La construction du parc de dit de Saint-Nazaire a
constitué de ce point de vue un électrochoc pédagogique. Le parc dit de Saint-Nazaire » (mais en fait plus
proche du Croisic et de Hoëdic que de Saint Nazaire !) comprendra 80 éoliennes
hautes de 180 m, entre 12 et 20 km des côtes du Morbihan. La zone occupée
(accès interdit) correspond en gros à la surface de Belle-Île. Pour mémoire, le
point culminant de Belle-Île s'élève à 70 mètres !
Jean-Claude Pelleteur, maire de Pornichet: « À
l’époque, on m’a toujours dit qu’elles seraient de la taille d’une allumette.
Il y a un phénomène qui est dingue : comme pour le phare de la Banche, il y a
des jours où on ne les voit pas même quand il fait beau et d’autres jours, on a
l’impression qu’elles sont juste en face de nous »
Lorsque la tromperie a été érigée en système et
appuyée par le autorités officielles, il sera vain ensuite de déplorer la
colère qu’elle aura engendré !
3) Commission Nationale de Protection de la Nature : L’adéquation des objectifs éoliens offshore avec
l’objectif de zéro perte nette de biodiversité paraît difficile voire impossible à
atteindre
« La CNPN s’est interrogée sur
les conséquences sur la biodiversité et les paysages que pourrait représenter
le fort développement de l’énergie offshore souhaité par la Commission
Européenne dans sa Stratégie de l’Union Européenne sur les énergies renouvelables
en mer annoncée le 19 novembre 2020. En effet, son objectif vise à multiplier
considérablement l’énergie offshore dans la Communauté Européenne d’ici 2050 pour atteindre 300 GW en éolien
(contre 12 GW actuellement) et 40 GW d’énergie océanique (ex. marémotrices,
houle), soit une multiplication
par cinq du parc éolien offshore européen actuel d’ici 2030 et par 25 d’ici
2050.
Ces projections vont bien au-delà de la
Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) française révisée le 21 avril
2020. Celle-ci n’envisageait d’ici 2028 qu’environ 15 GW, soit au moins une trentaine de parcs éoliens
offshore équivalant à celui de St-Brieuc..
L’adéquation des objectifs
éoliens offshore avec l’objectif de zéro perte nette de biodiversité inscrit aux articles L. 110- 1 et L. 163-1 du code
de l’environnement paraît difficile voire impossible à atteindre au
regard de la connaissance actuelle des incidences et surtout des
moyens techniques d’expertise et de pilotage permettant d’y remédier
efficacement, ainsi que l’objectif de préservation du paysage marin. »
Les impacts potentiels sur
la biodiversité représentés par le développement de l’éolien offshore en
France, tel que prévu par la PPE de 2020 (révisable en 2023) et de l’objectif
fixé par la C.E. en 2020 pour l’horizon 2030 et 2050 pouvant aller jusqu’à 57
GW ou 62 GW, peuvent être très importants sur la biodiversité marine,
en premier lieu sur l’avifaune reproductrice, migratrice et hivernante
provenant de l’Europe entière ainsi que les chauves-souris migratrices
ou locales par mortalité ou perte d’habitat (par évitement des parcs), sur
les mammifères marins par perte partielle d’habitats, et sur
les habitats marins et espèces les composant, notamment les
poissons, crustacés et mollusques par modifications physiques, hydrologiques et
chimiques… Nos connaissances des
impacts potentiels restent très partielles et un volet d’études important est
nécessaire pour mieux appréhender les particularités des trois façades
maritimes françaises…
La description et l’évaluation de la démarche
administrative de planification de l’éolien offshore jusqu’ici conduite en
France… ont privilégié les activités socio-économiques sans prendre
réellement en compte la biodiversité, pourtant prioritaire au titre des
Directives Oiseaux et Habitats, et de la Loi pour la reconquête de la
biodiversité, de la nature et des paysages du 8 août 2016 renforçant la
démarche « Eviter, Réduire, Compenser » (ERC) dans l’objectif,
notamment, de zéro perte de biodiversité, que le CNPN est tenu d’apprécier dans
ses avis sur les dossiers d’aménagement qui lui sont soumis….
Le développement des EMR (Energies Marines
Renouvelables) a jusqu'ici échoué à intégrer développement économique,
transition énergétique et préservation de l'environnement dans une démarche
vertueuse…
Contrairement
à certains pays européens où la biodiversité est prise en compte en amont dans
le choix des localisations de parcs,
comme l’Allemagne, ce n’est pas le cas jusqu’à présent en France où ce
choix s’est fait en fonction des contraintes socio-économiques ou militaires, la démarche ERC (Eviter, Réduire, Compenser) ne s’effectuant que trop
tardivement lors des études d’impacts et de demande de dérogations espèces
protégées intervenant in fine par les
porteurs de projets éoliens privés. La possibilité de trouver les zones les moins impactantes se trouve
fortement réduite au sein des macro-zones qui leur sont imposées, et la
réduction des impacts sur la biodiversité n’est pas leur priorité. »
http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf
4)
Le caractère tardif et quelque peu subsidiaire des études de biodiversité a
notamment été bien mis en évidence lors du débat EOS
(Eoliennes Flottantes en Méditerranée) :
« La Camargue est un haut lieu à la fois
de l’hivernage, de la reproduction et de la migration des oiseaux . Conscient
de la fragilité des données à sa disposition, l’État a initié en 2021 un
programme de recherche baptisé MIGRALION, dont l’objectif est la «
caractérisation de l’utilisation du golfe du Lion par les migrateurs terrestres
et l’avifaune marine. »
Ce programme est porté par l’Office Français de la
Biodiversité et dix partenaires scientifiques et industriels. Un seul
problème : les résultats sont attendus en 2024-2025, et le choix de la
localisation doit avoir lieu en 2023, le gouvernement ayant refusé toute idée
de moratoire pourtant nettement plébiscitée par le débat.
https://eos.debatpublic.fr/wp-content/uploads/EOS-CR-2021_bd.pdf
S’il fallait une preuve supplémentaire de la prise en
compte de plus en plus légère de la biodiversité, on pourra le trouver dans
l’article 24 des recommandations de la Commission
Européenne relatives à l’accélération des procédures d’octroi de permis pour
les projets dans le domaine des énergies renouvelables. La rédaction
particulièrement alambiquée laisse peu de doute : tant pis pour les dégâts
sur des espèces protégées, on compense autant que possible
« Les États membres devraient veiller à ce que
la mise à mort ou la perturbation d’espèces données d’oiseaux sauvages et
d’espèces protégées au titre de la directive 92/43/CEE du Conseil 12 ne fasse pas obstacle au développement de
projets dans le domaine des énergies renouvelables, en exigeant que ces projets
intègrent, le cas échéant, des mesures d’atténuation visant à prévenir
efficacement et autant que possible la mise à mort ou la perturbation, en
assurant le suivi de leur efficacité et, à la lumière des informations obtenues
dans le cadre du suivi, en prenant les mesures supplémentaires qui s’imposent
pour éviter toute incidence négative significative sur la population des
espèces concernées. »
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=PI_COM:C(2022)3219&from=EN
5)
Le cas des Zones Natura 2000 : une exception française !
« Si NATURA 2000
n’interdit pas les éoliennes et autres utilisations d’énergies renouvelables
par principe, comme aucune activité socio-économique au demeurant, l’examen au cas par cas des projets
d’éoliennes dans les zones NATURA 2000 doit prouver qu’elles n’ont pas d’effets
contraires au principe de protection de la biodiversité qui a justifié leur
classement…
La transgression de ce
principe de non installation de parcs éoliens en zones NATURA 2000 par la
France (à notre
connaissance il n’y a qu’un seul parc éolien dans une ZPS en Europe, en
Allemagne) et d’absence d’étude d’incidence préalable au niveau des
macro-zones, contredisent toutes les positions ministérielles antérieures au ministère Ségolène Royal. Trois projets de parcs sont en infraction à
ce principe, Dunkerque, Port-Saint Louis du Rhône (face à la Camargue) et le
projet d’Oléron »
http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf
6)
Méconnaissance des effets
environnementaux des grands parcs éoliens, en particulier off shore
Effets sur les courants, les vents, la composition
des eaux et le climat
« Il est nécessaire d’élaborer des programmes
de grande ampleur, faisant appel aux nouvelles méthodes de suivi des
déplacements des animaux aériens comme marins afin de mieux comprendre l’impact
possible des parcs éoliens, en fonction de leur localisation, de leur envergure
et des conditions environnementales. Une attention particulière devra
être apportée aux modifications des courants marins et des mouvements d’air
générées par l’implantation de parcs éoliens de grande envergure….
La modification de la force des vents en aval des
éoliennes peut avoir des effets insoupçonnés sur les équilibres atmosphériques
(en induisant des sécheresse locales) ou des
modifications des courants marins sur plusieurs dizaines de kilomètres. »
https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/22_02_24_eoliennes.pdf
« D’ores et déjà, la
production d’énergie renouvelable en mer du Nord a des impacts substantiels sur
les conditions atmosphériques locales , et ces effets continueront d’augmenter
à l’avenir. Les données indiquent
que les parcs offshore peuvent avoir un impact sur les animaux marins et
peuvent soulever des préoccupations environnementales et climatiques. Étant
donné que l’énergie éolienne est l’un des principaux facteurs modulant la
productivité et la structure de l’écosystème, les parcs éoliens ont le potentiel
de devenir des facteurs écosystémiques dominants et doivent être pris
en compte pour la gestion de l’écosystème et l’évaluation des pêches….En
outre, les sillages atmosphériques peuvent induire des réponses océaniques en
modifiant la rugosité de la surface de la mer, la stabilité atmosphérique et
les flux de chaleur, et ont donc un potentiel d’impact sur le climat
local qui nécessite des recherches plus approfondies »
Accelerating deployment of offshore wind energy alter wind climate and
reduce future power generation potentials, Helmholtz-Zentrum
Hereon
https://www.nature.com/articles/s41598-021-91283-3, Naveed Akhtar
et al.
« Un trop grand
nombre de turbines placées trop près les unes des autres peut perturber de
manière importante la marche naturelle du vent en l'affaiblissant de manière
très sensible. Cet effet de freinage pourrait se faire ressentir
jusqu'à 35 ou 40 kilomètres autour d'une ferme éolienne offshore –voire jusqu'à
100 kilomètres dans certaines configurations. »
(https://www.sciencedaily.com/releases/2021/06/210603171247.htm)
Norcowe (Norwegian Centre
for Offshore Wind Energy) s’est particulièrement
intéressé à l’effet de sillage dans les parcs éoliens offshore et la disposition
des machines en mer. Selon l’étude menée
par Unicomputing, les méga parcs éoliens auraient la même influence sur
l’environnement et la trajectoire des vents que de petites montagnes. »
https://www.energiesdelamer.eu/2011/10/24/49norcowe-incidence-atmospherique-des-mega-parcs-eoliens-en-mer/
Effets électromagnétiques :
« Les interférences électromagnétiques et
l’augmentation de la température des parcs éoliens
offshore dépendent d’un réseau intensif de câbles électriques pour
transférer l’énergie entre les appareils, aux transformateurs et au continent.
Les champs électromagnétiques (CEM) qui en résulteront seront d’une intensité
similaire à celle de la Terre à proximité des câbles, et pourraient donc
affecter des espèces magnétosensibles telles que les poissons osseux, les
élasmobranches, les mammifères marins et les tortues de mer ;
Les CEM (champs électromagnétiques) pourraient
également affecter les animaux qui utilisent des indices géomagnétiques pendant
la migration. Par exemple, on a vu des anguilles réagir aux CEM en se
détournant de leur route de migration . Les élasmobranches benthiques répondent
également aux CEM émis par les câbles sous-marins. En ce qui concerne l’impact
direct des CEM sur la santé animale, on sait peu de choses avec certitude à
l’heure actuelle. Comme l’ont souligné Lovich et Ennen, les perceptions des
différents évaluateurs vont de « mineur » à majeur »
De plus, on prévoit que la production d’électricité
par les parcs éoliens offshore augmentera la température dans les
sédiments et l’eau environnants. Cet effet thermique se limitera peut-être à
une augmentation de la température à quelques centimètres du câble et peut, en
soi, ne pas être un facteur de stress majeur pour les communautés benthiques,
mais en combinaison d’autres facteurs de stress pourrait prendre de
l’importance »
Wind energy: Increasing deployment,
rising environmental concerns.Renew. Sustain. Energy Rev. 31, 270–288 (2014).
(Tabassum, A et al, Pondicherry University)
Enfin, rappelons que lorsque mi aout 2022, un beluga a été retrouvé piégé dans la Seine dans
une écluse à 70 km de Paris, des scientifiques ont pointé la responsabilité
possible de l’insdustrialisation de la mer et des éoliennes :
« Le trafic maritime ainsi que la construction
d’un champ d’éoliennes offshore au large des côtes normandes ont été pointés du
doigt par les associations. Ces activités provoquent une pollution sonore
importante qui peut désorienter ces animaux se repérant beaucoup grâce à leur
sonar. «C’est une hypothèse plausible, juge Fabrice Schnoller. Mais elle ne
suffit pas. Car la première des questions est de savoir pourquoi il s’est
retrouvé au large du Havre, loin des eaux du cercle arctique, dans lesquelles
il a l’habitude d’évoluer.» «Ce béluga s’est perdu une première fois quand il
est entré dans les eaux du nord de l’Europe, aux alentours du Danemark et de la
Norvège, analyse Hervé Glotin, chercheur en bioacoustique marine à l’université
de Toulon. C’est une zone où l’on trouve une forte activité sous-marine liée à
l’extraction du gaz, et avec de nombreuses éoliennes offshore. Il est possible
que le béluga ait subi une perte d’audition qui l’aurait désorienté »
https://www.lefigaro.fr/sciences/beaucoup-de-mysteres-autour-de-la-presence-du-beluga-dans-la-seine-20220809
7) Sea Shepherd- Vent de Colère : il est
urgent d’établir un moratoire
« La France est le deuxième plus grand espace
maritime mondial. Seul pays présent sur tous les océans de la planète, elle a
en matière de protection de la biodiversité marine une responsabilité
planétaire qui devrait l’inciter à être exemplaire. Déjà loin de l’être…, elle
est sur le point de franchir un cap supplémentaire avec les 7 projets de
centrales éoliennes autorisés le long de la façade Atlantique et Manche Mer du
Nord. S’estimant en retard dans la course à l’armement éolien maritime, le gouvernement français a accordé à des
promoteurs éoliens et des fonds de pension étrangers les plus beaux sites
naturels de son littoral et a autorisé des projets d’usines dont l’impact va
être colossal, impossible à compenser et irréversible pour la biodiversité marine,
première régulatrice du climat, première productrice d’oxygène et premier puits
de carbone de la planète….
La France, dont les 3 façades maritimes représentent un
enjeu fondamental pour la survie des oiseaux et mammifères marins en Europe,
est à la traine et n’a pas pris les mesures mises en place dans d’autres pays,
pourtant d’importance moindre pour la biodiversité, afin de s’assurer que ses
ambitions énergétiques ne mettent pas en péril les populations marines. C’est
particulièrement inquiétant, car la politique gouvernementale est irresponsable
et indigne de notre rang de grande puissance maritime mondiale qui voudrait que
nous montrions l’exemple. Nous ne sommes
pas à la hauteur des responsabilités qui nous incombent et les conséquences
vont être cataclysmiques : elles vont s’étendre bien au-delà de nos frontières
et nous devrons en répondre devant les générations futures. Il est urgent
d’établir un moratoire sur tous ces projets mortifères pour leur imposer
les limites nécessaires, car la lutte contre le changement climatique ne peut
pas se faire au détriment de la protection de la biodiversité. »
https://newsletters.seashepherd.fr/images/septembre_2021/PROJET_FRANCAIS_D_USINES_EOLIENNES_EN_MER_-_UNE_BOMBE_A_RETARDEMENT_ECOLOGIQUE.pdf
8) S’ éloigner
des côtes
La difficulté
de l’éolien offshore en France a été reconnue par la Commission européenne qui a validé
les tarifs de rachat élevés accordés aux
parcs Française d’éolien posé (131- 155 MWh) les justifiant ainsi :
« Ce
soutien élevé par rapport à ceux pratiqués en mer du Nord ou en Baltique se
justifient par deux particularités des côtes françaises, des vents plus faibles
et une nature de sol plus complexe (sols rocheux carbonatés au lieu de sols
sableux ou argileux) ».
En fait, la
structure particulière des côtes françaises impose dans la plupart des cas le
passage à l’éolien off shore flottant, qui normalement permettrait de s’éloigner
davantage des côtes :
« On ne comprend pas pourquoi tous les parcs
actuellement décidés l’ont été dans la zone des 12 miles de la côte, à une
distance de 10 à 20 km de celles-ci. S’éloigner des côtes (notamment avec l’éolien
flottant) est une nécessité pour plusieurs raisons, dont l'impact majeur sur
les oiseaux et les chauves-souris, mais seulement jusqu’à une certaine distance
pour ne pas impacter les cétacés qui se trouvent surtout plus au large...la
grande majorité des éoliennes offshore actuellement déployées en Europe sont
dispersées sur de grandes surfaces en Mer du Nord avec une distance moyenne à
la côte de 41 km »
http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf
« Certains membres de la Commission remarquent
que malheureusement le choix final
de la « zone ministre » pour lancer l’appel d’offre notamment en Bretagne sud
est encore trop près des côtes, alors que la technologie de l’appel d’offre
concerne l’éolien flottant et que la macro-zone s’ouvrait bien plus au large. Pourtant dès les premiers débats publics,
l’enjeu paysager a été au cœur des échanges, et a cristallisé les oppositions
et les principaux recours juridiques. »
https://www.sitesetmonuments.org/Avis-du-16-juin-2021-de-la-Commission-superieure-des-sites-perspectives-et-paysages-CSSPP-sur-l-eolien-en-mer
Lors du débat
EOS un expert de la société Technip Energies
expliquait ainsi :
« On a les
techniques pour relever le défi de la profondeur, il ne faut donc pas
s’interdire d’aller chercher les opportunités qu’offre l’éloignement de la
côte, en particulier une moindre interaction avec les nombreuses activités
maritimes davantage concentrées sur la frange littorale… Nous avons au Mexique
installé les fondations d’une ligne d’ancrage à plus de 2 900 mètres… L’enjeu
est avant tout la maîtrise de coûts et l’impact sur la densité des fermes que
l’on met en avant plus que la faisabilité technique elle-même que nous
considérons comme acquise » (Technip Energies)
https://eos.debatpublic.fr/wp-content/uploads/EOS-CR-2021_bd.pdf
Ce programme éolien massif est inutile à court
terme car ne permettant pas de suppléer au manque d’électricité pilotable et de
résoudre le problème des pointes électriques de consommations. Prétendre miser
sur l’éolien à long terme pour décarboner l’électricité et sortir des fossiles
est au niveau stratégique un peu l’équivalent de se jeter à l’eau pour éviter
d’être mouillé, comme le prouve tragiquement l’Energiewende. Ce programme
éolien off shore dégraderait définitivement les plus beaux sites naturels de notre
littoral, avec des effets irréversibles, impossibles à compenser sur
l’environnement marin et sa biodiversité.
Et, en ce qui concerne plus spécifiquement Bretagne
Sud, rappelons cet avis exprimé par M. François Goulard, Président du
Conseil Général du Morbihan : «Il s’agirait d’un préjudice considérable
pour notre région ; pour les pêcheurs, qui perdraient l’accès à une ressource
très riche ; pour le tourisme, ne raison de la perte d’attractivité d’une
nature défigurée… Ce projet serait un crime contre une nature d’une beauté
insurpassable. Transformer la mer côtière en zone industrielle est tout
bonnement insensé »