Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est batteries. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est batteries. Afficher tous les articles

lundi 2 octobre 2023

Les systèmes électriques au danger des ENR ; le rôle critique de l’inertie

 Ref : The Critical Role of Inertia, Oxford Institute for Energy Studies, September 2023

L’inertie, un service réseau essentiel historiquement assuré par la production...

Au cours du siècle dernier, presque tous les réseaux modernes ont dépendu de grandes centrales électriques centralisées avec des turbines tournantes, alimentées par des combustibles fossiles et, dans certains cas, nucléaires et hydroélectriques. Ces turbines génèrent des quantités prodigieuses d’électricité ainsi que d’énormes quantités d’inertie, contribuant ainsi à stabiliser le réseau. Plus le volume d’électricité fourni à partir de ces sources est important, plus l’inertie est grande

Ces réseaux avec une inertie importante peuvent absorber des perturbations même violentes et sont beaucoup plus fiables que les réseaux qui disposent de moins de turbines (volant d’inertie) en rotation.

Pourquoi l’inertie est essentielle à la fiabilité des réseaux ? La fréquence de conception de tous les réseaux électriques mondiaux est de 50 Hz5 ou 60 Hz. Pour maintenir la fréquence à ce niveau stable prédéterminé, un équilibre précis entre la production et la consommation dans l’ensemble du système est nécessaire. L’objectif pour le « fonctionnement normal » est que la fréquence soit maintenue à moins de 0,1 Hz de sa valeur nominale.

 

Ø  Si la fréquence s’écarte de la plage de 0,5 Hz par rapport au niveau nominal, dans la plupart des réseaux, le système passe en « mode de fonctionnement d’urgence » et peut subir des pannes partielles, planifiées et non planifiées.

 

Ø  Si la déviation devient encore plus grave, elle peut provoquer une défaillance et une panne du système, avec une perte complète de l’alimentation électrique. Une telle situation peut prendre beaucoup de temps à rétablir, avec des conséquences extrêmes tant sur le plan économique que sur le bien-être humain.


Et qui n’est plus assuré par les réseaux à fort pourcentage d’ENR !

Dans de nombreux pays, il existe des pressions politiques et technologiques pour reconfigurer les réseaux électriques de manière à réduire le rôle des grandes turbines tournantes. Ces changements comprennent une plus grande décentralisation de l’approvisionnement en électricité, par exemple par le biais d’un passage aux micro-réseaux et au photovoltaïque sur les toits qui fonctionnent localement.

Surtout, de nombreux réseaux se tournent vers des approvisionnements éoliens et solaires qui ne fournissent généralement pas d’inertie. Les éoliennes, lorsqu’elles tournent, sont rarement synchronisées avec le réseau et n’offrent donc pas d’inertie. Les systèmes solaires photovoltaïques fournissent de l’électricité via des processus électroniques qui n’impliquent ni turbines ni inertie.

Ces deux tendances – la décentralisation et des rôles beaucoup plus importants pour les énergies renouvelables – ont également conduit de nombreux opérateurs de réseau à installer un nombre croissant de systèmes de stockage par batterie, qui sont des dispositifs électroniques qui ne fournissent pas non plus intrinsèquement d’inertie.

Or, le maintien et la contrôlabilité de la fréquence du réseau est donc primordial dans tout système électrique. L’inertie d’un réseau, globalement, est mesurée en gigawatt/secondes-secondes (soit donc en GW). La capacité de chaque unité de production à ajouter de l’énergie de rotation au système est mesurée par une constante d’inertie (H) en secondes, comme le montre la figure suivante :

 


Un défi à résoudre d’urgence- et pas de solutions fiables en vue 

De nouvelles technologies et procédures émergent pour remplacer certains des services que l’inertie des turbines fournissait, par exemple, des composants électroniques peuvent aider à stabiliser la tension et la fréquence du réseau. Mais la fiabilité reste le mot d’ordre des réseaux modernes ; or la façon dont ces nouveaux systèmes électroniques fonctionneront à grande échelle est totalement inconnue.

Le défi du manque d’inertie est déjà réel au Royaume-Uni, et de nombreux autres opérateurs de réseau – dans les pays nordiques, dans certaines parties des États-Unis comme la Californie et ailleurs sont confrontés à des défis similaires. Ainsi, dans le réseau nordique (qui comprend la Suède, la Norvège, la Finlande et la moitié du Danemark), la mise hors service prématurée des unités nucléaires parallèlement à lexpansion de l’énergie éolienne a réduit l’inertie du système et, par conséquent, forcé les gestionnaires de réseau à développer et à financer un tout nouveau type de marché de soutien qui pourrait offrir à tout le moins une mesure d’atténuation provisoire.

Cette expérience nordique suggère également la nécessité d’une prise de conscience beaucoup plus claire à l’échelle du système de la façon dont les parties numérisées du système de réseau peuvent tomber en panne ou affecter la fiabilité d’une manière qui était auparavant inattendue.

Avec l’expansion des ENR, il est urgent de définir une stratégie pour remédier à la perte d’inertie. Et d’abord, de prendre conscience de la situation, d’en rechercher les remèdes et de déterminer les bonnes incitations à encourager le maintien et la production d’inertie

Leçons du Royaume-Uni : par inadvertance, la politique énergétique britannique a créé un défi important pour les opérateurs de réseau... 

 La figure 3 montre le réseau britannique actuel, avec environ 100 GW d’approvisionnement et une charge de pointe d’environ 50 GW, comparable au réseau californien. La moitié de la capacité d’approvisionnement de la Grande-Bretagne est renouvelable, soit à peu près un mélange égal d’éolien offshore, d’éolien terrestre et de solaire.

Bien que la Grande-Bretagne soit peu ensoleillée, l’énergie solaire y est politiquement populaire ; pour l’éolien terrestre, c’est politiquement plus tendu parce que les turbines et les lignes électriques qui les relient au réseau sont esthétiquement peu attrayantes pour de nombreux électeurs. L’éolien offshore est situé à une distance considérable de la côte dans la mer du Nord et hors de vue pour la plupart des Britanniques – sauf là où les lignes électriques arrivent à terre – son énergie peut être acheminée vers le réseau avec des lignes électriques de plus en plus grandes et à longue distance.

 


D’ici 2050, les seules turbines tournantes restantes sur le réseau britannique issues de technologies connues et pouvant être déployées de manière fiable aujourd’hui sont les centrales nucléaires  et, éventuellement, certaines centrales fossiles. De nouvelles turbines à gaz avec captage et stockage du carbone (CSC), de nouvelles turbines à hydrogène et de nouvelles centrales bioénergétiques avec CSC (appelées BECCS) pourraient également fournir une inertie. Jusqu’à présent, cependant, aucune de ces centrales futuristes ne fonctionne sur le réseau britannique actuel. 

Ainsi, par inadvertance, la politique énergétique britannique a créé un défi important pour les opérateurs de réseau : remplacer l’inertie perdue. L’incapacité à anticiper ce défi suffisamment tôt et à créer les incitations nécessaires pour éviter la crise d’inertie imminente a laissé les gestionnaires de réseau avec moins d’options et des risques de fiabilité plus importants. 

Le défi pour les opérateurs de réseau : un doublement de la production non synchronisée et une réduction proportionnelle de la production synchronisée !



L’inertie : un problème instantané amplifié par les ENR et les interconnexions

En fin de compte, ce qui importe le plus pour la fiabilité n’est pas le volume total de production synchrone sur une année entière, mais le volume des turbines tournant à un moment donné.

Ainsi, au milieu de la nuit, lorsque la demande d’électricité est faible et que la production éolienne est élevée, l’inertie peut tomber à des niveaux dangereusement bas – à tel point que les générateurs non synchrones doivent être réduits, des générateurs fossiles supplémentaires avec des turbines en rotation doivent être activés et, parfois, l’opérateur du réseau module les centrales nucléaires pour stabiliser leur contribution au réseau.

En revanche, l’inertie peut être extrêmement élevée par une froide journée d’hiver avec peu de vent et une énorme demande de chauffage électrique, car dans ces conditions, presque toute l’énergie produite provient de turbines à gaz ainsi que du parc de réacteurs nucléaires du pays.

La figure 5 montre ces mesures instantanées de l’inertie pour chaque jour de deux années différentes: 2009, une année représentative avant l’énorme virage du pays vers les énergies renouvelables, et 2020. Au cours de la dernière partie de cette période, les décideurs britanniques ont commencé à remplacer l’électricité produite localement, par des turbines tournantes alimentées au gaz naturel, en important plus d’énergie sur les lignes électriques à courant continu haute tension (HVDC)) à longue distance. Au fur et à mesure que cette politique se déroulera, elle amplifiera les défis de perte d’inertie parce que les lignes HVDC n’ajoutent pas intrinsèquement l’inertie avec la génération.

Au cours de cette période, l’ESO a également mis au point des méthodes de mesure de l’inertie en temps réel. L’inertie typique sur le réseau britannique en 2020 était de 200 GW. La fréquence sur le réseau 50 Hz est autorisée à varier à lintérieur d’une bande de +/- 0,5 Hz, et un déséquilibre typique entre l’offre et la demande est denviron 1 GW pendant quelques secondes. Ce déséquilibre peut être absorbé sous forme de couple sur les générateurs synchrones du réseau en consommant environ 4 GW. Ce type de calculs conduit les opérateurs de réseau britanniques à exiger que l’inertie ne tombe pas en dessous de 140 GW (ou en dessous de 130 GW après un déséquilibre majeur), de peur que le réseau ne soit mis dans un état il pourrait facilement être déstabilisé

Comme le montre la figure 5, il y a déjà eu de nombreux moments en 2020 où le réseau a connu le plancher de 140 GW, et l’inertie typique sur le réseau cette année-là était inférieure à la moitié du niveau de la décennie précédente. En raison d’une plus grande décentralisation de l’approvisionnement en énergie, la demande d’énergie du réseau s’est déplacée vers la gauche, ce qui a également réduit l’inertie. Une force encore plus importante dans la réduction de l’inertie a été le passage aux énergies renouvelables, qui explique la majeure partie du passage des points bleus aux points orange de la figure 5.

 

Leçons de la zone nordique : malgré des coûts de gestion en explosion, une situation non stabilisée et des solutions bien insuffisantes

La zone synchrone nordique, qui est une région de réseau avec une fréquence commune englobant la Suède, la Norvège, la Finlande et la moitié du Danemark, a suivi une trajectoire similaire à celle du Royaume-Uni, avec des augmentations de la production intermittente dénergie renouvelable (principalement l’énergie éolienne) en termes absolus et relatifs, ainsi qu’une expansion des interconnexions HVDC. Cette évolution a entraîné une détérioration de la gestion de la fréquence du réseau dans le réseau synchrone nordique, comme le montre la figure 7.

Cette détérioration a été maîtrisée en partie grâce à des dépenses nettement plus élevées des gestionnaires de réseau pour les fonctions de contrôle de fréquence. Malgré cela, les opérateurs nont pas été en mesure de ramener la qualité en dessous de l’objectif fixé de moins de 200 minutes par semaine en dehors de la bande de fréquences de 0,1 Hz.

Les coûts de gestion de la situation ont augmenté de 400% entre 2014-15 et 2021 (sur la base des données du gestionnaire de réseau suédois en particulier) et devraient plus que doubler au cours des cinq prochaines années.

Une tendance à la baisse de l’inertie du système peut déjà être observée dans le système nordique, avec des valeurs de crête plus faibles, des valeurs moyennes plus faibles et, surtout, des valeurs minimales plus faibles (voir figure 8). Pendant les périodes estivales venteuses avec une faible demande d’énergie, le système électrique nordique voit maintenant des niveaux d’inertie approcher les 100 GW, car l’énergie éolienne à inertie nulle et à coût marginal nul représente une grande partie de la production totale. Les prix de l’électricité déprimés en conséquence signifient que le parc hydroélectrique contribuant à l’inertie est inactif, tandis que les centrales nucléaires sont généralement fermées pour maintenance programmée pendant l’été.

Pour améliorer la stabilité, les opérateurs de réseaux électriques nordiques ont récemment introduit de nouveaux marchés nationaux pour les services de support de fréquence rapide appelés FFR (réserve de fréquence rapide). Il s’agit actuellement de marchés nationaux, mais ils seront fusionnés ultérieurement en un marché commun du réseau. Lorsque les conditions opérationnelles de faible inertie et de défauts de dimensionnement relativement élevés coïncident, le marché FFR est activé afin de compenser le manque d’inertie.

 L’un de ces points d’activation pour le marché FFR nordique est une inertie du réseau inférieure à 155 GW et un défaut de dimensionnement de 1450 MW, ce qui est déjà une situation courante tout au long des mois d’été de l’année. Les ressources sur le marché FFR consistent en des réponses de production très rapides, par exemple en augmentant la production hydroélectrique ou les batteries, ou un effacement d’urgence de la consommation via des chaudières et des fours électriques. Des éoliennes modifiées pourraient en théorie également contribuer au marché des FFR, mais aucune n’a jusqu’à présent été qualifiée pour cette fonction



Et si la tendance se poursuit…il va falloir rajouter des volants d’inerti 

Si la tendance vers des systèmes à inertie encore plus faibles se poursuit, il est peu probable que le simple fait de soutenir le système avec un volume de marché FFR plus important suffise. Une étude récente portant sur un système électrique suédois « 100% renouvelable » a estimé que l’ensemble des mesures compensatoires devrait également inclure un parc de condenseurs synchrones équipés de grands volants d’inertie en plus d’un marché FFR considérablement élargi pour que la Suède fournisse sa juste part de services de stabilité. L’analyse a révélé que les coûts de ce type de service augmenteraient d’un facteur vingt par rapport à un système ayant une capacité nucléaire maintenue ou élargie. En Australie, les coûts du contrôle de fréquence ont déjà été multipliés par sept (depuis 2015), les batteries étant utilisées pour tenter de fournir des services qui étaient, jusqu’à récemment, essentiellement fourni « gratuitement » par les grandes générations synchrones.

Le contrôle électronique ou quand un problème se substitue à un autre sans le régler ! Déjà des catastrophes évitées de peu  

Certaines études ont salué la transition rapide vers des composants contrôlables par logiciel sans contribution d’inertie comme un développement potentiellement positif pour la stabilité et la contrôlabilité du réseau, mais les praticiens du monde réel sont restés beaucoup plus prudents, et les approches logicielles peuvent également apporter de nouveaux et graves défis.

Une nouvelle catégorie de défauts basés sur des logiciels a récemment émergé avec des impacts potentiels qui éclipsent ceux traditionnellement considérés. Une erreur logicielle dans les nouvelles bornes d’interconnexion à courant continu haute tension, qui sont essentielles à lappui d’un système de production plus intermittent dépendant des conditions météorologiques, peut provoquer des défauts dans les deux sens (offre excédentaire et sous-approvisionnement) d’une ampleur bien supérieure à la perte d’un générateur individuel. (eg. arrêt brutal d’une centrale)

Et cela s’est déjà produit !

Le 17 février 2023, la liaison HVEC Nordlink d’une capacité de 1400 MW qui relie la Norvège et l’Allemagne transmettait à 1372 MW un débit de l’Allemagne (réseau continental) vers la Norvège (réseau nordique). Une erreur logicielle dans le système de contrôle Nordlink a ensuite instantanément déplacé le débit d’importation quasi maximale à 348 MW d’exportation (de la Norvège vers l’Allemagne), provoquant une sous-offre de 1720 MW dans le réseau nordique. La fréquence a chuté de près de 0,6 Hz (à 49,4 Hz) avant de se stabiliser, bénéficiant heureusement de la grande inertie disponible des générateurs synchrones en hiver (lorsque la demande et la production synchrone sont à leur plus haut niveau pour le système nordique).

Un défaut similaire s’est également produit lors des tests du système HVDC en 2020. Le défaut maximal possible de ce type, un changement instantané du bilan d’alimentation de 2800 MW, entraînerait des écarts de fréquence inacceptables dans le système de réseau nordique, même avec une très grande part de production synchrone disponible.

De telles erreurs logicielles émergentes, que ce soit dans les terminaux HVDC, les onduleurs ou d’autres composants du réseau, se produisant dans un réseau non synchrone dominé par une faible inertie, entraîneraient très probablement de graves pannes de courant. 

ConclusionDe fort défis pour les autorités de réseau : baisse de l’inertie, problème des « black start » 

Le gestionnaire de réseau britannique a tiré la sonnette d’alarme sur la baisse de l’inertie qui pourrait affecter très fortement la fiabilité du réseau. Dans sa dernière évaluation stratégique de l’exploitation du réseau, l’autorité a relevé cinq préoccupations qui se chevauchent, chacune influant sur la fiabilité.

Premièrement, l’inertie affecte la réponse en fréquence pour les raisons identifiées précédemment : la masse des turbines en rotation ;

Deuxièmement, l’inertie confère une stabilité en fréquence au réseau, réduisant le nombre et la gravité des écarts de fréquence en premier lieu ;

Troisièmement, les générateurs qui fournissaient l’inertie ont également contribué à fournir de nombreux autres services permettant notamment la stabilité en tension du réseau (pouvoir réactif) ;

Quatrièmement, les limites thermiques : le combustible pour les centrales fossiles était facile à transporter, les générateurs pouvaient être distribués dans de nombreux endroits, ce qui réduisait le nombre de chemins critiques sur le réseau, réduisant ainsi les conséquences du dépassement de limites thermiques ou de défaillances sur une seule ligne électrique, et notamment sa propagation sur le réseau. Le passage aux énergies renouvelables (et à davantage d'interconnexions avec les réseaux d'autres pays) augmentera les flux d'énergie critiques : d'ici 2030, certaines régions connaîtront des flux d'électricité de pointe supérieurs de 400% aux capacités actuelles ;

Cinquièmement, la restauration du service en cas d’effondrement ( « black start)

Non seulement la baisse de l’inertie fragilise le réseau, mais elle en complique le redémarrage en cas de problème !

Les groupes électrogènes retirés du réseau étaient également des systèmes bien testés et fiables pour redémarrer le réseau après une panne massive. Les black start » fonctionnent en restaurant des poches sur les réseaux régionaux, puis en élargissant et en reliant ces systèmes au réseau national intégré. Les nouvelles technologies, certaines disponibles, beaucoup d’autres encore à l’essai, permettent en principe de fournir une puissance réactive et des capacités de démarrage noir sans turbines en rotation conventionnelles. 

Mais il y a un monde de différence entre imaginer comment ces technologies pourraient fonctionner et les déployer réellement avec le degré de fiabilité auquel on peut s’attendre sur les réseaux modernes,étant donné que la fiabilité des réseaux est fonction du système dans son ensemble,

 


Les nouvelles technologies peuvent-elles sauver la situation ? le rôle des batteries

Étant donné que les énergies renouvelables telles que l’énergie solaire photovoltaïque et l’énergie éolienne ne contribuent pas directement à l’inertie du système, une solution couramment proposée pour gérer la stabilité du réseau, ainsi que la question de l’approvisionnement intermittent, est l’utilisation de batteries.

Dans ce contexte, les batteries peuvent fournir ce que l’on appelle une inertie « synthétique » ou « virtuelle ». Bien que les batteries à réponse rapide puissent grandement améliorer la stabilité du réseau en aidant rapidement à restaurer et à récupérer des pannes, elles ne fournissent pas un service identique à celui des machines synchrones en rotation. Par exemple, les systèmes de batteries conventionnels avec onduleurs de suivi du réseau répondent inévitablement avec un certain retard. Ce délai peut permettre aux défauts de se propager et de provoquer des défaillances en cascade dans le système, et in fine un effondrement (black out).

En revanche, une inertie réelle suffisamment disponible permet d’éviter de tels risques d’événements rapides.

Dans quelle mesure les batteries et les onduleurs formant des réseaux pourraient remplacer l’inertie conventionnelle dans les grands systèmes électriques est une question ouverte qui fait l’objet de recherches actives. Le rôle des batteries aujourd’hui dans le fonctionnement réel du réseau électrique à grande échelle n’est pas de remplacer l’inertie, mais surtout d’aider à restaurer le système sur une période de quelques secondes après une perturbation jusqu’à ce que des ressources de production d’énergie réparatrice plus lentes deviennent disponibles. 

 Assurer la fiabilité tout en apprenant de nouvelles stratégies ? 

Les expériences de tous ces pays examinées dans le présent document sont des avertissements que le défi de l’inertie ne se résoudra pas tout seul. Alors que les réseaux évoluent rapidement vers une intégration  plus forte d’énergies renouvelables et que les interconnexions jouent un rôle plus important, ce qui était autrefois une prodigieuse source d’inertie –  la production d’énergie par turbine dont peu de gens s’inquiétaient – peut disparaître rapidement. Au moins quatre leçons se dégagent.

Premièrement, mesures et prévisions sont essentielles. Lorsque les planificateurs britanniques ont réalisé qu’ils étaient confrontés à une baisse de l’inertie, ils devaient développer des systèmes de mesure et, surtout, relier ces systèmes aux opérations du réseau afin de pouvoir concevoir des limites appropriées pour l’inertie tout en assurant la fiabilité du réseau.

Plus importants encore est la mise en place de meilleurs systèmes de prévision afin que la trajectoire à long terme du réseau (et l’inertie) puisse être projetée, et la mise en place de stress tests - les organisations « gèrent ce qu’elles mesurent ».

Deuxièmement, l’innovation et l’application de nouvelles technologies sont importantes, mais il faut faire très attention à faire correspondre les attentes en matière de technologie avec une réalité éprouvée. 

Troisièmement, les incitations et le design du marché sont importants. La reconfiguration du réseau s’est produite dans une large mesure parce que les incitations politiques et la conception du marché ont poussé le réseau dans cette nouvelle direction. La perte d’inertie était un sous-produit quelque peu inattendu et complètement involontaire de ces conceptions et politiques de marché.

Le marché doit être incité à répondre à ces nouveaux défis. La politique du Royaume-Uni pour les capacités de démarrage d’urgence (black start) en est un bon exemple, tout comme les nouveaux objectifs pour l’approvisionnement en puissance réactive. De nouveaux outils de modélisation ont permis d’explorer de nouvelles configurations de centrales électriques qui pourraient remplacer une partie ou la totalité de l’inertie perdue – par exemple, des combinaisons de grandes centrales nucléaires avec des systèmes de stockage de batteries qui peuvent aider à fournir une réponse en fréquence. 

D’autres exemples incluent le marché de la réserve de fréquence rapide (FFR), lancé dans les pays nordiques en mai 2020, qui est conçu spécifiquement pour gérer les situations de faible inertie. En ce qui concerne l’avenir, l’Australie lancera des marchés similaires en octobre 2023 pour faire face au problème de l’inertie ; les décideurs australiens étudient également la création d’un marché au comptant pour l’approvisionnement en inertie. L’opérateur de réseau australien AEMO déclare qu’à relativement court terme pour gérer une situation où 100% de la demande est satisfaite par la production non synchrone (solaire et éolienne), les réseaux du pays auront besoin de ressources au-delà de celles envisagées sur les nouveaux marchés FFR – ils devront également installer l’équivalent de 40 nouveaux condensateurs synchrones à grande échelle équipés de volants d’inertie pour répondre aux exigences minimales d’inertie. 

Quatrièmement, et peut-être le plus important : soyez prudent. La fiabilité du réseau est essentielle au rôle de l’électricité dans l’économie moderne. Une perte rapide d’inertie peut rapidement créer des conditions qui rendent plus difficile la fiabilité, même si de nouvelles technologies et de nouveaux investissements tels que de nouvelles lignes électriques pourraient, à terme, permettre à de nouveaux réseaux d’être exploités avec une grande fiabilité. La perte d’inertie prématurée peut être dangereuse. Cela peut également, entre autres, amener les gestionnaires de réseau à prendre des mesures qui vont directement à l’encontre d’autres objectifs nationaux, tels que la prolongation de la durée de vie des anciennes centrales polluantes parce que de nouveaux systèmes ne sont pas encore en place pour assurer la fiabilité du réseau faute d’inertie suffisante 

Complément sur la situation française 

L’étude probablement la plus complète et aboutie publiée à ce jour, , est celle un peu ancienne d’EDF R&D (juin 2015). Elle porte sur l’ensemble des réseaux interconnectés de 34 pays européens à l’horizon 2030 et s’appuie sur plus de trente ans de relevés météorologiques combinés. Selon cette étude, et avec les moyens technologiques utilisés aujourd’hui dans les réseaux, un taux de pénétration en énergie produite de 40 % d’éolien et photovoltaïque répartis sur l’ensemble de la plaque européenne est possible. Mais à certaines conditions, telles que le maintien de moyens pilotables assurant 60 % de la production en moyenne annuelle, une contribution de l’ « inertie synthétique » des éoliennes et la modulation de leur puissance de sortie (à la hausse comme à la baisse, ce qui implique de les faire fonctionner au-dessous de leur puissance maximale possible) ainsi que celle du photovoltaïque, les renforcements ou créations de nombreuses interconnexions transfrontalières, un recours important aux effacements de la demande et aux importations/exportations.

 Ce taux de pénétration de 40 % en moyenne annuelle recouvre cependant des écarts très importants en valeurs instantanées admissibles, qui conditionnent de facto l’équilibre dynamique des réseaux : il varie d’environ 25 % lorsque la demande est très faible (c’est-à-dire lorsque le réseau a peu d’inertie mécanique car peu d’alternateurs et de moteurs y sont raccordés) à près de 70 % lorsque la demande est très élevée (le réseau a alors une grande inertie car un grand nombre d’alternateurs et de moteurs y sont raccordés) 

Autrement dit, les inquiétudes des gestionnaires du réseau britannique sur la perte d’inertie  s’appliquent dès à présent à d’autres pays européens, et si l’intégration d’Energies Variables Intermittentes dans le réseau se produit comme prévu, la grille européenne et la France seront très concernés. Et en grand danger de black out sévères.

dimanche 7 novembre 2021

RTE, scenarios « Futurs énergétiques 2050 : quelques compléments

Suite des billets sur ce blog, quelques note supplémentaires laissées de côté ou insuffisamment traités dans les deux  blogs précédents

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/11/les-futurs-energetiques-2050-de-rte.htmlhttps://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/11/rte-scenarios-futurs-energetiques-2050.html

 1) Capture et stockage du carbone« Puisque les énergies fossiles ne sont plus une option, que la solution du captage et stockage du carbone (CCS) n’est pas privilégiée pour des raisons de maturité technologique, d’acceptabilité et de disponibilité technique » (Chap1 p.8)

 Remarque :ben ça, on peut en discuter. En terme d’utilité, cette technique a fait l’objet de commentaires plutôt positifs dans le dernier rapport du GIEC (Climate Change 2021) :

« Toutes les voies analysées limitant le réchauffement à 1,5 °C d’ici 2100 sans dépassement ou avec dépassement limité comprennent l’utilisation du CCS dans une certaine mesure pour compenser les émissions anthropiques de CO2… Des options de CCS abordables et acceptables sur le plan environnemental et social à l’échelle nécessaire bien avant 2050 sont un élément important des trajectoires cohérentes à 1,5 °C »

Cf . https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/08/le-carbone-capture-and-storage-une.html.

Quant à l’acceptabilité et la disponibilité techniques, elles ne posent pas de difficultés fondamentales ou techniques majeures (beaucoup moins que l’hydrogène ou les scénarios 100%ENR) et la recherche développement progresse à grand pas.  J’entends bien que RTE entend se passer totalement de gaz pour la production électrique, ça aussi c’est un sacré pari quand on voit la place dans ses scénarios du biogaz ou de l’hydrogène. De toute façon, le CCS sera développé.

2) Sobriété :insuffisant

« l’activation simultanée des leviers du scénario sobriété n’apparaît pas de nature à infléchir la tendance prévisionnelle d’augmentation de la consommation d’électricité dans un cadre de neutralité carbone. » (C3p.51)

3) Scenario 100%ENR (M0) :en fait, non !

« Il ne peut exister aucune ambiguïté sur le caractère très ambitieux de tels rythmes, qui dépassent les meilleures performances européennes en la matière, et qui semblent aujourd’hui difficilement atteignables au vu des rythmes constatés et projetés et des difficultés d’acceptabilité des nouveaux projets. La faisabilité technique de M0 est en outre conditionnée aux différentes conditions listées dans le rapport publié conjointement par RTE et l’Agence internationale de l’énergie en janvier 2021. »

Non seulement, il est beaucoup plus cher, mais en plus, on en reste aux conclusions du rapport RTE/IAE de janvier 2021. Soit une quasi impossibilité :

Ce rapport listait 4 conditions essentielles :

(1) l’arrivée à maturité de solutions technologiques permettant de maintenir la stabilité du système électrique sans production conventionnelle : 2)  le déploiement à grande échelle des flexibilités : flexibilité de la demande, les capacités d’effacement, le pilotage « intelligent » de la consommation…(3)  la maîtrise des enjeux de développement des réserves techniques (« Bien que le dimensionnement des réserves opérationnelles et la responsabilité d’équilibre soient des enjeux bien identifiés dans le débat actuel sur l’architecture de marché, ce point n'a pas suscité une forte attention dans le cadre des travaux prospectifs sur les scénarios de long terme. Ainsi, l’effet de l'éolien et du photovoltaïque sur les réserves opérationnelles n'est généralement pas pris en compte dans les publications académiques sur le déploiement à grande échelle des EnR . (4) une mise à niveau des réseaux électriques nationaux.

Cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/rapport-iearte-conditions-et-prerequis.html

Les trois premières n’ont à ce jour aucune solution industrielle en vue, et la quatrième (le déploiement des réseaux) se heurte à un refus d’ acceptabilité sociale très forte (cf l’expérience allemande de l’energiewende : sur 3600 km de réseau supplémentaire prévus pour  2015, seuls 17% étaient réalisés en 2019 ; or l’Energiewende complète exigerait 11.000 km ! En réponse, la loi a été modifiée pour limiter les recours des riverains…)

4) Besoins de flexibilité :en explosion ! Gaz vert, vraiment ?

 

À l’horizon 2050, les besoins totaux de nouvelles flexibilités sont importants dans tous les scénarios et se situent entre 28 GW et 68 GW.( allez, une vingtaine d’EPR ?)

 

Le besoin de modulation intra-journalier augmente très fortement jusqu’à +600% à l’horizon 2060 dans les scénarios avec beaucoup de production solaire, sous l’effet principal du cycle jour/nuit de la production solaire…

 

Le besoin de modulation intra-hebdomadaire augmente très fortement, jusqu’à +300% dans les scénarios avec un fort développement de l’éolien, du fait de la variabilité d’un jour sur l’autre de la production éolienne

 

En second lieu, les scénarios nécessitent une flexibilité accrue de la demande…il peut être nécessaire de construire de nouvelles unités thermiques (cycle combiné, turbine à combustion) devant nécessairement utiliser des combustibles décarbonés..




 

Et c’est là qu’arrive…

 

5) Le problème du biogaz et de l’hydrogène

 

« La SNBC prévoit ainsi de l’ordre de 150 TWh de biométhane accessible en France à long terme (à comparer aux 480 TWh de consommation actuelle de gaznaturel), tandis que d’autres études suggèrent même que le gisement pourrait être plus limité… . Une alternative consistant à transporter le gaz par camions (biométhane « porté ») est également possible mais présente plusieurs inconvénients (nuisances, consommation énergétique du transport, etc.).l’hypothèse  de référence consiste à considérer (i) un volume de biogaz utilisable pour la production d’électricité inférieur au niveau prévu par la SNBC et (ii) une utilisation dans des installations de cogénération non flexibles .

 

Le couplage sectoriel avec l’hydrogène s’impose comme l’un des moyens les plus pertinents pour assurer le bouclage des scénarios en limitant l’utilisation de biométhane, mais nécessite que les infrastructures de production et de stockage associées à l’hydrogène soient bien dimensionnées…

 

Cependant, la boucle power-to-hydrogen-to-power est caractérisée par un rendement de l’ordre de 40% au maximum, nettement plus faible que celui du stockage par batterie ou des STEP (mais meilleur que celui d’autres alternatives de stockage de masse via le méthane, l’éthanol ou l’ammoniac). Elle nécessite par ailleurs de maîtriser l’ensemble de la chaîne logistique (électrolyse, transport, stockage, production d’électricité dans des centrales dédiées) à une échelle industrielle et de bien dimensionner les infrastructures de stockage. »

Encore une fois, le comité de prospective de la CRE se montrait beaucoup moins optimiste sur l’hydrogène, compte-tenu des difficultés et des dangers de sa fabrication (compression), stockage et distribution

 

Cf. sur ce blog

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/07/comite-de-prospective-de-la-cre-le.html, https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/09/les-enjeux-de-lhydrogene-le-rapport-de.htm

De fait, dans le chapitre 9, RTE douche un peu l’enthousiasme sur l’hydrogène :

Un effet de mode ? : La place de l’hydrogène dans les scénarios de neutralité carbone est l’un des grands enjeux actuels de la prospective énergétique. Ce renversement est d’autant plus spectaculaire que l’hydrogène tenait jusqu’alors une place marginale dans les stratégies énergétiques et climatiques mondiales.

Des stratégies divergentes : « la stratégie française consiste à produire l’hydrogène sur le territoire national selon le principe de souveraineté énergétique posé par la SNBC, d’autres pays comme l’Allemagne comptent spécifiquement sur des imports d’hydrogène, depuis des pays européens ou extra-européens, pour atteindre la neutralité carbone (NB en fait surtout africains avec une vision quelque peu néocoloniale et qui pose de sacrés problèmes logistiques) »

Un avenir en fait très incertain : « Des acteurs comme Agora Energiewende ou l’IDDRI suggèrent de concentrer dans un premier temps le développement de l’hydrogène sur des usages privilégiés dans l’industrie et indiquent par ailleurs que la construction d’un réseau d’hydrogène transeuropéen n’est pas la priorité. D’après ces acteurs, ce type d’infrastructures présente un risque de coûts échoués important, en l’absence de vision claire et consensuelle sur les projections de demande d’hydrogène…

Cette option admet néanmoins des prérequis importants et est soumise à des incertitudes technologiques (la mise au point des turbines à hydrogène est encore en cours d’expérimentation) et surtout industrielles : disponibilité de stockages d’hydrogène (stockage salins notamment) et développement d’un réseau d’hydrogène. »

Et bien sûr, la nécessité du recours à l’hydrogène pour équilibrer le réseau est très très dépendante des scenario

Et pour finir, sur les coûts : « Le prix de revient du gaz vert est déterminé dans les «Futurs énergétiques 2050» de manière endogène : il dépend du prix de l’électricité utilisée pour produire de l’hydrogène, et donc du mix électrique français…. Les coûts de production d’électricité à partir de thermique décarboné émergent dans tous les cas à un niveau élevé et très largement supérieur au coût complet des énergies renouvelables et du nucléaire. Ils atteignent un coût variable de production thermique pouvant être compris entre 120 €/MWhe dans le meilleur des cas (cycle combiné fonctionnant avec un gaz à 70 €/MWhgaz) à 400 €/MWhe dans le pire (turbine à combustion utilisant du méthane de synthèse à 160 €/MWhgaz).

 

Or prévient RTE :  « l’atteinte de l’objectif de décarbonation du système électrique est en partie conditionnée à la faculté de décarboner totalement le gaz utilisé dans les centrales thermiques, notamment dans les scénarios sans nouveau nucléaire »

 

6) Les ENR marines : déjà très chères et beaucoup d’incertitudes

 

« Des besoins d’investissements en forte hausse pour assurer le raccordement des parcs éoliens en mer Les scénarios M nécessitent une accélération extrêmement forte du rythme de raccordement (entre 2 GW/an et 3 GW/an sur la période 2035-2050 contre moins d’un GW par an au rythme actuel). Cette accélération se traduit directement dans les dépenses d’investissement pour le raccordement : celles-ci atteignent ainsi de l’ordre de 2 Md€/an dans les scénarios M sur la période 2035-2050. D’une façon générale, les coûts de raccordement des énergies marines sont soumis à de fortes incertitudes, supérieures à celles rencontrées pour des types de réseaux plus conventionnels. »

Le développement de l’éolien en mer en France ne pourra pas suivre le même chemin que celui des pays riverains de la mer du Nord. En effet, les caractéristiques de profondeur au large de certaines côtes françaises conduisent à privilégier l’éolien flottant notamment sur les façades maritimes bretonnes et méditerranéennes (caractérisées par des profondeurs chutant rapidement au large des côtes). À ce stade, la technologie des postes flottants n’est pas maîtrisée sur le plan industriel. Dans les «Futurs énergétiques 2050», tous les parcs envisagés à 2050, y compris les parcs flottants en Méditerranée ou en Bretagne, sont donc raccordés avec des postes électriques en mer qui seraient posés sur des fondations ancrées au fond marin par des pieux («Jacket»).

Les débats publics menés sur les différentes façades depuis 2019 pour les prochains appels d’offres mettent ainsi en évidence des demandes récurrentes d’éloigner les parcs des côtes, à des distances de plusieurs dizaines de kilomètres, afin de limiter les impacts sur l’environnement, la concurrence d’usages pour la pêche ou encore le tourisme et pour tenir compte des enjeux paysagers. Cet éloignement permet également de bénéficier de vents plus forts et stables »

 

6) Evaluation du coût du nucléaire : des options maximisées

 

Prolongation du nucléaire historique : Le Bilan prévisionnel 2017 avait déjà établi que la prolongation de la durée de vie des réacteurs était une option compétitive. Cette conclusion est largement confortée par les nouvelles évaluations réalisées dans le cadre des «Futurs énergétiques 2050.

Rapportées au nombre de visites décennales projetées (ou plus précisément à la puissance totale des réacteurs concernés par des visites décennales), les références de coûts conduisent dans tous les cas à un ordre de grandeur similaire d’investissements d’environ 600 à 650 k€/MW pour prolonger l’exploitation des réacteurs de dix ans (NB :soit 50 milliards pour l’ensemble du Grand Carénage-22 réacteurs).

«  Même en intégrant de manière rigoureuse la totalité des investissements nécessaires à la poursuite de l’exploitation du nucléaire existant au-delà de 40 ans et au changement des gros composants des centrales, les coûts de production à engager.se situeraient autour de 30 à 40 €/MWh en coût de prolongation (hors remboursement et rémunération de l’investissement initial), soit un niveau plus faible que celui de nouvelles installations renouvelables à cet horizon (40-80 €/MWh). Ceci fait de la poursuite de l’exploitation des réacteurs existants l’option économique la plus compétitive à moyen terme, et ce dans toutes les configurations étudiées »

                                                    

Les EPR : 4700 €/kW pour des EPR2 de série. : « Pour l’EPR de Flamanville, les dernières estimations communiquées par EDF prévoient un coût total de construction de l’ordre de 12,4 Md€2015 (environ 13 Md€2020), soit 7900 €2020/kW. Début 2021, EDF a par ailleurs revu le coût du projet Hinkley Point C en Grande Bretagne à 25-26 Md€2020, soit 7800 à 8100 €2020/kW

S’agissant du nucléaire historique, pour les paliers P4 et N4, des gains de 25 à 30% avaient été constatés entre les têtes de série industrielles et les réacteurs construits ultérieurement

Ces projections conduisent à retenir, dans la trajectoire de référence (coût médian intégrant déjà des provisions pour risque), des coûts de construction de l’ordre de 5500 €/kW pour les premiers (soit environ 9 Md€ par tranche EPR en comparaison des 12,4 Md€2015 correspondant à la dernière estimation pour l’EPR de Flamanville), avec une perspective de baisse à 4700 €/kW pour des EPR2 de série.

 

 Le démantèlement : Les charges pour démantèlement sont  des coûts prévisionnels intégrés dans les provisions à constituer à la construction des réacteurs

La loi française prévoit que ces coûts soient provisionnés par l’opérateur pour la gestion des charges futures20 : ils sont donc bien pris en compte dans l’estimation des coûts complets annualisés au titre de l’amortissement des coûts passes : les coûts liés au démantèlement pour les futurs réacteurs s’établit à environ 290 M€ de provisions à constituer à la mise en service de chaque réacteur de type EPR2, soit environ 180 €/kW de CAPEX initiaux. Dans l’analyse de RTE, ce montant est ajouté au coût des investissements à amortir à la mise en service des réacteurs

 

Les déchets : « l’hypothèse retenue pour les «Futurs énergétiques 2050» se fonde sur une évaluation volontairement conservatrice intégrant un principe de prudence, de sorte à ce que la comparaison entre les scénarios M et N ne puisse souffrir d’un risque de sous-estimation des charges futures liées au stockage des déchets nucléaires »

 

« À l’horizon 2030, des mesures sont nécessaires pour éviter la saturation des piscines existantes, qui limiterait la faculté à entreposer les combustibles usés et pourrait contraindre le fonctionnement de certaines centrales du parc nucléaire. À brève échéance, la densification des piscines de La Hague permettra d’en augmenter la capacité d’entreposage de 30%. Malgré cela, une piscine additionnelle sera nécessaire, pour un montant évalué entre un et deux milliards d’euros. Cet investissement est intégré à l’évaluation économique des scenarios (Chap11p.462) »

 

Cigéo : « les coûts considérés sont de 31 Md€2020  au périmètre de l’inventaire de référence » ;  à ceci s’ajoute «  une majoration supplémentaire de 10 Md€ pour prendre en compte la possibilité d’accueillir environ 20000 tonnes de déchets supplémentaires »

 

 

7°) Les points de vigilance sur la décarbonation

 

- l’atteinte de l’objectif de décarbonation du système électrique est en partie conditionnée à la faculté de décarboner totalement le gaz utilisé dans les centrales thermiques, notamment dans les scénarios sans nouveau nucléaire

 

- En cas de non-atteinte des objectifs de développement des énergies renouvelables ou du nucléaire,il existe  un risque de compensation par des centrales au gaz fossile

 

- un scénario de «substitution» plutôt que «d’addition» entre énergies bas-carbone conduit à faire augmenter les émissionss.  Seule une logique «additive» entre les énergies bas-carbone permet au système électrique de pourvoir à court/moyen terme à des besoins en augmentation

 

Traduction :  remplacer du nucléaire par de l’éolien est une très, très mauvaise idée  qui conduirait immanquablement à l’échec de la décarbonation. Ca s’explique très bien ainsi :


8) Dépendance et matériaux stratégiques: de nombreuses criticités, surtout pour les ENR

 

C’est un chapitre très développé dans le rapport final, et un vrai sujet d’inquiétude déjà traité notamment par l’Ademe

Sur ce blog :

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/06/le-photovoltaique-choix-technologiques.html

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/01/les-reseaux-electriques-choix.html

 

De nombreuses ressources nécessaires à la transition du système énergétique (cuivre, lithium, cobalt, Aluminium, Silicium…) présentent des enjeux de criticité réels, qui peuvent être de multiples natures et spécifiques à chaque ressource : volume des réserves connues, monopole, conflit d’usage et importance économique, substituabilité, impacts environnementaux liés à leur extraction…

 

Lithium : très critique : « Les réserves mondiales de lithium connues à l’heure actuelle apparaissent limitées en regard de la croissance de la consommation. Le scénario de référence décrit dans les «Futurs énergétiques 2050» prévoit une demande cumulée en lithium d’environ 1 million de tonnes sur les trente prochaines années pour électrifier 95% du parc de véhicules légers en France et décarboner les transports. Cette demande représente de l’ordre de 5% des réserves mondiales connues de lithium, pour les seuls besoins associés aux véhicules électriques français. lLutilisation du lithium dans les batteries apparaît aujourd’hui difficilement substituable dans la mesure où la technologie lithium-ion est largement dominante. L’approvisionnement en lithium pose des questions de dépendance géostratégique visà-vis de la Chine. Celle-ci constitue un acteur majeur intégré dans le secteur du lithium avec deux importantes compagnies, Tianqi Lithium et Ganfeng Lithium Co. »

 

Conclusion de RTE : « un des principaux leviers pour réduire la demande en métaux critiques des batteries consiste à accompagner la décarbonation des transports et le développement du véhicule électrique d’une approche de sobriété (traduction : des voitures plus petites, moins lourdes, limitation des transports individuel)

 

Cuivre : très très critique :  un métal critique, consommé dans le secteur électrique et de nombreux autres secteurs, et qui présente un risque de tensions sur l’approvisionnement à moyen terme

 

Le cuivre est aujourd’hui utilisé dans la plupart des secteurs économiques et notamment dans le secteur du bâtiment que ce soit pour l’électricité, les télécommunications ou la plomberie, ou encore dans les infrastructures de production et de transport d’électricité. Il est également utilisé dans l’automobile, les biens de consommation, la réfrigération et la climatisation, etc. Le cuivre constitue en conséquence une ressource désormais très stratégique.

 

Plusieurs organismes mentionnent un point de vigilance concernant l’approvisionnement en cuivre. L’Agence internationale de l’énergie projette par exemple un pic d’extraction autour de 2024 compte tenu des mines existantes, de celles en construction et du besoin de cuivre pour la transition énergétique. L’IFPen estime dans une autre étude que la consommation mondiale de cuivre cumulée d’ici 2050 pourrait dépasser le niveau de ressources connues en 2019. Même en prenant en compte les capacités de recyclage du cuivre (aujourd’hui environ un tiers de la demande mondiale est satisfaite à partir de cuivre recyclé), la consommation de cuivre primaire d’ici 2050 s’élèverait à plus de 80% des ressources connues en 2019 soit un niveau susceptible de compliquer fortement l’approvisionnement en cuivre. Le niveau de réserves rapporté au volume de consommation du cuivre est stable depuis plusieurs années et estimé à 30-40 ans. Bien que les budgets d’exploration sur les dernières années soient en hausse, le rythme de découverte de nouveaux gisements s’étiole, en particulier depuis 2014. Le manque de découverte de nouveaux gisements susceptibles de prendre le relais des grands gisements en fin de vie conduirait à de sérieux problèmes d’approvisionnement dans un futur proche, notamment dans un contexte d’accroissement de la demande. Des fluctuations récentes du prix du cuivre illustrent dès à présent les tensions croissantes sur l’approvisionnement de cette ressource. Dans ce contexte, le recyclage constitue un levier essential…

 

Aluminium : un classement comme matière critique par la Commission européenne mais des enjeux a priori moins contraignants que pour le cuivre

 

En 2020, la Commission européenne a ajouté la bauxite, matière première de l’aluminium à la liste des matières premières critiques (en même temps que le lithium, le titane et le strontium), du fait de plusieurs évènements significatifs qui ont mis en avant la fragilité de la chaîne d’approvisionnement de l’aluminium.

 

Remarque : le rapport fait ici allusion à la »crise des oligarques russes de 2018 » (des sanctions américaines  contre Rusal  ont révélé la dépendance très forte de l’Europe vis-à-vis de Rusal qui livre 85% des producteurs européens ) Ben oui, mais on a laissé disparaitre dans l’indifférence et au nom de la sacro-sainte concurrence l’industrie européenne et française (c’était quand même un point fort de la France) l’industrie de l »aluminium. Rappelons aussi que Dunkerque est devenue la plus importante fonderie d’aluminium de l’Union européenne, en produisant à elle seule en 2018, 13,5% de l’aluminium de l’Union (284 000 tonnes). Elle ne fonctionnerait pas sans l’électricité très bon marché et très décarbonée des six réacteurs de 900 MWe de Gravelines)



Rappelons que le  nucléaire est respectivement 20, 2 000 et 1 00 fois plus économe en cuivre que l’éolien terrestre, l’éolien maritime et le solaire PV, rapporté à l’énergie produite sur le cycle de vie de l’installation (source IRENA-2019 et JRC-2020).

Et c’est d’ailleurs vrai de tous les matériaux..




Silicium : très critique aussi

 

Dans les deux derniers mois, le prix du silicium métallique a bondi de +300% d’après l’agence Bloomberg. Cette évolution s’explique notamment par un ralentissement de la production chinoise de silicium, du fait d’un rationnement…

Le prix des panneaux photovoltaïques polycristallins pourrait en conséquence également augmenter de manière significative. Cette situation illustre ainsi la forte dépendance de l’approvisionnement en silicium à la Chine, qui domine le marché de production de silice de haute pureté et de production de silicium métallique. Toutefois la France et la Norvège sont aussi des producteurs significatifs, mais les industriels concernés connaissent aujourd’hui des difficultés économiques (notamment Ferropem en France) et prévoient des fermetures de site à moyen terme. Sans soutien ni stratégie européenne visant à préserver une part de marché européenne (alors que les réserves et l’outil industriel existe déjà), la Chine pourrait devenir le seul producteur de silicium métallique et de panneaux photovoltaïques dans le monde, fragilisant grandement la sécurité d’approvisionnement de la ressource.

 

Terres rares : La relative bonne nouvelle : l’approvisionnement en terres rares, s’il soulève des questions spécifiques en matière de dépendance à certains pays, ne constitue pas un enjeu de premier ordre pour l’évolution du système électrique. (Ouo, enfin, peut-être de coût et de pollution quand même ; c’est quand mêmepas un hasard si la Chine est en quasi-position de monopole…

 

Et la vraie bonne nouvelle : l’uranium ! : Les réserves d’uranium naturel et la chaîne de production en uranium enrichi ne semblent pas soulever de risques d’approvisionnement d’ici 2050 En 2019, les réserves mondiales d’uranium identifiées comme exploitables étaient de l’ordre de 6800 kilotonnes, représentant plus d’un siècle de consommation au rythme actuel.

 

La consommation d’uranium devrait en outre ralentir de manière plus ou moins importante, sous l’effet de la réduction de la capacité nucléaire et de l’amélioration du rendement permise par les réacteurs de 3e génération de type EPR. Dans le scénario le plus haut en matière de capacité nucléaire (N03), la consommation cumulée d’uranium naturel atteint près de 260 kt sur la période 2020-2060 (6,5 kilotonnes par an), sous l’hypothèse d’une poursuite de la stratégie de mono-recyclage actuel (des stratégies différentes pourraient légèrement modifier ce chiffre à la hausse ou à la baisse). Plutôt que sur la question de la disponibilité des réserves, l’approvisionnement en uranium naturel suscite de vifs débats autour de la question de l’indépendance énergétique

D’autres acteurs indiquent à l’inverse que la France dispose de gisements d’uranium naturel sur son territoire (même si non exploités à l’heure actuelle), de stocks constitués pour plusieurs années de fonctionnement et d’une filière de production, d’enrichissement et de traitement de l’uranium tirée par des acteurs industriels nationaux de premier plan.

 

Remarque : et avec les réacteurs de GENIV (surgénérateurs),  plusieurs milliers d’années de réserve. Et la possibilité d’utiliser le thorium, encore plus abondant…


9) Les coûts des batteries : d’importantes baisses attendues grâce à la massification de leur fabrication...mais

 

La demande accrue de certains matériaux critiques nécessaires à la fabrication des batteries, notamment pour accompagner le développement du véhicule électrique dans le monde, pourrait renchérir le coût des batteries. De manière générale, les tensions géopolitiques qui se sont fait jour au cours des dernières années accréditent l’intérêt de traiter sérieusement la possibilité d’une augmentation du coût de certains matériaux critiques dans les scénarios de neutralité carbone. Le sujet de la tension sur

l’approvisionnement de ces matériaux est discuté ci-dessus.


10) L’Europe : trop de renouvelables, pas assez de pilotable :le sécurité d’alimentation n’est pas garantie

 

« Tous les scénarios d’atteinte de la neutralité carbone publiés en Europe reposent sur une forte baisse de la consommation énergétique finale, tous vecteurs confondus. Cette baisse est supérieure à 20% pour tous les scénarios européens et nationaux identifiés…

 

Tous les scénarios reposent également sur une forte électrification des usages. L’électricité représente actuellement de l’ordre de 25% de la consommation finale d’énergie en Europe, avec des niveaux sensiblement différents entre les pays. Dans la plupart des scénarios européens ou de certains États, cette part se situe à l’horizon 2050 entre 40% et 60% et certains scénarios envisagent des taux pouvant aller jusqu’à 75%.


On retrouve la très grande incertitude et des stratégies très variables sur l’hydrogène : « l’évolution de la consommation d’hydrogène est très contrastée selon les scénarios européens et nationaux, traduisant les fortes incertitudes actuelles sur la part des usages finaux qui ne pourront pas être électrifiés. Certains scénarios limitent le développement de la consommation d’hydrogène au secteur de l’industrie, tandis que d’autres envisagent un rôle important dans la mobilité, y compris légère, mais aussi dans le secteur des bâtiments, pour le chauffage »


« Les énergies renouvelables variables représenteront au moins 70% de la production d’électricité européenne en 2050 Dans tous les scénarios d’atteinte de la neutralité carbone à l’échelle européenne, la place des énergies renouvelables, notamment l’éolien et le photovoltaïque, évolue fortement pour représenter au moins 70% de la production totale d’électricité en Europe, au détriment notamment de la production thermique fossile et, dans une moindre mesure, de la production nucléaire. »

 

La production nucléaire en Europe est amenée à se réduire de façon sensible Fin 2019, le parc de réacteurs nucléaires en Europe (EU27, Royaume-Uni et Suisse) comptait 130 unités en service pour une puissance totale installée de l’ordre de 122 GW, produisant près de 800 TWh (785 TWh en 2019), soit de l’ordre de 25% de la production d’électricité en Europe…. Plusieurs États européens ont en effet décidé de sortir du nucléaire dans les prochaines années : l’Allemagne en 2022, la Belgique en 2025 et l’Espagne en 2035. D’autres États (Royaume-Uni, Pologne, République tchèque, Slovaquie, etc.) ont annoncé vouloir construire de nouveaux réacteurs pour compenser la fermeture à venir de leurs centrales nucléaires qui arriveront en fin de vie dans les prochaines décennies ou pour permettre la fermeture de centrales au charbon. Enfin, certains pays comme la France ou les Pays-Bas n’ont pas encore pris de décision concernant l’éventuelle construction de nouveaux réacteurs. Cependant, dans tous les scénarios européens, la capacité nucléaire installée en 2050 est plus faible (ou au plus du même niveau) que la capacité actuelle »

 

Remarque : Et ce n’est pas du tout une bonne nouvelle, ni pour les coûts, ni pour la sécurité d’alimentation, ni la meilleure garantie de réussir la décarbonation

 

« Les pays caractérisés par une forte densité de population (ex. Belgique et Allemagne et possiblement les Pays-bas et Italie), qui limite le gisement ENR disponible par habitant, envisagent de s’appuyer sur les imports d’électricité (potentiellement en complément d’imports de gaz «vert») pour boucler leur système électrique. Dans la plupart des scénarios énergétiques sur l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et les Pays-Bas, ces pays sont structurellement importateurs d’électricité…. Ces différences de mix de production entre les pays du nord et du sud de l’Europe auront des conséquences importantes sur les échanges d’électricité en Europe, avec des variations de flux jour/ nuit plus marquées, et sur les flux sur le réseau de transport français qui se situe à l’interface entre ces pays.

 

Remarque : si chacun compte sur son voisin pour importer, on est mal. Et c’est effectivement ce qui se passe. On est mal. Sans compter l’acceptabilité des extension de réseau indispensable ( cf energgiewende)

Conclusion : « Il s’agit notamment d’accélérer le rythme de développement des énergies renouvelables. Elles constituent un défi aussi au périmètre européen dans un contexte d’accroissement des capacités d’interconnexion entre les pays, la superposition des stratégies définies au niveau national ne garantit pas la construction d’un système où la sécurité d’approvisionnement est assurée et où les coûts sont optimisés »

 

Remarque : on retrouve l’inquiétude exprimée par la note de France Stratégie : Quelle sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ? : » dès 2030 et vraisemblablement à une date plus rapprochée, si les tendances actuelles se maintiennent, les seuls moyens pilotables ne seront pas en mesure de satisfaire toutes les demandes de pointe moyennes »… « Une forte part d’ENRi dans le mix électrique augmente la probabilité de déstabilisation du réseau et en complexifie le pilotage » « ’essor des énergies renouvelables intermittentes doit se faire au rythme du développement de moyens d’équilibrage du système électrique »…

 

Ce  qui n’est pas le cas dans les scenario européens actuels. Donc, e très prochainement, ça ne passera pas !

 

Cf. sur ce blog : https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/note-de-france-strategie-quelle.html

 

Evolution de quelques pays européens :