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samedi 28 janvier 2023

Commission Schellenberger : témoignage de Jean-Marc Jancovici

Commission d’enquête visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France- Commission Schellenberger

Témoignage de Jean-Marc Jancovici : extraits

Pétrole et fossile : « Je ne crois pas à la possibilité de faire une civilisation telle que celle que nous connaissons actuellement sans combustible fossile. »

Economie et physique :  "Presque tous les scénarios énergétiques partagent une faiblesse, à savoir de placer l’économie comme une donnée d’entrée. Or, de mon point de vue, l’économie est une donnée de sortie., c’est parce que nous avons des ressources que nous sommes capables d’avoir un système économique. S’il n’y avait pas d’atomes de fer sur Terre, il n’y aurait pas d’immeubles tels que nous les construisons aujourd’hui avec des armatures en fer. La disponibilité des ressources est donc un facteur limitant de la production économique."

Renouvelables : le problème du cuivre

« Au vu des quantités de cuivre impliquées dans le développement de tout ce qui est électrique, il est évident qu’en France, nous ne pouvons pas déployer quoi que ce soit de significatif comme mode renouvelable — ou même non renouvelable — et comme usage aval électrique sans importer du cuivre. Je ne sais pas si ce sera facile ou difficile.

Concernant le cuivre, une information a récemment été publiée par l’agence internationale de l’énergie (AIE), disant que les mines de cuivre en fonctionnement et en cours de développement dans le monde passeraient leur pic entre maintenant et dans deux ans. Or, pour que de nouveaux projets de mines voient le jour, il faut compter entre dix et quinze ans.

« Concernant le cuivre, il me semble que l’ordre de grandeur est supérieur à dix entre le solaire et le nucléaire pour la quantité de cuivre par kilowattheure produit. Ainsi, si nous voulons produire des énergies décarbonées, nous sommes moins dépendants si nous faisons du nucléaire que si nous faisons un système solaire. En outre, d’une manière générale, les énergies renouvelables exploitant des sources diffuses (donc le vent et le soleil) ont besoin de davantage de collecteurs pour avoir la même quantité d’énergie à l’arrivée, sans parler du fait que nous avons besoin de sources concentrées — pour maintenir un système pas trop éloigné du système actuel —  et, éventuellement, de stocker, ce qui demande également des moyens supplémentaires, notamment des métaux. Développer la filière nucléaire ne permet donc pas d’être indépendants mais d’être moins dépendants que d’autres options concernant les métaux »



Sur l’éolien ; des limites physiques contrairement au nucléaire

« le vent n’est pas toujours régulier en permanence alors que la puissance d’une éolienne dépend du cube du vent. Si la vitesse du vent est divisée par deux, la puissance électrique fournie est divisée par huit. À l’échelle de l’Europe, même avec l’interconnexion de toutes les éoliennes européennes, l’ensemble du parc éolien peut descendre à moins de 5 % de la puissance installée. Nous ne pouvons donc pas avoir un système purement éolien. En outre, même en ajoutant du solaire — qui est un peu contracyclique par rapport à l’éolien —, l’ensemble des deux ne permet toujours pas de garantir l’approvisionnement.

Ces énergies ont une limite en termes d’emplacements et de matériaux, car elles sont beaucoup plus intensives en métal que les modes centralisés que nous avons l’habitude d’utiliser jusqu’à maintenant. Ces limites sont plutôt physiques, a contrario des limites du nucléaire, qui sont plutôt liées aux compétences et au consensus »

Le nucléaire durable Passer à la quatrième génération sans tarder

« La quatrième génération semble être le grand déterminant de la possibilité de disposer d’un nucléaire « durable » à l’avenir. Le nucléaire que nous exploitons aujourd’hui utilise un isotope très minoritaire de l’uranium, à savoir l’uranium 235, présent à environ 0,7 % dans l’uranium naturel. En raison des quantités récupérables d’uranium sur terre, en ordre de grandeur, si nous voulions remplacer une fraction significative des centrales à charbon mondiales par du nucléaire, il n’y aurait pas assez d’uranium 235 pour que cela fonctionne pendant des siècles. Pour que le nucléaire soit durable, il faut absolument passer à la quatrième génération, capable d’exploiter soit l’uranium 238 soit du thorium, sans trop tarder car, pour démarrer ces réacteurs de quatrième génération, nous avons quand même besoin du seul matériau fissile trouvable sur terre, à savoir l’uranium 235. En passant à la quatrième génération, nous serions capables d’exploiter les stocks d’uranium 238 « 

« Si nous nous mettons en « économie de guerre », je pense que nous sommes à quinze ans de pouvoir disposer de modèles déployables. À ce moment, nous faisons la jonction avec des EPR, le temps de pouvoir commencer à déployer de la quatrième génération. Toutefois, nous n’en faisons pas plus que cela. Cette option n’est pas sur la table actuellement. Dans l’intervalle, il est évident qu’aujourd’hui, si nous voulons davantage d’électricité, la seule option qui reste est de rajouter des moyens renouvelables dans les dix à quinze ans à venir. »

Sur les dangers du nucléaire

"En cas d’accident sur un réacteur à eau pressurisée, le plus probable est que, comme à Three Mile Island, vous perdiez le réacteur à l’intérieur de l’enceinte de confinement. En cas de conflit, la vraie question est de savoir si l’accident ajoutera massivement des dommages. Un accident dans la centrale de Zaporijjia ne changera malheureusement pas significativement le bilan de la guerre en Ukraine. Lorsqu’une installation est endommagée à cause de la guerre, le vrai problème est la guerre.

En outre, il existe de nombreuses manières de causer des morts avec des dommages aux installations de production électrique. La convention stipule qu’en cas de guerre, les belligérants ne doivent pas porter atteinte aux centrales nucléaires ni aux barrages. Or, si vous voulez faire beaucoup de dégâts très rapidement, il vaut mieux détruire les barrages que les centrales nucléaires. En France, faire sauter le barrage de Vouglans engendrerait six mètres d’eau place Bellecour à Lyon."

Sur les déchets nucléaires

"La question des déchets nucléaires est très importante dans le débat public. Le fait que ces déchets fassent partie des éléments générant le plus de peur ne me semble pas du tout en adéquation avec la hiérarchie des nuisances lorsque nous regardons tout ce qui est déversé dans l’environnement (CO2, phytosanitaires ou encore particules fines). Les déchets nucléaires sont de deuxième ordre car, même si leur nature n’est certainement pas anodine, ils sont tout petits, peu nombreux et confinés.

De très loin, l’option préférentielle est de les mettre dans un trou et de les oublier, ce que les Suédois ont décidé de faire. Je considère que le retraitement est une bonne idée puisqu’il permet de concentrer de façon très importante le volume à stocker et de récupérer un certain nombre d’éléments qui sont récupérables dans les assemblages usés.

La réversibilité du stockage ne me semble pas cruciale. Un stockage non réversible s’est produit de façon très naturelle il y a deux milliards d’années dans une mine d’uranium à Oklo au Gabon, où des réacteurs sont apparus spontanément. Les produits de fission avaient très peu migré par rapport à l’endroit où ils s’étaient formés. Nous sommes capables de mettre du pétrole et du gaz sous pression dans une couche géologique profonde, dans laquelle ils resteront pendant des millions d’années. Nous pouvons donc très bien placer des éléments solides comme des colis vitrifiés dans une couche géologique appropriée et ne pas être très inquiets à l’idée qu’ils réapparaissent cinquante ans plus tard.

Il faut savoir qu’au bout de quelques siècles, les produits de fission sont revenus au niveau de radioactivité de l’uranium initial. C’est moins que la cathédrale Notre-Dame, qui est à l’air libre et donc beaucoup plus agressée. Le chiffre de 100 000 ans est souvent mis en avant mais la partie la plus radiotoxique est beaucoup plus courte."

Sur le financement du nucléaire

"La question du coût du nucléaire est essentiellement une question de cadre de marché. Par exemple, le coût du mégawattheure de la centrale d’Hinkley Point s’élèvera à plus de 100 livres sterling. Or, si le financement de cette centrale avait eu lieu avec de l’argent disponible à 2 % par an — et non pas avec de l’argent disponible à 10 % par an —, la même centrale aurait produit des mégawattheures aux alentours de 50 euros. Le vrai sujet du coût du nucléaire est la structure de financement, qui dépend essentiellement du cadre public ou non. Le nucléaire n’a rien à faire dans un cadre privé car il s’agit, par essence, d’une activité régalienne qui relève de l’État et qui doit accéder à des financements qui sont ceux de l’État."

vendredi 27 mai 2022

Consultation Publique du Ministère de la Transition Ecologique sur le Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR) 2022-2026

 ! La consultation se termine le 16 juin 2022 !

Contribution : L’énergie nucléaire restera, et pour longtemps encore, la seule source d’énergie pouvant fournir en abondance une électricité  de base pilotable et décarbonée  (à part l’hydraulique, limité par la géographie). Elle peut seule nous permettre de répondre au défi climatique de manière climatiquement efficace,  économiquement soutenable et socialement juste.

L’énergie nucléaire génère des déchets radioactifs  ;  ceux-ci sont très étroitement contrôlés et gérés. Contrairement aux déchets du charbon, et, dans une moindre mesure, du gaz, ils ne finissent pas dans nos poumons ; et il existe nombre de déchets chimiques à durée de vie bien plus longues et  plus toxiques dont il serait souhaitable qu’ils soient géré avec le même sérieux.

Par conséquent le stockage selon des conditions adaptées à leur nature des déchets radioactifs est une condition essentielle à la simple poursuite de l’activité du parc nucléaire actuel, et bien plus encore à son développement. Or, une certaine procrastination, voire lâcheté des dirigeants politiques nous ont conduit dans un état critique  où la poursuite de l’activité nucléaire peut être rapidement mise en cause.

 Le président de l’ASN, M. Bernard Doroszczuk, s’exprimait  ainsi devant le Sénat  (7 avril 2021)

« Nous en sommes au 5e plan et les plans précédents ont défini de nombreuses études, demandé des comparaisons, des hypothèses, des avantages et des inconvénients, mais la tendance a plutôt été à la procrastination et aucune décision n'a été prise. Or, aucune filière de gestion des déchets ne sera opérationnelle dans vingt ans si nous ne prenons pas de décision dans les cinq ans à venir… »

« Quant à la filière des déchets de haute activité et à vie longue (HA-VL), porté par le projet Cigéo, à Bure, la décision n'est pas encore totalement prise. Pourtant, il y a eu des lois, des discussions, des débats. »

« Pour les déchets de faible activité et à vie longue (FA-VL) - bitumés, graphites -, de nombreuses études ont été menées et un site d'accueil a été fléché il y a dix ans, celui de Soulaines, mais aucune décision n'a encore été prise. Un jour, les élus diront qu'ils ne sont plus d'accord… »

Il y a donc urgence à agir, et par conséquent de

- réaffirmer le soutien à la politique de  recyclage des combustibles usés, domaine dans lequel la France est pionnière et exemplaire qui permet de réduire le volume et la nocivité des déchets radioactifs

- lancer le plus rapidement possible le nouvel entreposage centralisé sous eau à La Hague, dont l’urgence a été affirmée par l’ASN, pour  une mise en exploitation vers 2030, le site de La Hague s’imposant comme le plus logique pour un déploiement rapide

- Pour les déchets Faible Activité et faible Activité Vie Longue, débuter effectivement le projet étudié depuis plus de dix ans à Vendeuvre-Soulaines. Cette solution centralisée offre bien plus de garanties et moins de risques qu’un stockage décentralisé proche des centrales

- Commencer immédiatement la phase pilote de Cigéo. L’enfouissement géologique profond des déchets de forte activité fait consensus chez tous les pays disposant de production nucléaire et chez toutes les autorités sûreté, et envers et même la Commission Européenne, après expertise de  Centre Commun de Recherche de la Communauté Européenne a dû l’admettre : il permet d’ isoler définitivement de la biosphère des déchets hautement radioactifs le temps que leur radio-toxicité disparaisse naturellement. En Europe, la Finlande, la Suède, la Suisse ont des projets avancés. Nous ne pouvons nous permettre d’attendre plus longtemps, aprés trente ans  de recherches et une approbation du gpuvernement et du Parlement en 2006 d’attendre plus longtemps.

Au surplus, il s’agit d’une solution dont la nature elle-même a démontré la validité avec le site d’Oklo au Gabon où les déchets d’un réacteur nucléaire naturel sont restés parfaitement confinés pendant plus de deux milliards d’années, ne migrant que de quelques centimètres.

Ces décisions concernant les déchets nucléaires sont impératives et urgentes, sans quoi le parc nucléaire devra s’arrêter. Les groupes antinucléaires en sont parfaitement conscients et s’efforcent par tous les moyens, y compris  les plus violents, depuis des années, de les entraver ; ainsi, lors du débat organisé en 2019 par  la CNDP (Commission Nationale du Debat Public) sur le PNGMDR, certaines des réunions n’ont pas pu se tenir ; ainsi, en 2017,  à Bure, un hôtel restaurant où dormaient des personnels de l’ANDRA a fait l’objet d’une attaque et d’une tentative d’incendie par quarante émeutiers ; et encore au début de cette année, la concertation locale sur le projet « piscine » d’Orano n’ a pu être mené à bien en raison de l’opposition de perturbateurs.

Un certain nombre de débats (sur la 5G, sur les OGM et sur le nucléaire notamment) ont été ainsi entravés par des groupes faisant appel à la violence. La démocratie ne peut alors s’exercer. Les organisations approuvant ou justifiant ces actions devraient se voir privées a minima de tout financement public .

lundi 4 octobre 2021

Il faut faire Cigéo ! C'est la meilleure solution pour les générations futures ! Contribution à l’enquête sur la déclaration d‘utilité publique (2)

 Suite de https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/09/il-faut-faire-cigeo-cest-la-meilleure.html pour l’explication.

Fin des contributions 23 octobre, 12 heures- ça s’approche !

Registre numérique : https://www.registre-numerique.fr/dup-cigeo/deposer-son-observation

1) Contexte de l’enquête :  Au début, beaucoup de contributions généralement bien argumentées, dont celle de François-Marie Bréon,  avec une majorité  assez large de partisans. Puis, au fur et à mesure, un flot de contributions toutes sur le même modèle et reprenant le même texte : Les 100 raisons de ne pas construire CIGéo.

Bon, je vous cite les 9 premières :

« 1 - parce que c'est un projet hors norme. 2 - parce que c'est un projet illusoire. 3 - parce que c'est une mission impossible. 4 - parce que c'est une immense supercherie. 5 - parce qu'il y a trop d'incertitudes. 6 - parce qu'il y a trop de réserves. 7 - parce qu'il y a trop de problématiques majeures. 8 - parce que c'est une impasse : l'ANDRA veut nous faire croire qu'elle maîtrise complètement la radioactivité. 9 - parce que personne au monde ne sait neutraliser la radioactivité des déchets radioactifs. On ne sait que les stocker en attendant que leur activité décroisse jusqu'à l'acceptabilité. »

(NB : ben oui, c’est justement pour ça que l’on fait Cigéo)

Et les 4 dernières : « 96 - parce que les ONG comme Greenpeace ont bien étudié le projet et sont opposées à la construction de CIGéo.97 - parce que les mouvements politiques et les partis politiques comme EE-LV, La France Insoumise, NPA, Nouvelle Donne, Génération.s, etc. ont bien étudié le projet et sont opposés à la construction de CIGéo.98 - parce que les laboratoires indépendants comme la CRIIRAD et l'ACRO ont bien étudié le projet et sont opposés à la construction de CIGéo.99 - parce que la communication de l'ANDRA sur ce projet applique la règle bien connue : "Plus c'est gros, plus ça passe !", notamment lors du webinaire du 9 septembre dernier : l'ANDRA ne voit aucun obstacle à la construction de CIGéo. 100 - parce que, comme l’a rapporté Takeo Okada, archevêque de Tokyo, le Pape François a critiqué l’énergie nucléaire en la comparant à la Tour de Babel : quand les hommes tentent d’atteindre le paradis, ils créent leur propre destruction. « Les humains ne devraient pas enfreindre les Lois de la nature créées par Dieu »

Bon, on voit le niveau, arrêtons de se faire du mal. Au milieu de ce fatras, quelques questions ou remarques plus sérieuses concecrant par exemple les dégagements d’hydrogènes, mais auxquels l’Andra a déjà répondu, cf. par exemple le dossier très bien fait : https://www.andra.fr/cigeo/la-surete-anticiper-les-risques

Les opposants de Cigéo et la violence

Cette manipulation de l’enquête publique sur la DUP de Cigéo se situe dans la continuation de l’action des adversaires de Cigéo : perturbations du débat sur la Politique de gestion des Déchets radioactifs organisées par le (CNDP  Commission Nationale du Débat Public), avec plusierss réunions qui n’ont pu se tenir, ou dans des conditions fortement dégradées (Lille, Valence, Bar-le-Duc, Bagnols-sur-Cèze et Lyon), dont justement celles consacrées à l’enfouissement géologique profond, refus de participer à la conférence citoyenne sur la phase pilote, et, sur place de nombreuses violences ayant abouti finalement à des condamnations  de prison ferme un peu inattendues compte-tenu de l’indulgence généralement manifestée pour ce type de délit ( 2 « opposants » au projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) ont été condamnés à neuf et douze mois de prison ferme, et quatre autres à des peines de six à neuf mois avec sursis). Il ya vaitvdéjà u en 2018 une condamnation à trois mois de prison ferme pour violences sur des gendarmes lors de l'évacuation du bois Lejuc. Ce sont ces occupants du Bois Lejuc qui ont dévasté et tenté d’incendier un hôtel alors que douze personnes (employés de l’Andra majoritairement) y dormaient (ils avaient ouvert tous les robinets et tout coulait à flot, partout. Et surtout, ils ont épandu une bouteille et demi d'essence qu'ils ont allumé" - François Maltrud, gérant de l'hôtel-restaurant)



https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/03/le-nucleaire-et-ses-dechets-un-grand.html

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/08/conference-citoyenne-sur-la-phase.html

Une partie des opposants à Cigéo refusent en fait tout débat, et même les empêchent, occupent illégalement et avec violence une Zone à défendre » depuis 2018 et ont recours à des violences inadmissibles .

Cigéo et les élus.

Le Conseil départemental de la Meuse soutient le projet. Son président Jérôme Dumont s’exprime ainsi :  «Les déchets sont là. Et l’enfouissement est bien moins dangereux que le stockage actuel en surface. Autant en faire une opportunité de développement économique et technologique de notre territoire » et soutient le développement d’une véritable filière nucléaire dans ce département très rural. Le Conseil départemental recommande toutefois vigilance toute particulière dans la gestion des eaux de la zone puits afin de modifier au minimum le régime de débits de l’Ormançon

Le Conseil  Départemental de la Haute-Marne a rendu un avis favorable le 19 février dernier à l’unanimité (32 voix pour) moins deux abstentions : «le projet CIGÉO pouvant, compte tenu de son dimensionnement et des incidences pour notre territoire, être reconnu d’utilité publique »

Le Conseil Régional du Grand Est a également rendu un avis favorable

Cinq communes concernées (Gondrecourt-le-Chateau, Saint-Joire, Cirfontaines-en-Ornois, Gillaumé et Saudron) ont voté un avis favorable.

Deux communes ont refusé de se prononcer (jugeant le délai irréaliste (Houdelaincourt) ou qu’il ne revenait pas aux Conseillers municipaux de se prononcer sur un tel projet, alors que la ministre de l’écologie ( Barbara Pompili) avait déjà affirmé que le projet irait à son terme

Quatre communes (Bure, Horville-en-Ornois, Mandres-en-Barrois et Ribeaucourt) ont émis un avis défavorable. Lorsqu’on regarde les motifs, ils n portent pas vraiment sur le projet lui-même, mais sur certaines de ses conséquences et modalités et ne sont pas fondamentalement différents des réserves des communes qui votent pour. Ainsi, Bure s’inquiéte de ce que la DUP minimiserait les risques encourus par le rejet des eaux de CIGEO, et trouve insuffisant  le plan mis en place pour la gestion de l’eau potable, s’indigne de ce que  « CIGEO s’approprie les routes, les chemins sans concertation ni avis » et demande des précisions sur les retombées fiscales. La question des ouvrages d’art à réaliser et de leurs emplacements, des nuisances et horaires du trafic ferroviaire, des perturbations possibles sur les ressources en eau, la reforestation après travaux   et la fiscalité sont en fait ominprésentes. Seuls Bure mentionne «  Aucune étude sérieuse ne démontre clairement l’absence de risques sanitaires sur la population ». Donc très majoritairement, pas de remise en cause du projet lui-même, mais plutôt de certaines modalités et une demande de davantage de concertation. 

Notons que  dès 2007, l'Andra a mis en place un Observatoire pérenne de l'environnement (OPE) pour étudier les caractéristiques environnementales d’un territoire de 900 km² à la limite des départements de la Meuse et de la Haute-Marne. Au sein de cette zone, des études plus détaillées sont mensur un secteur de référence d’environ 240 km2. L’OPE s’intéressera à l’évolution dans le temps des milieux naturels et organismes (eau, air, sol, flore, faune, bactéries), ainsi que des activités humaines. Cet outil est unique en France de par la surface du territoire étudié et la durée d'études envisagée (100 ans).







jeudi 23 septembre 2021

Il faut faire Cigéo ! C'est la meilleure solution pour les générations futures ! Contribution à l’enquête sur la déclaration d‘utilité publique

 Est actuellement en cours une enquête publique sur le Projet de déclaration d’utilité publique (DUP) du projet de centre de stockage en couche géologique profonde des déchets radioactifs de haute et de moyenne activité à vie longue (Cigéo)

Tout le monde peut contribuer sur le registre électronique https://www.registre-numerique.fr/dup-cigeo/deposer-son-observation.  Le  registre a été ouvert 15/09/2021 par la commission d'enquête, et  sera clos le 23/10/2021 à 12 heures

Contribution : Il faut faire Cigéo ! C'est la meilleure solution pour les générations futures !

1) Un consensus scientifique et une maturité scientifique et technique

Extrait du rapport du JRC, organe d'expertise scientifique de la Commission Européenne : "À l’heure actuelle, l existe un large consensus scientifique et technique selon lequel l’enfouissement des déchets radioactifs de haut niveau et de longue durée dans les formations géologiques profondes est considéré comme un moyen approprié et sûr de les isoler de la biosphère pendant de très longues périodes "

Extrait du rapport NEA/OCDE sur les déchets nucléaires : "Le consensus scientifique d’aujourd’hui est que les dépôts géologiques profonds (DGR)-Deep Geolical Repository) sont une approche sûre et efficace pour éliminer..définitivement les déchets de haute activité (HLW)...Les principes de sécurité et les solutions technologiques pour la gestion à long terme des HLW et SNF (haute activité et fuel usagé) sont maintenant bien établis...Le consensus scientifique et technologique sur la sécurité de de l’élimination géologique profonde du SNF/HLW été développé sur plus d’un demi-siècle"

2) une expertise et une contre-expertise socioéconomique ( expertise de l’Andra, contre-expertise du Secrétariat général à l’investissement SGPI)

"À l’échelle internationale, le stockage en couche géologique profond est une option privilégiée par tous les différents Etats ayant recours à l’atome. Les autres solutions avancées, comme l’entreposage, la séparation / transmutation ou encore le stockage en forage, souffrent encore d’un déficit de maturité opérationnelle ou d’un manque de prise en considération des générations futures.

Le projet Cigéo vise à stocker en couche géologique profonde les déchets radioactifs de haute activité et de moyenne activité à vie longue avec une sûreté passive sur le très long terme. Cette option ne nécessite aucune intervention de la société une fois l’ouvrage fermé...

Cigéo constitue ainsi une forme d’assurance face à un risque de dégradation de la société à l’horizon de 150 ans. Le coût de cette assurance a été estimé à une prime unique de 118 euros par habitant. Cigéo se présente comme le choix de gestion offrant la plus forte attention aux générations futures

Le projet Cigéo offre un contrat d’assurance aux générations futures...La raison d’être de Cigéo est liée à sa capacité de protéger de façon passive les générations futures en cas de décroissance, et donc à la capacité de fermer le site dès que possible"

3) Un problème géologique traité par la géologie

Cigéo consiste à placer des déchets dont la radioactivité redevient normale au bout de 10000-15000 ans dans des verres (du basalte ! stabilité de l'ordre de millions d'années) , puis dans de l'acier, puis dans du béton, puis dans des couches géologiques qui n'ont pas bougé depuis 100 millions d'années. Les déchets radioactifs sont ainsi définitivement éliminés de la biosphère. Cigéo reproduit  un processus naturel tel celui des réacteurs d'Oklo, au Gabon, avec bien plus de garanties. Avec l'enterposage profond on ne cache rien, on n’oublie rien, on ne lègue rien...on laisse juste la géologie régler un problème géologique.

4) Des retombées économiques importante pour un projet précurseur et de grande ampleur

Les activités de l’Andra en Meuse/Haute-Marne soutiennent 2 216 emplois dont près de 900 à l’échelle des deux départements Au niveau des communautés de communes Portes de Meuse et Joinville-en-Champagne, l’Andra soutient 7 % des emplois du territoire et 10 % du PIB local.

5) On ne peut plus se permettre de procrastiner.

C'est le maintien de stockages en surface qui présente des dangers...et c’est pourquoi les adversaires idéologiques du nucléaire sont contre Cigéo...ils perdraient l’un de leurs principaux arguments :

Déclaration devant le Sénat du Président de l’ASN (B. Doroszczuk, 7 avril 2021) : « Tous les sujets abordés sur l’énergie nucléaire en France ont un point commun : ils ont tous fait l’objet d’études approfondies et l’heure a sonné pour le gouvernement et les politiques, aujourd’hui, qui doivent prendre des décisions. Autrement dit, l’absence de décision et d’anticipation en matière de politique énergétique, l’absence de choix concernant l’énergie pilotable qui intégrera le paysage français demain, l’indécision sur le nouveau nucléaire, sur les solutions relatives aux déchets, l’absence de visibilité pour le tissu industriel français, etc., auront très clairement des conséquences irréversibles d’ici 2035/2040 « 

Il faut faire Cigéo, la France pionnière dans le domaine du retraitement nucléaire le doit !

Cf aussi sur ce blog : https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/04/cigeo-expertise-de-landra-contre.html ; Cigéo : expertise de l’Andra, contre-expertise du Secrétariat général à l’investissement (SGPI) : deux avis très positifs !

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/08/conference-citoyenne-sur-la-phase.html : Conférence citoyenne sur la phase industrielle pilote (Phipil) de Cigéo; c'est oui ! (avec certaines réserves)

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/03/le-nucleaire-et-ses-dechets-2-cigeo-et.html : Le nucléaire et ses déchets (2) : Cigéo et le Grand Débat






jeudi 26 août 2021

Conférence citoyenne sur la phase industrielle pilote (Phipil) de Cigéo; c'est oui ! (avec certaines réserves)

1) Déroulement de la conférence : 17 citoyens tirés au sort par l’Institut IRS avec des critères de diversité de catégories socio-professionnelles, de parité homme/femme, d’horizons géographiques et d’âge. Les salariés du nucléaire et les élus étaient exclus de la participation. Aucun ne vient du territoire concerné par le projet. Ont été organisées 3 sessions de 2 à 3 jours, réparties sur 6 semaines, 3 intersessions en visioconférence et 2 sessions de validation finale de l’avis. Greenpeace, Global chance, France nature environnement, et la Criirad ont été invités et n’ont pas voulu participer (certains qualifiant la conférence de manipulation). La ministre de la Transition écologique, Mme Barbara Pompili, n’a pas répondu à  l’invitation des participants.

2) Les principaux résultats du débat

L’avis final comporte plusieurs recommandations dont le but est d'enrichir le dossier de demande d'autorisation de création (DAC) du Cigéo, avant son dépôt en 2022. L'Andra devrait présenter cet automne la manière dont elle les prendra en compte. Les points principaux :

- la modalité de validation de la DAC. La conférence citoyenne  demande que la DAC ne soit pas validée par décret du premier ministre – comme prévue par la loi – mais à la suite d'une consultation du Parlement.

- la conférence citoyenne conseille à l'État français de sanctuariser les fonds alloués à Cigéo par les entreprises productrices des déchets radioactifs en question. L'État pourrait ainsi s'en porter garant « au cas où les producteurs seraient défaillants ou disparaissent ».

- la conférence citoyenne préconise la réalisation d'un « état zéro » épidémiologique de référence auprès des habitants du territoire accueillant le Cigéo et de ses voisins, soutient la mise en place d'analyses radiologiques régulières des eaux évacuées par le Cigéo et l'intégration des riverains et des salariés des sous-traitants dans le suivi radiologique.

- D'autres demandes concernent une meilleure classification des volumes et types de déchets ou encore  l'accessibilité à une information « pluraliste » (notamment, de la part d'ONG) pour les établissements scolaires de la région.

Et la conclusion : « le groupe reste divisé quant à son niveau de confiance sur le projet de stockage géologique profond. La phase industrielle pilote devrait être un moyen pour établir la confiance dans ce projet de grande ampleur et elle doit le prouver. »

La  Phipil (phase industrielle pilote devrait se dérouler sur 5 à 10 ans, dès le début du stockage profond de déchets radioactifs, et déterminer la poursuite ou l'abandon de leur enfouissement. La conférence citoyenne approuve son lancement, mais elle la place sous surveillance….

https://www.actu-environnement.com/ae/news/cigeo-conference-citoyens-avis-andra-37925.php4

3) Quelques questions posées par la conférence citoyenne :

- Cigéo paraît sous-dimensionné car beaucoup de matières nucléaires n’ont pas de destination spécifiée, par ailleurs, les matières déclarées valorisables peuvent devenir des déchets suite à l’abandon du retraitement….Cigéo n’a pas pris en compte les 10 ans de supplément d’exploitation des réacteurs (demande de l’exploitant EDF en cours pour passer de 50 ans d’exploitation à 60 ans).  Les 6 EPR qui pourraient être construits n’ont pas été pris en compte….Comment avoir des garanties sur un dimensionnement maximal de Cigéo ? La confiance serait mieux assurée dans le cadre de limites préalablement posées concernant l’étalement de Cigéo.

Commentaire : Ben oui, et l’arrêt (espérons temporaire) du programme GENIV Astrid rend cette question du classement des déchets et de la quantité à prendre en compte  d’autant plus légitime…

- Répercussions socioéconomiques et inquiétudes sanitaires - « Nous sommes inquiets du manque d’information sur les répercussions socio-économiques locales (incluant la période de la phase industrielle pilote), ainsi que sur les répercussions sanitaires dues aux faibles doses ionisantes à long terme. Nous préconisons de revenir sur cette notion de seuil en intégrant l’analyse sur les conséquences des situations d’exposition de longue durée à des faibles doses cumulées. »

Commentaire : deux choses très différentes : en ce qui concerne le premier point, c’est assez surprenant car enfin comme maintenant  tout grand projet Cigéo a fait l’objet d’une double expertise socioéconomique, par l’Andra et par le Secrétariat  général pour l’investissement, expertises très larges, complexes et détaillées dont la conclusion principale était : « La raison d’être de Cigéo est liée à sa capacité de protéger de façon passive les générations futures…, et donc à la capacité de fermer le site dès que possible…. Cigéo garantit la protection des générations lointaines à un coût optimisé pour les générations présentes. »

En fait, l'enfouissement géologique profond est la meilleure garantie possible pour les sociétés et les civilisations qui nous succéderont, mimant, avec une bien meilluer sécurité , des phénomènes naturels tel les réacteurs d'Oklo, au Gabon

Ou ces expertises n’ont pas été communiquées à la conférence citoyenne, ou elles ne l’ont pas été de manière très convaincante…

En ce qui concerne, les expositions à faible doses, la toxicologie de la radioactivité sont très simples et très bien connus, beaucoup plus que ceux de la plupart des produits chimiques. L’UNSCEAR  fait référence, comme le GIEC pour le climat, et certaines études montrent même un effet protecteur des faibles doses. Le seul problème, c’est sont les pseudo connaissances diffusées par des associations comme la CRIIRAD, que l’ensemble de son œuvre devrait suffire à discréditer. Comment des citoyens non formés scientifiquement peuvent-ils faire la différence ? C’est une vraie question !  

Sincérité de l’objectif de la phase industrielle pilote et des processus employés pour la mise en œuvre du projet (réversibilité réelle) : c’est une demande forte de la Conférence citoyenne qui insiste sur le fait que la phase industrielle pilote soit vraiment une phase d’essai qui, à son terme, permette le vote d’une loi par le Parlement qui validera ou non la poursuite de Cigéo. Cela ne semble pas en contradiction  avec le programme de l’Andra, simplement la conférence insiste sur le fait qu’il ne doit pas y avoir de tentation du fait accompli qui interdirait en pratique tout retour en arrière. NB : la phase pilote est prévue pour durer 20 ans. 

Continuer à rechercher d’autres solutions : «  l’entreposage de longue durée peut constituer une solution temporaire pour permettre la recherche et le développement de solutions alternatives (appelé « système hybride »). Nous recommandons vivement la poursuite de ces recherches qui permettront de fournir un panel d’option plus large pour les générations futures, pour la continuité ou non de Cigéo et/ ou au cas où la politique énergétique décide de construire de nouvelles centrales, pour le traitement des déchets pour ces nouvelles installations ;  une solution alternative au cas où la phase industrielle pilote ne serait pas concluante. »

Pourquoi pas ? la phase pilote est censée durer 20 ans,  La phase d’exploitation avant fermeture est censée durer jusqu’en  2145 et sera réversible. Ca donne du temps !  Cependant, tous les pays qui ont à gérer des déchets radioactifs ont déjà conclu en faveur de l’enfouissement géologique profond cf. les rapport du JRC de la Commission Européenne et de la NEA. Et l’entreposage de longue durée est en fait beaucoup plus risqué !

(Rapport JRC : https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/03/european-taxonomy-jrc-report-technical.html ; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/04/taxonomie-europeenne-rapport-du-joint.htmlhttps://lnkd.in/euD-fHb

Rapport NEA : https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/09/le-probleme-des-dechets-ultimes-du.html, https://www.oecd.org/publications/management-and-disposal-of-high-level-radioactive-waste-33f65af2-en.htm

La question de la mémoire : « Nous considérons également qu’il est primordial de conserver la mémoire le plus longtemps possible et non pas d’organiser l’oubli….Prenons le temps d’inventer des solutions ; d’organiser la mémoire au plus haut sommet de l’Etat pour garantir que ce site est à protéger et non forable.

 

Commentaire : on parle là d’échelle de 15.000  ans  pour un retour à radioactivité normale, les déchets étant conditionnés dans des verres de stabilité d’ordre de 100.000 ans, puis dans de l’acier, puis dans des couches géologiques dont la stabilité est supérieure à 100 millions d’années.





Parler de mémoire à cette échelle est problématique. C’est pour cela que la forme la plus sûre de Cigéo est “non réversible”, qu’elle est la meilleure solution qui  répond parfaitement à l’objectif: isoler définitivement de la biosphère des déchets hautement radioactifs le temps que leur radio-toxicité disparaisse naturellement.

Sur le nucléaire « Une partie du groupe estime qu’il est nécessaire de lier le débat sur les déchets nucléaires avec la programmation de l’arrêt du nucléaire partant du principe que le meilleur déchet est celui qui n’est pas produit. Une autre partie du groupe considère, au contraire, que cette question dépasse le mandat qui nous a été donné et qu’elle est déjà pensée par les autorités puisqu’une loi a déjà été votée : la loi de transition écologique et pour la croissance verte. Cette loi prévoit de réduire notre dépendance au nucléaire de 75 % à 50 % d’ici 2035 »

Conclusion : On notera donc que l’opinion majoritaire du groupe était  loin d’être pro-nucléaire, avec une partie visiblement  de sensibilité antinucléaire. Pourtant, malgré cela, malgré les pressions des associations militantes (Sortir du nucléaire, Greenpeace, FNE) qui ont tenté d’entrée de discréditer la conférence citoyenne, l’avis est clair : oui à la phase pilote, à condition qu’elle soit une vraie phase pilote destinée à vérifier la viabilité du projet, avec une réversibilité possible. Ca tombe bien, c’est ce qui est prévu ( pendant 120 ans pour la réversibilité) !

C’est pas mal. D’autant qu’à partir des expériences danoises et Allemandes sur les consultations citoyennes  traitant de sujets scientifiques et techniques, Gérald Bronner (La démocratie des Crédules, p.206 formule l’avertissement suivant : qu’elles se traduisent le plus souvent par une méfiance envers l’expertise scientifique et aboutissent fréquemment à des demandes de moratoire avec une inquiétant progression de l’idéologie de la précaution !



mardi 13 juillet 2021

Opinion of the French Academy of Sciences (8 May 2021): The contribution of nuclear energy in the energy transition, today and tomorrow

 French Academy of Science is the leading scientific authority in France




Texte intégral : https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/20210614_avis_nucleaire.pdf

Extraits

1) The energy transition: "The energy transition, to be implemented to limit our greenhouse gas emissions and the global warming that results from it, must result in:

- a reduction in our energy consumption per person; - a reduction in our dependence on fossil fuels, primarily coal and oil, and secondly gas;

 - an increase in the share of low-carbon energy sources (renewable energies and nuclear energy); These developments will inevitably lead to a significant increase in the share of electricity in energy production and consumption, reaching a level of around 700 to 900 TWh (terawatts-hour) in 2050, almost double our current electricity production. This electricity must be as decarbonised as possible.

Comment: As the Academy of Technologies had already noticed, this level of 700 to 900 TW.h confirms that the Multiannual Energy Programmation Law  (PPE) must be seriously reviewed. (650 TW.h). As well as all the scenarios, eg @RTE that rely on it.

2) Renewable energies: "Intermittent and variable renewable energies, such as wind and solar photovoltaics, cannot, on their own, supply an electricity grid with power in a stable and controllable way if their random nature is not compensated. This requires massive energy storage capacities and/or controllable backup power generation units. The massive storage of energy, other than that already carried out by means of pumped-storage hydroelectric power stations, would require capacities that are not seen to exist in the coming decades. Pilotability, in the absence of the latter, can only be ensured by nuclear power stations, if we exclude thermal power stations using fossil fuels..

3) Nuclear and CO2  : "A conventional RNT (Thermal Neutron Reactor) massively injects, 24 hours a day, at least for some 300 days a year, decarbonized electricity into the grid. Nuclear power generation is, in fact, of all sources of electrical energy, the least emitter of greenhouse gases (about 6 grams of CO2 equivalent per kWh produced). »

4) Nuclear and environmental impacts :  "A comprehensive life cycle analysis of electrical systems shows that the non-radioactive environmental impacts of nuclear power are most often much lower than those of other systems. As far as radiological impacts are concerned, they remain, in normal working conditions, much lower than those associated with natural radioactivity. On the other hand, those linked to major nuclear accidents have necessitated the evacuation of large areas in order to avoid extraordinary radiological exposures and have had serious social and environmental consequences. Feedback from these accidents has led to successive improvements in reactor safety. Since 2011, EPR-type reactors, third generation pressurized water reactors (EPRs), have been designed to minimize the accidental release of radioactivity into the environment, thanks to technological provisions and more stringent safety regulations

5) Nuclear Waste: "Medium- and high-level waste with a long life, which is the most delicate to manage, has a volume of the order of 1.4 m3/TWh electric for the French fleet (the total volumes of this waste since the beginning of the nuclear era are respectively 42,700 m3 and 4,090 m3). The inventory of all the waste from the French nuclear fleet is regularly updated by the National Agency for the Management of Radioactive Waste (Andra)...

Deep geological storage, under conditions of safety and reversible management, controlled by the Nuclear Safety Authority (ASN), is well suited to long-lived waste. In this context, the application for the creation of Cigéo (Industrial Center for Geological Storage), after twenty years of research by the national scientific community, is ready to be filed with the Ministry of Ecological Transition to be examined by the ASN "

6) RNRs (breeder reactors): From the beginning of the program, the nuclear power policy aimed at the possibility of installing a fleet of fast neutron reactors (RNR) in order to make better use of uranium resources and thus extend the production of nuclear power... The most mature RNR model is a reactor using liquid sodium as the heat transfer fluid for energy: RNR-Na. The feedback from these reactors is important, especially in France, which operated Phoenix, Superphénix and led for 10 years the Astrid project foreshadowing the fourth generation RNR (RNR GenIV).

The Multiannual Energy Programming (PPE) has recently postponed to the next century a deployment of the RNR, leading to the abandonment of the ASTRID project of the CEA. As a standby strategy, it decided to move towards the multirecycling of plutonium from spent fuel in NTRs, particularly EPR reactors. This strategy is intended to maintain France's R&D expertise to move towards the RNRs. It can stabilize the quantities of spent fuel but does not lead to the energy autonomy as sought with the RNR. 

7) Recommendations:

- to maintain the nuclear power capacity of France's energy mix by extending the reactors in operation, when their operation is ensured under conditions of optimum safety, and by building third-generation reactors, the EPRs, in the immediate future. The latter are based on the best technology currently available and offer the best guarantees of safety;

- initiate and support an ambitious R&D program on the nuclear of the future in order to prepare for the emergence in France of innovative fourth generation fast neutron reactors (RNR), which constitute a solution for the future and whose study is actively continuing abroad;

- to take into account in this programme all the scientific aspects of fuel recycling associated with reactors, including the management of radioactive waste;

- maintain training courses to attract the best young talents in all fields of physics, chemistry, engineering and nuclear technologies to develop national skills at the highest level;

- inform the public in full transparency about the constraints of the various energy sources, the complete analysis of their life cycle and the contribution of nuclear power in the current energy transition.

samedi 10 juillet 2021

Avis de l’Académie des sciences (8 mai 2021) : L’apport de l’énergie nucléaire dans la transition énergétique, aujourd’hui et demain

Texte intégral : https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/20210614_avis_nucleaire.pdf

Extraits

 1)  La transition énergétique : « La transition énergétique, à mettre en œuvre pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique qui en découle, doit se traduire par :

 - une diminution de notre consommation d’énergie par personne ;

- une réduction de notre dépendance aux combustibles fossiles, en priorité le charbon et le pétrole, et dans un second temps le gaz ;

- une augmentation de la part des sources d’énergie bas-carbone (énergies renouvelables et énergie nucléaire) ; »

 Ces évolutions conduiront inéluctablement à une augmentation importante de la part de l’électricité dans la production et la consommation énergétique, pour atteindre un niveau de l’ordre de 700 à 900 TWh (terawatts-heure) en 2050, presque le double de notre production électrique actuelle. Cette électricité doit être la plus décarbonée possible.

Commentaire : Comme l’Académie des Technologies l‘avait déjà remarqué, et comme on l‘a signalé plusieurs fois sur ce blog, ce niveau de 700 à 900 TW.h confirme que la PPE est bonne à jeter (650 TW.h). Ainsi que tous les scénarios, n’est-ce pas  @RTE qui s’appuient dessus.

2) Les ENR :  « Les énergies renouvelables intermittentes et variables, comme l’éolien et le solaire photovoltaïque, ne peuvent pas, seules, alimenter un réseau électrique de puissance de façon stable et pilotable si leur caractère aléatoire n’est pas compensé. Il faut pour cela disposer de capacités massives de stockage d’énergie et/ou d’unités de production d’énergie électrique de secours pilotables. Le stockage massif d’énergie, autre que celui déjà réalisé au moyen des centrales hydroélectriques de pompage-turbinage, demanderait des capacités que l’on ne voit pas exister dans les décennies qui viennent. La pilotabilité, en absence de ces dernières, ne peut être assurée que par des centrales nucléaires, si l’on exclut les centrales thermiques utilisant les énergies fossiles.

3) Nucléaire et CO2  « Un RNT (Réacteur à Neutrons Thermiques) classique injecte massivement, 24 heures sur 24, au moins pendant quelque 300 jours par an, de l’électricité décarbonée dans le réseau. La production électrique nucléaire est, en effet, de toutes les sources d’énergie électrique, la moins émettrice de gaz à effet de serre (environ 6 grammes d’équivalent de CO2 par kWh produit). »

4) Nucléaire et impacts environnementaux  « Une analyse complète du cycle de vie des systèmes électriques montre que les impacts environnementaux non radioactifs de l’électronucléaire sont le plus souvent bien inférieurs à ceux des autres systèmes. Pour ce qui concerne les impacts radiologiques, ils restent, en situation normale de fonctionnement, très inférieurs à ceux associés à la radioactivité naturelle. En revanche, ceux liés à des accidents nucléaires majeurs ont nécessité l’évacuation de territoires étendus pour éviter des expositions radiologiques hors normes et ont eu de lourdes conséquences sociales et environnementales. Le retour d’expérience de ces accidents a donné lieu à des améliorations successives de la sûreté des réacteurs. Depuis 2011, les réacteurs de type EPR, réacteurs à eau pressurisée (REP) de troisième génération, sont conçus de façon à minimiser la dissémination accidentelle de la radioactivité dans l’environnement, grâce à des dispositions technologiques et réglementaires d’augmentation de la sûreté »

5) Les déchets :  « Les déchets de moyenne et haute activité à vie longue, qui sont les plus délicats à gérer, ont un volume de l’ordre de 1,4 m3/TWh électrique pour le parc français (les volumes totaux de ces déchets depuis le début de l’ère nucléaire sont respectivement de 42 700 m3 et de 4 090 m3). L'inventaire de l'ensemble des déchets du parc nucléaire français est régulièrement tenu à jour par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra)… Le stockage en couche géologique profonde, dans des conditions de sûreté et de gestion réversible, contrôlées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), est bien adapté aux déchets à vie longue. Dans ce cadre, la demande de création de Cigéo (Centre industriel de stockage géologique), après vingt ans de recherche par la communauté scientifique nationale, est prête à être déposée auprès du ministère de la Transition écologique pour être examinée par l’ASN »

6) Les RNR (surgénérateurs) : Dès le début du programme, la politique énergétique électronucléaire visait la possibilité d’installer un parc de réacteurs à neutrons rapides (RNR) afin de mieux utiliser les ressources en uranium et prolonger ainsi la production d’électricité électronucléaire…Le modèle de,RNR le plus mature est un réacteur utilisant du sodium liquide comme fluide caloporteur de l’énergie : le RNR-Na. Le retour d’expérience de ces réacteurs est important, notamment en France qui a exploité, Phénix, Superphénix et a conduit pendant 10 ans le projet Astrid préfigurant les RNR de quatrièmen génération (RNR GenIV).

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) a récemment repoussé au siècle prochain un déploiement des RNR, conduisant à l’abandon du projet Astrid du CEA. Comme stratégie d’attente, elle a décidé d’aller vers le multirecyclage du plutonium du combustible usé dans les RNT, notamment les réacteurs EPR. Cette stratégie est destinée à maintenir l’expertise de la France en matière de R&D pouraller vers les RNR. Elle peut stabiliser les quantités de combustible usé mais ne conduit pas àl’autonomie énergétique telle que recherchée avec les RNR.

 7) Recommandations :

- conserver la capacité électronucléaire du bouquet énergétique de la France par la prolongation des réacteurs en activité, quand leur fonctionnement est assuré dans des conditions de sûreté optimale, et par la construction de réacteurs de troisième génération, les EPR, dans l’immédiat. Ces derniers reposent sur la meilleure technologie disponible actuellement et offrent les meilleures garanties de sûreté ;

- initier et de soutenir un ambitieux programme de R&D sur le nucléaire du futur afin de préparer l’émergence en France des réacteurs à neutrons rapides (RNR) innovants de quatrième génération (GenIV), qui constituent une solution d’avenir et dont l’étude se poursuit activement à l’étranger ;

- de prendre en compte dans ce programme tous les aspects scientifiques du recyclage du combustible associés aux réacteurs, incluant la gestion des déchets radioactifs ;

-  maintenir des filières de formation permettant d’attirer les meilleurs jeunes talents dans tous les domaines de la physique, la chimie, l’ingénierie et les technologies nucléaires pour développer les compétences nationales au meilleur niveau ;

- informer le public en toute transparence sur les contraintes des diverses sources d’énergie, l’analyse complète de leur cycle de vie et l’apport de l’électronucléaire dans la transition énergétique en cours.