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mercredi 18 mai 2022

Repower EU : la réponse de la Commission au défi russe.

 REPower EU : La réponse de la Commission au défi russe… est une réponse allemande aux problèmes allemands qui aggraverait et généraliserait à toute l’Europe la catastrophe de l’Energiewende. Une  course aveugle derrière l’EnergieWende allemande : gaz ( et encore charbon) au mépris des engagement climatiques, marche forcée aux Energies Variables Intermittentes malgré les échecs et les réticences de plus en plus fortes des opinions), absence du nucléaire (le mot ne figure pas dans le document  REpower EU, aucune allusion à la solution évidente de la prolongation des centrales), biométhane à gogo (mais quid des cultures alimentaires )…et le miracle hydrogène !

 Beaucoup de généralités et de  vœux pieux

 « REPowerEU vise à réduire rapidement notre dépendance aux combustibles fossiles russes en accélérant la transition propre et en unissant nos forces pour parvenir à un système électrique plus résilient et à une véritable union de l’énergie... Nous pouvons réduire considérablement notre dépendance aux combustibles fossiles russes dès cette année, tout en veillant à ce que toutes nos politiques et tous nos investissements soient adaptés à l’avenir et accélèrent la transition énergétique. Le paquet Fit for 55 apportera une partie de la réponse, mais l’Europe doit faire plus.

Alors que certains États membres ont déjà annoncé leur intention de mettre fin aux importations de fossiles en provenance de Russie, aucun État membre ne peut relever ce défi isolément. Grâce à l’évaluation et à la planification conjointes des besoins, aux achats conjoints et à une coordination renforcée, nous pouvons faire en sorte que l’ambition de mettre fin à la dépendance de la Russie à l’égard des combustibles fossiles soit à la fois réalisable et abordable pour tous les États membres. C’est pourquoi la Commission présente un plan SAVE de l’UE, avec une approche à deux volets: réaliser des économies d’énergie à court terme grâce à un changement de comportement et accélérer et renforcer le changement structurel grâce à des mesures d’efficacité énergétique à moyen et à long terme. D’après les commentaires des intervenants, on estime que ces types de mesures à court terme pourraient permettre de réduire de 5 % la demande de gaz et de pétrole.

Le moment est venu de réduire la dépendance énergétique stratégique de l’Europe. REPowerEU accélère la diversification et davantage de gaz renouvelables, utilise les économies d’énergie et l’électrification avec le potentiel de fournir d’ici 2027 au moins l’équivalent des combustibles fossiles que l’Europe importe actuellement de Russie chaque année. Elle le fait avec une planification coordonnée, dans l’intérêt commun et avec une forte solidarité européenne. L’urgence de parvenir à réduire la dépendance énergétique de l’Europe est double. Alors que la crise climatique a été gravement aggravée par une crise de sécurité dans le voisinage immédiat de l’UE, l’UE ne peut pas permettre que sa demande d’énergie soit utilisée comme une arme économique ou politique. »

 Commentaire : Bien, bien…mais ce n’est pas en poursuivant la politique énergétique allemande qu’on y arrivera ! (voir ci après)

 Une plateforme commune pour le gaz.

 « À la suite du mandat du Conseil européen, la Commission et les États membres ont mis en place une plateforme énergétique volontaire de l’UE pour l’achat groupé de gaz, de GNL et d’hydrogène. La plateforme est également ouverte à l’Ukraine, à la Moldavie, à la Géorgie et aux Balkans occidentaux. »

 Commentaire : Plutôt une bonne idée, à voir comment cela va fonctionner en cas de crise sévère?

 Des objectifs affichés …qui seront tenus ?

 « À moyen et à long terme, la mise en œuvre intégrale des propositions Fit for 55 présentées en juillet dernier réduirait notre consommation de gaz de 30 % d’ici 2030, plus d’un tiers de ces économies provenant de la réalisation de l’objectif de l’UE en matière d’efficacité énergétique proposé dans la proposition de refonte de la directive sur l’efficacité énergétique…

 La modélisation du scénario REPowerEU montre qu’une réduction de 13 % de la consommation d’énergie d’ici à 2030, contre 9 % dans la précédente proposition de directive sur l’efficacité énergétique, serait rentable et contribuerait de manière substantielle à la réalisation de l’objectif REPowerEU au niveau de l’Union. La Commission invite donc les colégislateurs à modifier la proposition de refonte de 2021 afin de porter l’objectif contraignant de la directive sur l’efficacité énergétique à au moins 13 %. »

 Commentaire : Bon, pourquoi pas ? Mais on est tellement habitué à l’affichage d’objectifs que ne sont jamais tenus ?

 Repower EU c’est du gaz et du renouvelable, c’est  l’Energiewende en plus grand et en plus vite. Pour quel succès ?

 « Remplacer la dépendance de l’UE à l’égard des combustibles fossiles russes nécessitera une augmentation massive de l’électricité, des gaz et des combustibles renouvelables dans la production d’électricité, l’industrie, les bâtiments et les transports… Le temps presse. Afin de garantir que les objectifs en matière d’énergies renouvelables à l’échelle de l’UE soient accélérés conformément au plan REPowerEU et sur la base de sa modélisation des incidences et de la faisabilité, la Commission propose de porter l’objectif fixé dans la directive sur les énergies renouvelables de 40 % actuellement à 45 % d’ici 2030 et d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables. »

 Commentaire : Alors là on rentre dans le cœur du problème : repower EU c’est du gaz et du renouvelable, c’est  l’Energiewende en plus grand et en plus vite. Pour quel succès ?

 « Le développement des énergies renouvelables est très rapide en Allemagne. En 2021, la puissance installée des parcs éoliens (63 GW) et solaires (56 GW) est, pour chacun, équivalente à celle du parc nucléaire français (61 GW) et a plus que doublé en une dizaine d’années. Mais la puissance d’une installation de production d’énergie est un indicateur incomplet, voire trompeur

Le solaire et l’éolien sont des sources d’énergie dont la production est variable et ce de manière non pilotable. Elles ne peuvent donc pas, seules, faire face à la demande. C’est pourquoi l’Allemagne a, malgré l’énorme augmentation des énergies renouvelables, conservé un parc de production pilotable qui lui permet d’assurer la production pendant les périodes de vent faible ou d’ensoleillement limité. La sollicitation de ces différents moyens de production est très variable en fonction de la demande en énergie, mais aussi de la météorologie. La production du solaire photovoltaïque est bien sûr nulle pendant la nuit, mais peut monter au-delà de 40 GW au milieu d’une belle journée d’été. De même, la production éolienne peut descendre à moins de 1 GW, mais aussi dépasser les 45 GW. Ces variations considérables sont compensées en petite partie par l’hydraulique, mais surtout par les productions fossiles (charbon et gaz).

 Ainsi, entre les années 2000 et 2020, la puissance installée des centrales à combustibles fossiles (charbon ou gaz) a augmenté , passant de 71 GW à 74 GW, pendant que le nucléaire diminuait, passant de 22 GW à 8 GW. Le développement des renouvelables n’a pas permis de sortir des énergies fossiles.

En 2020, il y a eu une forte diminution de la consommation électrique en Allemagne, comme dans l’immense majorité des pays, du fait de l’épidémie de Covid-19. Cette diminution s’est répercutée pour l’essentiel sur la production d’électricité d’origine fossile puisque les énergies renouvelables sont prioritaires, avec donc une baisse des émissions de CO2 . Cet événement fortuit a permis à l’Allemagne de respecter l’objectif qu’elle s’était donné d’une diminution de 40 % des émissions sur la période 1990-2020. Avec la fin des contraintes liées à la gestion de l’épidémie, mais aussi du fait de la flambée des prix du gaz qui ont favorisé l’usage du charbon, les émissions ont fortement réaugmenté en 2021 (par rapport à leur niveau de 2020) et l’objectif sur les émissions de CO2 ne sera plus tenu. »

F-M Bréon, https://www.afis.org/La-transition-du-secteur-electrique-en-Allemagne

Commentaire :  Avec son Energiewende tout renouvelable, l’Allemagne n’a en valeur absolue pas  baissé d’un pouce ses émissions de CO2 par habitant qui restent supérieures d’un tiers à celles de la France. Quant aux émissions de CO2 pour la production électrique, elles sont 6 à 8 fois supérieures à celles de la France !

 Le plan Repower EU ,c’est d’abord du gaz ( et encore du charbon)

 Le plan REPowerEU  comprend une substitution du gaz russe par du GNL.

 1) Climatiquement, c’est tout simplement catastrophique. Les émissions carbone du GNL américain sont près 1.4 fois plus élevés que celles du gaz russe délivré par gazoduc !

2) Du point de vue géostatégique, c’est remplacer une dépendance russe par une dépendance américaine. Dans l’immédiat, c’est peu discutable ? Mais qui sait ce que réserve le futur ? On aura pas la cruauté de rappeler les déclarations des dirigeants allemands qualifiant Poutine de démocrate sans faille (Schröder) , le soutien à l’élection ukrainienne douteuse de Viktor Ianoukovitch, et leurs illusions sur l’évolution de la Russie.

3) L’un des principaux obstacles au développement renforcé des ENR , c’est aussi l’un des grands échecs de l’Energiewende, le réseau ;

En 2020, l’estimation du coût de l’adaptation du réseau aux ENR  était estimée à 110 milliards d’euros pour 2050, soit un quintuplement de l’estimation initiale ; et cette valeur est elle-même déjà caduque. Et le principal problème est que ce réseau ne se fait pas : sur 3600 km de réseau supplémentaire prévus pour  2015, seuls 17% étaient réalisés en 2019! Or l’ Energiewende complète exigerait 11.000 km.

 Les éoliennes de la mer du nord ne sont toujours pas reliées aux centres industrielles du sud, et les surplus éoliens, lorsqu’ils existent se déversent chez les Tchèques et les Polonais, qui n’en ont nul besoin et doivent s’en protéger

Le fait est que cette extension du réseau se heurte à un immense problème d’acceptabilité ; et l’on ne voit pas comment cela serait compatible avec une accélération des ENR

4) Stabilité du réseau : graves conséquences

A supposer même que les ENR puissent se substituer davantage aux pilotables à rythme accéléré (« remplacer le gaz russe) ; c’est la quasi-certitude de risques énormes d’effondrement du réseau. Ceci a été pointé en termes assez peu diplomatiques par la Cour des Comptes Fédérale Allemande (« Les hypothèses du ministère des Affaires économiques concernant la sécurité d'approvisionnement en électricité sont "en partie trop optimistes et en partie invraisemblables »)et en France par un rapport de France Stratégie qui a eu un certain écho (Quelle sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ?:

«La fermeture programmée en Europe de capacités pilotables doit être mieux prise en compte pour garantir la sécurité d’approvisionnement avant 2030… dès 2030 et vraisemblablement à une date plus rapprochée, si les tendances actuelles se maintiennent, les seuls moyens pilotables ne seront pas en mesure de satisfaire toutes les demandes de pointe moyennes »

Et pour terminer, un ordre de grandeur : le redémarrage d'un seul réacteur nucléaire existant aurait le même effet que la fourniture d'un million de tonnes de #GNL (gaz naturel liquéfié) supplémentaire par an sur le marché mondial.

5) Enjeux matières premières : très critique !

Que ce soit l’Ademe (Les réseaux électriques choix technologiques, enjeux matières et opportunités industrielles, 2020), l’AIE (Clean energy progress after the Covid-19 crisis will need reliable supplies of critical minerals, RTE (« Futurs énergétiques 2050 », 12.3 Les ressources : des tensions possibles sur l’approvisionnement en ressources minérales,l’IFP (Les métaux dans la transition énergétique) et plus récemment l’université de Leuwen (Europe’s Green Deal requires massive amounts of battery metals, 2022), tous pointent sur des problémes massifs et critiques d’approvisionnement en métaux et minéraux (cuivre, aluminium , lithium, platinoides, silicium, cobalt, nickel, terres rares). L’accélération massive de la transition vers les ENR ne fera disparaitre le problème bien au contraire !




https://www.iea.org/articles/clean-energy-progress-after-the-covid-19-crisis-will-need-reliable-supplies-of-critical-minerals

6) Un coût qui doit être économiquement soutenable et socialement acceptable

La solution allemande et vers laquelle la Commission Européenne veut orienter l’Europe consiste à doubler un parc pilotable par un parc ENR est l’une des plus couteuses qui soit, et de fait l’Allemagne a structurellement le coût le plus élevé d’Europe pour l’électricité.


7) Une certaine hypocrisie et toujours un antinucléarisme dogmatique et intransigeant.

Quelques nouvelles glanées dans l’actualité :

6a) A aucun moment, le mot nucléaire ne figure dans le document REPowerEU. Ni pour le court terme ( prolongation des centrales existantes), ni pour le moyen terme, ni pour le long terme.

6b) Visite d’Urusla Van Der Leyen en Inde : “Energy security is one of the most pressing topics for India and Europe. The EU will diversify away from Russian fossil fuels and will invest heavily in clean renewable energy. So 🇪🇺 🇮🇳 cooperation on solar and green hydrogen is key

Pas un mot sur les projets d’EPR en Inde où pourtant la France a remis une "offre engageante » en vue de la construction de six (réacteurs) EPR sur le site de Jaitapur qui deviendrait alors la plus puissante centrale nucléaire au monde. Clairement, il ne faut attendre aucun soutien de cette Commision sous influence allemande pour ce type de projet.

6c) Ce que ne dit pas Repower EU, c’est que c’est aussi un plan procharbon !

Ainsi, on apprend : « Le Botswana a été inondé de requêtes pour fournir du charbon à l’Europe et estime que la demande des pays occidentaux pourrait dépasser un million de tonnes par an, a déclaré mardi le président Mokgweetsi Masisi, alors que la guerre en Ukraine oblige l’Europe à se tourner davantage vers l’Afrique pour les ressources énergétiques. »

Et quasi simultanément, on apprend :

« Le ministre ougandais en charge de l’énergie a annoncé le 11 mai l'acquisition d'un terrain en vue de la construction de la première centrale nucléaire d’Afrique de l’Est (2000 MW).

Quelle ironie !https://www.reuters.com/business/energy/europe-seeks-million-tonnes-per-year-botswana-coal-says-president-2022-05-10/?s=09 ; https://www.connaissancedesenergies.org/louganda-prevoit-de-construire-la-premiere-centrale-nucleaire-dafrique-de-lest-220513

Le Miracle hydrogène : ne peut pas pallier les défauts des énergies variables intermittentes !

Le miracle hydrogène a été suscité parce qu’au fond, les dirigeants allemands savent bien que les énergies variables et intermittentes (éolien et solaire) ne leur permettront jamais de se passer à la fois du charbon et du nucléaire. C’est toujours la course aveugle derrière l’EnergieWende, avec un problème non résolu : l’hydrogène est un vecteur énergétique, pas une source. Donc, il faut le produire !

« L’hydrogène jouera un rôle clé pour remplacer le gaz naturel, le charbon et le pétrole dans les applications difficiles à décarboniser dans l’industrie et les transports. REPowerEU propose un « accélérateur d’hydrogène » fixant un objectif de 10 millions de tonnes de production nationale d’hydrogène renouvelable et de 10 millions de tonnes d’importations d’hydrogène renouvelable d’ici 2030. Afin d’atteindre cet objectif, il est proposé d’accélérer les efforts conjoints au niveau de l’UE et des États membres pour finaliser les cadres réglementaires et les projets relatifs à l’hydrogène, stimuler le déploiement de l’électricité renouvelable et les capacités de fabrication d’électrolyseurs dans l’UE, et faciliter la transition vers l’hydrogène… Des cadres réglementaires sont nécessaires de toute urgence pour permettre au développement de l’économie de l’hydrogène dans l’UE. Conjointement avec cette communication, la Commission a publié pour réaction du public deux actes délégués sur la définition et la production d’hydrogène renouvelable Il est également urgent d’accélérer les travaux sur les normes manquantes en matière d’hydrogène, en particulier pour la production, les infrastructures et l’utilisation finale de l’hydrogène ... »

Commentaire : sur la question de l’hydrogène renouvelable, la Commission ignore visiblement toutes les études démontrant que la production d’hydrogène à partie d’énergies renouvelables se fait à un coût prohibitif… ou avec beaucoup de gaz puisque le coût de structure des hydrogénateurs est archidominant et que ceux-ci doivent être utilisés de façon continue. On restera discret par charité sur les délires de classification taxonomique de la Commission sur les différentes types hydrogènes (gris, bleu, vert, jaune , rose _l’hydrogène produit à partir du nucléaire, considéré évidemment comme non renouvelable).

L’absence de cadres pour les normes n’est pas qu’un obstacle bureaucratique, c’est un problème technique fondamental lié à la dangerosité spécifiques de l’hydrogène (explosibilité, diffusibilité) A part les usages industriels de l’hydrogène, le dangers sont loin d’être négligeables, identifiés et maitrisés. Ainsi, en Norvège, l’explosion en juin 2019 d’une station-service en Norvège a mis fin à la vente de véhicules à hydrogène par Toyota et Hyundai…

« « L’utilisation massive d’hydrogène comme stockage intermédiaire d’énergie électrique intermittente (éolien et solaire) dans la chaîne Power-to-Gas-to-Power se heurte à des obstacles rédhibitoires tenant aux volumes considérables des stockages d’hydrogène requis et au faible facteur de charge des électrolyseurs et piles à combustible de la chaîne « conversion-stockage-conversion » qui obère considérablement les coûts… Dans tous les cas, le stockage d’une électricité renouvelable variable sous forme d’hydrogène entraine des pertes de conversion de 70 %, à terme peut-être seulement 40 ou 50 %. Dans un environnement disposant de larges réseaux de gaz ou d’électricité les perspectives de rentabilité pour ces solutions semblent très lointaines, à des niveaux de coût carbone bien supérieurs à ce qu’ils sont actuellement. »

(Comité de prospective de la CRE_ Le vecteur hydrogène ; Les enjeux de l’Hydrogène,  rapport de l’Académie des Technologies)

Très clairement, selon la vision allemande, une grande partie de l’hydrogène européen serait produit dans des pays tiers. Les plans allemands de giga production au Sahel, basés sur le solaire,  ont fait chou blanc, ils sont remplacés par d’autre gros projets en Namibie, au Congo, etc. Outre les nouvelles dépendances qui en résultent, on peut s’interroger sur ce que l’ancien expert de la Commission Samuele Furfari a qualifié d’ « écocolonialisme au pays du surréalisme »

Autres remarques

Ouverture vers le gaz de schiste en Europe ?

« L’un des principaux objectifs de REPowerEU est d’assurer un approvisionnement en gaz alternatif adéquat pour couvrir la demande de gaz de l’Europe en diversifiant les approvisionnements extérieurs. La production nationale de gaz naturel au sein de l’UE pourrait compenser dans une certaine mesure la réduction des importations en provenance de Russie à court terme »

Commentaire : Intéressant :l’un des objectifs est-il d’autoriser la production de gaz de schiste en Europe ?

Le biogaz et les conflits d’usages : concurrence avec les cultures alimentaires, c’est pas réglé du tout !

« Porter la production de biométhane à 35 milliards de mètres cubes d’ici 2030 [objectif de 2028] est une voie rentable pour réaliser notre ambition de réduire les importations de gaz naturel en provenance de Russie. Afin d’accroître la capacité de production de biogaz dans l’UE et de promouvoir sa conversion en biométhane, les besoins d’investissement estimés s’élèvent à 36 milliards d’euros sur la période, qui peuvent être cofinancés par la politique agricole commune à condition que les États membres incluent les projets dans leurs plans stratégiques. »

Commentaire : Le détournement de la politique agricole commune vers les besoins énergétiques surprend : c’est assez maladroit et angoissant à un moment où la guerre en Ukraine révèle des fragilités et dépendances alimentaires plutôt inquiétantes.

Déjà en Allemagne la lutte pour la terre entre production alimentaire et production énergétique a provoqué un net ralentissement du biogaz. En France, France Stratégie (Quelle place pour le gaz dans la transition énergétique ?, 2020 ; Biomasse agricole : quelles ressources pour quel potentiel ? (2022)  a pulvérisé les prévisions très optimistes de l’Ademe :

« Le remplacement du gaz fossile par du gaz renouvelable relève encore largement du pari...Même pour l’industrie seulement, « il n’est pas certain qu’une offre de gaz renouvelable puisse répondre à ces besoins spécifiques en gaz, aussi limités soient-ils in fine. De fait, les trois technologies disponibles pour produire du gaz renouvelable n’ont pas encore fait la preuve de leur rentabilité dans une perspective de développement à grande échelle. »

« Le potentiel énergétique maximal identifié de la biomasse agricole pourrait, en théorie, atteindre 120 TWh. Or, la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) estime un potentiel de production de biomasse agricole proche de 250 TWh. »

« La SAU (superficie agricole utilisée) consacrée à la production de biomasse non alimentaire est estimée actuellement à environ 1,7 Mha (soit 6 % de la SAU totale). Pour couvrir les besoins en biomasse projetés à long terme, il sera nécessaire de recourir massivement aux résidus de cultures, aux surplus d’herbes et aux cultures intermédiaires ne nécessitant pas de nouvelles surfaces spécifiques et récoltables sur un minimum de 15 Mha (plus de 50 % de la SAU estimée en 2050). »

 On fait comment ?

mercredi 10 février 2021

L’Europe et les vaccins anti-Covid : Ursula Van der Leyen est contente ! Et le gouvernement français aussi !

 Le fiasco C : la guerre au Royaume-Uni ?

Le laboratoire anglo-suédois qui devait initialement livrer 80 millions de doses aux pays européens d'ici la fin mars a revu ses objectifs à la baisse suite à des retards de production dans ses usines européennes. Ajoutant fiasco sur fiasco, Ursula Von der Leyen a envisagé d’activer une clause d’urgence pour contrôler l’exportation de vaccins entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord, ce qui revenait à recréer la frontière et remettre en question la clause du backstop  que l‘on avait tant eu de mal à négocier lors du Brexit ! Sidération des Commissaires, même le placide Barnier, du Parlement, des Etats, surtout l’Irlande avant un rapide retour en arrière. Même l’Allemagne commence à critiquer Ursula : le ministre de l’Economie, Olaf Scholz, et le ministre-président de Bavière, Markus Söder, ont  accusé la Commission d’avoir signé beaucoup trop tard ces contrats et d’être à l’origine de la pénurie

En fait, la Commission Européenne s’est vanté d'avoir pris le temps de négocier au plus bas les prix des vaccins - d'autres Etats ont signé avant pour un prix plus élevé (par exemple Israel, UK). Maintenant la Commission Européenne veut être livrée en premier, avant les contrats signés des mois plus tôt par d'autres Etats qui ont privilégié l'urgence de la livraison plutôt que la négociation des prix. L'UE a mal géré la négociation avec les labos et refuse de l'admettre.

Commentaire du PDG d’Astra Zeneca, le français Pascal Sorlot :

« L’ Europe, contrairement au Royaume-Uni a-t- elle signé le contrat trop tard ? Je ne vais pas porter de jugement à ce sujet. Mais je ne peux que vous dire les faits et les faits sont que nous avons essentiellement signé un accord avec le Royaume-Uni trois mois avant que nous l’avions avec l’Europe. Maintenant, cela peut être en partie facilement expliqué. Lorsque nous avons conclu l’accord avec Oxford, ils avaient déjà travaillé avec le gouvernement britannique à ce sujet. Ils avaient donc une longueur d’avance. Nous avons pu prendre assez rapidement la chaîne d’approvisionnement du Royaume-Uni et l’améliorer. Nous avons dû modifier le procédé, parce qu’Oxford nous a donné un process impropre à la fabrication à grande échelle…. Nous avons donc dû  le modifier pour rendre possible la production de milliards de doses à un coût raisonnable et à une vitesse raisonnable. Nous avons fait tout cela en quelques mois alors qu’habituellement, il faut plutôt des années »

« L’accord britannique a été conclu en juin, trois mois avant l’accord Européen. Comme vous pouvez l’imaginer, le gouvernement britannique a déclaré que la production de la chaîne d’approvisionnement du Royaume-Uni irait d’abord au Royaume-Uni. Fondamentalement, c’est comme ça. Dans l’accord de l’UE, il est mentionné que les sites de fabrication au Royaume-Uni étaient une option pour livrer l’Europe, mais seulement plus tard… Mais le contrat avec le Royaume-Uni a été signé en premier et le Royaume-Uni, bien sûr, a dit « vous nous fournissez d’abord », et c’est assez juste. Ce vaccin a été développé avec le gouvernement britannique, Oxford et avec nous aussi. Dès que possible, nous aiderons l’UE »

https://www.repubblica.it/cronaca/2021/01/26/news/interview_pascal_soriot_ceo_astrazeneca_coronavirus_covid_vaccines-284349628/

Le fiasco Moderna : même schéma : « il n'y a eu aucune aide pour construire l'appareil industriel »…

Passons maintenant à Moderna, mais c’est exactement le même schéma

Moderna (le nom s'écrivait à l'origine  ModeRNA) a été fondée en 20107 à Cambridge, dans le Massachusetts à partir d’un incubateur. La technologie-phare de l'entreprise consiste à utiliser un ARN pour déclencher les processus naturels du corps et induire la production de protéines d’intérêt thérapeutique à l'intérieur même des cellules humaines. Dans la cas du vaccin contre le Covid 19 (le mRNA-127), c’est la production d’anticorps, mais le concept a été identifié comme une technologie de rupture, potentiellement révolutionnaire et d’applications très larges : vaccins et traitements immunitaires passifs contre les maladies virales, maladies rares, immuno-oncologie ( vaccins personnalisés contre le cancer, etc.), fibrose cystique…Dès 2013, la DARPA (Agence des projets de recherche avancée de la Défense américaine) accorde à Moderna une subvention d'une valeur de 24,6 millions de dollars pour la recherche et le développement de sa technologie anti-ARNm afin de lutter contre les maladies infectieuses et les armes biologiques.

Les fondateurs de la société Moderna Therapeutics comprennent Noubar Afeyan de Flagship Pioneering Kenneth R. Chien de l'université Harvard et de l'Institut Karolinska ; Robert S. Langer du Massachusetts Institute of Technology (MIT)… Le français Stéphane Bancel a été recruté en tant que Directeur général en 2011 (il était alors Directeur général de BioMérieux).

Commentaire de Stéphane Bancel sur l’attitude européenne : Le PDG de Moderna, invité de LCI ce mardi, s'en est pris à l'immobilisme de l'Union européenne dans l'accompagnement financier du processus de recherche pour développer un vaccin : « Malheureusement, bien qu'on ait eu des discussions très tôt avec certains pays européens, il n'y a eu aucune aide pour construire l'appareil industriel… l'U.E. et ses pays membres ont tardé à débloquer des financements pour favoriser la mise en place de structures de production…Le gouvernement américain a pris des risques très tôt pour nous aider, au contraire de ceux des pays européens…C'est l'une des raisons qui expliquent pourquoi la production est plus rapide aux États-Unis qu'en Europe »

Commentaire : où est la vision stratégique analogue en Europe, quelle efficacité, quelle réactivité ? Les dirigeants de l’UE sont-ils à ce point ignorant des rélaités industrielles que de ne pas comprendre l’importance de la production ?

https://www.lci.fr/sante/video-vaccin-anti-covid-19-le-tacle-du-pdg-de-moderna-a-l-union-europeenne-interview-de-stephane-bancel-sur-lci-2176633.html



Le fiasco Valneva : même schéma : l’Angleterre a pré acheté grès tôt et proposé une aide pour la fabrication, la France réfléchit

Valneva SE est une société de biotechnologies française, basée à Saint-Herblain dans la banlieue ouest de Nantes. Elle est née du groupe Grimaud, spécialisé dans la génétique aviaire, qui avait souhaité développer une activité de biotechnologies utilisant des cellules de canards pour produire des vaccins vétérinaires. (1999  Vivalis, PDG Franck Grimaud). Celui-ci a ensuite acheté en 2009 pour 133 millions d’euros la société autrichienne Intercell qui développait des vaccins contre l'encéphalite japonaise (approuvé en Europe, Amérique et Australie) et contre l'hépatite C (en essais cliniques phase II au moment de la fusion), puis Crucell Sweden (vaccin contre le choléra)

Valneva a lancé en 2015  une augmentation de capital de 45 millions d'euros, dont 25 millions devraient être souscrits par le Fonds stratégique d'investissemen trransformé une participation de 10% de BPI France. En 2019, Valneva renforce sa trésorerie pour continuer à développer ses candidats-vaccins et finalise une augmentation de capital de 50 M€, par voie de placement privé - 81 % ont été souscris par des investisseurs américains spécialisés dans la santé, dont le nom n’a pas été communiqué. Le solde, soit 19 %, a été apporté par deux de ses actionnaires historiques, à savoir MVM Life Science Partners et le spécialiste de la sélection génétique Groupe Grimaud, dont les participations respectives s’établissent désormais à 7,3 % et à 15,1 %. Bpifrance, également présent au capital de longue date, a en revanche choisi de passer son tour.

Remarque : Donc, une société issue d’une recherche privée française et, pour rester dans l’euphémisme, assez peu aidée….

Valneva développe un vaccin contre la maladie de Lyme ainsi qu'un vaccin à injection unique contre le chikungunya. Contre le Covid-19, la société développe le vaccin VLA2001 qui est le principal vaccin européen à base de virus inactivé.

Ce vaccin sera d’abord livré au Royaume-Uni. Pour une raison simple : Londres a financé les essais cliniques et l'extension d'une usine en Ecosse. L'Union européenne, et donc la France, ne seront servies qu'en 2022. Il a fait l'objet d'une pré-commande de 60 millions de doses du gouvernement britannique, le prix étant de 470 millions d'euros, puis en janvier 2021,  une commande ferme britannique de 100 millions de doses est passée. L’ Europe espère 100 millions de doses, probablement après 2022.

"Ça me fait mal de voir cette pépite, qu'on connaît bien dans la région des Pays de la Loire, partir de France et aller au Royaume-Uni", a déploré Christelle Morançais, présidente LR de la région Pays de  Loire. (pour l’instant, le siège social reste en France.


Le fiasco Xenothera : le premier traitement français contre le Covid, mais la France ne sera pas la première à en profiter

Créée en 2014, Xenothera développe de médicaments biologiques innovants dans le domaine de l’immunologie, en particulier des greffes d’organes,  dans le cancer et dans les infections. Son traitement contre le Covid, le XAV-19 est basé sur des anticorps de porcs  humanisés (Anticorps polyclonaux Glyco-Humanisés)  et serait efficace contre les variants britanniques, sud-africains, brésiliens, danois et écossais.

Odile Duvaux,, PDG de Xenothera : « Nous avons fait connaître notre projet en mars dernier aux pouvoirs publics avec comme seule réponse des encouragements. Xenothera a donc lancé un appel aux dons pour obtenir 100.000 euros ». L'Etat français n'a pas encore annoncé de précommandes, quand l'Allemagne a déboursé 400 millions d'euros fin janvier auprès de laboratoires américains. Plusieurs pays sont sur le point de signer avec le labo nantais, pour lancer la production à grande échelle. Et Mme Duvaux attend désormais un signe du ministère de la Santé. L’entreprise aurait donné 15 jours au gouvernement pour se décider »

Même topo, même inefficience donc pour les anticorps et les vaccins



Les critiques de Moncef Slaoui, immunologue, responsable de la stratégie vaccinale des États-Unis. Pas de Manhattan Project 2 en Europe !

Le Manhattan Project 2, c’est ainsi que l’administration Trump avait appelé l’effort consacré à la recherche de vaccin anti-covid, symbole de sa détermination à agir efficacement et vite. Pourtant opposant à Trump, M. Moncef Slaoui a été rapidement recruté :  « Un congressman m’a demandé si je pensais qu’on pouvait développer un vaccin en un an, j’ai dit oui, il m’a répondu “hé bien désolé mais tu vas recevoir un coup de fil de l’administration Trump, ils voudraient que tu les rejoignes pour le Manhattan Project 2”

Comment explique-t-il le retard accumulé côté européen ? "D’après ce que j’ai pu voir, l’Europe est restée à l’écart du fait d’encourager les vaccins, de participer activement à leur développement et à leurs tests. L’Europe a agi au niveau de l’achat des vaccins, pas de la recherche et du développement. Le résultat, c’est qu’elle n’est pas au premier plan en termes d’accès aux doses de vaccin, c’est pour ça que le taux de vaccination est plus bas. Il y a des leçons à en tirer…

Il y a aussi un problème de prise de risque financière, qui a fait que les gouvernements n’ont pas mis les financements qu’il faut derrière les projets", regrette-t-il. "Ici, aux États-Unis, j’avais carte blanche : on a dépensé 14 milliards très vite, maintenant c’est probablement encore plus, sans doute 20 milliards. Mais quand on pense au coût économique du confinement, qui était chaque jour de 23 milliards de dollars… À côté, nos 14 milliards c’était rien du tout."

Ajoutons que pour le Pr Slaoui, la lutte anti-virale dont être considérée comme aussi importante que l’effort militaire : il faut de toute urgence financer la lutte contre les pandémies, par exemple en utilisant une partie du budget de la Défense. « Tous les pays ont des armées “au cas où”, or les virus sont des ennemis particulièrement adaptés à nous échapper

 « https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-08-fevrier-2021

Face à l’accumulation de fiasco, il va falloir vraiment faire autrement !

Que ce soit au niveau français ou européen, il n’ y a eu aucune mobilisation, aucune stratégie, aucune réactivité pour la recherche et le développement de vaccins ou de traitements anti-Covid.  Visiblement, dans les sphéres dirigeantes des pays européens, on n’avait aucune idée de ce que nécessite la recherche, ni aucune notion industrielle de ce que nécessite le développement, le fait de passer de la recherche à la production et aucune stratégie d’ampleur pour aider la recherche et encore moins  pour faciliter  le développement n’a été mise en place. Pas de Manhattan project anti-Covid en France ou en Europe. Comme l’a dit le PR Slaoui, l’Europe s’est contentée de négocier au plus bas les prix des vaccins, quitte à s’étonner ensuite d’y avoir accès plus tardivement, une fois que les pays inventeurs et producteurs se seront servis.

L’Angleterre a elle agi de façon différente et beaucoup plus astucieuse. La triste vérité est que les dirigeants de l’Europe Continentale n’ont plus aucune idée de ce qu’est  la recherche, ni de ce qu’est l’industrie. Ce sont juste des épiciers bas de plafonds capables et encore de négocier des prix (Pardon pour les épiciers), des acheteurs à tableur excel à la place du cerveau.

Mais les médicaments qui ne sont ni inventés, ni produits en Europe, il faudra s’en passer ou les payer très cher. Que ce soit dans le domaine du médicament ou dans d’autres, il faut complètement changer de politique.

Que l’on regarde le nombre de scientifiques ou d’ingénieurs dans les instances dirigeantes Chinoises, US, Russes, il y a peut-être là aussi une explication à ce que l’Europe se  retrouve absente et dépendante sur un sujet aussi primordial que la santé et la lutte contre les épidémies. Et bien d’autres…

Pour terminer, tout de même un succès partiel  : BioNtech et Pfizer

Un vrai succès fantastique, un vaccin développé en un an,  technique  nouvelle en médecine humaine ( quelques vaccins , des difficultés technologiques certaines, mais un succès partiel, car ce n’est qu’en s’alliant avec une firme américaine ( et une chinoise) pour le développement que BioNtech a pu mettre au point son vaccin. Une invention faite en Europe, mais où  se fera la principale création de valeur ? 

Une longue expérience et beaucoup de temps :  BioNTech est fondée en 2008 sur la base de nombreuses années de travail de recherche par Uğur Şahin, Christoph Huber et Özlem Türeci. Uğur Şahin et Özlem Türeci sont deux médecins et chercheurs d'origine turque qui avaient créés précédemment, en 2001, Ganymed Pharmaceuticals, une société développant des anticorps dans le cadre de la lutte contre le cancer, avec, déjà, le concours de Christoph Huber, oncologue, immunologue, chercheur et professeur (à l'université Johannes-Gutenberg de Mayence. Depuis sa fondation, BioNTech s'appuie sur un conseil consultatif scientifique dirigé par Rolf M. Zinkernagel et Hans Hengartner. Rolf Zinkernagel est professeur émérite à l'université de Zurich et ancien directeur de l'Institut d'immunologie expérimentale de Zurich. En 1996, il a reçu le prix Nobel pour sa découverte de la façon dont le système immunitaire reconnaît les cellules infectées par un virus.

 Financement : Andreas et Thomas Strüngmann , avec un capital de départ d'environ 180 millions de dollars US ont participé à la fondation de BioNtech. Andreas et Thomas Strüngmann sont deux scientifiques, frères jumeaux, nés en 1950, qui ont fait fortune en 2005, en vendant leur entreprise de génériques Hexal, au groupe pharmaceutique suisse Novartis pour plusieurs milliards d’euros et depuis agissent en tant que business angle dans le domaine des biotechs.

En août 2019, BioNTech avait levé un capital de 1,3 milliard de dollars américains par le biais de placements privés d'actions et de collaborations. Les actionnaires de BioNTech comprennent la famille Strüngmann (actionnaire majoritaire), Fidelity Management, Invus Group, Janus Henderson Investors, MIG Funds, Redmile Group, Salvia et plusieurs autres sociétés d'investissements européennes.

En septembre 2019, BioNTech signe un accord avec la Fondation Bill-et-Melinda-Gates (BMGF) pour développer des programmes de lutte contre le VIH et la tuberculose. L'objectif est d'identifier et de développer de manière préclinique des vaccins et des immunothérapies candidats pour la prévention des infections par le VIH et la tuberculose et pour la rémission durable de la maladie du VIH sans thérapie antirétrovirale. En décembre 2019, la Banque européenne d'investissement et BioNTech annoncent que l'entreprise recevra un financement de 50 millions d'euros dans le cadre de la politique d'investissement pour l'Europe. En juin 2020, BioNTech reçoit 222 millions d'euros par le biais d'un placement privé d'actions ordinaires et d'obligations convertibles obligatoires auprès du fonds souverain Temasek de Singapour et d'autres investisseurs. À cette date, la société compte plus de 1 300 employés.

BioNtech possède trois spécialités fortes : les vecteurs viraux, pout les thérapies géniques ; les thérapies cellulaires ; la préparation et la stabilisation des ARN messager pour l’immunothérapie ( à l’origine, l’immunoncologie - vaccins anti-cancer).

L’aventure du  tozinaméran :

Les vaccins ARN ne sont pas une nouveauté totale. Il existe déjà au moins un vaccin vétérinaire sur le marché, contre le grippe porcine, depuis 2018,   mais les essais faits chez l'homme pour la prévention du sida, de la grippe, du paludisme ou de la dengue n'ont jamais encore permis d’obtenir des vaccins efficaces. Dans le domaine de l’immuno oncologie, des résultats prometteurs ont été obtenus par BioNtech chez l’animal contre le mélanome, qui restent à confirmer chez l’homme

Pour une bonne revue : L’aventure scientifique des vaccins à ARN messager, Marc Gozlan, blog Le Mode, 14 décembre 2020

https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2020/12/14/laventure-scientifique-des-vaccins-a-arn-messager/#:~:text=Ces%20vaccins%20sont%20constitu%C3%A9s%20d,contact%20avec%20l'agent%20infectieux.

Dès janvier 2020, percevant l'impact possible de la Covid-19, la société mobilise une quarantaine de personnes utilisant le savoir-faire acquis. Un partenariat est mis en place avec Pfizer sur la base du brevet élaboré par BioNTech. Pfizer et BioNTech sont les premiers à rendre publics des résultats intermédiaires de ces essais, en annonçant en novembre 2020 que ce candidat vaccin est « efficace à 90 % »

Les conditions de réussite : Le projet est baptisé « vitesse de la lumière », il bénéficie d’une mobilisation du Mittelstand allemand ( par exemple, la verrerie Schott et ses verres borosilicatés spéciaux résistant aux basses températures,  nécessaires pour conserver et distribuer le vaccin, Binder et ses congélateurs…) . BioNTech a développé les premières versions du vaccin. Elle s'est ensuite associée à Pfizer pour  poursuivre le développement, soutenir la logistique, monter les cadres financiers, organiser et superviser les essais cliniques, ainsi que fabriquer pour le marché mondial à quelques exceptions. Pour la Chine, Fosun Pharmaceutical a acquis une licence de BioNTech et a investi dans cette dernière et est chargée de la distribution et de la fabrication des vaccins pour le marché chinois, BioNTech est responsable de la distribution en Allemagne et en Turquie.

 Le 2 décembre 2020,  le Royaume-Uni devient le premier pays occidental à octroyer une autorisation d'urgence au vaccin BioNTech-Pfizer. D'autres pays suivent : les États-Unis, l'Arabie saoudite, Singapour. L’Allemagne s’impatiente, et sous sa pression, l’EMA ( agence du médicament européen) agrée le vaccin le 21 décembre.

Le vendredi 15 janvier,  Pfizer-BioNTech a annoncé qu’il ne fournirait pas aux Vingt-Sept les quantités qu’il s’était engagé à leur livrer chaque semaine. Le laboratoire a invoqué la nécessité de faire des travaux dans son usine belge de Puurs, afin d’en augmenter la capacité de production et a annoncé « des fluctuations dans les calendriers de commandes et de livraisons ». L’ annonce a exaspéré plusieurs pays européens, d’autant que le vaccin Pfizer-BioNTech nécessite deux injections à quatre semaines d’intervalle, et qu’ils craignent désormais de ne pas toujours être en mesure de procéder au rappel. Le gouvernement allemand a déploré « une communication inattendue et de très court terme » et demandé à la Commission européenne, qui a négocié les commandes de vaccins au nom des Vingt-Sept, des garanties de « clarté et sécurité ».


Et le CRIIGEN, évidemment !

En ce qui concerne la France, mentionnons que en septembre 2020, le CRIIGEN (association anti-OGM fondée par Corinne Lepage et Jean-Marie Pelt) fait état, dans un rapport signé par le président de son conseil scientifique Christian Vélot, de risques plus élevés d'immunotoxicité, de génotoxicité par mutagénèse et d'apparition de nouveaux virus par recombinaison génétique causés par de tels vaccins. Le rapport préconise en conclusion de suivre en la matière un principe de précaution ….

« Le risque que l’organisme d’une personne vaccinée soit le siège d’une recombinaison virale défavorable est infime. Mais le nombre considérable des vaccinés dans le monde – par centaines de millions ou davantage – fait qu’il est très probable que cela arrive quelque part, et qu’un virus bien plus virulent se dissémine dans les populations, vaccinées ou non… En l’absence de médicaments efficaces, on ne sortira de ces contradictions qu’avec l’arrivée de vaccins « classiques » à virus inactivés ou protéines recombinantes. »

« ces candidats vaccins nécessitent une évaluation sanitaire et environnementale approfondie incompatible avec l’urgence, qu’il s’agisse de celle résultant de la pression des autorités décisionnelles et sanitaires ou celle des profits des industries pharmaceutiques embarquées dans cette course au vaccin. Dans sa note de cadrage du 23 juillet 2020 sur la stratégie vaccinale contre la Covid-19, la Haute Autorité de Santé (HAS) déclare : « Dans le cadre de la pandémie de Covid-19, l’enjeu est donc de concevoir un vaccin le plus efficace et le plus sûr possible en un temps record ». Cette allégation est un non-sens et une aberration de la part d’une autorité telle que la HAS »

Commentaire : Bon, ce n’est peut-être pas la cause du fiasco français sur les vaccins anti-covid (Valneva mis à part), mais ça aide pas !

https://criigen.org/rapport-dexpertise-sur-les-vaccins-genetiquement-modifie/

samedi 21 septembre 2019

Energiewende : Our dear German friends are starting to seriously break our balls (4)


Ursula von der Leyen's mission letter to European Energy Commissioner Kadri Simson

« Your mission: I would like to entrust you with the role of Energy Commissioner. It is of paramount importance that Europeans have access to affordable, safe, reliable and clean energy.   Regional interconnectivity, a more efficient market for energy, research and innovation are essential to achieving these goals. To become the world's first climate-neutral continent, Europe needs to reduce its emissions faster and faster and by at least 50% by 2030. Given that energy production and use account for 75% of EU emissions, energy will have a central role to play in the Eu Green Agreement.

Safe, secure and sustainable energy: Building on the success of the Energy Union (???), you will focus on developing a properly functioning, integrated, interconnected and functioning European energy market. This will help keep prices low for consumers (???), increase the use of clean energy and make energy supply more reliable and secure. I want you to focus on the rapid implementation of energy efficiency and renewable energy legislation. With this in mind, you should work closely with Member States to define their national energy and climate plans. Given the increased ambition of the European Green Agreement, you should assess the need to review the legislation.

You will make sure that Europe follows the principle of energy efficiency first. In this context, you should consider how Europe can further improve the energy performance of buildings and speed up renovation rates.

To accelerate the deployment of clean energy throughout the economy, you should promote an energy system largely based on renewable energy, with increased interconnectivity and improved energy storage. You should consider how to facilitate the intelligent integration of the electricity, heating, transport and industry sectors.

You will need to help establish the right signals and financial incentives to increase investment in clean energy, including through the new Investment Plan for Sustainable Europe. We also need to invest in the missing infrastructure of our energy system. This should help Europe achieve its goal of electrical interconnection and develop cross-border cooperation on renewable energy facilities and networks. You must support all regional cooperation efforts to improve integrated markets. »

Comment: Here’s again the dream of the European copper plate. Except that on several occasions, including in January 2018, a minor problem in Kosovo almost led to a general European blackout, the frequency of the French and European electricity system having dropped well below 50 Hz. Except that to protect themselves from the gigantic and uncontrollable variations of German wind power, Czechs and Polish are forced to set up transformers isolating their network. Our dear German friends should stop saying and doing anything with their Energiewende.

« Gas will have a role to play in the transition to a carbon-neutral economy, including carbon capture and storage. You will assess how sources of supply can be diversified at competitive prices, particularly by taking full advantage of the potential of affordable liquefied natural gas.»

Comment: 1) it is German policy (and more over politics) that aims to significantly increase the share of gas, not European policy, not French policy! By replacing their nuclear power with gas, the German are increasing carbon emissions, are replacing (slower!) their coal with gas, they will always have about ten times higher carbon emissions than France by electric KWh and give up ahead of hand to all their climate commitments. It's a crime!

2) Gas leads to an increased and dangerous dependence of the European Community on Russia and Ukraine in particular

3) This is in complete contradiction with the previous Commission and Commissioner Miguel Arias Caete who said : "In 2050 we will have completely decarbonised the European Union. The role of gas will not be the same."  and had even delivered a clear message to the gas industry: "We will soon not know what to do with your infrastructures"

« You will need to contribute to the design of the new carbon tax at the border, as well as to the revision of the Energy Tax Directive to ensure that it is in line with our neutral climate commitments. The EU is the world's largest energy importer, but about 85% of our imports are currently paid in dollars. As part of the wider efforts to increase the international role of the euro, I want you to look at ways to significantly increase the use of the euro in energy markets. »

Comment: complete failure so far and no hope of improving the situation. Even in the case of the purely American and illegal embargo against Iran, Europe was unable (and moreover did not want, in order not to penalize German car exports to the USA) to set up a system of exchange not going through the dollar.

"You will focus on improving nuclear safety and safeguards across Europe and continue the ongoing nuclear decommissioning.  We should make full use of treaty clauses that allow energy proposals to be adopted by codecision and qualified majority voting»

Comment: About nuclear energy, German position is absurd technically, economically, ecologically.
And reminder: the choice of the energy mix depends on the States, not the Commission! Paws down, Ursula! Verstand!)

"Empowering people and regions : People and regions will contribute to the transition to a cleaner, more efficient energy system. At the same time, we must support those most affected and exposed by the transformations, making sure that we leave no one behind.   I want you to focus on putting consumers at the heart of our energy system, including the full implementation of the revised design of the electricity market. »

Comment: so we continue full speed on the liberalisation of the electricity market, though experiences in California and England have shown it is catastrophic, and that is responsible in Europe for the soaring prices of electricity. Because these pseudo liberalisation do not make appear new electricity producers appear (too expensive, too risky), but fatten middlemen and profiteers, those in France who gobble on the ARENH (nuclear electricity that EDF is forced by European guidelines to sell them below the market price)

« You will need to seek to empower citizens and cooperatives to play an increased role in the use of renewable energy through self-consumption. »

Comment: This is the most effective way to de-optimize a system, and destroy equalization and equal tariffs, and throw away public service obligations

« You must contribute to the design and implementation of the new Fair Transition Fund, including ensuring that it provides targeted support to industrial regions, energy-intensive coal and energy isolates.  More than 50 million European households cannot afford to heat their homes properly. You should use the Energy Poverty Observatory to help Member States identify the areas that need support the most. As a general rule, you will work under the direction of the Executive Vice-President for the European Green Agreement. The Energy Directorate will support you in your work. »

Comment: How weird, how strange, the more ENR you inject into the power production, the higher the price. (actually no, it’s not strange, it is perfectly logic
The only abundant energy, economical, controllable, decarbonized, non-polluting, apart from hydraulics whose resources are limited, is the nuclear energy that you, German, want to decrease, or even banish!

« The way forward. The mission described above is neither exhaustive nor prescriptive. There will undoubtedly be other opportunities and challenges over the next five years. On all of these issues, I would ask you to work closely with me and other members of the College. Once there is more clarity, we should be prepared to pave the way for an ambitious and strategic partnership with the United Kingdom. I look forward to working closely together on what is an exciting and testing period for our Commission. You can of course count on my full personal and political support before your hearing in the European Parliament and throughout our mandate.  Ursula von der Leyen"

Kadri Simson :

Kadri Simson, born on 22 January 1977 in Tartu, is an Estonian politician and member of the Centre Party (EK). She is Minister of Economic Affairs and Infrastructure from November 23, 2016 to April 29, 2019. It should be noted that during the Estonian Presidency of the Union (December 2017), it supported very favourable positrons for Germany, proposing to keep until 2035 the possibility of using coal-fired power plants for capacity mechanisms (production of last resort)

General comment

Germany is experiencing a complete failure with its Energiewende,- despite its 29,000 wind turbines, despite total support for renewable energy in Germany which reached 680 billion euros, Germany has not decreased by one iota its carbon emissions. It is a triple climatic, ecological (coal until 2035) and bloody economic failure. By leaving nuclear power (in 2020, what's more, before the coal shutdown!), the Germans are giving up on fulfilling their climate commitments!

Aware of this failure of the Energiewende, our dear German ex-friends are determined to protect their interests by tackling in every way possible the competitive advantages of those who do not want to make their mistakes, and in particular France with its nuclear power.  

To be clear, ganz klar, the Mission Letter from the Energy Commissioner literally means this: Germany declares an economic war on France. We're going to have to take note of that. For my part, I believe that I will refrain as much as possible from all contacts with German organizations, any purchase of goods or services of German companies..