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vendredi 3 juin 2022

Taxonomie : la nouvelle salve des syndicats français et européens pour l’approbation du second acte délégué

Suite des épisodes précédents, ( et je l’avoue quelque peu lassant)  https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/06/nouvelles-de-la-taxonomie-juillet-2011v2.html ; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/04/dernieres-nouvelles-de-la-taxonomie.html ; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/07/taxonomie-de-la-finance-durable-rapport.html, https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/urgence-nucleaire-et-climatique-alerte.html

L’enjeu : le financement du nucléaire

La Commission européenne travaille sur une taxonomie verte, c’est-à-dire une sorte de labellisation destinée à guider les investissements financiers vers les secteurs et les activités les plus appropriés pour atteindre les objectifs climatiques de l’Europe, la transition vers une économie bas-carbone et un modèle de développement durable.

Dans une première version de 2021 (premier acte délégué), le nucléaire a été exclu de la taxonomie. Ce n’est, sous l’influence d’une Allemagne très combative, qu’un moyen très efficace d’étrangler le nucléaire en  le privant de financements à taux privilégiés ainsi que de l’accès au financement européen des plans de relance.

Exclure l’énergie nucléaire de la taxonomie européenne conduirait à fragiliser toute une filière (plus d’un million d’emplois en Europe dont 220 000 en France) qui fournit pourtant actuellement près de la moitié de l’électricité à faible teneur carbone dans l’Union Européenne. En outre, les secteurs utilisateurs de cette énergie, notamment les électrointensifs, seraient eux aussi fortement impactés ; les fournisseurs qui feraient plus de 5% de leur CA avec le nucléaire se verraient privés de label vert.

Après le premier acte délégué excluant le nucléaire…

Après confirmation des experts de la commission (JRC) que le nucléaire satisfaisait les critères en particulier de DNSH (Do Not Significantly Harm), et après surtout une réaction déterminée d’un certain nombre d’Etats, dont la France, les Pays-Bas, la Pologne, la Suède, la Finlande, la République Tchèque, la Slovaquie, la Roumanies, la Commission a cédé et présenté un second acte délégué incluant le nucléaire ; sauf que, sous pression de l’Allemagne, il inclut aussi le gaz comme activité de transition.

Et juste après avoir imposé cette modification, l’Allemagne a fait savoir que de toutes façons, elle voterait contre le propre projet de compromis qu’elle a imposé : « l'Allemagne s'opposera finalement à la « taxonomie verte », le texte européen qui classe le nucléaire parmi les énergies de transition…« Ce vote négatif est un signal politique important : l'énergie nucléaire n'est pas durable et ne doit donc pas faire partie de la taxonomie »

https://www.marianne.net/politique/union-europeenne/nucleaire-en-votant-contre-la-taxonomie-lallemagne-plante-un-couteau-dans-le-dos-de-paris

Le second acte délégué ne peut plus être modifié, il doit être voté tel quel ou refusé par le Conseil des Etats et le Parlement Européen. Au Conseil des Etats, il y a fort peu de chance que le texte soit refusé. Au Parlement Européen, c’est moins sûr, surtout si l’on se souvent de la tentative du SPD Allemand d’imposer la sortie du nucléaire.

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/12/le-parlement-europeen-et-la-politique.html

Si cela se produit, les députés français qui n’ont pas voulu bloquer le premier acte délégué tant qu’il n’incluait pas le nucléaire en faisant confiance à la Commission et en se disant qu’un compromis avec l’Allemagne serait toujours possible se seront tirés une belle balle dans le pied, au désespoir des autres pays européens qui compte sur la France pour défendre au premier chef le nucléaire en Europe.

La quatrième action des syndicats de l’énergie

Les quatre principaux syndicats français de l’énergie ont donc décidé de remobiliser leurs partenaires européens pour favoriser l »adoption du second acte délégué par un courrier adressé aux Parlemantaires Européens des Commissions ITRE, ENVI et ECON

https://www.sfen.org/rgn/les-syndicats-europeens-demandent-au-parlement-de-ne-pas-sopposer-au-projet-de-taxonomie/

Lettre aux Députés Européens

Monsieur le Député,

Vous devrez bientôt vous prononcer sur l’acte délégué complémentaire (ADC) de la taxonomie européenne prévoyant l’inclusion du nucléaire et du gaz en tant qu’activités durables dans la catégorie 10.2 (activités de transition). Pour les employés des industries de l’électricité et du gaz représentés par les fédérations syndicales européennes qui ont signé cette lettre, cette inclusion dans la taxonomie européenne est d’une importance primordiale pour le défi climatique, pour la diversification des approvisionnements énergétiques et l’accroissement de l’indépendance énergétique de l’Europe, pour la justice sociale, pour la durabilité économique et pour l’avenir de leurs emplois dans un secteur industriel et de services essentiel.

Nous ne pouvons ignorer le fait que le réchauffement climatique représente un danger existentiel pour nos sociétés et pour l’humanité, et la nécessité d’une action urgente a été récemment soulignée à nouveau par le GIEC (rapport de mars 2022). Nous devons donc rapidement mettre en place une transition énergétique non seulement efficace sur le plan climatique, mais aussi économiquement durable et socialement juste. En outre, la guerre en Ukraine devrait agir comme un signal d’alarme. Elle a récemment montré très clairement que la sécurité de l’approvisionnement énergétique et les coûts de l’énergie doivent être correctement anticipés et intégrés dans les plans énergétiques de l’UE.

La taxonomie vise à diriger l’ensemble de l’économie et les investissements vers les activités durables nécessaires pour atteindre la neutralité climatique. Toutefois, la portée de ce texte potentiellement très large ne se limite pas à orienter les investissements privés vers ces activités. Il est destiné à servir de base à divers mécanismes réglementaires européens tels que l’accès aux plans de relance, les labels écologiques européens, ainsi que le régime d’aide des États qui guide le financement public. Ce sera donc un signal déterminant pour notre avenir énergétique.

L’acte délégué complémentaire représente un progrès significatif par rapport au premier acte délégué de 2021, qui excluait le gaz et le nucléaire ; il a été obtenue grâce à la mobilisation déterminée d’un grand nombre d’États membres et aussi de syndicats, notamment par l’envoi de deux lettres à la présidence de la Commission européenne (Lettre des syndicats du secteur européen de l’énergie, 28 janvier 2021, 12 syndicats de 6 pays européens, Lettre de suivi des syndicats du secteur européen de l’énergie, 23 juillet 2021, 18 syndicats de 10 pays européens) pour défendre l’inclusion de l’énergie nucléaire dans la taxonomie.

En ce qui concerne l’énergie nucléaire, la décision finale de la Commission est fondée sur la rationalité scientifique et technique et le consensus international d’experts reconnaissant que l’énergie nucléaire avec des émissions de gaz à effet de serre proches de zéro peut apporter une contribution substantielle à la lutte contre le changement climatique, respecte le DNSH (absence de dommages significatifs), à condition que certains critères techniques (effectivement mis en œuvre dans les réacteurs GENII et III) soient respectés et ne handicape pas et même facilite le développement des énergies renouvelables. Sur la question souvent citée des déchets, le stockage géologique en profondeur est désormais reconnu par la Commission européenne et ses experts (CCR), ainsi que par la plupart des autorités de sûreté des pays nucléaires, comme une solution sûre et réalisable pour isoler de manière permanente les déchets à longue durée de vie de la biosphère. Par exemple, le dépôt de la Finlande est sur le point d’être ouvert et des projets similaires sont bien avancés dans plusieurs pays de l’UE.

Il faut mentionner que certains points ont soulevé d’importantes réserves parmi les experts dans le domaine. Sans le dire explicitement, l’acte délégué complémentaire considère clairement l’énergie nucléaire comme une énergie de transition. Ce statut implique des clauses de temporisation (délais), des examens scientifiques et techniques et des rapports détaillés tous les 3 à 5 ans, ce qui semble difficilement compatible avec le développement industriel à long terme qu’exige l’énergie nucléaire. Dans l’ensemble, la classification de l’énergie nucléaire comme « transitoire » ne nous semble pas approprié pour cette source d’énergie très faible en carbone, massive, distribuable et fiable, avec des besoins minimaux en terres et en matières premières. En outre, la diversité des ressources en uranium, le recyclage du combustible et, dans un avenir proche, les surgénérateurs de génération IV ouvrent la voie à une autonomie énergétique totale.

En ce qui concerne le gaz, avec les critères d’émission stricts fixés et l’exigence que l’installation remplace une installation existante à forte émission de CO2, son inclusion dans la taxonomie garantit une contribution substantielle à la lutte contre le réchauffement climatique et à son atténuation. Les États européens qui dépendent actuellement fortement du charbon ou du lignite pour leur production d’électricité ont besoin d’une source alternative contrôlable rapidement déployable et transitoire…

Le gaz est nécessaire à un mix énergétique global équilibré, son inclusion donne également de la visibilité à un secteur industriel qui travaille à la transition vers les gaz verts et renouvelables. En outre, la récente guerre en Ukraine montre clairement que nous avons besoin d’un approvisionnement indépendant et sûr en gaz. Cela nécessitera des investissements rapides et substantiels, par exemple pour de nouvelles réserves de gaz de l’UE, des conduites de gaz, la construction d’un terminal GNL qui sera très coûteux s’ils ne peuvent pas tomber sous la taxonomie.

Dans sa première version, la taxonomie excluait les deux seules énergies contrôlables (à l’exception de l’hydroélectricité limitée par la géographie), qui sont le gaz et le nucléaire. Nos sociétés ne peuvent se passer d’une énergie abondante, contrôlable et économique capable d’assurer la sécurité énergétique que les énergies variables intermittentes ne peuvent à elles seules fournir. Au contraire, l’inclusion de ces deux activités par le biais de l’acte délégué complémentaire, fondé sur la rationalité scientifique et technique, renforce l’objectif taxonomique, lui confère la crédibilité nécessaire et assure la cohérence avec le pacte vert tout en lui permettant d’assurer la traçabilité des investissements. L’acte délégué tel qu’il se présente actuellement n’est pas parfait. Cependant, la qualification transitoire pour l’énergie nucléaire est préférable à ne pas l’avoir du tout couverte par la taxonomie; a contrario, la dimension transitoire du gaz dans le CDA est appropriée.

Comme l’a indiqué la Commission, la taxonomie se veut un document évolutif qui évoluera au fil du temps. De l’avis des syndicats de l’énergie signataires, il s’agit d’un compromis pragmatique, fondé sur la science, d’une étape efficace contre le défi climatique, augmentant la sécurité et l’indépendance énergétiques de l’Europe et réduisant le coût de l’énergie.

Nous insistons sur le fait que, conformément à la procédure de l’UE, le Conseil et le Parlement disposent de quatre (à six) mois pour approuver ou rejeter l’Acte complémentaire, sans possibilité de le modifier. Son éventuel rejet porterait les germes d’un risque sérieux et double d’éclatement : l’éclatement entre nos nations avec des choix énergétiques et des intérêts économiques de plus en plus divergents ; l’éclatement social au sein de nos nations par les conséquences sociales d’une pénurie d’énergie, de la hausse incontrôlée des prix de l’énergie et de l’augmentation inacceptable de la précarité énergétique. Cela mettrait gravement en péril le secteur de l’énergie, ses travailleurs et les objectifs climatiques de l’UE.

Depuis sa naissance, notamment avec le traité Euratom (1957), l’Europe s’est rassemblée, en nombre croissant d’États, autour du besoin fondamental d’une énergie abondante et compétitive; la menace climatique ajoute désormais à cela l’urgence d’une décarbonisation rapide, efficace et économiquement et socialement durable. C’est le défi pour notre génération. La taxonomie peut réduire considérablement le coût de cette transition en diminuant les coûts d’investissement. Par conséquent, et pour toutes les raisons susmentionnées, les syndicats européens de l’énergie signataires considèrent qu’il est de la plus haute importance de faire approuver l’acte délégué complémentaire à la majorité de la Commission et du Parlement européen. Si l’on ne vote pas pour, alors s’abstenir serait la meilleure approche, afin de ne pas  faire rejeter l’Acte Délégue.

Communiqué de Presse :

Les principaux syndicats du secteur de l’énergie de 10 pays de l’UE s’adressent aux membres des commissions ECON, ENVI et ITRE du Parlement européen

Il est maintenant plus que temps de renforcer la sécurité énergétique et la neutralité carbone en approuvant le second acte délégué de la taxonomie européenne !

20  syndicats importants de salariés belges, bulgares, tchèques, finlandais, Français, hongrois, lituaniens, roumains, slovaques et slovènes du secteur de l’énergie ont adressé, une fois de plus, une lettre collective aux membres du Parlement européen des commissions ECON, ENVI et ITRE les exhortant à voter (ou du moins, à ne pas s’opposer) à l’acte délégué complémentaire de la taxonomie européenne prévoyant l’inclusion du nucléaire et du gaz.

Depuis plus d’un an, les syndicats européens ont uni leurs forces et mené diverses actions dans leurs pays et au niveau européen en faveur de l’inclusion de l’énergie nucléaire dans la taxonomie européenne sur la base de preuves technologiques et scientifiques neutres, et insistant sur le rôle clé de l’énergie nucléaire pour permettre à l’Europe d’atteindre la neutralité carbone,  dont deux lettres à la Présidence de la Commission européenne (cf. précédent Communiqué de presse, « Il est temps maintenant d’inclure l’énergie nucléaire dans un acte délégué de la taxonomie européenne », juillet 2021)

Pour les salariés des industries de l’électricité et du gaz représentées par les syndicats européens signataires de cette lettre, l’inclusion du nucléaire et du gaz dans la taxonomie européenne est d’une importance primordiale pour le défi climatique,  pour la diversification des approvisionnements énergétiques et l’accroissement de l’indépendance énergétique européenne, pour la justice sociale, pour la durabilité économique et pour l’avenir de leurs emplois dans une industrie et un service essentiels.

Depuis plus d’un an maintenant, les syndicats européens ont uni leurs forces et mené diverses actions dans leurs pays et au niveau européen en faveur de l’inclusion de l’énergie nucléaire dans la taxonomie européenne sur la base de la neutralité scientifique et technique, et en insistant sur le rôle clé de l’énergie nucléaire pour permettre à l’Europe d’atteindre la neutralité carbone,  dont deux lettres à la Présidence de la Commission européenne (cf. précédent Communiqué de presse, « Il est temps maintenant d’inclure l’énergie nucléaire dans un acte délégué de la taxonomie européenne », juillet 2021) Pour les salariés des industries de l’électricité et du gaz représentées par les syndicats européens signataires de cette lettre, l’inclusion du nucléaire et du gaz dans la taxonomie européenne est d’une importance primordiale pour le défi climatique,  pour la diversification des approvisionnements énergétiques et l’accroissement de l’indépendance énergétique européenne, pour la justice sociale, pour la durabilité économique et pour l’avenir de leurs emplois dans une industrie et un service essentiels.

En outre, la guerre en Ukraine est un signal d’alarme pour que l’Europe diversifie ses ressources énergétiques et renforce son autonomie énergétique. Nous tenons à souligner que l’acte délégué complémentaire représente le meilleur compromis possible. Considérer l’énergie nucléaire comme une énergie de transition ne peut être considéré comme approprié; toutefois, la qualification transitoire pour l’énergie nucléaire est préférable à l’absence totale de couverture par la taxonomie. A contrario, la dimension transitoire du gaz dans le CDA est appropriée étant donné que certains investissements seront nécessaires pour la diversification des ressources gazières de l’UE (et la fin de la dépendance russe).

Aucune source d’énergie capable de fournir de l’électricité de base distribuable à faible teneur en carbone ne peut être ignorée. Par conséquent, les syndicats européens de l’énergie signataires considèrent qu’il est de la plus haute importance de faire approuver l’acte délégué complémentaire au Parlement européen. Nos organisations sont engagées dans la réussite des ambitions climatiques européennes et veulent contribuer aux objectifs européens de sécurité énergétique, de relance économique, de délocalisation industrielle, d’énergie et de souveraineté industrielle, de manière socialement juste et durable pour atteindre les objectifs climatiques de l’Europe.

Ensemble, nous sommes plus forts! « Les syndicats appellent à nouveau à un dialogue avec l’objectif de l’énergie nucléaire et du gaz pour exploiter pleinement son potentiel et construire une Europe économiquement efficace et socialement juste sans carbone d’ici 2050 »

https://www.tek.fi/en/news-blogs/press-release-its-now-more-than-time-to-reinforce-the-energy-security-and-carbon-neutrality-with-an-approved-delegated-act-of-european-taxonomy

vendredi 21 janvier 2022

Taxonomie et nucléaire : on en est où ?

 Taxonomie et financement du nucléaire : le nucléaire a besoin d’argent bon marché !

Les enjeux de la taxonomie ont été un combat récurrent de l’année 2020. La Taxonomie verte est un instrument sur lequel travaille la  Commission européenne, une sorte de labellisation destinée à guider les investissements financiers vers les secteurs et les activités les plus appropriés pour atteindre les objectifs climatiques de l’Europe, la transition vers une économie bas-carbone et un modèle de développement durable.

Cf sur ce blog https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/06/nouvelles-de-la-taxonomie-juillet-2011v2.html, https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/10/taxonomie-les-pays-bas-poussent.html, https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/urgence-nucleaire-et-climatique-alerte.html, https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/04/dernieres-nouvelles-de-la-taxonomie.html,

Dans une première version (premier acte délégué), votée l’année dernière et entrée en viguer en janvier 2022 , le nucléaire était tout bonnement exclu de la taxonomie, alors qu’il est la seule source délectricité pilotable abondate et décarbonée. Cette décision imposée par l’Allemagne (le Luxembourg et l’Autriche) s’est heureusement heurtée à une forte mobilisation d’Etats membres.

En effet, pour la France, et pour d’autres pays européens ( Suède, Finlande, Tchéquie, Slovaquie, Roumanie, Hongrie,  Bulgarie, Pays-Bas, Pologne), une transition climatiquement efficace, économiquement et socialement soutenable ne peut se passer de l’énergie nucléaire ; et, comme l’utilisation de l’électricité est amenée à augmenter et à se substituer à d’autres sources, la production nucléaire d’électricité est aussi appelée à augmenter.

Que ce soit pour l’augmentation de la durée de vie des centrales existantes (considérée comme l’option la plus économique par l’AIE et l’OCDE ou pour de nouvelles centrales ( EPR, SMR, GENIV), le nucléaire a besoin de financements, et de financements bon marché. Pour l’Europe,  les centrales nucléaires existantes nécessiteront à elles seules 50 milliards € d’ici 2030 et 500 milliards d’ici 2050 pour la nouvelle génération (Thierry Breton). Par ailleurs, le coût du seul financement pour un projet comme Hinkley Point (EPR) représente les deux tiers du coût total du projet…Pour un ordre de grandeur, diminuez de 7 à 4% les taux d’intérêts, et le coût du projet  est divisé par deux

 Non seulement les Etats, mais aussi les syndicats ont fait entendre leurs voix. Ainsi les quatre fédérations syndicales représentatives des salariés du secteur français de l’énergie (CFE-CGC, CGT, FO, CFDT) ont mené une action au niveau national ( lettre au Président de la République) mais aussi au niveau européen : première lettre à la Commission du 28 janvier 2021(Lettre des syndicats du secteur européen de l’énergie, 12 syndicats de 6 pays européens) , deuxième lettre du 23 juillet 2021 (Lettre de suivi des syndicats du secteur européen de l’énergie, 18 syndicats de 10 pays européens) pour défendre l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie.

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/08/nouvelle-initiative-de-syndicats.html,

 https://twitter.com/EricSartori3/status/1420122844516823040

L’évolution en cours : de l’exclusion à une inclusion bancale

La Commission européenne a transmis en toute fin d'année 2021 un projet d'acte délégué complémentaire sur l’intégration du nucléaire et du gaz dans la taxonomie européenne. Cet acte complète le premier acte délégué, entré en vigueur en janvier 2022, et qui excluait le nucléaire.

Ce projet d’acte délégué (59 pages denses et touffues déposées le 31 décembre, quelques heures avant minuit ) doit être discuté par la plate forme des Experts et les représentants des Etats qui ont jusqu’au 21 janvier (initialement le 123 !!!) pour examiner le projet et proposer leur contribution.

Ensuite le projet sera considéré comme définitif et examiné par le Conseil et le Parlement européen durant une période de 4 à 6 mois.  A ce stade, la seule possibilité sera l’adoption ou le rejet, à la majorité simple pour le Parlement, à la majorité qualifiée pour le Conseil (20 Etats membres représentant 65% de la population. Selon la Commission, il n’y aura pas d’autres  consultations : « une analyse d’impact et une consultation publique ne sont pas nécessaires, car les activités couvertes par le plan  d’action pour le développement ont déjà fait l’objet d’une évaluation et d’une consultation détaillées »

Ce sera donc à prendre ou à laisser

La réaction officielle française a plutôt été à l’autocongratulation (« L’inclusion du nucléaire dans la taxonomie verte, un victoire diplomatique pour la France »

https://www.ladiplomatie.fr/2022/01/04/linclusion-nucleaire-taxonomie-victoire-diplomatique-france/)

Mais les opposants au nucléaire se sont aussi réjouis :

« Taxonomie : une déconvenue pour la France, un recul pour l’environnement » selon Greenpeace

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/taxonomie-une-deconvenue-pour-la-france-un-recul-pour-lenvironnement/

En réalité, il s’agit d’un compromis très politique et très peu scientifique : l’Allemagne a négocié dans la taxonomie le gaz (443 gCO2e/kWh) contre le nucléaire (6g CO2e/kWh).

Restons sur le nucléaire : Des avancées réelles

A) les points positifs

On ne peut que se réjouir de la reconnaissance du rôle du nucléaire pour atténuer le changement climatique et de son inclusion dans la taxonomie européenne, à la fois à travers divers type de réacteurs existants, troisième génération (EPR et EPR2), les futurs de quatrième génération et les SMR. Les points suivants apparaissent particulièrement significatifs

1) La Commission reconnait que l’énergie nucléaire peut apporter une contribution substantielle à la lutte contre le dérèglement climatique, et respecte le critère DNSH (Do not significatly harm) en ne provoquant pas de dommages significatifs aux objectifs environnementaux de la Taxonomie, pourvu que certains critères techniques ( TSC technical Screening criteria ) soient respectés;

2) Elément également très important :  l’enfouissement géologique profond, considéré comme très problématique lors de la préparation du premier acte délégué, est maintenant reconnu comme une solution sûre et praticable pour isoler définitivement les déchets radioactifs à longue vie de la biosphère :  « l’enfouissement géologique profond  représente , dans l’état actuel des connaissances, la solution de pointe largement acceptée par la communauté d’experts du monde entier comme l’option la plus sûre, la plus durable et techniquement disponible pour ’isoler les déchets fortement radioactifs de la biosphère sur le très long temps nécessaire »

3) Des technologies existantes appropriées  permettent de  prévenir les impacts environnementaux négatifs potentiels du nucléaire ou d’en mitiger les conséquences. La conformité aux stipulations du traité Euratom permet avec une confiance suffisante d’assurer que les éventuels impacts sur les humains et  l’environnement  restent en dessous du seuil de dommages significatifs. Donc, la Commission reconnait que le fameux critère DNSH est respecté.

4) La production d’électricité nucléaire génère des émissions de gaz à effet de serre proches de zéro et fournit une énergie de base pilotable qui facilite le déploiement des énergies renouvelables intermittentes et n’handicape pas leur développement ; que les preuves de sa contribution substantielle potentielle aux objectifs climatiques sont  convaincantes et variées. (clear and extensive). La Commission reconnait l’intérêt de l’énergie nucléaire  « pour produire de l’électricité et/ou de la chaleur industrielle, y compris à des fins de chauffage urbain ou pour des procédés industriels tels que la production d’hydrogène ».

Selon l’article 10(2)  du règlement EU 2020/852, le nucléaire  contribue substantiellement aux objectifs  climatiques et  soutient la transition vers une économie neutre pour le climat, avec une voie permettant de limiter l’augmentation de la température à 1,5 ° C au-dessus des niveaux préindustriel »

Et c’est là que commencent les problèmes sérieux car cette référence à l’article 10(2) laisse à penser que la Commission considère le nucléaire comme une « énergie de transition » sans que ce soit clairement explicité ; mais aussi comme une énergie durable, bien que non renouvelable.

B) des points de vigilance sérieux et inquiétants

1) L’acte délégué entretient une fâcheuse ambiguïté sur le classement de l’énergie nucléaire ; si elle n’est pas expressément qualifiée d’énergie de transition, elle est pourtant rattachée au paragraphe 10.2, qui définit les énergies de transition, et nombre des problèmes subséquents viennent de cette qualification.

 Le nucléaire doit être considérée comme durable et non comme une simple énergie de transition (jusqu'à quand ?, transition vers quelle autre énergie de base pilotable ?) Avec le développement de la génération IV, qui permet la fermeture du cycle du combustible, il pourrait  même être considéréecomme une énergie renouvelable…

2) L'existence de clauses de caducité : ainsi la prolongation des réacteurs doit être décidée avant 2040 et la construction de nouveaux réacteurs avant 2045 pour être cohérent avec la taxonomie.

Ces clauses semblent difficilement compatibles avec les horizons d'investissement pour les nouveaux projets nucléaires, en particulier pour la génération 4 (surgénérateurs). A terme, elles semblent même conduire à des absurdités : sur la période 2040-2045, un nouveau réacteur nucléaire serait éligible à la taxonomie, mais pas les investissements nécessaires à son exploitation comme un réacteur existant. Elles n'ont aucune justification.

3) La Commission semble exiger un droit de regard sur les critères de sélection technique, ce qui ne relève pas de sa compétence et doit rester strictement du ressort des autorités nationales de sûreté nucléaire. Nous pouvons voir à quels problèmes cela conduit lorsque la Commission impose comme critère l'utilisation de l'ATF (Accident Tolerant Fuel) qu'elle prétend être disponible alors qu'il n'existe aucune norme, aucune décision des Autorités de sûreté à ce sujet, aucun retour d’expérience, simplement la communication promotionnelle d’un  fabricant. De plus, il semble que l'ATF soit un combustible développé pour accroître la sécurité et le fonctionnement des réacteurs nucléaires anciens, et non une exigence de sécurité dans les réacteurs modernes. En tout état de cause, il appartient aux Autorités de sûreté de se positionner ;

Si cette exigence d’utilisation d’un combustible encore inexistant et dont le développement se situe à l’échelle de la dizaine d’année voire plus était maintenue, elle bloquerait le financement de tout projet nucléaire durant la période correspondante…

Au-delà le statut d’énergie de transition suppose des réexamens scientifiques et techniques tous les trois ans et un rapport détaillé tous les 5 ans. La Commission prendrait ainsi la main  sur les programmes nucléaires nationaux, avec tous les risques de blocages bureaucratiques ou politiques que cela entraine, et entrainerait  un climat de justification permanent difficilement compatible avec un développement industriel ;

4) L'échéance de 2050 pour construire un dépôt en couche géologique profonde est très problématique pour certains pays européens. Pour des pays comme la Pologne qui n'ont pas d'énergie nucléaire actuellement et qui décideraient de construire des centrales nucléaires, cela n'a tout simplement aucun sens. Il y a là au surplus un risque politique d’éclatement du front nucléaire entre les pays qui pourraient satisfaire à ce critère (France, Finlande, Suède) et les autres ;

5) Les investissements de pays de l'UE dans des projets nucléaires en dehors de l'UE doivent également être considérés comme conformes à la taxonomie, ce qui n’est pas le cas actuellement. C’est injustement handicaper le développement à l’international de nos industries nucléaires, c’est priver les pays qui le désirent d’une source d’électricité indispensable au combat contre le dérèglement climatique, sauf à les jeter dans les bras de concurrents étrangers aux très larges ambitions géopolitiques (Chine, Russie, USA) ;

6) Le cycle du combustible nucléaire devrait être inclus en tant qu'activité habilitante. De même, la production de chaleur et d'hydrogène à partir des centrales nucléaires existantes et des technologies avancées doivent être clairement couvertes par la taxonomie ;

7) L’obligation pour  les investisseurs de déclarer de manière distincte leurs investissements  nucléaires n’est pas conforme au principe de neutralité technologique- seul le nucléaire y est soumis. Cette exigence de divulgation présente un caractère discriminatoire et stigmatisant anti- nucléaire, qui est décidément la marque de cette Commission ou du poids de certains Etats dans son action.

Au-delà de son rôle dans l’orientation des investissements dans le secteur énergétique, la taxonomie  portera effet sur  l’éligibilité aux fonds européens, les conditions des aides d’Etat, les « green bonds », les plans de relance, les écolabels…

Il va donc falloir être vigilant



vendredi 8 octobre 2021

Taxonomie : les Pays-Bas poussent à l’inclusion du nucléaire…et demandent à la France d’agir

 Rôle possible du nucléaire dans le futur mix énergétique néerlandais 

En Septembre 2020, le Parlement néerlandais présentait un rapport sur « le  Rôle possible du nucléaire dans le futur mix énergétique néerlandais ». Principales conclusions :

« Le nucléaire est une énergie sûre, pilotable et à faible empreinte carbone, capable de fournir un flux continu et sécurisé d’électricité pour les générations à venir. Pendant plusieurs décennies, l’énergie nucléaire a été l’une des sources d’électricité les moins chères et  c’est bien toujours le cas pour les unités aujourd’hui  en fonctionnement. Comme le montrent de nombreuses études internationales, la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires en exploitation est  de toutes les alternative disponible celle qui  réduit les émissions de CO2 au coût le plus bas. »

«  Le cas  Chinois (EPR de Taishan) nous montrent que les problèmes de construction du nouveau nucléaire peuvent être résolus, ce qui permet réduire considérablement, voire de supprimer  les dépassements de temps et de coûts…Si un pays comme les Pays-Bas choisit une usine d’un nouveau prototype auprès d’un fournisseur expérimenté, on peut maintenant s’attendre à ce que les risques de retards majeurs dans la construction et de dépassements de coûts soient limités. »

« On peut s’attendre à ce que le LCOE pour une centrale nucléaire de type EPR  aux Pays-Bas (en 2040) soit de 72 €/MWh. Cette LCOE est 40 % plus élevée que la LCOE pour l’éolien off-shore, par exemple, mais il est imporant de considérer que, dans ce chiffre, les coûts système ne sont pas pris en considération. Étant donné que l’énergie nucléaire est une source d’électricité pilotable et que l’énergie éolienne et solaire ne le sont pas, les coûts du système pour l’énergie nucléaire sont inférieurs à ceux des deux autres. Grâce à cette correction des coûts du système, la LCOE* (LCOE tenant compte des coûts systèmes) pour les nouveaux nucléaires est de 74 €/MWh (gamme d’incertitude 56111 €/MWh) par rapport à l’éolien offshore 85€/MWh (gamme d’incertitude 64128 €/MWh).

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/11/role-possible-du-nucleaire-dans-le.html

La motion Erkens : travailler avec la France pour obtenir l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie

Le 10 juin 2021, Le Parlement néerlandais votait la motion Erkens :

« La Chambre, après avoir entendu les délibérations, considérant que la taxonomie de l’UE est neutre sur le plan technologique et devrait être déterminée sur la base de faits scientifiques; que l’énergie nucléaire est une source d’énergie à faible intensité de carbone; que le Centre commun de recherche, dans son rapport du début de cette année, indique que les effets de l’énergie nucléaire sont largement comparables à ceux de l’hydroélectricité et des sources d’énergie renouvelables, et que nous disposons donc d’une évaluation concluant à l’ajout de l’énergie nucléaire à la taxonomie de l’Union; appelle le cabinet à travailler en Europe avec la France et d’autres États membres qui se sont engagés dans l’énergie nucléaire pour faire de l’énergie nucléaire une partie de la taxonomie, et passe à l’ordre du jour »

Remarque Silvio Erkens est député au Parlement néerlandais depuis 2021 et membre du VVD (conservateur-libéral))

La position du ministère : profiter du report de deux mois de la taxonomie pour obtenir l’inclusion du nucléaire

Le 1er octobre 2021, le Secrétaire d’Etat aux  affaires économiques et au climat a répondu à la motion Erkens

« Votre motion appelle le cabinet à travailler en Europe, avec la France et d’autres États membres engagés dans l’énergie nucléaire, pour que l’énergie nucléaire fasse partie de la taxonomie. Conformément à cette  proposition, j’ai cherché à m’associer aux efforts de plusieurs États membres, dont la France. J’ai également indiqué dans votre Assemblée avant l’été que, comme votre commission, je soutiens le processus scientifique approfondi que suit la Commission européenne. C’est pourquoi, en  coopération avec la France et d’autres  États membres, nous mettrons en œuvre à la fois la proposition Erkens et soutiendrons le suivi du processus scientifique. J’informerai  votre Assemblée de l’évolution de la taxonomie de l’énergie nucléaire dès que la Commission européenne aura donné une réponse définitive.   Cela est prévu à l’automne.  Vous trouverez ci-dessous une explication plus détaillée du processus suivi par la Commission pour le rôle de l’énergie nucléaire dans la taxonomie….

La Commission européenne a déjà indiqué qu’elle  inclurait l’énergie nucléaire dans la taxonomie comme favorisant l’atténuation du changement climatique si le processus scientifique aboutissait à un résultat positif. Fin mars, le rapport d’expertise du CCR (Centre commun de recherche),qui portait une opinion positive de l’énergie nucléaire par rapport à la taxonomie, a été soumis par la Commission européenne à deux groupes d’experts pour évaluation.   Début   juillet, un groupe d’experts (groupe d’experts au titre de l’article 31 du traité Euratom) a donné un bilan positif, tandis que l’autre groupe d’experts (SCHEER - Comité scientifique de la santé, de l’environnement et des risques émergents)   a indiqué qu’à son avis, un complément au rapport était nécessaire dans certains domaines. »

NB : . Le SHEER ne met pas en cause la conclusion du  JRC selon laquelle il n’existe « aucune preuve scientifique que l’énergie nucléaire nuit davantage à la santé humaine ou à l’environnement que les autres technologies de production d’électricité déjà incluses dans la taxonomie » mais fait un distinguo avec le critère DNSH considéré dans l’absolu : ne pas causer de dommage important ». Casuistique assez étrange,

Pour une discussion cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/07/taxonomie-de-la-finance-durable-rapport.html

 « La Commission européenne a également indiqué qu’elle souhaitait prendre une décision sur la taxonomie concernant l’atténuation du changement climatique après l’été. Une majorité d’États membres ont veillé à ce que l’entrée en vigueur de la taxonomie telle qu’elle était en place jusqu’à présent soit reportée d’au moins 2 mois. C’est principalement parce que ces États membres veulent aborder les points en suspens (et plus politiques) de la taxonomie, tels que l’énergie nucléaire, le gaz naturel, la foresterie et l’agriculture, en même temps que les autres sujets de la taxonomie sur l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à celui-ci. »

« Comme votre ministre,le cabinet est favorable à une taxonomie neutre sur le plan technologique, dans laquelle les activités économiques sont évaluées sur la base de critères scientifiques. En raison de l’importance d’une introduction rapide de la taxonomie, les Pays-Bas n’étaient pas favorables au report de la taxonomie…  Maintenant que ce report est acté, il offre à la Commission Européenne et aux experts concernés la possibilité de parvenir à un avis équilibré sur l’énergie nucléaire. Le contenu du rapport scientifique du CCR et l’avis des groupes d’experts indiquent que l’énergie nucléaire doit être incluse dans la taxonomie. J’inviterai donc la Commission européenne à publier dès que possible une version de la taxonomie incluant le nucléaire. « 

La lettre peut être trouvée sur le site de We Care

https://www.wecareeu.org/uploads/1/2/4/7/124770859/lid_erkens_c.s._over_kernenergie_onderdeel_van_de_taxonomie_laten_zijn_kamerstuk_21501-33-864.pdf

NB :En cas de non inclusion du nucléaire dans la taxonomie européenne, les Pays-Bas envisageraient...de définir leur propre taxonomie verte, cf. blog sur la rapport KPMG (voir ci après)

lundi 2 août 2021

Nouvelle initiative de syndicats européens pour l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie

Pour les épisodes précédents

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/06/nouvelles-de-la-taxonomie-juillet-2011v2.html

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/urgence-nucleaire-et-climatique-alerte.html ;

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/04/dernieres-nouvelles-de-la-taxonomie.html

Nouvelle initiative conjointe (lettre à la Commission Européenne) cette fois de 18 syndicats européens de l'énergie représentant 10 pays de l'UE pour que la taxonomie européenne inclue le nucléaire à l'égal des autres sources d'électricité décarbonées.

 https://twitter.com/cfecgcenergies/status/1420012389999710217

https://twitter.com/EricSartori3/status/1420122844516823040

Et plus précisément pour qu'un acte délégué soit publié à la fin de l'été comme s'y était engagée la Commission.

Ont signé des syndicats de : France, Belgique, Finlande, Suède, Slovénie, Slovaquie, Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Tchéquie..

Cette seconde initiative fait suite... à une initiative précédente de 11 syndicats et 6 pays réclamant l'inclusion du nucléaire dans la taxonomie

 Pour la France ont signé @cfecgcenergies et métallurgie, @FNMECGT mines énergie , métallurgie @FCE_CFDT énergie et métallurgie, FO énergie, mines et métallurgie

Merci à eux, ils défendent l'intérêt général et une transition énergétique scientifiquement fondée, climatiquement et économiquement efficace et socialement supportable

Donc, dans un courrier adressé à @vonderleyen , les fédérations énergie et celles de la métallurgie de la CFE-CGC, de la CGT, de FO , de la CFDT énergie et métallurgie   se sont associées aux syndicats de 10 pays européens pour demander une simple chose :

L'inclusion du nucléaire dans la taxonomie verte, afin de ne pas priver l'Europe d'un atout majeur dans l'atteinte de l'objectif de la neutralité carbone en 2050, qui est au cœur du Green Deal et du paquet Fit for 55.

La taxonomie conditionnera l'accès aux financements et aux investissements pour de nombreuses années. Comme le nucléaire est une énergie sûre, stable, pilotable et bas carbone, la taxonomie, en respectant la neutralité technologique, doit l'inclure. La commission doit ainsi suivre l'avis du Joint Research Committee qu'elle a mandaté et qui a été confirmé par les experts du groupe Euratom. Avis qui précise que l'énergie nucléaire ne fait plus de dégâts que les autres moyens déjà inclus dans la taxonomie verte.

Les fédérations rappellent en outre que les définitions des mix énergétique relèvent des compétences exclusives de Etats membres, qui ont chacun un contexte historique, géographique et industriel différent. Et c'est en fonction de ces données que les Etats membres doivent pouvoir déterminer leur palette d'outils bas carbone adaptée à leur contexte et faire leurs choix technologique.

Ce n'est qu'en facilitant la neutralité technologique que l'on respectera la souveraineté des Etats, mais également le traité Euratom qui prévoit que « la Communauté Européenne… doit faciliter les investissements… nécessaires au développement de l’énergie nucléaire »

C'est en faisant de la neutralité technologique bas carbone la colonne vertébrale de la taxonomie que celle-ci sera efficace. La commission doit rapidement y inclure le nucléaire  via un acte délégué synchrone avec celui des autres énergies.

 Lien vers le communiqué de presse français

https://cfe-energies.com/linclusion-du-nucleaire-dans-la-taxonomie-europeenne/

 « La taxonomie conditionnera en effet l’accès aux financements et donc les investissements pour de nombreuses années. Puisque le nucléaire est une énergie stable, pilotable et bas carbone, considérée comme centrale par le GIEC pour limiter le réchauffement climatique et comme essentielle à la stabilité des systèmes électriques par de nombreux experts, la taxonomie européenne doit impérativement respecter la neutralité technologique et le consensus scientifique. La Commission doit ainsi suivre l’avis du Joint Research Center (JRC) qu’elle a mandaté, confirmé par le groupe d’experts du groupe Euratom et dont les analyses n’ont révélé aucune preuve scientifique que l’énergie nucléaire nuit davantage à la santé humaine et à l’environnement que les autres technologies de production de l’électricité déjà incluses dans la taxonomie, le JRC se déclarant alors favorable à son inclusion dans la taxonomie. »

Links to European communication

Unions repeat call for nuclear's inclusion in EU taxonomy :18 trade unions in the energy sector from 10 European Union want fair treatment based on scientific evidence for nuclear

https://world-nuclear-news.org/Articles/Unions-repeat-call-for-nuclear-s-inclusion-in-EU-t

 English press release

https://www.dropbox.com/s/tohp6d5tiyb3977/Press%20Release%20Follow%20up%20letter%20fom%20trade%20unions%20nuclear%20inclusion%20in%20taxonomy%20-%20270721.pdf?dl=04

 https://twitter.com/EricSartori3/status/1421143404575170572

 

"It’s time now to include nuclear energy in a delegated act of the European taxonomy

Major trade unions of Belgian, Bulgarian, Czech, Finnish, French, Hungarian, Romanian, Swedish, Slovakian and Slovenian employees in the energy sector have sent a new collective letter to Mrs Von der Leyen, President of the European Commission, to urge the Commission to include nuclear energy in a fair and efficient way by a quasi-simultaneous promulgation of the delegated taxonomy acts.

 This second letter is a follow-up of a first initiative dated 28 January 2021 from 11 energy trade unions of six European countries asking for the inclusion of nuclear power in the European taxonomy on the basis of neutral technology and science based evidences, and insisting on the key role of nuclear energy in enabling Europe to achieve its carbon neutrality. New countries have now joined this second initiative asking for the respect of a fair treatment of various energy sectors and their employees. Since this first letter, the European Commission’s Joint Research Center has concluded that nuclear should be included in the taxonomy and two other expert groups have agreed that the existing European legal framework provides adequate protection in terms of public health and environment in the EU”

Thanks to them, they defend the general interest and a scientifically based energy transition, climatically and economically efficient and socially sustainable


lundi 5 juillet 2021

Taxonomie de la finance durable: Rapport des experts Euratom et du SHEER

Après l’expertise du JRC (Joint Research Committe de la Commission) sur les déchets et le caractère durable du nucléaire et favorable à l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie,  les deux autres comités d’experts requis par la Commission  ont publié leur avis.

Pour les éléments de contexte

Cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/06/nouvelles-de-la-taxonomie-juillet-2011v2.html

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/04/dernieres-nouvelles-de-la-taxonomie.html

Rapport du JRC

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/04/taxonomie-europeenne-rapport-du-joint.html

Avis général : Communiqué de Foratom :

Alors que les experts de l’article 31 du traité Euratom confirment, dans l’ensemble, les conclusions du Centre commun de recherche (CCR, JRC), le comité scientifique de l’environnement sanitaire et des risques émergents (SHEER) a soulevé quelques questions. « Le groupe de l’article 31 étant composé d’experts indépendants en radioprotection et en santé publique, nous trouvons leurs conclusions très rassurantes », déclare Yves Desbazeille, directeur général du FORATOM. « Par exemple, selon eux, le cadre juridique européen existant offre une protection adéquate en termes de santé publique et d’environnement dans l’UE. Pour les activités en dehors de l’Europe, ils constatent que les normes internationales offrent un niveau de protection comparable. 

En outre, les experts confirment le point de vue du CCR (JRC) selon lequel les dépôts en formations géologiques profondes constituent une solution appropriée et sûre pour la gestion des déchets de haute activité, notant que la technologie est déjà disponible aujourd’hui. L’avis du CSRSEE (SHEER) est généralement en accord avec celles du JRC en ce qui concerne les impacts non radiologiques du nucléaire et le fait qu’il ne représente pas un  dommage inévitable ou irréparable « (unadvertable) » pour la santé humaine et l’environnement, bien qu’il note que certaines informations peuvent manquer.

 Le CSRSEE (SHEER) a soulevé la question de savoir si l’évaluation du nucléaire sur la base des critères existants dans le cadre de la taxonomie est suffisante pour démontrer qu’il ne cause pas de dommage significatif' » ajoute M. Desbazeille « Sans entrer dans les détails de cette requête, il est important de garder à l’esprit que le règlement de la  taxonomie appelle au maintien de la neutralité technologique. À ce titre, le CCR a évalué le nucléaire conformément aux critères taxonomique.  Si une évaluation plus approfondie est nécessaire, elle devrait s’appliquer à toutes les technologies relevant de la taxonomie, et pas seulement au nucléaire ».

 On notera également que  le SHEER commence par ne pas s’avouer très compétent sur les risques nucléaires, ce qui, après tout, pourrait conduire à s’arrêter là, et qu’il reconnait que le nucléaire remplit les critères d’inclusion dans la taxonomie.

 En ce qui concerne les informations ou études manquantes, on peut suggérer au SHEER de se rapprocher de  l’UNSCEAR (Comité scientifique des Nations unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants), l’équivalent en quelque sorte du GIEC pour l’étude des radiations ionisantes, établi depuis 1955. Et rappeler que la toxicité des rayonnements est un phénomène simple et bien connu depuis plus de 100 ans ( si on en savait autant sur la toxicité de la plupart des composés chimiques !)

 De façon plus précise

 Rapport des experts Euratom    (Article 31) : principales conclusions

https://ec.europa.eu/info/sites/default/files/business_economy_euro/banking_and_finance/documents/210630-nuclear-energy-jrc-review-article-31-report_en.pdf

 - Le cadre juridique européen prévoit un système adéquat de protection des travailleurs, des citoyens et de l’environnement, ainsi que pour la gestion de tout risque de manière à ce que le risque résiduel reste acceptable…

 -Les dispositions de la législation Euratom relatives à la protection des êtres humains contre les effets nocifs des rayonnements ionisants sont conformes aux recommandations et normes internationales pertinentes telles que celles de la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) et de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Le respect des dispositions de la législation Euratom, qui exigent également un contrôle réglementaire approprié pour assurer la mise en œuvre des exigences, donne une assurance suffisante que l’impact de la fin du cycle du combustible nucléaire sur l’homme reste acceptable.

 - Le groupe d’experts au titre de l’article 31 souscrit à la conclusion du rapport du JRC  selon laquelle les dépôts géologiques en profondeur (DGP) sont considérés, dans l’état actuel des connaissances, comme des moyens appropriés et sûrs d’isoler le combustible usé et les autres déchets de haute activité de la biosphère à très longue échelle et que les technologies nécessaires sont maintenant disponibles.

 - Le système actuel de radioprotection et les exigences en matière de sûreté nucléaire et de sûreté des déchets, tels qu’adoptés dans la législation Euratom pertinente, sont le résultat de décennies de coopération internationale continue en vue d’établir des critères et des mécanismes appropriés pour gérer de manière appropriée les incertitudes et les risques connexes. Les principes de base de la radioprotection, les principes généraux de sûreté nucléaire et de sûreté des déchets, tels qu’établis et spécifiés par des exigences plus détaillées de la législation Euratom pertinente, gèrent les incertitudes et les risques connexes d’une manière compatible avec le principe de précaution…

 - Les conclusions du rapport du  JRC sont fondées sur des résultats bien établis de la recherche scientifique, examinés en détail par des organisations et des comités internationalement reconnus…

 - Le rapport du JRC démontre que le taux de mortalité causé par des accidents graves est pour l’énergie nucléaire comparable, et pour les centrales nucléaires de génération III inférieur, à celui de toute autre technologie de production d’électricité et que les conséquences maximales d’un seul événement sont plutôt élevées mais toujours comparables à celles de certaines autres technologies de production d’électricité

 -Le groupe d’experts de l’article 31 note qu’en dehors du taux de mortalité et des conséquences maximales, l’évaluation d’autres impacts directs et indirects d’accidents très graves et rares n’entre pas dans le champ d’application du rapport du JRC, car ces impacts n’ont pas été évalués pour les activités économiques relevant du règlement taxonomique de l’UE. Le groupe d’experts de l’article 31 partage l’avis du rapport du JRC selon lequel de tels impacts pourraient être plus difficiles à évaluer, mais peuvent être importants pour comprendre les implications plus larges d’un accident sur la santé.

 A noter que la guerre est bel et bien déclarée puisque l’experte allemande (Claudia Engelhardt) a tenu à faire part d’un avis dissident. Celui-ci porte notamment sur le risque résiduel et les  conséquences autres que les pertes humaines d’un accident nucléaire.

 Avis dissident : Ceci dit le rapport a été voté par 28 voix pour, une contre et 3 abstentions !

 - le cadre juridique européen fournit un cadre adéquat pour la protection des travailleurs, des citoyens et de l’environnement. Néanmoins, il y aura toujours un risque résiduel qui ne pourra jamais être exclu. L’objectif du cadre juridique et de sa mise en œuvre est de gérer les risques de manière à garantir que le risque résiduel est aussi faible que possible. La décision de savoir si le risque restant est acceptable ou non est une décision souveraine de chaque État membre de l’UE. L’acceptation du risque résiduel ne signifie pas que la technologie correspondante peut être classée comme durable.

 -Les accidents graves ne jouent qu’un rôle mineur dans le rapport du JRC. Outre le nombre de décès, les autres impacts directs et indirects d’accidents graves ne sont pas évalués par le CCR. Toutefois, les accidents graves qui se sont produits ont montré que les conséquences radiologiques potentielles, par exemple de vastes zones contaminées, l’évacuation et la réinstallation à long terme de membres du public, les restrictions sur l’approvisionnement en nourriture et en eau potable, les restrictions à l’utilisation des terres pour l’agriculture et le logement, ainsi que les conséquences non radiologiques, par exemple les conséquences psychologiques, sociétales ou économiques néfastes, ont des effets néfastes sur les êtres humains et l’environnement pendant des décennies, voire des siècles. Ces conséquences affectent le pays hôte, mais aussi les pays voisins. Dans ce contexte, l’énergie nucléaire ne satisfait clairement pas au critère de l’absence de dommage significatif (DNSH) et la réponse à la question de savoir si l’énergie nucléaire est écologiquement durable est très clairement non.

 Bon, ben on rappelle ça

- Selon les connaissances actuelles, les dépôts géologiques en profondeur sont considérés comme appropriés et sûrs pour le dépôt de déchets hautement radioactifs pendant de très longues périodes. Cependant, les grandes périodes nécessaires laissent place à des incertitudes. Outre le manque d’expérience pratique, il existe des incertitudes, entre autres, en ce qui concerne les changements climatiques futurs, les développements sociétaux futurs (p. ex. intrusion humaine), le comportement social ainsi que la rétention à long terme de l’information et des connaissances….

Rapport des experts du SHEER (Scientific Committee on Health, Environmental and Emerging Risks). Principales conclusions

https://ec.europa.eu/info/sites/default/files/business_economy_euro/banking_and_finance/documents/210629-nuclear-energy-jrc-review-scheer-report_en.pdf

- Le SHEER  est d’avis que les conclusions et les recommandations du rapport du JRC concernant les impacts non radiologiques sont dans l’ensemble exhaustives. Toutefois, le SHEER  est d’avis qu’il y a plusieurs constatations pour lesquelles le rapport est incomplet et doit être amélioré par d’autres preuves. En ce qui concerne les critères de la DNSH, dans de nombreux cas, les résultats (comparant les centrales nucléaires à d’autres technologies de production d’énergie déjà en taxonomie) sont exprimés comme étant moins nocifs qu’au moins une des technologies de comparaison, ce qui, de l’avis du SHEER, est différent de « ne pas causer de dommage important ». Le SHEER est d’avis que l’approche comparative n’est pas suffisante pour garantir « l’absence de dommage important ».

Commentaire : un peu de mal à suivre cette casuistique. Le SHEER ne met pas en cause la conclusion du  JRC selon laquelle ses analyses n’ont révélé » aucune preuve scientifique que l’énergie nucléaire nuit davantage à la santé humaine ou à l’environnement que les autres technologies de production d’électricité déjà incluses dans la taxonomie » mais fait un distinguo avec le critère DNSH considéré dans l’absolu. Or comme l’a souligné Foratom, l’évaluation dot être technologiquement neutre et s’appliquer de la même manière à toutes les technologies

- Le rapport du JRC conclut que les activités d’exploitation des centrales nucléaires ne représentent pas des dommages irréfutables pour la santé humaine ou l’environnement, à condition que les activités industrielles associées satisfassent aux critères d’examen technique appropriés [[règlement (UE) 2020/8521 (ci-après le « règlement taxonomique »).) Le SHEER  est largement d’accord avec ces énoncés, mais est d’avis que la dépendance à l’égard d’un cadre réglementaire opérationnel n’est pas suffisante en soi pour atténuer ces impacts, par exemple dans l’exploitation minière et la concentration où le fardeau des impacts se fait sentir en dehors de l’Europe.

Commentaire : là encore, l’évaluation doit être technologiquement neutre. Disons pour le moins que le problème n’est pas spécifique au nucléaire. Alors si l’on veut comparer les conditions de travail et de sécurité  dans les mines d’uranium généralement contrôlées par des opérateurs internationaux responsables  et celle de l’extraction de métaux rares, ou même pas rares comme le cobalt, nécessaires aux ENR…allons-y…

- En ce qui concerne l’impact des rayonnements sur l’environnement, le concept exprimé est que « les normes de contrôle environnemental nécessaires pour protéger le grand public sont susceptibles d’être suffisantes pour garantir que d’autres espèces ne sont pas mises en péril ». Le SHEER est d’avis que cet énoncé est simpliste et ne permet pas d’estimer les risques potentiels pour l’environnement, sans une évaluation de l’exposition potentielle des différentes composantes des écosystèmes. En particulier, en ce qui concerne la protection de l’eau et des ressources marines ainsi que la biodiversité, l’idée que la pollution thermique de l’eau de mer est moins problématique en raison du « mélange pratiquement infini » n’est pas partagée par le CSRSEE, car les problèmes potentiels dans les zones côtières peu profondes et les écosystèmes vulnérables (par exemple les récifs coralliens) sont négligés..

Commentaire : Etrange :  l’échauffement des eaux rejetées par les centrales nucléaires est contrôlé et très règlementé. On a du mal à considérer qu’il pourrait affecter les coraux…En revanche, le réchauffement climatique, que le nucléaire permet de combattre efficacement, oui…

Par contre l’étude des effets climatiques des grands parcs éoliens on shore et off shore n’en est qu’à ses débuts, mais ceux-ci sont inquiétants. Le principe de précaution s’impose..cf https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/06/ils-nous-volerent-les-paysages-et-ils.html

Autres remarques : sur la question critique pour le TEG (Technical Expert Group) des déchets et de l’enfouissement, le SHEER reconnait : « Le SHEER n’est pas en mesure de répondre à cette question précise concernant la gestion ou le stockage des déchets »