Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Elisabeth Borne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Elisabeth Borne. Afficher tous les articles

samedi 25 mars 2023

Commission Schellenberger n°49: paroles de politiques : Elisabeth Borne, entêtement et art lourdingue de la défausse

 50% de plafond pour le nucléaire, mais pas de centrales à fermer

M. le président Raphaël Schellenberger. Vous aviez à l’époque, comme directrice de cabinet, produit une liste de 24 réacteurs à fermer dans la décennie suivant cette prise de décision. Pouvez-vous nous en détailler les modalités d’élaboration et les ambitions initiales ?

Mme Élisabeth Borne, Première ministre, ancienne ministre de la transition écologique et solidaire (2019-2020). J’ignore qui vous a dit que j’avais produit une liste de 24 réacteurs à fermer. L’accord entre le PS et les Verts de 2012 contenait effectivement une liste de 24 réacteurs à fermer. Cet accord politique n’a rien à voir avec mes fonctions de directrice de cabinet. Nous étions à l’époque dans le cadre du mandat de M. François Hollande, qui n’avait pas retenu cet objectif de fermeture, contenu dans l’accord Vert-PS de l’époque, Mme Martine Aubry étant Première secrétaire. Il avait en revanche gardé un objectif de 50 % du nucléaire dans la production d’électricité en 2025. Que des listes aient circulé à l’époque à la suite de l’accord Vert-PS de 2012 est tout à fait possible.

NB : mensonge et défausse : un objectif de 50% de nucléaire en 2025 impliquait bien de fermer 24 réacteurs

"Nous avons débattu dans le cadre de la loi de transition énergétique de la manière dont il était possible, y compris juridiquement, de prolonger les réacteurs au-delà de quarante ans. En effet, ces réacteurs ont été conçus sur la base d’une durée de vie de quarante ans et des débats juridiques portaient sur le fait que les enquêtes publiques menées lors de la réalisation des centrales nucléaires annonçaient cette durée d’exploitation. Certains, notamment les écologistes, qui faisaient partie de l’accord de gouvernement dans ce quinquennat, prônaient un arrêt administratif des centrales nucléaires au terme de ces quarante ans, ce à quoi je me suis opposée et qui n’a pas été retenu… Dans mon souvenir, nous avions retenu l’idée d’un débat public ou d’une consultation publique sur le principe de la prolongation et non d’exiger une nouvelle autorisation administrative.

Fessenheim : une décision politique…mais c’est la responsabilité d’EDF

 À cette époque, les modalités du plafonnement du nucléaire étaient aussi en débat, puisque le président François Hollande avait retenu l’objectif de 50 %, mais n’avait pas ciblé Fessenheim. La question de la centrale destinée à s’arrêter était donc débattue à l’époque.

M. le président Raphaël Schellenberger. Fessenheim n’était pas ciblée. Pour autant, vous comptiez dans vos équipes un délégué interministériel chargé de la fermeture de Fessenheim. Comment avez-vous construit, en 2014-2015, le choix de Fessenheim, qui est un choix politique et administratif, avec la création de ce poste de délégué interministériel ?

Mme Élisabeth Borne, Première ministre, ancienne ministre de la transition écologique et solidaire (2019-2020). Comme vous l’avez indiqué, ce choix a été politique. Pour mémoire, le sujet était celui du plafonnement, à une époque où l’on imaginait le démarrage de Flamanville beaucoup plus tôt. Pendant longtemps, l’idée a été que la puissance équivalente s’arrêterait lors du démarrage de Flamanville. Dans mon souvenir, EDF a été questionné pour savoir s’il existait un meilleur choix que celui de Fessenheim, mais EDF n’a jamais voulu proposer d’autre choix. Fessenheim a été la première centrale à avoir été construite et possède des caractéristiques très particulières qui ont rendu le processus d’arrêt irréversible, ne serait-ce qu’en raison des spécificités du combustible utilisé.

Le choix politique de l’époque était donc fondé sur des éléments qui ne relevaient pas de ma fonction de directrice de cabinet à l’époque, mais étaient sans doute en lien avec son statut de première centrale nucléaire construite, avec des sujets d’éventuel risque sismique et autres.

NB : n’importe quoi ; au moment où elle a été fermée, Fessenheim était la centrale avec les meilleurs performances

Les fermetures de pilotables mettant en danger la sécurité d’approvisionnement, c’est la faute à RTE…mais qui a nommé les responsables très politiques de RTE ?

M. le président Raphaël Schellenberger. Douze gigawatts de capacité de production électrique pilotable ont été fermés en France au cours des dix dernières années. Ces choix se fondent notamment sur des scénarios produits alors par RTE, qui prévoient des baisses substantielles du besoin électrique en France dans les années à venir. Comment recevez-vous ces scénarios au sein du ministère de l’environnement chargé de l’énergie ?

Mme Élisabeth Borne, Première ministre, ancienne ministre de la transition écologique et solidaire (2019-2020). En 2014, les informations à ma disposition étaient les bilans prévisionnels de RTE. Ils indiquaient que la problématique de la pointe était résorbée, vu de l’époque, et constataient que le solde exportateur de la France était important, avec plus de 40 térawattheures. Les bilans prévisionnels de RTE de l’époque, en lien sans doute avec les hypothèses de maîtrise de l’énergie et de réduction des consommations énergétiques, prévoyaient une évolution de la consommation d’électricité stable ou en baisse. Ces scénarios ont depuis été complètement réévalués, en lien notamment avec l’électrification des usages. À l’époque, aucune alerte ne pesait sur un quelconque risque sur la sécurité d’approvisionnement.

On peut regretter le manque de capacité prospective des administrations. Nous étions également peu avant l’Accord de Paris : nous ne nous donnions alors pas les mêmes ambitions de réduction de gaz à effet de serre. La loi de transition énergétique ne mentionne d’ailleurs pas la neutralité carbone : nous étions alors sur le facteur quatre. Donc je pense que l’on n’avait pas les mêmes objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et du coup pas les mêmes ambitions en matière d’électrification. La direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), dont c’est la responsabilité, n’a jamais contesté ni émis de doute sur les scénarios de RTE. Cela rend modeste sur les prévisions.

En 2020, Elisabeth Borne revendiquait encore la fermeture de Fessenheim  et l’objectif de baisse du nucléaire à 50% . Sans regrets.

M. le président Raphaël Schellenberger. J’en viens aux fonctions que vous avez exercées ensuite, notamment en 2020. Si comme directrice de cabinet de Mme Ségolène Royal, vous avez lancé le processus de fermeture de Fessenheim, vous en avez en quelque sorte assuré la boucle comme ministre de l’écologie en février et en juin 2020. Vous avez, à cette occasion, affirmé que l’on pouvait se réjouir de l’arrêt des deux réacteurs et qu’il marquait ainsi le premier pas vers l’objectif à atteindre de réduction à 50 % de la part du nucléaire dans le mix électrique. Considérez-vous que cet objectif doive encore être poursuivi ?

Mme Élisabeth Borne, Première ministre, ancienne ministre de la transition écologique et solidaire (2019-2020). Nous ne raisonnons plus de la même façon, puisque nous avons désormais une vision beaucoup plus ambitieuse sur la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre et donc sur nos besoins de production en électricité. Il faut aujourd’hui déterminer le meilleur chemin pour répondre à nos besoins d’approvisionnement en électricité, ce qui a conduit le président de la République à annoncer le lancement des six nouveaux EPR. Cela nous conduit à demander à l’ASN d’étudier les modalités de prolongation au-delà de cinquante ans de nos réacteurs nucléaires et à proposer au Parlement le projet de loi voté sur l’accélération des énergies renouvelables et le projet de loi en cours de discussion sur l’accélération des projets de nouveaux réacteurs nucléaires.

Limite à 50% de nucléaire ; c’est encore la faute de RTE

Pour autant, même les scénarios étudiés par RTE qui envisagent la plus forte part de nucléaire visent un niveau proche de 50 %, notamment du fait de nos capacités à mettre en service des réacteurs dans les prochaines années 

M. Jean-Philippe Tanguy (RN). Une fois de plus, les prévisions de RTE sont votre outil principal. Vous dites qu’il est défaillant. Un exemple récent : vous dites aujourd’hui que le fait que RTE n’ait pas étudié un rapport où le poids du nucléaire est plus important est lié aux limites, affirmées sans preuve dans ce rapport, de la filière nucléaire. Votre ministre en charge, Mme Pannier-Runnacher, a indiqué hier dans Les Echos qu’elle demanderait à la filière si elle était capable de faire plus. Soit Mme Pannier-Runnacher se trompe, c’est-à-dire que la question a été posée et il lui a été répondu que la filière ne pouvait pas faire plus, soit la question ne lui a pas été posée et Mme Pannier-Runnacher va lui répondre. Le fait que RTE n’ait pas fait de scénario est-il lié, oui ou non, à une réalité de la filière, ou est-elle est liée à une posture politique ?

Pas de réponse :NB : RTE lui même a souligné que 50% n'était pas une limite gravée dans la marbre, le GIFEN a démentie cette limite, Framatome s'affirme bientôt capable de fabriquer au moins 2,5 cuves par ans

Le scenario 100% renouvelable, je sais p)lus qui l'a commandé...

M. Antoine Armand, rapporteur. Mme Ségolène Royal est venue devant notre commission avec une coupure de presse signalant que vous aviez demandé à EDF d’examiner un scénario 100 % renouvelables, semblant impliquer que vous auriez soutenu un tel scénario. Quelle est votre réaction à ce sujet ?

Mme Élisabeth Borne, Première ministre, ancienne ministre de la transition écologique et solidaire (2019-2020). Nous sommes dans des domaines où l’on peut se tromper, comme l’a montré le bilan prévisionnel de RTE. Il est donc responsable d’examiner tous les scénarios, pour faire les choix en toute connaissance de cause. En l’occurrence, l’étude menée par RTE a montré qu’un scénario 100 % renouvelable n’était pas soutenable, tant sur le plan économique que de sécurité d’approvisionnement. Cet élément est important et utile pour tous ceux qui pensent que le débat public doit se tenir sur la base de faits.





mardi 16 août 2022

Le plan Borne : vers la dictature éolienne

On attendait la mise en place des orientations de Belfort sur le nucléaire, et ce qui arrive, c’est un plan extraordinaire et extralégal d’accélération des ENR  !

 Le Figaro a parfaitement résumé : « une victoire pour la filière renouvelable française, qui voit y figurer nombre de ses revendications récentes ».

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/le-plan-borne-pour-accelerer-les-projets-eoliens-et-solaires-20220812

Et même une victoire par KO !

1) Alléger les exigences environnementale  imposées jusqu’à présent aux petits projets solaires et éoliens :«les installations ENR répondent, dans un contexte de crise énergétique, à un intérêt public majeur».

Cela permettrait de déroger à la protection d’espèces protégées et ainsi de «réduire le nombre de contentieux »

2) Le gouvernement veut aussi appuyer sur l’accélérateur dans l’éolien en mer... Fini les débats publics pour chaque projet de parc. L’exécutif prévoit un seul et unique grand débat public pour toute une façade maritime, le public s’exprimant sur de grandes zones «à vocation “éolien en mer”!

NB : Alors là, c’est facile, on va simplement  dire que  la Bretagne Sud a pas vocation à  transformer son littoral en zone industrielle ?

3) L’avant-dernier article du projet de loi accélération prévoit d’octroyer un tarif réduit de l'électricité aux voisins de centrales solaires ou de parcs éoliens. «Cet article vient ainsi créer une modalité de partage territorial de la valeur des renouvelables avec les ménages résidents via leur facture d’électricité»

NB : Vous avez entendu parler de service public et d’une de ses conditions : la péréquation tarifaire ?

Au fait, si ce texte passe,  ces «mesures d’urgence» s’appliqueraient «sur une période de 48 mois», c’est-à-dire 4 ans!! La dictature éolienne jusqu’à la fin du mandat de Macron !

C’est évidemment intolérable, et, de plus, idiot !

Ce projet fou de promotion de l’éolien ne sert à rien : ni  à court terme pour régler le problème des pointes de consommation, par manque de pilotable. Ni à moyen et  long terme car investir massivement dans l'éolien pour décarboner et limiter le recours au gaz revient à se jeter dans l'eau pour éviter d'être mouillé ; Mme Borne est- elle incapable de comprendre les leçons de l’energiewende !

La biodiversité sacrifiée, c’est aussi une exigence de la Commission européenne !

Revenons sur un point : Alléger les contraintes environnementales pour déroger en particulier à la protection des espèces protégées et aux lois et règlement sur la protection de la biodiversité est déjaà plus ou moins prévu et imposé par l’Europe.

 Recommandation de la Commission relative à l’accélération des procédures d’octroi de permis pour les projets dans le domaine des énergies renouvelables et à la facilitation des accords d’achat d’électricité (18/05/2022) :

Article 24 : « Les États membres devraient veiller à ce que la mise à mort ou la perturbation d’espèces données d’oiseaux sauvages et d’espèces protégées au titre de la directive 92/43/CEE du Conseil  ne fasse pas obstacle au développement de projets dans le domaine des énergies renouvelables, en exigeant que ces projets intègrent, le cas échéant, des mesures d’atténuation visant à prévenir efficacement et autant que possible la mise à mort ou la perturbation, en assurant le suivi de leur efficacité et, à la lumière des informations obtenues dans le cadre du suivi, en prenant les mesures supplémentaires qui s’imposent pour éviter toute incidence négative significative sur la population des espèces concernées. Si ces points sont respectés, la mise à mort ou perturbation accidentelle d’espèces données ne devrait pas être considérée comme intentionnelle et ne devrait donc pas relever de l’article 12, paragraphe 1, de la directive 92/43/CEE ni de l’article 5 de la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil »

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=PI_COM:C(2022)3219&from=EN

La rédaction particulièrement alambiquée laisse peu de doute : tant pis pour les dégâts sur des espèces protégées, on compense si possible.

Compenser en matière de biodiversité marine ?  Voilà ce qu'en pense Sea Shepherd :

« Le gouvernement français a accordé à des promoteurs éoliens et des fonds de pension étrangers les plus beaux sites naturels de son littoral et a autorisé des projets d’usines dont l’impact va être colossal, impossible à compenser et irréversible pour la biodiversité marine, première régulatrice du climat, première productrice d’oxygène et premier puits de carbone de la planète »

https://newsletters.seashepherd.fr/images/septembre_2021/PROJET_FRANCAIS_D_USINES_EOLIENNES_EN_MER_-_UNE_BOMBE_A_RETARDEMENT_ECOLOGIQUE.pdf

samedi 13 juin 2020

Black out : Elisabeth Borne et François Brottes (RTE) sont sur un bateau…et commencent bien tardivement à s’inquiéter !


Conférence de presse hallucinante de Borne et Brottes, jeudi 11 juin 20 : Le black out approche

Soit la ministre de quoi au fait, de «  la transition écologique et solidaire » ( en passant, c’est quand même un peu fort de café qu’il n’y ait pas de ministre de l’énergie compte tenu de l’importance multiforme de l’énergie, essentielle à toutes les autres activités, et il n’y a même pas le mot énergétique dans on ministère et François Brottes, le président du Réseau de Transport Electrique ont tenu conférence de presse commune !
                                           
C’est qu’à force de faire n’importe quoi, les deux zouaves commencent à vraiment s’inquiéter d’un risque de blackout, c’est-à-dire d’effondrement du réseau dont ils devront porter la responsabilité politique. Un black out, c’est je rappelle l’électricité  sur toute une région ou un pays, qui pouf, disparait :  les transport en commun s’arrêtent, comme ça, en plein tunnel, plus d’ascenseurs, plus de codes, plus de lumière, plus de respirateurs, plus d’hôpitaux ( oui, normalement un groupe de secours est censé fonctionner, en théorie ; dans la pratique, les chirurgiens tentent de finir leur intervention à la lueur de leurs portables, comme c’est arrivé en Australie du Sud) plus de wi-fi,…

Tiens une petite image du black out londonien, le vendredi noir londonien -9 août 2019, 



Et le black out en France arrive. Le risque, on le connait depuis longtemps, et c’est pas une découverte. Mais la crise du Covid est passé par là et a encore aggravé la situation.

Le quasi black out du Covid : les dénégations de François Brottes

Le 23 avril 2020, en plein crise COVID, la France a échappé  de justesse à un black out avec une fréquence descendue à  49, 8801 Hz à 10 heures et 10 secondes ! En cause, exactement ce qui était annoncé, la priorité sur le réseau des ENR et leur brusque variation.

 Commentaire désinvolte du très politique président du réseau, François Brottes : c’est « une sorte de nouveau sport » consistant à « éviter les surtensions » en raison du risque d'écroulement"…."Cette situation a amené quelques surprises car on n'avait jamais connu une telle profondeur".

 Le mot black out n’a pas été prononcé, mais c’est bien ce qui a failli se passer, en plein Covid ! Avec les hôpitaux fonctionnant à plus que flux tendu !

 Et c‘était parfaitement prévisible ! La cause : l’intermittence et les fortes et rapides variations des énergies renouvelables et leur priorité d’accès au réseau. Peu avant, Fatih Birol Directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), avait attiré l’attention sur le risque accru de blackout en période de faible consommation, telle que celle entraînée par les mesures de confinement. Pour la raison que la part d’énergies intermittentes est augmentée du fait de leur priorité sur le réseau et qu’on peut d’autant moins compter sur la flexibilité de la consommation industrielle pour rétablir l’équilibre que cette consommation est réduite.

La logique du fada (François Brottes)

 Alors, cette déclaration de François Brottes est proprement ahurissante, lorsqu’il annonce fièrement : « « Le 11 mai dernier, 30% de la consommation électrique assurée avec l'éolien. Ca n'est plus anecdotique»
 Ohé Fada, justement c’est bien le problème et c’est bien de là que vient le risque de black out !!
 Bon d’abord, ce qui était vrai le 11 mai ne l’était plus du tout le 21 mai où la production éolienne représentait à tout péter 5 % de la consommation (Merci @AStrochnis https://twitter.com/AStrochnis/status/1271090727502700545?s=09)


Heureusement que le nucléaire était là et bien là !

 Et si on prend tout le mois d’avril (Merci Sylvestre Huet), on voit que le production éolienne a été constamment médiocre et vraiment intermittente


Heureusement que le nucléaire était là pour compenser . Il a vaillamment fait du suivi de charge, ce qui est un peu une aberration technique et économique, il n’est vraiment pas fait pour ça, mais il peut le faire ( et, en passant, l’EPR le fera encore mieux !)
Bon, c’est passé pendant la crise du Covid, de justesse, grâce au nucléaire, pas à l’éolien. Alors quand François Brottes se vante de ses 30% d’éolien le 11 mai, soit il est incoscsient, soit il se moque du monde. Car aller au-delà de 30% d’éolien , comme les Anglais et les Australeins  du Sud l’ont expérimenté, c’est courir le risque certain d’un effondrement massif du réseau, un black out vrai de vrai , et un sévère !

 Un black out cet hiver ? Chronique d’un désastre annoncé !

 On a échappé au black out en plein Covid, mis cet hiver, ça risque d’être beaucoup plus tendu. Et c’est pas non plus une surprise, ça a été plutôt bel et bien annonce.

 La France a un problème historique de pointe hivernale : en raison du fort équipement en chauffage électrique ( NB c’est bon pour lutter contre le réchauffement climatique, ça évite de brûler du gaz et de dégager des tonnes de CO2),  lorsque la température baisse de manière importante, il faut mobiliser tous les moyens disponibles du réseau électrique et importer de l’électricité depuis nos voisins européens – alors que la France est d’habitude exportatrice le reste de l’année !

Par hiver froid, en période normale, on est ric-rac !

Or déjà, avant la crise du Covid, et en prévision de la fermeture de Fessenheim, le RTE avait averti -le RTE, les subordonnés de François Brottes)

« Extrait du Bilan prévisionnel 2019 de RTE : «Or, au cours des 15 dernières années, la France est passée de cette situation de surdimensionnement à une situation de respect strict du critère de sécurité d’approvisionnement. Ceci est principalement le fait de  fermetures d’installations au fioul et au charbon. De nombreuses centrales de ce type (pour une puissance cumulée de près de 12 GW) ont été mises à l’arrêt depuis 2012, pour des raisons environnementales (ces moyens étaient parmi les plus émetteurs de gaz à effet de serre du parc) et économiques (ils fonctionnaient très peu). »

 Mais depuis, il y a eu 1) la fermeture du premier  réacteur de Fessenheim, puis celle du second prévu cet été. 2 fois 800 MW qui vont bien manquer !!

 Et 2) il ya eu la crise du Covid. Pendant la crise du Covid,, EDF a tenu, le nucléaire a tenu, et c’est heureux, l’électricité étant un bien essentiel. Mais  EDF a fonctionné avec deux tiers des effectifs habituels, mesures sanitaires oblige ; et les visites décennales de centrales nucléaires (6 prévues en 2020 et 7 en 2021) vont prendre trois mois de plus que prévu - certains réacteurs seront donc arrêtés plus longtemps. Et ils vont cruellement manquer cet hiver .
D’où l’inquiétude des deux compères, Borne et Brottes,  dont la responsabilité est engagée.

 Premier réflexe ; mettre en cause EDF :

 Borne : « «La crise que nous vivons nous montre les difficultés que nous avons à mener les grandes opérations de rechargement de combustibles et de maintenance de nos centrales nucléaires», déclarait le mois dernier la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne. »

 Menteuse ! Non, madame, EDF sait très bien faire ses arrêtes de tranche, elle est l’une des entreprises les plus performantes et les plus efficaces en ce domaine, au point de servir de modèle à ses homologues étrangers.

 Borne : « Du fait de la crise sanitaire, les travaux de maintenance habituels des centrales nucléaires ont été décalés. J’ai demandé à d’optimiser leur calendrier pour assurer le strict respect de la sûreté des centrales et le meilleur approvisionnement électrique cet hiver »

 Menteuse ! La crise du Covid a contraint à retarder les arrête de tranche et EDF ne vous a pas attendu pour les replanifier autant que faire se pouvait :  le groupe a reporté en 2021 la maintenance de huit réacteurs nucléaires prévue cette année, afin de pouvoir compter sur eux pendant la vague de froid.
 Au-delà, c’est pas trop possible !

 Brottes et Borne, message martelé  dans leur conférence conjointe du jeudi 11 juin. ; « Il n’y aura pas de black-out l’hiver prochain en France ». Autrement dit : pas de risque de coupure généralisé du courant.

 Ben tiens, mais c’est pas du tout l’avis du député (pourtant LREM) Anthony Cellier, rapporteur de la loi énergie climat votée en 2019. « Suite au #Covid_19, il y a un risque pour la sécurité d’approvisionnement électrique pour les hivers 2021 et 2022 en France. Pour moi, nous ne pouvons ignorer l’hypothèse d’un Blackout ! » (Twitter)

 En prévision de production, « on passerait alors d’une production de 380 terawatts-heure (TWh) en 2019 à quelque chose de l’ordre de 300 TWh en 2020, détaille François Brottes. La différence est notable. Nous serons donc cet hiver dans une situation "dégradée", avec 6 GW [de capacités nucléaires disponibles] en novembre/décembre et 3 GW en moins en février par rapport au planning prévu avant la crise sanitaire, observe François Brottes, président de RTE, en charge de l’équilibre du réseau électrique.

La première réaction , c’est déjà fallait pas fermer Fessenheim et ses 1.8GW

 Commentaire de Sylvestre Huet : « oui, cette électricité est utile…il aurait donc été raisonnable de prévoir, dès maintenant, l’arrêt définitif des deux réacteurs de Fessenheim à l’horizon 2040 au plus tard dans le cadre d’un plan général organisant la fin de l’exploitation de tous les réacteurs de cette génération afin de lisser dans le temps leurs mises à la retraite. » https://twitter.com/HuetSylvestre/status/1271158836842377217?s=09)

Elisabeth Borne a exclu de retarder la fermeture du second réacteur de Fessenheim : «  « On ne change pas de trajectoire et de politique énergétique du jour au lendemain », De fait, je laisse aux spécialistes la question de savoir si ce serait possible et si l‘Autorité de Sureté l’accepterait, et quels investissement seraient nécessaires. De fait, il paraot très difficile de revenir sur ce processus bien enclenché.

Encore une fois, c’était pas fermer Fessenheim du tout qu’il aurait fallu, une fermeture purement pour motif de basse politique, complaire aux écolos bigots et anti nuc ( ils e le sont pas tous)

Mais alors comment Borne et Brottes compte s’y prendre pour éviter le black out ?

 1) le charbon !!

 Les quatre dernières centrales à charbon encore en activité en France pourraient rendre des services précieux cet hiver en cas de pic de consommation. « Celles-ci doivent fermer d'ici 2022 – « le calendrier reste inchangé », indique Elisabeth Borne

 Tiens, on fait comme les Allemands, on ferme du nucléaire pour remettre du charbon en route. Ca, c’est de la politique climatique, cocotte !

 2) Les coupures ciblées

 - Chez les industriels : Si la température venait à descendre nettement en dessous des moyennes de saison, le gouvernement et RTE ont mis en place un bouquet de leviers pour tenter de faire baisser la consommation dans les moments difficiles. Il existe des contrats avec des grands industriels qui sont rémunérés annuellement pour accepter des coupures très rapides qui permettent d’économiser l’’énergie.

Ca c’est bon pour la production, cocotte ! déjà qu’elle est en berne avec la crise Covid,

-Chez les citoyens : on demandera aux citoyens de faire des efforts en généralisant un dispositif appelé EcoWatt, déjà testé en Bretagne et en région PACA. Les volontaires reçoivent un SMS les invitant à décaler leur consommation d’électricité lorsque le réseau est en tension.

Bon, va falloir s’acheter des couvertures ! Et les efforts seront-ils volontaires ? Après tout, avec Linky, on peut facilement à distance vous effacer du réseau si on juge que vous consommez trop !

3) les thermostats : un « coup de pouce » pour l’installation de thermostats qui permettent ne pas chauffer au-delà d’une certaine température ou de ne pas chauffer du tout en cas d’absence. Ce « coup de pouce » prendra la forme d’une aide de 150 euros en certificats d’économie d’énergie à partir du 1er juillet
 Ben, si ça se passe comme l’isolation des combles à 1 euros, il y a de sérieux doutes sur l’efficacité !

4) Une campagne de l’Ademe (Agence de l’environnemnt et de l’énergie) démarrera en septembre pour sensibiliser les citoyens aux écogestes.

 Bon, moi je serais plutôt partisan d’une campagne citoyenne pour sensibiliser l’Ademe aux réalités physiques et technologiques de la production d’électricité et au calcul du coût réel des ENR. La Cour des Comptes peut les aider…

 La logique du fada (Elisabeth Borne) 

 Coup de pied de l’ânesse : « La situation me conforte dans l’idée qu’il faut avoir un mix électrique diversifié. Tout en saluant l’extrême professionnalisme des agents d’EDF, force est de constater que dépendre d’une source d’électricité à 70 % n’est pas la façon d’être le plus résilient »
 Alors là, on hésite entre l’imbécillité ou le cynisme politicien et prendre les gens pour des imbéciles ?

 C’est en supprimant des sources d’électricité pilotables, du nucléaire, et  en les  remplaçant pas des sources intermittentes  ( et plus carbonées, surtout lorsqu’on les complète par du gaz ou pire du charbon) que l’on devient plus résilient ??? Et plus climatique ???
 Il va nous manquer cet hiver entre 3 et 6 GW de nucléaire, et c’est dramatique parce que cela va mettre, en plein hiver, notre pays en danger de black out.

 Et la conclusion, c’est : il nous faut moins de nucléaire ??

 Tiens, un avis de recherche assez drole @Tristan Kamin : pour compenser ces 3 à 6 GW nucléaire manquant, nous sommes à la recherche des 25 GW d ENR essentiellement éoliens installés à coup de dizaine de milliards d’aides et subventions diverses ( 120 milliards selon la Cour des Comptes, soit plus de 10 EPR)

Eh ben, on peut simplement pas compter dessus ! Puisqu’ils sont intermittents !

 La conclusion, c’est : il nous faut moins de nucléaire ??

 Ben non, plus de nucléaire ! C’est d’ailleurs l’avis de l’Agence internationale de l’Energie (cf. le thread de Tristan Kamin

vendredi 22 mai 2020

Le nucléaire, quelques chiffres clés



Ou comment avec une simple connaissance des ordres de grandeurs physiques, on peut prendre de bonne décisions (dédié à Elisabeth Borne pour l’ensemble de son action, et particulièrement  son scenario 100% ENR qu’elle a exigé du PDG d’EDF)

Le nucléaire, champion de la décarbonation

En terme de cycle de vie, le Ministère de la Transition Energétique donne les chiffres suivants par kWh: 6g nucléaire, 10g éolien, 32 g solaire, 443g gaz,  778g fuel, 1050g charbon.

Les éoliennes ne sont en aucun cas nettement moins émettrices de gaz à effet de serre que les barrages et les centrales nucléaires le long de leur cycle de vie. La construction d’une éolienne nécessite des travaux de génie civil important ainsi que des quantités de matériaux non-négligeables. Pour les éoliennes les plus modernes, les socles de bêton vont jusqu’à 20 mètres de diamètre et 3 mètre de profondeur et représentent 3 000 tonnes de béton armé

 Idem pour les panneaux solaires, compte-tenu de l’énergie nécessaire à l’extraction et au traitement des minéraux nécessaires. Pour ceux qui en douteraient, voyez le film Planet of humans (Planète des hommes, produit par Michael Moore et Jeff Gibbs) en donne une illustration frappante.  Dans un plan saisissant, le réalisateur montre la quantité de charbon ( ben oui, c’est en Chine que ça se passe) qu’il faut pour fondre la quantité de silice ( ben oui, c’est du beau quartz, pas du sable quelconque, comme le font croire les faussaires du solaires) nécessaire à la fabrication d’un panneau solaire. Et là vous comprenez que c’est pas du tout, du tout écologique !

Et il y a la face cachée, tellement évident, mais non-dite. Compte-tenu de l’intermittence (facteur de charge) de l’éolien, on vous vend quelque chose dont il manque les 3/4 pour que ça marche correctement…Donc de l’éolien, c’est en fait ¼ d’éolien et ¾ de gaz , et là c‘est encore beacoup, beaucoup moins favorable : 6g/kW.h contre 330g/kw.h. Idem, à peu de chose près, pour le solaire

Bon, mais même sans en tenir compte :
Et ceci, qui montre les émissions de CO2 évitées par la politique nucléaire française, par comparaison avec l’Allemagne :



Vous voyez là, dès les années 80 ! Au cours de la période 1970-2013, le nucléaire a permis d'éviter au total plus de 66 Gt d'émissions de CO2..Gigatonnes ! 


De 1977 à aujourd’hui, les centrales nucléaires françaises ont économisé 22 ans de rejets de CO2 d’un pays comme la France d’aujourd’hui ou 9 ans de rejets de CO2 d’un pays comme l’Allemagne !

Tout ce que la France a épargné en pollution et en réchauffement climatique... Prix Nobel Climatique  pour le nucleaire.. civil !

Chaque année, les centrales nucléaires évitent l’émission de 2 GT. de gaz carbonique.
Chaque année, le Photovoltaique plus Eolien  evitent 4,5 Mt CO2eq/an, soit 1% des émissions françaises ! Soit 0.25% de ce qu’évite le nucléaire !
Tout ça pour un engagement de 120 milliards d’euros, soit 10 EPR !!!!

Le nucléaire, champion contre l’artificialisation des sols.

Une des grandes vertus du nucléaire est sa forte densité énergétique : 1 g d'uranium 235 dégage autant d'énergie que 2,4 tonnes de charbon et 1,6 tonnes de pétroles !!!
Vaclav Smil a proposé en 1991, et ensuite dédié un ouvrage entier au sujet, le concept de densité de puissance : la puissance produite (ou consommée) divisée par la surface requise pour l’infrastructure de production (ou consommation). L’estimation de ce paramètre requiert de prendre en compte tous les facteurs associés à l’extraction d’une ressource comme la taille de la mine, des installations sur le site, des accès etc, et n’est donc pas trivial. Si on regarde les densités de puissance pour les méthodes de génération d’électricité on trouve de l’ordre de 200-2000W/m² pour les centrales à gaz ou nucléaires ; de 1 à 10 W/m² pour le PV et autour de 1W/m² pour l’éolien !


Ceci se traduit par la densité d’énergie :


Et donc finalement par l’occupation des sols : c’est l’énergie nucléaire qui laisse de loin, le plus d’espace à la nature. L’énergie nucléaire a la plus faible intensité d’utilisation des terres 30 fois plus faible que l’éolien et 15 fois plus petit que le solaire photovoltaïque.



Et attention : ces chiffres ne prennent pas en compte la nécessité du stockage pour les ENR solaires et éoliens. Ainsi, par exemple la batterie géante en Australie, utile pour sécuriser un secteur très isolé du réseau, occupe un hectare pour 150 Mwh. La consommation moyenne horaire de la France est d’environ 50.000 Mwh soit un hectare pour stocker 0.2 minutes de consommation et 8 min de fonctionnement d’une centrale de 1 000 MW (taille moyenne d’un réacteur nucléaire) !

Ou, autre illustration frappante : Pour remplacer une centrale telle celle de Fessenheim ( deux réacteurs, puissance nominale 1800 MW et coefficient de production de 90%), il faut donc 4000 éoliennes. Pour des éoliennes qui mesurent maintenant près de 180-200mètre en bout de pales, supposons-les espacées de 300mètres, ce qui est un minimum.
Donc, pour remplacer une seule centrale nucléaire, et pas la plus moderne, et pas la plus puissante, avec des éoliennes de 2 MW, il faudra les aligner de Nice à Perpignan (2 x 475 km) sur deux rangées tout le long de la côte méditérannéenne + le tour de Corse (325 km), soit 1350 km, ou encore de Gênes en Italie jusqu'à la pointe sud de l'Espagne…
Bon, à la louche, pour un EPR, ça devrait être à peu près pareil ….





 Ou encore, pour le solaire ! A titre de comparaison, côté consommation, la ville de Paris présente en 2009 une densité de puissance d’environ 45W/m²,  qui correspond à la consommation énergétique divisée par la superficie de la ville. Celle de l’ensemble de la région Ile-de-France est d’environ 1W/m², et pour l’agglomération lyonnaise , on trouve une valeur de 7W/m². Le rapport entre les densités de puissance de consommation et de production donne une idée de la surface nécessaire pour fournir l’énergie requise. En d’autres termes, pour subvenir aux besoins de Paris avec des panneaux solaires, il faut couvrir une surface entre 4,5 et 45 fois plus grande que celle de la ville elle-même ! Pour l’agglomération lyonnaise, une surface 7 fois plus grande que celle de la région doit être recouverte d’éoliennes pour fournir suffisamment d’énergie ! … On s’aperçoit immédiatement du défi de scénarios 100% EnRi : les surfaces occupées par les infrastructures de production peuvent être aussi grandes (voir beaucoup plus !) que les surfaces à alimenter ! »

Le nucléaire, champion de l’économie en combustible…et pourquoi pas renouvelable ?

C’est encore la forte densité énergétique des combustibles nucléaires qui explique cela : 1 g d'uranium 235 dégage autant d'énergie que 2,4 tonnes de charbon et 1,6 tonnes de pétroles !!!

Les réserves mondiales actuelles sont d’environ 100 ans pour les réacteurs nucléaires actuels à neutrons lents (dits aussi thermiques). Ces réserves prouvées sont réparties en Australie (31%) Kazakhstan (12%), Canada (9%), Russie (9%) ; Niger (8%) ;;Afrique du Sud (5%) ; Brésil (5%) ; Namibie (5%)…. Donc une grande diversité stratégique qui permet déjà une certaine autonomie.

Pour comparaison, le Pétrole, c’est environ 53 ans de réserves prouvées, le Gaz : environ 56 ans, le Charbon : environ 109 ans…
Même si l’on doublait le nombre actuel de centrales nucléaires,  l’'uranium pourrait encore suivre par des dépenses d'extraction plus importantes, permettant d'augmenter les ressources exploitables. ( Et j’exclus les quantités énormes d’uranium dissous dans l’eau de mer dont aucune technologie actuellement imaginable ne permettrait l’extraction dans des conditions énergétiquement rentables)

En plus, à côté de l’uranium, il reste le thorium, dont les réserves sont 3 à 4 plus abondantes dans l’écorce terrestre que celles d’uranium et qui peut alimenter des réacteurs nucléaires à neutrons rapides (réacteurs à sels fondus) en développement par plusieurs pays (USA, Inde, Chine)

En plus, il existe des réacteurs à neutrons rapides (RNR)  qui ont la propriété remarquable de transformer facilement l’U238 en plutonium, fabriquant ainsi leur propre combustible. Il n’y a donc plus besoin de rajouter d’U235, ni de plutonium dans ces réacteurs pendant la durée de leur fonctionnement (60 ans au moins). Tous les 5 ans, les produits de fission doivent être retirés pour remettre de l’U238, dont on dispose en grande quantité.

Ainsi, en France, au lieu d’importer 8000 tonnes d’uranium naturel par an (coût 800 millions d’euros), il suffirait de prélever seulement 60 tonnes d’U238 par an dans nos stocks (c’est la masse fissionnée annuellement en France pour produire 75 % de notre électricité).Or, 450 000 tonnes d’U238 issues du traitement de l’uranium naturel seront disponibles sur le sol français en 2040, soit plus de 7000 ans de réserve ! Ces RNR permettraient des milliers d’années de production d’électricité dans le monde uniquement avec les réserves connues d’uranium (et aussi de thorium).

La France a été pionnière en ce domaine avec 3 RNR qui ont fonctionné : Rapsodie (1967-1983), Phénix (1973-2010) et Superphénix (1985-1998). C’était aussi l’objet du programme de réacteur de 4ème génération (Astrid) qui a scandaleusement et stupidement été arrêté… Malheureusement, la France risque de se trouver dépassée dans un domaine où elle a été pionnière, car la recherche sur les ENR reste très active dans de nombreux pays : Usa, Chine, Inde, Japon…. Et pas seulement la recherche : les Russes en ont déjà deux reliés au réseau et en exploitation, à Beloyarsk (BN-600 (1980) et BN-800 (2015), la Chine progresse à grands pas avec son démonstrateur CEFR (2011), l’Inde, puissance nucléaire civile souvent négligée a son FBTR.

Avec ses réacteurs du futur (mais encore faudrait-il investir pour que le futur s’accomplisse), le nucléaire devient une énergie renouvelable !


Le nucléaire, champion de l’économie en matériaux

Une étude du Department of Energy  donne 800 t/TWh de béton et 160 t/TWh d’acier pour le nucléaire, et 8000 t/TWh de béton et 1800 t/TWh d’acier pour l’éolien, soit un facteur 10 pour le béton et 11 pour l’acier, à l’avantage, très marqué, du nucléaire.
Un ordre de grandeur calculé par Tristan Kamin pour l’EPR, centrale nucléaire optimisée du point de vue de la production et de la sécurité donne 8 fois moins de béton et 20 fois moins d’acier pour l’EPR que l’éolien par MW.h généré.

N. B.  Pour les éoliennes de dernière génération, les socles peuvent faire jusqu’à 20 mètres de profondeur et représenter 3 000 tonnes de béton armé. Leur présence est aussi un enjeu environnemental, parce qu’ils  permettent à plusieurs niveaux de la nappe phréatique, normalement séparés, de se mélanger. Et que les agriculteurs qui leur louent leurs terrains ne pourront jamais s’en débarrasser !!!


Le nucléaire, champion de l’Element Limitation Factor et de la durabilité

Bon, ça va un peu avec les deux facteurs précédents, la remarquable économie en combustible du nucléaire, et l’économie en matériaux de constructions, tout en élargissant la problématique.

L’ELF (Element Limitation Factor -limitation des éléments) est un critère de faisabilité /durabilité qui  a été présenté lors de la COP25 (http://gisoc.srweb.biz/gisoc/Docs/PosterCorrected.pdf). Schématiquement, l’idée est assez simple : une technologie ne peut pas être considérée comme capable de satisfaire les besoins si elle nécessite plus que la totalité des ressources mondiales d'un matériau donné.

Les promoteurs et défenseurs de l’éolien et du PV clament sur tous les tons le caractère renouvelable de ces énergies. Ils oublient que celles-ci consomment des quantités astronomiques de matières premières dont les sources peuvent devenir limites (en particulier métaux & terres rares) pour la construction des équipements…

En plus des principaux matériaux de construction (rappelons que le nucléaire utilise 20 fois moins de bêton que l’éolien, et le bêton lui-même, eh bien on commençait à parler de pénurie mondiale de sable – c’est pas n’importe quel sable qui peut servir à faire du bêton, celui du Sahara est inutilisable !),  l’énergie solaire et éolienne repose sur une quantité importante de métaux de terres rares dans la construction de panneaux et de turbines. L’augmentation prévue de la capacité installée de ces technologies pour atteindre les objectifs d’émissions devrait imposer des exigences importantes à l’exploitation de ces métaux. L’argent, l’indium, ainsi que le praseodymium, le dysprosium, le terbium et le néodymium ont été identifiés comme faisant face à des pénuries critiques potentielles à moins que la production mondiale ne puisse augmenter de nombreuses fois par rapport à leurs niveaux actuels. D’ici 2050, le besoin annuel d’indium pour la seule production de panneaux (basé sur les modèles IPCC SR15 de croissance de la capacité solaire photovoltaïque) dépassera la production mondiale annuelle actuelle  de douze fois ! Une telle pression de la demande introduit une incertitude économique à long terme dans l’énergie solaire et éolienne, ce qui pourrait rendre l’investissement non viable – et même une incertitude physique fondamentale !.

Sans compter qu’une telle augmentation des exploitations minière pose de redoutables problèmes d’environnement – l’exploitation minière devient  l’un des principaux moteurs de la déforestation et de la perte de biodiversité, de pollution, de toxicité environnementale et pour les travailleurs.
 « Le monde s’est organisé entre  ceux qui sont sales et ceux qui font semblant d’être propres »….il faut purifier huit tonnes et demie de roche pour produire un kilo de vanadium, seize tonnes pour un kilo de cérium, cinquante tonnes pour un kilo de gallium …«Une mine, c’est un véritable choc visuel, un derrick à côté ce n’est rien. Nous avons pu approcher des mines en Chine et des lacs de rejets d'effluents toxiques d'usines de raffinage en Mongolie. C’est l’enfer de Dante. Tout est pollué là-bas, les sols, les airs, les nappes phréatiques. Les eaux chargées en métaux lourds sont déversées dans des lacs artificiels qui débordent régulièrement et polluent les fleuves, tels que le Fleuve jaune. » (Guillaume Pitron, La guerre des métaux rares) »

Qui sont les véritables écologistes, les pro ou les anti-nucléaires !

Autre exemple de Limitation Factor, qui concerne le stockage, absolument indispensable pour les que les ENR  (pardon, Energies dites renouvelables) soient vraiment utiles. L’Académie des Sciences a publié en 2017 une étude rappelant que pour stocker 2 jours de besoins électriques d’hiver pour la France, il faut 15 millions de tonnes de batteries contenant 300 000 tonnes de lithium soit 7 fois la production mondiale actuelle de lithium.

Et quand au caractère durable de l’éolien : En Californie, ce sont déjà plus de quatorze mille éoliennes rouillées, abandonnées dans des paysages de désolation et d’abandon. Nul ne sait quoi faire des pales, habituellement composées d’un mélange de fibre de verre et de fibre de carbone, liées à l’aide de résine de polyester ;  impossible de séparer et recycler ces matières (qui pourraient s’accumuler au rythme de 16 000 tonnes par année à partir de 2021 en Allemagne), impossible de les brûler, les résidus obstruent les filtres des incinérateurs…


Le nucléaire, champion d’une production électrique pilotable et économique

Au contraire des ENR, fatales et intermittentes, le nucléaire vous donne de l’électricité quand vous en avez besoin, de jour comme de nuit, et pas seulement quand il vente ou fait soleil.  Un trop fort taux d’ENR n’est pas compatible avec la stabilité du réseau électrique.  40% d’éolien, c’est la certitude d’effondrements massifs du réseau, ce qui s’est produit en Australie du Sud qui a dû en catastrophe relancer ses centrales à charbon. Un black out majeur à Londres et dans le Sud-Est de l’Angleterre  s’est aussi produit le 9 août 2019…mais l’Angleterre acompris la leçon et relance le nucléaire. L’éolien allemand menace la stabilité du réseau européen, donc français (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/01/petits-problemes-avec-leolien-1-leurope.htlm). Non seulement on ne vas pas vers une intégration croissante des réseau européeens, mais vers un fractionnement, les voisins de l’Allemagne devant se protéger des débordements de l’éolien allemand.

La course au gigantisme des éoliennes ne masque pas pour autant les problèmes d’intermittence de l’éolien. Le 14 mars 2019 à 14 heures 30, il a couvert 18 % de la consommation française d’électricité avec 12 323 MW, un record. Mais le 5 décembre à 12 heures, la production n’était que de 691 MW, soit moins de 1 % des besoins, obligeant la France à recourir aux importations.

Et on fait quoi avec ça ?



Et en ce qui concerne une producton économique, ces chiffres

Nucléaire historique :33-40€/MWh
Photovoltaïque : 62-99€/MWh
Eolien : 60-65€/MWh
Eolien marin : 200-220/MWh
EPR:+110€/MWh

Ajoutons les subventions publiques: Eh oui, les producteurs « alternatifs »  les oublient souvent !

Nucléaire : 25€/MWh
Eolien: 476 €/MWh
Photovoltaïque :+500 €/MWh

Et sur le bilan économique d’une transition ENR on pourra aussi utilement regarder l’évolution des prix de l’électricité France Allemagne :






Le nucléaire, champion du Taux de Retour énergétique (Energy Return On Investment ou Energy Return on Energy)


C’est vraiment un paramètre fondamental physique, dont l’importance est assez facile à comprendre.  L’Energy Return On Investment ou plus exactement l’ EROEI (Energy Returned on Energy Invested - TRE : taux de retour énergétique) est le rapport de l’'énergie utilisable acquise à partir d'une source donnée d'énergie, à la quantité d'énergie dépensée pour obtenir cette énergie. Quand l'EROEI d'une ressource est inférieur ou égal à 1, eh ben, il vous faut plus dépenser plus d’énergie pour l’extraire que vous ne pouvez en extraire, donc ça le fait pas du tout..
Je consacrerais un blog plus détaillé à l’EROI, dont la mesure est assez complexe. Il est utilisé depuis très longtemps pour comparer par exemple la productivité de deux gisements de pétrole ou d’un gisement au cours du temps, et là c’est assez simple. Par exemple, l’EROI moyen du pétrole américain est considéré par l’école d’économie de Cleveland comme supérieur à 100 dans les années 40, environ 20 dans les années 70 et environ 8 aujourd’hui, ceci reflétant l’épuisement du pétrole facie à extraire.
Lorsqu’on compare plusieurs sources d’énergie, ç’est toujours une constante fondamentale, mais ça devient plus compliqué car il faut prendre en compte des paramètres analogues mais différents. L’étude que je trouve la plus complète convaincante et honnête a été effectuée par une équipe de physiciens allemands  et un bon résumé publié par Forbes. Pour les ref :

Weißbach D et al., “Energy intensities, EROIs (energy returned on invested), and energy payback times of electricity generating power plants”, Energy, 2013, 52 :210-221

L’étude  prend en compte toute la chaîne comprenant le transport des matériels de construction, les fondations, les liaisons au réseau, l’entretien et la maintenance, la main-d’œuvre et la compensation des variations de production. Si l’énergie est pilotable, pas besoin de stocker, si elle est intermittente il faut prendre en considération l’énergie pour construire les installations de stockage- le graphe final montre le résultat avec et sans stockage. Pour le nucléaire, la durée de vie a été prise à soixante ans, et la technique d’enrichissement de l’uranium considérée est la centrifugation, qui consomme environ vingt fois moins d’énergie que la diffusion gazeuse. Le fait que le nucléaire ait un EROI aussi élevé est dû à la durée de vie des installations, et surtout au fait qu’il s’agit d’une forme d’énergie extrêmement concentrée : pour faire fonctionner une centrale électrique de 1 GW, il faut 27 tonnes d’uranium enrichi par an, alors qu’il faut environ 260 tonnes de charbon à l’heure.

Le résultat est ans appel !!!
NB : pour que nos sociétés puissent continuer à fonctionner, dans cette étude, l’EROI minimal doit être égal à 7 !


NB : une autre mesure de l’EROI peut être calculée ainsi : Pour fabriquer un panneau solaire, il faut du silicium qu’il faut préparer à partir de la silice : extraire de la silice assez pure (du kaolin et pas un sable quelconque !) le chauffer vers 3000 °C en atmosphère réductrice, le purifier par chauffage vers 1500°C. C’est extrêmement couteux en énergie ! Pour que sous forme de panneau soliare, il rembourse l’énergie qu’il a coûté, il faut en France entre 3 et 5 ans d’utilisation ( un peu moins dans des pays très ensoleillés)

Et attention : dans cette étude, Weißbach et al utilisent comme stockage pour les ENR la technologie de stockage hydroélectrique la moins gourmande en énergie, le stockage de l’énergie hydroélectrique pompée. C’est la technologie qui abaisse le moins l’ROI, la technologie la plus favorable pour les ENR ! Les batteries sont environ dix fois plus gourmandes en énergie que le stockage hydroélectrique pompé, de sorte que le stockage de la batterie n’est pas viable du tout pour les applications à très grande échelle !!!!!

Le nucléaire est la plus sûre des énergies- même Tchernobyl compris

 Oui , et pour commencer direct, ceci :




L'expérience acquise depuis plus d'un demi-siècle permet d'évaluer la probabilité d'accident mortel par kWh et de la comparer à celles des autres énergies : même en prenant en compte les évaluations les plus pessimistes sur les morts liées à Tchernobyl et Fukushima ainsi qu'aux mines d'uranium :

La mortalité due à l'électricité nucléaire est de 90 décès par billion (= mille milliards) de kWh
100 000 pour le charbon (toujours par billion de KWH.),
36 000 pour le pétrole,
4.000 pour le gaz naturel,
1 400 pour l'hydroélectricité,
440 décès pour le solaire photovoltaïque
150 décès pour l'éolien

Commentaire : Eh oui, si les déchets nucléaires, on peut les stocker dans des piscines en attendant le recyclage dans Astrid et l’enfouissement géologique profond avec Cigeo, les déchets du charbon, du gaz et du pétrole, ils finissent dans vos poumons…où ils ne font pas de bien, mais alors pas du tout. Quant à l’hydraulique, il a été marqué par des catastrophes majeures ( Morvi ; 15.000 morts ; Banquiao : 170.000 morts ; en France, Malpasset, 423 morts)

Ce chiffrage a fait l’objet d’une discussion et d’une confirmation poussées dans un thread de Kopecz https://twitter.com/Kopecz93/status/1168100595607199744?s=19 .

Les chiffres du charbon, du pétrole, du gaz naturel ne souffrent pas de contestationsPour l’hydraulique, on pourrait choisir ppourquoi pas d’enlever les évènements extrêmes de Banqiao. (Chine 1975...) mais situé autour de 170000. Si on s'intéresse à une gestion plus... sérieuse de l'hydroélectricité, on obtient tout de suite beaucoup moins: 5 morts pour 1000 TWh produits (soit environ 2 ans de consommation électrique française) en ce qui concerne l'hydroélectricité US. Mais, à ce moment là, on pourrait aussi enlever Tchernobyl du nucléaire, et ne s’intéresser qu’ à une gestion…plus sérieuse du nucléaire ; ainsi, pour les USA seuls, donc sans Tchernobyl: 0.1 morts pour 1000 TWh.

On reste largement en dessous de toutes les autres énergies, et cela s‘explique par le dénominateur, la quantité énorme d’énergie générée par le nucléaire. Ainsi, comment le solaire et l'éolien peuvent atteindre plusieurs centaines de morts pour 1000 TWh, soit 2 à 4 fois plus que le nucléaire ( et  plusieurs milliers de fois plus que le nucléaire sans Tchernobyl !) ?

Hé bien c'est très simple: le solaire et éolien tuent très peu aussi... Mais produisent aussi beaucoup, beaucoup moins que le nucléaire ! Prenons le solaire par exemple: 440 morts pour 1000 TWh. On arrive donne donc à 440*0.1 = 44 morts minimum. La production solaire est tellement faible que même 1 seul mort aurait conduit à 10 morts pour 1000 TWh,
Bien entendu on peut faire pareil avec l'éolien. On est autour de 425 TWh au 1er janvier 2012. Soit, à raison de 150 morts/1000TWh, 64 victimes. Un montant qui s'atteint rapidement. Ah oui, car les margoulins de l’éolien maltraitent autant leurs employés que les chiffres…

L'investissement énergétique le plus décarbonnée, le plus écologique du point de vue de l'occupation des soles, de l'utilisation des combustibles et matériaux, le plus efficace, le plus économique , le plus stratégique, le meilleur du point de vue physique  fondamental du taux de retour énergétique ( TRE, EROI, EROEI), c'est le nucléaire !