Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est consultation publique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est consultation publique. Afficher tous les articles

vendredi 27 mai 2022

Consultation Publique du Ministère de la Transition Ecologique sur le Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR) 2022-2026

 ! La consultation se termine le 16 juin 2022 !

Contribution : L’énergie nucléaire restera, et pour longtemps encore, la seule source d’énergie pouvant fournir en abondance une électricité  de base pilotable et décarbonée  (à part l’hydraulique, limité par la géographie). Elle peut seule nous permettre de répondre au défi climatique de manière climatiquement efficace,  économiquement soutenable et socialement juste.

L’énergie nucléaire génère des déchets radioactifs  ;  ceux-ci sont très étroitement contrôlés et gérés. Contrairement aux déchets du charbon, et, dans une moindre mesure, du gaz, ils ne finissent pas dans nos poumons ; et il existe nombre de déchets chimiques à durée de vie bien plus longues et  plus toxiques dont il serait souhaitable qu’ils soient géré avec le même sérieux.

Par conséquent le stockage selon des conditions adaptées à leur nature des déchets radioactifs est une condition essentielle à la simple poursuite de l’activité du parc nucléaire actuel, et bien plus encore à son développement. Or, une certaine procrastination, voire lâcheté des dirigeants politiques nous ont conduit dans un état critique  où la poursuite de l’activité nucléaire peut être rapidement mise en cause.

 Le président de l’ASN, M. Bernard Doroszczuk, s’exprimait  ainsi devant le Sénat  (7 avril 2021)

« Nous en sommes au 5e plan et les plans précédents ont défini de nombreuses études, demandé des comparaisons, des hypothèses, des avantages et des inconvénients, mais la tendance a plutôt été à la procrastination et aucune décision n'a été prise. Or, aucune filière de gestion des déchets ne sera opérationnelle dans vingt ans si nous ne prenons pas de décision dans les cinq ans à venir… »

« Quant à la filière des déchets de haute activité et à vie longue (HA-VL), porté par le projet Cigéo, à Bure, la décision n'est pas encore totalement prise. Pourtant, il y a eu des lois, des discussions, des débats. »

« Pour les déchets de faible activité et à vie longue (FA-VL) - bitumés, graphites -, de nombreuses études ont été menées et un site d'accueil a été fléché il y a dix ans, celui de Soulaines, mais aucune décision n'a encore été prise. Un jour, les élus diront qu'ils ne sont plus d'accord… »

Il y a donc urgence à agir, et par conséquent de

- réaffirmer le soutien à la politique de  recyclage des combustibles usés, domaine dans lequel la France est pionnière et exemplaire qui permet de réduire le volume et la nocivité des déchets radioactifs

- lancer le plus rapidement possible le nouvel entreposage centralisé sous eau à La Hague, dont l’urgence a été affirmée par l’ASN, pour  une mise en exploitation vers 2030, le site de La Hague s’imposant comme le plus logique pour un déploiement rapide

- Pour les déchets Faible Activité et faible Activité Vie Longue, débuter effectivement le projet étudié depuis plus de dix ans à Vendeuvre-Soulaines. Cette solution centralisée offre bien plus de garanties et moins de risques qu’un stockage décentralisé proche des centrales

- Commencer immédiatement la phase pilote de Cigéo. L’enfouissement géologique profond des déchets de forte activité fait consensus chez tous les pays disposant de production nucléaire et chez toutes les autorités sûreté, et envers et même la Commission Européenne, après expertise de  Centre Commun de Recherche de la Communauté Européenne a dû l’admettre : il permet d’ isoler définitivement de la biosphère des déchets hautement radioactifs le temps que leur radio-toxicité disparaisse naturellement. En Europe, la Finlande, la Suède, la Suisse ont des projets avancés. Nous ne pouvons nous permettre d’attendre plus longtemps, aprés trente ans  de recherches et une approbation du gpuvernement et du Parlement en 2006 d’attendre plus longtemps.

Au surplus, il s’agit d’une solution dont la nature elle-même a démontré la validité avec le site d’Oklo au Gabon où les déchets d’un réacteur nucléaire naturel sont restés parfaitement confinés pendant plus de deux milliards d’années, ne migrant que de quelques centimètres.

Ces décisions concernant les déchets nucléaires sont impératives et urgentes, sans quoi le parc nucléaire devra s’arrêter. Les groupes antinucléaires en sont parfaitement conscients et s’efforcent par tous les moyens, y compris  les plus violents, depuis des années, de les entraver ; ainsi, lors du débat organisé en 2019 par  la CNDP (Commission Nationale du Debat Public) sur le PNGMDR, certaines des réunions n’ont pas pu se tenir ; ainsi, en 2017,  à Bure, un hôtel restaurant où dormaient des personnels de l’ANDRA a fait l’objet d’une attaque et d’une tentative d’incendie par quarante émeutiers ; et encore au début de cette année, la concertation locale sur le projet « piscine » d’Orano n’ a pu être mené à bien en raison de l’opposition de perturbateurs.

Un certain nombre de débats (sur la 5G, sur les OGM et sur le nucléaire notamment) ont été ainsi entravés par des groupes faisant appel à la violence. La démocratie ne peut alors s’exercer. Les organisations approuvant ou justifiant ces actions devraient se voir privées a minima de tout financement public .

lundi 4 octobre 2021

Il faut faire Cigéo ! C'est la meilleure solution pour les générations futures ! Contribution à l’enquête sur la déclaration d‘utilité publique (2)

 Suite de https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/09/il-faut-faire-cigeo-cest-la-meilleure.html pour l’explication.

Fin des contributions 23 octobre, 12 heures- ça s’approche !

Registre numérique : https://www.registre-numerique.fr/dup-cigeo/deposer-son-observation

1) Contexte de l’enquête :  Au début, beaucoup de contributions généralement bien argumentées, dont celle de François-Marie Bréon,  avec une majorité  assez large de partisans. Puis, au fur et à mesure, un flot de contributions toutes sur le même modèle et reprenant le même texte : Les 100 raisons de ne pas construire CIGéo.

Bon, je vous cite les 9 premières :

« 1 - parce que c'est un projet hors norme. 2 - parce que c'est un projet illusoire. 3 - parce que c'est une mission impossible. 4 - parce que c'est une immense supercherie. 5 - parce qu'il y a trop d'incertitudes. 6 - parce qu'il y a trop de réserves. 7 - parce qu'il y a trop de problématiques majeures. 8 - parce que c'est une impasse : l'ANDRA veut nous faire croire qu'elle maîtrise complètement la radioactivité. 9 - parce que personne au monde ne sait neutraliser la radioactivité des déchets radioactifs. On ne sait que les stocker en attendant que leur activité décroisse jusqu'à l'acceptabilité. »

(NB : ben oui, c’est justement pour ça que l’on fait Cigéo)

Et les 4 dernières : « 96 - parce que les ONG comme Greenpeace ont bien étudié le projet et sont opposées à la construction de CIGéo.97 - parce que les mouvements politiques et les partis politiques comme EE-LV, La France Insoumise, NPA, Nouvelle Donne, Génération.s, etc. ont bien étudié le projet et sont opposés à la construction de CIGéo.98 - parce que les laboratoires indépendants comme la CRIIRAD et l'ACRO ont bien étudié le projet et sont opposés à la construction de CIGéo.99 - parce que la communication de l'ANDRA sur ce projet applique la règle bien connue : "Plus c'est gros, plus ça passe !", notamment lors du webinaire du 9 septembre dernier : l'ANDRA ne voit aucun obstacle à la construction de CIGéo. 100 - parce que, comme l’a rapporté Takeo Okada, archevêque de Tokyo, le Pape François a critiqué l’énergie nucléaire en la comparant à la Tour de Babel : quand les hommes tentent d’atteindre le paradis, ils créent leur propre destruction. « Les humains ne devraient pas enfreindre les Lois de la nature créées par Dieu »

Bon, on voit le niveau, arrêtons de se faire du mal. Au milieu de ce fatras, quelques questions ou remarques plus sérieuses concecrant par exemple les dégagements d’hydrogènes, mais auxquels l’Andra a déjà répondu, cf. par exemple le dossier très bien fait : https://www.andra.fr/cigeo/la-surete-anticiper-les-risques

Les opposants de Cigéo et la violence

Cette manipulation de l’enquête publique sur la DUP de Cigéo se situe dans la continuation de l’action des adversaires de Cigéo : perturbations du débat sur la Politique de gestion des Déchets radioactifs organisées par le (CNDP  Commission Nationale du Débat Public), avec plusierss réunions qui n’ont pu se tenir, ou dans des conditions fortement dégradées (Lille, Valence, Bar-le-Duc, Bagnols-sur-Cèze et Lyon), dont justement celles consacrées à l’enfouissement géologique profond, refus de participer à la conférence citoyenne sur la phase pilote, et, sur place de nombreuses violences ayant abouti finalement à des condamnations  de prison ferme un peu inattendues compte-tenu de l’indulgence généralement manifestée pour ce type de délit ( 2 « opposants » au projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) ont été condamnés à neuf et douze mois de prison ferme, et quatre autres à des peines de six à neuf mois avec sursis). Il ya vaitvdéjà u en 2018 une condamnation à trois mois de prison ferme pour violences sur des gendarmes lors de l'évacuation du bois Lejuc. Ce sont ces occupants du Bois Lejuc qui ont dévasté et tenté d’incendier un hôtel alors que douze personnes (employés de l’Andra majoritairement) y dormaient (ils avaient ouvert tous les robinets et tout coulait à flot, partout. Et surtout, ils ont épandu une bouteille et demi d'essence qu'ils ont allumé" - François Maltrud, gérant de l'hôtel-restaurant)



https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/03/le-nucleaire-et-ses-dechets-un-grand.html

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/08/conference-citoyenne-sur-la-phase.html

Une partie des opposants à Cigéo refusent en fait tout débat, et même les empêchent, occupent illégalement et avec violence une Zone à défendre » depuis 2018 et ont recours à des violences inadmissibles .

Cigéo et les élus.

Le Conseil départemental de la Meuse soutient le projet. Son président Jérôme Dumont s’exprime ainsi :  «Les déchets sont là. Et l’enfouissement est bien moins dangereux que le stockage actuel en surface. Autant en faire une opportunité de développement économique et technologique de notre territoire » et soutient le développement d’une véritable filière nucléaire dans ce département très rural. Le Conseil départemental recommande toutefois vigilance toute particulière dans la gestion des eaux de la zone puits afin de modifier au minimum le régime de débits de l’Ormançon

Le Conseil  Départemental de la Haute-Marne a rendu un avis favorable le 19 février dernier à l’unanimité (32 voix pour) moins deux abstentions : «le projet CIGÉO pouvant, compte tenu de son dimensionnement et des incidences pour notre territoire, être reconnu d’utilité publique »

Le Conseil Régional du Grand Est a également rendu un avis favorable

Cinq communes concernées (Gondrecourt-le-Chateau, Saint-Joire, Cirfontaines-en-Ornois, Gillaumé et Saudron) ont voté un avis favorable.

Deux communes ont refusé de se prononcer (jugeant le délai irréaliste (Houdelaincourt) ou qu’il ne revenait pas aux Conseillers municipaux de se prononcer sur un tel projet, alors que la ministre de l’écologie ( Barbara Pompili) avait déjà affirmé que le projet irait à son terme

Quatre communes (Bure, Horville-en-Ornois, Mandres-en-Barrois et Ribeaucourt) ont émis un avis défavorable. Lorsqu’on regarde les motifs, ils n portent pas vraiment sur le projet lui-même, mais sur certaines de ses conséquences et modalités et ne sont pas fondamentalement différents des réserves des communes qui votent pour. Ainsi, Bure s’inquiéte de ce que la DUP minimiserait les risques encourus par le rejet des eaux de CIGEO, et trouve insuffisant  le plan mis en place pour la gestion de l’eau potable, s’indigne de ce que  « CIGEO s’approprie les routes, les chemins sans concertation ni avis » et demande des précisions sur les retombées fiscales. La question des ouvrages d’art à réaliser et de leurs emplacements, des nuisances et horaires du trafic ferroviaire, des perturbations possibles sur les ressources en eau, la reforestation après travaux   et la fiscalité sont en fait ominprésentes. Seuls Bure mentionne «  Aucune étude sérieuse ne démontre clairement l’absence de risques sanitaires sur la population ». Donc très majoritairement, pas de remise en cause du projet lui-même, mais plutôt de certaines modalités et une demande de davantage de concertation. 

Notons que  dès 2007, l'Andra a mis en place un Observatoire pérenne de l'environnement (OPE) pour étudier les caractéristiques environnementales d’un territoire de 900 km² à la limite des départements de la Meuse et de la Haute-Marne. Au sein de cette zone, des études plus détaillées sont mensur un secteur de référence d’environ 240 km2. L’OPE s’intéressera à l’évolution dans le temps des milieux naturels et organismes (eau, air, sol, flore, faune, bactéries), ainsi que des activités humaines. Cet outil est unique en France de par la surface du territoire étudié et la durée d'études envisagée (100 ans).







lundi 9 mars 2020

Consultation publique sur la nouvelle version de la PPE (2) Quelques remarques de Sauvons le Climat !


Suite du blog précédent  Consultation publique sur la nouvelle version de la PPE : eh ben, c’est pas mieux que l’ancienne ! (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/03/consultation-publique-sur-la-nouvelle.html)

J’ai tenu à publier quelques remarques de l’association écologiste Sauvons Le Climat ( que l’on peut aussi retrouver sur le site de la Consultation Publique. Extraits :

Critère de sécurité d’approvisionnement électrique : danger de black out !
(Gilbert Ruelle Commentaire PPE n° 1)
                                            
L’article D. 141-12-6 du code de l’énergie fixe le critère de défaillance du système électrique à « une durée moyenne de défaillance annuelle de trois heures pour des raisons de déséquilibre entre l’offre et la demande d’électricité ». Le code de l’énergie ne définit cependant pas explicitement ce que recouvre la notion de « défaillance ».

Et c’est là que le bât blesse, car un paramètre essentiel manque : la « profondeur » de la défaillance. En l’état actuel des choses le critère ne distingue pas la coupure d’un seul client domestique et celle d’une région française entière !!!

Le rapport CGEDD-CGE de 2018 a identifié cette faille, confirmée par RTE dans son Bilan prévisionnel 2017 :
« Le nombre d’heures moyen de défaillance […] constitue une information particulièrement imparfaite […] Des différences considérables peuvent exister, par exemple sur la profondeur de la défaillance (c’est-à-dire sur le nombre de consommateurs concernés par la défaillance) alors même que le nombre d’heures moyen de défaillance demeure identique (P 137/424) […] Ceci peut être mis en perspective par rapport au critère de sécurité d’approvisionnement actuel (un délestage d’une heure affectant quelques consommateurs et un délestage de la même durée portant sur un nombre significatif de consommateurs sont comptabilisés de la même façon) » (P140/424).

Les pouvoirs publics sont donc amenés à prendre leurs décisions sur une base trompeuse dont ils ignorent les conséquences réelles

Pourquoi ce critère ne fonctionne-t-il plus ? Il a été historiquement élaboré lorsque le réseau n’était alimenté que par des machines de production pilotables. Le risque était alors conventionnellement limité à la défaillance fortuite de la machine la plus puissante du réseau, soit en France moins de 1,5 GW et les mesures palliatives (réserves primaires, secondaires et éventuellement tertiaires) étaient dimensionnées en conséquence.

L’introduction massive de moyens intermittents éoliens et photovoltaïques change complètement la nature du risque qui porte dorénavant sur les énergies primaires du soleil et du vent elles-mêmes qui peuvent faire massivement défaut sur la quasi-totalité du territoire. Ce défaut de mode commun se manifeste quelles que soient les puissances installées (dizaines à centaines de GW !) la production photovoltaïque étant nulle la nuit et la production éolienne pouvant chuter à quelques % de sa puissance installée par manque de vent : selon les statistiques de Rte, la production éolienne chute à moins de 10 % durant 10 % du temps soit 36 jours par an en moyenne, dont le quart (9 jours) se situe, toujours statistiquement, pendant l’hiver lorsque la consommation est au plus haut.

A contrario, cela signifie que la production éolienne a 90 % de chances d’être supérieure à 10 % et la combinaison de cette probabilité avec celle d’avoir une journée de grand froid est suffisamment faible selon Rte pour respecter le critère officiel des 3 heures par an. Sauf que la profondeur de la défaillance n’est pas définie et se situe alors entre 10 % et 0,5 % (valeur minimale observée) de la puissance installée éolienne, ce qui conduit à des réalités possibles très différentes : avec environ 16 GW actuellement installés, la profondeur de la défaillance se situe alors entre environ 1,6 GW et pratiquement 0 !

Ce qui revient à dire que l’application du critère des 3 heures conduit littéralement à « jouer aux dés » cet écart qui n’est déjà pas négligeable en période de consommation tendue et va croître et embellir avec la croissance de la puissance éolienne installée. On notera que les quatre GRT (gestionnaires de réseau) allemands, instruits par le long retour d’expérience de leurs très grands parcs éoliens à terre et en mer (plus de 60 GW actuellement) prennent en compte dans leurs études de sécurité une puissance minimale de 1 % seulement de la puissance éolienne installée (y compris en mer) soit 0,6 GW… Là où le critère français actuel des 3 heures conduirait à 6 GW ! Valeur totalement démentie par les faits observés en Allemagne…

Il est donc urgent de s’interroger en profondeur sur notre critère français et de l’adapter au risque de manque d’énergie primaire du vent généralisé au territoire qui conduit à des défaillances dont la profondeur va croître avec la montée en puissance de l’électricité éolienne et plus généralement intermittente si l’on y ajoute les défaillances du photovoltaïque par manque de soleil en journée… Pour ne pas mettre la France dans le noir !

Biomasse : la grande illusion… ?
(Commentaire PPE n° 2, Georges Sapy)

Le projet de PPE indique : « de l’ordre de 400 à 450 TWh de ressources brutes en biomasse pourraient être mobilisées à l’horizon 2050 (à comparer à 180 TWh en 2016) ». Autrement dit, on multiplierait par 2,5 à 2,8 la mobilisation actuelle de la ressource en biomasse.

Quatre interrogations : le réalisme de la prévision ; l’efficacité de décarbonation de la biomasse ; la fragilité de la ressource en biomasse ; les coûts d’utilisation de la biomasse.

Réalisme de la prévision : on peut en douter sérieusement eu égard aux limites du renouvellement annuel de la biomasse, qui doit rester au maximum naturel pour être durable. Sauf à cultiver spécialement des plantes à but énergétique, ce qui impliquerait l’usage de terres disponibles, d’intrants de culture éventuels et des dépenses de combustibles pour l’agriculture et les transports. Dont les distances doivent en outre être très courtes pour que l’opération ait un sens.

Efficacité des réductions des émissions de CO2 : la biomasse n’est réellement efficace que si son utilisation, qui émet du CO2, est très rapidement compensée par une absorption équivalente par la croissance des plantes. Si ce n’est pas le cas, l’effet sur le climat est transitoirement néfaste. De plus, les transformations de la biomasse en combustibles gazeux et surtout liquides présentent des gains très variables en termes de réduction des émissions de CO2 par rapport à leurs équivalents fossiles : négatifs pour la plupart des biodiesels (ce qui est un comble !), de l’ordre de 50 % pour le bioéthanol. Ce n’est qu’avec les biocarburants de 2ème génération que l’on peut espérer atteindre des gains nettement plus importants, dont certains pourraient approcher les 90 % voire plus.

En un mot, l’efficacité globale de la biomasse en termes de réduction d’émissions n’est pas toujours aussi importante qu’on pourrait l’espérer, loin s’en faut. Ce qui ne condamne évidemment pas ses usages mais implique de sélectionner les plus efficaces, parmi lesquels le bois énergie pour faire de la chaleur est l’un des plus pertinents. À condition de ne pas le transporter sur de longues distances, ce qui le limite aux usages locaux.

Fragilité de la ressource : cette dernière pourrait être impactée par le changement climatique, avec des risques naturels accrus : sècheresses, attaques massives de parasites, tempêtes, etc. voire giga-incendies amplifiés par les sècheresses. De tels évènements, loin d’être improbables, pourraient avoir des conséquences majeures sur certains massifs forestiers.

Coûts : sauf pour le bois énergie très bon marché et quelques autres sources, ils sont élevés à très élevés dès lors que des transformations complexes biologiques (biométhane) ou physico-chimiques (carburants de synthèse) sont nécessaires. Ce qui constitue un frein évident à leur développement.

Question, pour conclure : quel est le plan B si les augmentations anticipées dans la PPE (en réalité très ambitieuses) ne sont pas au rendez-vous ? Réponse : un seul autre vecteur sera à l’échelle des besoins : l’électricité (pompes à chaleur voire électricité joule pour le chauffage, électricité directe et hydrogène électrolytique pour la mobilité, etc.). À condition de ne pas brider artificiellement sa production… N’oublions pas qu’une société moderne a un besoin vital de suffisamment d’énergie et pourrait collapser en cas de grave pénurie. Et ne nous trompons pas d’ennemi : une électricité non émettrice de CO2 n’est pas néfaste pour le climat, même si elle doit être raisonnablement et rationnellement économisée, ce qui n’a rien à voir avec l’instauration d’une pénurie qui serait socialement mortifère.

Le mirage de l’hydrogène : il a un rendement global [électricité vers gaz de synthèse vers électricité] (« power to gas to power » en anglais) très faible, actuellement de l’ordre de 35 % pour l’hydrogène et de moins de 25 % pour le méthane de synthèse, et il nécessite par ailleurs des investissements importants dont l’amortissement dépend de l’alimentation en électricité des électrolyseurs.

Selon Rte, le coût de production de l’hydrogène électrolytique varie de 3 à 6,7 €/kg selon l’électricité utilisée (base hors pointe ou marginal renouvelable ou nucléaire) ce qui conduit à ≈ 91 à ≈ 203 €/MWh selon le cas pour le gaz hydrogène. Sa transformation en électricité avec un rendement de 60 % et un coût d’amortissement de 20 % pour l’installation de transformation, conduit donc à une électricité qui coûte entre 91/(0,6 x 0,8) ≈ 190 €/MWh et 203/(0,6 x 0,8) ≈ 420 €/MWh !

Si l’on produit ensuite du méthane de synthèse, avec un rendement de 70 % par rapport à l’hydrogène et un coût d’amortissement également de 20 % pour l’installation de transformation en méthane, les coûts ci-dessus deviennent 190/(0,7 x 0,8) ≈ 340 €/MWh et 420/(0,7 X 0,8) ≈ 750 €/MWh !

Soit au mieux, en retenant les bas des fourchettes ≈ 190 €/MWh pour la filière hydrogène et ≈ 340 €/MWh pour la filière méthane. Pour disposer d’une électricité à coût soutenable, il faudrait donc multiplier par 2 les rendements globaux et diviser par 2 les coûts d’investissement (division par un facteur 4 au total). Il y faudra de sérieux progrès en R&D et réductions des coûts industriels pour disposer d’une solution de stockage ayant un modèle économique viable…

En attendant, on dispose d’un parc nucléaire qui fonctionne de façon très sûre, produit massivement de l’électricité décarbonée à 33 €/MWh, est capable d’alimenter la France et une partie de l’Europe grâce à des exportations très importantes. Et l’on s’obstine à vouloir le réduire sans justification rationnelle crédible !!!!

Quid des informations fournies dans le projet de PPE sur les rejets CO2 de l’éolien et du PV ? encore deux mensonges par omission !
(Jean-François Sornein)

Mensonge par omission n°1 : éviter aussi longtemps que possible de rappeler que l’électricité nucléaire ne rejette pratiquement pas de CO2. Si on ne le sait pas, il ne faut pas compter sur les 44 pages de la synthèse pour nous l’apprendre. Il faut attendre la page 137 du projet lui-même…

Mensonge par omission n°2 : Comme on ne peut pas reprocher de rejets GES au nucléaire, il faut trouver un autre argument pour expliquer l’objectif « 50 % » ; ce sera « DIVERSIFIER ». Le vieux dicton « ne pas mettre ses œufs dans le même panier » est ainsi élevé au rang d’orientation stratégique sans qu’aucune étude technico économique n’ait conclu à la pertinence de ce ratio. C’est un peu maigre… Comment le projet de PPE tente-t-il donc de « vendre » cette diversification ? Mensonge par omission n°2 : éviter soigneusement de signaler que cette diversification arbitraire ne contribuera en rien à la baisse des émissions de GES. Cette désinformation est coupable. Le texte indique prudemment qu’on va se préoccuper qu’elle soit neutre sur ce plan (et ce n’est pas gagné)…

Mensonge n°3 : Pour l’éolien, la page 114 donne le chiffre de 12,7 g/kWh avec une référence ADEME. En réalité, la Base Carbone de l’ADEME indique actuellement 14,1 g pour le terrestre et 15,6 g pour l’éolien en mer, mais en précisant bien que ces valeurs ne comprennent pas les phases de démantèlement et de fin de vie des installations, ce que le texte de la PPE se garde bien de préciser.

Mensonge n°4 : Pour le solaire PV, aucun bilan CO2 n’est fourni. On le cherche vainement en bas de la page 119. Il est vrai qu’il ne serait pas très convaincant, avec des panneaux fabriqués au charbon chinois (la Base Carbone ADEME donne une fourchette de 35 à 85 g « du sud au nord et suivant la technologie », toujours sans compter la fin de vie).

Pour mémoire, on a vu plus haut le chiffre de 12 g pour le nucléaire sur l’ensemble du cycle de vie. Dans la Base Carbone ADEME, le nucléaire est à 6 g sans compter la fin de vie….

Que va coûter la PPE : nul ne le sait et la présentation qui en est faite est illisible et trompeuse ?
(Jean-Pierre Pervès)

Il est intéressant d’examiner en premier lieu le programme le plus emblématique de la transition énergétique, celui du développement des nouvelles énergies renouvelables électriques, le solaire photovoltaïque et l’éolien. La PPE (pages 273 à 275) donne les chiffres pour l’ensemble du programme jusqu’à 2028. Leur soutien, par des taxes, représentait déjà 30 milliards en 2018 et les engagements supplémentaires, déjà pris et à venir jusqu’en 2028 selon la PPE, devraient représenter en 2035 environ 90 milliards de plus, soit un total de 120 milliards €. Et on continuera à les payer jusqu’en 2048.

Un bon investissement pour le climat/ bien sûr que non !  Pour quelle quantité de CO2 évitée ?...Nous allons payer sous forme de taxes entre 2019 et 2035 environ 90 milliards pour les seuls éolien et solaire opérationnels en 2028, pour un gain CO2 qui sera très ;probablement sensiblement inférieur à 10 millions de tonnes par an, soit moins de 170 millions de tonnes sur 17 ans. Le coût de la tonne de CO2 sur cette période sera donc supérieur, voire nettement supérieur à 530 € par tonne de CO2 évitée, chiffre à comparer à la valeur de la taxe actuelle de 44.6 € par tonne, soit près de 12 fois inférieure. Il est temps d’arrêter cette gabegie !

Qu’aurait-on pu faire avec cet argent qui sera gaspillé ? Avec les 120 milliards attribués au solaire et à l’éolien depuis 2006, et en accordant une subvention représentant la moitié des 25.000 € de travaux nécessaires pour décarboner une maison chauffée au fioul ou au gaz et en améliorer significativement les performances énergétiques, ce sont près de 10 millions de logements émetteurs de CO2 qui auraient pu être radicalement transformés du point de vue climatique d’ici 2035 (en 2017 il y avait 3,5 millions de logements chauffés au fioul et 11,7 au gaz). Le gain CO2 aurait été environ 4 à 5 fois plus élevé pour le pays par € de subvention.

Ceci montre clairement, ce qu’a bien confirmé la Commission d’enquête parlementaire sur le financement des énergies renouvelables (juin 2019), que le déploiement de ces deux électricités intermittentes n’avait pas pour objet la lutte contre le changement climatique.

Une présentation dans la PPE qui ressemble à un enfumage :  L’analyse de l’impact économique global de la transition énergétique présentée dans la PPE est encore plus troublante, voire impossible pour le citoyen auquel on demande un avis. Le rapport s’appuie sur une « approche macroéconomique hybride », multi-sectorielle, qui mélange tous les facteurs pour qu’on ne puisse pas avoir une idée claire de l’impact économique de la transition. Elle intègre des « signaux prix fictifs », qui représentent des mesures réglementaires et budgétaires. Les rédacteurs ajoutent que les résultats peuvent être optimistes et que cet artéfact de modélisation comporte d’importantes limites quand on ne sait pas ce qu’on pourra faire politiquement ! Comprenne qui pourra.
Formidable bien sûr car ils concluent bravement : on créera 440.000 emplois (où ? on importe l’essentiel du matériel), et le pouvoir d’achat des ménages augmentera de 2,2 % (grâce aux taxes bien sûr). !!! « 

Commentaire : Ce chiffre de créations d’emplois ne repose sur aucune réalité, et ignore au contraire les leçons de l’échec sanglant (climatique et économique de l’energiewende allemande) et de l’effondrement après un envol initial de l’emploi dans le solaire ( les subventions allemandes ont créé de nombreux emplois dans le solaire…en Chine) et dans l'éolien ( avec la fin des subventions et les faillites retentissantes). Il ne tient pas compte non plus des emplois supprimés, dans le nucléaire par exemple).

« Dans la réalité quotidienne, quoi qu’en disent les modèles, il a fallu fort logiquement attribuer en 2019 un chèque énergie à 2,2 millions de ménages supplémentaires, en situation de précarité énergétique, (coût total du programme 850 millions) ! Et depuis 2006 le prix de l’électricité pour les ménages a augmenté d’environ 30 % en euros constants (50 % en € courants)  ; Mais bien sûr tout va changer nous promet-on car, dès 2023, les prix de vente de l’éolien onshore, offshore et du photovoltaïque vont s’établir à environ 40 €/MWh (p 269) alors qu’en 2020, d’après la CRE, l’éolien à terre sera payé par EDF 91 €/MWh et le solaire 288 €/MWh (et le futur offshore environ 200). Miracle ou foi du charbonnier.

Conclusion : Ce que ne fait pas le projet de PPE : dire aux français ce que cela va leur coûter en 2023 ou 2028. La Commission d’enquête parlementaire, en juin dernier, a échoué dans sa recherche du coût de la transition énergétique, malgré son pouvoir régalien.

Pour l’ensemble des contributions, dont certains très techniques, précises et érudites, donc indispensables de Sauvons le Climat, cf. https://ideesrecuessurlenergie.wordpress.com/2020/02/13/loi-ppe-commentaires-utiles-publies/
Résultat de recherche d'images pour "sauvons le climat"

dimanche 8 mars 2020

Consultation publique sur la nouvelle version de la PPE : eh ben, c’est pas mieux que l’ancienne !


La nouvelle version de la PPE est en consultation

Il aura fallu presqu’un an jour pour jour au gouvernement pour pondre une nouvelle version de la PPE et celle-ci est soumise à consultation publique pendant… deux mois, jusqu’au 19 février…en fin, il est possible que ce soit un peu prolongé. Bon, c’est un franchement un peu court pour une politique censée répondre au défi climatique et à la fin des énergies fossiles… mais enfin.

 Les points principaux : les objectifs de réduction de la consommation primaire fossile par rapport à 2012 sont les suivants : pour le gaz naturel : -10% en 2023 et -22% en 2028 ; pour le pétrole : -19% en 2023 et -34% en 2028 ; pour le charbon : -66% en 2023 et -80% en 2028.

Commentaire : on a jamais réussi d’un poil à tenir les objectifs précédents, on continue. Eh ben, c’est pas en fermant en Fessenheim et 13 autres centrales nucléaires qu’on y arrivera

Côté production d’électricité, la fermeture des centrales au charbon est actée d’ici à 2022. Mais en outre, conformément aux orientations sur la valorisation prioritaire de la biomasse sous forme de chaleur, l’Etat n’accordera pas de soutien aux projets de production d’électricité à partir de cette énergie (donc pas pour la conversion de la centrale de Cordemais par exemple). En outre, le texte prévoit de ne plus autoriser à l’avenir aucune centrale à partir de combustibles fossiles.

Ensuite, côté nucléaire, là encore le texte acte le passage de la part du nucléaire à 50% en 2035. Ainsi, 4 à 6 réacteurs nucléaires seront fermés d’ici 2028, dont ceux de Fessenheim. Et au total, 14 réacteurs seront arrêtés à terme pour atteindre une part de 50% d’électricité nucléaire dans le mix électrique, contre 75% en 2017.

Commentaire : Bref, la PPE première version était absurde, on continue et on amplifie l’absurdité avec des objectifs de réduction des fossiles, certes souhaitables, mais irréalistes. Surtout quand on les met en regards avec la diminution du nucléaire dans la production électrique qui augmentera les émissions de carbone, absurdité climatique, écologique, économique et sociale.

Les objectifs pour l’éolien en mer passent de 5,2 GW à 6,2 GW en 2028, contre 4,7 GW à 5,2 GW dans la précédente version, côté éolien terrestre les objectifs passent désormais d’une fourchette de 34,1 GW à 35,6 GW à une option plus basse entre 33,2 GW et 34,7 GW…

Commentaire : Tiens il semblerait que la montée des oppositions contre les éoliennes terrestres aient produit quelques effets encore insuffisants ; je ne résiste pas à citer une fois de plus Marjolaine Meynier Millefert, (LREM) : « Quand on a 80 % des gens qui vous disent que le développement des ENR électriques en France soutient la décarbonation et finalement la transition écologique en France, je pense que ce n’est pas bon non plus parce que le jour où les gens vont vraiment comprendre que cette transition énergétique ne sert pas la transition écologique vous aurez une réaction de rejet de ces politiques en disant vous nous avez menti en fait. »

Là encore, on continue dans l’absurdité : Eh ben l’éolien en mer, c’est la même chose en pire, encore plus cher et plus inutile.(cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/02/leolien-off-shore-avis-de-tempete.html)

Pour le chauffage, la chaleur renouvelable (chaudière biomasse, pompe à chaleur air/eau ou eau/eau, système solaire combiné, raccordement à un réseau de chaleur) a la cote avec diverses mesures fiscales. Le gouvernement a tranché sur le facteur de conversion en énergie primaire de l’électricité et du coefficient d’émission de l’électricité de chauffage utilisés dans la réglementation des bâtiments neufs (RT 2012, Label E+C-, RE 2020) qui est fixé à 2,3,

Commentaire : c’est-à-dire que le gaz fossile très carboné continue à être favorisé par rapport à l’électricité très décarbonée en France !

Version mobilité, la PPE version 2020 avance : «En tant que vecteur énergétique, l’hydrogène produit par électrolyse d’électricité décarbonée est à long terme une solution structurante de décarbonation. Il peut immédiatement remplacer l’hydrogène fossile utilisé dans l’industrie. A moyen terme, il peut être un des vecteurs de décarbonation du secteur des transports. Au-delà de 2030 ou 2035, il pourra contribuer à l’intégration des énergies renouvelables au système électrique »

Commentaire : Ah ben ça alors, il n’y a que les rédacteurs de la PPE qui voient ça. Et dans quelle boule de verre ? En dépit de toutes les données physiques ? Car la conversion d’électricité en hydrogène est thermodynamiquement très très couteuse. Et l’électricité décarbonée, elle vient d’où si on diminue la part du nucléaire ?

Bref la nouvelle PPE, c’est kif kif  l’ancienne en pareille, aussi absurde !

Un premier commentaire : forte contestation de la PPE

Un premier commentaire par Benoît Rittaud ;
https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2020/02/17/la-consultation-publique-sur-la-ppe-tourne-au-fiasco/

« À l’heure où ces lignes sont écrites, le nombre annoncé de commentaires est de 3200, regroupés par paquets de vingt (dont le dernier porte pourtant le numéro 2460, ce qui me semble constituer un sacré décalage, même en supposant que les commentaires sont modérés a priori ; encore un mystère d’internet). Sans les avoir tous épluchés, j’ai tout de même pioché au hasard parmi d’assez nombreuses pages pour lire les paquets de 20 commentaires correspondants. Bilan : la vaste majorité s’oppose à la PPE. »

Commentaire : En fait,  le déroulé monter une montée constante et très prédominante ( 90% !) des commentaires négatifs, suivi dans les dernières semaines par des floppées de contribution, quasi-identiques en faveur de l’éolien.

« Les commentaires des opposants sont en général bien informés, certains sont très longs et détaillés. Les partisans de la PPE, en revanche, ne brillent guère en général par leurs arguments techniques. Certains d’entre eux expliquent même tranquillement être des professionnels des renouvelables avant de s’y déclarer favorables »

 «  Une opposition frontale aux éoliennes, à la fois pour des raisons techniques (faible facteur de charge, aléas de l’intermittence), économiques (coût de rachat obligatoire prohibitif, importation du matériel), sanitaires (problèmes encore mal compris liés aux infrasons), environnementaux (pollution lors de la fabrication, énormes masses de béton enfouies pour tenir les éoliennes debout), mais aussi — aspect important pour de nombreux contributeurs — désir de préserver leur cadre de vie et leurs paysages. Un grand nombre de nos concitoyens semble donc désormais au fait des inconvénients de la filière éolienne. Le ras-le-bol est argumenté, et n’a rien à voir avec un classique réflexe NIMBY.

«  Un soutien massif à la filière nucléaire, qui montre là aussi une capacité de discernement des citoyens dont on aimerait que nos dirigeants sachent aussi faire preuve. En substance, les commentaires critiquent l’incohérence qui consiste à prétendre réduire les émissions de CO2 tout en réduisant la part de nucléaire dans le mix électrique, alors que le nucléaire ne produit pas de CO2. Les commentaires oscillent entre l’énumération des multiples avantages que nous offre cet outil industriel et la position réaliste selon laquelle les risques du nucléaire sont peu de chose en regard de l’apocalypse climatique qui nous est promise. »

Conclusion : si les consultations servent à quelque chose, alors celle-ci devrait conduire le gouvernement à suspendre l’application de la PPE.

Quelques remarques supplémentaires : pour émettre moins de C02, il nous  faut plus de nucléaire.

50% de nucléaire dans la production électrique : seuil de stupidité !

Il est nécessaire de revoir radicalement la PPE en prévoyant une augmentation conséquente de  la production d'électricité pour mieux décarboner transport et chauffage, principaux responsables des émissions de CO2 puisque l’électricité en France est (encore) décarbonée grâce au nucléaire.

Par conséquent, cela entraînera mécaniquement une augmentation de la production nucléaire, même dans l'hypothèse (stupide, irréaliste, catastrophique, irrationnelle) où le nucléaire descendait à 50% de la production électrique.

Ce seuil de 50 % est d’ailleurs totalement arbitraire ; comme la fermeture de Fessenheim, c’est une des une décision purement politique, qui n'est fondée sur aucune évaluation économique, écologique, sociale sérieuse.
 On pourrait être d’ailleurs plus ambitieux, et un schéma valant mieux qu’un long raisonnement, j’explique :



Voyez les moyens de production impliqués non pas simplement dans la consommation électrique, mais dans la consommation d’énergie finale (donc comprenant électricité, chauffage, transport, agriculture etc.). Le nucléaire n’est alors qu’à 17% (contre 71% pour la consommation électrique). La part des fossiles reste très élevée : 66%.

Donc, la décarbonation de l’électricité étant faite (en France) grâce au nucléaire, c’est au chauffage et au transport qu’il faut s’attaquer. Et donc augmenter la part des usages électriques dans ces domaines.

En fait, la France remplirait, et au-delà, ses obligations climatiques si le seuil de 50% de nucléaire s’appliquait, non à la production électrique, mais à la consommation finale d’énergie.

Descendre à 50% de nucléaire dans le mix électrique est une aberration climatique, écologique, économique et sociale. En revanche, monter à 50% de nucléaire dans la consommation finale d’énergie permettrait de remplir nos engagements climatiques.

Ah ben voilà, c’est surement une petite erreur dans la rédaction de la PPE. Sauf que du coup, ça impliquera beaucoup plus de nucléaire. Et la construction d’un certain nombre d’EPR. Maintenant !

En tout état de cause, l'échec de l'energiewende allemande tant du point de vue décarbonation qu' économique (coût de l'électricité, effondrement de l'éolien avec la fin des revenus garantis), et le fait qu'en France le remplacement du nucléaire par de l'éolien plus du gaz se traduira par une forte augmentation des émissions de CO2 devrait conduite à une forte remise en cause de ce seuil des 50% de nucléaire dans la production électrique qui entraine en plus de sérieux risques d'effondrement du réseau (cf. Australie du Sud, Angleterre).

Un scénario plus conservatif à 70% de nucléaire doit pouvoir figurer parmi les options étudiées- en passant, il présente plus de plausibilité qu'un scenario à 100% ENR dont l'absurdité et l'irrationalité font accord chez les spécialistes, et dont le ministère veut pourtant imposer l'étude à EDF.

Mesure-t-on à quel point l’accumulation de mesures idéologiques  sans fondements scientifiques ou techniques sérieux, ou même allant à l’encontre des connaissances techniques et scientifiques des experts est démotivant, voire désespérant  pour l’ensemble des travailleurs des industries énergétiques ?

Le nouveau nucléaire, c’est maintenant …

La décision sur la construction du nouveau nucléaire ne peut être reportée beaucoup plus longtemps, sous peine de reproduire ce qui a failli se produire avec Flamanville – et ce qui s’est produit en Angleterre- la disparition totale d’une filière faute de maintien des compétences.

Tout retard dans la décision de construire de nouveaux EPR conduit à ceci : un étranglement progressif du nucléaire en France. Il ne fait nul doute selon l’AIE que la seule chance de maintenir le dérèglement climatique dans des limites vivables pour l’humanité est un développement considérable du nucléaire à l’échelle mondiale. Que la France, qui a été pionnière des programmes nucléaires, réponde présente à ce nouveau défi industriel, ou qu’elle en disparaisse  pour laisser le champ libre à la Russie, à la Chine ou aux USA et perdant en même temps son indépendance énergétique, cela se joue maintenant ; dans deux ans, dans cinq ans, il sera probablement trop tard.

Voici le cri d’alarme que lançait la Revue Générale du Nucléaire en 2018, deux ans déjà, deux ans de perdus (http://www.sfen.org/rgn/faut-construire-epr-france, 21/03/2018)

« Il revient à l’Etat, garant des intérêts stratégiques du pays, de préserver un socle d’approvisionnement électrique décarboné, flexible, compétitif et prévisible à l’horizon 2050.

Cette réflexion doit être menée sans délai avant 2020 pour tenir l’objectif de mise en service d’une première paire de réacteurs à l’horizon 2030. Cette première paire s’inscrirait dans un programme industriel d’une série d’EPR, que le retour d’expérience conduit à dimensionner à trois paires de réacteurs à minima.

Une telle approche programmatique donnerait à l’ensemble de la chaîne industrielle, des grands acteurs aux PME, la visibilité et le cadencement nécessaires pour investir dans les chaînes de fabrication et les compétences et pour bénéficier des effets de série dès les premières réalisations. Ce programme industriel permettra à la France de maintenir dans les meilleures conditions l’option nucléaire pour piloter la décarbonation de son économie et le renouvellement de son mix électrique à l’horizon 2050.
Sans cela, la France perdra la maîtrise d’éléments stratégiques des réacteurs, dont l’approvisionnement à l’étranger (Chine ou Russie) représenterait un enjeu économique et géopolitique majeur et une perte, sans doute définitive, de souveraineté technologique et énergétique. »

Et signalons aussi l’abandon d’Astrid qui signe celui de toute ambition d’une gestion plus écologique, plus économique et plus rationnelles des déchets nucléaires ultimes- ceci i alors que les Russes ont déjà en fonctionnement deux réacteurs de 4ème génération et que les Chinois poussent les feux sur leurs programmes.