aux parcs éoliens, la signification est claire : ils sont évincés de leurs zones de pêche ; à  cela s’ajoute les effets nocifs des parcs sur la biodiversité, la pollution, les courants. Face à une propagande intense qui va jusqu’à chercher les enfants à l’école et achète les complicités, ils s’organisent avec leurs organisations professionnelles pour obtenir l’interdiction de parcs qui auraient une  incidence majeure sur la pêche.     

1) Le sacrifice des pêcheurs annoncé et revendiqué par le lobby éolien :  il va falloir « approcher différemment la planification de l’espace maritime »

« Pour Wind Europe (lobby des industriels de l’éolien), la France possède l’un des plus forts potentiels de production d’énergie d’origine éolienne marine en Europe. Ce serait l’un des pays les plus sollicités de l’Union européenne, après le Royaume-Uni (80 GW) et les Pays-Bas (60 GW). Dans le schéma présenté par Wind Europe, les côtes françaises fourniraient 57 GW : 40 GW, soit près de la moitié de la capacité envisagée dans l’océan Atlantique et la Manche et 17 GW au large des côtes méditerranéennes.

NB : cela représenterait environ 115 parcs de la taille de celui de la baie de Saint-Brieuc. Commentaire de Vent Libre (@Fragren36) : Il ne resterait rien de ce pays et de ses littoraux.

Dans son étude de novembre 2019,  WindEurope précisait que « l’espace maritime capable d’accueillir des éoliennes offshore est trop petit. On ne pourrait installer que 112 GW quand il faudrait 450 GW…Nous allons devoir approcher différemment la planification de l’espace maritime. Les zones aquatiques doivent pouvoir faire l’objet d’usages multiples…Pour faciliter le développement des parcs offshore, la Commission Européenne va donc devoir résoudre ce problème en priorité. »

Giles Dickson, le président de WindEurope, https://lenergeek.com/2020/07/23/lue-accelere-sur-lenergie-offshore/

Autrement dit, poussez-vous que je m’y mette !

2) Témoignages de pêcheurs devant la Commission Aubert (Commission d'enquête sur l'impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables, sur la transparence des financements et sur l'acceptabilité sociale des politiques de transition énergétique)

M. Julien Trehorel, Saint-Brieuc :  « Ce parc éolien a été mis en place en plein milieu de la baie de Saint-Brieuc où 290 bateaux travaillent. Cela représente 236 licences de coquilles Saint-Jacques. La baie de Saint-Brieuc est la plus grande baie de France où se reproduisent naturellement les coquilles Saint-Jacques. Nous avons également énormément d’activités autour du bulot, des araignées et du homard.

Lorsque ce parc a été installé à cet endroit-là, ils n’ont pas pensé aux conflits d’usage. C’est de l’éolien posé. Aujourd’hui, on n’a pas de place. On ne peut pas aller ailleurs car la baie de Saint-Brieuc est entièrement exploitée, que ce soit au filet, au chalut ou au casier »

« On se dit que tout ce travail que nous faisons depuis des années, tout ce chiffre d’affaires qu’on remet à l’eau pour pouvoir mieux l’exploiter l’année suivante va nous être enlevé comme cela, d’un claquement de doigts »

Sylvain Gallais, Noirmoutiers . « Je suis patron pêcheur au port de L’Herbaudière sur l’île de Noirmoutier. Dans la zone où j’exerce mon activité, il est prévu deux projets éoliens plantés de 80 machines pour le projet de Saint-Nazaire et 62 machines pour le projet de Noirmoutier-Yeu.  Je représente les pêcheurs de Noirmoutier-Yeu c’est-à-dire environ 100 bateaux et 200 marins pêcheurs.

Selon la direction interrégionale de la mer (DIRM) Nord Atlantique Manche Ouest, un emploi en mer génère trois emplois à terre…..

La pêche, sur nos îles, c’est un métier qui se transmet de père en fils depuis des générations. Il n’y a pas une famille de la région qui n’ait pas de pêcheurs : c’est l’histoire de nos îles, son patrimoine, notre Notre-Dame à nous. Ce sont les ports de pêche, les petites maisons de pêcheurs, les produits frais de la pêche consommés sur place qui font venir les touristes, qui risquent de partir avec nous si ces projets voient le jour. Aujourd’hui nos zones de pêche diminuent toujours un peu plus, laissant place à l’industrialisation de la mer. Nous sommes aussi de plus en plus à partager un même espace de pêche. Nos zones de pêche se réduisent comme peau de chagrin avec la taille de nos bateaux et les quotas. Il n’est pas possible de les remplacer par des zones plus au large ou ailleurs…Nous avons exprimé notre opposition au projet dans une motion adressée en janvier 2018 à Nicolas Hulot, au député et sénateur de Vendée ainsi qu’à tous les élus locaux. 152 travailleurs de la mer l’ont signée dont – à une exception près – tous les patrons pêcheurs de Noirmoutier. La population nous a suivis lors de l’enquête publique sur le projet Noirmoutier-Yeu. Elle a recueilli 80 % d’avis défavorables. Pourtant, jusqu’à maintenant, nous ne sommes pas entendus. »

Philippe Gendreau, Saint-Gilles-Croix-de-Vie : « Nous sommes des vieux acteurs de la conserve de poisson, depuis 1903, depuis quatre générations, et nous employons à la conserverie Gendreau 300 salariés dont 150 travaillent uniquement la sardine. Saint-Gilles-Croix-de-Vie est l’un des tout premiers ports sardiniers français : 3 000 tonnes sont pêchées par an. C’est aussi un port sardinier qui a été inscrit en tant que site remarquable du goût pour la sardine en 1998 et qui est depuis 2018 inscrit au Patrimoine culturel immatériel de la France. La sardine, est un véritable emblème de la ville de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

La pêche à la sardine se pratique par des chalutiers pélagiques de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Nous sommes directement impactés par ce projet de centrale éolienne car il intervient au milieu de la zone de pêche. Ce projet va également entraîner de graves perturbations au niveau de l’écosystème marin en raison des travaux. Les marins pêcheurs de Saint-Gilles estiment qu’à peu près 30 % des apports viennent de cette zone de 100 kilomètres carrés. Pour nous cela représente la menace de perdre 30 % d’approvisionnement et une baisse de notre activité de transformation qui impacterait nos 150 salariés »

M. Emmanuel Maquet, Le Tréport   : Il y a un mois, nous recevions ici Jean-Louis Bal le président du Syndicat des énergies renouvelables, qui nous déclarait que le projet du Tréport est l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Je crois que c’est bien l’illustration de l’aberration de ce projet. Je l’ai vécu de l’intérieur puisque j’étais à l’époque élu local au département et dans ma commune de Mers-les-Bains située face au parc. Ce projet se situe dans le périmètre du parc naturel marin situé entre les estuaires de la plaine de Picardie et de la côte d’Opale. Il s’agit d’une zone extrêmement riche en termes de biodiversité et un plan de gestion ambitieux  a été mis en place pour la sauvegarder. Puis, on a nous a retiré le droit de veto pour le confier à l’Agence française pour la biodiversité (AFB) qui a validé ce parc alors que nous avions émis un avis défavorable. Cela a généré une crise de gouvernance puisque nous avons tous démissionné du parc marin à cette occasion-là.

C’est à la fois une zone riche en biodiversité dont l’État s’est contrefichu et une zone de pêche

Olivier Becquet, le Tréport : « En mars 2017, nous avons ainsi visité le parc de Thannet sur proposition de l’Institut maritime de prévention (IMP) et nous étions une dizaine de pêcheurs. Nous sommes revenus en pleurant : le port de pêche s’est vidé, il n’y a plus que du fileyeur, nous n’avons vu aucun bateau de pêche en activité… Il n’y a plus de filière, plus de criée, plus de jeunes qui entrent dans ce métier. Il ne reste qu’un chalutier qui pêche à la côte des petits naissains de moules, qui sont revendus pour les bouchots. Les éoliennes qui ont été plantées dans un fond accidenté avec une granulométrie variée ont créé une dépression sur la zone de Thannet. Avec une telle turbidité, les espèces ne se reproduisent plus. Les fonds sont devenus plats »

« On trouve aberrant que des consortiums se rendent dans les écoles, pour voir les enfants, sur le temps des cours, pour faire la promotion de l’éolien. Une élève nous a rapporté que les questions étaient interdites et qu’il s’agissait d’un monologue.

Mme Marjolaine Meynier-Millefert, rapporteure. De quel niveau de classe s’agissait-il ?

M. Olivier Becquet. C’est une élève de 15 ans, donc au collège. Mais dans l’Éducation nationale, on ne fait pas de cours sur la pêche. La pêche, c’est aussi une activité et là, on distribue des petites éoliennes aux enfants. Sur la façon de procéder des consortiums, on constate que plusieurs milliers d’euros sont distribués à l’école de voile du Tréport qui dispose d’un stand dédié aux éoliennes. C’est un peu fort de café ! Ces gens-là ont des moyens colossaux pour faire leur promotion qu’ils nous font peut-être payer avec la facture de la contribution au service public de l’électricité (CSPE). »

Philippe Gendreau. Le consortium EMYN, qui est actif sur le projet de Noirmoutier, a financé le Vendée Globe en 2016 pour une somme de 500 000 euros. La force des lobbies nous a conduits à être censurés par le journal Ouest-France. »

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/comptes-rendus/cetransene/l15cetransene1819047_compte-rendu

Jean Porcher et Émile Éouzan, armateurs, Saint-Brieuc :  « Ces éoliennes, on n’en veut pas. C’est tout ! C’est une aberration écologique, proche de la zone Natura 2000, sous le Cap Fréhel. Ça fait 60 ans que la baie est protégée. Ça fait 60 ans que les pêcheurs font leur part, entre les quotas et les zones à respecter. Pour exemple, au Sud-Ouest immédiat des travaux prévus, on a 250 tonnes de raies brunes qu’on n’a pas le droit de toucher. On n’y touche pas !...Ce parc, entre les emplois en mer et ceux qui travaillent à terre, ça va toucher 1 800 personnes. Dont la moitié va rester sur le carreau. Parce qu’on ne pourra plus y pêcher. C’est une petite baie et on l’a vu quand il y a eu les essais de forage : les bateaux rentraient à vide. La ressource s’était enfouie plus profondément qu’à l’habitude. Ou était partie. On ne sait pas. Mais ce qu’on sait, c’est que quand les nuisances sonores et les vibrations se sont arrêtées, tout est rapidement rentré dans l’ordre… »

https://www.letelegramme.fr/bretagne/baie-de-saint-brieuc-deux-armateurs-vent-debout-contre-le-parc-eolien-17-11-2020-12658182.php

4) Colloque au Parlement Européen, « Les pêcheries et l’éolien en mer peuvent-ils coexister ? » (22 janvier 2020) : « Il faut comprendre que nous sommes chassés de la mer »

Témoignages de pêcheurs confrontés aux zones industrielles éoliennes :

Job Shot, président d’EMK ( Hollande)  : « Des éoliennes néerlandaises, allemandes et britanniques nous chassent du sud de la mer du Nord. (…) Ils prétendent que la zone autour des éoliennes crée une sorte de paradis de la biodiversité. C'est exactement le contraire. Ce sont des zones mortes…

Avec ce qui est construit ou décidé en Mer du Nord, 25% des zones traditionnelles de pêches sont déjà occupées…Il faut comprendre que nous sommes chassés de la mer. Il ne nous reste presque rien au sud de la mer du Nord. Ce sont des espaces où nous avons toujours pêché de génération en génération. Pendant combien de temps encore pourrons-nous déguster du poisson frais dans notre assiette ? »

Jaap, Stellendam (Hollande) : « Nous sommes en train de nous faire exclure de la mer. Le domaine dans lequel nous pouvons travailler devient de plus en plus petit. Nous pouvons tous voir ce qu'il advient du poisson lorsque les éoliennes sont en place ; »

Steve, Ramsgate (Angleterre) « Pour une raison quelconque, je ne sais pas ce que c'est, mais il n’y a pas de poissons dans le parc éolien. Cette zone est pratiquement stérile. (…) La région était autrefois un lieu de pêche privilégié. »

Avis d’experts :

Luca van Duren, Deltares : Il existe un « effet Chaine » dans les perturbations, et ce n’est pas du tout la même chose d’avoir une éolienne isolée ou d’immenses parcs à proximité les uns des autres : « Le développement de l’éolien à grande échelle impose de comprendre les effets des changements dans la physique des écosystèmes. Les turbulences importantes produites par les éoliennes entraînent des changements de vent provoquant des modifications dans la vitesse et la direction des vagues. Dans les parcs éoliens allemands, on observe une diminution de la stratification de la colonne d’eau et une augmentation de la turbidité entraînant une diminution de la production d'algues etc. Il est indispensable de développer des programmes internationaux pour réduire les incertitudes de ces effets à long terme. »

4

Thierry Ruellet , GEMEL, Chercheur en écologie littorale et biodiversité marine : « Remaniement des fonds, panaches turbides, anodes sacrificielles, champs électromagnétiques créés par les câbles, autant d’impacts et d’effets sur les poissons, les mammifères marins, les invertébrés qui demandent à être documentés… L’impact des anodes superficielles notamment est largement ignoré (valeur typique : 39 tonnes de métaux divers dissous par an pour un parc de 60 éoliennes) »

“L’effet récif avancé par les opérateurs, il n’est pas toujours vérifié. Par contre, la constante toujours vérifiée, c’est une raréfaction grave de la ressource autour des sites éoliens et une baisse drastique des flottes de pêche cf. exemple de Ramsgate (UK)…Le seul point malheureusement déjà documenté au vu de l’expérience, c’est l’ingérence de l’éolien offshore dans l’espace économique et la diminution de la ressource. A quoi s’ajoute le constat que même les solutions techniques amoindrissantes (ex, les rideaux de bulles) sont insuffisantes.»

 5) Les pêcheries et l’éolien en mer peuvent-ils coexister ?, https://pecheursartisans.com/2020/01/

Parlement Européen, Commission pêche : Projet de rapport sur les effets des parcs éoliens en mer et des autres systèmes d’énergie renouvelable sur le secteur de la pêche

« La Commission pêche du Parlement européen fait remarquer que les études empiriques récentes ne comportent pas d’évaluations des effets économiques et socioculturels des énergies renouvelables en mer sur la pêche, et, en l’absence de données fiables, appelle au principe de précaution quant à la construction de parc éoliens offshore. »

La Commission :

- S’inquiète de l’impact négatif à long terme des éoliennes en mer sur les écosystèmes, les stocks de poissons et la biodiversité, et par conséquent sur l’ensemble des pêcheries, et ce tout au long du cycle de vie des éoliennes, de leur construction jusqu’à leur déclassement, en passant par leur exploitation;

- Souligne que le déploiement à grande échelle de parcs éoliens en mer risque de nuire au fonctionnement physique des bassins maritimes, en particulier des courants marins et aériens, ce qui pourrait contribuer au mélange des couches de la colonne d’eau, et, par conséquent, influer sur le cycle des nutriments, la génération des vagues, les amplitudes des marées et le charriage des sédiments sur le fond, tandis que les infrasons produits par la rotation des pales pourraient chasser les poissons des parcs éoliens, et que les champs électromagnétiques des câbles sous-marins, ainsi que le bruit produit par le battage des pieux, risquent de perturber gravement la vie marine;

- Affirme que les parcs éoliens peuvent avoir une incidence sur les pêcheries car ils modifient la répartition spatiale et l’abondance des espèces marines pêchées à des fins commerciales, peuvent être fermés pour des raisons de sécurité ou imposent une modification de l’activité ou de la méthode de pêche, par exemple le passage d’une pêche active à passive;

- Souligne que les pêcheries artisanales seront particulièrement touchées par les déplacements de poissons, car elles ne sont pas toujours en mesure de se rendre dans d’autres zones de pêche plus éloignées ou de modifier leur méthode de pêche;

- Souligne que l’assurance des navires de pêche opérant dans des parcs éoliens est très problématique en raison des niveaux d’indemnisation insuffisants offerts par les polices d’assurance des navires;

Est soucieux du fait que les pêcheurs ont tendance à éviter de pêcher dans les parcs éoliens, même s’ils y ont accès, car ils craignent les dégâts accidentels, les accrochages et la perte de matériel de pêche, et que, par conséquent, la crainte d’une exposition potentielle à des poursuites est une source de préoccupation qui entrave la coexistence;

- Souligne qu’à l’heure actuelle, les activités de pêche (active ou passive) dans les parcs éoliens sont restreintes ou interdites dans la plupart des États membres;

- Insiste sur le fait que toute restriction d’accès aux zones de pêche traditionnelles a des répercussions directes sur les moyens de subsistance des pêcheurs de l’Union et les emplois connexes à terre, et que l’approvisionnement responsable et durable en denrées alimentaires et la sécurité alimentaire s’en trouvent compromis;

- Met en exergue que l’analyse des chevauchements entre les énergies renouvelables en mer et les pêcheries laisse présager une forte hausse des conflits spécifiques potentiels dans les eaux européennes dans les années à venir;

- Fait remarquer que les études empiriques récentes ne comportent pas d’évaluations des effets économiques et socioculturels des énergies renouvelables en mer sur les pêcheries; invite dès lors instamment la Commission à poursuivre ses recherches au-delà des incidences environnementales afin d’évaluer les éventuelles répercussions économiques et sociales négatives des investissements dans les parcs éoliens sur les pêcheries;

- Souligne que des programmes de surveillance normalisés et une harmonisation des données relatives à l’effort de pêche s’imposent pour évaluer l’incidence écologique, socio-économique et environnementale cumulée de l’exploitation croissante des énergies renouvelables en mer, et insiste pour que les données soient davantage compatibles et comparables;

- Souligne que les parcs éoliens en mer ne devraient être construits qu’en l’absence d’incidences négatives sur les plans environnemental et écologique ainsi que sur les plans économique et socioculturel, conformément aux objectifs de l’économie bleue et du pacte vert pour l’Europe;

- Invite la Commission à réaliser une analyse d’impact portant sur les incidences économiques, sociales et environnementales attendues de la construction de parcs éoliens en mer, dans les zones où ceux-ci sont susceptibles d’entrer en conflit avec le secteur de la pêche et d’avoir des répercussions sur la pérennité de la vie marine;

- Insiste sur le fait que le principe de précaution, prévu à l’article 191, paragraphe 2, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, doit s’appliquer si des décisions doivent être prises avant que les connaissances ou les informations requises ne soient disponibles;4

- Souligne qu’il pourrait être nécessaire de légiférer davantage au niveau de l’Union si les États membres n’intègrent pas équitablement les pêcheries dans leur planification de l’espace maritime;

https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/PECH-PR-681090_FR.pdf

6) L’effet récif

Les structures immergées représentent un effet « récif », souvent mis en avant par les porteurs de projet, voire de concentration de poissons mais qui sont également des tremplins « relais spatialisés » pour le développement d’espèces exotiques invasives

L’effet « récif « a été mis en avant en Mer du Nord,  relativement à la colonisation des structures immergées par des organismes filtreurs, qui attirent d’autres espèces en créant un milieu propre aux substrats durs. Mais la diversité baisse après une première phase d’installation, en raison de la compétition d’espèces invasives… L’effet récif ne peut pas être généralisé à des fonds marins rocheux. Ses effets sur les poissons, crustacés et mollusques peuvent être positifs en milieux sableux mais difficile à distinguer de l’effet réserve engendré simultanément par l’arrêt des prélèvements par la pêche. De plus, cet effet « réserve naturelle » est annulé par une pêche plus intensive autour des parcs ou contrainte de se reporter dans des zones sub-optimales auparavant peu utilisées

Le CNPN souligne d’ailleurs, dans un contexte de multiplication des déploiements de structures et de parcs éoliens,  les effets délétères que pourraient générer la prolifération et l’extension d’espèces invasives du fait de la modification de la connectivité dans ces écosystèmes. Des espèces autochtones peuvent aussi disparaître de champs éoliens (ex la Petite vive Echiichthys vipera sur les parcs belges

http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf

samedi 4 septembre 2021

France Nature Environnement, la bonne alliée des margoulins de l’Eolien sur Terre comme sur Mer,

 « France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement », c’est ce qu’ils prétendent sur leur site. Eh bien, ce n’est plus vrai .

 Florilège de citations issu de documents divers de la FNE, d’interviews, de communiqués de presse…

 "Le développement de l'éolien en France est soumis à la réglementation la plus stricte d'Europe."(Michel Dubromel, Président de France Nature Environnement)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/transitions-ecologiques/l-eolien-en-france-la-transition-energetique-merite-coherence-et-clarte-841043.html

Commentaire : Faux !! par ex la distance de 500m aux habitations est l'une des plus  laxistes au mode

La FNE soutient les mesures de simplification annoncées par le ministre pour encourager le développement de parcs éoliens offshore : « Les mesures de simplification annoncées par le ministre doivent encourager le développement de parcs éoliens offshore…. France Nature Environnement souscrit à une politique plus ambitieuse de développement des parcs éoliens offshore, parce qu’elle participe à l’indispensable diversification et relocalisation de nos modes de production énergétique. La France doit néanmoins se donner véritablement les moyens pour atteindre son objectif. Ce que propose France Nature Environnement n’est pas une contrainte de plus, c’est un accélérateur de changement. »

https://fne.asso.fr/communiques/%C3%A9olien-en-mer-le-d%C3%A9fi-de l%E2%80%99acceptabilit%C3%A9

Commentaire : Donc la FNE soutient la transformation des plus beaux paysages côtiers en zones industrielles à rythme accéléré

« Saint –Brieuc : France Nature Environnement – Bretagne tient à réaffirmer sa position sur le développement des énergies renouvelables : face à l’urgence climatique, la transition énergétique est indispensable… gardons à l’esprit que si les éoliennes marines engendrent un impact visuel, cet impact doit être mis en regard d’autres impacts objectivement bien plus graves, tels ceux provoqués par les énergies fossiles, mais aussi par la pollution radioactive de la Manche, du fait du rejet permanent de tritium en mer à partir du complexe nucléaire de la Hague… »

https://www.vivarmor.fr/2021/04/30/parc-eolien-en-baie-de-st-brieuc-fne-bretagne-reaffirme-la-necessite-dune-transition-energetique-concertee/

Commentaire : Ben pas vraiment de commentaire, les titres de la presse sur le fiasco du chantier de Saint-Brieuc suffiront. On notera que ce qui guide la FNE, ce n’est pas la défense de l’environnement mais la phobie du nucléaire alors qu’il est l’instrument le plus efficace de la décarbonation de l’électricité

 


"France Nature Environnement et 8 acteurs de la transition énergétique appellent le gouvernement à adopter une posture constructive et à prendre des décisions opérationnelles pour un développement de l'éolien ancré localement"

https://fne.asso.fr/communiques/tribune-l%C3%A9olien-en-france-la-transition-%C3%A9nerg%C3%A9tique-m%C3%A9rite-coh%C3%A9rence-et-clart%C3%A9

 Commentaire : l’éolien, ça avance pas assez vite, il y aurait des résistances, il faut des mesures !

"Grâce à l’effet de foisonnement (effet de lissage des variabilités de la production lié à la présence de trois régimes de vent en France), au recours à d’autres moyens de production renouvelable comme l’hydroélectricité et à des mesures de réduction des consommations...la variabilité de production de l’éolien ne nécessite pas de construire de nouvelles centrales thermiques"

https://fne.asso.fr/dossiers/l%C3%A9olien-terrestre-enjeux-et-impacts

Commentaire : pur et simple mensonge!

« Sébastien Genest, président de FNE déclare : « Pendant que les grandes déclarations sur l'avenir de la planète s'enchaînent à New York, les lobbies s'attaquent à l'avenir d'une énergie renouvelable ici, tout près de chez nous, au Sénat… Plutôt que de se faire le relais d'arguments irrationnels contre les éoliennes, certains sénateurs feraient mieux d'élever le débat »

http://www.arnaudgossement.com/archive/2009/09/22/projet-de-loi-grenelle-2-un-vent-mauvais-souffle-sur-les-eol.html

 Commentaire : Wahoo @FNEasso, vous le défendez bien le lobby des  margoulins de l'éolien..

 "Un grand nombre d'obstacles comme le classement des éoliennes...dans la police des installations classées, durcissement des règles relatives à la visibilité et aux zones de développement réservé, mise en concurrence des énergies renouvelables entre elles empêchent les projets d'éoliennes d'avancer"

 https://www.actualites-news-environnement.com/21531-reactions-fne-opposition-eoliennes.html

 Commentaire : Envoyons balader toutes les réglementations et ça ira mieux ! Et vous vous prétendez une association de défense de l'environnement  @FNEasso ! Et la concurrence c’est bon pour le nucléaire, pas pour l’éolien ! quel aveu !

 Arnaud Gossement, porte parole de FNE : «A force de multiplier les contraintes juridiques qui pèsent sur la filière, il sera bientôt plus facile de construire une centrale nucléaire qu'une éolienne !   Se pose-t-on autant de questions sur le respect des paysages ou le démantèlement des installations lorsque l'on parle de centrales nucléaires ? (…) La réponse est non''.

https://www.actu-environnement.com/ae/news/divergence_eolien_8399.php4

 Commentaire : décourage le commentaire ! On lui explique quand même pour l’empreinte au sol

« Sortir du nucléaire, en somme, c'est accomplir notre transition énergétique. »

https://fne.asso.fr/dossiers/les-contre-v%C3%A9rit%C3%A9s-du-nucl%C3%A9aire

Commentaire : raté, le nucléaire est au fond la seule transition énergétique clairement réussie, climatiquement, écologiquement, économiquement ! 


"Le parc naturel marin (PNM) des estuaires picards et de la mer d'Opale a rendu un avis négatif. sur le projet de parc éolien en mer de Dieppe – Le Tréport. Sur les 62 éoliennes qui doivent être installées au large du Tréport, un tiers se trouve dans la zone du PNM….. France Nature Environnement regrette ce choix qui met en difficulté la filière des énergies marines renouvelables et l’atteinte de l’objectif de 40% d’électricité renouvelable d’ici 2030."

http://civicrm.fne.asso.fr/civicrm/mailing/view?reset=1&id=6809

Commentaire : c’est pas beau, ça ! Quand on envoie balader les parcs naturels maritimes pour les transformer en zones industrielles, @FNEasso approuve  

" Un parc éolien est une aire marine protégée…FNE Bretagne a récemment réaffirmé son soutien au développement.. des énergies renouvelables, en particulier au parc éolien au large de Saint-Brieuc, dont la construction a commencé. En dépit de l’éventuelle pollution intervenue le 14 juin ? Cet incident fait partie des risques potentiels d’un chantier que nous avions listés…"

https://lemarin.ouest-france.fr/secteurs-activites/peche/39978-denez-lhostis-un-parc-eolien-est-une-aire-marine-protegee

Commentaire : vraiment cool @FEEasso sur la défense de l’environnement…Tous les environnementalistes ne sont pas d’ accord par exemple Sea Shepherd

"Non, les éoliennes ne fonctionnent pas 25% du temps : elles fonctionnent 75 à 95% du temps mais pas à capacité maximale"

Commentaires : ouaf, ouaf, Et avec des variations brutales et difficilement gérables

« Intégration de la biodiversité dans le développement de l'énergie éolienne en France. Désireux de favoriser le déploiement de l’énergie éolienne en minimisant ses impacts potentiels sur la biodiversité, France Nature Environnement et GDF SUEZ ont réalisé ensemble ce document… »

Commentaire : quand la FNE s’associe aux gaziers pour faire la propagande de l’éolien ! Mais pourquoi les gaziers ? J’ai besoin d’expliquer ? Intermittence…

https://fne.asso.fr/publications/int%C3%A9gration-de-la-biodiversit%C3%A9-dans-le-d%C3%A9veloppement-de-l%C3%A9nergie-%C3%A9olienne-en-france

Dites  @FNEasso, est-ce que vos adhérents qui sont venus vers vous pour défendre le cadre de vie, les paysages. etc connaissent bien vos positions ? Sinon, ils peuvent se tourner vers d'autres associations...Il y en a beaucoup, comme la FED, Vent libre, Le vent tourne, Gardez les caps ! Les gardiens du large, Le Mont Champot…les Vents de la colère

Sea-Shepherd et l’éolien en mer

En ce qui concerne plus spécifiquement le problème de l’éolien maritime, il est intéressant de comparer avec les positions de l’association environnementaliste Sea-Shepherd…

« Sea Shepherd a récemment exprimé ses inquiétudes sur les différents projets d’éoliennes en mer prévus en France en raison de leur impact colossal sur la vie marine et les dérogations de destruction d’espèces protégées accordées par l’Etat français aux promoteurs du secteur. Pour cette raison nous nous étions joints à la manifestation contre le projet à Saint-Brieuc organisée par le Comité des Pêches des Côtes d’Armor fin mai.

L’Aeolus, navire de forage actuellement en baie de Saint-Brieuc a déclaré une fuite d’huile de 100 litres ce lundi, représentant une nappe de 15,9 km de long et de 2,8 km de large, indique un communiqué de la préfecture maritime….

Ce projet tel qu’il doit être réalisé, à cet endroit précis qui abrite une biodiversité fragile et des espèces particulièrement sensibles aux nuisances générées par les éoliennes, est un véritable scandale écologique » déclare Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France. « L’alibi de la lutte contre le changement climatique est irrecevable face à la destruction du milieu marin, premier organe de régulation du climat. Il est urgent que le grand public saisisse l’importance de l’enjeu et que des informations complètes et transparentes soient enfin données aux Français ».

Si une plainte commune de Sea Shepherd avec le comité des pêches peut surprendre, elle n’en n’est pas pour autant dénuée de sens.

« Les pêcheurs de la baie de Saint-Brieuc ont été jusqu’ici les plus farouches opposants à ce projet d’éoliennes. Si nos priorités divergent, nous avons un objectif commun avec tous ceux qui veulent garder la mer vivante. Ce projet est un véritable écocide contre lequel un vent de colère citoyen devrait s’élever. Les pêcheurs ne doivent pas être seuls à livrer cette bataille, elle nous concerne tous » conclut Lamya Essemlali.

https://seashepherd.fr/2021/06/15/projet-eolien-en-baie-de-saint-brieuc-responsable-dune-pollution-maritime-sea-shepherd-porte-plainte/

« Nous avons commencé à aborder le sujet de l’éolien, il y a seulement quelques mois. En creusant, on s’est rendu compte qu’on est face à un enjeu majeur. Tel qu’il est conçu en France, il va y avoir un impact catastrophique sur le littoral et la vie marine…Notre rôle est d’alerter et de rendre ce sujet complexe le plus compréhensible possible. L’industrie éolienne utilise des passe-droits ! Tout ça est un alibi de la lutte contre le changement climatique. Sous ce prétexte, on autorise ce genre de projets. Le fait qu’une association écologique s’empare du sujet, je pense que ça interpelle….

L’éolien en mer  sacrifie la vie marine, qui est le premier organe de régulation du climat et qui est une alliée. La plupart des gens n’ont aucune notion de ce que les éoliennes vont avoir comme impacts environnementaux, mais aussi sur le prix de la facture d’électricité. L’éolien est devenu un symbole de la transition énergétique mais c’est un mythe !

Les pêcheurs veulent préserver leur milieu marin. Nous voulons préserver la biodiversité marine. Nous sommes face à un opposant commun. Iberdrola a quand même obtenu des dérogations pour la destruction de 59 espèces ! (NB à Saint Brieuc)… Le projet de la baie de Saint-Brieuc doit aller ailleurs. Pas forcément en mer. À terre, installer de l’éolien devient aussi compliqué. Les gens n’en veulent plus près de chez eux. Le problème c’est qu’on commence à raser des forêts, à les mettre sur des montagnes… On aimerait un moratoire sur les projets éoliens. Que l’on se pose, qu’on revoie toute la copie, et qu’on exclue d’emblée certains sites de ces projets industriels, comme ici en baie de Saint-Brieuc.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-brieuc-22000/parc-eolien-en-baie-de-saint-brieuc/pour-sea-sheperd-lutter-contre-l-eolien-en-baie-de-saint-brieuc-c-est-maintenant-ou-jamais-952ec532-0015-11ec-89f6-98e781273c08

NB : Sea-Sheperd a diffusé des enregistrements sous-marins de bruit de forage à Saint-Brieuc . terrifiant ( eh oui, le bruit se propage beaucoup mieux sous l’eau !

On ne peut pas sacrifier la vie marine au prétexte de lutter contre le changement climatique. La vie marine est LE meilleur rempart au changement climatique. À ceux qui se demandent encore pourquoi on se mobilise contre ces projets, la réponse est là :  "Les projets d'usines éoliennes en mer tels qu'ils sont prévus en France vont gâcher un siècle d'efforts de préservation du littoral" CNPN-Conseil National pour la Préservation de la Nature


jeudi 6 août 2020

Les plans délirants d’une l’Union Européenne sous influence pour l’éolien off shore

Multiplier par 20 la production éolienne offshore !

Le 22 juillet, la Commission européenne a lancé une consultation publique sur le développement de l’énergie offshore. L’enjeu est de taille : l’UE et l’Agence Européenne de l’Energie sont convaincues de l’énorme potentiel de l’énergie offshore.

Le président de la Commission Européenne, Kadri Simson, a été très clair : “Pour atteindre la neutralité climatique d’ici 2050, nous devons multiplier par vingt la production d’énergie offshore de l’Union Européenne. Cela signifie qu’il  sera plus facile de construire des parcs éoliens offshore à grande échelle d’une manière écologiquement durable.”

L’Union Européenne compte donc développer l’énergie offshore à grande échelle. L’Agence Européenne de l’Energie estime que l’énergie offshore pourrait devenir la première source de production électrique à l’horizon 2040.

Une conviction qui se retrouve dans les objectifs annoncés par la Commission européenne dans son Green Deal. La Commission ambitionne d’atteindre en 2050 une production d’au moins 230 GW dans la tranche basse des estimations. Au mieux, la production pourrait atteindre 450 GW. Une étude réalisée par WindEurope propose un scénario de développement en deux phases : d’abord installer 7 GW chaque année entre 2020 et 2030. Puis, augmenter la puissance de 18 GW chaque année.

Commentaire :

a)  pour atteindre la neutralité climatique- Oh le vilain mensonge ! Pas plus que l’éolien terrestre, l’éolien off shore n’est pilotable, et pas plus que pour l’éolien terrestre, il n’y a pas de foisonnement en Europe. Par conséquent, l’éolien off shore doit être adossé à une énergie pilotable, probablement du gaz.

Donc l’éolien off shore c’est en réalité au mieux 40% de vent et 60% d’autre chose. Si cet autre chose c’est du gaz, eh bien, par rapport au nucléaire, on ne décarbonne pas, au contraire, on recarbonne ! et la neutralité climatique, on l’oublie !

b) comme d’hab, on parle là de la puissance nominale, pas de la production réelle.

c) A aucun moment, le coût n’est abordé dans l’article… sans doute parce qu’il est faramineux ! (cf ci après)

L’Allemagne et Wind Europe à la manoeuvre

Cette année, l’Allemagne, grand défenseur de l’énergie offshore, a les coudées franches pour donner un coup d’accélérateur sur le sujet puisqu’elle assure la présidence de l’Union Européenne pendant le deuxième semestre 2020. Dans le même temps, elle préside cette année la Coopération énergétique des mers du Nord qui sont déjà tombés d’accord sur un programme de développement de l’énergie éolienne offshore. L’Allemagne affiche des objectifs très ambitieux. En 2020, le pays compte déjà 1 469 éoliennes offshore, pour une production de 7,5 GW. D’ici 2030, l’Allemagne compte atteindre entre 15 à 20 GW en développant de nouveaux parcs éoliens offshore. Sur le long terme, pour compenser la fin du charbon, l’Allemagne ambitionne même d’atteindre 50 GW. Alors, c’est clair, l’Allemagne veut piloter le projet européen d’énergie offshore.

Les éoliennes offshore ne sont pas la seule source d’énergie qui intéresse l’UE. Kadri Simson: “Nous devons également utiliser le potentiel d’autres sources renouvelables telles que l’énergie solaire offshore ainsi que les nouvelles opportunités d’énergie marémotrice et océanique.” D’abord développés dans les Maldives pour répondre aux besoins énergétiques générés par le tourisme, le solaire offshore connaît depuis un succès croissant. L’Union Européenne est bien décidée à prendre la vague du solaire offshore le plus tôt possible.

Commentaire : le solaire est déjà l’une des énergies les plus chères et ultrasubventionnées je vous laisse imaginer le solaire off shore…Décidément, les Allemands et la Commission Européenne en veulent à nos paysages côtiers.

Le casse-tête des zones maritimes : faire sauter toutes les protections, l’énergie d’abord, les autres usagers ensuite.

Pour développer l’énergie offshore en Europe, il va d’abord falloir trancher la question du découpage des zones maritimes. L’espace maritime fait l’objet d’un découpage par zones. Chaque zone est dévolue à un usage précis : réserves de pêche, zones de protection de la nature, espaces militaires avec accès restreint. Les zones maritimes qui peuvent accueillir des parcs éoliens ou solaires offshore sont donc limitées.

Dans son étude de novembre 2019, le lobby des industriels de l’éolien, WindEurope précisait que l’espace maritime capable d’accueillir des éoliennes offshore était trop petit. On ne pourrait installer que 112 GW quand il faudrait 450 GW. Giles Dickson, le président de WindEurope, précisait alors : “Nous allons devoir approcher différemment la planification de l’espace maritime. Les zones aquatiques doivent pouvoir faire l’objet d’usages multiples.” Pour faciliter le développement des parcs offshore, la Commission Européenne va donc devoir résoudre ce problème en priorité.

Commentaire : l’éolien off shore, sponsorisée par le lobby gazier aura priorité et on enverra valdinguer protection des paysages, conservatoires du littoral et les autres activités, telles la pêche, le tourisme, la plaisance, les nécessités militaires.
Décidément Wind Europe aura bien travaillé !  Wind Europe n’est pas une « gentille » ONG écologiste, mais le très puissant et influent lobby des industriels de l'éolien.

https://lenergeek.com/2020/07/23/lue-accelere-sur-lenergie-offshore/



 Les plans de Wind Europe pour la France. » Il ne resterait rien de ce pays et de ses littoraux »

Wind Europe, association des industriels de l'éolien, veut 57 GW d'éolien offshore le long des côtes françaises. Il ne resterait rien de ce pays et de ses littoraux commente Vent Libre (@Fragren36)

Selon Wind Europe, la France possède l’un des plus forts potentiels de production d’énergie d’origine éolienne marine en Europe. Ce serait l’un des pays les plus sollicités de l’Union européenne, après le Royaume-Uni (80 GW) et les Pays-Bas (60 GW). Dans le schéma présenté par Wind Europe, les cotes françaises fourniraient 57 GW, : 40 GW, soit près de la moitié de la capacité envisagée dans l’océan Atlantique et la Manche et 17 GW au large des côtes méditerranéennes. L’Allemagne, les pays scandinaves et nordiques, mais aussi la Pologne ou les pays baltes, seraient, quant à eux, mobilisés sur la Mer du Nord pour 212 GW et la Mer Baltique pour 83 GW.

Cela représenterait 115 parcs de la taille de celui de la baie de Saint-Brieuc

Faut-il se lancer dans l’eolien off shore ? La réponse claire et nette de Jean-Marc Jancovici : Non !

Jean Marc Jancovici, on ne le présente plus ( Fondation Nicolas Hulot, X-environnement, Shift Project, Haut Conseil pour le Climat…). Extrait de son exposé devant la Commission Aubert :

 :« L’éolien offshore aujourd’hui, c’est 25 milliards d’euros qui vont partir dans ce dispositif qui a encore moins d’intérêt que l’éolien terrestre. S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! Avec ces 25 milliards d’euros vous avez de quoi payer 6000 euros de prime de conversion du fuel en pompe à chaleur aux quatre millions de ménages français qui sont chauffés au fuel, qui sont souvent des ruraux, souvent précaires. Qu’on augmente mon taux d’imposition pour ça, moi je veux bien ! Mais qu’on me prélève un centime de plus pour payer l’éolien offshore, ce truc de Shadock »….J’aurais fourni la totalité de la pompe à 10 à 15 millions de ménages français. J’aurais sorti la totalité du fioul et les deux tiers du gaz et gagné une partie de ma course contre la montre. J’aurais évité 15 % des importations de pétrole, donc, selon les années, de 3 à 6 milliards d’euros, voire 9 milliards d’euros. J’aurais évité la moitié des importations de gaz, créées macroéconomiquement de l’emploi et évité du CO2 »

Les conditions de l’éolien en mer expliquent des coûts particulièrement élevés. Une éolienne en mer doit résister non seulement au vent (ça il vaut mieux !) mais aussi aux vagues, à la corrosion du sel, et donc il faut utiliser plus de matériaux et plus de traitements à puissance installée égale, sans parler du support immergé.

A cause de ces raisons, et aussi de la zone d’implantation, la construction en mer augmente la dépense en carburant par rapport à la construction à terre, et augmente aussi la dépense en carburant pour la maintenance.

Il résulte de ces « surcoûts » à la construction que l’éolien off-shore, malgré un taux de charge augmenté (Vesta annonce de 30% à 50%, ce qui soit dit en passant correspond peut-être au cas du Danemark mais pas au cas de la France, où les meilleurs sites dépassent tout juste 35% de facteur de charge), fournit certes une énergie plus importante par éolienne installée, mais avec un « contenu en carbone par kWh » qui reste à peu près identique. Les éoliennes soient off-shore ou à terre, elles produisent toujours de l’électricité intermittente. De ce fait, dès qu’il y a 1 MW d’éolien installé quelque part, il faut obligatoirement, pour assurer la continuité de la fourniture d’électricité, installer un peu moins de 1 MW « d’autre chose » ailleurs. Installer 24 GW d’éolien suppose donc d’avoir « ailleurs » pas loin de 20 GW de puissance de pointe provenant d’une autre source pour pallier les variations du vent, et au surplus cette « autre source » devra fonctionner 70% à 80% du temps pendant que l’éolien assurera sur 20% à 30% du temps. »

Des coûts gigantesques dénonciation de la Cours des Comptes et  petites manips très douces pour les promoteurs

Pour fixer les idées :

Nucléaire historique :33-40€/MWh
Photovoltaïque : 62-99€/MWh
Eolien : 60-65€/MWh
Eolien marin : 120 € -220 € /MWh (éolien posé) et entre 170 € -360 € /MWh (éolien flottant)
EPR: 70-80€/MWh

Ajoutons les subventions publiques: Eh oui, les producteurs « alternatifs »  les oublient souvent !

Nucléaire : 25€/MWh
Eolien: 476 €/MWh
Photovoltaïque :+500 €/MWh

Donc, l’éolien  off shore, ça coûte très très cher ! Et c’était bien l’avis de la Cour des Comptes, avant même le délirant plan allemand … :

La Cour des Comptes estimait en 2018 (Rapport sur le coût des ENR)  que les six parcs d'ores et déjà attribués au large des côtes françaises devraient coûter 2 milliards d'euros par an sur 20 ans, soit un montant total de 40,7 milliards, pour une part de 2% du mix énergétique !!!

Donc, on était parti pour 40 milliards d’euros (Md€) ce qui élevait le coût de production de l’électricité à 22 c€/kWh, alors que cette électricité est vendue… 4 à 6 c€/kWh sur le marché.Ca faisait quand même un peu cher ( d’où Jancovici : il faut arrêter tout cela),

Commentaire : 40 milliards, ça fait au moins 4 EPR bien construits, avec un peu d’entrainement !

Alors, miracle et roulement de tambour : le président Macron a annoncé le 20 juin 2018 que, après négociations avec les promoteurs, leur coût a été ramené de 40 Md€ à 25 Md€ par miracle, sans qu’aucun des opérateurs ne se plaignent ou ne se retirent des projets…

Un miracle, on vous dit…Sauf que, changement : les raccordements des éoliennes off-shore au réseau d’électricité seront à la charge de RTE, alors que ces opérations coûteuses sont normalement à la charge du producteur.

Donc, le miracle n’est en fait qu’un vrai tour de passe passe qui en fait arrange bien les producteurs. d’autant que ces coûts de raccordements sont assez peu prédictibles, et que la France a des systèmes côtiers plus compliqués que les sites peu profonds et souvent sableux de la Mer du Nord et de la Baltique. ..

 Eh bien, risque et coût seront pris en charge par le réseau et donc le contribuable, selon la bonne recettte des affairistes et des margoulins de l’éolien : risque publics, profits privés. C’est pas beau !

Risques accrus d’effondrement du réseau :

Et ça c’était avant le programme dément que la Commission Européenne et l’Allemagne veulent imposer à la France ! Du coup, un autre danger se profile : celui de la déstabilisation du réseau. Si l’éolien off shore représente en puissance nominale une fraction  non négligeable ( voire même l’équivalent) de la production nucléaire, alors celle-ci ne pourra plus compenser ses variations brutales. Recettes pour une catastrophe assurée, l‘effondrement du réseau !

La destruction des activités maritimes et littorales : témoignages de pêcheurs devant la Commission Aubert :

« Un port comme Le Tréport, c’est 200 marins, il est fréquenté par 75 navires de pêche sur l’année et représente un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros. Lorsqu’on nous a présenté le projet, nous avons tout de suite compris que s’ils mettaient les éoliennes là, nous signions notre arrêt de mort. Uniquement avec le chantier nous serions obligés d’arrêter de travailler pendant 2 ou 3 ans…

Nous avons organisé un voyage dans un parc éolien en activité bénéficiant de conditions similaires aux nôtres, avec une courantologie et des fonds marins comparables. En mars 2017, nous avons ainsi visité le parc de Thannet sur proposition de l’Institut maritime de prévention (IMP) et nous étions une dizaine de pêcheurs. Nous sommes revenus en pleurant : le port de pêche s’est vidé, il n’y a plus que du fileyeur, nous n’avons vu aucun bateau de pêche en activité. » ( Olivier Becquet).

Quant au tourisme, il est assez sûr, comme pour l’éolien terrestre, que la vue de champs d’éoliennes ne constituera pas un facteur d’attraction.



Katherine Poujol de « Gardez les Caps » conclut en se référant au rapport du député Aubert : « pas d’éoliennes dans les zones de pêches artisanales et une distance d’éloignement minimale de 50 km en mer. »

Bref, on a compris : « L’éolien off shore, s’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! »

Eh ben non, grâce à l’action résolue des lobbys comme Wind europe et à leur influence sur une Commission européenne au surplus très pro allemande, on va accélérer !!!

Et les premiers sacrifiés sont connus : les magnifiques plans d’eau entre Belle-Ile et Groix !

Une soixantaine d’éoliennes flottantes de plus de 200 mètres de hauteur entre Belle-Ile-en-Mer et Groix. !

Le massacre de ce plan d’eau magnifique avait doucement commencé avec un projet piloté par EOLFI, CGN Europe Energy et la Banque des Territoires, réunis au sein de la société Ferme Eolienne Flottante de Groix. Il s’agissait de 4 puis 3 éoliennes fabriquées au Danemark pour une puissance nominale de 24 MW. Elles devraient être raccordées par un câble dont l’atterrage sera réalisé dans le secteur de Kerhillio sur la commune de Erdeven. C’est RTE, donc le consommateur qui paiera, et les margoulins de l’éolien qui empocheront les bénéfices ! (Pour raccorder les éoliennes flottantes de Groix & Belle-Île au réseau existant, RTE va créer une liaison sous-marine et souterraine de 63 000 volts)

L'emprise globale de la ferme pilote sera d'environ 11 km2 en incluant les lignes d'ancrages.

Tiens, juste un petit graphe pour se remettre les ordres de grandeur en place et rappeler que l’éolien, ça prend beaucoup, beaucoup plus de place que le nucléaire ! (variable, mais disons 30 fois plus au mieux !)
Bon, mais là, on parle de tout à fait autre chose !

Une soixantaine d’éoliennes flottantes de plus de 200 mètres de hauteur entre Belle-Ile-en-Mer et Groix !!!

Le projet est le premier du genre en France.
Il s’agit  de deux parcs éoliens commerciaux. Un premier de 250 MW d’une vingtaine d’éoliennes, dont l’attribution est prévue en 2021, et un second pouvant aller jusqu’à 500 MW, à l’horizon 2024. Pour la première fois en France, il s’agira d’éoliennes flottantes et non posées au sol. Le raccordement mutualisé vers la terre et le réseau public de transport d’électricité sera réalisé par RTE.

L’installation éolienne occupera une large ( !!!) zone s’étendant sur 1 330 m2, au sud de l’île de Groix et à l’ouest de Belle-Ile-en-Mer !

Un débat public a été lancé, sous l’égide de la Commission du Grand Debat, qui, pour un projet de cette importance, joue la transparence et la concertation « Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public. « Notre rôle est que tous les publics puissent s’exprimer : les pros comme les antis. Mais, au-delà de dire s’ils sont pour ou contre, on interroge l’opportunité du projet. En quoi cela va les impacter ? Quels sont les aspects négatifs pour eux ? Notre rôle est que tout soit sur la table. Il n’y a pas de questions taboues », explique Chantal Jouanno. Après le 30 novembre, la commission nationale rendra « une photographie des arguments du public mais pas un avis », des conclusions sur lesquelles l’État et les élus pourront s’appuyer pour « corriger le projet ou même y renoncer ».

Donc, si vous ne voulez pas que soit massacré un des plus beaux paysages maritimes français, une aire où la pêche, la plaisance, la croisière sont très actives (Est-ce que les navigateurs qui ont leur bases à Lorient ou la Trinité continueront à venir s’y entrainer , est ce que ces  haut lieux du nautisme survivront ? Pas sûr du tout ( le Pole Course de Lorient, c’est 2300 navigateurs, les héritiers de Tabarly, les Armel Le Cléac'h, Thomas Coville, Sébastien Josse, Franck Cammas, Jérémie Beyou…)

Allez sur le site du débat Public et faites connaitre votre opposition ! ‘Faites comme Jean-Marc Jancovici !

D’autant que le débat prend parfois, du côté des défenseurs de l’éolien, un assez vilain tour, sur le motif punitif : les Bretons n’ont pas voulu de nucléaire, eh bien, ils auront les éoliennes. Ce n’est pas du nucléaire dont les Bretons n’ont pas voulu (la Bretagne héberge la plus ancienne centrale, aujourd’hui en cours de démantèlement-  Brennilis), c’est du nucléaire à Plogoff !

 Peut-être pas plus qu’ils ne voudront de 60 éoliennes géantes au large de Groix et Belle-Ile ?.


Simulation : vue de Port Locmaria Nord