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vendredi 12 avril 2019

Il va vraiment falloir que les partisans de la laicité s’organisent !


Provocation et dénonciation organisées des islamistes

La responsable d'un magasin Etam dans le centre-ville de Montpellier a été "mise à pied à titre conservatoire" après des accusations de discrimination à l'embauche envers une femme voilée, annonce le groupe dans un communiqué publié mercredi 13 mars sur les réseaux sociaux.
La décision d'Etam fait suite à une vidéo diffusée mardi par une jeune femme sur Twitter dans laquelle elle explique s'être rendue dans ce magasin pour proposer sa candidature spontanée à un poste de vendeuse, ce à quoi la responsable lui aurait répondu, selon le récit qu'en fait la jeune femme : "Non mais c'est une blague, j'espère que vous n'êtes pas sérieuse ? Vous êtes voilée et vous me demandez un travail, en plus ça fait même pas deux jours, c'était la [journée des droits des femmes] !"

Moi j'étais tellement choquée que j'étais bloquée. Je ne savais pas quoi dire. Tout le monde me regardait. Tout le monde était choqué mais personne [n'a osé] parler. "Je la regarde et je lui dis : c'est quoi le rapport entre la [journée des droits des femmes], le voile et le travail ? poursuit-elle dans la vidéo qu'elle a postée sur les réseaux sociaux. Elle me dit : 'Déjà vous ne vous présentez pas comme ça dans mon magasin pour demander une embauche, vous devez enlever votre voile avant de rentrer. Et je suis désolée, mais moi je n'accepte pas les voilées'."
"J'avais les larmes aux yeux, parce que j'avais tellement la haine contre elle, témoigne-elle dans sa vidéo. Vous êtes une raciste : c'est tout ce que j'ai pu dire. (...) Et quand je lui ai dit ça, elle a rajouté 'Non, je ne suis pas raciste, je suis féministe'. Mais ça ce n'est pas du féminisme !"

La candidate dit être "bloquée" depuis cette expérience. "Je n'arrive même pas à aller dans d'autres magasins pour déposer ma candidature. (...) C'est ça être une femme voilée en France. Ce qui me tue, c'est qu'ils disent toujours Egalité, Fraternité, etc, mais il n'y a rien de ça. (...) Elle n'a même pas eu honte de dire ça devant ses clients. Je ne comprends pas". La jeune femme dit diffuser son histoire "pour montrer à quel point il est difficile de vivre, étudier, travailler en France avec un voile".

Le directeur général d'Etam a répondu à l'internaute sur Twitter dès mardi avant de publier un communiqué le lendemain soir, mercredi. En parallèle de la mise à pied à titre conservatoire de la responsable du magasin de Montpellier, Etam a aussi "déclenché un processus d'enquête interne pour déterminer les faits avec précision" et a"décidé de renouveler la sensibilisation de [ses] équipes, par une formation de [ses] responsables de magasin, à la question du recrutement tel qu'il doit se dérouler chez Etam".

Par ailleurs, la marque a contacté la jeune femme voilée et s'engage "à ce que sa candidature fasse l'objet d'un traitement équitable", rappelant que le recrutement dans l'entreprise se fait sur "la seule base des compétences et non de l'appartenance religieuse ou politique", mais précisant qu'elle demande à ses "employés en contact avec [ses] clients" de "respecter dans le cadre de leur fonction une totale neutralité dans leur expression comme dans leur apparence

Il faut vraiment être disons gentiment, un peu naïf, pour ne pas voir là, partout, dans le ton, dans les arguments, dans la mise en scène, dans la diffusion médiatique, dans la dénonciation publique, dans l’appel à l’émotion la stratégie habituelle de provocation des organisations intégristes musulmanes.

Comme le rappelle l’impeccable et courageuse Jeannette Bougrab dans une interview au Figaro « L'affaire du voile chez Etam montre notre faiblesse face à une minorité bruyante», il est quand même très, très, très étrange qu’une femme qui tient tant à porter en public un hijab pour obéir à la sourate 24 du Coran qui fonde l'obligation du port du voile: «Et dis aux croyantes qu'elles baissent leurs regards, et qu'elles gardent leur chasteté, et qu'elles ne montrent de leurs parures que ce qui en paraît.. » vienne solliciter un emploi chez Etam, pour vendre de la lingerie fine !!!
qui plus est pour une marque qui organise des défilés extravagants tentant d'égaler sa concurrente américaine Victoria Secrets dans des défilés pas désagréables, mais, disons, assez érotiquement chargés !

« c'est quoi le rapport entre la journée des droits des femmes et  le voile » !!!!

Commentaire de Jeannette Bougrab : « Aujourd'hui on apprend par sa famille que Nasrin Sotoudeh, prix Sakharof, avocate iranienne vient d'être condamnée à 38 années de prison et 149 coups de fouet pour avoir notamment défendu des femmes qui ont retiré leur voile en pleine rue. Je pense qu'il y a une forme d'indécence de la part de ceux qui se murent dans un silence coupable refusant de défendre les femmes qui sont torturées dans des geôles en Iran ou en Arabie Saoudite pour avoir refusé de porter ce maudit voile » . En effet !

Enfin, soyons clair la loi française pose que « dans les services publics, les agents sont astreints à une obligation de neutralité. Cette jeune femme ne pourrait pas être employée dans une administration. Quant au secteur privé, depuis la décision de la Cour de cassation rendue en assemblée plénière le 25 juin 2014, les choses sont claires. Si la Cour affirme que le principe de laïcité n'a pas vocation à s'appliquer dans une entreprise privée dès lors que celle-ci ne gère pas un service public, elle admet qu'un employeur puisse restreindre cette liberté en raison de la nature de la tâche à accomplir par l'employé ». On peut tout de même imaginer que le vente de string soit peu compatible avec le port du Hijab, et Etam était particulièrement fondé à refuser la candidature d’une musulmane voilée.

Ce sont évidemment ces lois et jugements que vise à remettre en cause la provocation de Montpellier.

« Le voile est le signe de cette volonté hégémonique des intégristes musulmans d'imposer leur monde…La mise à pied de cette salariée à la suite d'une campagne calomnieuse et violente montre notre faiblesse face à une minorité bruyante qui aura toujours raison face à une majorité silencieuse. « 

Jeannette Bougrab a évidemment mille fois raison et il est temps que ceux quo sont attachés à la liberté, à la laïcité, à l’égalite des femmes et des hommes se mobilisent. Ils pourraient commencer par exemple à manifester leur désaccord avec la lâche décision de la direction d’Etam…

Nous sommes heureusement dans un pays où il y  a pas mal de choix en matière de lingerie fine !

Quant aux organes de presse qui reprennent sans réfléchir des titres tels que « Une étudiante voilée victime de discrimination dans une boutique Etam », on est aussi libre de consdérer qu’ils font très mal leur travail…

Menaces : Un élu parisien menacé de mort après un échange houleux avec Rachid Nekkaz

C'est une séquence de quelques minutes. D'un côté, Pierre Liscia, élu du 18e arrondissement de Paris (élu Les Républicains, né en Corse) et chroniqueur des Terriens du dimanche !. De l'autre, Rachid Nekkaz, ancien candidat à l'élection présidentielle algérienne, connu en France notamment pour avoir payé les amendes des femmes qui portaient un niqab dans la rue. L'ambiance tendue entre les deux hommes a eu des conséquences très concrètes pour Pierre Liscia après l'émission. Il a en effet été menacé de mort, victime de harcèlement sur les réseaux sociaux, explique le HuffPost.

Stéphane Simon, le producteur de l'émission, l'a révélé sur Twitter lundi soir. « Notre ami et chroniqueur @PierreLiscia #LTD est victime d'une inadmissible campagne d'intimidations et menacé de mort depuis dimanche soir. Nous le soutenons, comme nous soutenons sans réserve la liberté d'expression. »
Pierre Liscia confirme en effet être dépassé par la quantité de messages qu'il reçoit sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, Twitter et Instagram, insultes et menaces s'accumulent à une vitesse incroyable. « Depuis dimanche, ces messages d'insultes et ces menaces ne s'arrêtent pas, c'est un à deux messages par minute, essentiellement sur Facebook, et par message privé Messenger. J'ai aussi été forcé de passer mon compte Instagram en privé. » Ce mercredi matin, Pierre Liscia publie sur son compte Twitter une courte vidéo dans laquelle il fait défiler des dizaines de messages d'insulte qu'il a reçus en privé. Au total, il avance en avoir reçu entre 20 000 en français et en arabe.
Face à cette situation, l'élu parisien n'hésite pas à soupçonner un mouvement concerté des comités de soutien du candidat à la présidentielle algérienne. Il a décidé d'aller déposer une plainte pour menaces de mort. Il a reçu le soutien de Pierre-Yves Bournazel, candidat à la Mairie de Paris, mais aussi Zineb El Rhazoui, ancienne journaliste de Charlie Hebdo, menacée de mort fin 2018 après ses propos sur l'islam.

Pour mémoire : Charlie Hebdo, 7 janvier 2015 : Cabu, (76 ans) dessinateur ; Charb, (47 ans) dessinateur et directeur de la publication ; Tignous, (57 ans) dessinateur ; Honoré, (73 ans) dessinateur ; Wolinski, (80 ans) dessinateur ; Bernard Maris, (68 ans) économiste et chroniqueur ; Mustapha Ourrad, (60 ans) correcteur ; Elsa Cayat, (54 ans) psychanalyste et chroniqueuse ; Frédéric Boisseau, (42 ans), employé de la société Sodexo,  Michel Renaud,  (69 ans) invité de la rédaction, Franck Brinsolaro, officier du service de la protection chargé de la protection personnelle de Charb, Ahmed Merabet, (40 ans), gardien de la paix

Laïcs de tous bords, de gauche, de droite, défenseurs de la liberté d’expression, d’exposition, de discussion, d’appréciation (qui n’est pas la liberté de menacer ou de calomnier),   défenseurs de la liberté de pensée, il est temps et plus que temps de faire corps et de ne plus rien laisser passer

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samedi 1 décembre 2018

Raisons de détester l’Eurokom-18 : La liberté de l’information menacée


Europe et Eurokom

Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne

Presse : la fin du sanctuaire et le contrôle par les puissances d’argent

A la Libération, le Conseil National de la Résistance avait mis en place des ordonnances sur la presse, visant essentiellement à éviter que ne se remette en place l’extraordinaire vénalité de la presse française d’avant-guerre, selon le titre d’un célèbre pamphlet. Les ordonnances des 22 et 26 août 1944 fixent les critères économiques, financiers et moraux pour la réorganisation du secteur de la presse écrite. Celle du 26 août 1944 a pour objectif de sanctuariser la presse vis-à-vis des puissances de l'argent et de l'influence de l'État, tout en assurant l'indépendance des journaux et leur transparence, afin que la presse devienne "une maison de verre". La Fédération nationale de la presse française (FNPF), adopte en novembre 1945 une "Déclaration des droits et des devoirs de la presse", qui affirme que "la presse n'est pas un instrument d'objet commercial mais un instrument de culture". Donc, une idée simple : l’information n’est pas une marchandise comme une autre, et les moyens légaux de défendre le pluralisme et les libertés réelles.

On sait comment en France, certains se sont donnés comme programme très moderne et très libéral de détricoter le programme du CNR. Et ils y sont largement parvenu, et sur bien des plans, ils ont été constamment appuyés, voire précédés et dépassés par la politique de la secte libérale au pouvoir dans les institutions européennes, à l’Eurokom.

L’Eurokom n’a pas défendu la presse contre une concentration hallucinante et la mainmise des intérêts financiers
.
En France, un petit groupe de personnes contrôle l’essentiel des moyens privés de production de l’information télévisuelle et radiophonique (ainsi que leurs sites internet). Ces personnes appartiennent au même univers, celui des PDG d’entreprises transnationales, des capitaines d’industrie, des financiers et des gestionnaires de conseils d’administration. Leurs activités les amènent à échanger régulièrement leurs parts dans les diverses entreprises qu’ils possèdent afin de consolider leurs positions ou leurs stratégies respectives. En 1998, déjà, Vincent Bolloré avait revendu les parts qu’il détenait chez Bouygues à… François Pinault et à son groupe Artemis ; en 2004, Bernard Arnault entre au conseil d’administration de Lagardère, il y restera jusqu’en 2012 ; en 2010, Bernard Arnault rachète Le Journal des finances (devenu Investir-Le Journal des finances au sein du groupe Les Echos) à… Serge Dassault ; en 2012, Vincent Bolloré devient le premier actionnaire de Vivendi en revendant au groupe Canal+ ses chaînes D8 et D17 contre des actions ; la même année, c’est Lagardère qui cède sa participation dans Canal+ France (20%) au groupe Vivendi (de Vincent Bolloré …) ; en 2013, Amaury rachète au même Lagardère sa participation dans le groupe familial (25%) ; en 2014, Vivendi, dirigé par Vincent Bolloré, cède 80% de l’entreprise de télécommunications SFR au groupe Altice de Patrick Drahi, les 20% restants suivront le même chemin en 2015…

Le Monde est contrôlé par Pigasse, Libération par Rotschild, TF1 par Bouygues, Le Figaro par Dassault. Lagardère, également présent dans l’armement, a aussi une position dominante dans la presse au travers de Hachette-Filipacchi (Paris-Match, Elle, le Journal du Dimanche, La Provence, Ici Paris, Nice Matin,...), Qui peut croire que ces prises de contrôle d’organes souvent structurellement déficitaires se font sans contreparties ? Comme au temps de la presse vénale, c‘est de l’influence que ces patrons d’industries s’achètent. Et là où ça devient vraiment problématique, c’est lorsque de surcroît, ces médias sont détenus par des groupes industriels et financiers qui dépendent économiquement pour leurs marchés de l’Etat, donc du pouvoir politique. Là, il y a une réelle menace pour notre démocratie.

Au Royaume Uni, l’empire Murdoch contrôle l’ensemble des médias les plus influents du royaume (TV, radio, presse écrite, fournisseurs d’accès Internet). En Italie, on a assisté à un dangereux mélange des genres, la concentration économique des médias de masse au sein du groupe Mediaset, détenue par la famille Berlusconi, ayant été  mise au service des intérêts politiques du Cavaliere.

Sans compter les ex pays de l’est : cette année, Reporter sans frontière alerte sur le fait  que la concentration des médias a fortement augmenté en Bulgarie, le pays européen le plus mal noté dans classement mondial de la liberté de la presse 2018 (111e sur 180) : l’homme d’affaires Deylan Peevski, propriétaire du New Bulgarian Media Group édite 6 quotidiens et contrôle près de 80% de la distribution de la presse écrite du pays.

En Allemagne, le groupe de presse Springer contrôle près de 200 journaux et magazines, dont le tabloïd Bild Zeitung, qui informe entre 20 et 25% des Allemands. Devant les difficultés financières, Süddeutsche Zeitung, le journal d’actualité allemand de référence, est en passe d’être cédé par ses sociétaires à des investisseurs financiers.

L’Europe, qui affiche fièrement tant de beaux principes sur la liberté d’opinion et la liberté d’informer n’a rien fait contre cette prise en main systématique et massive des moyens d’informations  par les intérêts économiques ; au contraire, elle l’a parfois encouragé ! En fait le pluralisme ne l’intéresse absolument pas, surtout s’il conduit à des critiques contre les institutions européennes. L’Europe préfère visiblement le contrôle par de grands groupes financiers, bien alignés sur l’idéologie de la secte libérale.

L’inquiétude de Jürgen Habermas : l’information n’est pas un marché comme un autre, elle conditionne la démocratie !

Les contraintes économiques qui pèsent sur les grands journaux d’information, derniers animateurs de l’espace public selon lui, risquent de mener à leur disparition et à un réel danger pour la démocratie. Extraits :
« Sans l’afflux d’informations, dont la recherche peut être coûteuse, et sans une reprise de cette information au moyen d’arguments qui supposent une expertise qui n’est pas non plus précisément gratuite, la communication publique ne peut que perdre sa vitalité discursive. La sphère publique risque alors de n’être plus à même de résister aux tendances populistes et de remplir la fonction qu’il est de son devoir de remplir dans le cadre d’un État de droit démocratique. (…)
Sans controverses qui ouvrent sur la délibération, il devient en effet impossible de fonder en raison l’hypothèse selon laquelle le processus démocratique peut déboucher sur des résultats à long terme plus ou moins raisonnables. La formation démocratique de l’opinion a une dimension épistémique, car il s’agit à travers elle de critiquer des affirmations et des appréciations fausses. Tel est l’enjeu pour une sphère publique qui tire sa vitalité de la discussion. (…)
La sphère publique contribue à la légitimation démocratique de l’activité de l’État en choisissant ce qui doit faire l’objet d’une décision politique, en lui donnant la forme d’une problématique et en réunissant les prises de position plus ou moins informées et fondées de manière qu’elles forment des opinions publiques concurrentes.
 C’est de cette manière que la communication publique développe une force qui, en même temps, stimule et offre des orientations à la formation de l’opinion et de la volonté des citoyens, et ce, en contraignant le système politique à la transparence et à l’adaptation. Sans l’impulsion d’une presse d’opinion qui informe de manière fiable et commente avec soin, la sphère publique ne peut plus fournir cette énergie. »

Cette réflexion conduirait à une conclusion : avant que d’être un marché, la presse, et plus généralement l’information, est un service public ! Et cela est totalement contradictoire avec l’idéologie de la secte libérale, si acharnée par ailleurs à la disparition des services publics ( je traiterais ce sujet dans un autre blog)

Assassinats et Menaces sur les journalistes. Corruption et intégrisme islamique.

En Europe même, on menace et même parfois on assassine des journalistes ! Pour 2018, Reporter sans Frontières signale à Malte, Daphne Caruana Galizia, en Slovaquie, Ján Kuciak,; en Bulgarie, de Viktoria Marinova. En Italie, plusieurs journalistes sont menacés pour avoir enquêtés sur les réseaux mafieux ou des gangs criminels et doivent vivre sous la protection des services de sécurité. RSF pointe une détérioration du climat qui n’épargne pas, dans une certaine mesure, les pays nordiques. En Finlande, le domicile d’une journaliste renommée a fait l’objet d’une perquisition rocambolesque qui a failli divulguer l'identité de certaines sources. La plupart de ces meurtres, menaces et pressions concernent des journalistes enquêtant sur des faits de corruptions (et lié parfoiss aux fonds européens !). Non seulement les intérêts financiers contrôlent le capital de la presse à un point inouï, mais les pires d’entre eux n’hésitent pas tuer !

Et puis, il faudrait quand même revenir sur l’atroce attentat contre Charlie Hebdo du 7 janvier 2015 (huit membres de la rédaction tués, 11 victimes en tout) , l’assassinat aux Pays-Bas du réalisateur Theo van Gogh (huit balles, suivies d’égorgement), après la réalisation d’un court-métrage intitulé Submission avec Ayaan Hirsi ; les menaces contre cette dernière, qui l’on contraint à un exil provisoire  (À la suite du refus du gouvernement des Pays-Bas d'assurer sa protection et sur le fait que la France pourrait assurer cette protection, le quotidien néerlandais Volkskrant titre « Le message est clair : la France s'engage contre les fanatiques religieux alors que les Pays-Bas préfèrent lâchement, encore une fois, regarder de l'autre côté ». Et encore, les tentatives d’assassinat, les violences, les menaces contre  sont les douze caricaturistes qui ont publié les « caricatures de Mahomet » le 30 septembre 2005 dans le Jyllands-Posten ( en réponse, rappelons-le, à Kåre Bluitgen, un écrivain se plaignant que personne n'ose illustrer son livre sur Mahomet depuis l'assassinat de Theo van Gogh aux Pays-Bas en 2004). Et encore les menaces contre Michel Houellebecq, après la parution de Soumission.

La liberté de la presse, la liberté d’expression, la liberté tout court sont menacés à un degré inédit par la montée de l’intégrisme religieux islamiste, et l’Europe détourne largement les yeux ; et même parfois se rend complice des assassins au nom du concept mortifère d’islamophobie. Bien courageusement, le Danemark a supprimé le délit de blasphème en 2017, après la France et la Belgique (vers 1880), mais ce délit existe encore en Allemagne, en Italie, en Pologne…

 L’Eurokom n’a jamais demandé l’abolition du délit de blasphème.  En 2008, lors d’une réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE, Franco Frattini annonce l'intention des États membres de l'Union d'assurer la protection de toute personne menacée pour ses opinions lors de déplacements en Europe. L'écrivaine Chahdortt Djavann, considérant que le droit de critiquer les religions et leurs dogmes est un droit essentiel, indispensable à l'existence de la démocratie, a publié en 2008 une tribune dans lequel elle demande que l'Union européenne reconnaisse les fatwas incitant au meurtre comme un acte criminel et engage des poursuites internationales contre ceux qui décrètent de telles fatwas.

L’Eurokom, les institutions très libérales de l’Europe, n’a jamais rien fait de tel !

Des lois et interventions liberticides.

La directive secret des affaires : attention, lois dangereuses

En 2016, la Commission européenne a publié une directive secret des affaires qui n’a été transcrite en droit français qu’en 2018. Cette directive vise à protéger les entreprises contre le vol de leurs secrets industriels ou leur divulgation à des concurrents ou au grand public. Secrets de fabrication, données économiques stratégiques, listes de fournisseurs ou de client…, ces informations confidentielles peuvent être stratégique et leur  divulgation malveillante mettre à mal une entreprise.

D’accord, sauf que, signe infaillible de l’influence des lobbies, la directive va beaucoup plus loin et couvre toute information qui  n’est pas connue ou aisément accessible à des personnes extérieures à l’entreprise ; qui a une valeur commerciale ; qui a fait l’objet de mesures de protection « raisonnables » de la part de l’entreprise. Le magistrat Eric Alt, vice-président d’Anticor, estime que le texte place le journaliste « en position de défense pour démontrer au juge que la divulgation des faits a un intérêt général ». A tout le moins, il renforce le pouvoir d’intimidation des entreprises sur les journalistes, pouvoir dont elles usent déjà abondamment, soit par la loi (Conforama a récemment réussi à faire retirer un article de l’hebdomadaire Challenges faisant état de ses difficultés financières), soit par les pressions sur les budgets publicitaires, très efficaces. Mais de cela, la Commission européenne ne se préoccupe guère !

La directive menace aussi les lanceurs d’alerte ; peut-être pas lorsqu’ils dénoncent des faits illégaux, mais  des comportements contraires à l’intérêt général, comme dans le cas dans l’affaire LuxLeaks, révélation d’accords fiscaux secrets conclus entre l’administration luxembourgeoise  et de grandes multinationales, qui n’étaient pas illégaux à l’époque. « La transparence doit devenir la règle et le secret l’exception », avait déclaré Daniel Lebègue, directeur de l’ONG Transparency International. C’est la logique inverse qui s’appliquera aux lanceurs d’alerte qui, contrairement aux journalistes, devront faire la preuve de leur bonne foi pour être protégés.

Il y avait un moyen simple de limiter la directive à son objet premier (enfin officiel) : restreindre son champ d’application au vol d’informations dans un but de concurrence déloyale, afin de protéger les informations révélées au nom de l’intérêt général. Certains parlementaires l’avaient proposé ; cela n’a pas été retenu.

Répression des fake news : attention, lois dangereuses !

De nombreux gouvernements en Europe mettent en place des lois contre les fake news- et non seulement la Communauté Européenne n’y voit aucun inconvénient, mais même les encourage.

Le gouvernement britannique a mis sur pied une unité spéciale. L'Italie s'est dotée d'un outil de signalement en ligne. En Allemagne une loi très controversée prévoit des amendes jusqu'à 50 millions d'euros pour les réseaux sociaux. En France, Emmanuel Macron a eu très à cœur de faire voter une loi visant notamment des interventions possibles de réseaux russes. Le texte prévoit que, durant la période électorale, la justice puisse faire cesser en urgence la diffusion de fausses informations, d’imposer des obligations de transparence renforcées aux plateformes numériques et de se donner les moyens d'interrompre la diffusion de services de télévision contrôlés ou influencés par un État étranger.

Pour Jérôme Fenoglio, directeur du Monde, «le risque est trop important…Les périodes électorales doivent être d'une grande liberté, ce sont des périodes où sortent des informations importantes». Le recours en urgence à un juge qui statuera en seulement 48 heures, posent également question. Le juriste Vincent Couronne pointe une loi «non seulement imparfaite et inutile, mais aussi dangereuse pour la sérénité et la diversité du débat public». Cette loi «place le juge des référés en arbitre du vrai et du faux, au risque de donner un blanc-seing à des manipulateurs par manque de compétence ou de recul», abonde Patrick Eveno, professeur en histoire des médias à la Sorbonne. Quant à la possibilité de mettre hors-jeu un média étranger, Jérôme Fenoglio est très mal à l'aise. «Je ne peux pas défendre un dispositif qui considérerait comme normal de bloquer tout type d'info parce que réputé proche d'un gouvernement étranger», explique le directeur du Monde en rappelant que son propre journal est «bloqué et invisible en Chine».

En effet !

Il y a un domaine, un seul dans lequel la Commission Européenne, fait preuve d’une très grande vigilance quant à la liberté d’informationc’est celui des relations parfois un peu rudes avec la presse de certains gouvernements ou leaders opposés à la politique européenne et qualifiés de  populistes, Viktor Orban, Jean-Luc Mélanchon Nickel Farrage, Beppe Grillo, Marine Le Pen, les Polonais…On a bien compris que pour elle, les journalistes doivent forcément être de son côté, et non de celui des peuples. Et lorsque la Commission s’en prend à Viktor Orban qui tente, assez vainement, de limiter les activités de la fondation Soros, véritable, puissant et très riche  centre de propagande en faveur de l’ultralibéralisme, une espèce d’ultralibinform comme il y avait un Kominform, qui, au juste défend le pluralisme et la liberté de l’information ?

Il faut sortir de cette Eurokom là.

Annexe : les demandes de la fédération Européenne des journalistes

Pas de démocratie en Europe sans indépendance des journalistes ; pas de liberté d’information sans pluralisme !
Le pluralisme de la presse doit constituer un des piliers essentiels de la démocratie en Europe. Car c’est la liberté de chacun qui est en jeu….
On constate que les droits des journalistes sont remis en cause, la précarisation gagne notamment parmi les pigistes, globalement les conditions de travail se dégradent. Les salaires stagnent. Les plans de licenciements sont légion. Le dogme de la rapidité et la course au buzz - contraire aux principes déontologiques de la profession - sont incompatibles avec une information complète, vérifiée, hiérarchisée et mise en perspective. Il s’ensuit une baisse qualitative des contenus avec pour conséquence une perte de confiance des citoyens dans l’information. Les journalistes sont de plus en plus assimilés pour le grand public aux lignes éditoriales de leurs médias. Les pressions politiques et économiques accentuent les risques de censure ou d’autocensure des journalistes eux-mêmes, dans toute l’Europe, notamment là où les journalistes sont précarisés.

1. Pas de démocratie sans indépendance des journalistes. 2. Pas de liberté de la presse sans pluralisme de l’information. 3. Pas de liberté des journalistes sans respect des droits d’auteur. 4. Pas de journalisme de qualité sans respect des conditions de travail. 5. Renforcement du service public.6. Pas de liberté de la presse sans transparence.7. défendre l’avenir du journalisme. 8. pas de presse libre sans sécurité des journalistes. 9. Le journalisme garant d’une information crédible.

Les citoyens en Europe doivent pouvoir disposer d’une information sûre et vérifiée fournie par des journalistes en responsabilité, en leur assurant de pouvoir exercer leur rôle social sans entrave. Cela suppose la reconnaissance juridique des équipes rédactionnelles et des garanties légales d’indépendance vis-à-vis des actionnaires

On ne sache pas que l’Europe ait apporté la moindre réponse à ces demandes formulées lors des dernières élections européennes



vendredi 19 juin 2015

Michel Houellebecq's Submission : a novel about humanity


Houellebecq and Auguste Comte

In Marianne (16 January 2015), a leading french intellectual Jacques Julliard has dedicated an article to the latest book by Houellebecq (Submission). In Figures of the collabo, an article that seemed to me 1) one of the most relevant of the wave of criticism; (2) incomplete, because it leaves aside Houellebecq knowledge of the work of Auguste Comte and his fascination, obvious by the number of citations in his previous works.

Therefore Submission would mainly be a murderous charge against the French intellectual, a gladly companion of deadly ideologies, a "man which beautifully invokes Voltaire and Zola, but is willing to prostitute himself before power, and even more when this power takes dictatorial forms and uses systematic violence and terror ”. Julliard quote Houellebecq justifying his hero (anti-hero?) submission to the new french islamic power : "so many intellectuals during the 20th century had supported Stalin, Mao or Pol Pot, and were not reproached anything”…

Agreed, the desire or need for “submission” is particularly disturbing among intellectuals, where it  appears to be a denial of their very function. But, in Houellebecq’s novel, all society is concerned. The “moderate” islamist Ben Abbès is elected by a majority of French, and they enjoy its government : restored civil peace, prosperity again, and even happier family life, more jobs (but less women at work). Of course some women, some Jews, not all of them, just a few, have to make some sacrifices, nothing really serious , but finally, no omelette without eggs...

What happened? "No society can exist without a kind of religion, without a "common social doctrine", without which there are no other expedients, to maintain harmony, than the sad alternative of force or corruption" (Auguste Comte). This is what led the positivists to propose a Republican, non-theological, religion, a religion without God. (for fascinating exposés of the Religion of Humanity in english, it can be referred to Frederic Harrison texts - the leader of a small but dynamic english positivist community). The purpose of the republican religion is to" rally, link, regulate": rally men to the common social doctrine, reinforce social links, regulate social and moral behaviors.

Something must have gone wrong, as would say Houellebecq, there had to be some flaws in Auguste Comte’s Religion of humanity. The Catholic order has been destroyed, but not replaced ("you only destroy what you replace- also Auguste Comte). So, in this vacuum, the most recent and still vigorous theological religion triumphs, and this precisely by invigorating the social link; That’s how the  Muslim Brotherhood of Houellebecq’s novel comes to power ..., as well as, in real world, Muslim fundamentalist movements.

Desire and need for submission

Then,  is the desire or need for submission always negative? Many people complains about the lack of authority of teachers. Does teaching not require some kind of submission? You can’t learn anything without first accepting the authority of knowledge, competence, elders, great scientists, artists, writers of the past - before eventually  challenging them ? And, it’s not by chance that in the new president Ben Abbès France, teachers are much better regarded and treated ; this was part of the program and of the public desire.

"Submission is the basis of development" (Auguste Comte, again; a missile sent, with a kind of smile, to his main disciple Pierre Laffitte requesting clarification) - except that Comte himself did little to bind to academic authorities and governments and had to pay the price by marginalization ; so, a motto  to take with caution, but not less real.

"Submission is the basis of development”," Islam means submission”, so why not “Islam is the basis of development” and let’s make a novel about this. A novel, not really about Islam, not a political fiction (it is the weaker part of this book)), not a reactionary pamphlet,  nor sexist, nor racist. Simply a novel about humanity, as all great novels.

And by the way, when will Houellebecq’s last novel be published in England or United States ?  Will editors be more courageous that the intellectuals ( again ?) who refused to associate themselves with the fight for freedom, after Charlie Hebdo murders ?

 
Eric Sartori, author of  Le socialisme d'Auguste Comte, aimer, penser, agir au XXI ème siècle, L’Harmattan, 2013