Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est consommation électrique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est consommation électrique. Afficher tous les articles

dimanche 24 décembre 2023

Contribution de l‘association PIEBÎEM à la consultation publique sur la Stratégie française pour l’Energie et le Climat-21 décembre 2023

 Conclusion  : Pour toutes les raisons exposées ci-dessous, PIEBÎEM considère que nous n’avons nul besoin de cette ceinture de 50 zones industrielles proches de nos côtes (moins de 20 km en moyenne contre 40 km en Europe), qui annihile 100 ans de protection du littoral, constitue une menace d’une ampleur inégalée contre la biodiversité, en particulier dans le couloir atlantique, zone majeure de migrations d’oiseaux de cétacés et de poissons, met en péril la pêche côtière, le nautisme, le tourisme et remplace pour des dizaines de millions d’habitants et de visiteurs la vision apaisante du grand large par celle d’un horizon barré d’éoliennes. 

Et tout cela pour une production électrique très coûteuse, décorrélée des besoins, d’une variabilité telle qu’elle menace la stabilité du système électrique et qui ne sera disponible, pour l’éolien flottant qu’à l’horizon 2040 où le nouveau nucléaire devrait commencer à prendre le relais. En sus, PIEBÎEM souligne que la méthode proposée par le ministère dans sa Stratégie française pour l’énergie et le climat est inacceptable à bien des égards et comporte de sérieux risques juridiques.

Extraits

1 - Remarque sur l’évolution de la consommation électrique : De façon générale, l’association PIEBÏEM qui a participé à plusieurs ateliers RTE sur les Futurs énergétiques 2050, appelle à la prudence devant les projections de demande électrique des scénarios RTE...

En 2021, RTE présentait une estimation de l’évolution de la demande d’électricité avec une hypothèse de référence à 645 TWh en 2050, critiquée comme sous-estimée par des institutions comme l’Académie des Sciences (700-900 TWh) et différentes parties prenante.

RTE considère aussi maintenant que les « perspectives d’électrification augurent d’une consommation d’électricité en très forte augmentation d’ici 2035 », avec une trajectoire moyenne à 450 TWh et une trajectoire haute vers 550 TW. Cette forte réévaluation de la demande, en particulier à l’horizon 2035 nous semble critiquable, et comme d’autres parties prenantes, notamment EDF et certains syndicats, nous pensons qu’il faut rester prudent sur la vitesse de cette croissance de la demande d’électricité.

 De façon réaliste, en accord avec les parties prenantes mentionnées, nous privilégions l’hypothèse d’une croissance de la demande plus forte sur la période 2035- 2050 que sur la période 2023-2035, ce qui devrait conduire RTE à ne pas surestimer la « très forte augmentation d’ici 2035… et par conséquent les besoins de développement de l’éolien en mer. 

Nous sommes donc en désaccord complet avec la conclusion suivante du document présenté par le ministère pour la consultation publique sur la Stratégie française pour l’Energie et le Climat- : « Au-delà de cette relance du nucléaire, la stratégie française repose sur le développement des énergies renouvelables qui sont désormais rentables et compétitives"

2 - Les raisons de notre opposition au programme éolien en mer

PIEBÎEM s’oppose de manière résolue au projet insensé de déploiement d'éolien offshore de 18 GW en 2035 et 40 voire maintenant 45 GW en 2050 (ce qui correspondrait à plus de 50 zones industrielles éoliennes off shore de la taille de 1,5 fois Belle-Ile et 4 fois sa hauteur) dont plus de 30 (25GW) pour la seule Bretagne) Ou encore à 90 équivalents Saint-Nazaire pour les côtes françaises, dont plus d’une cinquantaine pour la Bretagne. 

Ce serait une transformation généralisée de la mer côtière en zone industrielle, une accaparation et une privatisation sans précédent d'un bien commun, pour une triple absurdité : climatique, électrique, écologique :

- Les côtes françaises se prêtent très mal au développement de l’éolien en mer...Le résultat, c'est l’annihilation de plus de 100 ans d'effort de la protection du littoral...

-Sur la côte atlantique, la position de ces parcs formant une véritable barrière de migration dans des couloirs de migration intercontinentaux d'importance majeure...

- L’intérêt climatique est nul : compte-tenu de l'intermittence et de la forte variabilité, qui exigent des back-up fossiles...

- L’intérêt électrique est nul : de nombreux scenarios (émis par les think-tanks Cérémé, Sauvons Le climat) montrent que l'on peut largement se passer de l'éolien offshore avec notamment prolongation du nucléaire existant à 60 ans pour la plupart des centrales existantes (voire à 80 comme aux USA, pour certaines) et à un développement accéléré mais réaliste du nouveau nucléaire entre 2035 et 2050 pour arriver à l’équivalent d’une vingtaine d’EPR2 en 2050

- La technologie éolienne nous impose une très forte consommation de matériaux, métaux critiques, terres rares et une très forte dépendance étrangère (en particulier chinoise). Les tensions sur le cuivre, les terres rares, l'aluminium, les câbles électriques... se manifestent déjà 3 par une explosion des coûts et des goulots d'étranglement.

- Ces limites physiques du déploiement de l'éolien offshore conjuguées à un mensonge généralisé sur les coûts (des appels d'offres à 50 euros, moins chers que l'éolien terrestre !) se manifestent déjà par l'absence de réponse à l'appel d'offre éolien offshore en Grande Bretagne de septembre 2023, ainsi que par les difficultés très graves des industriels du secteurs....

Visiblement ces données récentes n’ont pas été prises en compte dans le document proposé par le ministère sur la Stratégie française pour l’énergie et le climat car elles rendent difficilement compréhensibles l’assertion sur « le développement des énergies renouvelables désormais rentables et compétitives » 

- L'éolien flottant, qui permettrait de s'éloigner des côtes n'est pas technologiquement mature.

- La préservation de la pêche durable est purement et simplement incompatible avec le développement de l'éolien offshore prévu le long des côtes françaises.

- le ministère reprend sans critique, ni même recul les promesses d’emplois des industriels du secteur ENR...Nous tenons à rappeler qu‘il y a dix ans, le gouvernement écossais proclamait qu’il visait à devenir” l’Arabie Saoudite des Energies renouvelables” et le leader de l’Europe et promettait la création de 28 000 emplois rien que dans l’éolien offshore. En réalité, dix ans après, l’éolien off-shore n’a fourni qu’un dixième des emplois alors promis par les dirigeants écossais

- Objectifs de moyens et objectifs réels de décarbonation: Rappelons enfin que la France se bat (maintenant, enfin !) au niveau européen pour que soient pris en compte des objectifs réels pertinents (pourcentage de décarbonation) et non des objectifs de moyens (pourcentage de renouvelables, en fait énergies variables intermittentes) dont le manque de pertinence quant au problème du dérèglement climatique est révélé jour après jour par la situation allemande et sa comparaison aux performances françaises en matière de décarbonation de l’électricité. Il serait pour le moins paradoxal que la France s’applique en interne des engagements de moyens (éolien en mer), aux surplus inopérants, qu’elle met à juste titre en question au niveau européen. 

3 - Les raisons de notre opposition aux méthodes proposées pour le développement de l’éolien marin 

Ne souscrivant pas à l’objectif de développement de l’éolien marin présenté par le ministère dans ce document sur la Stratégie française pour l’Energie et le Climat, PIEBÏEM s’oppose donc également très fortement à la méthode proposée...

Cette accélération du processus s’apparente, en ce qui concerne la protection de la biodiversité, à un saut dans un inconnu inquiétant en plaçant une telle chaine quasi-continue de parcs dans des couloirs de migrations transcontinentaux très fréquentés et très importants pour l’avifaune et les cétacés, alors que toutes les autorités environnementales soulignent que nous n‘avons aucun recul sur l‘effet cumulé de parcs. Il y a là un risque imminent d’une ampleur totalement inédite pour la vie et la biodiversité marine côtière qui justifie, au nom du principe de précaution, un moratoire et non une accélération, 

Outre ce très grave enjeu de protection de la biodiversité, PIEBÏEM met en garde l’administration française contre un processus d’accélération qui, très clairement ne respecterait la démocratie locale et contreviendrait aux obligations de la convention d’Aarhus....

Par ailleurs, PIEBÏEM rappelle que les autorisations de dérogation « espèces protégées » (59 pour le seul parc de Saint-Brieuc !) doivent répondre à trois critères : absence de solution alternative satisfaisante,maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle et existence d’une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM)

Comme le note le juriste Laurent Bordereaux : « la notion de « raison impérative d’intérêt public majeur 5 » comporte une part évidente de subjectivité et nous emmène, concernant les Energies Marines Renouvelables, sur le terrain sensible et complexe de la juste proportion du nucléaire et des énergies renouvelables dans la production d’électricité, dans un contexte national et européen… Comment le juge pourrait-il échapper à cette « controverse sociétale ?

Pour la contribution complète, cf PIEBÏEM ( Préserver l'Identité Environnementale de la Bretagne Sud et des Îles contre l'Eolien en Mer )

https://piebiem.webnode.fr/consultations-et-courriers/

https://piebiem.webnode.fr/piebiem

https://6c235661d6.clvaw-cdnwnd.com/e49789b9b85d0e6024c00e24b0cd330c/200000545-4381243814/PIEBIEM_consultation_Strat%C3%A9gie%20fran%C3%A7aise%20Energie%20Climat_21dec2023.pdf?ph=6c235661d6



dimanche 21 mars 2021

Perspective de la demande française d’électricité d’ici 2050, Académie des Technologies_mars 2021

 Note précieuse de l’Académie des Technologies, reference : http://academie-technologies-prod.s3.amazonaws.com/2021/03/10/20/46/10/c568c3dc-9738-4a03-ba45-141e3b75c086/Avis_besoins_energie_2021.pdf


Une stratégie nationale basse carbone et une PPE irréalistes !

 La consommation annuelle d’électricité en France a été d’environ 470 TWh, décarbonée à plus de 90% ; dans le même temps, les consommations de pétrole et de gaz naturel ont été respectivement d’environ 900 TWh et 450 TWh. L’électricité ne représente aujourd’hui que le quart de la consommation d’énergie. Les seules économies d’énergie ne suffiront pas à sortir du pétrole et du gaz naturel : comme le prévoient également l’Allemagne et la Grande-Bretagne, le recours à l’électricité en France devra croître significativement pour se substituer aux consommations de pétrole et de gaz. Diverses estimations récentes sous-estiment cette croissance. Or des anticipations erronées affecteraient la sécurité de notre approvisionnement énergétique et la vie quotidienne des français.


Les hypothèses de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC - 630 TWh en 2050) sont trop basses !

Après économies d’énergie (50 % des consommations actuelles selon un objectif ambitieux), et en faisant l’hypothèse d’un potentiel de bioénergies de 425 TWh (jugé optimiste dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie ; les bioénergies représentent actuellement 180 TWh) ;  la demande d’électricité (470 TWh actuellement) pourrait aller de 730 TWh à plus de 840 TWh en 2050 si l’on intègre un doublement de la demande d’hydrogène par rapport à son niveau actuel.

 La demande d’électricité sera encore plus élevée si la part des renouvelables intermittents est élevée, et celle du nucléaire faible ou nulle. En effet un mix dominé par des énergies intermittentes nécessite un stockage important de méthane ou hydrogène, puis une conversion en électricité (Power-to-Power) ; le médiocre rendement de cette chaîne pèse sur le besoin primaire en électricité

 En outre, la sortie du pétrole et du gaz naturel ne se fera pas « TWh pour TWh ». L’électrification d’une partie des usages permet de réduire la consommation d’énergie finale grâce au rendement élevé de certains processus électriques. A contrario, pour d’autres usages, il faudra développer des carburants de synthèse liquides ou gazeux à partir d'hydrogène produit par électrolyse et de gaz carboniqueOr les rendements des processus de production de carburants de synthèse à partir d’électricité ne dépassent que rarement 40 %. Les conséquences du couplage intersectoriel sur la demande totale d’électricité doivent être prises en compte…

 Doublement de la consommation d’électricité par rapport à l’actuel : c’est aussi ce qu’estiment l’Allemagne et l’Angleterre !

 L’Allemagne anticipe un quasi-doublement de sa consommation annuelle d’électricité en 2050 ; elle atteindrait 1 000 TWh.  Selon le Gouvernement britannique, la consommation annuelle d’électricité devrait doubler d’ici 2050.

 Commentaire : En 2015, l'Ademe estimait à 400 TWh la demande en électricité en 2050. Deux ans plus tard, elle évoquait une conso à plus de 500 TWh. La SNBC retient désormais 630 TWh. Pour l'Académie des technologies la demande pourrait même monter jusqu'à 850 TWh.

 Nous sommes les seuls à anticiper une aussi faible augmentation de la production d’électricité, et c’est là-dessus, sur une PPE et une SNBC irréalistes que nous basons tout le reste, notamment les besoins en nucléaire et en extension de réseau. Ca le fait pas !

 Et la conséquence s’impose : il va falloir jeter la PPE à la poubelle et tout refaire!


Le problème de la pointe et la sécurité du réseau :

Pour dimensionner un système électrique avec une forte proportion d’énergies intermittentes, un autre paramètre essentiel est la puissance appelée à la pointe ; elle a dépassé en France 100 GW en 2012, et elle était de 89 GW dans les conditions climatiques fréquentes de début janvier 2021. On peut admettre qu’une meilleure gestion de la demande grâce notamment à des signaux tarifaires pertinents, une plus grande efficacité des moyens de chauffage et le développement de marchés de capacité permettront de contenir la croissance de la pointe en deçà de la croissance de la demande moyenne ; elle pourrait cependant atteindre, voire dépasser 130 GW d'autant que les pompes à chaleur directes, même si elles permettent une réduction de la consommation, connaissent une chute de rendement aux basses températures.

D’où les recommandations de l’Académie des Technologies sur la prévision de consommation :

- Préparer une forte croissance de la production d’électricité ; La sortie du pétrole et du gaz naturel va nécessiter une croissance de la production d’électricité de 55 % à 85 %.

- La pointe augmentera de plus de 30 %.

 - Les hypothèses à long terme concernant les moyens de production et les réseaux doivent prendre des marges pour ne pas risquer de contraindre la disponibilité et le coût de l’énergie

La construction d’hypothèses de coût

Certaines études récentes projettent une décroissance régulière du coût d'investissement des énergies renouvelables intermittentes. Il est vrai que ces énergies ont connu d'importantes réductions de coûts ces vingt dernières années ; mais des extrapolations à des horizons lointains et sans asymptote sont discutables. En outre les études publiées ne prennent pas généralement pas en compte les coûts induits pour le renforcement des réseaux. »

« Il conviendra d'être particulièrement sensible à l'anticipation du coût des moyens de stockage et de conversion d'énergie (Power-to-Power). Ces moyens sont indispensables pour garantir la fourniture d’électricité (énergie consommée mais aussi puissance appelée) lorsque les énergies intermittentes produisent peu ce qui peut durer plusieurs jours voire semaines consécutives ; les ordres de grandeur des capacités à installer peuvent dépasser 80 GW pour satisfaire les pointes, avec des facteurs de charge très faibles et donc des coûts élevés »

« Les hypothèses de coûts d’un nouveau nucléaire «  ne peuvent se fonder sur le seul coût de réalisation d’unités prototypes comme les EPR finlandais et français, alors que l’écosystème d’approvisionnement avait disparu et que l’expérience de conduite de grand projet s’est perdue (pas de construction pendant quinze ans »

référence indiquée : OECD NEA - Unlocking Reductions in the Costs of Nuclear: A Practical Guide for Stakeholders - https://bit.ly/3b1TF1  

« Comme le propose RTE de multiples scénarios doivent être investigués ; il ne faudra cependant pas que les décisions soient prises au seul vu de simulations économiques nécessairement très incertaines ; mais il faudra intégrer les risques de dimensionnements insuffisants (sécurité énergétique) ou de réalisations tardives des investissements, qui pèseraient sur la croissance. En outre les défaillances de réseau (pannes) ont un coût direct et immédiat. »

Commentaire : certains se spécialisent dans les hypothèses de coût  systématiquement favorables aux ENR et tout autant systématiquement défavorables au nucléaire. Particulièrement visés ici Quirion et al, https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3592447

Et finalement les recommandations de l’Académie des Technologies :

 - Anticiper des évolutions de coût raisonnables et justifiées

- Ne pas prolonger à l’infini les baisses de coût des énergies renouvelables. Admettre des baisses par apprentissage et effet de série pour les autres modes de production d’énergie (NB : le nouveau nucléaire)

- Prendre en compte le coût de la chaîne Power to Power requise dans les scénarios à forte composantes d’énergie intermittente (forte capacité, faible utilisation).

- Intégrer dans les décisions les coûts directs, mais aussi les coûts induits (sécurité d’approvisionnement).

-Prendre en compte l’augmentation du coût du réseau de transport et de distribution (faibles économies d’échelle ; longs délais de réalisation)

Commentaires :

Sur les coûts et l’acceptabilité du réseau : Il faudrait tirer les leçons de l’Energiewende,- les Allemands nous ont déjà précédés sur ce chemin et se sont plantés, et en beauté/. En 2018, ils prévoyaient 52 milliards d’euros, maintenant, ils annoncent 110 milliards d’euros pour 2050. En fait, depuis le début, les estimations ont été multipliées par 5. Et pour l’acceptabilité : L’Allemagne s’est certes hérissée d’éoliennes et elle accueille des milliers de km2 de panneaux solaires. Mais beaucoup ne sont pas reliés au système de distribution, ou pas convenablement, faute que le réseau ait suivi. Sur 3600 km de réseau supplémentaire prévus pour  2015, seuls 17% étaient réalisés en 2019! Or l’ Energiewende complète exigerait 11.000 km…

 Sur le stockage : Non seulement on est très loin de prévoir quelque coût que ce soit, mais même la faisabilité technique…on est loin d’une approche réaliste. Ainsi la batterie géante de Tesla en Australie occupe un hectare pour stocker…  8 min de fonctionnement d’une centrale nucléaire typique de 1 000 MW.

cf https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/08/le-stockage-de-lelectricite-realites-et.html

 Sécurité du réseau et  situation de court terme (2020-2030). Urgence de décider pour le nucléaire

Comme France Stratégie, l’Académie des Technologies s’inquiète de la baisse de la production pilotable en Europe et recommande :

 - d’anticiper le déclassement rapproché d’unités de production européennes

- d’évaluer finement les conséquences du déclassement d’unités de production charbon, lignite ou gaz de pays limitrophes.

-d’actualiser le potentiel d’importation lors des pointes de demande française au regard de la capacité des lignes et de l’offre européenne.

-d’ accélérer le développement des marchés de capacités, et la gestion de la demande

Commentaire : France Stratégie - Quelle sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ? Étienne Beeker avec la participation de Marie Dégremont – janvier 2021 ; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/02/note-de-france-strategie-quelle.html

 Quelques certitudes sur l’avenir : des décisions urgentes à prendre !

 1) Il n’y aura pas d’industrie française des moyens de production d’énergie sans une vision claire et stable du futur. Actuellement, la valeur ajoutée des équipements solaires et éoliens ainsi que des batteries est pour l’essentiel importée.

2)  un très fort renforcement du réseau électrique sera nécessaire pour permettre l'acheminement d’une puissance électrique fortement augmentée, depuis des sites éloignés du réseau actuel (éolien en mer) et/ou très diffus (énergie solaire, alimentation d’électrolyseurs pour la production d’hydrogène ou la charge rapide des véhicules électriques, etc.); l'expérience montre de sérieuses réticences des territoires concernés par la réalisation de nouvelles lignes électriques haute, moyenne ou basse tension.

3)  le développement envisagé des énergies intermittentes va requérir des moyens de stockage ; il faut rapidement prendre une option sur les technologies requises qui comprendront certainement des batteries, mais aussi probablement du stockage sous forme de molécules gazeuses (H2 ou méthane). Une chaîne de stockage passant par le méthane (méthanation) présente l'important bénéfice d'utiliser des installations existantes, mais elle est pénalisée par un rendement plus faible qu’une chaîne H2.

4)  Il faut décider la place future de l'énergie nucléaire dans le mix énergétique au regard des coûts, des risques et des bénéfices. Elle peut garantir une continuité de fourniture d’électricité décarbonée et pilotable. Elle permet donc de fortement réduire les quantités d’énergies à stocker pour faire face à la variabilité des énergies intermittentes, mais aussi de réduire les coûts de renforcement et d’extension du réseau ; et elle contribue de manière très significative à la stabilité du système électrique. Attendre n’est pas une option, compte tenu de l’inéluctable disparition des compétences et de l’outil industriel nucléaire en l’absence de projets nouveaux.

 Compte-tenu des constantes de temps, il faut  préciser sans attendre des choix raisonnés pour la transition énergétique !

 Recommandations : décisions rapides nécessaires !

- Décider des grands choix technologiques (notamment nucléaire et stockage intersaisonnier d’énergie).

- Bâtir une politique industrielle associée à la transition énergétique.

- Anticiper l’extension du réseau électrique haute tension et le renforcement des réseaux électriques basse, moyenne et haute tension.