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dimanche 24 décembre 2023

Contribution du CEREME à La stratégie française pour l’énergie et le climat_18 dec 2023

 Extraits et remarques

1) Le ministère de la transition énergétique n’a joint aucune évaluation environnementale au dossier soumis à la consultation du public alors même que la loi l’y oblige

En vertu de l’article L. 122-4 du code de l’environnement, les plans et programmes relevant du domaine de l’énergie doivent faire l’objet d’une évaluation environnementale. En droit européen, la directive 2011/42/CE prévoit, de surcroît, que les Etats membres sont tenus de mettre à disposition du public l’évaluation environnementale ainsi que les conclusions qu’ils en retirent.

Or, dans le dossier qui a été soumis à la consultation du public, il n’est mentionné à aucun moment que la stratégie française énergie climat a fait l’objet d’une évaluation environnementale, que ce soit par l’Autorité environnementale ou par toute autre institution.

NB : C’est totalement regrettable surtout en ce qui concerner les 45 GW d’éolien en mer à proximité des côtes françaises, qui représentent une menace imminente d’une ampleur inédite pour la vie côtière et des activtés comme la pêche, le nautisme etc.

2) Le dossier soumis à la consultation du public repose sur une méthodologie incomplète

L’article 100-1 du code de l’énergie fixe à la politique énergétique de la France sept grands objectifs : la compétitivité de l’économie française et la création d’emplois, la sécurité d’approvisionnement, la maîtrise des coûts, la lutte contre la précarité énergétique, la contribution à la politique européenne de l’énergie, la préservation de la santé humaine et de l’environnement ainsi que la garantie de la cohésion sociale et territoriale.

Le ministère de la transition énergétique n’a nullement tenu compte des objectifs de préservation de la santé humaine et de l’environnement ainsi que de garantie de la cohésion sociale et territoriale pour élaborer sa stratégie climat…-La prise en compte de l’objectif de garantie de la cohésion sociale et territoriale aurait, par exemple, très probablement réduit les ambitions gouvernementales en matière d’éolien terrestre, cette technologie étant rejetée par 60% des populations vivant dans des zones rurales.

NB : idem pour l’éolien en mer…

 3) Des chiffres insuffisamment étayés

Ainsi « le ministère reconnait que « les chiffres de consommation et de production de biomasse font l’objet de modélisations en cours de finalisation, dans le cadre la préparation de la SNBC, qui pourront conduire à réviser les trajectoires ci-dessus. ».

Le dossier ne présente aucun graphique de consommation finale d’énergie par secteur, sauf pour la biomasse, dont les chiffres sont sujets à caution.

La faisabilité technico-économique des H2 et e-fuel n’est pas démontrée : Inscrire ces objectifs dans la SFEC 2050 et dans la PPE n’a de sens que si leur prix est acceptable, ce qui requiert pour le H2 qu’il soit produit par une électricité à la fois décarbonée durablement compétitive. Or, le dossier présume cette compétitivité mais sans la démontrer. »

Au total, le ministère reconnaît donc que le dossier présenté au public n’est pas abouti.

4) Les objectifs de production d’énergies renouvelables sont fondés sur des postulats non démontrés, voire erronés

Les affirmations sur la compétitivité ne sont pas étayées: Il est mentionné que « En 2022 et 2023, après plus de 15 ans de soutiens publics à l’émergence d’énergies renouvelables, celles-ci sont pour la plupart devenues compétitives sur notre sol. ». La compétitivité des énergies renouvelables, en particulier les électricités renouvelables intermittentes, n’est ici aucunement démontrée.

En outre, l’intermittence des électricités éoliennes et solaire conduit inéluctablement à des coûts d’investissements complémentaires dans des capacités pilotables pour pallier les périodes durant lesquelles il n’y a ni suffisamment de vent, ni suffisamment de soleil.

Le Cérémé invite le ministère à se référer aux différentes études qu’il a consacré à ce sujet

Le postulat de recettes fiscales supplémentaires générées par l’éolien est contestable :Il est mentionné que l’éolien a « généré 6,5 Md€ de recettes nettes supplémentaires dont 6,2 Md€ cumulés pour l’éolien terrestre au titre de 2022 et 2023. »

« Cette affirmation est d’autant plus inexacte que le ministère ne pouvait ignorer, au jour de lancement de la consultation du public, la décision du Conseil Constitutionnel QPC du 26 octobre 2023 https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2023/20231065QPC.html par laquelle celui-ci a annulé les dispositions règlementaires qui permettaient d’espérer obtenir des recettes fiscales supplémentaires de la part de la filière éolienne … laquelle a pourtant bénéficié de dizaines de milliards d’euros de subventions publiques pendant deux décennies ! »

Eolien terrestre : Les objectifs de développement de l’éolien terrestre fixés dans le dossier soient très supérieurs aux engagements pris par le Président de la République à Belfort, alors que rien ne le justifie, ni sur le plan climatique, ni sur le plan économique ;

Eolien en mer : L’objectif de 18 GW qui prévoit « d’attribuer de l’ordre de 10 GW supplémentaires d’ici fin 2025, à l’issue de l’exercice de planification des quatre façades maritimes qui sera conduit entre fin 2023 et mi 2024. » est un pari audacieux.

Ce pari audacieux est aussi un pari hasardeux, compte tenu de la sous-estimation des enjeux environnementaux directs (fonds marins) et indirects (flux migratoires aviaires) de l’éolien en mer, sur lesquels la Commission européenne elle-même attire l’attention des pouvoirs publics.

Cet objectif est fondé sur une sous-estimation des coûts de production de l’éolien, a fortiori sur des scénarios qui seront de plus en plus éloignés des côtes et feront donc appel au très onéreux modèle flottant. Onéreux et non complètement maîtrisé au plan technique, une contrainte à laquelle s’ajoutent les difficultés financières de cette filière.

Le Cérémé considère qu’il n’y a pas de nécessité de se précipiter sur une solution aussi hasardeuse reposant en partie sur un facteur de charge moyen retenu par le ministère de 44,4 %, supérieur à la réalité connue de 38 à 40% dans notre pays.

Au final, le Cérémé propose donc de tempérer fortement les capacités prévisionnelles en éolien en mer figurant dans le dossier, au bénéfice de capacités renforcées dans le programme nucléaire.

Solaire : Le Cérémé approuve le développement d’un solaire photovoltaïque industriel « … en privilégiant le développement compétitif sur des espaces déjà artificialisés »… Cette orientation est cohérente avec le recensement par l’Ademe, en 2019, d’un potentiel de 49 GW à ces différents titres, auxquels s’ajoutait un potentiel de 4 GW sur ombrières de parkings, soit un total de 53 GW représentant à soi seul la moitié de l’objectif présidentiel de Belfort en matière solaire.

En revanche, le Cérémé appelle à la prudence concernant les objectifs de développement du solaire en zones naturelles, agricoles, et forestières . Un  objectif  qui « ouvre la porte à une potentielle déstabilisation du monde rural et à des destructions intenses de biodiversité, sans parler de ses impacts paysagers. En tout état de cause, cet objectif mériterait de faire l’objet d’une évaluation environnementale approfondie. »

5) Le potentiel de développement du nucléaire et des énergies renouvelables thermiques n’ait pas été pleinement optimisé.

Nucléaire : Le Cérémé observe que le dossier ne met pas suffisamment en avant auprès du public les avantages décisifs du nucléaire et sa contribution massive à quatre objectifs figurant à l’article L 100-1 du code de l’énergie : une électricité totalement décarbonée, pilotable et donc concourant à la sécurité d’approvisionnement, compétitive et permettant un accès des ménages à une énergie à coût non excessif, et respectant l’environnement.

Le Cérémé désapprouve à ce titre l’orientation de prolonger à seulement 50 ou 60 ans le parc existant.

Le Cérémé désapprouve également le caractère trop prudent de l’orientation sur les EPR2  traduit par la confirmation du programme de construction de 6 EPR2 et la poursuite de l’étude d’un éventuel second palier d’au moins 13GW, correspondant à la capacité de 8 EPR2.

« L’adjectif « Eventuel » ici ajouté au discours de Belfort où il ne figurait pas 5 n’est pas porteur. Il ne donne pas aux filières et branches professionnelles impliquées dans ce programme la visibilité sur le temps long afin qu’elles investissent sur le plan industriel mais aussi sur le plan des compétences, dans un moment où le président d’EDF affirme désormais être en mesure de mettre en service 1,5 EPR2 par ans »

Cet objectif  est éloigné de l’appel d’une vingtaine de pays incluant la France à tripler les capacités le nucléaire dans le monde d’ici à 2050 afin d’obtenir la neutralité carbone à cet horizon.

Le Cérémé demande donc au ministère de mettre son dossier en accord avec les nécessités ainsi reconnues, et de s’engager plus nettement dans les axes suivants : remotoriser, prévoir la prolongation à 70 ans de la majorité des réacteurs existants, lancer un programme massif de construction d’EPR 2 sur la base d’une mise en service de 1,5 réacteurs par an à partir de 2035 ou 2036.

Le Cérémé déplore, enfin, le manque de fermeté et le manque d’engagement du dossier concernant la fermeture du cycle du combustible, souhaitable à la fois au plan technique, économique et environnemental.

Géothermie : Le dossier ne témoigne pas d’un intérêt élevé pour les PAC géothermiques, ce qui n’est pas cohérent avec les publications du ministère 7: 10 TWH en 2030 sont trop éloignés du potentiel officiel de 100 TWH en 2050, qui représenterait près de 10% de la demande en énergie finale.

Production de chaleur et biomasse ; Le potentiel volontariste de chaleur renouvelable affiché pour les échéances si proches de 2030 et 2035 en p. 55 pourrait manquer de réalisme. En effet, si l’on excepte les déchets, le potentiel de biomasse accessible à ces échéances n’a pas encore été consolidé, étant rappelé que nos forêts doivent être exploitées en privilégiant des utilisations en bois d’oeuvre. Et il serait fâcheux pour notre empreinte carbone de recourir à des importations.

jeudi 10 novembre 2022

Contribution au Debat CNDP sur Penly : Il est urgent de relancer un programme nucléaire important

 Nous sommes aujourd’hui dans une crise énergétique grave, qui touche particulièrement, mais pas exclusivement, l’électricité. Des industriels électro-intensifs (verre, aluminium) arrêtent leur production- temporairement, pour l’instant, des PME n’arrivent plus à se fournir en électricité . Cette crise a des causes conjoncturelles (la guerre en Ukraine), mais aussi des causes structurelles qui la rendaient assez prévisible.

La cause la plus grave, la plus fondamentale  et la plus prévisible de la crise que nous connaissons est tout simplement physique, c’est le manque de sources d’électricité pilotable et décarbonée. Décarbonée, parce que nous ne pouvons ignorer la menace existentielle que le réchauffement climatique fait peser sur l’humanité. Pilotable, parce que notre économie, notre société et nos vies ne peuvent dépendre d’énergies variables intermittentes générant une électricité décorrélée de nos besoins.

La pénurie énergétique était prévisible : nous avons fermé  depuis 2007 20 GW de pilotable sur 140 GW fossile au prétexte qu’on a installé 30 GW d’énergies dites renouvelables. Or les uns ne remplacent pas les autres.  Ce n’est pas qu’une tendance française, c’est une tendance européenne contre laquelle prévenait France Stratégie dans une note de janvier 2021 ([1]) : « D’ici à 2030-2035… ce seront plus de 110 GW de puissance pilotable qui seront retirés du réseau européen...

Nous n’avons pas pris assez de marge sur la production nucléaire, comme l’ont mis en évidence les arrêts supplémentaires de réacteurs en raison des phénomènes de corrosion sur un circuit de refroidissement de sécurité. Là encore, il y a déjà  quinze ans, le président de l’ASN (A. Lacoste) avertissait : «  Il importe donc que le renouvellement des moyens de production électrique, quel que soit le mode de production, soit convenablement préparé afin d’éviter l’apparition d’une situation où les impératifs de sûreté nucléaire et d’approvisionnement énergétique seraient en concurrence. »

La seule solution à moyen long terme pour éviter l’effondrement de nos sociétés, c’est un investissement rapide et massif dans le nucléaire de façon à éviter l’effet falaise qui résulterait immanquablement de l’arrêt des centrales historique et à répondre à l’augmentation de la demande électrique qu’implique la décarbonation de l’ensemble de nos activités pour répondre au défi climatique.

Enfin, Il est anormal que dans le cadre de ce débat, la CNDP  n’ait pas pas considéré des scénario qui permettent de rester à 75-80% de nucléaire dans la production électrique. Pour citer au moins trois exemples  ceux du Cérémé ( Cercle  d’Etude réalité écologique et Mix énergétique) qui supposer la prolongation des centrales existantes à jusqu'à 70 ans et  la construction de 24 nouveaux réacteurs de type EPR 2 d'ici 2050, pour obtenir 900 TWh  ( et très peu d’éolien)

ou Negatep ( de Sauvons Le Climat) : 690 TWh avec des Les nouvelles tranches EPR de 1650 MW se substituant aux tranches actuelles  et un rythme de construction de 2 EPR par an à partir de 2030.

Ou encore le  Scenario Terrawater ( Les Voix du nucléaire) qui préconise un développement  raisonnable du nucléaire (22 EPR2 d’ici 2050) et en même temps un développement massif de l’hydroélectricité, qui est la 1ère source d’énergie renouvelable dans le monde (multiplication par 9 des capacités de STEP),

Ces scénarios permettraient de disposer d’une énergie nucléaire décarbonée, abondante, pilotable, présente jour et nuit qu’il pleuve ou vente ou vente pas,  bon marché , économique, qui permettent la réindustrialisation. De plus et surtout , ils sont  construit sur des technologies éprouvées et maîtrisées aujourd’hui , contrairement aux scénarios à forte proportion d’ENR proposés par des adversaires dogmatiques du nucléaire 

Il est dommage que la CPDP n’ait pas considéré ces scénarios et  invité les ONG qui les défendent, cela jette une suspicion de partialité et d’information baisée sur le débat et c’est très regrettable

Lien vers le débat 

https://participer-debat-penly.cndp.fr/projects



[1]) Quelle sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ?, France Stratégie, 15 janvier 2021

lundi 27 juin 2022

Initiative Européenne sur la simplification des procédures en matière d'énergies renouvelables. Projet de directive

 C’est la suite de https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/04/initiative-europeenne-visant-faciliter.htmlqui était la 1ère consultation où la Commission Européenne demandait l’avis sur le projet de directive

 Rappel du but : Cette initiative vise à faciliter les projets de production d’énergie renouvelable. Elle se concentrera sur les principaux obstacles à leur  mise en œuvre, et notamment:

- la longueur des procédures d’octroi de permis

- la complexité des règles et des procédures relatives à la sélection des sites et aux autorisations administratives

- les problèmes de raccordement au réseau

 - les effectifs des autorités chargées de l’octroi des permis

Elle donnera une vue d’ensemble des bonnes pratiques permettant de lever les obstacles recensés et des bonnes pratiques visant à faciliter les accords d’achat d’électricité, y compris par-delà les frontières.

 Résumé de la première phase :  consultation sur le projet de directive

Rapport de synthèse de la Commission – Extraits

 « 728 réponses ont été soumises…  dont 91 en double (même répondant ou même commentaire). Après avoir éliminé les doublons, sur 637 réponses, la grande majorité (507) provenait de citoyens (503 de l’UE et 4 non-UE), 37 d’organisations environnementales, 7 d’entreprises/associations professionnelles, 25 d’entreprises/organisations professionnelles, 18 d’organisations non gouvernementales, 10 d’autorités publiques (principalement locales; les Pays-Bas et la Slovénie ont répondu au niveau ministériel national et l’Alliance nord-néerlandaise au niveau régional),  6 d’associations professionnelles et 15 d'« autres ».

En termes de répartition géographique, 534 réponses sont venues de France, principalement de citoyens, d’organisations environnementales et d’autorités locales participant à une campagne contre l’énergie éolienne en France ou sympathisant avec elle (partageant des arguments similaires

La majorité des répondants (près de 500), soutenant principalement une campagne contre le déploiement de l’énergie éolienne en France ou partageant ses arguments, étaient sceptiques quant à l’initiative de la Commission. 

Est demandé un moratoire immédiat sur les projets éoliens industriels en France. Les répondants ont exprimé des préoccupations concernant diverses questions telles que la protection du paysage, l’environnement, la biodiversité et le patrimoine, la distance par rapport aux habitations, et les préoccupations connexes, les implications géopolitiques de la production d’éoliennes et leur recyclabilité. Ils ont appelé à une transparence accrue en ce qui concerne les projets, à ce que les autorités nationales prennent en compte les souhaits de la population locale, et ont demandé une réglementation  imposant une distance aux habitations homogène au niveau européen. Beaucoup ont également souligné l’intermittence des énergies renouvelables et ont conclu que d’autres types d’énergie tels que le nucléaire étaient plus adaptés en France. »

Commentaire :

Non, le résultat  de la consultation n’est pas celui d’une campagne contre l’énergie éolienne en France ! Contrairement à ce qui se passe souvent avec les anti-nucléaires, ce ne sont pas des  centaines de textes identiques à quelques mots près qui ont été déposés, mais, à part de rares exceptions,  des messages notablement différents, avec un fond tantôt plus légal et réglementaire, ou plus scientifique, ou plus environnemental , ou plus concerné par la démocratie locale, et sur la forme, des discours, des styles et des arguments très diversifiés ; Ce sont donc bien des centaines d’individus et d’organisations de défense de l’environnement  de toutes les régions de France qui ont exprimé leur opposition au programme éolien…

 Alors, bien entendu, les mêmes arguments reviennent : 1) augmenter la distance  minimale des éoliennes aux habitations ( pour la France 500 mètres pour des éoliennes qui font maintenant plus de 200 mètres), 2)  primauté du vote des populations locales et des élus locaux pour décider ou non de l’implantation d’un parc industriel de type éolien ou photovoltaïque doit prévaloir, 3) ne pas diminuer les possibilités de recours des citoyens face à un lobby éolien très puissant, et que celui-ci respecte les lois quand il est condamné par exemple à détruire des éoliennes, 4)  moratoire dans des régions déjà trop impactées, 5) pas d’autorisation d’installations dans des zones Natura 2000 au détriment de la biodiversité, limiter fortement les autorisations de destruction d’espèces protégées (à Saint-Brieuc, des dérogations permettant la destruction de 59 espèces et habitats protégés ont été accordées) ,  7)  mise en cause des études acoustiques déficientes, les évaluations panoramiques truquées etc….

Un certain nombre de contributeurs ont fait allusion à la convention d'Aarhus et souligné que la plupart des projets dits ENR ne la respectent pas. La Convention d'Aarhus, signée le 25 juin 1998 par trente-neuf États porte  sur  l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement. Elle recommande notamment d’améliorer l'information environnementale fournie par les autorités publiques, concernant des principales données environnementales ; de favoriser la participation du public à la prise de décisions ayant des incidences sur l’environnement; et d’étendre les conditions d’accès à la justice en matière de législation environnementale et d’accès à l’information.

Alors effectivement les évolutions de la législations via les privilèges exorbitant de la loi commune accordés aux promoteurs éoliens ne vont pas dans ce sens !

A noter qu , en 2012, Le Tribunal de l'Union européenne a confirmé que les ONG avaient également accès à la justice en matière d'environnement dans le cadre de la convention d'Aarhus. Les ONG peuvent donc contester des actes de portée générale pris par les institutions communautaires, qui seraient contraires aux principes de protection de l'environnement.

Alors là, on est en plein dedans !

La forme de  mépris avec lequel ont été traités les contributions hostiles à l’éolien dans le processus de la Commission n’est donc pas acceptable  Au surplus, beaucoup de pays ne supportent plus de se voir imposer via la Commission un modèle allemand largement, et de plus en plus en échec ; et ceci pour la définition d'un mix énergétique qui est de la responsabilité des Etats

Bon, malgré cette archi domination des opinions négatives, la directive a été adoptée. Elle  demande aux Etats de « de simplifier et de raccourcir davantage les procédures administratives d’octroi de permis ». et surtout de de simplifier certains aspects environnementaux des procédures et processus d’octroi de permis applicables aux projets dans le domaine des énergies renouvelables. « 

Elle comporte notamment l’obligation de définir des «  zones propices au déploiement des énergies renouvelables «  dans lesquelles  les projets « devraient bénéficier d’une présomption d’absence d’incidences notables sur l’environnement. » Les Eats disposeront d’un an à partir de l’entrée en vigueur de la directive pour définir ces zones propices qui peuvent éventuellement être off shore. Dans ces zones propices, « Les États membres veillent à ce que la durée de la procédure d’octroi de permis …n’excède pas un an « (Et deux ans en dehors)

En ce qui concerne le rééquipement « repowering », « il convient d’établir une procédure encore plus courte ». Même en dehors des fameuses «  zones  propices »,  « les États membres devraient garantir une procédure d’octroi de permis simplifiée et rapide, qui ne devrait pas dépasser un an »

S’ouvre alors une deuxième consultation

2ème partie du processus :avis sur la directive adoptée adopté  ; une fois la directive adoptée, il est possible de donner son avis aux avis pendant au moins 8 semaines. ( donc du 20 Mai 2022 –au 27 Juillet 2022). C’est cette seconde phase qui vient de s’ouvrir.

Contribution à déposer sous

https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/13334-Projets-en-matiere-denergie-renouvelable-procedures-doctroi-de-permis-et-accords-dachat-delectricite_fr

 Cete contribution reprendra principalement les revendications exposées  par le Cérémé (Cercle d’Etude Réalités Écologiques et Mix Énergétique) en y ajoutant un paragraphe spécifique sur le repowering

Voir notamment https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/04/le-cabinet-roland-berger-valide-le.html et le site du Cérémé

Soit

 1) Moratoire :  suspension temporaire des autorisations et instructions de nouveaux projets éoliens, de manière à prendre le temps et la réflexion nécessaires pour réviser les règles applicables. Recentrer les objectifs stratégiques de l’énergie sur des choix techniques permettant à la France de tenir ses engagements, notamment en rétablissant la priorité à donner à la relance du nucléaire.

2)  Modifier la distance minimale entre les éoliennes et les habitations (par exemple dix fois la taille de l’éolienne)

3)  Reconnaître le droit pour l’ensemble des communes affectées par un projet de le refuser

4). Rétablir le Code de la santé publique en matière de bruit éolien

5) Supprimer la garantie de recettes pour les projets non encore autorisé

Repowering : face aux résistances de plus en plus nombreuses et déterminées que suscite l’éolien terrestre, il semble que le gouvernement français s’orientera vers un repowering massif des installations existantes, qui consiste à remplacer les éoliennes vieillissantes par des éoliennes plus puissantes et donc en général  beaucoup plus grandes (triplement de hauteur entre 1995 et 2015


Pour le repowering, si le préfet considère qu’il n’y a pas de modifications substantielles ( et il est assez encouragé à le faire, et de plus, les critères vont surement être assouplis), alors pas besoin d’une nouvelle autorisation, pas besoin d’une nouvelle étude d’impact, pas besoin de nouvelles études acoustiques, pas besoin de nouvelle consultation des habitants impactés,  et bien entendu, pas besoin d’augmenter la distance aux habitations, la distance minimale restant de 500 mètres, que l’éolienne fasse 80 ou 180 m de haut, pas besoin d’étudier la nouvelle signature acoustique. 

Et cerise sur le gateau : pas besoin d’excaver l’ancien socle, ni les anciennes connexions.

Quand on vous dit qu’ils ne seront jamais enlevés, les socles éoliens de 100m de diamètre !

Par conséquent, nous réclamons que tout repowering d’une zone industrielle éolienne  soit conditionné à

1) une nouvelle autorisation d’exploiter,

2) une nouvelle étude d’impact, et en particulier des effets acoustiques,

3) une nouvelle information et consultation du voisinage,

4)  une augmentation de la distance minimale aux habitations,

5) l’excavation des anciens socles. Il faudra également veiller à ce que le remplacement des éoliennes se réalise sans augmentation de la surface de sol artificialisée.

En ce qui concerne plus spécifiquement l’éolien en mer, comme le Cérémé, nous appelons à respecter la résolution du Parlement européen sur la pêche, prise quasi à l’unanimité le 7 juillet 2021 https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2021-07-07_FR.html#sdocta12.

1) les parcs éoliens en mer ne devraient être construits que si l’absence d’incidences négatives, sur les plans environnemental et écologique ainsi que sur les plans économique, socio-économique et socioculturel, sur les pêcheurs et les producteurs aquacoles, est garantie, conformément aux objectifs de l’économie bleue et du pacte vert pour l’Europe ;

2) Les États membres  doivent prendre en considération l’incidence des énergies marines renouvelables sur l’écosystème marin et les pêcheries lors du choix de leur bouquet énergétique ;

3) Les Etats membres sont invités à également continuer à travailler sur le développement et l’utilisation d’autres formes d’énergie renouvelable ;

4) La  Commission doit réaliser une analyse d’impact portant sur les incidences économiques, sociales et environnementales attendues de la construction de parcs éoliens en mer, dans les zones où ceux-ci sont susceptibles d’entrer en conflit avec le secteur de la pêche et d’avoir des répercussions sur la pérennité de la vie marine ;

5) Le  principe de précaution, prévu à l’article 191, paragraphe 2, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, doit s’appliquer si des décisions doivent être prises avant que les connaissances ou les informations requises ne soient disponibles. »