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jeudi 29 février 2024

Action commune FED/Cérémé/GSCE : Appel pour une Politique Énergétique Rationnelle en France : Stopper l'Expansion des Énergies Renouvelables Intermittentes

 Action commune FED/Cérémé/GSCE  : Appel pour une Politique Énergétique Rationnelle en France : Stopper l'Expansion des Énergies Renouvelables Intermittentes

Dans un Communiqué de presse du 23 Février 2024, la FED ( Fédération Environnement Durable),  le Cérémé ( Centre d’étude des réalités écologiques et du mix électrique ) et le GSCE (Groupe des Scientifiques et Citoyens pour l'Électricité ) ont  lancé un appel pressant au gouvernement français et aux élus pour revoir la politique énergétique du pays.

Le GSCE met en garde contre la hausse rapide des prix de l'électricité, principalement attribuée au développement des énergies renouvelables intermittentes telles que l'éolien et le solaire.

Selon les données présentées par le GSCE, les prix de l'électricité ont augmenté de plus de 100% au cours des 16 dernières années, dépassant largement l'inflation. Pour inverser cette tendance, le groupe propose plusieurs mesures, dont l'arrêt du développement de ces énergies et une augmentation de la part de production nucléaire et hydraulique.

Une corrélation directe entre la proportion d'énergies renouvelables intermittentes et l'augmentation des prix de l'électricité a été établie par le GSCE, soulignant l'exemple allemand comme illustration de cette tendance. Selon leurs projections, la poursuite de l'expansion de ces énergies  en France pourrait entraîner une augmentation des prix de plus de 60% d'ici 2035.

Les investissements requis, notamment les parcs éoliens offshore, sont très élevés. Disséminés sur le territoire les éoliennes et les panneaux solaires entrainent aussi des coûts de raccordement exorbitants. En comparaison, la construction de centrales nucléaires sur les quelques sites existants serait économiquement beaucoup plus avantageuse, selon les études approfondies menées par le GSCE.

Le maintien et l'expansion du nucléaire et de l'hydraulique qui fournissent une électricité pilotable et renouvelable sont présentés comme la meilleure option pour garantir un approvisionnement électrique totalement décarboné et compétitif.

Une stratégie courageuse mettant fin au développement des énergies intermittentes au profit d'une approche pragmatique et respectueuse de l'environnement permettrait de stabiliser les prix de l'électricité et de protéger le pouvoir d'achat des citoyens, en particulier les ménages à faible revenu.

Contact Fed environnementdurable.org      

 Dans un document , le GSCE précise des éléments qui permettraient de se passer en très grande partie, voire totalement  de l’éolien offshore tout en maintenant un prix de l’électricité bien moins élevé

- Evolution des investissements à réaliser pour atteindre sans risque de black-out les 840 Wh nécessaires  à la consommation française en 2050

-         - Prolongation des centrales nucléaires existantes à 70 ans

-          - Construction de 24 centrales EPR2 en 30 ans

-          - Construction de 10 GW de gaz pilotables pour faire face aux besoins de pointe, alimentées par du gaz naturel et bientôt par du biogaz

-         - Arrêt des subventions et des garanties de prix en faveur des ENR intermittentes qui devront se développer par leur propre compétitivité

Cela incitera les producteurs d’ENR intermittentes à ne pas produire quand les prix de l’électricité sont négatifs et à développer des moyens de stockage. Il s’agît pour les ENR de passer d’une production fatale, non contrôlable, à une production utile par le couplage avec les moyens de stockage.

Cela correspond au scenario N4 chiffré par le Cérémé, qui, par comparaison au scénario RTE « officiel » (NO3 actualisé) présente en outre les atouts suivants : deux fois moins d’émissions de CO2/ Un système pilotable et un passage de la pointe électrique, quoi qu’il arrive.

NB d’autres scenarios présentent des caractéristiques similaires ace quelques variations , tels ceux de Patrimoine Nucléaire et Climat ou de Sauvons le climat !



lundi 18 avril 2022

EOS Eoliennes en Méditerranée : Avis de la CNDP sur la décision des responsables du projet

 Rappel : Il consiste en la réalisation, pour une durée de 25 à 30 ans, de deux parcs éoliens flottants commerciaux de 250 MW chacun et de leurs extensions, de 500 MW chacune. Les premiers parcs comporteraient chacun une vingtaine d’éoliennes flottantes, Avec l’évolution de la technologie, leur extension représenterait une trentaine d’éoliennes supplémentaires, soit une cinquantaine au total par parc.

Pour le débat CNDP, cf. sur ce blog : https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/03/compte-rendu-du-debat-eos-eoliennes.html


En fait lorsque le CNDP estime que les responsables du projet ont bien abordé tous les sujets soulevés dans le compte-rendu et le bilan du débat public et qu’il y a eu des avancées importantes du ministère de la transition énergétique…elle se fiche un peu du monde. En fait la vraie satisfaction qu’a obtenue la CNDP et à laquelle elle semble beaucoup tenir, c’est  que l’Etat s’engage à mener une large consultation des Françaises et des Français sur la politique énergétique nationale.

 Parce que pour le reste, selon la CNDP elle-même :

Etude des impacts environnementaux : satisfaction très partielle : 1 zone/3

La CNDP constate que «  le débat a permis de soumettre le choix définitif d’une zone d’implantation des éoliennes (la zone 2, située au large du Golfe de Fos-sur-Mer) aux résultats à venir d’études permettant d’en évaluer les impacts environnementaux.

Pour autant, les commissaires de la CNDP « relèvent l’absence d’explications sur la non prise en considération des résultats de ces études environnementales pour le choix des deux autres zones d’implantation, qui est présenté comme définitif (la zone 1 au large de Port-la-Nouvelle et la zone 3, la plus au sud, au large des Pyrénées-Orientales

 Possibilité d’éloigner davantage les éoliennes des côtes : c’est non !

« il n’a pas été donné de suite à la demande d’études pour évaluer la possibilité d’éloigner plus encore des côtes ces projets de parcs éoliens. »

Moratoire en attendant le retour des fermes pilotes c’est non !

« Si les responsables du projet ont décidé de maintenir le calendrier envisagé du projet, ils n’expliquent pas pourquoi les choix des zones et des grandes caractéristiques du projet sont effectués sans attendre le retour d’expérience des fermes pilotes et les résultats des études environnementales. »

Des concertations sur la pêche et le tourisme… à venir oui, peut-être, enfin on verra

« Les responsables du projet  -ne suivent pas la recommandation de la CPDP de créer un comité citoyen de rédaction du cahier des charges. ; -s’engagent à un dialogue constant avec le monde de la pêche ; les modalités de ce dialogue devront être définies avec les garant.e.s ; - s’engagent à mener une étude précise sur les impacts potentiels du projet sur l’économie touristique du littoral ; « 

Pas trop dupe, la CNDP note : ces différentes évolutions devront être consolidées par des engagements précis et transparents.

Et la CNDP enfonce le clou sur la concertation : les responsables du projet se déclarent ouverts à une concertation à toutes les étapes de l’évolution du projet, or le rapport retient principalement le site internet d’information et les instances de pilotage existantes à travers le Conseil maritime de façade (CMF)… qui n’est pas ouvert au public !

 Remarque :  un des grands griefs adressé au débat avait été un calendrier judicieusement ajusté pour éviter toute discussion vive sur l’impact sur l’économie touristique..

Respect des zones Natura 2000, c’est non !

« Leur objectif de protection peut être compatible avec un développement économique raisonné, ..Dans les sites Natura 2000 et du Parc naturel marin du golfe du Lion dans lesquels le développement d’éoliennes flottantes peut être compatible avec les objectifs de protection de ces espaces »

Remarque : le non respect des zones Natura 2000, en Europe, c’est quasi une exclusivité française, cf. le rapport du Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) sur le développement de l’énergie offshore en France (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/09/conseil-national-de-la-protection-de-la.html)

Réduction de la taille des éoliennes pour les rendre moins visibles de la côte, c’est non !

« La réduction de la taille des éoliennes, et donc de leur puissance unitaire, conduirait à augmenter significativement le nombre d’éoliennes à installer, avec pour corollaire un impact environnemental, un impact sur les usages (pêche, navigation) et un coût plus important…. »

 Rendre public le processus de sélection des candidats, à toutes ses étapes, c’est non

« Certaines étapes de cette procédure doivent, pour assurer son bon déroulement et garantir sa sincérité et l’effectivité de la concurrence, rester confidentielles »

«Enfin, signalons un tout petit problème : « Comme l’a souligné la CPDP, aucune zone consensuelle ne se dégage nettement »

 Les éoliennes, tout le monde en veut bien, mais chez les autres.

Enfin, la CNDP appelle  les responsables du projet à apporter des précisions sur le calendrier des études environnementales sur les quatre zones, destinées à « caractériser précisément l’état actuel de l’environnement ».

 En effet, ce serait une bonne idée…

Rapport de la CNDP : https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2022-04/AVIS_2022_42_EOL_MED_9-et-annexes.pdf

samedi 26 mars 2022

Sondage Opinion Way pour Sites et Monuments de France : Les Français, l’impact des éoliennes, les solutions : vers un moratoire ?

 NB : Sites & Monuments, association nationale créée en 1901, reconnue d’utilité publique en 1936 et agréée pour la protection de l’environnement depuis 1978, défend les paysages depuis sa fondation. Elle est ainsi à l’origine du vote, en 1906, de la première loi de protection des sites naturels en France.

https://www.sitesetmonuments.org/

https://www.opinion-way.com/fr/component/edocman/opinionway-pour-la-sppef-les-franc-ais-et-l-impact-des-e-oliennes-mars-2022/viewdocument/2820.html?Itemid=0

https://www.opinion-way.com/fr/component/edocman/opinionway-pour-la-sppef-les-franc-ais-et-l-impact-des-e-oliennes-mars-2022/viewdocument/2820.html?Itemid=0

Faut-il s’en étonner ? Le résultat est assez différent des sondages que les lobbyistes éoliens  relâchent à flots continus sur l’opinion des Francais sur l’éolien. Les raisons : ces sondages commencent systématiquement par un exposé sur le réchauffement climatique et les éoliennes sont présentées comme une solution auquel nul ne saurait s’opposer…Et ensuite vient un vague questionnement "l’image" qu’ont les Français de cette énergie…

Ceux qui se livrent à ces manipulations feraient bien de garder en mémoire cette remarque de  Mme Marjolaine Meynier Millefert Députée LREM, Rapporteur de la Commission d’enquête parlementaire sur les énergies renouvelables : 

«  comprendre que 80 % des gens qui vous disent que le développement des ENR électriques en France soutient la décarbonation  et finalement la transition écologique en France je pense que ce n’est pas bon non plus parce que le jour où les gens vont vraiment comprendre que cette transition énergétique ne sert pas la transition écologique vous aurez une réaction de rejet de ces politiques en disant vous nous avez menti » (Colloque National Éolien 2019)

Au contraire , Sites & Monuments a posé des questions précises sur l’impact des éoliennes sur les paysages, l’environnement, la qualité de vie, le vivre ensemble, l’attractivité des territoires, la perte de valeur des propriétés.

Et face à ces questions précises, les résultats ne sont pas du tout les mêmes !


Avis largement négatif sur tous les sujets santé des personnes, qualité de vie, santé des animaux.  Et plus de 70% négatif pour l ‘attractivité touristique, la beauté des paysages, la biodiversité, calme et silence des campagnes, valeur des habitations

-Les hommes ont une perception  un peu plus négative de l’impact des éoliennes que les femmes (79 contre 66%

-Les aspects négatifs de l’éolien sont même reconnus par la majorité des électeurs écologistes ( à plus de 65% pour la beauté des paysages, le calme, la valeur immobilière, l’entente entre les habitants, la santé des animaux…

Plus de 60% des français sont favorables à un éloignement  de 5km au moins  pour des éoliennes de 200m de haut…



On notera que même les électeurs écologistes sont en majorité 55% favorables à un éloignement de plus de 5km, et que 

Seuls 11% des écologiques ( 4%  des Français) soutiennent le maintien de la distance actuelle de 500 m ! ( rappelons que l’Académie des science set l’Académie de médecine et l’Académie des technologies se sont prononcées pour un éloignement de l’ordre de dix fois la hauteur.)

On notera que même les électeurs écologistes sont en majorité 55% favorables à un éloignement de plus de 5km, et que seuls 11% des écologiques ( 4%  des Français) soutiennent le maintien de la distance actuelle de 500 m ! ( rappelons que l’Académie des science set l’Académie de médecine et l’Académie des technologies se sont prononcées pour un éloignement de l’ordre de dix fois la hauteur.

Cf . Académie des sciences, Académie des Beaux-Arts, Académie des Sciences Morales et Politiques : Quelle place pour les éoliennes dans le mix énergétique français ?

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/03/academie-des-sciences-academie-des.html

Plus de 62% des Français sont favorables à l’interdiction des éoliennes dans les zones Natura 2000 (si, si ça se fait, et même beaucoup, en particulier pour l’éolien en mer !) Et surtout en France, très peu chez nos voisins.

Les Français ne veulent pas que 50 ans d’effort de protection de la nature soient jetées aux oubliettes  et que des zones protégées soient transformées en zones industrielles pour le plus grand profit des margoulins de l’éolien


Là aussi, sans appel : 80% des Français veulent que l’on impose pas des éoliennes aux communes dont le conseil municipal les refuse ou les citoyens s’y opposent par référendum – ce qui va complètement à l’encontre des pratiques de l’Etat, du Ministère de l’écologie et des préfets aux ordres.

Une majorité de près de 70 % est favorable à la destruction d’éoliennes existantes créant des nuisances et de façon intéressant, 69% des  Français sont favorables à un moratoire sur l’éolien terrestre.


A noter que sur le respect de la démocratie locale, même les électeurs écologistes y sont favorables en très grande majorité 70%

Le lobby des margoulins de l’éolien a du souci à se faire ! Car on est loin de leur revendication d’alléger fortement  les contraintes ! 

jeudi 3 mars 2022

Compte rendu du débat EOS (Eoliennes Flottantes en Méditerranée)

 Commentaire de la présidente de la CNDP (Mme Chantal Jouanno) et Compte-rendu du débat public

https://eos.debatpublic.fr/wp-content/uploads/EOS-Bilan-CNDP-1.pdf, https://eos.debatpublic.fr/wp-content/uploads/EOS-CR-2021_bd.pdf

Le projet EOS, premier grand parc éolien en Méditerranée !

Il consiste en la réalisation, pour une durée de 25 à 30 ans, de deux parcs éoliens flottants commerciaux de 250 MW chacun et de leurs extensions, de 500 MW chacune. Les premiers parcs comporteraient chacun une vingtaine d’éoliennes flottantes, leurs systèmes d’ancrage, un poste électrique en mer et le raccordement au réseau. Avec l’évolution de la technologie, leur extension représenterait une trentaine d’éoliennes supplémentaires, soit une cinquantaine au total par parc.

Le public a été amené à se prononcer sur l’opportunité, les alternatives et les caractéristiques de ce projet sur quatre zones en mer, pré-identifiées par l’État, d’une surface totale de 3300 km2. Les deux parcs représenteraient environ 10 % de cette surface et pourraient se situer à une distance comprise entre 15 et 55 kilomètres des côtes.

« Installer des éoliennes importantes en nombre et en taille (de 250 à 270 m de haut) dans cette mer n’a encore jamais été fait : ce serait un tournant pour notre rapport à la mer, perçue « 

(NB l’Espagne a un très grand  projet au large de la baie de Rosas …qui pourrait d’ailleurs interférer avec l’une des zones proposées…)

En Méditerranée, autant et même plus qu’ailleurs, la mer n’est pas vide, et elle n’est pas libre !


Un calendrier bien positionné… pour éviter le problème du tourisme 

« Dès la saisine initiale fin juillet 2020, les Commissaires ont interrogé son calendrier. Compte tenu de l’impact potentiel des projets sur le tourisme, il était opportun que le débat se tienne une partie de l’été. La saisine était trop tardive pour que cela ait pu avoir lieu en 2020. Par ailleurs, le report des élections régionales en juin 2021 a conduit les responsables de projet à  demander en avril un report du lancement du débat après les élections. »  (Chantal Jouanno) 

Un débat accéléré …pour tenter de pousser la décision. Et toujours cette question : pourquoi ne pas attendre le retour d’expérience des fermes pilotes ?

« L’accélération du calendrier de déploiement des parcs éoliens en mer Méditerranée a questionné la fiabilité de la parole de l’État. Les projets de fermes pilotes –au large de Leucate, Gruissan et du Golfe de Fos – avaient tous été présentés par l’État comme les préalables nécessaires à l’éventuel déploiement de parcs industriels. Or, l’annonce des projets de grande ampleur n’a pas attendu le retour d’expérience de ces premiers parcs. Se sont ajoutées de nombreuses interrogations sur l’engagement réel de l’État à tenir compte des conclusions de ce nouveau débat public » (Chantal Jouanno)

Les trois projets pilotes sont prévus au large de Leucate, de Gruissan et du Golfe de Fos et composés chacun de trois éoliennes flottantes de 8 à 10 MW. L’accélération du calendrier dans le développement des projets commerciaux est rendue d’autant plus problématique qu’énormément de retard a été pris sur les fermes pilotes. Elles devaient sortir en2019, elles vont sortir peut-être en 2023

Et lorsque ce projet avait été présenté, il avait été affirmé ceci : « Le suivi des fermes pilotes et de leurs impacts, à la fois sur le milieu et les écosystèmes marins ainsi que sur les activités socio-économiques préexistantes à ces fermes, demeure la condition préalable au déploiement commercial. En effet, un suivi négatif de ces fermes pilotes pré-commerciales d’éoliennes flottantes ne pourrait permettre un agrandissement des parcs à une échelle industrielle » (Document de planification - Le développement de l’éolien en mer Méditerranée, Préfet maritime de la Méditerranée, Préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur MARITIME, avril 2015).

En effet, pour reprendre la formule de Mme Jouanno : la fiabilité de la parole de l’Etat est vraiment questionnable !

Et le bilan carbone ?

L’éolien flottant, une énergie vraiment verte ? Le public du débat s’est interrogé sur l’analyse du cycle de vie de l’éolien flottant et son vrai coût environnemental. L’absence de consensus sur ce point, malgré les différents éclairages apportés par des experts, a conduit à la demande, par la CPDP, d’une expertise complémentaire sur le bilan carbone de l’éolien flottant en comparaison des autres énergies. Les résultats de cette expertise, commandée par la CNDP et réalisée par un expert indépendant, indiquent que le bilan carbone de l’éolien flottant commercial se situerait aux alentours de 19 g CO2/kwh. Un niveau légèrement supérieur au bilan carbone de l’éolien marin posé (entre 14 et 18 g CO2/kwh) ou de l’éolien terrestre (12,7 g CO2/kwh).

(NB pour le nucléaire en France c’est 6 g CO2/kwh ; donc, si on remplace du nucléaire par de l’éolien, surtout offshore, c’est plus carboné et beaucoup plus cher, voir ci après )

Facteur de charge, productivité, coût : des affirmations  très, très contestable 

Le facteur de charge, c’est à dire le pourcentage de production de l’éolienne par rapport à son maximum théorique à plein régime, qui est annoncé par le porteur de projet est de 50%. Or ce chiffre ne paraît pas réaliste à tous, l’opportunité du projet n’étant pas la même si ce facteur de charge est inférieur à celui annoncé par le porteur de projet ou s’il se rapproche de celui de l’éolien terrestre (25- 35%). L’État et RTE soutiennent la pertinence de ce chiffre de 50%, sans en avoir démontré le calcul, en s’appuyant sur les industriels qui semblent convaincus, au vu des expériences étrangères, qu’il sera, dans les faits, peut-être même supérieur… (Ben voyons)

NB : on pourra se reporter à ce petit communiqué Oersted : 

« Fin 2019, les cours du géant danois Oersted, pionnier de l’éolien offshore ont plongé en fin d’année en raison de la réévaluation de la production de son parc éolien en mer. Ce dernier aurait sous-évalué les pannes à répétition entraînées par les vents violents du large. Les marchés s’interrogent donc sur la viabilité de ce business model dont la robustesse financière reste encore à démontrer. Selon l’agence environnementale américaine, le coût actualisé de l’énergie éolien en mer reste 2,7 fois plus élevé que l’éolien conventionnel. 

Très confraternel, Orstedt  qu’il baissait son taux de rendement interne prévu pour plusieurs projets en Europe et à Taïwan. La question sous-jacente est une sous-estimation des effets de sillage et de blocage. Son porte-parole a  insisté sur le fait que le problème n’est pas propre à l’entreprise, mais plutôt à l’ensemble de l’industrie, ajoutant que ses prévisions sont généralement plus prudentes que celles de ses concurrents.

« Notre tâche principale est de nous assurer que nous ne prenons que des projets où nous créons effectivement de la valeur. Il n’est dans l’intérêt d’aucun actionnaire, ni de notre organisation d’opérer avec des prévisions de production gonflées et de gagner des projets sur cette base  

Derrière ce débat sur l’augmentation des coûts de l’énergie, pointe aussi le soupçon que les bénéfices économiques de ces opérations profitent à des grosses entreprises.  Les porteurs du projet et la filière industrielle annoncent chercher ensemble une réduction des prix, et espèrent une convergence des prix entre l’éolien flottant et l’éolien posé à terme.

Mais en attendant, la filière va être soutenue par l’usager au travers des finances publiques et du TURPE (Tarif d’Utilisation du Réseau Public d’Électricité qui représente 25 % de la facture de l’usager) à un tarif élevé (110€/MWh) pendant vingt années.

NB :  et ca parait plutôt optimiste. Il faut plutôt compter entre 230 et 150 €/MWh . Et il faut ajouter le côut du raccordement : typiquement  25% pour un poste en mer à  30 km. des côtes,   30% ou plus à 50 km.



NB : L'arrêté du 9 avril 2020 fixe les conditions de rachat de l'électricité produite par les quatre fermes pilotes éoliennes flottantes pour une durée de vingt ans. Le taux de rentabilité interne d'un projet ne devra pas excéder 8,5 % après impôts. Si cette rentabilité est supérieure, « les gains additionnels sont partagés à 50 % entre l'État et le producteur, en tenant compte de l'évolution des conditions économiques de fonctionnement de l'installation »

Si cet arrêté est appelé à faire école, 8.5% c’est pas mal comme garantie… 

Un parc et après : « Apocalypse Eoliennes ! A terme 27% de l’espace marin régional selon EELV ! 

Une centaine d’éolienne, c’est pas assez et ceux qui les acceptent doivent savoir qu’en fait, il y en aura beaucoup plus.  La  ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, n’a pas caché l’intention d’aller plus loin sur cette façade : « Le potentiel pour le développement de l’éolien en mer en Méditerranée s’établit au-delà de 1,5 GW, d’autres projets devraient à l’avenir y être envisagés si la France et les Régions veulent atteindre leurs objectifs de neutralité carbone ».

Un objectif chiffré de production est avancé dans les deux schémas régionaux PACA et Occitanie : 5 GW en 2050, si on les additionne, « 27% de l’espace marin régional, soit 3 750 km2 sur les 14 000 km2 du plateau continental, c’est ce que devraient couvrir les parcs éoliens à l’horizon 2050 » alerte EELV dans son Cahier d’acteurs. Si les deux projets en débat ne sont qu’un début, à quel rythme, jusqu’où et pour quels besoins projetés envisage-t-on la suite ?

NB : C’est ce que la CNPN (Commission Nationale de protection de la Nature), très critique sur l’éolien maritime appelle la stratégie des poupées russes : le cumul de parcs sur un même secteur choisi initialement au vu du seul impact du parc initial. Attention, un parc peut toujours en cacher un autre.

NB2 : tiens, EELV commence à prendre position contre l’éolien maritime et ses abus. Intéressant

http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021-17_avis_autosaisine_cnpn_eolien_offshore_france_du_06_juillet_2021.pdf

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2021/09/conseil-national-de-la-protection-de-la.html

 

Biodiversité/migration des oiseaux : il y a sans doute un problème, mais on verra après ! 

La  Camargue est un haut lieu à la fois de l’hivernage, de la reproduction et de la migration des oiseaux » (Audition d’experts) : y a-t-il un risque de perte d’habitat et de mortalité accrue ?

Eh ben, on sait pas ! « Conscient de la fragilité des données à sa disposition, l’État a initié en 2021 un programme de recherche baptisé MIGRALION, dont l’objectif est la « caractérisation de l’utilisation du golfe du Lion par les migrateurs terrestres et l’avifaune marine ». Ce programme, porté par l’Office Français de la Biodiversité et dix partenaires scientifiques et industriels, permettrait « de savoir ce qui va se passer en mer » (Audition d’experts). 

Mais les résultats étant attendus en 2024-2025, le public se demande comment ceux-ci peuvent être pris en compte quand on veut aujourd’hui décider d’une localisation.

En effet ! 

Des éoliennes dans des aires marines protégées ? Eh oui, c’ est possible ! 

Une grande partie du plateau continental du golfe du Lion est concernée par diverses mesures de protection (sites Natura 2000, réserves, parc naturel marin…). « La zone A est un parc marin, je ne comprends même pas pourquoi cette zone a été proposée, ça n’a pas de sens ! » (Débat mobile, Sète).

La contradiction a été également relevée lors du Congrès mondial de la nature de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Marseille début septembre 2021 : « la France, pays hôte, s’est engagée à (...) parvenir à 30% d’aires protégées au niveau national d’ici 2022, et protéger fortement 5% de ses aires maritimes méditerranéennes d’ici 2027, soit une augmentation de 25 fois par rapport à aujourd’hui. » (Manifeste de Marseille).

Le Conseil national pour la protection de la Nature a estimé « incompatible » cet engagement avec le programme de développement éolien en mer de l’État : « L’adéquation des objectifs éoliens offshore avec l’objectif de zéro perte nette de biodiversité inscrit aux articles L. 110- 1 et L. 163-1 du code de l’environnement paraît difficile voire impossible à atteindre au regard de la connaissance actuelle des incidences et surtout des moyens techniques d’expertise et de pilotage permettant d’y remédier efficacement, ainsi que l’objectif de préservation du paysage marin. »

A cela le ministère répond : « Toutes les aires protégées ne sont pas pour autant sanctuarisées : la réglementation vise la régulation des usages, non pas leurs strictes exclusions » 

Cohabitation des usages : gros problème pour les pêcheurs : 

On voit tout de suite pourquoi :



Donc, les pêcheurs réclament :

 - une implantation hors des macro-zones B et C et au-delà de la limite des 20 milles nautiques, étant donné le caractère indispensable de ces zones dans l'économie de la pêche. Ces zones représentent des secteurs de forte dépendance pour les pêcheurs de la Sa.Tho.An. Une implantation dans un de ces secteurs de forte dépendance serait donc très préjudiciable pour eux. 

Aucune suppression de zones de pêche sans récupération équivalente dans un autre secteur ; 

- L'élaboration d'un retour d'expérience complet des fermes pilotes avant le lancement d'un projet de plus grande envergure dans un milieu fragile ; 

En fait, « le secteur de la pêche et ses représentants souscrivent largement à la proposition d’un report » et veulent attendre le retour d’expérience des parcs pilotes

L’impact potentiel sur la ressource halieutique est trop crucial pour leur activité : « La profession attend beaucoup de ces projets pilotes. En effet, ces derniers devaient apporter des réponses aux nombreuses interrogations concernant de potentiels impacts, tant sur l’environnement que sur les ressources halieutiques, (...). Or, les projets pilotes ont pris du retard (...) et le débat public relatif à l’installation d’importants parcs éoliens commerciaux en Méditerranée se fait sans que les acteurs puissent obtenir les réponses à ces nombreuses interrogations. Plusieurs craintes ont été exprimées par la profession, et le manque de retour d’expérience ne permet pas d’apporter de réponses concrètes sur les effets potentiels » 

Au-delà de la pêche, la Commission rappelle que la « grande bleue » n’est vide et libre qu’en apparence et que  les parcs éoliens s’implanteraient dans un golfe du Lion « surexploité », investi par une multiplicité d’acteurs : cargos, tankers, porte-conteneurs, filets de pêche, câbles sous-marins, bâtiments de la marine nationale, yachts, navires de croisière, jet skis …

Les conflits d’usage sont donc latents et nombreux :le développement de l’éolien se traduira immanquablement par plus de réglementations, moins de liberté de circulation, et donc moins de zones à pêcher.  

Quant aux représentants de la SNSM (les Sauveteurs en mer), ils posent la question de la sécurité dont les contours restent flous. Quelles seront les conditions de navigation dans les parcs et aux abords ? Qui assurera la surveillance ?  La marine nationale ? La gendarmerie maritime ? L’exploitant ?

Le raccordement terrestre : un point négligé 

Le raccordement terrestre a soulevé peu de questions bien que l’on ait parlé de l’installation d’un poste de compensation pouvant occuper jusqu’à 3 ou 4 hectares de terres à proximité du littoral, ou de travaux terrestres pouvant impacter des terres agricoles. Seule FNE Languedoc-Roussillon a alerté dans son cahier d’acteurs sur la nécessaire préservation de la « stricte intégrité des hauts de plage, des cordons dunaires et des lidos qui ne peuvent être coupés ou remaniés même momentanément » et sur la limitation au maximum de « l’artificialisation d’espaces à forte valeur patrimoniale et paysagère ».

Le grand large, faisable techniquement et supportable économiquement.

« La faisabilité technique d’une implantation au grand large a été confirmée par plusieurs industriels. Ils estiment transposable à l’éolien l’expérience des plateformes pétrolières, par exemple le recours à des chaînes d’ancrage en polyester permettant d’atteindre de grandes profondeurs. Pour eux, c’est de toute façon la logique de l’éolien flottant que d’ouvrir des zones beaucoup plus éloignées des côtes, et donc beaucoup plus vastes à leur implantation. Et la profondeur de la plaine abyssale, qui oscille entre 2 000 et 2 500 m de fond, est comparable aux profondeurs d’ancrage des plateformes pétrolières les plus récentes. 

Ce choix aurait bien sûr un coût, notamment dû au raccordement.. Pour le raccordement en particulier, l’éloignement au grand large nécessiterait d’installer le poste de transformation sur flotteur, et des évolutions techniques des câbles dynamiques. RTE alerte sur ces verrous technologiques, sur lesquels il a engagé plusieurs projets de recherche et développement.

Ce coût pourrait être atténué, voire compensé, par un accroissement du facteur de charge des turbines grâce à des vents plus forts et plus constants au large ; en outre il pourrait être complètement compensé si des puissances plus importantes étaient installées (nombre de parcs, nombre de mâts par parc...). Les coûts de maintenance sont supposés être proportionnels à la distance à la côte (plus de carburant pour les bateaux, plus de temps/homme…) mais les progrès technologiques attendus permettent de penser qu’en 2030, année prévue d’installation des parcs si le projet se réalisait, des solutions de maintenance locale (automatisée) pourraient réduire les déplacements humains au strict minimum.

 « On a les techniques pour relever le défi de la profondeur, il ne faut donc pas s’interdire d’aller chercher les opportunités qu’offre l’éloignement de la côte, en particulier une moindre interaction avec les nombreuses activités maritimes davantage concentrées sur la frange littorale » (Technip Energies - audition d’experts). Nous avons au Mexique installé les fondations d’une ligne d’ancrage à plus de 2 900 mètres… L’enjeu est avant tout la maîtrise de coûts et l’impact sur la densité des fermes que l’on met en avant plus que la faisabilité technique elle-même que nous considérons comme acquise » (Technip Energies) »

La question de l’emploi : comme d’hab, du non dit sur les emplois perdus et des illusions sur les emplois gagnés

« Les acteurs du tourisme se sont peu exprimés directement dans le débat, notamment du fait de la période estivale où ils ont indiqué être très peu disponibles. Ce sont donc les élus locaux qui ont relayé leurs inquiétudes. Par le biais des cahiers d’acteurs et des avis publiés, et aussi de manière plus informelle pendant les réunions de proximité, les collectivités ont rappelé le poids du tourisme dans l’économie locale, notamment sur le littoral occitan, où l’économie touristique est très dominante, et ont exprimé de fortes inquiétudes quant à l’impact des projets à l’impact des projets sur l’image touristique et l’activité hôtelière. »

NB : c’était quand même bien pratique de faire cette concertation l’été

Mais, alerte une étude de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités Occitanie, les métiers les plus représentés tels que technicien de maintenance, marins-pilote, coffreur béton, soudeur chaudronnier, « sont aujourd’hui déjà en tension dans les territoires. Le développement de fermes éoliennes risque de renforcer ces tensions ».

Donc, en fait, peu d’emploi local Et aussi ces remarques pleines de bon sens de certains intervenants

« La maintenance sera effectuée par une main d’œuvre étrangère qui habitera sur le bateau, comme pour tous les autres travaux d’installation d’éoliennes en mer. Comment justifiez-vous les 100 ou 125 emplois locaux pour une usine de 500 MW ? » 

NB : c’est effectivement ce qui se passe en Ecosse ! 

« Maintenant il ne faut pas rêver. La filière a démarré il y a une dizaine d’années sur la côte Atlantique et la Manche. Des usines ont été construites, il n’y en aura pas d’autres chez nous. »

« L’éolien en mer en France est dominé par des consortiums majoritairement étrangers, comme en baie de Saint-Brieuc. Ces opérations accentuent la dérégulation du service public de l’électricité, en cassant le monopole dont EDF a longtemps bénéficié, qui était la garantie de l’égalité d’accès des citoyens à ce service public »

NB : effectivement, c’est un autre problème à considérer !

Bilan : un moratoire sur l’éolien flottant ! 

Que ce soient les questions techniques qui restent à régler pour une technologie non mature et très coûteuse, les incertitudes profondes sur l’équations économiques, les effets non documentés sur la biodiversité, les oiseaux,  la pêche, les zone Natura 20000, le manque de données fiables sur les emplois gagnés et perdus,  l’incertitude même sur l’intérêt climatique, les évolutions techniques qui pourraient permettre d’aller plus au large, etc. tout pousse à un moratoire sur l’éolien flottant et à des expériences pilotes.

C’est d’ailleurs bien l’avis de la CNDP, cf. commentaire de Mme Jouanno :

L’accélération du calendrier de déploiement des parcs éoliens en mer Méditerranée a questionné la fiabilité de la parole de l’État. Les projets de fermes pilotes –au large de Leucate, Gruissan et du Golfe de Fos – avaient tous été présentés par l’État comme les préalables nécessaires à l’éventuel déploiement de parcs industriels. 

L’étude de contexte menée par la commission a révélé que ces projets de parcs éoliens en mer n’étaient pas connus localement par le grand public.

L’absence d’informations environnementales suffisantes et le refus de demander un cadrage préalable à l’Autorité environnementale n’ont pas permis à l’État de répondre à une question récurrente: ces projets sont-ils compatibles avec l’exigence affichée de préservation de la biodiversité? Tous les débats publics sur des projets de parcs éoliens en mer se confrontent à cette même question et à cette même difficulté.

« Un nombre important d’expressions dans le débat demandent de reporter la décision en opportunité et/ou le choix des zones préférentielles. Loin d’être une opposition de principe, cette position considère que les conditions d’une meilleure décision seront réunies dans un délai finalement assez court au regard de la vie d’un projeté

Et même les associations habituellement  les plus pro-éoliennes demandent un report  !

Ainsi, la FNE locale: «  À France Nature Environnement, on pense qu’il faut vraiment accepter de retarder d’environ trois ou quatre ans la décision du site que l’on va choisir. Ce qui est important dans la séquence ERC, c’est le E, c’est-à-dire Éviter. À 80 %, cela dépend du site où l’on va mettre les éoliennes. Quel que soit ce que l’on fera après, si on choisit le site dans les six mois qui viennent, dans la phase d’incertitude complète… »

En conclusion, une dernière remarque sur le site : « Nous nous apprêtons à défigurer 200 km de côte, avec des éoliennes visibles à 50 km, pour gagner l’équivalent de deux cinquièmes d’une centrale nucléaire. Cela vaut-il la peine ? »


vendredi 17 janvier 2020

Petits problèmes avec l’éolien - 9 : Le « Minority Report » de Julien Aubert


Marjolaine Meynier Millefert, (LREM), rapporteur de la Commission d’enquête parlementaire sur les énergies renouvelables et la transition énergétique présidée par le député Julien Aubert (2019):

« Quand on a 80 % des gens qui vous disent que le développement des ENR électriques en France soutient la décarbonation et finalement la transition écologique en France, je pense que ce n’est pas bon non plus parce que le jour où les gens vont vraiment comprendre que cette transition énergétique ne sert pas la transition écologique vous aurez une réaction de rejet de ces politiques en disant vous nous avez menti en fait. »

Eléments de contexte. C’est toute une série de blogs que j’ai commencés par cette citation d’autant plus savoureuse qu’elle émane d’une députée LREM, rapporteure de la Commission impulsée par Julien Aubert, et de choix opposés, convaincue de l’intérêt des ENR, même électriques, et qui dévoile ainsi, comme la plupart des écolos tendance bigots, que son souci n’est pas du tout la lutte contre le changement climatique, ni la décarbonation, mais un antinucléarisme idéologique et irrationnel. Entre son président, Julien Aubert et la rapporteure, qui a donc eu la main finale sur le rapport, les désaccords quoique courtois, se sont accumulés au point que Julien Aubert et 8 parlementaires membres de la Commission ont eu une démarche assez inédite en France, amis commune dans les pays anglo saxons : publier un rapport dissident, un minority report affirmant leur désaccord avec le rapport officiel. 

Pourquoi le minority report ?

Explication de la démarche : « Le Président de la commission d’enquête Julien Aubert, ainsi que huit députés membres de celle-ci, ont décidé de s’associer afin de formuler des propositions de recommandations collectives, pour traiter des problèmes qui ne le sont pas suffisamment par les recommandations du Rapporteur.

Quoiqu’en accord avec certaines recommandations, nous estimons nécessaires de préciser certains points. Cela est le cas notamment pour le subventionnement des énergies renouvelables, pour lequel le Rapporteur préconise de poursuivre les subventions, tout en accentuant le soutien de l’État en amont sur le développement des projets, afin dans un deuxième temps de mettre fin aux subventions d’aval. Il ressort pourtant des auditions que le subventionnement aux énergies renouvelables coûte cher et qu’un grand nombre de filières sont aujourd’hui matures ou presque. Il convient donc d’agir de manière plus volontariste, de cesser toute politique de complément de rémunération pour les énergies renouvelables électriques matures (éolien terrestre et photovoltaïque) tout en rééquilibrant les aides d’amont. Sans cette mesure, le redéploiement des aides vers les autres filières n’est pas possible, sauf à augmenter la taxe carbone, ce qui n’est pas notre approche.

Par ailleurs, le Rapporteur propose de mieux prendre en compte les zones de pêches dans le développement de l’éolien en mer. Si nous considérons préférable le développement de l’éolien en mer, c’est surtout en direction de l’éolien flottant avec une interdiction absolue d’implanter des parcs dans des zones de pêche ou des parcs naturels marins. De plus, cette recommandation qui fait consensus ne se conçoit que dans un plan global visant à établir un moratoire partiel sur le déploiement de l’éolien terrestre ou posé, victime d’un vrai rejet massif des populations concernées.

Sur ce point, le Rapporteur recommande de « mieux répartir le déploiement des ENR électrique sur tous les territoires ». Même si une meilleure répartition est souhaitable pour favoriser l’acceptabilité sociale, nous considérons qu’elle n’est pas suffisante et qu’il faut imposer des limites au développement de l’éolien, notamment en proportionnant la hauteur des éoliennes, pâles comprises, à la distance aux premières habitations (et faire passer cette distance minimale à 1500 mètres, seuil préconisé par l’académie de médecine, pour toute éolienne dépassant 180 mètres pales comprises). Sur le démantèlement des éoliennes en fin de vie, celui-ci doit être obligatoire avec une remise en l’état des sols (sauf en cas de « repowering »).

 Par ailleurs, certaines recommandations formulées par le Rapporteur, méritent selon nous d’être précisées. Ainsi, sur la garantie de démantèlement des éoliennes, nous proposons l’obligation pour le promoteur éolien de provisionner chaque année, sur une période maximale de 15 ans, de quoi atteindre 50 000€ pour chaque MW d’éolien installé sur un compte de la Caisse des Dépôts et Consignations pour financer le démantèlement et le recyclage des éoliennes en fin de vie, et non 75 000 au total, ce qui semble insuffisant.
Le Rapporteur recommande de renforcer les liens entre la PPE, les SRADDET et les PCAET. Nous considérons que la programmation des éoliennes doit revenir dans les documents d’urbanisme au niveau de l’intercommunalité (plan local d’urbanisme) avec la zone de développement éolien (ZDE).

De plus, au niveau national, nous pensons que l’ADEME devrait être remplacée par un commissariat de la transition énergétique rattaché au Premier ministre qui pilotera l'aménagement du territoire en matière d’énergie. (N.B : on trouve aussi ceci : Remplacer l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) par une structure indépendante des opérateurs privés de l’énergie.)

Enfin, nous souhaitons faire part de notre scepticisme concernant certaines recommandations proposées par le Rapporteur. Sur le « Repowering » éolien par exemple, nous pensons au contraire que celui-ci doit respecter les documents d’urbanisme et les directives paysagères, tout comme une nouvelle installation. Le Rapporteur propose également de réaliser des sondages pour conclure la période de concertation avant l'implantation de projets éoliens. Nous considérons que cette mesure n’est pas de nature à favoriser l’acceptation d’un projet, et qu’au contraire il faut déclarer un moratoire sur tout projet éolien terrestre ou maritime posé qui ne fait pas l’objet d’un consensus politique local.

Les recommandations du minority report Aubert.

1) Mettre en place un moratoire sur l’éolien terrestre et maritime posé quand il n’y a pas de consensus politique local sur la commune impactée ou le territoire impacté.

2) Privilégier le développement de l’éolien flottant, hors des zones de pêche et parcs naturels marins.

3) Cesser toute politique de complément de rémunération aux énergies renouvelables électriques matures (éolien terrestre et photovoltaïque) et développer les mécanismes de soutien en amont (études, garantie aux investisseurs pendant la phase de faisabilité).  Rééquilibrer les crédits budgétaires consacrés aujourd’hui aux énergies renouvelables électriques matures vers les nouvelles filières énergétiques (par exemple l’hydrogène), ainsi que vers l’habitat et les transports.

4) Proportionner la hauteur des éoliennes, pâles comprises, à la distance aux premières habitations, comme le recommande le rapport de l’Académie de médecine du 3 mai 2017 (faire passer cette distance minimale à 1500 m pour toute éolienne dépassant 180 m pales comprises ou, à défaut, limiter les éoliennes à 150 m pales comprises).

5) Revenir à la programmation des éoliennes dans les documents d’urbanisme au niveau de l’intercommunalité (plan local d’urbanisme) avec la zone de développement éolien (ZDE).

6) Le « Repowering » éolien doit respecter les éventuelles nouvelles contraintes instaurées dans les documents d’urbanisme

7) Prévoir l’obligation pour le promoteur éolien de provisionner chaque année, sur une période maximale de 15 ans, de quoi atteindre 50 000 euros pour chaque MW d’éolien installé sur un compte de la Caisse des Dépôts et Consignations, afin d’être utilisé pour le démantèlement et le recyclage de l’éolienne en fin de vie.

8) Prévoir l’obligation pour le promoteur éolien de provisionner chaque année, sur une période maximale de 15 ans, de quoi atteindre 50 000 euros pour chaque MW d’éolien installé sur un compte de la Caisse des Dépôts et Consignations, afin d’être utilisé pour le démantèlement et le recyclage de l’éolienne en fin de vie.
Prévoir le démantèlement automatique au bout de l’échéance de vie de l’éolienne, même sans changement de document d’urbanisme avec une obligation de remise en état des sols (retour à la terre) au moment du démantèlement (retrait complet des fondations en béton) , sauf en cas de repowering utilisant exactement les mêmes fondations.

9) Réformer le dispositif de l’ARENH en le réservant aux opérateurs disposant de leurs propres capacités de production.

10) Pour les propriétaires de terrain : aligner le coût de location du terrain au promoteur éolien au coût de revient de l’hectare exploité dans la Région (ex si dans la Beauce 2000 m2 produit 600 € de revenu (3000 € l’hectare) mais 2000 m2 de terrain loué pour de l’éolien produit 6000 € de revenu pour le propriétaire.

Commentaire : un mot sur le repowering : dans le cadre actuel, un promoteur éolien peut garder les anciennes éoliennes en fin de vie ou ce qu’il en reste sans rien démanteler et placer à côté de nouvelles éoliennes plus puissantes, sans avoir à se soumettre à de nouvelles autorisations.

L’éolien ne décarbone rien, bien au contraire. Son développement en France est climatiquement négatif !

C’est ce que rappelle aussi Julien Aubert dans un préambule assez musclé. Citation :

«  En 2018, les émissions de gaz carbonique ont représenté, en France, de l’ordre de 9 % des émissions de l’Union européenne et de 0,9 % des émissions mondiales. Plus de 30 % des émissions proviennent des transports routiers, transport individuel et de marchandises, plus de 20 % du bâtiment résidentiel et tertiaire. Pour sa part, la production d’électricité est responsable de 5 % des émissions »
Or, si l’on met la répartition par filière de l’aide publique à la transition énergétique en regard d’un tel constat, la conclusion apparaît tout autant dépourvue d’ambiguïté : une nouvelle transition électrique, visant à substituer au nucléaire des énergies alternatives électriques. Compte tenu des caractéristiques de notre bouquet électrique, de tels choix visent donc essentiellement à substituer une énergie décartonnée à une énergie déjà décartonnée

Si l’on veut être précis, l’argument de la décarbonations mériterait d’ailleurs d’être relativisé, lorsque l’on parle de développer la production électrique. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), un panneau solaire doit fonctionner en moyenne trois ans pour produire l’énergie qui a été nécessaire à sa fabrication, son impact carbone étant en moyenne de 55 grammes d’équivalent CO2/kWh. Les étapes de purification et de préparation du silicium nécessitent beaucoup d’énergie et passent encore par l’utilisation de produits chimiques comme l’acide sulfurique. Quant aux éoliennes, si elles n’émettent pas de gaz à effet de serre lors de leur production d’électricité, elles n’en demeurent pas moins une source globale d’émissions au cours de leur cycle de vie. Toujours selon l ADEME, l’analyse du cycle de vie d’une éolienne, qui prend en compte à la fois l’extraction et le traitement des matières premières mais aussi les processus de fabrication, le transport, la distribution, la réutilisation et le recyclage de certains composants, conduit à une émission en moyenne entre 12 et 15 grammes d équivalent CO2/kWh. Ce résultat s’explique en grande partie par la fabrication des composants qui représente 50 % de l’équivalent CO2 ainsi que par leur transport vers le site d’assemblage ou d’installation

Lors de son audition… M. Jean François Carenco, le président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), a ainsi convenu du fait que la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables électriques ne sont pas réalisés dans le but de diminuer les émissions de gaz à effet de serre : « Il ne faut pas s’y tromper : grâce au mix énergétique décarboné, composé principalement de nucléaire et d’hydroélectrique, nous bénéficions déjà de faibles émissions de CO2 et d’un prix de l’électricité maîtrisé. Nous émettons six fois moins de CO2 que nos voisins allemands et le prix de l’électricité pour un consommateur résidentiel moyen est de l’ordre de 180 euros par mégawattheure contre 300 euros en Allemagne. Le développement des énergies renouvelables électriques ne sert donc pas à réduire les émissions de CO2. Il faut le rappeler, car on dit beaucoup de mensonges à ce sujet. Cela n’a aucun sens et procède d’une forme de populisme idéologique. »

NB :En fait, c’est encore pire ! En terme de cycle de vie, le Ministère de la Transition Energétique donne les chiffres suivants par kWh: 6g nucléaire, 10g éolien, 32 g solaire, 443g gaz,  solaire (32g), gaz (443g), fioul (778g) et charbon (1050g). Compte-tenu de l’intermittence (facteur de charge) de l’éolien, on vous vend quelque chose dont il manque les 3/4 pour que ça marche correctement…Donc de l’éolien, c’est en fait ¼ d’éolien et ¾ de gaz , et là c‘est beaucoup moins favorable : 6g/kW.h contre 330g/kw.h