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jeudi 9 novembre 2023

Corruption "verte" en Europe : démission du Premier Ministre Portugais

 Démission surprise du Premier Ministre portugais Antonio Costa. Le chef de cabinet du Premier ministre, Vítor Escária, et l'homme d'affaires Diogo Lacerda Machado, un ami proche de M. Costa ont tous les deux été placés en détention. Outre ces arrestations, le ministre de l'Environnement, Duarte Cordeiro, et le ministre des Infrastructures, João Galamba, ainsi que l'ancien ministre de l'Environnement, João Pedro Matos Fernandes, seront considérés comme des suspects dans le cadre de l'enquête.

L'enquête porte notamment sur un projet d'hydrogène vert dans le port de Sines et  le traitement de faveur dont auraient bénéficié les entreprises EDP, Galp,REN et Engie Ce projet , qui  vise à produire de l'hydrogène vert par électrolyse de l'eau au Portugal, avant de l'acheminer par voie maritime jusqu'à Rotterdam (Pays-Bas).est  considéré  comme un projet important d'intérêt européen commun (PIIEC), bénéficiant donc de fonds importants de l'UE.

De tels projets hydrogène vert techniquement et économiquement absurdes ne peuvent voir le jour et prospérer que sous le régime de la subvention à tout va et de la corruption. 

Toute ressemblance avec les mirifiques projets d'hydrogène vert à base d'éolien marin pour Lorient constitue... un avertissement utile

article complet : https://www.euractiv.fr/section/politique/news/portugal-la-demission-du-premier-mi



nistre-antonio-costa-pourrait-conduire-a-de-nouvelles-elections/

#PIEBÎEM

https://piebiem.webnode.fr/fil-dactualite/


mardi 15 août 2023

Les plans fous que l’Allemagne veut imposer à l’Europe pour l’hydrogène !

 1) l’Allemagne manipule l’Europe avec son plan hydrogène

Remarquable article de Michel Gay : https://www.contrepoints.org/2023/08/09/461428-lallemagne-manipule-leurope-avec-son-plan-hydrogene

Extraits : L’Allemagne annonce la construction de presque 24 gigawatts (GW) de centrales « à hydrogène » qu’elle veut faire subventionner par l’Union européenne.

Après avoir supprimé environ 20 gigawatts (GW) de nucléaire bas carbone (17 réacteurs), l’Allemagne comptait sur les énergies renouvelables intermittentes (EnRI) pour les remplacer. Mais les productions fatales de ces dernières étant insuffisantes, ce pays a conservé son parc pilotable au gaz et au charbon qui reste indispensable en soutien 

« Pour masquer l’échec de sa transition énergétique (Energiewende) et obtenir en plus des subventions de l’Union européenne, l’Allemagne a donc imaginé ce projet ubuesque de 24 GW de centrales électriques, dites « à hydrogène ».

En réalité, ce sont des centrales à gaz capables de brûler aussi de l’hydrogène, mais qui doivent être subventionnées, car leur fonctionnement intermittent en complément des productions elles-mêmes intermittentes des EnRI, va limiter leur rentabilité. »

NB : là-dessus, ne pas hésiter à aller sur le compte parodique RACG @charbongaz   (il faut bien préciser parodique parce qu’ils ont eu des problèmes) qui traite très bien de cette problématique

 

« Dans cet objectif, l’Allemagne prévoit, dès 2024, de  lancer des appels d’offres pour près de 9 GW de nouvelles centrales à gaz censées fonctionner dès le départ à l’hydrogène. »

Et quand bien même ces centrales hydrogen ready fonctionneraient à l’hydrogène, la question à plusieurs milliards reste :

« Et d’où viendrait l’hydrogène consommé dans ces centrales « à gaz » ?

Selon l’Allemagne, l’électricité requise serait majoritairement produite par des éoliennes en mer…

McKinsey estime à 30 GW au moins le manque de moyens pilotables en Allemagne à l’horizon de 2030. Ce cabinet d’experts doute que les conditions pour la construction des nouvelles centrales soient remplies en temps voulu. Notamment, la bascule vers un hydrogène « vert » à un prix raisonnable reste incertaine, voire illusoire.

 

La capacité nationale de production d’énergies éolienne et solaire (estimée à environ 100 TWh en 2030) ne suffira pas à couvrir le besoin d’électricité pour la production d’hydrogène dont les importations seront indispensables, comme les importations de gaz méthane aujourd’hui.


Ben c’est pas grave et c’est là que c’est rusé ; parce qu’en attendant Godot  hydrogène vert, ces centrales hydrogène ready pourront très bien fonctionner… et même se rentabiliser  au gaz classique…tout en étant financée au nom de la transition écologique et par des crédits verts. Rusé !

D’où le titre de l’article de Michel Gay : « l’Allemagne manipule l’Europe avec son plan hydrogène » : 

« Si les subventions pour ces centrales à gaz « dites à hydrogène » sont attribuées par l’Europe, il s’agira de la deuxième arnaque du siècle réussie par l’Allemagne, après avoir fait croire que les énergies éolienne et solaire pouvaient assurer son avenir énergétique !

Pendant ce temps, la France bataille pour que l’Union européenne l’aide financièrement à prolonger ses centrales nucléaires (émettant moins de carbone (4 g CO2/kWh) que l’éolien ou le solaire), et à en construire de nouvelles. »

 

Pas mieux !

 

Quasi-simultanément, Jean-Marc Jancovici publie un post linked dans lequel il critique un rapport de Deloitte, très proche de la vision allemande :  L’hydrogène vert : un accélérateur de transition vers la neutralité carbone Analyse mondiale du marché de l’hydrogène vert à horizon 2050.

 

2) Le rapport de Deloitte : L’hydrogène vert : Analyse mondiale du marché de l’hydrogène vert à horizon 2050

 

Extraits

 

« La demande européenne en hydrogène décarboné pourrait atteindre jusque 95 millions de tonnes en 2050. A cet horizon, l’Europe serait le quatrième marché régional de l’hydrogène en valeur, générant presque 200 milliards de dollar de revenus par an. »

 

« L’Europe pourra s’appuyer sur ses propres ressources pour produire des volumes conséquents d’hydrogène décarboné, en particulier pour les usages en hydrogène pur, plus difficile à transporter sur de longues distances. Deloitte estime que la production européenne pourrait atteindre 55 millions de tonnes par an d’ici à 2050. Du fait de ses caractéristiques géographiques, il lui sera cependant difficile de satisfaire l’intégralité de sa demande à un coût abordable. L’Europe pourrait ainsi s’appuyer sur des partenaires nord-africains, du Moyen-Orient, d’Afrique sub-saharienne, ou nord-américains pour fournir jusqu’à 40 % de sa demande globale. »

 

« D'ici à 2050, les principaux exportateurs devraient être l'Afrique du Nord (110 milliards de dollars par an), l'Amérique du Nord (63 milliards de dollars), l'Australie (39 milliards de dollars) et le Moyen-Orient (20 milliards de dollars). »



https://www2.deloitte.com/fr/fr/pages/sustainability-services/articles/hydrogene-vert-accelerateur-de-transition-vers-neutralite-carbone.html

 

3) La réponse de Jancovici : il manque le principal : faire quelques règles de trois


https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7095161561777848320/

 

Extraits : « Deloitte publie un rapport sur "l'hydrogène vert, qui est repris par Les Echos avec un titre très emphatique. Exit le pétrole, voici l'hydrogène vert !... »

 

« Le travail de Deloitte évoque une production de 600 millions de tonnes d'H2 vert en 2050. Le contenu énergétique de l'hydrogène est de 33 kWh par kg. 600 millions de tonnes d'H2 ont donc un contenu énergétique de 20.000 TWh (1 TWh = 1.000.000.000 kWh). C'est le contenu énergétique de 40% de la production mondiale actuelle de pétrole, ou 50% de celle de gaz. Là ca semble déjà plus impressionnant ! »

 

Le rendement de l'électrolyse est d'environ 70%. Pour produire ces 600 millions de tonnes d'H2 il faut donc environ 28.000 TWh d'électricité, soit... la totalité de la production électrique mondiale actuelle, ou environ 3,5 fois la production ENR actuelle en incluant l'hydro (et bien évidemment si on prend cette électricité pour faire de l'hydrogène, elle n'est plus disponible pour ses usages actuels). »

 

« Parlons argent : le rapport évoque un marché de 280 milliards de dollars pour les exportateurs de cet hydrogène vert. Au vu du contenu énergétique évoqué ci-dessus… ca semble peu. Accessoirement se risquer à évoquer un prix à la tonne dans 27 ans me paraît un poil osé…


Si l'on se limite à parler coût de revient, il faut alors "prévoir" le coût futur des dispositifs solaires et éoliens qui seront mobilisés. Or, les coûts actuels de production de ces dispositifs sont obtenus dans un monde où l'industrie est extraordinairement productive grâce aux combustibles et les transports très faciles grâce au pétrole.

Que restera-t-il de cette "productivité" dans un monde dépourvu de combustibles fossiles, ce qui est l'hypothèse implicite légitimant de produire de l'hydrogène “vert” ? »

 

« Autre question : pourquoi les pays d'Afrique du Nord ou d'Amérique du Sud affecteraient en priorité leurs ENR à fournir en H2 des européens ou des asiatiques ne souhaitant pas devenir sobres, plutôt qu'à leur propre décarbonation ? » (cf ci -après l'écocolonialisme)

 

« Deloitte évoque 3 points de vigilance pour les pouvoirs publics. Il me semble qu'il manque le principal : faire quelques règles de trois et se poser quelques questions avant de prendre nos paris ! La production électrique a certes un peu plus que doublé sur les 27 dernières années. Mais.... cela s'est surtout fait avec du charbon et du gaz ! »

 

Sur ce point de l’hydrogène et de sa bulle éventuelle, un auteur est particulièrement intéressant à suivre : Samuele Furfari

, cf. par exemple

 

4)S. Furfari :  Hydrogène vert, un siècle et toujours du vent. L’écocolonialisme.

 

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/hydrogene-vert-un-siecle-et-toujours-du-vent-950641.html

https://www.science-climat-energie.be/2021/11/07/lecocolonialisme-au-pays-du-surrealisme/

 

Extraits

 

« Les sympathiques idées de John Haldane le sont toujours après un siècle, de sorte que l'hydrogène restera toujours l'énergie du futur. L'hydrogène est indispensable à la vie d'une société moderne. Il n'est pas du tout nécessaire pour la politique énergétique. Il restera l'éternelle utopie. » ( JBS Haldane, généticien et biologiste britannique qui s’est risqué en 1923 dans un discours à Cambridge à prédire une socitété basée sur l’hydrogène renouvelable) »

  

« Parler de l’hydrogène est la dernière trouvaille des politiques pour faire croire qu’ils maîtrisent la technique en promouvant un produit propre « dont la combustion ne produit que de l’eau » suivant le slogan d’un constructeur automobile ; cette référence est particulièrement déplacée, dans la mesure où le rendement énergétique d’une voiture électrique à batterie est trois fois supérieur à celui d’une voiture à hydrogène. »

 

«  On aimerait connaître le prix de l’hydrogène produit en Namibie ; dans plusieurs publications récentes, avec mon collègue italien Alessandro Clerici, nous montrons dans un article publié par Science-climat-énergie que la production d’hydrogène dit vert est une aberration économique, car le coût de production est exorbitant. Même à partir de solaire dans les Émirats arabes unis le coût de production en 2030 serait de 2 €/kg avec un très haut rendement d’électrolyse de 69 %, un discounted rate de 8 % et un CAPEX de 450 €/kW. »

 

On aimerait savoir quel est le coût de l’hydrogène rendu au port d’Anvers, le pôle pétrochimique qui a bien besoin de cette molécule noble. …transporter de l’hydrogène ce n’est pas comme transporter du gaz naturel. C’est bien plus compliqué à cause de la nature chimique de la molécule.

 

Cette question du transport de l’hydrogène en mer a déjà été étudiée sur toutes ses facettes par les fonctionnaires européens dans les recherches mentionnées ci-dessus. Par exemple, afin d’importer dans l’UE de l’hydrogène qui aurait dû être produit par l’abondante hydroélectricité du Québec, un protocole d’accord entre le ministère des Ressources naturelles de la province canadienne et la Commission européenne a été signé en 1988. Les calculs ont montré que les solutions envisagées étaient impraticables : 54 % de perte d’énergie à cause de la transformation chimique du toluène en méthylcyclohexane dans le sens Canada UE, et inversement. De plus, transporter à vide 92 kg de toluène pour transporter 2 kg d’hydrogène est bien évidemment une aberration.

 

« La ministre explique que la moitié de l’hydrogène restera sur place en Namibie. Si c’est pour l’utiliser à la production d’engrais pour donner à manger à la population on peut s’en réjouir, puisque c’est là un usage incontournable de l’hydrogène. Mais ils pourraient très bien aussi le produire à moindre coût à partir de gaz naturel… »

 

« Lorsque les chercheurs du Centre commun de recherche de la Commission Européenne ont travaillé sur l’hydrogène, c’était pour le faire à partir de l’électricité nucléaire, la bête noire de la ministre belge. Mes calculs avec Alessandro Clerici publiés par Science-climat-énergie ont montré que la seule façon de limiter les coûts de la production d’hydrogène – mais toujours plus cher qu’à partir du gaz naturel  – est avec l’électricité produite par les centrales nucléaires existantes »

 

« Dernier point, gardé pour la fin, car il est le plus honteux. En 2019 d’après la Banque mondiale 55 % de la population de la Namibie est connectée au réseau électrique. Et comme partout en Afrique, le système électrique est très instable ce qui occasionne des coupures d’alimentation récurrentes (la principale source pour la production d’électricité pour les personnes nanties en Afrique est le diesel qui alimente les groupes électrogènes domestiques). »

 

 « Comment peut-on seulement penser à aller produire de l’hydrogène pour un souci de pays surréaliste, en l’occurrence la Belgique, dans un pays pauvre ? Cela est aussi indigne que l’idée saugrenue allemande du projet Desertec pour produire de l’électricité dans le Sahara à transporter en Allemagne. L’échec éthique et économique de ce projet n’a pas suffi à l’Allemagne qui envisage à présent de produire de l’hydrogène au Maroc. Est-ce parce que la Namibie est son ancienne colonie que l’Allemagne laisse la place à la Belgique ? « 

 

« La Commission européenne ― toujours prête à copier l’Allemagne ― dans sa stratégie hydrogène du 7 juillet 2020 a osé proposer l’écocolonialisme par l’hydrogène en Afrique, mais heureusement le Conseil européen du 11 décembre 2020 a refusé d’entériner cette faute éthique. »

 

« Si l’on veut que l’Afrique se développe, une chose est à faire en premier : doter le continent d’une production d’énergie abondante et bon marché. Un article du 5 novembre 2021 qui me cite lors du colloque «Le paradoxe africain», tenu le 10 juin dernier à l’École militaire de Paris, rappelle fort opportunément que « nous autres Européens consommons 6 100 kWh/an par personne, et les Africains 530 kWh/an par personne, soit 12 fois moins. De plus, nous savons que si la population africaine va augmenter de façon importante dans les prochaines années, elle aura besoin d’encore plus d’énergie ».


"La Belgique surréaliste préférerait ainsi capturer l’électricité des Africains en situation de pauvreté énergétique. . L’écocolonialisme est-il le nouveau colonialisme à la belge? »



dimanche 13 mars 2022

Académie des sciences, Académie des Beaux-Arts, Académie des Sciences Morales et Politiques : Quelle place pour les éoliennes dans le mix énergétique français ?

 https://www.academie-sciences.fr/fr/Rapports-ouvrages-avis-et-recommandations-de-l-Academie/quelle-place-pour-les-eoliennes-dans-le-mix-energetique-francais.html#:~:text=La%20France%20produit%20une%20%C3%A9lectricit%C3%A9,et%20le%20photovolta%C3%AFque%20(2%25).

1) Le constat : un mix électrique fortement décarboné grâce au nucléaire et qui devra le rester

Le questionnement actuel sur la place des éoliennes dans le mix électrique français a conduit les Académies des sciences, des beaux-arts et des sciences morales et politiques de l’Institut de France à croiser leurs appréciations dans l’objectif d’établir un état des lieux et de formuler des recommandations.

La France produit une électricité décarbonée à 92%, assurée majoritairement par le nucléaire (71%), l’hydroélectricité (11%) et, dans une moindre mesure, par l’éolien (6%) et le photovoltaïque (2%). Cette production nationale est insuffisante dès que les températures hivernales sont basses et, sans vent, la France ne peut alors assurer ses besoins qu’en important de l’électricité provenant de sources fossiles.

La production d’électricité éolienne et photovoltaïque se caractérise par une intermittence qui, dans l’état actuel des capacités de stockage de l’électricité, empêche de s’affranchir des combustibles fossiles. Ces derniers, quand ils sont importés, pèsent sur la balance commerciale du pays et alourdissent sa dépendance énergétique.

Si l’électricité produite en France était exclusivement d’origine éolienne, sa production serait en dents de scie avec de fréquentes coupures incompatibles avec une indispensable sécurité globale d’approvisionnement

L’implantation d’éoliennes terrestres et littorales se heurte à des résistances de plus en plus grandes du fait des nuisances qu’elles occasionnent : bruits, dénaturation et défiguration des paysages, perte de valeur patrimoniale des biens immobiliers ou d’attrait touristique des régions concernées.

Les éoliennes doivent être installées dans des territoires où le vent est en moyenne suffisamment fort pour être efficace et suffisamment constant pour être utilisable. Cela conduit à les construire en nombre et à les concentrer dans certaines régions, indépendamment des besoins énergétiques locaux, accentuant ainsi un sentiment d’injustice territoriale. Ces zones choisies sont le plus souvent également importantes pour la protection de la biodiversité car, moins peuplées, elles abritent des espèces rares et parfois sensibles dans des milieux moins perturbés par les actions humaines.

Pour faire face au changement climatique, l’état actuel des connaissances et des technologies impose la mise en place d’un mix électrique bas-carbone nécessairement complexe, combinant énergies renouvelables et nucléaire. Cette dernière devra continuer d’occuper une part importante du mix énergétique car elle reste la principale source d’électricité décarbonée non intermittente.

Concernant les énergies renouvelables, en plus du potentiel dont dispose toujours le photovoltaïque, les éoliennes offshore, plus susceptibles d’être acceptées par les populations que leurs équivalentes terrestres, offrent des perspectives intéressantes : dotées d’une puissance et d'une disponibilité nettement plus élevées que celles de l’éolien terrestre, elles permettent d’envisager une participation de l’éolien à la hauteur de 25% du mix électrique de 2050.

2) Recommandations et remarques diverses

2_1) Garder un mix énergétique de 50 à 70 % de nucléaire :

Prévoir le déploiement de l’éolien dans un mix énergétique complexe offrant toujours un niveau élevé de source non intermittente bas carbone afin de faire face aux enjeux climatiques en assurant la sécurité d’approvisionnement du pays : cette double garantie est offerte par les centrales nucléaires aujourd’hui.

L’optimisation de leur contribution au mix énergétique reste cependant conditionnée par des innovations et des investissements importants dans le domaine du stockage de l’énergie et du recyclage de leurs matériaux ainsi que par la démonstration qu’elles ne perturbent pas profondément la biodiversité des milieux où elles sont déployées

Le maintien d’une proportion élevée d'électricité à partir du nucléaire reste nécessaire, une proportion de 50 à 70 % signifiant la construction d’une à deux centrales par an. Il s’agit d’un défi industriel qui implique notamment une reconstitution rapide des expertises susceptibles d’avoir été perdues depuis la construction des centrales actuellement en activité. Une stratégie industrielle compatible avec cette nécessité devra donc être mise en place.

Investir dans le développement du stockage de l’énergie avec des stratégies cohérentes dans le contexte français. Ceci reste une des conditions nécessaires au déploiement des énergies renouvelables intermittentes et notamment de l’éolien offshore…

2-2) Des ordres de grandeur à garder en tête

Le scénario qui fait appel à la plus petite quantité de renouvelables (il porte le numéro NO3), satisferait à la consommation électrique prévue par RTE, avec 43 GW d’éolien terrestre et 22 GW d’éolien en mer. Pour apprécier ce que cela signifie, il suffit de retourner aux puissances indiquées ci-dessus : ces puissances demandent environ 15 000 éoliennes terrestres et 44 grands parcs d’éoliennes off-shore du type de celui qui est prévu pour la baie de Saint-Brieuc (bloqué pour l’instant). Notons que les puissances citées ici sont des “puissances-crête’’ dont la production effective est à pondérer par les facteurs de charge !

Et il ne faut pas oublier les besoins de stockage qui vont avec : « Dans un scénario comme le N03 à 50% nucléaire, les auteurs de l’article cité ci-dessus indiquent qu’il faudrait pouvoir stocker 70 TWh/an (et plus du double dans un scénario 100% ENR) par un accroissement simultané des stations de pompage hydraulique, des centres de stockage électrochimiques (batteries) de grande dimension, et des électrolyseurs capables de produire de l’hydrogène puis de le comprimer. »

Le problème du rendement de ces installations devient alors crucial. C’est ainsi que le stockage sous forme ‘d’hydrogène vert’ produit par électrolyse de l’eau, le procédé ‘Power-to-H2-toPower’, n’a qu’un rendement de 23% : on consomme 4 kWh électriques pour ne produire in fine qu’1 kWh développées ci-dessous, ces chiffres mettent en évidence des stratégies qui semblent irréalisables, si on adoptait une politique 100% ENR, en particulier à cause de l’absence de moyens de stockage adaptés à l’intermittence.


2-3) le mur du démantèlement des pales : peu compatible avec la faible empreinte environnementale !

La durée de vie d’une éolienne est courte, de l’ordre de 20 ans, et impose un démantèlement ou une remise en état régulière des installations. un défi majeur actuellement dans le recyclage des pales. En effet, sans innovation importante dans ce domaine, le démantèlement des parcs français déjà installés (dès les années 2025-30) et de ceux à venir promet des gisements considérables de déchets peu compatibles avec la faible empreinte environnementale annoncée pour les énergies renouvelables. Le déploiement des parcs éoliens est conditionné par un indispensable soutien à l’innovation des filières industrielles à l’origine de nouveaux matériaux composites pouvant intégrer des circuits de recyclage et de revalorisation à forte valeur économique.

Le démantèlement des parcs éoliens (dès 2025 pour les parcs existants et les années suivantes) nécessite le développement de nouvelles solutions sans lesquelles des gisements considérables de déchets seront créés, rendant cette technologie peu compatible avec la faible empreinte environnementale que l’on souhaite attribuer aux énergies renouvelables.

2-4) Un coût de déconstruction largement sous-estimé

La question de la somme provisionnée pour le démantèlement d'une éolienne : selon l'étude faite par un cabinet d'architecture (agence Dominique Perrault), ce démantèlement pourrait aller sur terrain plat jusqu'à 400 000€. Et si le terrain est accidenté le coût peut s'avérer nettement plus important. Quant à la somme provisionnée pour le démantèlement elle ne semble pas s'élever à plus de 100 000€, donc elle reste bien insuffisante.

NB : A cela ajoutons des montages financiers complexes, des parcs vendus et revendus, des sociétés mises en faillite au moment opportun qui rendent parfois très aléatoire le financement du démantèlement définitif.

2-5) Pour l ’acceptabilité des éoliennes, les éloigner !

Les nouveaux projets d'implantation de centrales électriques éoliennes doivent nécessairement faire l'objet d'une meilleure concertation avec les populations locales, et notamment avec les riverains, au sujet de leurs conséquences paysagères et de leurs nuisances potentielles. Seul un plus grand éloignement des éoliennes terrestres et littorales par rapport aux habitations pourrait adoucir le contexte de dégradation du paysage qui met les populations humaines en souffrance.

 Certaines nuisances pourraient également être amoindries : avec une distance minimale de 1500 m aux habitations (comme c'est le cas dans certains Länders allemands), au lieu des 500 m prévus par la réglementation en France, la nuisance sonore serait divisée par neuf. Il s’agira cependant de ne pas réaliser les implantations dans les zones où la biodiversité est encore préservée et pourrait être affectée.

A ce sujet, l’Académie nationale de médecine avait notamment recommandé le respect d’une distance minimale de 1500 mètres par rapport aux habitations, (avis de l’Académie nationale de médecine en date du 9 mai 2017 https://www.academie-medecine.fr/wpcontent/uploads/2017/05/Rapport-sur-les-%C3%A9oliennes-M-Tran-ba-huy-version-3-mai-2017.pdf)

2-6) Des études paysagères et sur la biodiversité qui ne sont que des simulacres

L’implantation des éoliennes conduit, par ailleurs, à une diminution de la valeur patrimoniale des biens immobiliers situés à proximité et à la dénaturation profonde des paysages. Or ceux-ci, constituent justement l’un des principaux attraits touristiques de la France, qui est, faut-il le rappeler, la première destination touristique mondiale avec les forts revenus économiques qui en résultent.

 Pour obtenir le permis de construire, les entreprises responsables de l'implantation des éoliennes terrestres et littorales sur une commune sont pourtant tenues de présenter une étude paysagère. Cette dernière n'est qu'un simulacre d'intégration plastique. Par conséquent, il n'est pas étonnant que se développe, chez les populations concernées, le sentiment de vivre dans un territoire sacrifié par une politique autoritaire dont le ressort leur apparaît avant tout idéologique. L'apparition de nombreuses associations de défense du paysage et l'intensité des débats en leur sein témoignent de cette résistance grandissante à l'implantation des éoliennes

Qui plus est, en parfaite contradiction avec la loi de protection de la Nature de 197619 et celle de la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages de 2016, les études d’impact des éoliennes sur la biodiversité ont, dans le passé, démarré le plus souvent une fois l’implantation des projets décidée, négligeant la phase « évitement » de la séquence « éviter-réduire-compenser » telle que décrite dans la loi. Cette approche apparaît comme la norme des nouveaux projets d’éoliennes marines21, mais d’ambitieux programmes de recherche doivent être entrepris pour répondre aux nombreux questionnements encore sans réponse sur leur impact environnemental.

NB : c’est vrai aussi pour les études d’impact sur la vie des riverains. Ainsi, notent les Académie, le projet de la baie de Saint-Brieuc prévoit 62 éoliennes de 8 MW, soit une puissance moyenne de 178 MW (62x8x0,36). En revanche ce projet fait pour l’instant l’objet d’une opposition forte des pêcheurs de la baie. Le fait que l’enquête d’impact ait suivi la décision d’implantation, au lieu de la précéder, n’a pas été très heureuse… En effet !


2-7) Méconnaissance des effets environnementaux des grands parc éoliens, en particulier off shore

Il est nécessaire d’élaborer des programmes de grande ampleur, faisant appel aux nouvelles méthodes de suivi des déplacements des animaux aériens comme marins afin de mieux comprendre l’impact possible des parcs éoliens, en fonction de leur localisation, de leur envergure et des conditions environnementales. Une attention particulière devra être apportée aux modifications des courants marins et des mouvements d’air générées par l’implantation de parcs éoliens de grande envergure.

Enfin, « La modification de la force des vents en aval des éoliennes peut avoir des effets insoupçonnés sur les équilibres atmosphériques (en induisant des sécheresse locales) ou des modifications des courants marins sur plusieurs dizaines de kilomètres.

Ces effets sont de plus en plus identifiés et connus, cf Perrow MR. 2017. Wildlife and Wind Farms, Conflicts and solutions. 3: Offshore: Potential Effects. Pelagic Publishing, Exeter, UK. et Perrow MR. 2019. Wildlife and Wind Farms, Conflicts and solutions. 1: Onshore: Potential Effects. Pelagic Publishing, Exeter, UK.

En effet, cf. Déjà bien traité dans https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/06/ils-nous-volerent-les-paysages-et-ils.html. Selon Norcowe, , les méga parcs éoliens auraient la même influence sur l’environnement et la trajectoire des vents que de petites montagnes. »

2-8) Un sacrifice des paysages et de nos vies qui doit être justifié

Par leur présence répétée et disproportionnée se détachant sur le ciel, leur répartition régulière et uniforme, les éoliennes créent un impact considérable sur le paysage. Le plan esthétique est communément admis comme étant subjectif et donc indéfiniment discutable. C’est la raison qui l’amène à être souvent écarté des débats. Cependant l'impact visuel des éoliennes est si fort qu'il dépasse le seuil du subjectif et nous oblige à remettre en cause la validité de leur implantation.

L'implantation des éoliennes suppose un sacrifice considérable et généralisé à toute la population. Au vu des conséquences la décision de leur implantation est d’une responsabilité énorme et ne peut être prise qu’avec la certitude absolue de son bien-fondé. Face au sacrifice consenti ce serait une faute impardonnable de la part de nos décideurs que de nous obliger dans quelques années à assister partout en France aux spectacles désolant de champs d’éoliennes abandonnés parce qu’inutiles ou non rentables. Tel risque d'être le paysage que nous laisserons aux générations futures.