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samedi 23 septembre 2023

Quand la Cour européenne des Comptes tacle les Énergies marines renouvelables dans l’UE : « des plans de croissance ambitieux, mais une durabilité difficile à garantir »

 Rapport de la Cour Européenne des Comptes septembre  2023

« La mer n'est pas vide, et contrairement aux apparences, elle n'est pas libre ». (CNDP rapport sur l’éolien en Normandie)

1) Des  objectifs ambitieux qui pourraient être difficiles à atteindre. À cela s’ajoute le fait que la durabilité sociale et environnementale du développement des énergies marines renouvelables est loin d’être garantie.

1a) Des objectifs élevés qui  requerront un espace maritime très vaste dans une mer du Nord déjà encombrée

« La stratégie de l’Union sur les énergies renouvelables en mer fixe des objectifs élevés, à savoir 61 GW de capacité installée à l’horizon 2030 et 340 GW à l’horizon 2050. »

Trois des quatre États membres audités  (Allemagne, Pays-Bas, France) envisageaient un déploiement des énergies marines renouvelables sur une grande échelle, l’Espagne  non !

En juillet 2022, l’Allemagne a très nettement revu à la hausse ses objectifs en matière d’EMR et les a portés à 30 GW pour 2030, à 40 GW pour 2035 et à 70 GW pour 2045. La réalisation de ces objectifs requerra d’utiliser un espace maritime beaucoup plus vaste.

Idem pour les Pays-Bas qui déploient l’éolien en mer du Nord depuis 2007. Avec 3,2 GW , il sont au second rang de l’UE.  Le dernier objectif en date est d’atteindre une capacité installée de 21 GW en 2030; comme en Allemagne, le réaliser requerra un espace maritime très vaste dans une mer du Nord déjà encombrée »

Objectifs élevés : sauf en Espagne, « L’Espagne n’envisage pas plus 3 GW d’éolien en mer et  estime que sa contribution à l’objectif de l’UE en matière d’énergies renouvelables puisera dans les secteurs de l’éolien terrestre et du photovoltaïque »

« Le déploiement commercial des énergies océaniques ne devrait pas se généraliser avant 2030 et, d’ici là, leur contribution à la réalisation des objectifs en matière d’énergies renouvelables sera très probablement marginale »

 



1b) Des objectifs compromis par les dépendances en métaux et matériaux critiques

« Il faudra cependant accélérer nettement le rythme annuel de déploiement, et la récente flambée de l’inflation pourrait ralentir le développement de l’éolien en mer. Le rythme de développement peut également dépendre de la disponibilité des matières premières nécessaires au déploiement des technologies en mer, pour lesquelles l’UE est très dépendante de pays tiers, en particulier de la Chine. 

Le développement des technologies liées aux EMR nécessite des matières premières critiques, en particulier des terres rares. Celles-ci entrent actuellement dans la fabrication des aimants permanents qui équipent les générateurs des éoliennes et la demande pour ces ressources limitées est en constante augmentation

Actuellement, les matières premières critiques sont presque entièrement fournies par la Chine, qui joue également un rôle déterminant dans la fabrication d’aimants permanents pour les générateurs d’éoliennes et couvre près de 90 % des besoins.

La dépendance de l’UE à l’égard des matières premières peut créer des goulets d’étranglement et suscite des inquiétudes quant à la sécurité de l’approvisionnement dans le contexte actuel de tensions géopolitiques. »

Remarque 1) Pas d’effet significatifs avant 2030. Compte-tenu du suréquipement des pays nordiques, plus favorisés, et des épisodes de surproduction (prix négatifs) de plus en plus fréquents, aurons- nous réellement besoin en France d’éolien le long de nos côtes ? de 40 GW ?

Remarque 2) Saluons la reconnaissance des verrous en matière de disposition de métaux et matériaux stratégiques (cf notre dossier les limites physiques de l’éolien en mer). Il n’y a pas que pour les terres rares et les aimants que la Chine est ultradominante, c’est aussi vrai pour les nacelles, les pâles, en particulier pour les grandes éoliennes. (>70%. Et les fabricants d’éoliennes chinoises sont en pleine forme et maintenant les plus importants au niveau mondial ! 

Remarque 3)  Ce sont logiquement les côtes les plus favorables qui sont pour l’instant  mises à contribution. L’Espagne, similaire à la France en ce qui concerne sa côte atlantique (fonds rocheux et pentus) ne prévoit pas un grand développement de l’éolien en mer. L’éolien en mer en Europe a « mangé son pain blanc) », le reste sera moins favorable, plus compliqué, plus coûteux ! 

2) Des financements opaques pour quelle rentabilité ? 

« Les données sur les projets financés par l’UE dans le domaine des énergies marines renouvelables ne sont pas aisément accessibles, car elles sont réparties entre différentes bases de données. Nous avons répertorié des projets liés aux EMR financés par le budget de l’UE pour un montant de 2,3 milliards d’euros entre 2007 et 2022 » 

« La Banque européenne d’investissement (BEI) joue un rôle de premier plan dans la levée et l’apport des fonds nécessaires pour atteindre les objectifs de l’UE en matière d’énergie et de climat. En soutien au développement des EMR et en combinant des mandats de l’UE et ses ressources propres, elle a accordé des prêts et des investissements en fonds propres pour un montant de 14,4 milliards d’euros depuis 2007 «  

Remarque 4) Donc données très incomplètes. Pour fixer les idées deux chiffres : l’aide d’Etat française  autorisée par la Commission Européenne pour la vingtaine d’éolienne de la tranche AO5 de Bretagne sud est de 2 milliards d’euros.

Pour quelles performances ? En pleine canicule, le 10 septembre 2023, le facteur de charge du parc éolien allemand, qui comprend de nombreuses éoliennes en mer, était de…0. 21 %. Soit pour une puissance installée un peu supérieure au parc nucléaire français, l’éolien allemand ne produisait qu'un dixième de la production d'un seul réacteur nucléaire


3)Un optimisme technologique étrange : l’éolien flottant, les éoliennes de grande taille 

3a) Eolien flottant ; en contradiction avec les évaluations parlementaires

« L’éolien flottant est une technologie en mer intéressante pour les bassins maritimes dont les eaux sont profondes, car elle permet de déployer des installations flottantes là où il y a plus de 50 mètres de fond. Cette technologie est compatible avec le milieu caractéristique des États membres riverains de l’océan Atlantique, de la mer Méditerranée et, potentiellement, de la mer Noire. »

« Fin 2021, l’UE avait déployé 27 MW de capacité d’éolien en mer flottant. Selon une étude du Centre commun de recherche datée de 2022, les projets en réserve aboutiront à l’installation de 247 MW de capacité d’éolien en mer flottant dans les États membres de l’UE à l’horizon 2025. En outre, selon cette étude, les coûts de l’éolien flottant devraient nettement diminuer d’ici la fin de la décennie pour devenir comparables à ceux de l’éolien en mer posé. »

« Parmi les quatre États membres audités, la France et l’Espagne développent cette technologie, sur laquelle repose principalement l’objectif que l’Espagne s’est fixé à l’horizon 2030 pour les énergies en mer. Cette technologie en est encore au stade de la précommercialisation, mais grâce au transfert de connaissances provenant des industries en mer établies et au nombre croissant de projets déployés dans l’éolien flottant, elle se développe rapidement et pourrait devenir une source importante d’énergie marine » 

Remarque 5) Cet optimisme technologique sur l’éolien flottant est en complète contradiction avec ce qui ressortait notamment d'une  audition publique de l'OPECST (Office Parlementaire d 'Evaluation des Choix Scientifiques et Techniques) sur l'éolien flottant et qui pointait sur une absence de maturité technique (choix du socle non résolu, pas de postes flottants -qui permettraient effectivement de s'éloigner des côtes- avant 2030, problèmes de vibration, forte dépendance en matériaux stratégiques  et coûts « à deviner dans une boule de crystal ») 

3b) Augmentation de la taille des éoliennes : en contradiction avec les faits 

« Le rapport présente un encart sur les potentialistés de l’augmentation de taille des éoliennes  et mentionne le projet INNWind  (20 millions d’euros) dans le septième programme-cadre pour la recherche, qui aurait permis de démontrer que le passage d’une éolienne en mer conventionnelle de 5 MW à un modèle de 10 à 20 MW entraînerait une réduction des coûts de 30 %, rapprochant ainsi l’éolien en mer du marché. ( ???) »


Remarque 6)  Cet optimisme  est également très  étrange,  la course mal maîtrisée au gigantisme ayant été identifiée comme la principale source des problèmes actuels des fabricants et exploitants, Siemens au premier plan !, mais aussi Orsted, General Electric  avec la multiplication des pannes précoces sur les grandes éoliennes,, les problèmes mal maitrisés    et des assureurs de parcs éoliens qui menacent de jeter l'éponge ( voir nos dossiers Eoliennes enmer, une rentabilité très très compromise et 2023, l’été meurtrier pour l’éolien en mer)

4) Le déploiement des énergies marines renouvelables se heurte à des obstacles pratiques, sociaux et environnementaux qui n’ont pas encore fait l’objet d’une réflexion suffisante*

4a) de nombreux conflits d’usage : « La mer n'est pas vide, et contrairement aux apparences, elle n'est pas libre». (CNDP rapport sur l’éolien en Normandie) 

Le rapport rappelle « que les mers européennes sont largement utilisées pour le transport maritime, la pêche, la production d’énergie, les loisirs et le tourisme. Le processus national de planification de l’espace maritime devrait aider les autorités nationales à affecter ce dernier à différents usages, tout en évitant les conflits et en protégeant l’environnement » 

« La directive PEM impose aux États membres d’établir des plans nationaux d’aménagement de l’espace maritime en vue de recenser les usages existants et futurs de leurs eaux marines, parmi lesquels figurent les installations liées aux énergies renouvelables. »

« La stratégie de l’Union sur les énergies renouvelables en mer indique que les EMR peuvent et doivent coexister avec de nombreuses autres activités, dont la pêche, l’aquaculture ainsi que la préservation et la restauration de la nature. Nous avons constaté que le principe de coexistence était intégré dans les quatre plans nationaux que nous avons examinés, mais qu’il existait peu de projets de co-utilisation commercialement viable dans les parcs éoliens. Par exemple, les autorités néerlandaises ont accordé à une entreprise l’autorisation de tester de nouvelles méthodes de mytiliculture en mer dans le parc éolien Borssele. »

Remarque 7) : le fameux effet récif n’a été en effet démontré… que pour les moules. Sinon, il risque surtout de favoriser des espèces invasives sans intérêt, voire très dommageables (cf notre document sur l’autosaisine du CNPN sur l’éolien en mer). A voir aussi la comestibilité des moules élevées dans une zone industrielle générant de nombreux contaminants (antifouling, anodes sacrificielles, huiles, résidus polymériques de pales…)

4b) Le problème spécifique de la pêche : le conflit entre ces deux secteurs reste sans issue

« Selon les études disponibles, les conflits concernent l’exclusion des pêcheurs de la zone utilisée pour les parcs éoliens en mer. Pour des raisons de sécurité (par exemple le risque de collision accidentelle), les navires de pêche ne sont autorisés à pénétrer dans les zones où sont implantées des installations d’EMR que sous certaines conditions (par exemple, zone tampon de 500 mètres autour des installations), mais ils n’en sont pas exclus en théorie. »

Remarque 8) La théorie peut-être, mais la réalité est aussi que les assureurs refusent de les assurer

« La révision à la hausse des objectifs de l’UE en matière d’EMR conduira nécessairement au développement des installations en mer. L’accès aux zones de pêche pourrait donc progressivement se réduire, ce qui ferait probablement baisser les revenus de la pêche et exacerberait la concurrence entre les pêcheurs. Par contre, s’il n’est pas certain que la ressource halieutique croîtra à plus grande échelle, une augmentation de la densité de poissons dans des zones d’implantation d’EMR a été observée. »

Nous avons constaté que le conflit entre ces deux secteurs restait sans issue et que les États membres sélectionnés l’abordaient de manières différentes. Par exemple, en Espagne et aux Pays-Bas, les zones affectées aux EMR ont été redessinées afin de réduire autant que possible toute interaction avec la pêche de fond. En France, le porteur de projets éoliens en mer est tenu d’indemniser les pêcheurs pour les pertes financières. En Espagne et en France, deux pays où le secteur de la pêche est puissant, la consultation sur les futures zones affectées aux EMR n’a pas encore dissipé les inquiétudes des pêcheurs, et l’opposition aux EMR pourrait réapparaître à mesure que les différents projets seront évalués »

Remarque 9): En France, la colère des pêcheurs  est d'autant plus grande qu'ils se sentent très mal défendus par la manière dont leurs organismes professionnels (eg Comités des Pêches) les défendent  et gèrent les aides qui n’iraient pas forcément aux plus touchés.

4c) Les implications sociales du développement des énergies marines renouvelables n’ont pas encore été pleinement prises en compte

« Le développement des EMR aura des implications sociales majeures sur les plans de l’emploi, des infrastructures et des services. Le secteur est en pleine expansion: en 2020, l’éolien en mer représentait 77 000 emplois directs et indirects, contre moins de 400 en 2009. L’Allemagne concentre le plus d’emplois; elle est suivie du Danemark, des Pays-Bas et de la Belgique » 

« Toutefois, il existe un risque de perte d’emplois dans le secteur de la pêche en raison de la croissance de celui des EMR. Les pêcheurs s’inquiètent de l’absence d’autres possibilités d’emploi et du peu d’offres de reconversion professionnelle. À notre connaissance, la Commission n’a encore jamais quantifié les principaux effets économiques qu’aurait le développement des EMR sur la pêche. »

« L’acceptation sociale des EMR est un facteur important qui peut avoir une incidence sur la durée du processus nécessaire à l’établissement d’une installation de ce type .»

Remarque 10) : Il y a pourtant eu un rapport de la Commission Pêche du Parlement européen dont la conclusion était assez nette : « Toute restriction d’accès aux zones de pêche traditionnelles a des répercussions directes sur les moyens de subsistance des pêcheurs de l’Union et les emplois connexes à terre, et l’approvisionnement responsable et durable en denrées alimentaires et la sécurité alimentaire s’en trouvent compromises »

« La Commission pêche du Parlement européen fait remarquer que les études empiriques récentes ne comportent pas d’évaluations des effets économiques et socioculturels des énergies renouvelables en mer sur la pêche, et, en l’absence de données fiables, appelle au principe de précaution quant à la construction de parc éoliens offshore. »

Remarque 11) : Promesse d’emplois : les chiffres sont connus pour l’Ecosse : en 2013, l’Ecosse prétendait  devenir l’ »Arabie Saoudite des Energies renouvelables” avec 28 000 emplois rien que dans l’éolien offshore. 10 ans après, l’éolien offshore n’a fourni qu’un dixième des emplois (2800 !)

 5) Environnement « La recherche, l’analyse ou le traitement de l’impact des installations en mer sur le milieu marin ne sont pas satisfaisants »


Les auteurs d’une étude réalisée en 2022 ont tenté de cartographier et d’analyser l’impact potentiel des EMR sur l’environnement. Cette analyse montre que certains facteurs de stress causés par la production d’énergie en mer peuvent avoir un large rayon d’impact, bien que les effets cumulatifs les plus importants se produisent à proximité immédiate des installations. (NB Galparsoro et al., 2022, Mapping potential environmental impacts of offshore renewable energy. parle d’effet d’évitement s’étendant jusqu’à  à 15 km autour des parcs)

« L’étude souligne également que, si la stratégie de l’Union sur les énergies renouvelables en mer part du principe que moins de 3 % de l’espace maritime européen seraient nécessaires à la réalisation des objectifs climatiques à l’horizon 2030, elle ne tient pas compte du fait que le déploiement des EMR pourrait avoir une incidence sur une part beaucoup plus importante de certains types d’habitats et sur leur biodiversité »

« Lors des entretiens que nous avons eus avec des représentants d’ONG, l’une des inquiétudes exprimées était l’incertitude entourant les effets cumulés sur l’environnement. Le déficit de connaissances, qui rend l’incidence des futures installations en mer sur l’environnement difficile à prévoir, fait aussi partie des questions soulevées »

Le rapport mentionne ensuite l’exemple de Saint-Brieuc, dont on semble comprendre à demi-mot que la Commission considère, comme le Ministre de la Mer, que ce n’est ni fait, ni à refaire :

« Saint-Brieuc, un exemple de parc éolien en mer source d’inquiétudes pour l’environnement

La baie de Saint-Brieuc, située sur le couloir de migration Manche-Atlantique, est une zone particulièrement sensible sur le plan de la biodiversité. Elle abrite de nombreuses espèces d’oiseaux, y compris des espèces protégées ou gravement menacées d’extinction.

Le parc éolien se situe à proximité immédiate de sept zones Natura 2000. Les autorités françaises ont considéré que les études environnementales avaient globalement démontré l’absence d’impact négatif important sur l’écosystème marin local…

Au total, 59 dérogations à l’interdiction de destruction d’espèces protégées (cinq espèces de mammifères marins et 54 espèces d’oiseaux) ont été accordées pour permettre la construction de ce parc éolien. En 2021, le Conseil national français de la protection de la nature (CNPN) a rendu un avis affirmant que la protection de la biodiversité n’avait pas été suffisamment prise en compte par les autorités lors du choix de l’emplacement du parc éolien. »

Conclusion générale : « Nous avons constaté que la Commission n’avait pas estimé l’incidence possible sur l’environnement de l’extension des EMR proposée dans sa stratégie. Cela l’aurait pourtant aidée à évaluer les effets de la réalisation des objectifs de sa stratégie sur l’environnement, ainsi qu’à mieux neutraliser et atténuer les incidences potentiellement négatives »

Les évaluations sont limitées à la zone relevant de la juridiction des différents États membres et ne tiennent pas compte des effets cumulatifs sur l’environnement à l’échelle du bassin maritime.

Le rapport cite un exemple où des bonnes pratiques ont été mises en œuvre pour limiter les effets d’un parc sur l’environnement – lesquelles peuvent laisser dubitatif :

« Les autorités néerlandaises ont ajouté la protection de l’environnement comme critère supplémentaire non tarifaire lors de l’évaluation des dossiers de candidature pour le parc éolien en mer «Hollandse Kust West VI». L’objectif était de construire un parc éolien en mer qui aurait le moins d’impact possible sur la nature et la biodiversité marine. La conception du parc éolien qui a remporté le marché est «respectueuse de la nature»: par exemple, des structures de récifs seront érigées sur le fond marin, ou une section du parc sera équipée d’éoliennes très espacées afin de permettre aux oiseaux de voler entre elles en toute sécurité.

Source: Rijksdienst voor Ondernemend (Agence néerlandaise pour les entreprises). »

« Toutefois, lors de notre analyse bibliographique, nous avons constaté que de nombreux aspects environnementaux liés au déploiement prévu des EMR demandent encore à être mieux cernés. Les données empiriques sont insuffisantes, de même que les connaissances sur les espèces et les milieux marins non septentrionaux étant donné que la plupart des études existantes ont été réalisées sur des installations en mer du Nord. »

« Nous estimons que, compte tenu des activités humaines existantes en mer et de l’ampleur du déploiement prévu des EMR, qui porterait la capacité installée actuelle de 16 GW à 61 GW en 2030 et au-delà, l’empreinte environnementale sur la vie marine pourrait être considérable et n’a pas été suffisamment prise en compte par la Commission et les États membres »

Pour un langage de comptable habituellement assez modéré, c’est clair !

Eric Sartori pour PIEBÎEM

https://piebiem.webnode.fr/piebiem/

dimanche 6 août 2023

Changement d’état d’esprit dans la finance : la finance verte deviendrait vraiment verte en devenant nucléaire ?

 Naguère : l’industrie du greenwashing !

Naguère se jouait un compagnonnage détestable et dangereux entre certains milieux financiers et écolos bigots, les premiers recherchant un verdissement hypocrite de leurs activités et de nouvelles sources de profits appuyées sur de grasses et garanties subventions, les seconds obtenant un semblant de crédibilité financière pour des projets parmi les plus vaseux.

Il y a eu d’excellents exemples de cela, par exemple avec la plate-forme sur la finance durable de l’UE qui a tenté de s’opposer à l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie et le label français Greenfin censé garantir la qualité verte des fonds d’investissement et qui excluait l’ensemble des activités de la filière nucléaire (y compris les sociétés réalisant plus de 33% de leur chiffre d’affaires dans le nucléaire). On ajoutera par exemple à ceci la communication alambiquée de la banque Lazard qui produit depuis 2007, une analyse comparée des coûts des différentes sources d’énergie basée sur les LCOE et régulièrement brandies par les dirigeants écolos alors que la seule prise en compte des LCOE pour comparer des systèmes de productions aussi différent que le nucléaire et les Energies Variables Intermittentes relève, soit de l’incompétence crasse, soit de la mauvaise foi insigne.

Cf sur ce  blog

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/03/la-finance-le-nucleaire-et-des.html, https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/05/greenfin-ou-le-coup-de-poignard-dans-le.html

Le contexte semble décidément changer avec la publication de Mac Kinsey : « Yes, nuclear can help answer the climate and energy security challenge »

Extraits

Un nouveau contexte pour le nucléaire

« Nous pensons que l'énergie nucléaire peut être un moyen important de combler les lacunes sur la voie souhaitée vers un avenir sûr, économiquement soutenable et axé sur l'énergie propre. L'énergie nucléaire ne produit aucune émission, est une technologie bien établie qui, avec les bonnes approches, peut répondre à l’ampleur des défis et compléter les sources d'énergie telles que l'éolien et le solaire, et peut générer de l'énergie propre directement dans des secteurs critiques tels que les transports et les bâtiments. Non seulement elle a un rôle important à jouer dans la transition énergétique, mais son potentiel est réalisable – si l'industrie se met en bon ordre de marche.”

« McKinsey estime qu'environ 1 000 milliards de dollars par an d'investissements en capital seront nécessaires pour que les États-Unis puissent réaliser la transition énergétique d'ici 2050. Cela représente environ 4% du PIB des États-Unis en moyenne. »

« Le secteur de l'électricité doit se décarboniser – à l'heure actuelle, il représente environ 30 % des émissions mondiales et la demande d'électricité pourrait tripler d'ici 2050, sous l'effet de l'électrification croissante et de la croissance économique »

« Contrairement aux énergies renouvelables qui offrent un approvisionnement énergétique intermittent, le nucléaire a déjà démontré qu'il peut fournir une énergie fiable et flexible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, tout en utilisant beaucoup moins de terres que de nombreuses énergies renouvelables… C'est également la seule option zéro carbone qui fonctionne pour les processus industriels à haute température, tels que la production d'acier ou de ciment. »

« Dans ce contexte, construire plus de centrales nucléaires pour fournir une production d'électricité fiable, toujours active et zéro émission peut sembler une décision simple. Pourtant, sur de nombreux marchés importants, dont l'Europe, le Japon et les États-Unis, le scepticisme et l'hostilité du public à l'égard de cette démarche demeurent. La grande majorité des nouvelles constructions nucléaires ont lieu en Asie, en particulier en Chine, en Inde et en Corée. La Russie et la Turquie construisent également plusieurs usines »

« Bien que la perception du public représente un obstacle à la construction de nouvelles centrales nucléaires, nous croyons que la responsabilité de répondre à ce moment de besoin dans la transition énergétique incombe à l'industrie elle-même. »

Les recommandations de Mac Kinsey

Les défis

« L'ensemble des principaux défis que l'industrie doit relever est le suivant :

1) La complexité et la variation de la conception des réacteurs, de sorte que chaque centrale est une « première en son genre », avec peu de répétition des conceptions standard pour saisir les améliorations de projet en projet. Remarque : en voie de résolution avec l’industrialisation des EPR2

2) Base industrielle limitée pour les matériaux, les systèmes et les composants, ainsi que les besoin de procédés de fabrication spécialisés et de matériaux rares. Remarque : ce fut tout l’enjeu de Flamanville que de remettre en marche toute une filière qui était en voie de disparition fautes de constructions, et c’est pour cela que nous devons développer un programme EPR ambitieux ( au moins 14 pour commencer)

3) La pénurie de travailleurs qualifiés et de travailleurs salariés possédant l'expertise requise, aggravée par une main-d'œuvre vieillissante de professionnels expérimentés du nucléaire; Remarque : de nombreuses initiatives en ce sens en France

4) Capacité d'exécuter la construction de manière efficiente et efficace, sans reprises, afin d'assurer une livraison à temps et dans les limites du budget, et qui réponde à des normes de qualité rigoureuses Remarque : en bonne voie  grâce au retour d’expérience de Taishan, d’Olkiluoto, de Flamanville, d’Hinkley point.

5) Les partenariats et les contrats de construction qui ne reflètent pas l'étendue des risques du projet inhérents à la complexité de la technologie;

6) Des exigences réglementaires complexes et changeantes qui ne sont pas uniformes d'un gouvernement à l'autre

Les recommandations

1) Accès au capital : Réaffecter agressivement les capitaux publics et privés au secteur nucléaire. La transition vers la carboneutralité représente la plus importante réaffectation de capital jamais réalisée. Le nucléaire devrait recevoir sa part appropriée dans toutes les sources, y compris le capital-investissement, la dette et les investisseurs institutionnels, tout en poursuivant avec audace des partenariats public-privé pour réduire les risques. Le financement sera essentiel pour relancer l'industrie; Nous estimons que les coûts d'investissement pourraient s'élever à environ 500 milliards de dollars par an pour soutenir le développement de nouvelles technologies, la mise à l'échelle de la base industrielle et la construction de nouveaux réacteurs. Quelles que soient les sources d'investissement, la gestion des risques liés aux coûts sera impérative, ce qui pourrait nécessiter un soutien politique pour rendre supportable le risque financier à mesure que le secteur se développe..

2) Innover ! Innover plus rapidement. Il y a une émergence de start-up dans le domaine nucléaire axées sur l'innovation à la fois dans la conception traditionnelle des réacteurs à eau légère dans le cadre des technologies Gen-III+ et sur l'intégration de nouvelles conceptions, parfois uniques en leur genre, Gen-IV. L'industrie a l'occasion d'accélérer ces nouvelles conceptions en tirant parti des leçons tirées d'autres start-up et de leur écosystème nord-américain, et peut-être du secteur public et privé de la défense, du système universitaire..

3) L’emploi : « Comblez le manque de main-d'œuvre dans les secteurs de la fabrication, de la construction et des opérations. À l'heure actuelle, l'industrie nucléaire aux États-Unis et au Canada fournit environ 130 000 emplois directs et 470 000 autres emplois indirects. Notre analyse suggère que cette main-d'œuvre à elle seule devrait atteindre plus d'un million de personnes – et plus de cinq millions dans le monde – pour que l'industrie augmente sa capacité à 50 GW par an.. »

4) « Créer une base industrielle qui renforcera la compétitivité des pays dans la transition énergétique... Un plus grand nombre de nouveaux programmes de construction soutenus par les gouvernements pourraient renforcer la confiance des investisseurs dans la mise en place de chaînes d'approvisionnement pour ces composants. Les acteurs de l'industrie pourraient établir des centres d'excellence pour développer des procédés de fabrication et aider à qualifier davantage de fournisseurs de composants afin de répondre aux normes de performance et de qualité. »

5) Rationalisez et accélérez les processus d'octroi de licences à l'échelle mondiale. Les leaders de l'industrie, les régulateurs et les décideurs pourraient utiliser un consortium industriel pour définir les exigences mondiales en matière de licences et travailler avec les gouvernements pour planifier la mise à l'échelle.

6) Devenir le meilleur de sa catégorie dans l'exécution de mégaprojets. Remarque : naguère, les ingénieurs français et leur formation particulière avaient plutôt bonne réputation pour cela, ça peut revenir, le renouveau du succès des études d’ingénieurs est plutôt encourageant

https://www.mckinsey.com/capabilities/sustainability/our-insights/yes-nuclear-can-help-answer-the-climate-and-energy-security-challenge?cid=soc-web


 L’IBNI, un game changer pour le financement du nucléaire ? Rendez-vous à la COP28 !

Saviez-vous  que des institutions multilatérales comme la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement excluent le financement du nucléaire ?  De même pour la banque Européenne d’investissement dont l’un des dirigeants français (Grégoire Chauvière Le Drian)  déclarait en 2022 « Financer le nouveau nucléaire tricolore sera très difficile pour la Banque européenne d’investissement… en cause : les dissensions entre Etats européens, déjà apparues lors des débats sur l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie verte ».

Alors une banque vient de se créée, IBNI soit l’ International Bank for Nuclear Infrastructure qui dera regrouper une coalition de pays d’ici fin 2023 et lever des fonds en 2024. IBNI serait une institution financière internationale multilatérale visant à financer l’expansion de l’énergie nucléaire parmi les pays développés et en développement.

L’BNI  fournira une gamme complète d’outils de financement, allant des prêts commerciaux à faible coût, aux marges de crédit, des capitaux propres, des garanties et des instruments de couverture, éventuellement d’autres solutions d’assurance et de gestion des risques — des produits de financement qui ne sont pas actuellement présents sur le marché. L’ IBNI vise à combler les lacunes existant dans le financement du nucléaire, au-delà de ce les Etats font déjà,  jusqu’à ce que les marchés financiers mondiaux soient en mesure de fournir ces services. 

La composante commerciale de la banque nécessiterait une contribution de 50 milliards de dollars de la part d’une coalition de 30 pays membres ou plus.  La composante subvention nécessiterait environ 5 milliards de dollars de financement de donateurs gouvernementaux provenant d’un sous-ensemble de sept pays ou plus, et devrait permette d’obtenir un effet de levier de l’ordre de grandeur de 25 milliards de dollars.


La création de l’IBNI vise à contourner les difficultés à changer les règles des institutions financières internationales actuelles concernant le financement du nucléaire:

 

Dixit l’un de ses fondateurs :

 

« En fait, j’ai créé  ce programme après plusieurs années d’une campagne pour changer la politique de la Banque mondiale. Ce que nous avons compris, c’est qu’il est très difficile de modifier les politiques de la Banque mondiale et d’autres institutions financières multilatérales parce qu’elles fonctionnent essentiellement par consensus; dans chacune d’entre elle, il y a des pays qui sont antinucléaires ou qui ne sont tout simplement pas favorables à un changement de politique pour diverses raisons, soit parce que vous avez un pays comme l’Allemagne qui est farouchement antinucléaire, soit parce que vous avez simplement des pays qui n’ont pas d’intérêt dans le nucléaire et qui ne vont pas se lancer dans le nucléaire »

 

« La plupart des gouvernements avec qui nous avons discuté  s’accordent sur le fait qu’il y a un grand écart dans leur capacité à financer l’énergie nucléaire, à se développer à la fois au niveau national mais surtout à des fins d’exportation, et cela inclut le gouvernement américain, qui a vraiment aujourd’hui aux États-Unis un soutien bipartite sans précédent pour le nucléaire et une législation importante maintenant adoptée pour soutenir le nucléaire.. »

 Je pense que nous avons fait valoir avec force pourquoi un mécanisme multilatéral serait plus efficace en termes de capacité à attirer des capitaux mondiaux et à atteindre un multiplicateur de capital très élevé pour chaque dollar de financement public.. »

Une déclaration conjointe avec des pays membres potentiels, dont les États-Unis, le Canada, la France, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée du Sud et les Émirats arabes unis devrait êre annoncée lors de la COP 28, en décembre 2023 à Dubaï. A suivre !

Source https://www.energyintel.com/00000189-b310-dbd9-a9df-f75c1eb50000


NB Cela faisait un certain temps que les nuages s'accumulaients sur la finance verte ; A l'étranger, comme en Fance, où  avec la discussion sur le label ISR en France, c'est devenu unv rai champs de mine dans un tunnel obscur

"Alors que la finance « verte » était devenue en quelques années une évidence pour tous, elle a été victime tout le long de l'année 2022 d'un « ESG bashing » tous azimuts. Les premières attaques sont venues de « l'intérieur », d'éminents responsables ESG au sein de grandes institutions financières, qui ont commencé à émettre des doutes sur le sérieux de la finance durable, voire même son utilité.

Un cadre de DWS, société de gestion d'actifs allemande, filiale de Deutsche Bank, accusa ainsi, fin 2021, sa direction d'avoir surestimé les encours ESG, ce qui provoqua un premier scandale sur les pratiques de greenwashing, une enquête de la justice allemande et la démission du patron de DWS."

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/la-finance-verte-a-connu-en-2022-sa-premiere-crise-de-croissance-946065.html

"Il y a d'abord eu la Virginie occidentale. Ce pays du charbon a retiré une partie de ses placements chez BlackRock en janvier 2022, et annoncé six mois plus tard qu'elle ne ferait plus affaire avec les banques Goldman Sachs, JP Morgan, Morgan Stanley, Wells Fargo, US Bancorp. 

Puis en août, l'Etat du Texas a surenchéri en publiant une liste noire de dix banques (dont BNP Paribas) et 348 fonds d'investissement zélateurs des énergies renouvelables, auxquels les fonds de pension texans et les émetteurs d'obligations municipales ne peuvent plus faire appel."

https://www.lesechos.fr/finance-marches/gestion-actifs/la-finance-responsable-a-lepreuve-du-feu-1902031

« Il n’en peut plus. Larry Fink, président du plus grand gestionnaire d’actifs au monde (près de 10 000 milliards de dollars), n’utilise plus le célèbre acronyme ESG (environnement, social, gouvernance). Ce dernier étant aujourd’hui manié comme « une arme politique 

https://www.lopinion.fr/economie/le-president-de-blackrock-ne-veut-plus-parler-desg

« Côté face, les questionnements autour du « greenwashing » n’ont jamais été aussi nombreux. Le scandale qui a touché le groupe de maisons de retraite Orpea a notamment fait beaucoup de mal. La société, extrêmement bien notée sur le plan ESG par les agences de notation extrafinancière, se trouvait dans les portefeuilles de nombreux gérants se revendiquant de la finance durable quand elle a été accusée de maltraitance des pensionnaires et de détournement d’argent public.

La pertinence du label ISR (investissement socialement responsable) s’est érodée à mesure que ses encours ont crû.. 

https://www.lemonde.fr/argent/article/2022/09/12/placements-la-finance-durable-l-est-elle-vraiment_6141206_1657007.html

« Près de 18 mois ont été nécessaires pour la rédaction d'une proposition de 55 pages, soumise aux acteurs financiers avant de l'être, pour approbation, au ministère de l'Economie. Ce long processus n'est pas allé sans tensions, avec le désengagement fin mars du Forum pour l'investissement responsable (FIR), un acteur important de la place financière parisienne.

Sur le plan climatique, il ne sera plus possible d'obtenir le label si le portefeuille est composé d'entreprises dont 5% au moins de l'activité dépend du charbon ou des hydrocarbures non-conventionnels (gaz de schiste, sables bitumineux, exploration de l'Arctique...) ou qui investissent dans de nouveaux projets liés à ces secteurs.

Sont ainsi exclus de fait les grandes majors pétrolières, dont TotalEnergies, même si, investir dans le secteur des énergies fossiles conventionnelles n'est pas rédhibitoire »

https://www.linfodurable.fr/finance-durable/finance-durable-le-label-isr-se-reforme-pour-etre-plus-credible-38018

« Directives européennes, propositions d’évolution des textes, les prises de positions de nombreuses instances politiques et de régulation se multiplient en matière de finance durable. Mais « faute de nuance, elle pourrait embarquer moins d’acteurs… Le futur référentiel ISR risque ainsi de freiner l’incitation à la transition des acteurs les moins vertueux en matière d’environnement et de climat. Faute de nuance, la finance durable pourrait embarquer moins d’acteurs alors que les enjeux de durabilité nécessiteraient d’orienter massivement les flux financiers vers de nombreuses entreprises en cours de transformation et qui feront l’économie de demain. La réglementation devrait plutôt prévoir de servir toutes les stratégies et classes d’actifs, en poussant à la transparence plutôt qu’à la standardisation.

https://www.environnement-magazine.fr/politiques/article/2023/06/05/144533/tribune-refonte-label-isr-des-contraintes-renforcees-pour-gestion-durable


samedi 13 mai 2023

Nucléaire : le pays de Galles veut des GENIII et un SMR !

 Rapport au Parlement gallois : l’énergie nucléaire au Pays de Galles  (3 mai 2023)

https://publications.parliament.uk/pa/cm5803/cmselect/cmwelaf/240/report.html

Les conclusions du rapport

1. Bien que nous ayons entendu des témoignages contradictoires sur le rôle que l’énergie nucléaire devrait jouer dans la réalisation des objectifs de zéro émission nette du Royaume-Uni et la garantie de la sécurité énergétique nationale, il existe un large consensus entre les gouvernements britanniques et gallois, et la majorité de nos experts, en faveur d’une nouvelle production d’énergie nucléaire.

2. La technologie de stockage nécessaire à l’ensemble d’un système électrique fonctionnant à l’énergie renouvelable n’existe pas encore. Par conséquent, nous considérons que l’énergie nucléaire a un rôle important à jouer, dans le cadre d’un ensemble de sources à faible émission de carbone, dans l’atteinte de la neutralité carbone et de la sécurité énergétique..

3. La précédente tentative d’Hitachi de construire un nouveau réacteur nucléaire à Wylfa a laissé des frustrations dans la communauté locale. Nous sommes préoccupés par le fait que de nouvelles espérances suscitent à nouveau des attentes à l’égard d’Ynys Môn et nous nous demandons combien de temps l’incertitude pourra persister quant à savoir si une nouvelle construction nucléaire sera livrée ou non à Wylfa.


4. Étant donné que le terrain de Wylfa Newydd appartient à Hitachi,le statut actuel du site n’est pas clair . S’il doit y avoir de nouvelles installations nucléaires à Wylfa, la question de la propriété des terres doit être abordée. Nous appelons le gouvernement britannique à encourager Hitachi à vendre le site de Wylfa Newydd ou à participer à un consortium de développeurs pour permettre un développement futur.

5. Nous avons entendu un large éventail de représentants de l’industrie dire que Wylfa est l’un des meilleurs sites pour le développement nucléaire et qu’il est difficile de voir comment le gouvernement britannique peut réaliser ses ambitions nucléaires sans faire avancer un projet à Wylfa. Nous considérons que Wylfa devrait être l’emplacement de la prochaine centrale nucléaire à l’échelle du gigawatt après Sizewell C

6. Bien que le développement réussi d’un petit réacteur modulaire (PRM) présente une énorme opportunité pour le Royaume-Uni, la technologie est encore en phase de développement. Si le gouvernement britannique veut agir sérieusement dans le domaine de l’énergie nucléaire, il doit maintenant entamer la construction de nouvelles centrales à l’échelle du gigawatt parallèlement à sa politique sur les PRM.

7. Le gouvernement britannique et Great British Nuclear devraient continuer à collaborer avec Cwmni Egino sur son ambition de faire de Trawsfynydd le premier site à accueillir de petits réacteurs modulaires (PRM) au Royaume-Uni. Nous exhortons le gouvernement à inclure le site de Trawsfynydd dans le nouvel énoncé de politique nationale sur les armes nucléaires en tant que site potentiel pour les PRM. 


Financement du nouveau nucléaire et emplois 

8. L’introduction du modèle de base d’actifs réglementés (RAB) est accueillie favorablement comme la meilleure alternative au régime des contrats d’écart compensatoire (CfD) pour le développement de projets  nucléaires. Cependant, le financement de nouveaux projets nucléaires n’est pas simple et il y aura encore des défis dans le cadre du modèle RAB. Pour qu’un développement progresse chez Wylfa, des questions importantes subsistent en ce qui concerne l’engagement financier 

10) Nous saluons l’annonce du gouvernement britannique selon laquelle l’énergie nucléaire sera incluse dans la taxonomie verte, sous réserve de consultation. Nous estimons que cela ouvrira de nouvelles voies d’investissement privé pour le développement nucléaire et enverra les signaux nécessaires au secteur financier que l’énergie nucléaire est un investissement attrayant.

Impact économique potentiel des nouveaux développements nucléaires 

11)  De nouveaux développements nucléaires à Wylfa ou Trawsfynydd pourraient changer la donne pour l’économie régionale du nord du Pays de Galles. De tels projets joueraient un rôle important dans le programme Levelling up du gouvernement britannique en offrant des possibilités d’emploi à long terme, bien rémunérées et hautement qualifiées dans une zone rurale du Royaume-Uni. Il est essentiel que le nord du Pays de Galles ait la possibilité de bénéficier des développements découlant de la stratégie à l’échelle du Royaume-Uni visant à atteindre la neutralité carbone et une plus grande sécurité énergétique..

12. Si le gouvernement britannique veut réaliser ses ambitions en matière d’énergie nucléaire, il est essentiel d’investir dans les compétences et un travail sérieux doit être fait sur la manière dont les compétences requises peuvent être développées. Nous appelons les gouvernements britannique et gallois à travailler en étroite collaboration pour aider le secteur des compétences à investir dans la formation aux emplois nucléaires au Pays de Galles.. 

13. La contribution des entreprises établies au pays de Galles aux développements nucléaires actuels à Hinkley Point C et Sizewell C démontre que, au moins en partie, les compétences et les chaînes d’approvisionnement pour de tels projets sont disponibles au pays de Galles. Il faudrait investir dans l’intensification de la chaîne d’approvisionnement nucléaire galloise afin de garantir que les nouveaux projets nucléaires au pays de Galles emploient le maximum de main-d’œuvre locale afin que les zones locales en ressentent les avantages. S’il y a un nouveau développement nucléaire au Pays de Galles, le gouvernement britannique devrait exiger des développeurs un niveau minimum de contenu local pendant le projet.. 

15. Nous nous félicitons de l’annonce faite par le gouvernement britannique de mettre en œuvre un programme de nouveaux projets nucléaires. Nous recommandons que le gouvernement publie un programme à moyen et long terme pour la production d’énergie nucléaire. Le programme doit définir comment seront réalisées  ses ambitions de  24 GW d’énergie nucléaire d’ici 2050 et doit indiquer quelles technologies (gigawatts ou petit réacteur modulaire) le gouvernement souhaite construire, où et à quelle échelle. Le programme devrait également comprendre des déclarations claires sur les intentions du Gouvernement pour les sites de Wylfa et de Trawsfynydd. 

17. L’une des parties manquantes importantes de l’avenir du développement nucléaire est l’absence d’un développeur de services publics au Royaume-Uni, autre que les entreprises liées à EDF. Nous recommandons que le gouvernement britannique explique ses plans pour résoudre ce problème et si Great British Nuclear a un rôle à jouer.. 

Autres extraits :

 Sur le programme nucléaire 

Alors que l’énergie nucléaire est devenue une priorité politique pour atteindre les objectifs du gouvernement à la fois pour lutter contre le changement climatique et, depuis le conflit en Ukraine, pour sauvegarder la sécurité énergétique du Royaume-Uni, la question du nouveau nucléaire à Wylfa est en cours depuis plus d’une décennie. La stratégie Net Zero du gouvernement britannique, publiée en octobre 2021, a souligné l’aspiration à ce que le système électrique soit décarboné d’ici 2035 et que l’électricité soit produite à partir de sources renouvelables et nucléaires. Cependant, toutes les centrales nucléaires existantes devraient avoir cessé de produire d’ici 2030, à l’exception de Sizewell B et Hinkley Point C (qui est en construction). 

La stratégie britannique de sécurité énergétique, publiée en avril 2022, décrit le problème de la dépendance à l’égard des sources d’énergie à l’étranger et l’exposition des consommateurs britanniques à la volatilité des marchés mondiaux de l’énergie. La stratégie a énoncé les ambitions du gouvernement britannique quant au rôle que l’énergie nucléaire jouerait dans l’atteinte de l’indépendance énergétique, déclarant dans l’introduction que le gouvernement « investirait massivement dans l’énergie nucléaire ». La stratégie prévoit que jusqu’à 24 gigawatts (GW) d’énergie nucléaire seront générés d’ici 2050, afin de répondre à jusqu’à 25 % de la demande d’électricité du Royaume-Uni.

vendredi 12 mai 2023

Les leçons de l’ Eolien off shore au Royaume-Uni : Réalités, illusions, mensonges

 https://www.thegwpf.org/content/uploads/2017/09/OffshoreStrikePrice.pdf (2017)

Prix d’exercice de l’éolien offshore : que se cache-t-il derrière les annonces mirobolantes ?

Gordon Hughes est un ancien conseiller de la Banque mondiale et professeur d’économie à l’Université d’Édimbourg

Dans cet article remarquable de 2017 (tout était annoncé) Gordon Hughes ironise sur les titres triomphalistes de la presse et des ONG pro-ENR sur la baisse des prix de l’offre retenue (57,50 £/MWh contre 74,75 £/MWh en  2012) . Les tarifs des contrats for difference (FiTs CfD) sont très nettement inférieurs à ceux attribués en 2015 (114 £ contre  150 £ / MWh aux prix de 2012).

Donc triomphe des pro-ENR et de la presse trop facilement abusée :  “les coûts sous-jacents de l’éolien offshore sont en baisse, et les prix CfD indiquent un changement de paradigme soudain pour la technologie”.

Faux prix et vrais coûts : des CFD planchers et non plafonds,  une spéculation commerciale et pas une nouvelle ère

Eh bien, c’est faux : l’analyse statistique des données disponibles, couvrant 86 parcs éoliens offshore, suggère que le coût en capital de l’éolien l’offshore (£/MW installé) n’est en fait pas en baisse, puisque les coûts supplémentaires de déplacement nécessaires dans des eaux plus profondes compensent un réel mais modeste progrès technologique. 

“En fait, les projets sélectionnés au deuxième tour de l’appel d’offre ne sont presque certainement pas viables avec les faibles CFD offerts. “. Il doit donc y avoir une autre explication “Nous en déduisons que les développeurs considèrent le CfD comme une option peu coûteuse et sans pénalité pour le développement futur, et que, parce que le contrat est facilement rompu une fois le parc éolien construit, ils considèrent le prix comme un minimum et non comme un plafond. Si le prix du marché devait dépasser le prix contractuel, en raison de la hausse des coûts des combustibles fossiles ou d’une taxe sur le carbone, ils annuleraient le contrat CfD et prendre le prix plus élevé qui deviendrait disponible.

D’autre part, s’il n’y a pas de probabilité significative de prix de marché élevé, il est très peu probable que de nouveaux sites soient construits. Contrairement aux exagérations des médias, les prix bas des CfD  sont de la spéculation commerciale, et ne représentent sûrement pas l’aube d’une nouvelle ère pour l’éolien offshore et les énergies renouvelables.

Une presse crédule ou achetée ?

La couverture médiatique naïve des résultats des résultats des offres et des bas CFD pour l’éolien offshore a montré la crédulité étrange des journalistes et des régulateurs dans leurs annonces mirobolantes des nouvelles apparemment bonnes sur les énergies renouvelables.

“Dans la vie réelle – en dehors du secteur des énergies renouvelables – les journalistes financiers nous conseillent généralement de nous méfier de ce qui parait trop beau pour être vrai. Lorsqu’on offre à des investisseurs un rendement annuel garanti de 10%, le nom de Maddoff apparait très vite en subliminal et nous incite à nous tenir à l’écart. Les sacs à main ou les foulards  bon marché qui prétendent être fabriqués par Gucci ou Hermès sont généralement des faux. Mais dans les énergies renouvelable, situation est différente, et on nous encourage à croire que tout ce qui brille est vraiment de l’or “

Pour les esprits prudents ou curieux, il y a quelques problèmes, des faits qu’il convient de garder à l’esprit. Malgré ce que clame la publicité, les soumissionnaires ne s’engagent en fait pas à livrer l’énergie éolienne aux prix promis: il n’y a pas de pénalités dissuasives en cas d’incapacité de construire la capacité de production promise lors de la vente aux enchères.  Par ailleurs, un examen minutieux  de la section pertinentes de ces contrats, enfouies dans 540 pages de jargon juridique, révèlent qu’un  développeur qui a construit la capacité promise peut facilement abroger le contrat si le prix du marché de l’électricité semble susceptible de dépasser systématiquement le prix fixé dans le CfD. En fait, les titulaires de contrat seront fortement motivés à les  annuler et à payer une pénalité relativement modiques. En d’autres termes, du point de vue du développeur, le prix du CfD n’est pas un prix fixe, mais un prix minimum . Si les circonstances du marché changent et si les prix de gros augmentent, par exemple en raison de la hausse des coûts des combustibles fossiles ou de l’imposition d’une taxe carbone élevée, alors ils peuvent casser le CfD et profiter du prix du marché

Les coûts d’investissement éoliens offshore sont-ils vraiment en baisse?

Les média expliquent que les coûts d’investissement ont diminué, mais étonnamment, cette assertion n’est jamais étayée, et aucun détail des technologies qui auraient rendu ces progrès possibles n’est présenté.

Cependant, il y a maintenant assez de données disponibles pour faire une évaluation fiable des facteurs qui déterminent ces coûts au Royaume-Uni, et permettre d’identifier les tendances réelles des coûts en capital. Nous pouvons tirer nos propres conclusions sur ce qui a motivé les entreprises derrière ces parcs éoliens offshore pour faire des offres de prix aussi remarquables avec l’encouragement soigneusement formulé du gouvernement et de l’industrie des énergies renouvelables

De nombreux journalistes ont naïvement supposé qu’un prix d’offre inférieur devait indiquer un coût en capital inférieur pour la construction des parcs éoliens. Mais cela ne doit pas nécessairement être le cas. Là encore, il est frappant de constater qu’on ne trouve dans tous les discours positifs publiés jusqu’à présent, aucune données claires à l’appui de l’affirmation implicite selon laquelle le coût en capital est en train de baisser. C’est en soi tout à fait surprenant. Si cela  était réel , les entreprises  s’en serviraient dans leur communication afin d’en tirer un avantage commercial. Mais en fait la seule preuve fournie de la baisse du coût en capital est le prix du CfD lui-même, qui est, ainsi qu’on l’a vu plus haut, une preuve des plus équivoques.

Malheureusement, il y a une grave pénurie d’informations fiables sur les coûts d’investissement. De nombreuses estimations initiales sont ensuite révisées à la hausse avec nettement moins de fanfare médiatique. Par exemple, une annonce anticipée pour le parc éolien Borkum Riffgrund 2 (Allemagne mer du Nord) d’une capacité prévue de 450 MW, a vu son coût en capital estimé à 1,35 milliard d’euros. Une annonce boursière ultérieure relative à la vente d’une participation de 50% dans le développement impliquait un coût total de développement de près du double…

Conclusion

Les CfD annoncés pour Triton Knoll, Hornsea 2 et Moray East ne nous disent rien sur le coût réel de l’éolien offshore, et la couverture médiatique mettant en avant un « nouveau paradigme dans les énergies renouvelables » fait preuve d’une crédulité confondante. Que tant de journalistes aient  accepté ce récit sans aucun doute suscite de graves inquiétudes sur leur jugement .

Notre analyse des données sur les coûts en capital dans le domaine public montre que les réductions de coûts depuis 2013 ont été largement compensées par les effets de l’exploitation de sites de plus en plus profonds.


La hausse des coûts de l’éolien offshore pose un défi pour les énergies renouvelables  (2022)

https://www.cityam.com/a-green-price-to-pay-why-offshore-winds-rising-costs-pose-a-challenge-for-renewables/

L’inflation galopante, la stagnation de la croissance économique et la pression intense sur les chaînes d’approvisionnement en minéraux entrainent une forte augmentation des coûts de l’énergie éolienne.  La solution de décarbonation  « à long terme » du Royaume-Uni, la production éolienne offshore, est maintenant confrontée à de réels défis de rentabilité pour la construction de nouvelles turbines


C’est depuis 2015 le cinquième cycle d’allocation selon le principe du CfD : lorsque les prix de gros de l’électricité sont supérieurs au prix convenu dans le système CfD, les producteurs remboursent la différence.

Jusqu’à présent, le gouvernement a attribué 27 GW d’énergie à faible émission de carbone par le biais de CfD, soit assez pour alimenter 12 millions de foyers à travers le pays. Il a également vu le prix d’exercice de la production d’énergie renouvelable passer de 155 £ par mégawatt en 2015 à 37 £ par MWh l’année dernière. Le gouvernement vise à faire passer l’éolien offshore de 14 GW à 50 GW.

Cette baisse des prix en conjonction avec les pressions inflationnistes menace les marges des producteurs et devrait provoquer une augmentation des prix d’exercice pour la première fois

Le lobby ENR plaide pour plus de subventions 

Ana Musat, directrice exécutive de la politique et de l’engagement chez Renewable UK, a critiqué la promesse de financement de 205 millions de livres sterling du gouvernement pour le dernier cycle de CfD, la jugeant trop faible pour alléger la pression sur les entreprises énergétiques. Elle a fait valoir que les objectifs renouvelables du gouvernement risquent d’être compromis.  Les derniers tours d’enchères en Europe ont été décevants–aucune d’allocation en Espagne en novembre dernier.

Le gouvernement a ouvert une consultation sur les enchères d’éoliennes offshore, proposant que les avantages sociétaux des projets éoliens (??)soient pris en compte en même temps que les prix d’exercice pour les offres gagnantes, une idée d’actualité dans le contexte des vastes promesses de subventions dans la loi américaine sur la réduction de l’inflation (IRA). Une proposition largement soutenue par Renewable UK 

Cependant, d’autre préfèrent une concurrence libre permettant de choisir la technologie décarbonée la plus efficace 

Andy Mayer, analyste de l’énergie à l’Institute of Economic Affairs, un groupe de réflexion sur le marché libre, a fait valoir que « la meilleure voie pour une décarbonisation abordable est une concurrence impitoyable sur les prix ». Cela signifierait une augmentation des coûts des énergies renouvelables à court terme, mais permettrait également une concurrence loyale avec d’autres industries telles que le nucléaire, l’hydrogène, les batteries et les technologies d’atténuation des émissions de carbone. 

« Le gouvernement doit maintenir une indifférence inébranlable à l’égard des plaidoyers spéciaux des intérêts particuliers avec des plans de croissance fantasmés. Le climat ne se soucie pas de savoir où ou comment le carbone est économisé, ou à qui appartient l’entreprise, et le gouvernement ne devrait pas le faire non plus. La seule croissance verte durable vient de vraies entreprises qui inventent des choses que d’autres veulent acheter, pas de subventions »,. 

Pertes et licenciements chez les fabricants éoliens. Modifier les CfD ? 

Kathryn Porter, consultante en énergie chez Watt Logic, a noté que les fabricants de turbines subissent des pertes importantes… les directeurs généraux d’Orsted et de Siemens Gamesa ont averti que le statu quo n’était pas viable, reconnaissant qu’ils ne pouvaient pas continuer à soutenir des projets déficitaires. 

Mme Porter a fait valoir que cela « fera inévitablement monter les prix dans le CfD ». Elle a également averti que l’énergie éolienne souffrait d’un défi à long terme avec des besoins en capital élevés avec un risque de ne pas récupérer leurs coûts d’investissement en raison de l’intermittence de leur production. 

Mme Porter a appelé à développer un nouveau type de CfD où le soutien aux parcs éoliens serait basé sur les besoins plutôt que sur le potentiel de production.

« Ce nouveau type de CfD permettrait de récompenser la flexibilité - c’est-à-dire que les aérogénérateurs feraient varier leur production en fonction des besoins (si possible compte tenu des conditions météorologiques) au lieu de recevoir des frais de réduction de production.  Avec les augmentations massives des coûts d’équilibrage résultant de l’augmentation de la production intermittente d’énergie renouvelable, cela pourrait être un moyen de gérer cette variabilité plus efficacement. »

NB : En septembre 20222, Siemens Gamesa a annoncé le licenciement de 11% de ses effectifs.

Les chaines d’approvisionnement, une grande fragilité pour l’éolien off shore (avril 03)

https://www.cityam.com/government-risks-higher-wind-power-as-industry-slams-lack-of-funds-for-auction-round/ 

La dernière fenêtre d’enchères en cours pour les projets éoliens offshore pourrait entraîner une hausse des prix de production et une pénurie de soumissionnaires, a averti le principal organisme de l’industrie éolienne du Royaume-Uni.

Renewable UK a déclaré  que le gouvernement n’avait pas engagé suffisamment de subventions pour tenir compte des pressions de l’inflation sur les minéraux critiques, les chaînes d’approvisionnement et le financement des développements éoliens, Un porte-parole a déclaré: « Comme toutes les parties de l’économie, le secteur de l’énergie est touché par les impacts de l’inflation, le coût des principaux intrants et produits de base, comme l’acier et le cuivre, atteignant des niveaux record au cours des 18 derniers mois. Il est difficile de dire où iront ces prix à l’avenir, mais l’impact à court terme est que les nouveaux parcs éoliens sont confrontés à des coûts plus élevés.”

Le référent de l’éolien offshore Tim Pick,  nommé par le gouvernement pour évaluer le secteur a fait valoir que des prix bas et durables dans le secteur des énergies renouvelables seraient difficiles à maintenir dans l’environnement économique actuel....« Nous devons reconnaître qu’en raison des contraintes de la chaîne d’approvisionnement ainsi que de l’augmentation des coûts du capital, il est peu probable que les prix d’exercice des CFD pour l’éolien offshore à fond fixe poursuivent leur trajectoire descendante ». 

Adam Bell (Stonehaven) a déclaré qu’il s’attendait à ce que les prix de la production augmentent, principalement parce que la demande dépassera durablement et pour longtemps les capacités des chaînes d’approvisionnement britanniques, le gouvernement visant une augmentation de 14 GW à 50 GW d’ici la fin de la décennie. « Je pense que certains des coûts plus élevés induits par l’inflation n’auront un impact qu’à court terme, mais la demande très élevée vers la fin de la décennie continuera d’avoir un impact sur les prix. Ce qui sera intéressant, c’est la mesure dans laquelle la chaîne d’approvisionnement se développera pour répondre à cette demande et, ce qui est important politiquement, où cette mise à l’échelle se produira »

Stuart Dossett, conseiller politique principal au groupe de réflexion Green Alliance, a suggéré une taxation plus favorable pour les énergies renouvelables. “Accorder aux énergies renouvelables une déduction pour investissement dans le prélèvement sur les bénéfices, comme celle accordée aux producteurs de pétrole et de gaz dans leur taxe sur les bénéfices exceptionnels, est une première étape pour minimiser le risque d’échec des enchères.”



Les promesses fallacieuses d’emploi dans l’éolien off shore en Ecosse (Avril 2023) 

https://www.heraldscotland.com/news/homenews/23489568.offshore-wind-delivers-one-tenth-jobs-promised-ministers/ 

Il y a dix ans, le gouvernement écossais proclamait  qu’il visait à devenir” l’Arabie Saoudite des Energies renouvelables” et le leader de l’Europe avec environ 28 000 emplois rien que dans l’éolien offshore. 

En réalité, l’éolien off shore n’a fournit qu’un dixième des emplois alors  promis par le dirigeants et ministres écossais soit selon les dernières estimations officielles (2021),  3100 emplois à temps plein dans l’éolien offshore.

Le syndicat GMB Scotland a écrit au secrétaire à l’énergie, Neil Gray, pour demander un sommet urgent afin de s’assurer que le pays ne continue pas à se tromper dans la révolution des emplois verts. Une lettre qui  a coïncidé avec le voyage de M. Gray au Japon pour une visite commerciale visant à encourager de nouveaux investissements japonais dans les énergies renouvelables écossaises. Le GMB que M. Gray « n’a pas besoin de faire le tour du monde » pour créer des emplois dans les énergies renouvelables en Écosse et a rappelé que le nombre d’emplois créés dans l’éolien offshore n’a pas suivi le montant des revenus générés - pointant un écart de 16 000 emplois entre les prévisions et ce qui a été effectivement réalisé. Le GMB réclame que davantage de turbines et autres infrastructures pour les parcs éoliens au large des côtes écossaises soient effectivement construites en Ecsse pour ycréer plus d’emplois. Le”s éoliennes sont en Ecosse, les profits sont ailleurs (

Selon les dernières estimations de l’Office of National Statistics, en 2014, chaque million de livres sterling de  CA réalisés par les entreprises éoliennes offshore s’est traduit par sept emplois, en 2021, ce chiffre a chuté à un seul emploi pour 1 million de livres sterling de chiffre d’affaires . Alors que le chiffre d’affaires de l’éolien offshore a été multiplié par plus de 27 au cours des sept années précédant 2021 - de 95 millions de livres sterling à 2,594 milliards de livres sterling, le nombre d’emplois n’a augmenté que de près de quatre fois et demie, passant de 700 à 3100.

Lors du sommet de la COP26 en 2021, Scottish Enterprise a signé un accord avec Marubeni Corporation, basée à Tokyo, pour explorer les opportunités de parcs éoliens flottants et d’hydrogène vert. Une autre société japonaise, Mitsubishi, est déjà un investisseur dans le plus grand parc éolien offshore en exploitation d’Écosse, Moray East, qui a été mis en service l’année dernière. La  Chine et des Émirats arabes unis, qui ont présidé aux préoccupations en matière de droits humains, figurent parmi les grands  bénéficiaires de la révolution verte écossaise.  Le Herald a révélé que les gouvernements étrangers, y compris la Chine, bénéficient déjà de plus de 200 millions de livres sterling de bénéfices annuels.  Les éoliennes sont en Ecosse, les profits ailleurs (la liste des bénéficiaires  comprend également la France, la Norvège, la Suède et la République d’Irlande)

Gary Cook, l’organisateur principal du syndicat GMB pour l’ingénierie et la fabrication, a déclaré que l’incapacité à créer et à protéger des emplois d’ingénieurs pendant la transition vers les énergies renouvelables est « abjecte et est devenue un embarras national ».

Les synndicats se sont également battus contre la très controversée concession des travailleurs de l’éolien offshore (OWWC), qui permet l’emploi de ressortissants étrangers à des conditions salariales et sociales minimales  sur des projets éoliens. Celle-ci va être abrogée.

NB :  Voire également https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/04/les-laisses-pour-compte-de-la-transition-verte-ecossaise_6100878_3244.html

Extraits

“Projet NnG (opéré par EDF), à 15 kilomètres au large de Methil...  “85 % des fondations des éoliennes de NnG sont fabriquées en Indonésie, à l’autre bout de la terre. Elles devront être amenées sur des barges géantes, tournant au diesel, c’est absurde... Seagreen (à une trentaine de miles plus au sud) fait travailler des sociétés chinoises, et Moray Est a passé commande aux Emirats », d

Richard Hardy, secrétaire pour l’Ecosse du syndicat Prospect, cite le cas du projet éolien Beatrice, au nord d’Inverness, piloté par le norvégien SSE, « qui a salarié des Philippins, des Indiens et des travailleurs d’Europe de l’Est en les payant de 2 à 3 livres de l’heure, bien au-dessous du salaire minimum au Royaume-Uni, qui ne s’applique pas au-delà des 3 miles nautiques. Comment lutter contre ces pratiques d’esclavage moderne ? »