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vendredi 1 mars 2019

Jours de Colères- février 2019- la fête aux juppéistes


Valérie Pecresse et punir la Grande Bretagne pour le brexit ou la bêtise de la droite juppéiste

Du sang, de la sueur et des larmes. Voilà ce que souhaite aux Britanniques, coupables de vouloir quitter l'Union européenne, la présidente Les Républicains (LR) de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse. Ce mercredi 6 février, celle qui se pose en rivale de Laurent Wauquiez présentait ses vœux à son mouvement, "Libres !", en profitant pour livrer sa vision de ce que doit être le Brexit : « «Je souhaite une Europe qui ne cède pas à la pression du Royaume-Uni car quand on la quitte, cela doit être douloureux !".

Réponse dans  Le Monde, jeudi 14 février 2019, de Charles Moore, ancien rédacteur en chef du Daily Telegraph : Dans certains pays d’Europe, les referendum ne sont plus que des soupapes de sécurité. Le gouvernement fait quelques concessions, puis impose un second vote. Si cela devait se produire en Grande Bretagne, ce serait un scandale, car nous avons horreur d’être intimidés. Presque tous les jours, dans les pubs,  dans les magasins, les trains,  les églises, les cabinets médicaux, j’entends les gens dire. « ils essaient de nous empêcher de quitter ll‘Europe, mais nous avons voté pour ça ! »…

Pour la plupart des électeurs du Brexit, les évènements qui ont eu lieu depuis le référendum de 206 n’ont fait que confirmer tout le mal qu’ils pensaient de l’UE, : l’argent qui nous a été réclamé,  les tentatives pour nous faire rester, la prétention de nous dicter les règles qui prévaudraient à la frontière entre l’Irlande du nord et la République d’Irlande, ainsi qu’entre l’Ulster et le reste du Royaume-Uni. Que diraient les Français si la Grande Bretagne leur expliquait comment traiter les marchandises transitant de la Bretagne vers une autre partie du territoire. Le langage insultant de Jean-Claude Juncker, le dédain de Michel Barnier, et maintenant la relégation aux enfers par Donald Tusk ont donné raison à toutes les caricatures qui avaient été faites d’une Bruxelles toute puissante. Que l’on puisse rester après tout sonne comme une plaisanterie pour des millions d’entre nous.

Il semble désormais logique de sortir de l’Union sans accord et de s’en remettre aux règles de l’Organisation Mondiale du Commerce dans nos relations avec le continent. Nous sommes nombreux à vouloir une issue plus positive, mais nous ne voulons pas d’une paix carthaginoise. Le no-deal serait dur pour nous, mais cela a des avantages précis. Cela signifie que l’on garderait nos 39 milliards de livres, que nous serions libres de conclure nos propres accords commerciaux, et que nous saurions à quoi nous en tenir plutôt que de traverser une transition qui nous serait démuni. Il se peut que nous soyons plus pauvres à court-terme, mais nous serions libres…Nous aurions exercé la liberté qui devrait appartenir à toutes les nations européennes, de reprendre en main notre avenir. »

Alors voilà : on pourrait penser que le peuple britannique ayant démocratiquement décidé de quitter l’Union Européenne, le reste de l’Europe ferait en sorte  que les conséquences soient les meilleures ou les moins mauvaises possibles, de recherche un accord gagnant /gagnant selon le vocabulaire que la Commission comprend.

Eh bien non, et cela,  et d’autres commentaires des fonctionnaires européens éclairent bien les choses :  il s’agit bel et bien de punir.  La politique de l’UE et de la Commission, c’est qu’il devrait être interdit de quitter l’Union Européenne (l’Eurokom), sauf à souffrir beaucoup.. Et ce qu’elles qu’en soient les conséquences, en particulier pour la France ; au hasard : le Royaume Uni est le principal pays développé avec lequel notre solde commercial est positif, les zones de pêche et les intérêts respectifs des pêchers français et anglais sont inextricablement entremêlés, les ports français seront très fortement impactés ( en cas de Brexit dur, il est question de limiter le transport transmanche à Rotterdam, Anvers et Zeebrugge) ; c’est nous qui sommes les plus proches des côtes anglaises, et en cas de Brexit, c’est Calais puissance dix qui s’annonce, etc., etc.

Donc en cas de Brexit dur, la Grande Bretagne perdra, et la France perdra aussi, et ce seront les deux principaux perdants. Mais la France y perdra beaucoup plus, parce qu’elle continuera à subir les contraintes de l’Union Européenne, tandis que la Grande Bretagne s’en libèrera

Pauvres Pécresse, pauvres imbéciles de la droite libérale juppéiste, ultra droits dans leurs bottes ultra libérales…Qu’ils dégagent !

Bonne retraite avec régime spécial et complémentaire à Juppé !

Et pour finir, bonne retraite à Alain Juppé, lui si sûr d’être le meilleur de son camp et si humilié par les dernières primaires de la droite. Le voilà nommé par la grâce de Macron au Conseil Constitutionnel ( eh ben tiens, ça doit faire plaisir aux ex socialistes qui se sont tapés Juppé sous Chirac). Une petite très petite manœuvre pour diviser la droite, très ancien monde.

Donc résumons : Juppé en tant que maire de Bordeaux touchait 3 694 euros par mois  et 4935 euros par mois comme président de Bordeaux Métropole, plus quelques picaillons (3 654 euros par mois, tout de même !! d’une UMP en faillite – les militants apprécieront.)  Bon, le tout plafonné à 8 435 euros par mois car les indemnités d'un élu local sont plafonnées à cette somme, le reste distribué à sa convenance.

Au Conseil Constitutionnel, M. Juppé touchera 13 300 euros environ pour le Conseil ; ah oui, mais attention, le cumul des indemnités n’est plus plafonné ; calcul du Nouvel Obs, un journal très méchant avec les juppéistes) ; M Juppé touchera donc 3 654 de l'UMP, 6 200 de sa retraite parlementaire, et environ 13 300 euros de ses indemnités de Sage), le total s'élève à environ 23.200 euros. A 74 ans !
Pour quelqu’un qui s’indignait des privilèges extravagants des régimes exceptionnels de retraite des cheminots et autres, c’est pas mal !

Enfin, il faut bien reconnaitre que M. Juppé possède des compétences particulières qui justifient totalement sa nomination au Conseil Constitutionnel. C’est un expert en matière de financements illégaux:

Rappel  : En 1999, Alain Juppé est mis en examen pour « abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illégale d'intérêt » pour des faits commis en tant que secrétaire général du Rassemblement pour la République et maire adjoint de Paris aux finances, de 1983 à 1995. Il est considéré comme un élément clé d'un système de financement occulte d'emplois au sein du RPR financés par la mairie de Paris et des entreprises désireuses de passer des contrats publics (sa secrétaire personnelle au RPR fut elle-même rémunérée par une entreprise, le groupe immobilier Ségur, puis par la ville de Paris). Il est contraint de quitter la vie politique en 2004, la cour d'appel de Versailles l'ayant condamné à 14 mois de prison avec sursis et à un an d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts, avec des considérations asse sévères :
           
« Il est regrettable qu'au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l'occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n'ait pas appliqué à son propre parti les règles qu’il avait votées au Parlement. Il est également regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n’ait pas cru devoir assumer devant la justice l'ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés.»

On peut aussi rappeler les régimes immobiliers de faveur dont il a su profiter : ce magnifique appartement de six pièces rue Jacob dans le 6ème arrondissement de Paris pour un loyer très amical, un appartement du domaine privé de la ville de Paris, rénové aux frais du bailleur.4

Juppé et les juppéistes : qu’ils dégagent !

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mercredi 29 août 2018

Le modèle suédois, une protection sociale inclusive


Réformes des retraites, conditions de ressources pour les pensions de réversions, plafonnement des indemnités chômage pour les cadres: toutes ces réformes ont en commun de substituer à un système d’assurance profitant à l’ensemble du pays un système de filet de sécurité très minimal. C’est conforme à l’idéologie de la secte libérale au pouvoir, et c'est très intéressant pour ceux qui veulent promouvoir des assurances privées ;  ce n’est pas conforme à une saine compréhension du fonctionnement des sociétés, c’est contraire à la façon dont nous avons bâti l’Etat social en France, basé sur le paritarisme et un système assurentiel qui est un placement différé. Cette conception est contraire aux principes du système de protection sociale à la fois le plus efficace, le plus juste et le mieux adapté aux sociétés européennes, le modèle suédois.

Suède : une forte protection sociale et un pays performant

L’indicateur de « dépenses totales des administrations publiques » en pourcentage du PIB s’établit en moyenne des pays de l’UE‐27 à 46,3%, mais avec une forte dispersion : 54,3% en Suède, 52,7% en France, 51,2% en Danemark, respectivement 34,2% en Estonie, 33, 8 en Irlande, 33,6% en Lituanie. Le modèle suédois a connu une crise importante et la Suède s’est s'engagée dans une réforme radicale de l'Etat pour améliorer l'efficacité de ses interventions. Résultat : la Suède est devenue l'un des pays développés les plus performants, avec un taux de croissance annuel de plus de 3 % en moyenne sur les trois dernières années, et des finances publiques rééquilibrées.
Et les Suédois ont opéré cette transformation tout en demeurant fidèle à l’essentiel des principes de leur protection sociale et  l'un des pays les moins inégalitaires au monde : en 2010, l'indicateur Gini, qui mesure le degré d'équité dans la distribution des revenus après impôts, place la Suède en seconde position mondiale.

Ceci n’est peut-être pas dû au hasard : Le taux de syndicalisation est élevé (80 %) et le taux de couverture par les conventions collectives atteint 90 %. En outre, ces ratios sont restés remarquablement stables malgré les turbulences que l’économie suédoise a connues après 1990.
Eh oui quand on veut faire une politique sociale, il faut des syndicats forts, avec qui l’o négocie ; et, par corollaire, quand on veut faire une politique libérale et anrtiscociale, il faut affaiblir les syndicats et ne pas discuter avec eux.

Et les Suédois ont opéré cette transformation tout en demeurant l'un des pays les moins inégalitaires au monde : en 2010, l'indicateur Gini, qui mesure le degré d'équité dans la distribution des revenus après impôts, place la Suède en seconde position mondiale

Un système inclusif qui prend en compte les classes moyennes : la doctrine Möller

C’est Gustav Möller, ministre des Affaires sociales de 1924 à 1926  puis de 1932 à 1951 quasiment sans interruption qui a façonné la doctrine sociale de la Suède.

Cette doctrine est universaliste :  Son but est de simplifier la gestion de l’aide sociale et oter les stigmates associés à celle-ci, et pour cela faire bénéficier toute le population riches et pauvres de prestations de qualité. L’accent est mis sur le développement de services publics universels plutôt que de développer des prestations en espèces  ( et l’on pourrait traduire aujourd’hui : plutôt que des assurances) :  1) parce que le fait d’offrir des prestations en espèces ne garantit nullement que le marché réponde efficacement à la demande 2) parce que cela ne permet de garantir un même accès et une même qualité de service à toute la population.

Le principe avancé par Möller est  d’offrir des services identiques pour tous mais de qualité élevée afin que ne se développe une demande alternative pour des services privés chez les plus riches.
En incluant pauvres et riches dans un même système de services publics de qualité, il s’agit d’éradiquer les inégalités de traitements liées aux inégalités sociales, non pas en focalisant l’aide sur les plus démunis, mais en s’assurant le soutien des classes moyennes et aisées en les incluant dans des programmes d’assurance et des services publics universels et de qualité.

Ainsi fut décidée la mise en place, à partir des années 50, au sein du système universel d’assurance sociales d’indemnités proportionnelles au revenu pour éviter que les plus aisés ne mettent en place leurs systèmes d’assurances privées. Ce point est essentiel pour comprendre l’Etat providence suédois et sa forte capacité redistributive.  En effet le système repose sur un apparent paradoxe ; au lei de focaliser l’aide sur les plus démunis, l’Etat Providence suédois redistribue les ressources à toute la population, et proportionnellement plus aux plus aisés qu’aux plus démunis.  Pourtant, loin de constituer une dilution des ressources, une telle stratégie permet au contraire une plus forte redistribution et surtout une plus grande égalisation des conditions et des chances, en tirant vers le haut ceux qui sont moins bien dotés.

Ce paradoxe de la redistribution tient au fait qu’en incluant toute la population dans un même système universel généreux, on augmente le consentement des plus riches à contribuer au système, permettant ainsi d’augmenter la masse des ressources à distribuer et de garantir la légitimité du système en donnant la possibilité aux plus démunis de bénéficier non pas simplement d’un filet de sécurité, mais de prestations de qualité qui satisfont également les classes moyennes et aisées.  Pour G. Möller, un tel système universel permet non seulement une plus forte redistribution des ressources, mais offre aussi un meilleur rapport coût-efficacité puisqu’il réduit les coûts élevés liés au contrôle des ressources ainsi que les coûts de gestion associés à des assurances privées multiples.

Ce discours s’oppose radicalement et très consciemment à ceux de la Troisième Voie Blairiste. Pour ceux-là, il s’agit de réduire les sécurités pour promouvoir le changement ; la stratégie suédoise, à l’inverse, met l’accent sur la protection, l’idée est qu’on ne peut promouvoir le changement sans, en même temps, assurer la sécurité des individus, l’insécurité étant perçue comme une source d’inefficacité et comme une entrave à la croissance.

Ces principes de base du système suédois étaient assez proches du système français en terme d’assurance –maladie, de retraite et d’assurance chômage. Ce système universel, juste et efficace est à l’opposé des orientations que prend le gouvernement Macron, plus anglosaxonnes et américaines : un filet de sécurité pour les plus désavantagés, des assurances de luxe très couteuses pour les plus riches, et, entre les deux, des classes moyennes qui se débrouillent comme elles peuvent : soit un système non universel, injuste et inefficace, dont les seuls gagnants seront les assureurs privés.

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lundi 27 août 2018

L’écrasement des classes moyennes crée des monstres politiques


Trois exemples de mesures avancées récemment par le gouvernement Macron vont toujours dans le même sens : l’écrasement des classes moyennes au profit d’une minorité de très très aisés et de ‘un filet de sécurité de plus en plus maigre pour de plus en plus de gens laissés de côté.

Les pensions de réversion : les pensions féminines sont en moyenne inférieures de 26% à celles des hommes, soit un écart de supérieur à celui des salaires - 24%. Mais les réversions couvrent à elles-seules 15% d’écarts des pensions et de droits familiaux, et donc, sans elles, l’écart serait de 41%. ! C’est dire que l’idée  de supprimer ces pensions de réversion ou de les limiter à un minimum vital conditionné à l’inexistence d’autres ressources ajoute de l’injustice aux injustices.

Les retraites des cadres menacées : dans un régime par point, les cadres perdront beaucoup car les progrès au cours de leur carrière ne seront plus pris en compte (carrières ascendantes) : plus de règles des 26 meilleures années, ou pour la fonction publique, des 6 derniers mois. A cela s’ajoute le projet d’un plafonnement du régime Agirc-Arcco.

A cela s’ajoute un hold-up annoncé sur les caisses de retraite du régime Agirc-Arcco dont les réserves seraient basculées dans les caisses du nouveau régime universel et compenseraient  ainsi les déficits d’autres régimes. Or les salariés cotisants à ce régime ont fait ces dernières années de douloureux efforts pour assurer son équilibre et sa durabilité et ont accumulé 71 milliards d’euros de réserves, soit un an de pensions. Et ceci dans le cadre d’une gestion paritaire avec le Medef,  qui ne coûte rien à l’Etat, puisque, en cas de pépins, ce régime ne peut pas compter sur l’Etat pour le renflouer. Alors, c’est dire que si l’Etat met la main sur ces réserves, c’est purement et simplement du vol.

L’indemnisation du chômage des cadres

Le gouvernement a confirmé envisager   une réduction progressive du plafond de l’allocation chômage pour les cadres, mais aussi à une réduction de leur durée d’indemnisation. lLe député LaREM Aurélien Taché a suggéré une dégressivité à partir de six mois» des allocations chômage pour les hauts cadres et également évoqué un plafonnement  « à hauteur de 3000 euros par mois»,

La CEF CGC, qui n’est tout de même pas le plus révolutionnaire des syndicats,  a fait savoir au patronat et au gouvernement qu’il y aura une ligne blanche à ne pas franchir, à savoir le  plafonnement d’indemnisation des cadres. Il faut en effet rappeler que la partie ncadre est bénéficiaire et rapporte de l’argent à l’assurance chômage ! S’attaquer à nos populations - encadrement et cadres - ne serait dès lors que pure démagogie...

Les propositions de la CFE-CGC consistent en le déplafonnement des cotisations et la création d’une contribution exceptionnelle sur les très hauts revenus. La Centrale rappelle que  le déséquilibre dont souffre le régime vient notamment de l’utilisation excessive que les entreprises font des CDD et de l’intérim et proposer la mise en place d’un système de bonus-malus pour limiter les recours aux contrats courts.

Toutes ces réformes ajoutent encore au matraquage des classes moyennes et des retraités, deux catégories électorales dont le pouvoir est tellement sûr qu’ils ne voteront pour ses adversaires qu’il se permet de les traiter ainsi. Mais l’histoire a ses leçons et elles sont assez claires : la démocratie est liée à l’existence d’une classe moyenne fortes et l’évolution de la société française, avec une classe moyenne en diminution, de plus en plus fragilisée et qui craint le déclassement et une polarisation entre une petite minorité hyperiche qui accumule les privilèges et ceux qui ne sont pas premiers de cordée,  cette situation n’est pas saine.

 L’écrasement des classes moyennes crée des monstres politiques.

Autre élément : toutes ces réformes ont en commun de substituer à un système d’assurance profitant à l’ensemble du pays un système de filet de sécurité très minimal. C’est conforme à l’idéologie de la secte libérale au pouvoir, et c'est très intéressant pour ceux qui veulent promouvoir des assurances privées ce n’est pas conforme à une saine compréhension du fonctionnement des sociétés, c’est contraire à la façon dont nous avons bâti l’Etat social en France, basé sur le paritarisme et un système assurentiel qui est un placement différé. Cette conception est contraire aux principes du système de protection sociale à la fois le plus efficace, le plus juste et le mieux adapté aux sociétés européennes, le modèle suédois.

Ce sera l’objet du prochain blog, Le modèle suédois, une protection sociale inclusive.

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dimanche 5 mars 2017

Vous avez aimé Moi, Daniel Blake ? Votez Macron

Un acharnement antisyndical inédit

S’il y a une constante dans l’action de Macron, et qui explique sa popularité parmi le patronat le plus hostile à la régulation sociale, c’est sa volonté d’affaiblir voire même de supprimer les syndicats, ces corps intermédiaires bien embêtants qui empêchent les capitalistes si bien intentionnés de façonner la société à leurs besoins. C’était déjà bien l’intention de la loi travail, lorsqu’elle privilégie les accords d’entreprise aux accords de branche, laissant des salariés atomisés, privés de la force que peut amener une confédération syndicale.   Le programme qu’il a exposé sur les retraites et sur  l’assurance chômage met fin brutalement au paritarisme et va en pratique vers la suppression des syndicats.
Sur les retraites, à en croire son interview dans Le Parisien et ce qu'il a dit lors de sa conférence de presse de présentation de son programme ce jeudi matin, Emmanuel Macron veut créer «un vrai système universel de retraite» où «1 euro versé pour cotisation ouvrira droit aux mêmes droits» quels que soient le secteur, la catégorie ou le statut. «Les règles seront les mêmes pour tous les régimes, explique-t-il. Ce sera la vraie fin des inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé». Merveilleuse et sympathique justice ! Sauf que ces « inégalités » (tiens, en passant, pourquoi dénonce-t-on toujours les inégalités en visant de pseudo-privilégiés dont on veut abolir les pseudo-privilèges plutôt que d’aligner tout le monde sur le statut le plus favorable ?)  ces inégalités sont le produit de carrières, de sujétions, d’histoires très différentes, de compromis passés justement entre les syndicats et les employeurs pour régler des situations spécifiques. Le régime de retraite va basculer entièrement dans un système étatisé, ou ni syndicats, ni patrons n’auront leur mot à dire. Ce n’est pas un progrès. C’est une régression.
Et ne parlons même pas de la faisabilité- et il semble bien que le financier Macron parle sans expérience ni de la fonction publique, ni de l’industrie. En ce qui concerne par exemple les retraites de la fonction publique, il est impossible aujourd'hui de retracer la carrière des fonctionnaires au-delà de 5 ans en arrière car les données n'existent pas et sont détruites - c'est pour cela que les pensions sont calculées sur les 6 derniers mois de traitement, et non sur les 25 meilleures années comme dans le privé.  Se pose également la question de l'intégration des primes des fonctionnaires dans le salaire de référence  des primes  qui peuvent varier du simple au triple et représenter dans certains cas la moitié du traitement. Quand un régime plus généreux se rapproche du régime général, il paie une soulte à la CNAV et, en ce qui concerne les fonctionnaires la soulte représenterait des dizaines de milliards d’euros et serait financée par... les contribuables. L’alignement de la retraite des « privilégiés » de fonctionnaire va coûter très très cher !

Assurance chômage – vers l’étatisation, puis  la privatisation

Sur l'assurance-chômage, c'est la même chose, peu ou prou. M. Macron propose «un changement de philosophie complet» en sortant d'un système financé par les cotisations «pour aller vers un système universel financé par l'impôt et ouvert aux entrepreneurs, aux agriculteurs, aux indépendants, aux professions libérales. Et aussi aux salariés qui démissionnent, dans la limite d'une fois tous les cinq ans». Vous et moi avons chèrement, et en ce qui me concerne longtemps, cotisé à une assurance-retraite qui nous garantissait, en cas de chômage- de disposer pendant un certain temps d’un revenu de remplacement lié à mon ancien salaire. Dans le système étatisé de M. Macron, selon ses premiers projets,  ce ne sera plus le cas, et le revenu de remplacement …sera remplacé par des allocations minimales qui permettront une survie minimale. Pour les salariés en activité, c’est purement et simplement du vol ! Et le système sera plus restrictif  qu’actuellement, car, à supposer que vous puissiez vivre avec votre allocation minimale, celle-ci même vous sera coupée si vous refusez deux offres d’emploi crédibles !
L’Etatisation du système d’assurance chômage ne tardera pas à faire regretter le bon vieux temps du Paritarisme –, le bon temps des négos entre l’UIMM et la CGT- qui feraient bien de s’entendre rapidement sur une réforme de l‘assurance chômage avant la présidentielle, sauvant le paritarisme avant l’étatisation.
Mais bien sûr, il y a encore pire ! Car enfin, dans deux, trois quatre, ans, l‘Etat s’apercevra qu’il ne peut pas et ne sait pas gérer l’assurance chômage étatisée. Alors, il la privatisera et nous nous retrouverons dans l’état de Daniel Blake, le héros du dernier chef d’œuvre de Ken Loach, et de ces milliers de travailleurs anglais, gravement malade que l’assurance chômage privatisée contraint à rechercher un travail et qui en meurent !

En Marche, à rebours !


Oui, vous avez aimé Daniel Blake ? Votez Macron. Et rappelons qu’il y a un sens du progrès, celui qui va de la création de syndicats d’entreprises vers les fédérations de branches professionnelles, puis vers les Confédérations nationales, puis vers des confédérations syndicales au sein d’un espace économique commun ( les fédérations européennes), et enfin les fédérations internationales qui permettent d’éviter la surexploitation des travailleurs des pays pauvres. Et un sens rétrograde, inverse, qui atomise les travailleurs et ôtent toute efficacité à leurs organisations jusqu’à les rendre inutiles et les faire disparaître. C’est vers cela que Macron est en marche !





mercredi 5 octobre 2016

Juppé, Grand Cerveau Malade


Ce n’est pas le but de ce blog que de traiter de sujets directement politiques, mais j’avoue que je ne peux voir sans une réelle inquiétude Alain Juppé apparaitre comme le choix favori des français…y compris maintenant d’un certain nombre d’électeurs de gauche sans doute très désorientés. Alors, quelques rappels.

Le programme d’Alain Juppé (interview journal du dimanche, 2 octobre et  Cinq ans pour l'emploi)

- réforme du contrat de travail : « réhabiliter le CDI et le rendre plus attractif pour l'entreprise», notamment en y incluant «des motifs prédéterminés de rupture » - autrement dit, le CDI sans garantie ; plus même question de prudhommes !
- généralisation de la pratique du référendum d'entreprise», qui pourrait être organisé «avec l'accord du chef d'entreprise et d'au moins un syndicat représentatif». Son résultat aurait «force obligatoire» si les négociations avec les représentants du personnel n'aboutissaient pas
libéralisation du travail du dimanche, Alain Juppé est favorable à une «libéralisation» sur la base du volontariat des salariés et d'une majoration de leur rémunération. Selon lui, les blocages survenus par exemple aux Galeries Lafayette et au Printemps relèvent «d'une vision paléolithique de notre société »
passage au trente-neuf heures… éventuellement payées trente-cinq : « laisser la liberté de négociation dans l'entreprise. Mais la loi disposera : si dans deux ans la négociation n'a pas abouti, le temps de travail hebdomadaire passera à 39 heures »
- limitation des mandats syndicaux : les élus syndicaux devront  consacrer au moins 50 % de leur activité à leur métier dans l'entreprise et  ne pourront nt pas faire plus de deux mandats consécutifs. C’est tellement mieux pour négocier dans les entreprises d’avoir des délégués peu expérimentés !
- réduire la dépense publique de 100 milliards en cinq ans, le nombre de fonctionnaires de 250.000 (où ça ?) et ramener l'impôt sur les sociétés à la moyenne européenne (en comptant l’Irlande ?)

Et il y a aura pire que le 49-3
« J'élaborerai une loi d'habilitation autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances »,

Et ce ne sont pas des promesses en l’air :
« j'ai une certaine crédibilité : dans ma vie, j'ai fait ce que j'ai dit. »

Le passé d’Alain Juppé : Alain Juppé track record !

Pour ceux qui n’ont pas oublié les grèves de 1995, les embouteillages monstres, les marches interminables sous la neige, les poubelles non ramassées et l’armée se substituant aux très partiellement aux transports en commun et même aux éboueurs (mainteant, avec tout ce qu’ils ont à faire, ce serait même impossible !)
- une bonne connaissance du système judiciaire : En 1999, Alain Juppé est mis en examen pour « abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illégale d'intérêt » pour des faits commis en tant que secrétaire général du Rassemblement pour la République et maire adjoint de Paris aux finances, de 1983 à 1995. Il est considéré comme un élément clé d'un système de financement occulte d'emplois au sein du RPR financés par la mairie de Paris et des entreprises désireuses de passer des contrats publics. Le 30 janvier 2004, il est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à 18 mois de prison avec sursis et à une peine de dix ans d'inéligibilité. Le 1er décembre 2004, la Cour d’appel réduit la condamnation à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité. «  Il est regrettable qu'au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l'occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n'ait pas appliqué à son propre parti les règles qu’il avait votées au parlement. Il est également regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n’ait pas cru devoir assumer devant la justice l'ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés »
- une connaissance approfondie des problèmes immobiliers : En juin 1995, Le Canard enchaîné publie un document interne de la ville de Paris, signé en janvier 1993 par Alain Juppé, qui donne l'ordre à ses services de diminuer le loyer de son fils Laurent, logé dans un appartement relevant des propriétés de la ville, rue Jacob. Par ailleurs, Alain Juppé est locataire, à un prix défiant toute concurrence, d’un appartement de 189 m² dans la même rue, où sont réalisés des travaux pour plusieurs millions de francs aux frais des contribuables. Il attend deux semaines avant de se justifier et refuse de s'excuser, affirmant rester « droit dans ses bottes »
- Un sens sûr de l’économie : En 1996, le Premier ministre souhaite vendre au groupe Daewoo l’entreprise publique Thomson Multimédia, officiellement « très endettée », contre un franc symbolique après sa recapitalisation par l’État, à hauteur de 11 milliards de francs. Il faut noter que Thomson Multimédias détient à cette époque les brevets et licences de la totalité des supports numériques sur disque (CD, CD-Rom, LaserDisc, DVD, disques magnéto-optiques, disquettes…) qui génèrent des royalties dans le monde entier avec l’émergence de la télévision numérique.
- Le sens du dialogue social : Les grèves de 1995 en France contre le plan Juppé de 1995 furent à leur époque les plus importantes depuis celles de Mai 68. Lors des six grandes manifestations qui ont touché toutes les grandes villes du pays, 2 millions de personnes (selon les organisations syndicales) sont descendues dans la rue.  Du 24 novembre au 15 décembre, des grèves d'ampleur ont eu lieu dans la fonction publique et le secteur privé contre le « plan Juppé » sur les retraites et la Sécurité sociale. Le mouvement social de l'automne 1995, souvent réduit à la grève des transports publics, très visible et fortement médiatisée, a concerné également les grandes administrations (La Poste, France Télécom, EDF-GDF, Éducation nationale, secteur de la santé, administration des finances, etc.). Le 12 décembre marque le point culminant du mouvement, avec deux millions de manifestants. Le 15 décembre, le gouvernement retire sa réforme sur les retraites, la fonction publique et les régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF). France.
Selon la DARES, le service des études et des statistiques du ministère du travail, le nombre des jours de grève a été de 5 millions, dont environ 4 millions de jours de grève dans la fonction publique et 1 million dans les secteurs privé et semi-public.


Alors, Alain Juppé, stop ou bis ?