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lundi 28 juin 2021

Nouvelles de la taxonomie-juillet 2021

1) Résumé de la situation

La Commission européenne travaille sur une taxonomie verte, c’est-à-dire une sorte de labellisation destinée à guider les investissements financiers vers les secteurs et les activités les plus appropriés pour atteindre les objectifs climatiques de l’Europe, la transition vers une économie bas-carbone et un modèle de développement durable.

Dans une première version (premier acte délégué), le nucléaire est exclu de la taxonomie. Ce n’est, sous l’influence d’une Allemagne très combative, qu’un moyen très efficace d’étrangler le nucléaire en  le privant de financements à taux privilégiés ainsi que de l’accès au financement européen des plans de relance.

Exclure l’énergie nucléaire de la taxonomie européenne conduirait à fragiliser toute une filière (plus d’un million d’emplois en Europe dont 220 000 en France) qui fournit pourtant actuellement près de la moitié de l’électricité à faible teneur carbone dans l’Union Européenne. En outre, les secteurs utilisateurs de cette énergie, notamment les électrointensifs, seraient eux aussi fortement impactés ; les fournisseurs qui feraient plus de 5% de leur CA avec le nucléaire se verraient privés de label vert.

Au-delà, cette décision contrevient au critère de neutralité technologique que la taxonomie devait respecter, elle va à l’encontre de toute rationalité technique, scientifique et économique, elle dénie le droit à chaque Etat le droit de choisir son mix énergétique figurant pourtant parmi les Traités européens.

Devant les protestations d’un certain nombre de gouvernements européens, de syndicats, d‘ONG environnementales pro-nucléaires, la Commission s’est engagée à promouvoir avant la fin de l’année un second acte délégué incluant le nucléaire dans la taxonomie. Mais il semble qu’elle joue à nouveau la procrastination et  revienne sur ses engagements. Le combat pour la rationalité continue !

Pour les épisodes précédents, cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/urgence-nucleaire-et-climatique-alerte.html ; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/04/dernieres-nouvelles-de-la-taxonomie.html

2) Protestation de la République tchèque, de la Bulgarie, de la Grèce, de Chypre, de la Hongrie, de la Roumanie et de la Slovaquie au Conseil Environnement et Energie (10-11 juin 2021)

Réflexion sur la taxonomie de l’UE et d’autres mesures possibles :

La taxonomie de l’UE pour les activités durables est une législation ambitieuse renforçant la transparence des flux de capitaux dans les investissements durables. À l’origine, il était destiné à être utilisé uniquement par les marchés financiers. Entre-temps, il est devenu un instrument global qui affecte considérablement la plupart des secteurs de nos économies.

L’Acte délégué sur l’examen des critères techniques pour l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à celui-ci était censé fournir un outil complet, scientifique, crédible et ciblé pour une transition durable. Néanmoins, en n’incluant pas toutes les sources d’énergie, il apparait que cette intention n’est pas réellement réalisée.

Conformément au règlement taxonomique, tout au long de la majeure partie du processus conduisant à l’actuel projet d’acte délégué, les États membres ont été impliqués par l’intermédiaire du groupe d’experts des États membres ainsi que des parties prenantes concernées via des consultations publiques. Le sujet est devenu très politisé et extrêmement sensible.

Malheureusement, la phase finale des négociations sur le projet d’acte délégué a apporté des changements substantiels, en particulier en ce qui concerne le secteur de l’énergie. Nous estimons que ces changements de dernière minute ne tiennent pas suffisamment compte des positions des États membres. L’exclusion de certaines technologies énergétiques du projet d’acte délégué ou le report de leur inclusion pourrait entraîner une incertitude assez grave pour les institutions financières, les investisseurs et les entreprises, ce qui pourrait à son tour compromettre la transition énergétique nécessaire dans les années à venir.

En outre, nous pensons que l’exclusion ou le report de certaines technologies en ce qui concerne le projet d’acte délégué n’est pas conforme au principe de neutralité technologique consacré à l’article 19.1 a) du règlement taxonomie, ni à l’exigence énoncée à l’article 19.1 j) selon laquelle les critères techniques couvrent toutes les activités économiques pertinentes dans un secteur spécifique. C’est également un signe du manque d’ambition de l’UE dans l’offre d’une voie de décarbonisation viable tant pour les acteurs du marché que pour les États membres.

Étant donné que la taxonomie en général a un impact significatif sur tous les secteurs de l’économie, nous souhaitons inviter la Commission à proposer un ensemble non seulement ambitieux mais aussi réaliste de critères d’examen technique pour le secteur de l’énergie. En ce sens, nous apprécierions que la Commission informe les États Membres de l’état d’avancement des préparatifs de l’acte délégué complémentaire, qui devrait être publié sans retard inutile.

L’acte délégué complémentaire et la législation qui pourrait l’accompagner devraient tenir compte du fait que les États membres ont des points de départ différents et qu’ils ont l’intention d’utiliser différentes technologies à faible intensité de carbone et à zéro émission de carbone qui impliquent diverses voies de décarbonisation. Il doit donc laisser suffisamment de souplesse pour tenir compte du développement technologique actuel, de l’infrastructure existante et des bouquets énergétiques actuels, tout en offrant des perspectives réalisables pour les sources et technologies énergétiques à faible émission de carbone et à zéro émission de carbone.

Les secteurs économiques et les États membres doivent être habilités, grâce à des critères de sélection adéquats, y compris pour les activités de transition, à s’engager sur des voies de transition progressives et réalisables, conformément aux objectifs définis par l’UE en matière d’énergie et de climat.

Si cette protestation tchèque figure à l’ordre du jour du Conseil de l’Energie du 11 juin 2011, le compte-rendu du lendemain n’en fait semble-t-il aucune mention.

3) Implications de la taxonomie de l’UE pour la transition vers une économie durable - Informations de la délégation tchèque, soutenues par les délégations bulgare, grecque, chypriote, hongroise, roumaine et slovaque-Note au Conseil des Etats

Décidément très active, la République Tchèque a  aussi adressé une note sur la taxonomie au Conseil des Etats. Extraits :

« Dans le cadre législatif actuel, la taxonomie fournit un outil de transparence afin d’empêcher le greenwashing lorsque des produits et services financiers « durables » ou « verts » sont établis et promus. Parallèlement à la directive sur l’information en matière de durabilité des entreprises récemment proposée (révision de la directive sur l’information non financière), elle rendra également l’alignement des entreprises sur les objectifs de durabilité et de climat de l’UE plus visible et plus transparent. 

La taxonomie facilite l’identification des activités qui apportent une contribution positive substantielle aux objectifs environnementaux, tout en ne faisant pas de dommages significatifs dans d’autres domaines environnementaux et en respectant des garanties sociales minimales. Le cadre actuel de la taxonomie comporte plusieurs limites :

- Les critères de taxonomie n’autorisent en fin de compte qu’une approche unique (one size fits all) qui est très controversée en ce qui concerne son efficacité pour  l’atténuation du changement climatique. L’interprétation des activités de transition pour l’atténuation du changement climatique a été trop étroite et n’a pas permis à chaque pays de proposer des voies différentes vers la décarbonation.

- Même si les critères en cours d’élaboration sont censés être  fondés sur l’état de la science et neutres sur le plan technologique, plusieurs critères essentiels sont fondés sur des indicateurs et des mesures qui ne tiennent pas compte de la faisabilité technologique et économique, ce qui entraîne l’exclusion injustifiée de certaines activités de transition.

- L’idée de définir uniquement des activités durables qui contribuent activement à la réalisation d’objectifs environnementaux est largement mal comprise par le public, les décideurs et les entreprises, y compris le secteur financier. Tout ce qui n’est pas inclus dans la taxonomie est généralement considéré comme nuisible à l’environnement. Même si ce n’est pas le cas d’un point de vue juridique, les conséquences pratiques pour les options de financement et d’assurance peuvent être préjudiciables dans de nombreux domaines où une approche individuelle et une évaluation spécifique sont nécessaires.

Nous sommes d’avis que ces lacunes devraient être corrigées et que la taxonomie ne devrait être appliquée qu’en tant qu’outil de transparence. Cependant, la taxonomie devient progressivement une nouvelle norme pour les politiques de l’UE, grâce à sa mise en œuvre progressive par la Commission Européenne. Nous ressentons le besoin d’engager un large débat sur son application en dehors du champ d’application initial. Certaines implications découlent de l’évolution actuelle de la situation.

- Nous reconnaissons pleinement la nécessité de cesser de financer des activités nuisibles à l’environnement conformément au principe « ne pas nuire » (DNSH) du pacte vert pour l’Europe et au principe « ne pas nuire de manière significative » du règlement taxonomie. Toutefois, il est essentiel d’avoir une discussion appropriée sur les limites de l’utilisation des critères taxonomique comme système de référence pour le financement public. Le financement du secteur public diffère à bien des égards du financement privé. La taxonomie n’a pas été élaborée en vue de devenir la seule norme de financement, ni la norme législative.

- Il y a une incohérence dans la façon dont la Commission comprend et applique les critères « ne pas causer de dommage significatif » et, dans certains cas, « contribution substantielle »  se transforme en « seuil obligatoire », ce qui élimine indûment certains investissements ayant des incidences positives sur l’environnement.

- Il est largement reconnu que la taxonomie n’est pas un outil complet pour la transition et qu’elle ne peut pas servir d’indicateur pour la transition énergétique. La transition, du point de vue d’un État Membre, est une question d’interdépendances complexes entre l’économie et les politiques publiques dans une période et un contexte spécifiques, et des voies particulières vers la décarbonation.

- Des investissements transitoires sont nécessaires pour atteindre les objectifs ambitieux en matière d’atténuation climatique. Les approches individuelles adoptées par les États membres devraient être expliquées et comprises, mais ces approches individuelles ne peuvent être mises en œuvre sans une réelle neutralité technologique et une réelle souveraineté sur le bouquet énergétique. Les parcours de transition sont et seront différents selon les États Membres. Nous respectons pleinement nos obligations environnementales, mais nous ne serons pas en mesure de les respecter sans investissements transitoires privés et publics.

Nous demandons à la Commission Européenne et aux États Membres:

-  d’examiner, au niveau des experts appropriés ainsi que dans les forums politiques, les limites de la taxonomie et de ses critères, notamment le  « ne pas causer de dommage significatif » en tant que système de référence pour le financement de l’UE;

-  de reconnaître que la transition ne peut être réalisée avec une approche unique et que la taxonomie doit être un outil flexible pour toutes les voies de transition;

-  d’évaluer les conséquences de l’application pratique de la taxonomie, qui sont déjà plus larges que prévu à l’origine;

- de veiller à ce que les critères de la taxonomie soient fondés sur la science, technologiquement neutres, mais aussi réalistes compte tenu de l’état de la technique dans différents secteurs et États membres.

4) La Roumanie mise sur le nucléaire pour tenir ses objectifs climatiques

Pour la Roumanie, le recours au nucléaire semble la seule voie possible pour décarboner la production d’électricité et fermer les centrales au gaz et au charbon. La Roumanie soutient l’intégration du nucléaire dans la taxonomie verte. La Roumanie fait partie des nombreux pays de l’Est de l’Europe, membres de l’Union Européenne, et qui ont décidé d’investir dans le nucléaire pour tenir leurs objectifs climatiques, aux côtés de la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et la Bulgarie.

Pour Teodor Chirica, président du conseil d’administration de Nuclearelectrica, à Bucarest, ce choix d’investissement  dans le nucléaire s’impose pour tenir les engagements de la Roumanie dans l’Accord de Paris :. « Aujourd’hui, on parle de 18 à 20% de nucléaire dans notre mix énergétique ; 30 à 35% est une part atteignable d’ici à 2050 si on reste sur la progression que nous avons aujourd’hui ».

Teodor Chirica espère par ailleurs que le nucléaire sera intégré à la taxonomie verte, et critique la posture des opposants à cette décision : “Les uns sont dans une posture politique, idéologique et les autres s’appuient sur la science. Si dans le pire des cas, la liste de référence de l’Union européenne, la taxonomie, n’intègre pas le nucléaire, cela ne veut pas dire que nous ne pourrons pas développer le nucléaire. Le problème, c’est que nous ne pourrons pas avoir accès à des financements abordables comme dans le cas des autres énergies et cela pourra pénaliser l’aspect économique du projet”.

La Roumanie envisageait au départ d’agrandir Cernavodă via un partenariat avec la Chine et le Canada, un projet piloté par China General Nuclear Power (CGN). Mais ces discussions ont été rompues, et c’est un consortium dirigé par la société d’ingénierie américaine AECom, avec des partenaires canadiens, français et roumains (dont Orano) qui développera l’extension de la centrale nucléaire, pour un total de 8 milliards de dollars

https://sfenral.fr/index.php/lire-la-suite-actus-semaine/216-actu-2021-24#:~:text=Ce%20vendredi%2011%20juin%202021,pour%20atteindre%20ses%20objectifs%20climatiques.&text=La%20Roumanie%20soutient%20d'ailleurs,nucl%C3%A9aire%20dans%20la%20taxonomie%20verte.

5) Pays-Bas : Le Parlement néerlandais a voté une motion pour soutenir l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie

Le Parlement néerlandais a maintenant demandé au gouvernement de soutenir l'inclusion du nucléaire dans la taxonomie ! Un geste essentiel qui fait du bien non seulement aux Pays-Bas mais aussi à nos alliés européens qui souhaitent également investir dans la nouvelle énergie nucléaire pour lutter contre les émissions de carbone !

Motion proposée par  Silvio Erkens :

La Chambre, après avoir entendu les délibérations, constate que la taxonomie de l’UE doit être neutre sur le plan technologique et devrait être établie sur la base de faits scientifiques; que l’énergie nucléaire est une source d’énergie à faible intensité de carbone; que, dans son rapport du début de cette année, le Centre commun de recherche indique que les effets de l’énergie nucléaire sont largement comparables à ceux de l’hydroélectricité et des sources d’énergie renouvelables et que cette évaluation permet d’ajouter l’énergie nucléaire à la taxonomie de l’Union Européenne; invite le Cabinet à collaborer avec  la France et d’autres États membres engagés dans l’énergie nucléaire  pour intégrer l’énergie nucléaire dans la taxonomie.

6) Finlande : déclaration de Riku Huttunen (Dg, Ministède de l’économie et de l’emploi, Nordic Nuclear Forum (NNF), 8–10 June 2021

Dans son discours d’ouverture, Riku Huttunen, du ministère des Affaires économiques et de l’Emploi, a souligné le rôle clé de l’énergie nucléaire en tant que source d’énergie sans émissions dans la lutte contre le changement climatique. Il a également mis l’accent sur le principe de la « sécurité d’abord » dans la réglementation et l’utilisation de l’énergie nucléaire et dans le développement de nouvelles technologies.

« L’énergie nucléaire joue un rôle important et croissant en tant que source d’énergie en Finlande. Pour que la Finlande atteigne la neutralité carbone d’ici 2035, nous devons être en mesure d’utiliser toutes les technologies d’énergie propre »

“Les politiques et la législation devraient être neutres lorsqu’il s’agit de choisir entre des sources d’énergie durables. C’est pourquoi il est alarmant de suivre le débat européen sur le financement durable et la taxonomie. Il devrait être évident pour tous que les mêmes critères de durabilité s’appliquent à toutes les sources d’énergie ».

“Toutefois, la Commission européenne a scindé son acte délégué sur la taxinomie en deux en reportant les règles sur le gaz et l’énergie nucléaire à un stade ultérieur. Il est donc très difficile de procéder à une évaluation globale de l’acte et aux États Membres de l’UE de prendre position à son sujet. Au lieu de considérations politiques, la neutralité technologique devrait être le principe directeur «

https://tem.fi/en/-/director-general-huttunen-at-launch-of-nnf2021-developing-nuclear-energy-requires-closer-international-regulatory-cooperation

Et la France ? Beaucoup d’Etats Européens comptent sur elle pour défendre l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie, elle est semble-t-il muette ! Non seulement nous ne disons rien, ou pas grand-chose, mais nous laissons un Pascal Canfin à la tête de la Commission Envi saboter leurs efforts.

Une réaction @renew europe, @Christophe Grudler ?










mercredi 25 décembre 2019

France-Allemagne politiques énergétiques : on continue la guerre ou on coopère ?


Politique énergétique-climatique en Europe : état de guerre déclarée

L’Allemagne et ses supplétifs Autrichiens et Luxembourgeois, confrontés aux résultats d’ une energiewende catastrophique écologiquement, climatiquement, économiquement, socialement, mène une guerre totale contre l’un des rares et grands atouts écologiques et économiques de la France, son électricité fortement décarbonée grâce à son programme nucléaire (en 20 ans, de 1970 à 1990, construction d’un parc de 58 réacteurs nucléaires - grâce au nucléaire, les émissions de CO2 françaises liées à l’énergie sont inférieures de 59% à la moyenne des pays du G7).

L’Allemagne s’est livrée à une pression insupportable pour obtenir, grâce à la lâcheté et à l’inconscience de certains politiques français la fermeture de Fessenheim, qui n’a aucune justification technique. Elle vise maintenant les centrales belges de Tihange. Le Luxembourg veut la fermeture de Cattenom ; l’Autriche s’oppose à la Tchèquie à propos de la mise en service des centrales de Dukovany et à la Hongrie à propos de PAK2. L’Allemagne se bat comme un dogue pour éviter l’augmentation de la taxe CO2 et pour dissuader le financement du nucléaire, ce qu’elle a magnifiquement réussi en faisant sortir le nucléaire de la taxonomie du financement vert proposée par l’UE, du mpins pour un temps, ar suite à la réaction au Parlement des autres pays européens, le nucléaire serait peut-être finalement suffisamment vert ( il est plus décarboné que le solaire ou l’éolien) pour avoir accès à certains financements verts, au moins de manière transitoire…comme le gaz, qui lui n’est pas du tout décarboné. .ou pas. La lettre de mission d’ Ursula Von der Leyen au commissaire à l’énergie indique : « Vous devriez vous concentrer sur l'amélioration de la sûreté nucléaire et des garanties à travers l'Europe et poursuivre le déclassement nucléaire en cours »
 Début décembre 2019, au Parlement européen, un article discrètement introduit par le SPD allemand qui aurait obligé la France et les autres pays européens à fermer toutes leurs centrales nucléaires « nuclear phase out).

Bref, dans toutes les instances européennes, et même internationale (COP ), la politique énergétique européenne fait l’objet d’une guerre incessante entre l’Allemagne, l’Autriche et le Luxembourg, rejoints par des Verts d’autres pays, et même français, qui veulent absolument exclure le nucléaire, et la France, la Finlande, la Tchéquie, la Slovaquie, la Hongrie…la Pologne ? et pour l’instant encore, jusqu’à la fin de l’année, le Royaume-Uni. Guerre sombre, guerre d’amendements, d’attaques incessantes, de rapports mensongers et partiaux, de campagnes médiatiques.. Mais, un instant d’inattention, et hop, plus de nucléaire en Europe.

Alors que c’est la seule énergie qui puisse nous permettre de répondre au défi climatique sans provoquer l’effondrement de nos sociétés.
Sur tout ceci, cf. les articles de ce blog

France Allemagne- Une coopération possible ? le rapport de Tandem sur la transition énergétique

Je veux mentionner un article de Tandem, (Coopération franco-allemande pour la transition énergétique locale), qui s’efforce de faire travailler ensemble des villes françaises et allemandes sur la transition énergétique. Il s’agit d’abord d’un rapport factuel sur l’état de la transition énergétique dans les deux pays, mais qui ouvre certaines pistes possibles, celle d’une complémentarité des deux politiques énergétiques à travers le maintien d'importantes capacités nucléaires en France

Extraits sur le bilan : Les objectifs climatiques en France et en Allemagne : Où en est-on ?

Emission de gaz à effet de serre : France (2016) : 463 MteqCO2 ; Allemagne (2017): 904.7 MteqCO2

« En ce qui concerne les émissions de GES, les secteurs les plus émetteurs diffèrent dans les deux pays. En Allemagne l’industrie de l’énergie est responsable de presque 1/3 des émissions annuelles (comparé à 9,5% en France). En deuxième place, le secteur des transports représentait 18% des émissions de GES de l’Allemagne en 20161. En France c’est le secteur des transports qui constitue la principale source de GES avec 29 % en 2015, suivi par le secteur agricole et l’industrie responsables de 20 % chacun des émissions totales de GES…
Si les émissions de gaz à effet de serre sont presque deux fois plus élevées en Allemagne qu’en France, cela est en partie lié aux sources d’énergie très différentes servant à la production d’électricité dans les deux pays…La part d’électricité produite par des sources renouvelables en France n’est que la moitié de celle de son voisin, mais la grande majorité de l’électricité française est d’origine nucléaire entrainant beaucoup moins d’émissions de GES que la production allemande dont les sources énergétiques les plus polluantes, notamment le charbon et le lignite, continuent à représenter une part considérable (38,8%). »…

« En Allemagne, il n’y a pas un système comparable de « trajectoire vers la neutralité carbone » ou de « budget carbone compatibles avec l’Accord de Paris ». Dans leur accord de coalition, les partis au pouvoir se sont engagés à « combler le plus rapidement possible l'écart actuel avec l'objectif climatique 2020 et à atteindre les objectifs de protection climatique d'ici 2030 et 205017 ». Néanmoins, il n’existe pas de calendrier concret avec les mesures nécessaires pour combler l’écart avec l’objectif de réduire les émissions de GES de 40%. Une des mesures phares qui permettrait encore d’y parvenir – la réduction massive de la combustion du lignite – est actuellement encore en négociation par une ‘Commission pour la croissance, les changements structurels et l'emploi » (NB : il semble finalement que 2038 ait été choisi pour sortir du charbon dans la production électrique alors que le Royaume-Uni y est parvenu en 5 ans)

Ah ben, on  a rarement vu un document franco-allemand arriver à un tel constat amiable Mais enfin, les chiffres sont assez indiscutables…

Transports : dans les choux !

 « Dans le secteur des transports on observe que la voiture individuelle reste prédominante dans les deux pays. En France 80% des déplacements sont effectués en voiture – occupée la plupart du temps par une seule personne – et dont 50% des trajets effectués font moins de 5 km. Ce phénomène est en grande partie lié au fait que « l’espace rural et périurbain est structuré de façon peu favorable aux transports alternatifs à la voiture individuelle».

En ce qui concerne le taux de pollution des voitures individuelles circulant en France et en Allemagne, les choix d’achat des citoyens représentent une problématique similaire dans les deux pays. En regardant les voitures vendues en 2017, il s’agit en grande partie de voitures lourdes et très consommatrices comme des SUV (Sport Utility Vehicle) qui représentent 30% des ventes en France et 15,2% en Allemagne. Les voitures électriques et hybrides restent marginales comparées aux voitures conventionnelles (en 2017 les voitures électriques représentaient 0,7% des voitures vendues en Allemagne, et 1,47%11 en France. Les voitures hybrides représentaient 2,5% des ventes en Allemagne et 3,9% en France dans la même année)…

Si l’Allemagne est en avance sur le déploiement des énergies renouvelables dans la production électrique, cela ne se reflète pas dans la consommation énergétique des transports où l’Allemagne n’atteindra très probablement pas l’objectif européen de 10% d’énergies renouvelables dans le secteur des transports en 2020. En 2016 la part des EnR n’était que de 5% avec une augmentation pronostiquée à 6,1% au maximum en 2020. En ce qui concerne le déploiement des voitures électriques, l’Allemagne est en retard par rapport à son voisin français et l’industrie automobile allemande continue à résister à un développement du marché dans cette direction…

Par rapport au budget carbone français, le secteur des transports a dépassé de 6 % les objectifs fixés en 2016 pour ses émissions, ce qui est aussi en grande partie lié au fret routier qui représente jusqu’à 80% des émissions GES et plus que 80% des consommations finales en énergie du secteur des transports. Les voitures individuelles aussi continuent à contribuer au problème, sachant que 30% des voitures neuves sont des SUV, très émettrices en CO2.
Sur une note plus positive, en ce qui concerne la mobilité électrique, la France est en avance avec un marché automobile qui est « actuellement l’un de ceux où se vendent le plus de voitures électriques et hybrides en Europe » avec des subventions à l’achat parmi les plus hautes du monde : entre 6 000 à 10 000 Eur.
Comparable à l’Allemagne, le déploiement de véhicules électriques seul ne s’attaque pas,aux problèmes plus profonds de la mobilité en France qui nécessite une extension de l’infrastructure pour les transports en commun dans les régions non-urbaines pour réduire la dépendance aux voitures individuelles. Pour illustrer cela, à présent seuls 22% des habitants de communes rurales en France et 64% des habitants d’agglomérations de plus de 100 000 habitants affirment pouvoir choisir entre plusieurs modes de transports.

Fiches thématiques sur les objectifs  2020 et l’état des lieux
Cf. tableaux en fin de page

Commentaires :

-  En Allemagne, la réduction des émissions de gaz à effet en 2018 est de -27.7% pour un objectif de -40% en 2020. L’objectif est considéré comme inatteignable et abandonné. En France, les objectifs fixés ne seront pas atteints en pourcentage, mais compte-tenu du niveau absolu très faible ( pour l’énergie, inférieures de 59% à la moyenne des pays du G7), l’incidence climatique reste très satisfaisante. (NB ; comme prévu dans les accords de Paris pour les pays développés, il serait bon de redéfinir les objectifs d’émission de GES en valeur absolue et non en pourcentage de réduction)

- En Allemagne et en France, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la part des renouvelables dans la consommation d’énergie totale est similaire, autour de 15%. La grosse différence, c’est dans la production d’électricité (40% en Allemagne contre 18% en France). Pour la France, les objectifs de réduction du nucléaire dans la production d’électricité en France ne seront pas atteint. Ben oui, et heureusement, car ils sont absurdes ! Remplacer du nucléaire par du renouvelable plus du gaz est désastreux climatiquement, économiquement, socialement, écologiquement et pour la sécurité d’approvisionnement. La baisse du nucléaire dans la production électrique n’est pas un objectif climatique, ‘est anti-climatique !

 - Dans les deux pays, les objectifs de rénovation énergétique et de mobilité électrique ( plus généralement dans le domaine du transport sont complètement dans les choux…Il y a peut-être de raisons scientifiques et techniques de fond ? (cf. pour la rénovation thermique en France l’étude remarquable de Sauvons le Climat. (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/12/la-renovation-energetique-est-mal.html;

Conclusion : Voie étroite pour une coopération ?

« Malgré, ou justement à cause de leurs sources d’énergie si différentes, les systèmes électriques de France et d’Allemagne sont interdépendants. Comme les deux pays se trouvent face au même défi, restructurer leur production conventionnelle d’électricité, les choix qui seront faits des deux côtés du Rhin quant au rythme et à l’échéance de cette restructuration auront des effets transfrontaliers sur la transition énergétique dans les deux pays…

Maintenir une capacité nucléaire élevée en France contribuerait à réduire les émissions de CO₂ de l’UE, via une augmentation significative des exportations d’électricité de France, et à abaisser le prix de l’électricité en Allemagne ainsi qu’à décarboner sa consommation électrique. Cependant, l'augmentation prévue de la part des énergies renouvelables à 65 % de la consommation d'électricité en 2030 contribuera à éviter que l'Allemagne – qui n’est pas favorable à l’augmentation de sa dépendance à l’importation d’électricité nucléaire – ne dépende des importations dans un contexte de sortie du charbon. Cette accélération du développement des renouvelables couplée au maintien du parc nucléaire français causerait une offre excédentaire d’électricité et permettrait de maintenir des prix de marché faibles pour l’électricité en Europe.

Il est donc nécessaire pour les deux pays de rapidement prendre une décision sur les stratégies nationales concernant le parc nucléaire en France et le charbon en Allemagne pour pouvoir concilier leurs approches et coopérer sur le développement des énergies renouvelables.
Commentaire : Bravo Tandem. C ‘est la première fois que je vois mentionné dans un document franco-allemand une coopération possible et logique en matière énergétique, qui repose sur la complémentarité et sur le maintien d’un haut niveau de production nucléaire en France,  nécessaire écologiquement, économiquement socialement et pour la sécurité d’alimentation des deux pays.

Il ne reste plus qu’à convaincre les politiques allemands de cesser leur campagne contre le nucléaire, …dont ils auront vraiment besoin pour remédier à l’absurdité de leur energiewende.




lundi 21 octobre 2019

Politique énergétique : quand le Reich nous déclare la guerre !


L’energiewende (la transition énergétique allemande) étant un échec climatique, écologique, économique et social total, Allemands et Autrichiens se sont mobilisent pour qu’au moins les autres Européens ne bénéficient des réels atouts du nucléaire en tous ces domaines. C’est, à tous les niveaux de l’Europe, une guerre incessante, multiforme, obstinée. Quelques exemples.

Fessenheim : la France a cédé devant l’action comminatoire de l’Allemagne

12 janvier 2015, lettre de  Barbara Hendricks, ministre allemande de l’environnement, à Ségolène Royal :
« Chère collègue,
En 2014, en marge du sommet environnemental informel de Milan, nous avions entre autres parlé de la centrale nucléaire de Fessenheim. Je me félicite donc maintenant que le Président Hollande ait une nouvelle fois confirmé la décision de fermer Fessenheim.
Dans ce contexte, et en lien avec mon courrier du 15 septembre 2014, je vous prie de m’informer du calendrier et des procédures que vous avez l’intention de suivre pour l’arrêt de Fessenheim.
Comme vous le savez, la population vivant dans les zones frontalières est très préoccupée par la sûreté de la centrale. Je vous prie vivement de prendre en compte ces préoccupations lorsque vous pèserez le pour et le contre et lors de vos décisions, et de prévoir l’arrêt de Fessenheim à une échéance aussi rapide que possible. Je suis naturellement consciente qu’en ce domaine, la décision relève au final de la responsabilité souveraine de la France. Mais vous ne m’en voudrez certainement pas de me battre pour les revendications de la population qui vit près de la centrale de Fessenheim.

04/03/2016 , la même Barbara Hendricks, :  « La centrale nucléaire française de Fessenheim, toute proche de la frontière avec l'Allemagne, est "trop vieille" et "devrait être fermée le plus vite possible", a

Commentaire : un poil comminatoire, ces ministres allemands qui nous imposent des fermetures de centrales. D’autant que rappelons-le : Fessenheim trop vieille, c’est faux ! Parce qu’en France, comme nous gardons un programme nucléaire, nous entretenons nos centrales, nous les modernisons, nous les améliorons. Et ça a été le cas pour Fessenheim : il n’ y a aucune justification, ni de sécurité, ni  technique, ni de productivité, à la fermeture de Fessenheim, dont la prolongation avait été validée par l’ASN… qui a prouvé à propos de Flamanville, qu’elle était assez sourcilleuse…

Fessenheim bientôt fermée, l'Allemagne tourne son attention vers les centrales nucléaires suisses !
"Le ministère fédéral de l'Environnement Allemand s'est engagé à ce que la centrale nucléaire suisse de Beznau soit fermée rapidement." !

Eh ben, ils vont être content les Suisses ! Car enfin, en novembre 2016, les Suisses ont refusé l’abandon accéléré des centrales. L’initiative dite «Sortir du nucléaire»  a été rejetée par 54 % des voix. Le texte avait été lancé en 2011, juste après l'accident de Fukushima au Japon. Il demandait l'arrêt des cinq centrales nucléaires du pays au plus tard en 2029. La campagne a notamment été marquée par les arguments des compagnies d’électricité, qui ont brandi la menace de forte sommes de dédommagement si le pays décidait de tirer la prise plus tôt : Axpo a articulé le chiffre de 4,1 milliards pour Beznau, Alpiq, 2,5 milliards pour Gösgen et Leibstadt. Rebelote le 21 mai 2017, les Suisses plébiscitent la Stratégie énergétique 2050 à 58 % des suffrages.

Beznau 1 (365 MW), mis en service le 17 juillet 19692, initialement prévu pour 40 ans (2009)  a atteint 50 ans de fonctionnement en 2019. C'est le plus ancien réacteur nucléaire en fonctionnement dans le monde. Beznau 1  a été arrêté en  2015 et a redémarré en 2018, tout beau et presque tout neuf. Beznau 2 (365 MW) a été mis en service en 1971, initialement prévu pour 40 ans.

A noter que Beznau 1 a, le 20 août 1974, subi le début de ce qui formera la séquence accidentelle de Three Mile Island. Après trois minutes, l'opérateur de service comprend que la vanne de décharge du pressuriseur est restée ouverte. À partir de là, l'incident est maîtrisé en neuf minutes. 0 contamination, 0 victimes.
Bravo les Suisses !
Ils construisent durable et n’ont pas envie de dilapider leur patrimoine.  Le Reich n’a qu’à essayer de les envahir après tout !

Autriche Hongrie : L’Autriche s’oppose au projet nucléaire hongrois « Paks 2 »

L'Autriche va saisir la Cour européenne de justice contre l'expansion de la centrale nucléaire hongroise de Paks, a annoncé lundi le ministre autrichien de l'Environnement, quelques jours avant une rencontre entre Viktor Orbán et Sebastian Kurz.  Le gouvernement autrichien souhaite que la Cour européenne de justice annule la résolution adoptée par la Commission européenne approuvant le plan « Paks 2 ». Celui-ci prévoit l'agrandissement de la seule centrale nucléaire de Hongrie (23 janvier 2018)

Ils se croient encore dans l’Empire Autrichien… Il faut leur dire que c’est fini…

Autriche Tchèquie : Dukovany et Temelin : l’Autriche réfléchit à une plainte contre la République tchèque (02-09-2019)
Le vice-gouverneur du Land de Basse-Autriche et l’ancienne ministre de l’Environnement autrichienne Elisabeth Köstinger n’excluent pas la possibilité de porter plainte contre la République tchèque auprès de l’Union européenne en raison du projet d’extension de la centrale nucléaire de Dukovany, en Moravie. L’information a été publiée, dimanche, sur le site du quotidien autrichien Kurier. Les deux politiques critiquent le fait que le ministère de l’Environnement tchèque ait émis un avis positif sur le projet de construction de un à deux nouveaux réacteurs. Alors que le nucléaire représente actuellement une part d’environ 35 % dans le bouquet énergétique du pays, Prague estime nécessaire d’augmenter le nucléaire pour remplir ses objectifs climatiques.
La partie autrichienne, qui critique depuis toujours l’exploitation des deux centrales nucléaires en République tchèque, souhaite savoir quel sera le mode de financement de ces nouveaux réacteurs, envisagés également à la centrale de Temelín, en Bohême du Sud, pour éventuellement attaquer la République tchèque auprès de la Cour de justice de l’UE.
En 2000, un incident à Temelin avait déjà été l’objet d’une passe d’arme sévère entre Autriche et Tchéquie (NB ,c’est la passe d’arme qui avait été sévère, pas l’incident !). De l'huile s'est échappée de la chambre de machines du premier bloc, ce n'était pas une grande quantité, elle a été récupérée dans des réservoirs de sécurité, pas de fuites radioactives.  Le ministère autrichien de l'Environnement a réagi en déclarant que, selon lui, la fuite d'huile confirme que l'Autriche a le plein droit de revendiquer des informations générales sur l'équipement nucléaire tchèque. Le ministère espère qu'il sera informé, dans les plus brefs délais, sur les raisons de l'accident, qu'il recevra la documentation appropriée et la preuve qu'il ne s'agit pas d'insuffisance dans la construction de l'équipement... Crise entre le ministre tchèque de l'Industrie et du Commerce, Miroslav Gregr et le représentant de la Basse-Autriche, Radko Pavlovec, installé à Prague. Est-il un représentant officiel ou non . La réponse par télécopie a été brève. Radko Pavlovec est le représentant officiel de la Basse-Autriche et il lui est permis d'utiliser dans son courrier les armoiries de cette dernière. Ambiance
Ils se croient encore dans l’Empire Autrichien… Il faut leur dire que c’est fini…

Autriche Slovaquie : l’Autriche retarde la mise en service de deux réacteurs de la centrale nucléaire de Mochovce  (08/05/2019)

Le 7 mai 2019, le Premier ministre slovaque Peter Pellegrini a fait part de son mécontentement, jugeant que le Chancelier autrichien, Sebastian Kurz, avait outrepassé ses droits et ses compétences. Ce dernier venait en effet de déclarer qu’il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher l’achèvement de la centrale nucléaire de Mochovce, dont les 3ème et 4ème réacteurs devaient entrer en fonction entre novembre 2019 et mars 2020. Or la pression des activistes autrichiens est telle qu’un report de l’obtention de la procédure d’autorisation de mise en service a été annoncé le 6 mai. À cette occasion, les autorités slovaques ont accusé Vienne d’ingérence dans les affaires nationales et de mise en cause de la souveraineté de leur État.
Le directeur général de Slovénske Elektrárne, Branislav Strycek, regrette quant à lui ces reports répétés liés aux actions de l’Autriche. Bratislava a demandé à l’AIEA de dépêcher une mission d’experts sur place pour inspecter le site mais celle-ci ne pourrait avoir lieu que sur invitation slovaque. Pour P. Pellegrini, cette « guerre sainte » déclarée par l’Autriche contre toutes les centrales nucléaires de la région (les Tchèques en savent également quelque chose) ne tient pas compte de l’expérience accumulée par la Slovaquie dans le domaine nucléaire.
Le Chancelier autrichien et le Premier ministre slovaque devraient évoquer l’épineux dossier de Mochovce lors d’un entretien, le 9 mai, en marge du Sommet européen de Sibiu (Roumanie). D’ores et déjà, P. Pellegrini a proposé à S. Kurz de se rendre en Slovaquie afin de visiter le site de construction de la centrale.

Allemagne- Belgique : nos voisins allemands s’opposent à la prolongation de la durée vie de Doel et Tihange
           
Le gouvernement de l’état régional allemand de Rhénanie-Palatinat a décidé mardi de se joindre à une plainte de Greenpeace et de Benegora, plate-forme de concertation belgo-néerlandaise de la région d’Anvers, contre la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires belges de Tihange 1 et de Doel 1 et 2. La Rhénanie-Palatinat demande l’arrêt d’urgence de ces installations pour « protéger la population ». Ceux-ci sont en activité depuis 1975 et auraient dû fermer leurs portes en 2015, en vertu d’une loi sur la sortie du nucléaire. Mais la majorité fédérale a donné son feu vert à un projet de loi qui rend possible un allongement de leur durée de vie jusqu’en 2025.

La démocratie Belge, le Reich n’en a rien à faire !

Autriche- Angleterre :  l'Autriche fera appel du feu vert européen à l'EPR britannique

L'Autriche a décidé mercredi de faire appel du feu vert de la justice européenne aux aides d'Etat accordées par le Royaume-Uni pour les réacteurs nucléaires EPR de Hinkley Point, contre lesquelles elle avait porté plainte.
L'Autriche continue de défendre la position selon laquelle l'énergie nucléaire n'est pas une technologie d'avenir, et que c'est une erreur de considérer comme anodines les subventions à la construction de centrales nucléaires", a expliqué le conseil des ministres dans une résolution.
L'Autriche, à la pointe de la cause antinucléaire en Europe, conteste les subventions accordées par Londres pour la construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point C par NNB Generation, filiale du français EDF.
Vienne avait porté plainte en 2015 avec le Luxembourg, considérant que les subventions publiques devaient être réservées au développement des énergies renouvelables et redoutant une remise en cause de la transition énergétique en Europe par la relance de la filière nucléaire.
Le Tribunal de l'Union européenne l'a toutefois déboutée le 12 juillet dernier, considérant qu'un Etat membre a le droit de "définir son bouquet énergétique", et de "définir le développement de l'énergie nucléaire comme l'objectif d'intérêt public poursuivi par les mesures d'aide

Tiens, ça vous donnerait presque des envies de Brexit !

La Banque européenne d'investissement reporte sa décision sur les prêts aux combustibles fossiles


La Banque européenne d'investissement a reporté à novembre la décision de cesser de financer des projets de combustibles fossiles, alors que le prêteur multilatéral s'efforce de continuer à financer des projets gaziers pendant un certain temps.  Le président de la banque, Werner Hoyer, fait pression pour que la banque prenne l'initiative dans le financement de projets durables, et a proposé en juillet de cesser ses prêts aux combustibles fossiles d'ici la fin de 2020.  Mais l'Allemagne, première économie d'Europe et premier actionnaire de la BEI, souhaite que la banque continue à financer des projets liés au gaz naturel, qui produit moins d'émissions de gaz à effet de serre que le charbon ou le pétrole et que l'Allemagne et certains autres États veulent utiliser comme combustible pour transition du charbon.  Sur la base de ce dont nous avons discuté ce matin, je suis de plus en plus confiant que nous obtiendrons l'approbation finale en novembre », a déclaré Andrew McDowell, vice-président de la BEI, lors d'une interview à Reuters au cours de la réunion.   

Le conseil d'administration de la BEI, composé principalement de ministres des finances de l'Union européenne, a discuté des moyens de rendre la banque plus verte en mettant fin au financement de projets énergétiques alimentés par les combustibles fossiles, mais certains pays fortement dépendants du charbon ou du gaz se sont opposés à l'interdiction totale des fossiles. L'Allemagne, l'Italie, la Pologne et la Lettonie veulent que la banque continue de financer certains projets gaziers pour faciliter la transition du charbon ou de l'énergie nucléaire, ou pour des raisons de sécurité énergétique.    « La possibilité de transformer la Banque européenne d'investissement en banque climatique est en train de disparaître », a déclaré Alex Doukas, analyste principal du think tank Oil Change

Bon, c’est clair, je crois ; Le Reich se mobilise et mène  à tous les niveaux de l’Europe, une guerre incessante, multiforme, obstinée pour que les autres Européens ne bénéficient des réels atouts du nucléaire, écologiques, économiques et sociaux.
Eh bien, il faudra en tenir compte ; et peut-être reviendra-t-il à chaque citoyen de savoir quelles doivent être ses relations avec les organismes, entreprises et produits allemands


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vendredi 29 juin 2018

Raisons de détester l’Eurokom 7 : L’Eurokom, son immigration, sa démographie


Europe et Eurokom

Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne.

L’Europe stupide - La crise des réfugiés de 2015- la désunion européenne

Dans les années 2010, un grand  nombre de migrants — certains étant des réfugiés — arrivent dans l'Union européenne via la mer Méditerranée et les Balkans, depuis l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Asie du Sud. L'Europe fait alors face à l'une des plus importantes crises migratoires de son histoire contemporaine. En 2015, la chancelière allemande, Mme Merkel, annonce fièrement qu’elle compte accueillir de 800 000 à 1 millions de migrants – Wir shaffen das- nous y arriverons ! (31 août 2015). 

Cette démarche semble obéir à deux motifs principaux : 1) l’effondrement démographique de l’Allemagne[ : si rien n'est fait, la population allemande va décliner passant de 81,1 millions d'habitants mi-2015 à 76 millions d'habitants en 2050. À cette date, la population française devrait atteindre 77 millions. La baisse de la population aurait, selon Jean-Louis Thiériot, deux grandes conséquences économiques : des problèmes de financement des retraites et un moindre dynamisme économique ; un motif économique : d’ores et déjà, le patronat allemand estime manquer de main d’œuvre- entendre de main d’œuvre bien corvéable, qui ne réclame pas d’augmentation de salaire.

Rapidement, l’Allemagne se trouve submergée. Puisque Merkel veut des réfugiés, l’Autriche et la Hongrie, qui sont débordés par les migrants arrivés via la route des Balkans, vont lui en donner. Dans les gares centrales de Vienne et de Budapest, où ils s’entassent, ils sont encouragés à prendre le train pour l’Allemagne. Merkel, courageusement laisse à son ministre de l’intérieur le soin d’annoncer le rétablissement provisoire des contrôles à ses frontières avec l’Autriche- l’Autriche et la Hongrie se débrouilleront avec les migrants dont ils ne voulaient pas.

Et Angela Merkel, qui avait violemment critiqué les pays de l’Est, la Hongrie pour avoir établi  une barrière avec la Serbie, la Bulgarie pour avoir établi une barrière avec la Turquie, qui avait répété plusieurs fois dans son discours devant le Parlement Européen Wir schaffen das- eh bien non l’Allemagne n’ y arrive pas.  L’Allemagne, l’Allemagne seule  avait décidé pour toute l’Europe d’accueillir massivement les migrants, en fonction de ses seuls intérêts- c’est une catastrophe.
 Et  quand l’Allemagne, l’Allemagne seule voudra décider pour les autres pays de leur fixer des quotas de migrants… eh bien peut-on s’étonner qu’un certain nombre d’entre eux l’envoient promener, et  pas très poliment

L’Europe indigne -La catastrophe politique devient une catastrophe humanitaire

 La route des Balkans étant efficacement  fermée grâce aux barrières bulgares, hongroises, autrichiennes et grecques avec la Turquie ( comme quoi, les barrières frontalières sont efficaces, pour peu qu’on ait la volonté de les tenir) et à un accord avec le peu agréable sultan turc qui n’hésite pas à nous faire chanter, la brillante aventure lybienne de Nicolas Sarkozy et Bernard Henri Levy ayant laissé ce pays dans l’état que l’on sait, c‘est la route mortelle de la méditerranée que les migrants prennent en masse.

D'après l'Organisation internationale pour les migrations, environ 3 072 personnes sont mortes ou ont disparu en mer Méditerranée en 2014 en tentant d'immigrer en Europe24. Le 3 octobre 2013, une embarcation transportant quelque 500 migrants clandestins africains fait naufrage près de Lampedusa. Cette catastrophe fait 366 morts. Les accidents les plus graves ont lieu en avril 2015, avec la mort d'environ 1 200 personnes. Le premier naufrage se produit le 13 avril, suivi de plusieurs autres naufrages les 16, 19 (le plus meurtrier) et 20 avril. Beaucoup de ces navires de migrants voyageaient depuis la Libye vers l'île de Lampedusa, ou le port d'Augusta (Italie) bien que les incidents du 20 avril se produisirent au large de l'île de Rhodes, dans l'est de la Méditerranée

Le Wir Shaffen das, de bêtise politique est devenu bêtise criminelle, en encourageant les pauvres de toute l’Afrique à tenter leur chance à travers la Méditerranée. De généreuses initiatives de sauvetage en mer se sont transformée en complicité d’immigration clandestine et même de meurtre…puisqu’en fait elles entretiennent l‘immonde trafic des passeurs auxquelles elles sont censées remédier- tant et si bien qu’il est à peu près certain que davantage de migrants meurent en mer que si elles n‘existaient pas, et que bien des rafiots précaires des trafiquants d’hommes ne se risqueraient pas en mer, si les bateaux dits humanitaires n’étaient pas là. Des bateaux humanitaires allemands (et français) qui viennent débarquer leur triste cargaison, pas en Allemagne, pas en France, mais en Italie.

L’Italie, confrontée à une immigration massive inédite qu’elle est seule à supporter, au moins en première ligne, devant faire face à l’irresponsabilité de l’Allemagne, au cynisme, aux leçons de morale et maintenant aux injures de l’Allemagne et de la France, s’accrochant à l‘hypocrisie du traité de Dublin, l’Italie refuse maintenant de jouer le jeu dont elle est la seule perdante ; et c’est la triste odyssée  de l’Aquarius et autres bateaux errants à travers la Méditerranée (juin 2018). Une Italie souffrant aussi de la crise économique qui s’éternise, avec une explosion de la pauvreté
 Il est temps de mettre fin à ce cirque tragique par l’égoïsme et l’irresponsabilité des Allemands et l’impuissance une fois de plus amplement démontrée de l’Europe.

L’Europe qui ment et trompe : Junker  a menti !

Au beau milieu de la crise migratoire, les institutions européennes ont tenté de minimiser la situation et ont sciemment menti. Selon le site Politico, le chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, Martin Selmayr, a falsifié dans un mail adressé aux dirigeants de l'UE les chiffres du nombre de migrants illégaux entrés dans l'UE par la Turquie en décembre 2015, parlant d'une baisse de 52249 migrants à fin octobre, contre 9 093 à mi-décembre. Le chiffre réel serait du triple, soit 27 069 migrants. Selon Politico, le but de cette communication, s'appuyant sur des documents inexacts fournis par Frontex, est de donner une image efficace du rôle d'État-tampon que joue la Turquie dans l'arrêt des migrations illégales, en vue de convaincre les États membres d’adopter le plan Juncker pour accueillir les migrants au sein de l'Union européenne. Comment les pays européens, en particulier de l’Est pourraient-ils avoir confiance et se laisser dicter leur politique en matière d’immigration ?

 Le  grand remplacement, ça ne marche pas !

Le Wir Schaffen das s’avère aussi une catastrophe économique, sociale et nationale. Si l’Allemagne était tentée d’encourager l’immigration pour remédier à sa démographie catastrophique, c’est raté. Les Allemands auraient dû déjà être échaudés par les difficultés grandissantes de l’assimilation des Turcs, et surtout de la deuxième génération, très efficacement organisée par les réseaux du néo-sultan turc.

Le 21 septembre 2015, le quotidien allemand de gauche Die Tageszeitung écrit : « Étant donné l’afflux massif de réfugiés, la société allemande arrive à sa limite maximale d’accueil ». Après les agressions sexuelles du Nouvel An 2016 en Allemagne, dont les assauts sont coordonnés et commis par des groupes de 2 à 40 hommes, décrits comme nord-africains ou arabes et dont les suspects sont principalement des demandeurs d’asile ou des immigrés en situation illégale selon la police, Angela Merkel annonce vouloir faciliter les expulsions d'immigrés coupables d'agression.

Après une période de déclarations euphoriques des représentants du grand patronat allemand concernant les avantages économiques que représenteraient l'arrivée en masse de nouvelles forces de travail, ceux-ci commencent à reconnaître en 2016 que l'intégration des migrants sera beaucoup plus longue et difficile que prévu : ainsi 80 % d'entre eux n'ont pas le niveau d'un simple ouvrier spécialisé allemand. Ils ne parlent pas la langue locale, ni ne connaissent l'alphabet latin et un nombre non négligeable d'entre eux sont analphabètes. Selon un institut de recherche économique allemand, « il faut cinq à sept ans à un réfugié pour produire plus qu'il ne coûte à l'État ».

En février 2016, un sondage réalisé auprès de 220 économistes en Allemagne révèle qu'une majorité des professeurs allemands d'économie voit l'afflux actuel des demandeurs d'asile de manière critique. 40 % attendent de la venue des immigrés plutôt des inconvénients pour l'Allemagne, contre 23 % des avantages, le reste demeurant indécis. Dans l'ensemble, la plupart des économistes jugent de façon critique la politique d'asile allemande, à la différence de celle du Canada et de l'Australie, ces deux pays ayant une forte sélection selon le niveau de qualification des immigrants. D'une manière générale, il existe un consensus chez les économistes allemands concernant « la piètre employabilité des "réfugiés" », ce qui se traduit par un sous-emploi qui devrait perdurer un certain nombre d’années

L’Europe, un continent d’immigration malgré ses peuples

L’Europe est devenue l’une des premières destinations migratoires du monde depuis ces vingt dernières années. La demande d’asile a explosé dans les années 1990, dans des proportions inconues jusque-là (Afrique des grands lacs, Balkans, Proche et Moyen-Orient, Amérique caraïbe), atteignant plus de 500 000 demandes par an avant de connaître une relative décrue depuis les années 2000. Quant aux installés, dans l’Europe des 27, sur 450 millions d’habitants, on compte environ 25 millions d’étrangers, dont un quart d’Européens communautaires. Ces étrangers sont inégalement répartis dans les pays d’accueil : ainsi l’Allemagne est le premier pays d’immigration, avec 7,5 millions d’étrangers, 9 % de sa population totale, suivie par la France (3,5 millions, 6 % de la population totale), l’Espagne (passée d’1,5 million en 2002 à plus de 4 millions aujourd’hui) et le Royaume-Uni (2,8 millions, 4 % de la population totale), la Suisse (1,4 million, près de 20 % de la population), l’Italie (1,5 million d’étrangers, 2,4 % de la population) et la Grèce (800 000 étrangers, 8 % de la population totale). Mais la proportion d’étrangers n’est pas toujours liée à leur poids numérique (Luxembourg, 30 % d’étrangers, Autriche 10 %, Finlande 2 %). Malgré la mondialisation, chaque pays a un peu « ses » étrangers. Et surtout, ces chiffres ne tiennent pas comppte des naturalisations.

Avec Schengen, la maitrise des frontières est devenue une compétence européenne. A l’évidence, c’est un échec total. Au surplus, c’est un déni de démocratie de plus. Qui et comment a-t-il été décidé que l’Europe devait devenir une terre d’immigration majeure ? Et au nom de quoi ? Les peuples ont-ils été consultés, ont-ils donné leur accord  ? Et l’immigration selon quelles modalités ? Au Canada, en Australie, terres d’immigrations il existe une véritable politique, par nationalité, par degré de formation, par compétences. En Europe rien, c’est l’arbitraire et le harcèlement administratif  pour les immigrés qui tentent de suivre les règles et quasiment aucun risque d’expulsion pour les illégaux.

En matière d’immigration l’Europe est littéralement folle, avec une personnalité hautement dissociée entre le culte ultra libéral qui exige un nouveau prolétariat plus corvéable et nos traditions de protection sociale, entre les impératifs étatiques devenus européens de maî­trise des frontières et les lois du marché, entre l’affichage des droits de l’homme et les difficultés de la lutte contre l’immigration clandestine ; tout ceci étant entretenu par un pervertissement du vocabulaire, ainsi que l’a fait remarquer Hubert Vedrine la confusion entre les termes réfugiés, migrants, clandestins, a pour finalité d'éviter de reconnaître la spécificité du droit d'asile et est entretenue  par ceux qui pensent qu'il faut accueillir tout le monde. A ce jeu, là, c’est le vrai droit d’asile qui risque d’être perdant.
Les idéologues du grand remplacement feraient bien de réfléchir : et disons que des articles comme ceux du Monde du 27.06.2018 s’indignant de découvrir une plage polonaise uniquement peuplée de blancs, eh bien ce racisme à rebours me fait vomir, et pas seulement moi.

Démographie européenne : une pente suicidaire

 Au 1er janvier 2017, la population de l'Union européenne (UE) est estimée à 511,8 millions d'habitants par Eurostat1. Elle se classe derrière la Chine (1 384 millions) et l'Inde (1 318 millions) mais devant les États-Unis (325 millions). L'État membre le plus peuplé est l'Allemagne (82 millions) et le moins peuplé est Malte (0,4 million). Le taux de croissance de la population européenne est l'un des plus faibles du monde mais c'est aussi dans l'UE que les habitants vivent le plus longtemps (mis à part dans quelques régions d'Asie : Japon, Singapour et Hong Kong).

Aucun des pays européens n’atteint le taux de remplacement de ses générations. La France, avec 1.96 en est le plus proche, suivie par l’Irlande (1.92), la Suède (1.85), le Royaume Uni (1.8), la Belgique (1.70). Après , ça plonge carrément pour arriver à ce qu’il faut bien appeler un quasi-suicide démographique : l’Italie, l’Espagne et la Pologne sont autours de 1.30, l’Allemagne à 1.5 !

En 2016 pour la première fois, en Europe, le nombre de cercueils a dépassé celui des berceaux. Il est intéressant de relever que c’est le cas en Allemagne depuis 1971, de l’Italie depuis 1991, de l’Espagne depuis 2016, de la Russie depuis 1991.

En 2018, un rapport français s’est inquiété de la situation démographique européenne, pas d’un point de vue culturel, ethnique, social, non, cela est tabou, mais, puisque c’est le seul langage que l’Eurokom comprenne d’un point de vue économique.

Citations : « L'Europe va voir décliner sa population d'ici 2050 avec un impact direct sur sa productivité et sa croissance, ce qui devrait alerter les responsables politiques, selon une étude économique. L'Europe se dépeuple dans l'indifférence de sa classe politique perdant ainsi en croissance, en influence et en débouchés commerciaux, tandis que d'autres continents, comme le continent américain, maintiennent leur prospérité grâce à la croissance de leur population. Le constat qualifié de « suicide démographique " par les deux économistes qui en souligne les dangers se base sur les projections de l'ONU. 

 Contrairement à l'Amérique du Nord qui verrait sa population augmenter de 75 millions d'habitants d'ici 2050, l'Europe pourrait stagner autour de 500 millions d'habitants et perdre 49 millions de personnes en âge de travailler dans la tranche des 20-64 ans ", écrivent Jean-Michel Boussemart de l'institut COE-Rexecode et Michel Godet, ancien professeur au CNAM. Comme pour convaincre les décideurs européens de s'atteler sérieusement à cette question démographique et à « investir dans une politique familiale ", l'étude met en lien direct la hausse de la démographie dans l'histoire récente et celle de la croissance économique. Au cours des décennies 80 et 90, « la croissance du PIB des Etats-Unis est supérieure d'environ un point à celle de l'Europe. L'explication est pour plus de la moitié démographique », assurent les auteurs qui rappellent que la progression de la population est « de l'ordre de 1 % par an aux Etats-Unis, soit deux à trois fois plus élevée qu'en Europe ».

L’Europe est incapable de résister à une immigration envahissante et coûteuse, elle a été incapable de mettre en place une politique familiale qui évite sa transformation en  une zone de dépeuplement, de basse pression démographique – une politique familiale qui aujourd’hui passe évidemment par une plus grande égalité homme-femmes – le redressement de la natalité en Suède est à cet égard encourageant. L’Europe meurt de ses institutions.

Oui, il est vraiment temps de quitter cette Europe-là, cet Eurokom !