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lundi 18 avril 2022

EOS Eoliennes en Méditerranée : Avis de la CNDP sur la décision des responsables du projet

 Rappel : Il consiste en la réalisation, pour une durée de 25 à 30 ans, de deux parcs éoliens flottants commerciaux de 250 MW chacun et de leurs extensions, de 500 MW chacune. Les premiers parcs comporteraient chacun une vingtaine d’éoliennes flottantes, Avec l’évolution de la technologie, leur extension représenterait une trentaine d’éoliennes supplémentaires, soit une cinquantaine au total par parc.

Pour le débat CNDP, cf. sur ce blog : https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/03/compte-rendu-du-debat-eos-eoliennes.html


En fait lorsque le CNDP estime que les responsables du projet ont bien abordé tous les sujets soulevés dans le compte-rendu et le bilan du débat public et qu’il y a eu des avancées importantes du ministère de la transition énergétique…elle se fiche un peu du monde. En fait la vraie satisfaction qu’a obtenue la CNDP et à laquelle elle semble beaucoup tenir, c’est  que l’Etat s’engage à mener une large consultation des Françaises et des Français sur la politique énergétique nationale.

 Parce que pour le reste, selon la CNDP elle-même :

Etude des impacts environnementaux : satisfaction très partielle : 1 zone/3

La CNDP constate que «  le débat a permis de soumettre le choix définitif d’une zone d’implantation des éoliennes (la zone 2, située au large du Golfe de Fos-sur-Mer) aux résultats à venir d’études permettant d’en évaluer les impacts environnementaux.

Pour autant, les commissaires de la CNDP « relèvent l’absence d’explications sur la non prise en considération des résultats de ces études environnementales pour le choix des deux autres zones d’implantation, qui est présenté comme définitif (la zone 1 au large de Port-la-Nouvelle et la zone 3, la plus au sud, au large des Pyrénées-Orientales

 Possibilité d’éloigner davantage les éoliennes des côtes : c’est non !

« il n’a pas été donné de suite à la demande d’études pour évaluer la possibilité d’éloigner plus encore des côtes ces projets de parcs éoliens. »

Moratoire en attendant le retour des fermes pilotes c’est non !

« Si les responsables du projet ont décidé de maintenir le calendrier envisagé du projet, ils n’expliquent pas pourquoi les choix des zones et des grandes caractéristiques du projet sont effectués sans attendre le retour d’expérience des fermes pilotes et les résultats des études environnementales. »

Des concertations sur la pêche et le tourisme… à venir oui, peut-être, enfin on verra

« Les responsables du projet  -ne suivent pas la recommandation de la CPDP de créer un comité citoyen de rédaction du cahier des charges. ; -s’engagent à un dialogue constant avec le monde de la pêche ; les modalités de ce dialogue devront être définies avec les garant.e.s ; - s’engagent à mener une étude précise sur les impacts potentiels du projet sur l’économie touristique du littoral ; « 

Pas trop dupe, la CNDP note : ces différentes évolutions devront être consolidées par des engagements précis et transparents.

Et la CNDP enfonce le clou sur la concertation : les responsables du projet se déclarent ouverts à une concertation à toutes les étapes de l’évolution du projet, or le rapport retient principalement le site internet d’information et les instances de pilotage existantes à travers le Conseil maritime de façade (CMF)… qui n’est pas ouvert au public !

 Remarque :  un des grands griefs adressé au débat avait été un calendrier judicieusement ajusté pour éviter toute discussion vive sur l’impact sur l’économie touristique..

Respect des zones Natura 2000, c’est non !

« Leur objectif de protection peut être compatible avec un développement économique raisonné, ..Dans les sites Natura 2000 et du Parc naturel marin du golfe du Lion dans lesquels le développement d’éoliennes flottantes peut être compatible avec les objectifs de protection de ces espaces »

Remarque : le non respect des zones Natura 2000, en Europe, c’est quasi une exclusivité française, cf. le rapport du Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) sur le développement de l’énergie offshore en France (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/09/conseil-national-de-la-protection-de-la.html)

Réduction de la taille des éoliennes pour les rendre moins visibles de la côte, c’est non !

« La réduction de la taille des éoliennes, et donc de leur puissance unitaire, conduirait à augmenter significativement le nombre d’éoliennes à installer, avec pour corollaire un impact environnemental, un impact sur les usages (pêche, navigation) et un coût plus important…. »

 Rendre public le processus de sélection des candidats, à toutes ses étapes, c’est non

« Certaines étapes de cette procédure doivent, pour assurer son bon déroulement et garantir sa sincérité et l’effectivité de la concurrence, rester confidentielles »

«Enfin, signalons un tout petit problème : « Comme l’a souligné la CPDP, aucune zone consensuelle ne se dégage nettement »

 Les éoliennes, tout le monde en veut bien, mais chez les autres.

Enfin, la CNDP appelle  les responsables du projet à apporter des précisions sur le calendrier des études environnementales sur les quatre zones, destinées à « caractériser précisément l’état actuel de l’environnement ».

 En effet, ce serait une bonne idée…

Rapport de la CNDP : https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2022-04/AVIS_2022_42_EOL_MED_9-et-annexes.pdf

jeudi 3 mars 2022

Compte rendu du débat EOS (Eoliennes Flottantes en Méditerranée)

 Commentaire de la présidente de la CNDP (Mme Chantal Jouanno) et Compte-rendu du débat public

https://eos.debatpublic.fr/wp-content/uploads/EOS-Bilan-CNDP-1.pdf, https://eos.debatpublic.fr/wp-content/uploads/EOS-CR-2021_bd.pdf

Le projet EOS, premier grand parc éolien en Méditerranée !

Il consiste en la réalisation, pour une durée de 25 à 30 ans, de deux parcs éoliens flottants commerciaux de 250 MW chacun et de leurs extensions, de 500 MW chacune. Les premiers parcs comporteraient chacun une vingtaine d’éoliennes flottantes, leurs systèmes d’ancrage, un poste électrique en mer et le raccordement au réseau. Avec l’évolution de la technologie, leur extension représenterait une trentaine d’éoliennes supplémentaires, soit une cinquantaine au total par parc.

Le public a été amené à se prononcer sur l’opportunité, les alternatives et les caractéristiques de ce projet sur quatre zones en mer, pré-identifiées par l’État, d’une surface totale de 3300 km2. Les deux parcs représenteraient environ 10 % de cette surface et pourraient se situer à une distance comprise entre 15 et 55 kilomètres des côtes.

« Installer des éoliennes importantes en nombre et en taille (de 250 à 270 m de haut) dans cette mer n’a encore jamais été fait : ce serait un tournant pour notre rapport à la mer, perçue « 

(NB l’Espagne a un très grand  projet au large de la baie de Rosas …qui pourrait d’ailleurs interférer avec l’une des zones proposées…)

En Méditerranée, autant et même plus qu’ailleurs, la mer n’est pas vide, et elle n’est pas libre !


Un calendrier bien positionné… pour éviter le problème du tourisme 

« Dès la saisine initiale fin juillet 2020, les Commissaires ont interrogé son calendrier. Compte tenu de l’impact potentiel des projets sur le tourisme, il était opportun que le débat se tienne une partie de l’été. La saisine était trop tardive pour que cela ait pu avoir lieu en 2020. Par ailleurs, le report des élections régionales en juin 2021 a conduit les responsables de projet à  demander en avril un report du lancement du débat après les élections. »  (Chantal Jouanno) 

Un débat accéléré …pour tenter de pousser la décision. Et toujours cette question : pourquoi ne pas attendre le retour d’expérience des fermes pilotes ?

« L’accélération du calendrier de déploiement des parcs éoliens en mer Méditerranée a questionné la fiabilité de la parole de l’État. Les projets de fermes pilotes –au large de Leucate, Gruissan et du Golfe de Fos – avaient tous été présentés par l’État comme les préalables nécessaires à l’éventuel déploiement de parcs industriels. Or, l’annonce des projets de grande ampleur n’a pas attendu le retour d’expérience de ces premiers parcs. Se sont ajoutées de nombreuses interrogations sur l’engagement réel de l’État à tenir compte des conclusions de ce nouveau débat public » (Chantal Jouanno)

Les trois projets pilotes sont prévus au large de Leucate, de Gruissan et du Golfe de Fos et composés chacun de trois éoliennes flottantes de 8 à 10 MW. L’accélération du calendrier dans le développement des projets commerciaux est rendue d’autant plus problématique qu’énormément de retard a été pris sur les fermes pilotes. Elles devaient sortir en2019, elles vont sortir peut-être en 2023

Et lorsque ce projet avait été présenté, il avait été affirmé ceci : « Le suivi des fermes pilotes et de leurs impacts, à la fois sur le milieu et les écosystèmes marins ainsi que sur les activités socio-économiques préexistantes à ces fermes, demeure la condition préalable au déploiement commercial. En effet, un suivi négatif de ces fermes pilotes pré-commerciales d’éoliennes flottantes ne pourrait permettre un agrandissement des parcs à une échelle industrielle » (Document de planification - Le développement de l’éolien en mer Méditerranée, Préfet maritime de la Méditerranée, Préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur MARITIME, avril 2015).

En effet, pour reprendre la formule de Mme Jouanno : la fiabilité de la parole de l’Etat est vraiment questionnable !

Et le bilan carbone ?

L’éolien flottant, une énergie vraiment verte ? Le public du débat s’est interrogé sur l’analyse du cycle de vie de l’éolien flottant et son vrai coût environnemental. L’absence de consensus sur ce point, malgré les différents éclairages apportés par des experts, a conduit à la demande, par la CPDP, d’une expertise complémentaire sur le bilan carbone de l’éolien flottant en comparaison des autres énergies. Les résultats de cette expertise, commandée par la CNDP et réalisée par un expert indépendant, indiquent que le bilan carbone de l’éolien flottant commercial se situerait aux alentours de 19 g CO2/kwh. Un niveau légèrement supérieur au bilan carbone de l’éolien marin posé (entre 14 et 18 g CO2/kwh) ou de l’éolien terrestre (12,7 g CO2/kwh).

(NB pour le nucléaire en France c’est 6 g CO2/kwh ; donc, si on remplace du nucléaire par de l’éolien, surtout offshore, c’est plus carboné et beaucoup plus cher, voir ci après )

Facteur de charge, productivité, coût : des affirmations  très, très contestable 

Le facteur de charge, c’est à dire le pourcentage de production de l’éolienne par rapport à son maximum théorique à plein régime, qui est annoncé par le porteur de projet est de 50%. Or ce chiffre ne paraît pas réaliste à tous, l’opportunité du projet n’étant pas la même si ce facteur de charge est inférieur à celui annoncé par le porteur de projet ou s’il se rapproche de celui de l’éolien terrestre (25- 35%). L’État et RTE soutiennent la pertinence de ce chiffre de 50%, sans en avoir démontré le calcul, en s’appuyant sur les industriels qui semblent convaincus, au vu des expériences étrangères, qu’il sera, dans les faits, peut-être même supérieur… (Ben voyons)

NB : on pourra se reporter à ce petit communiqué Oersted : 

« Fin 2019, les cours du géant danois Oersted, pionnier de l’éolien offshore ont plongé en fin d’année en raison de la réévaluation de la production de son parc éolien en mer. Ce dernier aurait sous-évalué les pannes à répétition entraînées par les vents violents du large. Les marchés s’interrogent donc sur la viabilité de ce business model dont la robustesse financière reste encore à démontrer. Selon l’agence environnementale américaine, le coût actualisé de l’énergie éolien en mer reste 2,7 fois plus élevé que l’éolien conventionnel. 

Très confraternel, Orstedt  qu’il baissait son taux de rendement interne prévu pour plusieurs projets en Europe et à Taïwan. La question sous-jacente est une sous-estimation des effets de sillage et de blocage. Son porte-parole a  insisté sur le fait que le problème n’est pas propre à l’entreprise, mais plutôt à l’ensemble de l’industrie, ajoutant que ses prévisions sont généralement plus prudentes que celles de ses concurrents.

« Notre tâche principale est de nous assurer que nous ne prenons que des projets où nous créons effectivement de la valeur. Il n’est dans l’intérêt d’aucun actionnaire, ni de notre organisation d’opérer avec des prévisions de production gonflées et de gagner des projets sur cette base  

Derrière ce débat sur l’augmentation des coûts de l’énergie, pointe aussi le soupçon que les bénéfices économiques de ces opérations profitent à des grosses entreprises.  Les porteurs du projet et la filière industrielle annoncent chercher ensemble une réduction des prix, et espèrent une convergence des prix entre l’éolien flottant et l’éolien posé à terme.

Mais en attendant, la filière va être soutenue par l’usager au travers des finances publiques et du TURPE (Tarif d’Utilisation du Réseau Public d’Électricité qui représente 25 % de la facture de l’usager) à un tarif élevé (110€/MWh) pendant vingt années.

NB :  et ca parait plutôt optimiste. Il faut plutôt compter entre 230 et 150 €/MWh . Et il faut ajouter le côut du raccordement : typiquement  25% pour un poste en mer à  30 km. des côtes,   30% ou plus à 50 km.



NB : L'arrêté du 9 avril 2020 fixe les conditions de rachat de l'électricité produite par les quatre fermes pilotes éoliennes flottantes pour une durée de vingt ans. Le taux de rentabilité interne d'un projet ne devra pas excéder 8,5 % après impôts. Si cette rentabilité est supérieure, « les gains additionnels sont partagés à 50 % entre l'État et le producteur, en tenant compte de l'évolution des conditions économiques de fonctionnement de l'installation »

Si cet arrêté est appelé à faire école, 8.5% c’est pas mal comme garantie… 

Un parc et après : « Apocalypse Eoliennes ! A terme 27% de l’espace marin régional selon EELV ! 

Une centaine d’éolienne, c’est pas assez et ceux qui les acceptent doivent savoir qu’en fait, il y en aura beaucoup plus.  La  ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, n’a pas caché l’intention d’aller plus loin sur cette façade : « Le potentiel pour le développement de l’éolien en mer en Méditerranée s’établit au-delà de 1,5 GW, d’autres projets devraient à l’avenir y être envisagés si la France et les Régions veulent atteindre leurs objectifs de neutralité carbone ».

Un objectif chiffré de production est avancé dans les deux schémas régionaux PACA et Occitanie : 5 GW en 2050, si on les additionne, « 27% de l’espace marin régional, soit 3 750 km2 sur les 14 000 km2 du plateau continental, c’est ce que devraient couvrir les parcs éoliens à l’horizon 2050 » alerte EELV dans son Cahier d’acteurs. Si les deux projets en débat ne sont qu’un début, à quel rythme, jusqu’où et pour quels besoins projetés envisage-t-on la suite ?

NB : C’est ce que la CNPN (Commission Nationale de protection de la Nature), très critique sur l’éolien maritime appelle la stratégie des poupées russes : le cumul de parcs sur un même secteur choisi initialement au vu du seul impact du parc initial. Attention, un parc peut toujours en cacher un autre.

NB2 : tiens, EELV commence à prendre position contre l’éolien maritime et ses abus. Intéressant

http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/09/conseil-national-de-la-protection-de-la.html

 

Biodiversité/migration des oiseaux : il y a sans doute un problème, mais on verra après ! 

La  Camargue est un haut lieu à la fois de l’hivernage, de la reproduction et de la migration des oiseaux » (Audition d’experts) : y a-t-il un risque de perte d’habitat et de mortalité accrue ?

Eh ben, on sait pas ! « Conscient de la fragilité des données à sa disposition, l’État a initié en 2021 un programme de recherche baptisé MIGRALION, dont l’objectif est la « caractérisation de l’utilisation du golfe du Lion par les migrateurs terrestres et l’avifaune marine ». Ce programme, porté par l’Office Français de la Biodiversité et dix partenaires scientifiques et industriels, permettrait « de savoir ce qui va se passer en mer » (Audition d’experts). 

Mais les résultats étant attendus en 2024-2025, le public se demande comment ceux-ci peuvent être pris en compte quand on veut aujourd’hui décider d’une localisation.

En effet ! 

Des éoliennes dans des aires marines protégées ? Eh oui, c’ est possible ! 

Une grande partie du plateau continental du golfe du Lion est concernée par diverses mesures de protection (sites Natura 2000, réserves, parc naturel marin…). « La zone A est un parc marin, je ne comprends même pas pourquoi cette zone a été proposée, ça n’a pas de sens ! » (Débat mobile, Sète).

La contradiction a été également relevée lors du Congrès mondial de la nature de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Marseille début septembre 2021 : « la France, pays hôte, s’est engagée à (...) parvenir à 30% d’aires protégées au niveau national d’ici 2022, et protéger fortement 5% de ses aires maritimes méditerranéennes d’ici 2027, soit une augmentation de 25 fois par rapport à aujourd’hui. » (Manifeste de Marseille).

Le Conseil national pour la protection de la Nature a estimé « incompatible » cet engagement avec le programme de développement éolien en mer de l’État : « L’adéquation des objectifs éoliens offshore avec l’objectif de zéro perte nette de biodiversité inscrit aux articles L. 110- 1 et L. 163-1 du code de l’environnement paraît difficile voire impossible à atteindre au regard de la connaissance actuelle des incidences et surtout des moyens techniques d’expertise et de pilotage permettant d’y remédier efficacement, ainsi que l’objectif de préservation du paysage marin. »

A cela le ministère répond : « Toutes les aires protégées ne sont pas pour autant sanctuarisées : la réglementation vise la régulation des usages, non pas leurs strictes exclusions » 

Cohabitation des usages : gros problème pour les pêcheurs : 

On voit tout de suite pourquoi :



Donc, les pêcheurs réclament :

 - une implantation hors des macro-zones B et C et au-delà de la limite des 20 milles nautiques, étant donné le caractère indispensable de ces zones dans l'économie de la pêche. Ces zones représentent des secteurs de forte dépendance pour les pêcheurs de la Sa.Tho.An. Une implantation dans un de ces secteurs de forte dépendance serait donc très préjudiciable pour eux. 

Aucune suppression de zones de pêche sans récupération équivalente dans un autre secteur ; 

- L'élaboration d'un retour d'expérience complet des fermes pilotes avant le lancement d'un projet de plus grande envergure dans un milieu fragile ; 

En fait, « le secteur de la pêche et ses représentants souscrivent largement à la proposition d’un report » et veulent attendre le retour d’expérience des parcs pilotes

L’impact potentiel sur la ressource halieutique est trop crucial pour leur activité : « La profession attend beaucoup de ces projets pilotes. En effet, ces derniers devaient apporter des réponses aux nombreuses interrogations concernant de potentiels impacts, tant sur l’environnement que sur les ressources halieutiques, (...). Or, les projets pilotes ont pris du retard (...) et le débat public relatif à l’installation d’importants parcs éoliens commerciaux en Méditerranée se fait sans que les acteurs puissent obtenir les réponses à ces nombreuses interrogations. Plusieurs craintes ont été exprimées par la profession, et le manque de retour d’expérience ne permet pas d’apporter de réponses concrètes sur les effets potentiels » 

Au-delà de la pêche, la Commission rappelle que la « grande bleue » n’est vide et libre qu’en apparence et que  les parcs éoliens s’implanteraient dans un golfe du Lion « surexploité », investi par une multiplicité d’acteurs : cargos, tankers, porte-conteneurs, filets de pêche, câbles sous-marins, bâtiments de la marine nationale, yachts, navires de croisière, jet skis …

Les conflits d’usage sont donc latents et nombreux :le développement de l’éolien se traduira immanquablement par plus de réglementations, moins de liberté de circulation, et donc moins de zones à pêcher.  

Quant aux représentants de la SNSM (les Sauveteurs en mer), ils posent la question de la sécurité dont les contours restent flous. Quelles seront les conditions de navigation dans les parcs et aux abords ? Qui assurera la surveillance ?  La marine nationale ? La gendarmerie maritime ? L’exploitant ?

Le raccordement terrestre : un point négligé 

Le raccordement terrestre a soulevé peu de questions bien que l’on ait parlé de l’installation d’un poste de compensation pouvant occuper jusqu’à 3 ou 4 hectares de terres à proximité du littoral, ou de travaux terrestres pouvant impacter des terres agricoles. Seule FNE Languedoc-Roussillon a alerté dans son cahier d’acteurs sur la nécessaire préservation de la « stricte intégrité des hauts de plage, des cordons dunaires et des lidos qui ne peuvent être coupés ou remaniés même momentanément » et sur la limitation au maximum de « l’artificialisation d’espaces à forte valeur patrimoniale et paysagère ».

Le grand large, faisable techniquement et supportable économiquement.

« La faisabilité technique d’une implantation au grand large a été confirmée par plusieurs industriels. Ils estiment transposable à l’éolien l’expérience des plateformes pétrolières, par exemple le recours à des chaînes d’ancrage en polyester permettant d’atteindre de grandes profondeurs. Pour eux, c’est de toute façon la logique de l’éolien flottant que d’ouvrir des zones beaucoup plus éloignées des côtes, et donc beaucoup plus vastes à leur implantation. Et la profondeur de la plaine abyssale, qui oscille entre 2 000 et 2 500 m de fond, est comparable aux profondeurs d’ancrage des plateformes pétrolières les plus récentes. 

Ce choix aurait bien sûr un coût, notamment dû au raccordement.. Pour le raccordement en particulier, l’éloignement au grand large nécessiterait d’installer le poste de transformation sur flotteur, et des évolutions techniques des câbles dynamiques. RTE alerte sur ces verrous technologiques, sur lesquels il a engagé plusieurs projets de recherche et développement.

Ce coût pourrait être atténué, voire compensé, par un accroissement du facteur de charge des turbines grâce à des vents plus forts et plus constants au large ; en outre il pourrait être complètement compensé si des puissances plus importantes étaient installées (nombre de parcs, nombre de mâts par parc...). Les coûts de maintenance sont supposés être proportionnels à la distance à la côte (plus de carburant pour les bateaux, plus de temps/homme…) mais les progrès technologiques attendus permettent de penser qu’en 2030, année prévue d’installation des parcs si le projet se réalisait, des solutions de maintenance locale (automatisée) pourraient réduire les déplacements humains au strict minimum.

 « On a les techniques pour relever le défi de la profondeur, il ne faut donc pas s’interdire d’aller chercher les opportunités qu’offre l’éloignement de la côte, en particulier une moindre interaction avec les nombreuses activités maritimes davantage concentrées sur la frange littorale » (Technip Energies - audition d’experts). Nous avons au Mexique installé les fondations d’une ligne d’ancrage à plus de 2 900 mètres… L’enjeu est avant tout la maîtrise de coûts et l’impact sur la densité des fermes que l’on met en avant plus que la faisabilité technique elle-même que nous considérons comme acquise » (Technip Energies) »

La question de l’emploi : comme d’hab, du non dit sur les emplois perdus et des illusions sur les emplois gagnés

« Les acteurs du tourisme se sont peu exprimés directement dans le débat, notamment du fait de la période estivale où ils ont indiqué être très peu disponibles. Ce sont donc les élus locaux qui ont relayé leurs inquiétudes. Par le biais des cahiers d’acteurs et des avis publiés, et aussi de manière plus informelle pendant les réunions de proximité, les collectivités ont rappelé le poids du tourisme dans l’économie locale, notamment sur le littoral occitan, où l’économie touristique est très dominante, et ont exprimé de fortes inquiétudes quant à l’impact des projets à l’impact des projets sur l’image touristique et l’activité hôtelière. »

NB : c’était quand même bien pratique de faire cette concertation l’été

Mais, alerte une étude de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités Occitanie, les métiers les plus représentés tels que technicien de maintenance, marins-pilote, coffreur béton, soudeur chaudronnier, « sont aujourd’hui déjà en tension dans les territoires. Le développement de fermes éoliennes risque de renforcer ces tensions ».

Donc, en fait, peu d’emploi local Et aussi ces remarques pleines de bon sens de certains intervenants

« La maintenance sera effectuée par une main d’œuvre étrangère qui habitera sur le bateau, comme pour tous les autres travaux d’installation d’éoliennes en mer. Comment justifiez-vous les 100 ou 125 emplois locaux pour une usine de 500 MW ? » 

NB : c’est effectivement ce qui se passe en Ecosse ! 

« Maintenant il ne faut pas rêver. La filière a démarré il y a une dizaine d’années sur la côte Atlantique et la Manche. Des usines ont été construites, il n’y en aura pas d’autres chez nous. »

« L’éolien en mer en France est dominé par des consortiums majoritairement étrangers, comme en baie de Saint-Brieuc. Ces opérations accentuent la dérégulation du service public de l’électricité, en cassant le monopole dont EDF a longtemps bénéficié, qui était la garantie de l’égalité d’accès des citoyens à ce service public »

NB : effectivement, c’est un autre problème à considérer !

Bilan : un moratoire sur l’éolien flottant ! 

Que ce soient les questions techniques qui restent à régler pour une technologie non mature et très coûteuse, les incertitudes profondes sur l’équations économiques, les effets non documentés sur la biodiversité, les oiseaux,  la pêche, les zone Natura 20000, le manque de données fiables sur les emplois gagnés et perdus,  l’incertitude même sur l’intérêt climatique, les évolutions techniques qui pourraient permettre d’aller plus au large, etc. tout pousse à un moratoire sur l’éolien flottant et à des expériences pilotes.

C’est d’ailleurs bien l’avis de la CNDP, cf. commentaire de Mme Jouanno :

L’accélération du calendrier de déploiement des parcs éoliens en mer Méditerranée a questionné la fiabilité de la parole de l’État. Les projets de fermes pilotes –au large de Leucate, Gruissan et du Golfe de Fos – avaient tous été présentés par l’État comme les préalables nécessaires à l’éventuel déploiement de parcs industriels. 

L’étude de contexte menée par la commission a révélé que ces projets de parcs éoliens en mer n’étaient pas connus localement par le grand public.

L’absence d’informations environnementales suffisantes et le refus de demander un cadrage préalable à l’Autorité environnementale n’ont pas permis à l’État de répondre à une question récurrente: ces projets sont-ils compatibles avec l’exigence affichée de préservation de la biodiversité? Tous les débats publics sur des projets de parcs éoliens en mer se confrontent à cette même question et à cette même difficulté.

« Un nombre important d’expressions dans le débat demandent de reporter la décision en opportunité et/ou le choix des zones préférentielles. Loin d’être une opposition de principe, cette position considère que les conditions d’une meilleure décision seront réunies dans un délai finalement assez court au regard de la vie d’un projeté

Et même les associations habituellement  les plus pro-éoliennes demandent un report  !

Ainsi, la FNE locale: «  À France Nature Environnement, on pense qu’il faut vraiment accepter de retarder d’environ trois ou quatre ans la décision du site que l’on va choisir. Ce qui est important dans la séquence ERC, c’est le E, c’est-à-dire Éviter. À 80 %, cela dépend du site où l’on va mettre les éoliennes. Quel que soit ce que l’on fera après, si on choisit le site dans les six mois qui viennent, dans la phase d’incertitude complète… »

En conclusion, une dernière remarque sur le site : « Nous nous apprêtons à défigurer 200 km de côte, avec des éoliennes visibles à 50 km, pour gagner l’équivalent de deux cinquièmes d’une centrale nucléaire. Cela vaut-il la peine ? »


jeudi 6 août 2020

Les plans délirants d’une l’Union Européenne sous influence pour l’éolien off shore

Multiplier par 20 la production éolienne offshore !

Le 22 juillet, la Commission européenne a lancé une consultation publique sur le développement de l’énergie offshore. L’enjeu est de taille : l’UE et l’Agence Européenne de l’Energie sont convaincues de l’énorme potentiel de l’énergie offshore.

Le président de la Commission Européenne, Kadri Simson, a été très clair : “Pour atteindre la neutralité climatique d’ici 2050, nous devons multiplier par vingt la production d’énergie offshore de l’Union Européenne. Cela signifie qu’il  sera plus facile de construire des parcs éoliens offshore à grande échelle d’une manière écologiquement durable.”

L’Union Européenne compte donc développer l’énergie offshore à grande échelle. L’Agence Européenne de l’Energie estime que l’énergie offshore pourrait devenir la première source de production électrique à l’horizon 2040.

Une conviction qui se retrouve dans les objectifs annoncés par la Commission européenne dans son Green Deal. La Commission ambitionne d’atteindre en 2050 une production d’au moins 230 GW dans la tranche basse des estimations. Au mieux, la production pourrait atteindre 450 GW. Une étude réalisée par WindEurope propose un scénario de développement en deux phases : d’abord installer 7 GW chaque année entre 2020 et 2030. Puis, augmenter la puissance de 18 GW chaque année.

Commentaire :

a)  pour atteindre la neutralité climatique- Oh le vilain mensonge ! Pas plus que l’éolien terrestre, l’éolien off shore n’est pilotable, et pas plus que pour l’éolien terrestre, il n’y a pas de foisonnement en Europe. Par conséquent, l’éolien off shore doit être adossé à une énergie pilotable, probablement du gaz.

Donc l’éolien off shore c’est en réalité au mieux 40% de vent et 60% d’autre chose. Si cet autre chose c’est du gaz, eh bien, par rapport au nucléaire, on ne décarbonne pas, au contraire, on recarbonne ! et la neutralité climatique, on l’oublie !

b) comme d’hab, on parle là de la puissance nominale, pas de la production réelle.

c) A aucun moment, le coût n’est abordé dans l’article… sans doute parce qu’il est faramineux ! (cf ci après)

L’Allemagne et Wind Europe à la manoeuvre

Cette année, l’Allemagne, grand défenseur de l’énergie offshore, a les coudées franches pour donner un coup d’accélérateur sur le sujet puisqu’elle assure la présidence de l’Union Européenne pendant le deuxième semestre 2020. Dans le même temps, elle préside cette année la Coopération énergétique des mers du Nord qui sont déjà tombés d’accord sur un programme de développement de l’énergie éolienne offshore. L’Allemagne affiche des objectifs très ambitieux. En 2020, le pays compte déjà 1 469 éoliennes offshore, pour une production de 7,5 GW. D’ici 2030, l’Allemagne compte atteindre entre 15 à 20 GW en développant de nouveaux parcs éoliens offshore. Sur le long terme, pour compenser la fin du charbon, l’Allemagne ambitionne même d’atteindre 50 GW. Alors, c’est clair, l’Allemagne veut piloter le projet européen d’énergie offshore.

Les éoliennes offshore ne sont pas la seule source d’énergie qui intéresse l’UE. Kadri Simson: “Nous devons également utiliser le potentiel d’autres sources renouvelables telles que l’énergie solaire offshore ainsi que les nouvelles opportunités d’énergie marémotrice et océanique.” D’abord développés dans les Maldives pour répondre aux besoins énergétiques générés par le tourisme, le solaire offshore connaît depuis un succès croissant. L’Union Européenne est bien décidée à prendre la vague du solaire offshore le plus tôt possible.

Commentaire : le solaire est déjà l’une des énergies les plus chères et ultrasubventionnées je vous laisse imaginer le solaire off shore…Décidément, les Allemands et la Commission Européenne en veulent à nos paysages côtiers.

Le casse-tête des zones maritimes : faire sauter toutes les protections, l’énergie d’abord, les autres usagers ensuite.

Pour développer l’énergie offshore en Europe, il va d’abord falloir trancher la question du découpage des zones maritimes. L’espace maritime fait l’objet d’un découpage par zones. Chaque zone est dévolue à un usage précis : réserves de pêche, zones de protection de la nature, espaces militaires avec accès restreint. Les zones maritimes qui peuvent accueillir des parcs éoliens ou solaires offshore sont donc limitées.

Dans son étude de novembre 2019, le lobby des industriels de l’éolien, WindEurope précisait que l’espace maritime capable d’accueillir des éoliennes offshore était trop petit. On ne pourrait installer que 112 GW quand il faudrait 450 GW. Giles Dickson, le président de WindEurope, précisait alors : “Nous allons devoir approcher différemment la planification de l’espace maritime. Les zones aquatiques doivent pouvoir faire l’objet d’usages multiples.” Pour faciliter le développement des parcs offshore, la Commission Européenne va donc devoir résoudre ce problème en priorité.

Commentaire : l’éolien off shore, sponsorisée par le lobby gazier aura priorité et on enverra valdinguer protection des paysages, conservatoires du littoral et les autres activités, telles la pêche, le tourisme, la plaisance, les nécessités militaires.
Décidément Wind Europe aura bien travaillé !  Wind Europe n’est pas une « gentille » ONG écologiste, mais le très puissant et influent lobby des industriels de l'éolien.

https://lenergeek.com/2020/07/23/lue-accelere-sur-lenergie-offshore/



 Les plans de Wind Europe pour la France. » Il ne resterait rien de ce pays et de ses littoraux »

Wind Europe, association des industriels de l'éolien, veut 57 GW d'éolien offshore le long des côtes françaises. Il ne resterait rien de ce pays et de ses littoraux commente Vent Libre (@Fragren36)

Selon Wind Europe, la France possède l’un des plus forts potentiels de production d’énergie d’origine éolienne marine en Europe. Ce serait l’un des pays les plus sollicités de l’Union européenne, après le Royaume-Uni (80 GW) et les Pays-Bas (60 GW). Dans le schéma présenté par Wind Europe, les cotes françaises fourniraient 57 GW, : 40 GW, soit près de la moitié de la capacité envisagée dans l’océan Atlantique et la Manche et 17 GW au large des côtes méditerranéennes. L’Allemagne, les pays scandinaves et nordiques, mais aussi la Pologne ou les pays baltes, seraient, quant à eux, mobilisés sur la Mer du Nord pour 212 GW et la Mer Baltique pour 83 GW.

Cela représenterait 115 parcs de la taille de celui de la baie de Saint-Brieuc

Faut-il se lancer dans l’eolien off shore ? La réponse claire et nette de Jean-Marc Jancovici : Non !

Jean Marc Jancovici, on ne le présente plus ( Fondation Nicolas Hulot, X-environnement, Shift Project, Haut Conseil pour le Climat…). Extrait de son exposé devant la Commission Aubert :

 :« L’éolien offshore aujourd’hui, c’est 25 milliards d’euros qui vont partir dans ce dispositif qui a encore moins d’intérêt que l’éolien terrestre. S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! Avec ces 25 milliards d’euros vous avez de quoi payer 6000 euros de prime de conversion du fuel en pompe à chaleur aux quatre millions de ménages français qui sont chauffés au fuel, qui sont souvent des ruraux, souvent précaires. Qu’on augmente mon taux d’imposition pour ça, moi je veux bien ! Mais qu’on me prélève un centime de plus pour payer l’éolien offshore, ce truc de Shadock »….J’aurais fourni la totalité de la pompe à 10 à 15 millions de ménages français. J’aurais sorti la totalité du fioul et les deux tiers du gaz et gagné une partie de ma course contre la montre. J’aurais évité 15 % des importations de pétrole, donc, selon les années, de 3 à 6 milliards d’euros, voire 9 milliards d’euros. J’aurais évité la moitié des importations de gaz, créées macroéconomiquement de l’emploi et évité du CO2 »

Les conditions de l’éolien en mer expliquent des coûts particulièrement élevés. Une éolienne en mer doit résister non seulement au vent (ça il vaut mieux !) mais aussi aux vagues, à la corrosion du sel, et donc il faut utiliser plus de matériaux et plus de traitements à puissance installée égale, sans parler du support immergé.

A cause de ces raisons, et aussi de la zone d’implantation, la construction en mer augmente la dépense en carburant par rapport à la construction à terre, et augmente aussi la dépense en carburant pour la maintenance.

Il résulte de ces « surcoûts » à la construction que l’éolien off-shore, malgré un taux de charge augmenté (Vesta annonce de 30% à 50%, ce qui soit dit en passant correspond peut-être au cas du Danemark mais pas au cas de la France, où les meilleurs sites dépassent tout juste 35% de facteur de charge), fournit certes une énergie plus importante par éolienne installée, mais avec un « contenu en carbone par kWh » qui reste à peu près identique. Les éoliennes soient off-shore ou à terre, elles produisent toujours de l’électricité intermittente. De ce fait, dès qu’il y a 1 MW d’éolien installé quelque part, il faut obligatoirement, pour assurer la continuité de la fourniture d’électricité, installer un peu moins de 1 MW « d’autre chose » ailleurs. Installer 24 GW d’éolien suppose donc d’avoir « ailleurs » pas loin de 20 GW de puissance de pointe provenant d’une autre source pour pallier les variations du vent, et au surplus cette « autre source » devra fonctionner 70% à 80% du temps pendant que l’éolien assurera sur 20% à 30% du temps. »

Des coûts gigantesques dénonciation de la Cours des Comptes et  petites manips très douces pour les promoteurs

Pour fixer les idées :

Nucléaire historique :33-40€/MWh
Photovoltaïque : 62-99€/MWh
Eolien : 60-65€/MWh
Eolien marin : 120 € -220 € /MWh (éolien posé) et entre 170 € -360 € /MWh (éolien flottant)
EPR: 70-80€/MWh

Ajoutons les subventions publiques: Eh oui, les producteurs « alternatifs »  les oublient souvent !

Nucléaire : 25€/MWh
Eolien: 476 €/MWh
Photovoltaïque :+500 €/MWh

Donc, l’éolien  off shore, ça coûte très très cher ! Et c’était bien l’avis de la Cour des Comptes, avant même le délirant plan allemand … :

La Cour des Comptes estimait en 2018 (Rapport sur le coût des ENR)  que les six parcs d'ores et déjà attribués au large des côtes françaises devraient coûter 2 milliards d'euros par an sur 20 ans, soit un montant total de 40,7 milliards, pour une part de 2% du mix énergétique !!!

Donc, on était parti pour 40 milliards d’euros (Md€) ce qui élevait le coût de production de l’électricité à 22 c€/kWh, alors que cette électricité est vendue… 4 à 6 c€/kWh sur le marché.Ca faisait quand même un peu cher ( d’où Jancovici : il faut arrêter tout cela),

Commentaire : 40 milliards, ça fait au moins 4 EPR bien construits, avec un peu d’entrainement !

Alors, miracle et roulement de tambour : le président Macron a annoncé le 20 juin 2018 que, après négociations avec les promoteurs, leur coût a été ramené de 40 Md€ à 25 Md€ par miracle, sans qu’aucun des opérateurs ne se plaignent ou ne se retirent des projets…

Un miracle, on vous dit…Sauf que, changement : les raccordements des éoliennes off-shore au réseau d’électricité seront à la charge de RTE, alors que ces opérations coûteuses sont normalement à la charge du producteur.

Donc, le miracle n’est en fait qu’un vrai tour de passe passe qui en fait arrange bien les producteurs. d’autant que ces coûts de raccordements sont assez peu prédictibles, et que la France a des systèmes côtiers plus compliqués que les sites peu profonds et souvent sableux de la Mer du Nord et de la Baltique. ..

 Eh bien, risque et coût seront pris en charge par le réseau et donc le contribuable, selon la bonne recettte des affairistes et des margoulins de l’éolien : risque publics, profits privés. C’est pas beau !

Risques accrus d’effondrement du réseau :

Et ça c’était avant le programme dément que la Commission Européenne et l’Allemagne veulent imposer à la France ! Du coup, un autre danger se profile : celui de la déstabilisation du réseau. Si l’éolien off shore représente en puissance nominale une fraction  non négligeable ( voire même l’équivalent) de la production nucléaire, alors celle-ci ne pourra plus compenser ses variations brutales. Recettes pour une catastrophe assurée, l‘effondrement du réseau !

La destruction des activités maritimes et littorales : témoignages de pêcheurs devant la Commission Aubert :

« Un port comme Le Tréport, c’est 200 marins, il est fréquenté par 75 navires de pêche sur l’année et représente un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros. Lorsqu’on nous a présenté le projet, nous avons tout de suite compris que s’ils mettaient les éoliennes là, nous signions notre arrêt de mort. Uniquement avec le chantier nous serions obligés d’arrêter de travailler pendant 2 ou 3 ans…

Nous avons organisé un voyage dans un parc éolien en activité bénéficiant de conditions similaires aux nôtres, avec une courantologie et des fonds marins comparables. En mars 2017, nous avons ainsi visité le parc de Thannet sur proposition de l’Institut maritime de prévention (IMP) et nous étions une dizaine de pêcheurs. Nous sommes revenus en pleurant : le port de pêche s’est vidé, il n’y a plus que du fileyeur, nous n’avons vu aucun bateau de pêche en activité. » ( Olivier Becquet).

Quant au tourisme, il est assez sûr, comme pour l’éolien terrestre, que la vue de champs d’éoliennes ne constituera pas un facteur d’attraction.



Katherine Poujol de « Gardez les Caps » conclut en se référant au rapport du député Aubert : « pas d’éoliennes dans les zones de pêches artisanales et une distance d’éloignement minimale de 50 km en mer. »

Bref, on a compris : « L’éolien off shore, s’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! »

Eh ben non, grâce à l’action résolue des lobbys comme Wind europe et à leur influence sur une Commission européenne au surplus très pro allemande, on va accélérer !!!

Et les premiers sacrifiés sont connus : les magnifiques plans d’eau entre Belle-Ile et Groix !

Une soixantaine d’éoliennes flottantes de plus de 200 mètres de hauteur entre Belle-Ile-en-Mer et Groix. !

Le massacre de ce plan d’eau magnifique avait doucement commencé avec un projet piloté par EOLFI, CGN Europe Energy et la Banque des Territoires, réunis au sein de la société Ferme Eolienne Flottante de Groix. Il s’agissait de 4 puis 3 éoliennes fabriquées au Danemark pour une puissance nominale de 24 MW. Elles devraient être raccordées par un câble dont l’atterrage sera réalisé dans le secteur de Kerhillio sur la commune de Erdeven. C’est RTE, donc le consommateur qui paiera, et les margoulins de l’éolien qui empocheront les bénéfices ! (Pour raccorder les éoliennes flottantes de Groix & Belle-Île au réseau existant, RTE va créer une liaison sous-marine et souterraine de 63 000 volts)

L'emprise globale de la ferme pilote sera d'environ 11 km2 en incluant les lignes d'ancrages.

Tiens, juste un petit graphe pour se remettre les ordres de grandeur en place et rappeler que l’éolien, ça prend beaucoup, beaucoup plus de place que le nucléaire ! (variable, mais disons 30 fois plus au mieux !)
Bon, mais là, on parle de tout à fait autre chose !

Une soixantaine d’éoliennes flottantes de plus de 200 mètres de hauteur entre Belle-Ile-en-Mer et Groix !!!

Le projet est le premier du genre en France.
Il s’agit  de deux parcs éoliens commerciaux. Un premier de 250 MW d’une vingtaine d’éoliennes, dont l’attribution est prévue en 2021, et un second pouvant aller jusqu’à 500 MW, à l’horizon 2024. Pour la première fois en France, il s’agira d’éoliennes flottantes et non posées au sol. Le raccordement mutualisé vers la terre et le réseau public de transport d’électricité sera réalisé par RTE.

L’installation éolienne occupera une large ( !!!) zone s’étendant sur 1 330 m2, au sud de l’île de Groix et à l’ouest de Belle-Ile-en-Mer !

Un débat public a été lancé, sous l’égide de la Commission du Grand Debat, qui, pour un projet de cette importance, joue la transparence et la concertation « Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public. « Notre rôle est que tous les publics puissent s’exprimer : les pros comme les antis. Mais, au-delà de dire s’ils sont pour ou contre, on interroge l’opportunité du projet. En quoi cela va les impacter ? Quels sont les aspects négatifs pour eux ? Notre rôle est que tout soit sur la table. Il n’y a pas de questions taboues », explique Chantal Jouanno. Après le 30 novembre, la commission nationale rendra « une photographie des arguments du public mais pas un avis », des conclusions sur lesquelles l’État et les élus pourront s’appuyer pour « corriger le projet ou même y renoncer ».

Donc, si vous ne voulez pas que soit massacré un des plus beaux paysages maritimes français, une aire où la pêche, la plaisance, la croisière sont très actives (Est-ce que les navigateurs qui ont leur bases à Lorient ou la Trinité continueront à venir s’y entrainer , est ce que ces  haut lieux du nautisme survivront ? Pas sûr du tout ( le Pole Course de Lorient, c’est 2300 navigateurs, les héritiers de Tabarly, les Armel Le Cléac'h, Thomas Coville, Sébastien Josse, Franck Cammas, Jérémie Beyou…)

Allez sur le site du débat Public et faites connaitre votre opposition ! ‘Faites comme Jean-Marc Jancovici !

D’autant que le débat prend parfois, du côté des défenseurs de l’éolien, un assez vilain tour, sur le motif punitif : les Bretons n’ont pas voulu de nucléaire, eh bien, ils auront les éoliennes. Ce n’est pas du nucléaire dont les Bretons n’ont pas voulu (la Bretagne héberge la plus ancienne centrale, aujourd’hui en cours de démantèlement-  Brennilis), c’est du nucléaire à Plogoff !

 Peut-être pas plus qu’ils ne voudront de 60 éoliennes géantes au large de Groix et Belle-Ile ?.


Simulation : vue de Port Locmaria Nord