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mercredi 31 juillet 2019

Tritium et boule de gomme : les marchands de peur


L’Acro frappe un grand coup…de propagande « écolo ». Le grand bluff

Il y avait déjà eu une première tentative de l’ACRO (association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest), « association citoyenne d'information et de surveillance de la radioactivité » début juillet avec la dénonciation de la « présence de tritium » dans la Loire (cf. blog précédent https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/07/tritium-dans-la-loire-information-et.html)
.
Ca n’avait pas trop bien marché, petite reprise locale et rapidement un communiqué de l’ASN (autorité de Sureté Nucléaire) assez largement repris et remettant les choses (c’est-à-dire rien) au point.

Mais après ce coup d’essai qui n’était pas un coup de maître propagandiste, l’Acro a récidivé. En grand. Et le premier à se faire avoir fut le Canard Enchainé ( d’habitude mieux inspiré, qu’ils arrêtent l’eau et reviennent au julienas !)

 L’histoire commence le 16 juillet. En fin de journée circule en ligne un article de l’édition du lendemain du Canard Enchaîné intitulé «De l’eau potable assaisonnée à la radioactivité». Sur quatre colonnes, l’hebdomadaire évoque ces «6,4 millions de Français, dans 268 communes, [qui] boivent sans le savoir de la flotte au tritium, un radioélément recraché par les installations nucléaires». La source :
un rapport de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest (Acro).

Ce document est également médiatisé par des élus écologistes des conseils régionaux des Pays-de-la-Loire, de la Nouvelle-Aquitaine et du Centre-Val-de-Loire, qui interpellent les autorités dans un texte commun, également publié le 16 juillet. Signalons un tweet depuis effacé de l’ineffable, l’immanquable Michèle Rivasi, appelons les mères à ne pas utiliser d’eau du robinet pour les biberons.
A la mi-journée, le 17, c’est l’Agence France-Presse qui consacre une dépêche à cette étude : «Du tritium dans l’eau potable de millions de personnes », titre l’AFP. S’ensuit une avalanche d’articles reprenant cette dépêche sur le mode anxiogène. «A force de titres alarmistes et d’infos copiées-collées sans mise en perspective scientifique, un rapport sur la présence à très faibles doses de tritium (hydrogène radioactif) dans l’eau potable en France a pris des airs de catastrophe nucléaire de grande ampleur», résume Arrêt sur images. Le Parisien reprend le communiqué de l’ACro et dénonce une « contamination » radioactive de l'eau alimentant 6,4 millions personnes en France. Selon elle, 268 communes sont concernées, dont de « grandes agglomérations » comme Orléans, Blois, Tours, Angers, Nantes, et 122 communes d'Ile-de-France. Dans un second temps, Le Parisien, après un second titre alarmiste et devenu schizoprène,  titre  finalement « Gare aux fake news». C’est bien, c’eût été mieux avant !

Car entre temps, la panique s’est répandue. Sur les messages sociaux circule un enregistrement audio d’une femme se disant infirmière à Bichat : «Je vous fais ce message pour vous dire de ne surtout pas boire l’eau du robinet. Parce qu’étant infirmière […] au niveau des hôpitaux de Paris, à Bichat, on a reçu un arrêté préfectoral à l’instant disant que toute l’eau de l’Ile-de-France et de Paris a été contaminée au titanium donc est radioactive. […] A priori, ils n’ont pas trop l’intention de prévenir en fait au niveau national. Donc du coup à l’hôpital ben on prévient tous nos proches. Donc je vous fais ce petit message : ne buvez pas l’eau du robinet […] . L’Assistance publique de Paris reçoit de nombreux appels affolés des Samu et de particuliers. Une internaute témoigne : « A Rueil Malmaison la direction d’un foyer pour enfants a interdit la consommation d’eau du robinet car elle serait selon eux contaminée (4,2 Bq/L à Rueil) et de nombreuses personnes de mon entourage ont par peur acheté plusieurs packs d’eau minérale. »

Et maintenant la réalité :

« Aucune valeur ne dépasse le critère de qualité de 100 Bq/L instauré par les autorités sanitaires », reconnaît l'association elle-même alors que la moyenne de ces relevés est de 9 Bq/L !!!!

Donc, il n’y a rien, rien à dire, absolument rien. Et au lieu de « Du tritium dans l’eau potable de millions de personnes », c’est bien plutôt :
« Une association confirme que 6 millions de français ont accès à une eau qui respecte le critère de qualité de 100 Bq/L (Becquerel par litre) » Point, Punkt, Punto…

Au passage, corrigeons en admirant la sophistique de l’ACRO : « le critère de qualité de 100 Bq/L instauré par les autorités sanitaires » n’a en fait rien de sanitaire. Ce seuil de 100 Bq/L, précise l’Autorité de Sureté nucléaire (ASN)  « ne représente pas une limite sanitaire » mais simplement une limite réglementaire qui doit entrainer une investigation pour vérifier l’origine de cette radioactivité, qui est sans danger pour la santé. En ce qui concerne la potabilité, l’OMS considére « une valeur guide de 10 000 Bq/L pour le tritium dans l'eau de boisson, à considérer en cas de consommation permanente de l'eau ». Soit cent fois plus !!!

Ne pas en rester là ! No fake science !

Donc, en pleine canicule, une véritable panique a été créée…à partir de rien. Les hôpitaux de Paris , la Préfecture, l’ASN ont dû multiplier les communiqués pour tenter de rassurer l’opinion et réparer ou éviter les dégâts possibles de la petite et méprisable manipulation de l’ACRO. Qui aurait pu avoir des conséquences graves si des personnes âgées ou des enfants avaient renoncé à s’hydrater sur la foi de ces fake news.

Plainte a été déposée contre l’auteur anonyme de l’enregistrement audio – la prétendue infirmière de Bichat. C’est bien le moins. Il serait aussi souhaitable que l’Acro ait à répondre de ses manipulations. Elle possède un agrément de l’ASN pour son laboratoire, sur son site, elle se dit « agréée de protection de l’environnement dans le cadre des régions de Basse-Normandie et de Haute-Normandie » et sans doute touche-t-elle des subventions. Il est peut-être temps d’y mettre fin.

Se pose aussi la question du traitement des informations scientifiques par les media. Et justement juste avant cette affaire venait de paraitre une pétition initiée par le groupement NoFakeScience, « collectif de citoyen·ne·s qui s'est réuni autour d'une préoccupation majeure : le traitement actuel de l'information scientifique dans les médias. Une pétition en ligne a été lancée, dont voici le début :

« Nous, scientifiques, journalistes et citoyen·ne·s préoccupé·e·s, lançons un cri d’alerte sur le traitement de l’information scientifique dans les médias, ainsi que sur la place qui lui est réservée dans les débats de société. À l’heure où la défiance envers les médias et les institutions atteint des sommets, nous appelons à une profonde remise en question de toute la chaîne de l’information, afin que les sujets à caractère scientifique puissent être restitués à tous et à toutes sans déformation sensationnaliste ni idéologique et que la confiance puisse être restaurée sur le long terme entre scientifiques, médias et citoyen·ne·s. »

Bien que n’étant pas fan de l’écriture dite inclusive, à lire et à signer absolument, le sujet est trop important (https://nofake.science/tribune/)

Au-delà, nous savons bien quelles sont les causes de cette affaire et du comportement de l’ACRO : la haine irrationnelle, misologue, rétrograde, absolue, imbécile de certains écologistes contre le nucléaire civil. Eh bien qu’ils nous expliquent comment ils comptent sauver le climat sans nucléaire – tiens les Allemands, en cette période de canicule rejettent 8 fois plus de CO2 que nous !!! Oui, les manigances et mensonges de ces imbéciles malfaisants doivent être dénoncées sans relâche et sans compromis…car ils savent très bien ce qu’ils font : calomniez, mentez, terrorisez,  il en restera toujours quelque chose, un fond vague de nuage de tritium sur le nucléaire….

Complément sur la radioactivité du tritium – et les célèbres bananes !

Le tritium est un émetteur beta pur. En se désintégrant, avec une demi-vie d'environ 12 ans, il émet un rayonnement beta, un électron. En l'occurrence, un rayonnement de très faible énergie : 5,7 keV en moyenne. C'est 33 fois moins que l'énergie du beta du Césium 137 ! En plus de ça, vu qu'il est sous la forme d'eau, il est très vite métabolisé et évacué : il ne séjourne pas longtemps dans l'organisme s'il y pénètre. C'est à dire qu'il faut des niveaux de radioactivité (en becquerels) très très élevés pour avoir des doses (en sievert, qui permettent d'évaluer un impact sanitaire) significatives.

Les facteurs de dose  sont des coefficients qui permettent de passer, en cas de contamination interne, des activités (en Bq) aux doses (en Sv). Autrement dit, pour une quantité de radioactivité égale, ils donnent la radiotoxicité, le risque.
Pour l'eau tritiée, dans le pire cas (c'est à dire chez l'enfant d'un an), on est à 64 pSv/Bq. Oui, picosievert (1/1000000000000)
En comparaison, le potassium 40, il balance du 62 nSv/Bq, car sa désintégration beta est très énergétique.(1/1000000000).
Donc le tritium sous forme d'eau tritiée est 1000 fois moins radiotoxique que le potassium 40, à quantité de radioactivité égale.

Or, les très chères bananes contiennent chacune 20 Bq de potassium 40. Donc considérez qu'en termes de radiotoxicité chez le bébé, 20 000 Bq d'eau tritiée valent une dose équivalent banane.

Si on vous parle d'eau à 10 Bq/L, ce qui est le cas en moyenne selon les mesures de l’Acro, il faut en boire 2000 L pour prendre la même dose qu'en mangeant une banane.

Évitez de faire ça d'une traite. Sur le bébé, mais même sur vous. La radioactivité risque d'être un problème secondaire
(Pour ceux qui auraient pas reconnu, c’est l’humour de Tristan Kamin, rien de mieux ! j’ai repris ces données sur son indispensable thread twitter (https://twitter.com/TristanKamin)

Pour ceux qui aiment bien les bananes, ne manquez pas  veritasium : Most radioactive places on earth !!!  (https://www.youtube.com/watch?v=TRL7o2kPqw0)
                                  
Bon d’autres données :
Vivre à côté d’une centrale nucléaire : 0.002 mSv
Dose reçue en dormant chaque nuit à côté d’un être humain : 0.05 mSv
Dose moyenne en France d’exposition naturelle au radon : 1.4 mSv
Exposition médicale moyenne en France : 1.6 mSv
Radioactivité des zones granitiques de Bretagne : 5 mSv
Dose reçue par le personnel des vols Paris Tokyo : 9 mSv
Dose limite d’exposition pour les travailleurs du nucléaire : 20 mSv
Radioactivité naturelle au Kerala en Inde : 70 mSv
Niveau de référence pour l’exposition professionnelle d’urgence : 100 mSv
Eau tritiée de l’ACRO : 0.0000006 mSv/l



vendredi 1 mars 2019

Jours de Colères- février 2019- la fête aux juppéistes


Valérie Pecresse et punir la Grande Bretagne pour le brexit ou la bêtise de la droite juppéiste

Du sang, de la sueur et des larmes. Voilà ce que souhaite aux Britanniques, coupables de vouloir quitter l'Union européenne, la présidente Les Républicains (LR) de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse. Ce mercredi 6 février, celle qui se pose en rivale de Laurent Wauquiez présentait ses vœux à son mouvement, "Libres !", en profitant pour livrer sa vision de ce que doit être le Brexit : « «Je souhaite une Europe qui ne cède pas à la pression du Royaume-Uni car quand on la quitte, cela doit être douloureux !".

Réponse dans  Le Monde, jeudi 14 février 2019, de Charles Moore, ancien rédacteur en chef du Daily Telegraph : Dans certains pays d’Europe, les referendum ne sont plus que des soupapes de sécurité. Le gouvernement fait quelques concessions, puis impose un second vote. Si cela devait se produire en Grande Bretagne, ce serait un scandale, car nous avons horreur d’être intimidés. Presque tous les jours, dans les pubs,  dans les magasins, les trains,  les églises, les cabinets médicaux, j’entends les gens dire. « ils essaient de nous empêcher de quitter ll‘Europe, mais nous avons voté pour ça ! »…

Pour la plupart des électeurs du Brexit, les évènements qui ont eu lieu depuis le référendum de 206 n’ont fait que confirmer tout le mal qu’ils pensaient de l’UE, : l’argent qui nous a été réclamé,  les tentatives pour nous faire rester, la prétention de nous dicter les règles qui prévaudraient à la frontière entre l’Irlande du nord et la République d’Irlande, ainsi qu’entre l’Ulster et le reste du Royaume-Uni. Que diraient les Français si la Grande Bretagne leur expliquait comment traiter les marchandises transitant de la Bretagne vers une autre partie du territoire. Le langage insultant de Jean-Claude Juncker, le dédain de Michel Barnier, et maintenant la relégation aux enfers par Donald Tusk ont donné raison à toutes les caricatures qui avaient été faites d’une Bruxelles toute puissante. Que l’on puisse rester après tout sonne comme une plaisanterie pour des millions d’entre nous.

Il semble désormais logique de sortir de l’Union sans accord et de s’en remettre aux règles de l’Organisation Mondiale du Commerce dans nos relations avec le continent. Nous sommes nombreux à vouloir une issue plus positive, mais nous ne voulons pas d’une paix carthaginoise. Le no-deal serait dur pour nous, mais cela a des avantages précis. Cela signifie que l’on garderait nos 39 milliards de livres, que nous serions libres de conclure nos propres accords commerciaux, et que nous saurions à quoi nous en tenir plutôt que de traverser une transition qui nous serait démuni. Il se peut que nous soyons plus pauvres à court-terme, mais nous serions libres…Nous aurions exercé la liberté qui devrait appartenir à toutes les nations européennes, de reprendre en main notre avenir. »

Alors voilà : on pourrait penser que le peuple britannique ayant démocratiquement décidé de quitter l’Union Européenne, le reste de l’Europe ferait en sorte  que les conséquences soient les meilleures ou les moins mauvaises possibles, de recherche un accord gagnant /gagnant selon le vocabulaire que la Commission comprend.

Eh bien non, et cela,  et d’autres commentaires des fonctionnaires européens éclairent bien les choses :  il s’agit bel et bien de punir.  La politique de l’UE et de la Commission, c’est qu’il devrait être interdit de quitter l’Union Européenne (l’Eurokom), sauf à souffrir beaucoup.. Et ce qu’elles qu’en soient les conséquences, en particulier pour la France ; au hasard : le Royaume Uni est le principal pays développé avec lequel notre solde commercial est positif, les zones de pêche et les intérêts respectifs des pêchers français et anglais sont inextricablement entremêlés, les ports français seront très fortement impactés ( en cas de Brexit dur, il est question de limiter le transport transmanche à Rotterdam, Anvers et Zeebrugge) ; c’est nous qui sommes les plus proches des côtes anglaises, et en cas de Brexit, c’est Calais puissance dix qui s’annonce, etc., etc.

Donc en cas de Brexit dur, la Grande Bretagne perdra, et la France perdra aussi, et ce seront les deux principaux perdants. Mais la France y perdra beaucoup plus, parce qu’elle continuera à subir les contraintes de l’Union Européenne, tandis que la Grande Bretagne s’en libèrera

Pauvres Pécresse, pauvres imbéciles de la droite libérale juppéiste, ultra droits dans leurs bottes ultra libérales…Qu’ils dégagent !

Bonne retraite avec régime spécial et complémentaire à Juppé !

Et pour finir, bonne retraite à Alain Juppé, lui si sûr d’être le meilleur de son camp et si humilié par les dernières primaires de la droite. Le voilà nommé par la grâce de Macron au Conseil Constitutionnel ( eh ben tiens, ça doit faire plaisir aux ex socialistes qui se sont tapés Juppé sous Chirac). Une petite très petite manœuvre pour diviser la droite, très ancien monde.

Donc résumons : Juppé en tant que maire de Bordeaux touchait 3 694 euros par mois  et 4935 euros par mois comme président de Bordeaux Métropole, plus quelques picaillons (3 654 euros par mois, tout de même !! d’une UMP en faillite – les militants apprécieront.)  Bon, le tout plafonné à 8 435 euros par mois car les indemnités d'un élu local sont plafonnées à cette somme, le reste distribué à sa convenance.

Au Conseil Constitutionnel, M. Juppé touchera 13 300 euros environ pour le Conseil ; ah oui, mais attention, le cumul des indemnités n’est plus plafonné ; calcul du Nouvel Obs, un journal très méchant avec les juppéistes) ; M Juppé touchera donc 3 654 de l'UMP, 6 200 de sa retraite parlementaire, et environ 13 300 euros de ses indemnités de Sage), le total s'élève à environ 23.200 euros. A 74 ans !
Pour quelqu’un qui s’indignait des privilèges extravagants des régimes exceptionnels de retraite des cheminots et autres, c’est pas mal !

Enfin, il faut bien reconnaitre que M. Juppé possède des compétences particulières qui justifient totalement sa nomination au Conseil Constitutionnel. C’est un expert en matière de financements illégaux:

Rappel  : En 1999, Alain Juppé est mis en examen pour « abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illégale d'intérêt » pour des faits commis en tant que secrétaire général du Rassemblement pour la République et maire adjoint de Paris aux finances, de 1983 à 1995. Il est considéré comme un élément clé d'un système de financement occulte d'emplois au sein du RPR financés par la mairie de Paris et des entreprises désireuses de passer des contrats publics (sa secrétaire personnelle au RPR fut elle-même rémunérée par une entreprise, le groupe immobilier Ségur, puis par la ville de Paris). Il est contraint de quitter la vie politique en 2004, la cour d'appel de Versailles l'ayant condamné à 14 mois de prison avec sursis et à un an d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts, avec des considérations asse sévères :
           
« Il est regrettable qu'au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l'occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n'ait pas appliqué à son propre parti les règles qu’il avait votées au Parlement. Il est également regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n’ait pas cru devoir assumer devant la justice l'ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés.»

On peut aussi rappeler les régimes immobiliers de faveur dont il a su profiter : ce magnifique appartement de six pièces rue Jacob dans le 6ème arrondissement de Paris pour un loyer très amical, un appartement du domaine privé de la ville de Paris, rénové aux frais du bailleur.4

Juppé et les juppéistes : qu’ils dégagent !

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dimanche 13 mai 2018

Anne Hidalgo et Smovengo ; l’histoire d’un désastre !


Un désastre pour les Parisiens

Après avoir géré pendant dix ans le service de vélo en libre-service parisien, l’entreprise JCDecaux a perdu l’appel d’offres en avril 2017 au profit de Smovengo (qui réunit la PME montpelliéraine Smoove, les espagnols Mobivia et Moventia et Indigo, leadeur du parking). Le plannig initial était le suivant : Le planning officiel était le suivant : fin du dématèlement des Cvlocity (Decaux) fin janvier 2018,installation de la moitié des Smovengo en janvier et l’autre moitié au cours du premier trimestre. Mi mai 2016,  nous en sommes à lors que le mouvement social est entré dans sa quatrième semaine, seules 675 stations sont ouvertes alors que le plan initial prévoyait la mise en place de 1400 stations fin mars. Mais station ouverte ne signifie pas que l’on puisse y prendre des vélos : Smovengo a annoncé le retrait de 1500 à 2000 vélos électriques et 3000 vélos bloqués en station en raison d'erreurs informatiques, notamment, sur environ 9000 déployés ! Seules 11 stations électrifiées sont en état de marche ; la solution provisoire des stations sur batterie se révèle un bricolage répugnant qui ne fonctionne pas. Et les vélos électriques sont pour l’instant retirés !

 Le printemps arrive et les parisiens ne peuvent pratiquement pas utiliser de velib- le service a d’ailleurs proposé, pour ceux qui en font la demande, de rembourser les trois premiers mois ; c’est bien le minimum, mais encore faut-il que les abonnés le demandent en s’inscrivant sur le site

Un désastre pour les salariés

A la catastrophe industrielle se joint une catastrophe sociale. Il faut voir avec quelle morgue le président du consortium Smovengo , Yann Marteil, dans un article du Monde du 6 novembre 2017 s’adressait aux salariés de Velib Decaux: « Les anciens JC Decaux doivent postuler sans tarder  à Smovengo », en expliquant que, contrairement aux pratiques habituelles, les salariés ne seront pas repris, leurs contrats de travail ne seront pas transférés, ils doivent démissionner pour être repris, et il n‘y aura pas de la place pour tout le monde !
Et effectivement sur ce terrain là, c’est aussi une catastrophe au point que depuis le 17 avril, soit plus de trois semaines, les nouveaux salariés de Smovengo sont en grève, , franchement, on les comprends : sous-effectifs, et pas qu’un peu : « On est passé de trois cents agents de terrain sous la direction de JC. Decaux, à moins d’une centaine actuellement. ». « On nous avait dit qu’on nous reprenait aux mêmes conditions, mais Smovengo nous a imposé de nouveaux horaires ». 70 % des agents travaillent de nuit ; or  la majoration des salaires de nuit a considérablement baissé, passée de 45 % à Cyclocity à 10 % à Smovengo. Et pour les week-end, il n’y a plus du tout de majoration, zero ! Le panier-repas, lui, est passé de 12 euros à 5,73 euros. Les arrêts de travail se sont multipliés amplifiant un sous-effectif chronique…d’autant que les agents sont en première ligne pour éprouver la mauvaise humeur des parisiens, certes justifiée, mais pas contre eux.

 Résultat : pour arranger le tout, une grève des salariés de Smovengo- une cinquantaine, soit 85 % ! des agents de terrain, selon les responsables du mouvement) à faire grève. Et pour gaire mieux : Smovengo a assigné 37 employés grévistes sont assignés au tribunal correctionnel de Paris.

Un gaspillage écœurant

Commentaire d’un internaute : Si on résume : on avait un système qui fonctionnait globalement bien qu'on fout en l'air. On avait des bornes qui auraient pu être adaptées à d'autres vélos, on les détruit et on les change avec des travaux colossaux. On avait des vélos qui remplissaient leur fonction, on les jette. On avait un abonnement raisonnable, il augmente... On avait des salariés qui connaissaient leur boulot, on les vire !! Qu'est ce qu'on dit ? MERCI HIDALGO !!

Un appel d’offre étrange

En effet ; et l’on peut se demander quel mécanisme d’appel d’offre peut au juste  arriver à un tel désastre ; ce n’est ni le mieux disant ni en terme de services, ni de prix, ni pour les salariés. Challenge (7 juillet 2017) rapporte de bien curieux ou affligeants renseignements : La décision s’est faite essentiellement sur le coût , et contre l’avis de la SNCF et de la RATP ;  entre les deux offres  « s'est fondé sur un dumping social, avec une proposition excluant la reprise de l'ensemble des personnels et reposant sur de nouvelles équipes inexpérimentées, moins nombreuses et à des conditions sociales et salariales dégradées ".  Et les dirigeants de JCDecaux, assez furieux, «  n'ont pas compris pourquoi le tribunal administratif n'avait pas fait grief à Smoovengo de refuser de s'engager à reprendre leurs 350 salariés, en conformité avec le Code du travail, et n'avait pas jugé décisif le fait que Nicolas Mercat, qui a participé à l'élaboration de l'appel d'offres par le syndicat francilien, soit le frère de Laurent Mercat, patron de Smoove et porte-parole du groupement vainqueur ».

Et il n’y pas que cela, mais aussi une gouvernance financière pour le moins étrange. Toujours, Challenge (7 juillet 2017) : Dans l'alliance Smoovengo, il y a aussi le groupe de services automobiles Mobivia, l'espagnol Moventia et Indigo (ex-Vinci Park). Quels sont leurs liens financiers? "Je ne sais pas qui est qui et qui fait quoi, reconnaît Véronique Haché, la bien peu curieuse directrice du syndicat Autolib'Vélib'Métropole, qui a signé et gérera le contrat. Ce qui nous importe, c'est d'avoir eu des garanties financières ». Et en fait, la fameuse start up Smoove (qui dira le mal qu’a fait l’éloge imbécile systématique des start-up- seuls survivent les 0.1% qui réellement le méritent !) parait maintenant complètement effacée car intégrée dans Mobivia, qui appartient à la galaxie Mulliez (Norauto, Midas, Drivy).

Autre bizarrerie : le Figaro du 01/01/2918 testait les vélos Smoove à Montpellier, là où ils sont nés ; le moins qu’on puisse dire est que le résulat n’était guère convaincant : « ce matin là une panne affectait l'ensemble du réseau, ce qui rendait toute location impossible. De plus, un tiers des vélos que nous avons ensuite utilisé avait un problème technique: absence de freins ou vitesses cassées pour la plupart. Autre gros souci: nous nous sommes trouvés plusieurs fois face à des stations pleines ou des stations... vides. Par conséquent, impossible de prendre ou de rendre un vélo selon le cas. Nous avons également rencontré plusieurs problèmes avec des vélos qui ne se débloquaient pas facilement de leur point d'attache. Le service de communication de société TaM qui exploite les transports publics de Montpellier avec Transdev n'a pas souhaité répondre à nos demandes malgré une dizaine de tentatives. Quant à la société Smoove, son dirigeant Laurent Mercat, que nous avons rencontré, rejette les responsabilités de ces dysfonctionnements sur TaM…

 Rendez-nous Decaux ! Decaux, lui, avait rempli plus que correctement le contrat de dix ans qu'il avait conclu en 2007, donnant son essor à un nouveau mode de transport urbain, en rapportant toujours de l'argent à Paris, au point que Bertrand Delanoë, lorsqu'il était maire, a pu en faire profiter les communes voisines. Mais le fiasco en est à un tel point que même ce retour parait impossible.

Un fiasco total qui jette espérons-le le dernier pavé sur la tombe des espoirs de réélection d’Anne Hidalgo : Ya basta !

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lundi 23 octobre 2017

Santé au travail, CHSCT : l’air irrespirable du métro Parisien

Le métro, c’est pas bon pour vous, et encore moins pour ses salariés !

Il ne fait pas bon respirer l’air souterrain de Paris. Le taux de particules fines est en effet jusqu’à dix fois supérieur dans les tunnels des transports en commun d’Ile-de-France qu’à l’air libre. C’est ce que pointe le Monde, dans une enquête intitulée «Pollution : l’air irrespirable des travailleurs du métro», publiée dans son édition de vendredi. Premiers concernés, les 28 000 salariés – dont 26 000 en Ile-de-France – de la RATP et de la SNCF : conducteurs de rames, agents de recette et de contrôle, policiers, commerçants et, plus encore, les 8 000 travailleurs chargés de la maintenance des infrastructures. Ces particules proviennent notamment du freinage, des frictions entre les roues et les rails, et entre les rames et les installations électriques, ainsi que des motrices Diesel encore parfois utilisées. Le passage des rames dans les tunnels entraîne en outre une remise en suspension des particules.
Le 4 juillet, un pic à 438 microgrammes (µg) de particules fines par mètre cube d’air a été relevé entre 19 heures et 20 heures, selon les données du réseau Squales de la RATP. Or, à l’extérieur, au même moment, la pollution n’atteignait que 27 µg/m3 de particules dites PM10, selon Airparif. Soit 16 fois moins. La situation est exacerbée lorsque des travaux sont effectués la nuit, parfois avec des groupes électrogènes qui fonctionnent à l’essence et l’utilisation de motrices Diesel. Les concentrations de PM10 ont par exemple dépassé les 1 000 µg/m3 le 31 mai entre 2 heures et 3 heures à la station Châtelet, et le 26 juin entre 3 heures et 4 heures à Auber (les données sont disponibles pour Châtelet, Auber et Franklin D. Roosevelt) .

«Ceux qui travaillent dans les tunnels, quand ils se mouchent, c’est tout noir, comme s’ils bossaient à la mine» rapporte un syndicaliste. L’ANSES, dans un rapport il y a deux ans avait déjà alerté sur la situation. « Les concentrations en Particules Fines PM10 et PM 2.5 des enceintes ferroviaires souterraines sont nettement supérieures à celles mesurées à l’air extérieur.  L’Anses concluait à «conclut à l’existence d’un risque sanitaire respiratoire et cardiovasculaire lié à l’exposition chronique des travailleurs aux particules de l’air des enceintes ferroviaires souterraines (EFS)», et invitait  à des études complémentaires. En parallèle, le conseil d’Etat a enjoint, au mois de juillet 2017, le gouvernement de «prendre toutes les mesures nécessaires pour ramener les concentrations en dioxyde d’azote et en particules fines PM10 sous les valeurs limites».

En certains points du réseau, les concentrations en particules fines sont régulièrement jusqu’à 7,5 fois plus élevées qu’à l’extérieur. Or  la réglementation sanitaire en vigueur est nettement insuffisante, aux limites du ridicule et de l’odieux. 
Pour les salariés : en raison d’une règle d’exception, inscrite dans le code du travail, les salariés ne peuvent pas faire valoir leur droit de retrait : «Dans les locaux à pollution spécifique, les concentrations moyennes en poussières totales et alvéolaires de l’atmosphère inhalée par un travailleur, évaluées sur une période de huit heures, ne doivent pas dépasser respectivement 10 et 5 milligrammes par mètre cube d’air» [soit 5 000 microgrammes] « , soit un seuil 100 fois supérieur au maximum d’exposition aux particules PM10 fixé pour la population générale (50 µg/m3 et par jour) par le code de l’environnement.

Pour les usagers, on mesure leur exposition finale en tenant compte du temps de résidence moyen dans le métro, en accord avec une circulaire du ministère de la santé datant de 2003. «Le fait de tenir compte du temps de résidence dans le métro permet de pondérer les niveaux de pollution élevés auquel l’usager fait face dans le métro (milieu confiné) en partant de l’hypothèse que, sorti du métro, l’usager ne sera plus exposé à un air pollué. Ben Voyons.

Deux tiers des salariés ne sont pas couverts par un CHSCT 

Autrement dit, lorsque Anne Hidalgo en décourageant par tous les moyens (c’est-à-dire en pourrissant leur vie) les automobilistes franciliens et en les contraignant à prendre le métro, et leur vie en danger puisqu’ils sont ainsi soumis à une pollution supérieure à celle des pires endroits en surface- à quand des poursuites contre Anne Hidalgo. Et quant aux travailleurs du métro, ils subissent une situation extralégale qui doit rapidement s’arrêter.
Ces information sur les risques sanitaires à la RATP, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils sont attendus depuis longtemps, et le déplorable état de l’air irrespirable du métro n’est guère une surprise. Mais s’ils sont enfin établis et publiés, c’est grâce à l’action du CHSCT de la RATP, du syndicat SUD, qui a été moteur et de l’association Respire- les autres syndicats, dont la CFDT ayant pris, mais avec quelque vigueur, le métro en marche et pris des mesures pour les diffuser.
Merci donc aux CHSCT et au rôle des syndicats dans les CHSCT, un organisme et un rôle qui sont gravement mis en cause par les ordonnances scélérates de Macron. Il y a depuis longtemps une action continue et sournoise du patronat le plus rétrograde qui a aboutit à l’étranglement complet de la médecine du travail, à l’amoindrissement de son rôle, à sa disparition quasi-totale pour une grande partie des salariés.
Décidément, ces CHSCT sont bien embêtants, direntt Macron et le MEDEF, il faudrait songer à réduire leur rôle. C’est ce qui sera fait avec les prochaines ordonnances.
Alors que c’est exactement le contraire qu’il faudrait faire, et qui représenterait un véritable progrès. Pour la plupart des responsables syndicaux et des experts, l'institution mérite d'être étendue. « Deux tiers des salariés ne sont pas couverts par un CHSCT », relève Alain Alphon-Layre, chargé des questions de santé à la direction nationale de la CGT. « L'hygiène, la sécurité et la santé au travail concernent l'ensemble des travailleurs, y compris ceux des PME et des TPE », note également Jean-Marc Bilquez, responsable du secteur de la protection sociale à Force ouvrière, qui revendique "un champ élargi à l'ensemble des entreprises, quelle que soit leur taille ».
Cette revendication vise notamment les situations de sous-traitance des risques entre les grandes entreprises donneuses d'ordres et leurs fournisseurs, pour l'essentiel des PME dépourvues de toute forme de représentation des salariés.  Des tentatives de CHSCT de site sont suivies avec attention par la CGT dans des centres commerciaux, où cohabitent grandes enseignes et petites boutiques, mais aussi dans l'industrie chimique et pétrolière autour de l'étang de Berre, près de Marseille…

140 ans en arrière !

Evidemment, le sens du progrès est celui d’une extension du rôle des CHSCT. Mais encore une fois, c’est au contraire  sur le chemin d’une rétrogradation sans précédent, dans ce domaine comme dans d’autres que nous emmènent les lois Macrons. Et le chimiste que je suis ne peut pas oublier que la France fut un pays fondateur de la protection de la santé, avec la traduction en 1777 par Antoine Fourcroy (1755-1809), un des principaux collaborateurs  de Lavoisier, de l’ouvrage de Ramazzini, Essai sur les maladies des artisans, traduction qui avec des ajouts qui en doublent le volume, en font un nouvel ouvrage, beaucoup plus complet et mieux fondé scientifiquement, un véritable acte de naissance de la médecine du travail.
Extrait de la préface :
« Le Traité de Ramazzini sur les Maladies des Artisans étant un de ces ouvrages vraiment utiles qui ne peuvent être trop généralement répandus…! En effet, ces hommes qui arrachent à la terre les métaux qu'elle recèle, ne périssent-ils pas souvent sur l'or qu'ils retirent ?.. Telle est donc la malheureuse condition de l'homme, que, pour se procurer les biens dont il a besoin dans l ordre de la société, il s'expose aux plus grands maux. En effet, outre les maladies que sa faible constitution, ses fautes dans le régime, l'air même qu'il est obligé de respirer, lui causent, il en est une classe plus inévitable encore et plus meurtrière, parce que la cause qui leur donne naissance agit sans cesse sur lui. Ce sont les maladies auxquelles les arts exposent ceux qui les exercent. On ne peut douter de l'existence de ces maladies particulières ; et les malheureuses victimes de leur profession ne sont que trop fréquentes.. »


Voilà ; Il y a cent quarante ans !  Naissance de la médecine du travail que le nouvel (dés)ordre social est en train de faire disparaître.


mercredi 30 août 2017

Les folies d’Anne Hidalgo

Anne Hidalgo met les Parisiens en danger ; l’avertissement du préfet

Les Parisiens devraient se méfier avant de partir en vacances ; il est toujours dangereux de laisser Anne Hidalgo seule. Sa dernière fantaisie : réduire le trafic automobile à une voie unique sur un axe très emprunté du centre de la capitale, la rue de Rivoli. Le chantier déjà  commencé prévoit  la construction, rue de Rivoli, d’une piste cyclable à double sens de 4 mètres de large de Bastille à Concorde en lieu et place d’une des deux files de circulation de cet axe très emprunté du centre de la capitale. Résultat : le trafic automobile, parfois congestionné aux heures de pointe, devra s’écouler sur une seule voie, à côté du couloir de bus, et de celle dévolue demain aux vélos.

Cette fois le Préfet de Police a protesté et fait état de sérieuses réserves, tout d’abord à propos de la circulation générale :

« Il est envisagé en l’état de réorienter plus de la moitié du trafic actuel (1 300 véhicules par heure) vers des axes déjà fortement empruntés (boulevard Bourdon) ou concernés à court terme par des aménagements »

Mais surtout, il insiste sur les risques encourus en matière de secours :

« L’activité de cette rue, avec de nombreux commerces, générera inévitablement l’arrêt et le stationnement de véhicules de livraison, de dépannage, etc., qui régulièrement neutraliseront l’usage de la voie bus, c’est-à-dire aussi de la voie dont l’accès doit être garanti pour les véhicules de police et de secours », s’inquiète Michel Delpuech dans sa lettre adressée à Anne Hidalgo.

Alors voilà, faudra-t-il attendre que des gens meurent en attendant des secours retardés parce que Mme Hidalgo veut une piste cycliste à deux voies rue de Rivoli. Avec son sens de l’écoute si particulier, elle a simplement répondu : pas question de modifier les plans.  Le plan d’aménagement de la rue de Rivoli est pertinent » »

La colère monte

Ajoutons la réouverture de la voie sur Berge George Pompidou avec une seule file de circulation que vont découvrir les Parisiens à la rentrée. Et les résultats des précédentes opérations, bien mis en évidence par un rapport accablant pour Anne Hidalgo  commandé par Valérie Pécresse. Un comité d'experts indépendants dirigé par le médecin-chef du Samu de Paris se penche depuis septembre 2016 sur la circulation à Paris et publie un compte rendu mensuel de l'état des embouteillages et de la pollution.
Les premiers résultats confortent les critiques adressées à la maire de Paris selon lesquelles la piétonnisation des voies sur berges a été décidée pour le confort de Parisiens mais handicape fortement les travailleurs de banlieue. Ainsi, aux heures de pointe, le soir, le temps des trajets augmente de 16 % à proximité de Vélizy, de 22 % entre Thiais et Créteil. Le matin, cela coince également sur le périphérique, en particulier dans l'Ouest parisien (voir carte publiée dans Le Figaro). Dans Paris, le trafic est fortement ralenti un peu partout, matin et soir, avec des temps de trajets qui peuvent parfois doubler.
A cela Anne Hidalgo répond, avec toujours la même qualité d’écoute : « « La question des embouteillages existe depuis longtemps, Paris a pris du retard, car on n’avait pas les pouvoirs sur un certain nombre de voiries, que j’ai récupérés avec la loi sur le statut de Paris. »
Et, en réponse à 168 maires franciliens en colère, elle a répondu : « À terme, la circulation se régulera d'elle-même».
Eh bien on voit l’usage qu’elle fait de ses nouveaux pouvoirs pour empoisonner la vie des Franciliens et des Parisiens. Quelques réactions :

Le maire LR du 1er arrondissement, M. Legaret, pourtant favorable à une action résolue contre la pollution proteste : « Mais avec cette majorité, nous sommes confrontés à une absence totale de concertation et d’écoute, un vrai déni de démocratie ». À l’Assemblée, le 11 janvier, Sylvain Berrios, député LR du Val-de-Marne, a même parlé du « bras d’honneur » fait à ceux qui ont besoin de déplacer en voiture dans Paris. Treize communes de ce département ont d’ailleurs déposé un recours devant le tribunal administratif contre la piétonisation de la rive droite (la Région et cinq départements franciliens ont également engagé une procédure de contestation). Même le député LREM de Paris, Sylvain Maillard, dénonce la façon dont la maire de Paris s'attaque à la problématique automobile. « Avant d'être cycliste, le Parisien est piéton. Le vélo n'est pas l'avenir de l'homme et Paris n'est pas l'Inde. Or Anne Hidalgo est persuadée qu'en développant les pistes cyclables, tout le monde va s'y mettre, mais c'est faux. Elle agit par dogmatisme et par facilité. »

Des autobus qui sont des bétaillères

Dogmatisme et même une haine irrationnelle contre l’automobile et les automobilistes, par choix ou contrainte. Et si encore elle avait amélioré les transports en commun. Mais avez-vous eu l’occasion, par ces temps de canicule, de prendre les derniers autobus commandés par la Mme Hidalgo, les bus électrique. Non seulement le nombre des places assisses y a été ridiculement et scandaleusement réduits, mais encore, il a fallu choisir : ou c’est le bus électrique, ou c’est la clim. Donc Parisiens, c’est le transport dans des bétaillères surchauffées, debout, au bord du malaise.
Oui c’est parfaitement cela dogmatisme, autisme, mépris de classe. Mme Hidalgo a décrété qu’elle ne s’intéressait qu’aux Parisiens qui vivent à Paris,, qui travaillent à Paris, qui n’ont pas d’enfants à mener à l’école ou à divers endroits, qui n’ont pas à faire de courses importants, et qui ne fréquentent jamais la banlieue. Les autres ne l’intéressent pas, eh bien il est fort possible que sa prochaine candidature ne les intéressent pas non plus.
Mme Hidalgo a prétendu avoir fait l’objet de menaces : « Les lobbies automobiles, les lobbies du diesel (…) sont venus me menacer dans mon bureau ». En fait, entre sa gestion fanatique de la circulation, la saleté grandissante de Paris, les problèmes sans cesse renouvelés des immigrés illégaux, des vols et de la mendicité, Mme Hidalgo n’ose-telle même plus se promener dans Paris tant elle soulève la colère de nombre de ses administrés qu’elle rend littéralement fous en leur pourrissant la vie

Cela ne peut plus continuer longtemps ainsi.


lundi 21 août 2017

Taine _ La Révolution- Le Gouvernement révolutionnaire_103_ le club des Jacobins sous la Terreur

La médiocrité des leaders jacobins : Buchot, Henrion, Une séance chez les Jacobins : obtenir un certificat de civisme ;  Chalendon, l’exterminateur du Marais

La médiocrité des leaders jacobins : Buchot, Henrion

Regardons de près quelques figures ; plus elles sont en vue et à la première place, plus la grandeur de l’office met en lumière l’indignité du potentat. – Il en est un que l’on a déjà vu en passant, Buchot, noté deux fois par Robespierre, et de la propre main de Robespierre, comme « un homme probe, énergique et capable des fonctions les plus importantes   ». Nommé par le Comité de Salut public « commissaire aux relations extérieures », c’est-à-dire ministre des affaires étrangères, il s’est maintenu dans ce haut p.178 poste pendant près de six mois. C’est un maître d’école du Jura  , récemment débarqué de sa petite ville, et dont « l’ignorance, les manières ignobles et la stupidité surpassent tout ce qu’on peut imaginer. Les chefs de division ont renoncé à travailler avec lui ; il ne les voit ni ne les demande. On ne le trouve jamais dans son cabinet, et, quand il est indispensable de lui demander sa signature pour quelque légalisation, seul acte auquel il ait réduit ses fonctions, il faut aller la lui arracher au café Hardy, où il passe habituellement ses journées ». Bien entendu, il est envieux et haineux, il se venge de son incapacité sur ceux dont la compétence lui fait sentir son ineptie, il les dénonce comme modérés, il parvient enfin à faire décerner un mandat d’arrêt contre ses quatre chefs de services, et, le matin du 9 Thermidor, avec un sourire atroce, il annonce à l’un d’eux, M. Miot, la bonne nouvelle.
– Par malheur, après Thermidor, voilà Buchot destitué et M. Miot mis à sa place… Buchot, songe tout de suite au solide, et d’abord il demande à garder provisoirement son appartement au ministère. La chose accordée, il remercie, dit à M. Miot qu’on a bien fait de le nommer. « Mais moi, c’est très désagréable ; on m’a fait venir à Paris, on m’a fait quitter mon état en province, et maintenant on me laisse sur le pavé. » Là-dessus, avec une impudence admirable, il demande à l’homme qu’il a voulu guillotiner une place de commis au ministère. M. Miot essaye de lui faire entendre qu’il serait peu convenable à un ancien ministre de descendre ainsi. Buchot trouve cette délicatesse étrange et, voyant l’embarras de M. Miot, finit par lui dire : « Si vous ne me trouvez pas capable de remplir une place de commis, je me contenterai de celle de garçon de bureau. » – Il s’est jugé lui-même, à sa valeur.

L’autre, que nous avons aussi rencontré et que l’on connaît déjà par ses actes, général à Paris de toute la force armée, commandant en chef de 110 000 hommes, est cet ancien domestique ou petit clerc chez le procureur Formey, qui, chassé par son patron pour vol, enfermé à Bicêtre, tour à tour mouchard, matamore de spectacle forain, commis aux barrières et massacreur de Septembre, a purgé la Convention, le 2 juin ; bref, le fameux Henriot, aujourd’hui simple soudard et soulard. En cette dernière qualité, malgré ses connivences avec Hébert et les Cordeliers, on l’a épargné dans le procès des exagérés. On l’a gardé comme instrument, sans doute parce qu’il est borné, brutal et maniable, plus compromis que personne, bon à p.179 tout faire, hors d’état de se rendre indépendant, sans services dans l’armée  , sans prestige sur les vrais soldats, général intrus, de parade et de rue, plus populacier que la populace. Avec son hôtel, sa loge à l’Opéra-Comique, ses chevaux, son importance dans les fêtes et revues, surtout avec des orgies, il est content. — Le soir, en grand uniforme, escorté de ses aides de camp, il galope jusqu’à Choisy-sur-Seine, et là, dans la maison d’un complaisant, nommé Fauvel, avec des affidés de Robespierre ou des démagogues du lieu, il fait ripaille : on sable les vins du duc de Coigny, on casse les verres, les assiettes et les bouteilles, on va faire tapage dans les bastringues voisins, on y enfonce les portes, on brise les bancs et les chaises, bref on s’amuse. — Le lendemain, ayant cuvé son vin, il dicte ses ordres du jour, vrais chefs-d’œuvre, où la niaiserie de l’imbécile, la crédulité du badaud, la sentimentalité de l’ivrogne, le boniment du saltimbanque et les tirades apprises du philosophe à cinquante francs par jour, se fondent ensemble en une mixture unique, à la fois écœurante et brûlante…

Une séance chez les Jacobins : obtenir un certificat de civisme

Il est curieux de les voir en séance. Vers la fin de septembre 1793  , un des vétérans de la philosophie libérale, de l’économie politique et de l’Académie française, le vieil abbé Morellet, ruiné par la Révolution, a besoin d’un certificat de civisme pour toucher la petite pension de 1 000 francs que l’Assemblée Constituante lui a votée en récompense de ses écrits, et la Commune, qui veut se renseigner, lui choisit trois examinateurs.
Naturellement, il fait auprès d’eux toutes les démarches préalables. D’abord, il écrit « un billet bien humble, bien civique », au président du Conseil général, Lubin fils, ancien rapin qui, ayant quitté les arts pour la politique, vit chez son père, boucher, rue Saint-Honoré. Morellet traverse l’étal, marche dans les flaques de la tuerie, et admis après quelque attente, trouve son juge au lit et plaide sa cause. Puis il visite Bernard, ex-prêtre, « fait comme un brûleur de maisons, d’une figure ignoble », et salue respectueusement la dame du logis, « une petite femme assez jeune, mais bien laide et bien malpropre ». Enfin il porte ses dix ou douze volumes au plus important des trois commissaires, Vialard, « ex-coiffeur de dames » ; celui-ci est presque un collègue : « car, dit-il, j’ai toujours aimé les mécaniques, et j’ai présenté à l’Académie des Sciences un toupet de mon invention ». Mais le pétitionnaire ne s’est point montré dans la rue au 10 août, ni au 2 septembre, ni au 31 mai ; comment, après ces marques de tiédeur, lui accorder un certificat de civisme ? Morellet ne se rebute point, attend le tout-puissant coiffeur à l’Hôtel de Ville et l’aborde plusieurs fois au passage. L’autre, « avec plus de morgue et de distraction que le ministre de la guerre le plus inabordable n’en montra jamais au plus petit lieutenant d’infanterie », écoutant à peine et marchant toujours, va s’asseoir, et Morellet, dix ou douze fois, bien malgré lui, assiste aux séances.

 – Étranges séances où des députations, des volontaires, des amateurs patriotes viennent tour à tour déclamer et chanter, où tout le Conseil général chante, où le président Lubin, « orné de son écharpe », entonne lui-même, par cinq ou six fois, la Marseillaise, le Ça ira, des chansons à plusieurs couplets sur des airs de l’Opéra-Comique, et toujours « hors de mesure, avec une voix, des agréments et des manières de beau Léandre. Je crois bien que, dans la dernière séance, il chanta ainsi en solo à peu près trois quarts d’heure, en différentes fois, l’assemblée répétant le dernier vers du couplet ». – « Mais c’est drôle, disait à côté de Morellet une femme du peuple ; c’est drôle de passer comme ça tout le temps de leur assemblée à chanter. Est-ce qu’ils sont là pour ça ? » Non pas seulement pour cela : après la parade de foire, les harangueurs ordinaires, et surtout le coiffeur de dames, « viennent, d’une voix forcenée, avec des gestes furibonds », lancer des motions meurtrières. Voilà les beaux parleurs   et les hommes de décor. – Les autres, qui ne parlent pas et savent à peine écrire, agissent et empoignent. Tel est un certain Chalandon, membre de la Commune   président du comité révolutionnaire de la section de l’Homme Arme, et probablement très bon chasseur d’hommes ; car « les comités du gouvernement lui ont accordé droit de surveillance sur toute la rive droite de la Seine, et, muni de pouvoirs extraordinaires, il règne, du fond de son échoppe, sur la moitié de Paris. Malheur aux gens dont il a eu à se plaindre, à ceux qui lui ont retiré ou ne lui ont pas donné leur pratique ! Souverain de son quartier jusqu’au 10 thermidor, ses dénonciations sont des arrêts de mort » ; il y a des rues, notamment celle du Grand-Chantier, qu’il « dépeuple ». Et cet exterminateur du Marais est un « savetier », collègue en cuirs et à la Commune de Simon, le précepteur et le meurtrier du petit Dauphin.