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vendredi 11 novembre 2022

Les éoliennes « vertes »… à voir : 2) le SF6 ( Hexafluorure de Soufre)

 Donc, après le balsa https://vivrelarecherche.blogspot.com/2022/10/du-balsa-dans-les-eoliennes-oui-et-pas.html, le SF6


Le SF6, un tueur climatique…utilisé dans les éoliennes 

Le SF6 (hexafluorure de soufre ) a été découvert en 1901 par les chimistes français Henri Moissant et Paul Lebeau. C’est un excellent isolant électrique, stable chimiquement et thermiquement, facilement manipulable, non toxique ; pour cette raison, il a été et reste employé dans nombre d’appareils  électriques, principalement les disjoncteurs à haute tension et les postes électriques sous enveloppe métallique.

Son seul probléme : c’est un gaz à très fort effet de serre, avec un  potentiel de réchauffement global (PRG) à cent ans 23 500 fois supérieur à celui du CO2. Et sa durée de vie est longue : une fois que le SF6 entre dans l'atmosphère, il faut plus de 3 000 ans pour qu'il se décompose. Néanmoins, vu ses faibles concentrations dans l’atmosphère, sa contribution au réchauffement climatique global était considérée comme faible (0,002 ppbv, 0,01% du RC)

Sauf que, alors que le SF6 commence à être interdit par de nombreux secteurs manufacturiers, il est encore largement utilisé dans les éoliennes, principalement dans les tableaux de distribution électroniques. Lorsque l'espace disponible est limité, comme c'est le cas à l'intérieur des éoliennes, ce gaz  offre une excellente isolation tout en laissant un espace supplémentaire pour les machines et les pièces vitales. La quantité est faible (environ 2 kg de gaz) par éolienne, mais avec environ 30 000 éoliennes), ce n’est plus du tout négligeable.

Et ça se voit !

Les mesures de l'air au-dessus de l'Allemagne ont déjà identifié le pays comme le pire contrevenant en Europe en ce qui concerne la substance hautement dangereuse qu'est l'hexafluorure de soufre (SF6). Il est utilisé dans la fabrication des éoliennes et s'échappe dans l'environnement. L'Allemagne étant le leader de l'utilisation des éoliennes en Europe, les scientifiques affirment que c'est le principal facteur expliquant les niveaux exceptionnellement élevés de SF6 relevés en Allemagne.

Avec les 30.000 éoliennes allemandes, l´effet du SF6 qui s´en échappe est plus important que celui du trafic aérien intérieur de l´Allemagne.  Autre élément de comparaison : cela représente émettent environ 20 fois + de CO2e que le SF6 émis par le parc nucléaire  français et souvent pointé par les écologistes (https://twitter.com/grunblatt/status/1561787055398686733?t=c8tBIUEP_De2LbPd6p1QXg&s=09 ) 

Un comportement délictueux : 

Dès 1997, le protocole de Kyoto stipulait que les émissions de SF6 devaient être limitées. L'industrie s'est engagée volontairement à réduire l’utilisation de SF6, à l'utiliser dans des systèmes fermés, et à le recycler et le neutraliser à la fin de son utilisation pratique. L'engagement de 1998 stipulait également que les entreprises devaient enregistrer et communiquer les quantités utilisées et recyclées. 

Or, ce n'est pas le cas. En fait, l'Allemagne viole cette disposition à grande échelle, et les données atmosphériques le prouvent. Selon le Taggeschau, les niveaux de SF6 sont 50 % plus élevés que ce que suggèrent les données d'émission actuelles fournies par l'industrie !

 https://www.tagesschau.de/wirtschaft/technologie/erneuerbare-energien-windkraft-treibhausgas-sf6-101.html


Lorsque le magazine économique Plusminus a interrogé les 2 plus grands fabricants d'éoliennes sur les niveaux élevés de SF6, Nordex et Vestas ont répondu qu'il n'y avait pas d'alternative. Ils affirment que seules de petites quantités de SF6 s'échappent dans l'air et veillent à ce que le produit chimique soit éliminé de manière appropriée à la fin de la durée de vie de l'éolienne. L'engagement de 1998 stipulait également que les entreprises devaient enregistrer et communiquer les quantités utilisées et recyclées.

Oui mais, comme pour le démantèlement, ce ne sont pas les fabricants, mais les propriétaires d’une éolienne à démanteler qui doivent s’occuper eux -même de l’élimination et du recyclage du SF6. Et en cas de doute, il est plus facile de laisser la substance s’échapper dans l’environnement. Il n’y a aucun contrôle. Le mur de démantèlement des éoliennes générera des montagnes de pales et des nuages de SF6 !

Des alternatives…mais un moratoire soutenu par les écolos !

Il existe des solutions alternatives développées notamment par Schneider Electric et Siemens qui utilisent simplement le vide comme isolant.  Divers fournisseurs d’interrupteurs haute tension l’intègrent déjà, ou des systèmes similaires,  dans les équipements dédiés à la distribution de l’électricité et cela devrait être généralisé.

Siemens a développé ce système  pour les éoliennes de sa filiale Gamesa, mais la plupart des fabricants d’éoliennes considèrent que cela représente un coût supplémentaire qui obère leur compétitivité.

En conséquence, l’Union Européenne ne prévoit pas d'interdire ce gaz dans les dispositifs électriques avant 2030, soit une période de transition de huit ans supplémentaires par rapport à ce qui était prévu. Un moratoire très demandé par l’industrie allemande soutenu par les Verts dont le leader au parlement européen , Baas Eickhout a déclaré : « Vous avez fait pression avec succès et fait valoir que la transition énergétique ne devrait pas être entravée et que le SF6 est nécessaire pour cela ».

On les a connu plus combattifs vis-à-vis des lobbys industriels polluants…alors qu’il existe déjà des solutions.

Sujet déjà abordé par G. Grunblatt

 https://twitter.com/grunblatt/status/1562010956481404928

https://rmx.news/article/wind-turbines-emit-highly-dangerous-climate-destroying-gas-with-germany-the-worst-polluter-in-europe/

Mise à jour_1erjuin2023: Le SF6 monte, monte, monte 

Un seul kilogramme de SF6 a le même effet sur le réchauffement terrestre   que 24 personnes voyageant de Londres à New York. Comme nous installons de plus en plus de turbines, et des turbines de plus en plus puissantes, les quantités de SF6 utilisées augmentent, en particulier à cause des éoliennes off shore. Une éolienne off shore contient typiquement 5 kg de SF6, ce qui est l’équivalent d’environ 117 tonnes de dioxyde de carbone.

Une étude de l’Université de Cardiff a montré  que sur tous les réseaux de transport et de distribution au Royaume-Uni, la quantité de SF6  utilisée augmentait de 30 à 40 tonnes par an. Cette hausse s’est également reflétée dans toute l’Europe, les émissions totales des 28 États membres en 2017 équivalant à 6,73 millions de tonnes de CO2. Soit l’équivalent des émissions de 1,3 million de voitures supplémentaires pendant un an.

Nous effectuons des mesures de SF6 dans l’atmosphère», a déclaré le Dr Matt Rigby, lecteur en chimie atmosphérique à Bristol. « Ce que nous avons vu, c’est que les niveaux ont considérablement augmenté, et nous avons vu presque doubler la concentration atmosphérique au cours des deux dernières décennies. » Le moyen le plus important par lequel le SF6 pénètre dans l’atmosphère provient des fuites dans l’industrie de l’électricité.

https://www.bbc.com/news/science-environment-49567197?s=09 Climate change: Electrical industry's 'dirty secret' boosts warming





 

jeudi 17 janvier 2019

Raison de détester l’Eurokom -22 : la mort industrielle à petit feu


Europe et Eurokom :Dans un de mes précédents blogs, je m’enflammais sur les propos de Macron à Epinal sur « l’Europe qui nous a donné la Paix ». Face aux politiciens truqueurs qui sciemment mélangent l’Europe, réalité géographique, historique, culturelle et la Communauté européenne et ses institutions (notamment la Commission européenne), vouées uniquement à construire un grand marché selon le dogme d’une véritable secte libérale, je propose donc de différencier l’Europe réelle des peuples et des nations et l’Eurokom, les institutions de la Communauté Européenne.

Pechiney, Legrand, Schneider :la Commission européenne est une tueuse en série de champions industriels.

En 1860, le chimiste Henry Merle décide de diversifier les activités de son entreprise et se lance dans l'aluminium, un métal qui coûte alors plus cher que l’or ! L'aluminium est alors un métal onéreux et peu utilisé. C’est la naissance de Pechiney, puis Pechiney Ugine Khulman, qui dominera massivement  le marché de l’aluminium en France pendant près d’u, siècle. Dans les années 70, le groupe souffre de la crise pétrolière et de la concurrence asiatique. La gauche arrivée au pouvoir en 1981 décide de sauver le groupe, le nationalise en 1982 et finance sa restructuration. Bonne pioche ! Sous la présidence de Jean Gandois, une stratégie expansionniste permet l’acquisition en 1988 du géant de l'emballage américain American National Can. L'entreprise double de taille. En 1994, un nouveau PDG, Jean-Pierre Rodier, décide de recentrer le group sur son cœur de métier et de le désendetter, en vue de le privatiser. Howmet, Carbone Lorraine et l'essentiel d'American National Can sont revendus, les coûts sont réduits, et l'entreprise est privatisée en 1995.

Ainsi brillamment relancé, Pechiney voit grand, un projet de fusion à trois avec ses concurrents canadien Alcan et suisse Algroup pour constituer un vaste ensemble international de 22 milliards de dollars présent dans notamment l'automobile, la construction, les conserves alimentaires, et les emballages. En 2000, ce projet est refusé par la Commission européenne pour risque d'abus de position dominante ! Conséquence : la situation se renverse, et ce champion européen que la Commission européenne avait assassiné dans son berceau, c’est Alcan qui le réalise en reprenant seul le suisse Algroup en 2001 et en réalisant 2003 une OPA hostile sur Pechiney. En situation financière fragile, Pechiney ne peut résister et se fait absorber pour 4 milliards d'euros. Bravo et Merci les ultra libéraux de la  Commission européenne !

Début 2001, les fabricants français de matériel électrique français Legrand et Schneider annoncent un projet de fusion, qui devait créer le numéro un mondial de l'appareillage électrique de basse tension et des automatismes industriels. La Commission de la Concurrence frappe encore, et Schneider, qui avait payé Legrand 5,4 milliards d'euros, se trouve contraint de le revendre  un an plus tard aux fonds Wendel et KKR pour seulement 3,6 milliards. Schneider se rebelle et, cas assez unique, porte plainte contre la Commission de Bruxelles et obtient en 2007 l’annulation (mais trop tard) du veto de la Commission par  la Cour européenne de justice, avec des indemnités qui ont fait l’objet de nombreux recours.

Et c’est en ce moment en traine de se reproduire. Après le démantèlement scandaleux d’Alstom sous chantage du gouvernement américain, qui s’empare ainsi via General Electric d’actifs stratégiques français, en particulier pour le nucléaire) (finalisé sous les auspices du génial Macron malgré l’opposition véhémente du ministre de l’économie Montebourg), restait la possibilité d’une alliance Alstom Siemens pour créer un champion européen du ferroviaire capable de rivaliser avec la puissance montant très rapidement, le chinois capable de rivaliser avec le géant chinois CRR. Au moment où j’écris, la Commission a fait savoir que « le sentiment général était très négatif » compte-tenu d’une atteinte possible à la concurrence dans les trains à grande vitesse. Siemens et Alstom sont pressés de céder des activités, ce qui dénaturerait en profondeur le projet industriel… et risque même de ne pas suffire. Bref, c’est mal parti.

La Commission européenne est une tueuse en série de champions industriels, au berceau qui plus est. Et lorsqu’elle agit ainsi, ce ne sont pas seulement les champions industriels qui trinquent, mais tout un tissu, et des milliers de sous traitants.

L’idéologie ultra libérale de la Commission est anti-industrielle

Il est significatif que le Traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne (TFUE) ne fasse apparaître qu'au titre XVII la mention de l'Industrie, laquelle fait l'objet d'un unique article qui rappelle, au demeurant, avec force que toute action pour l'industrie ne saurait porter atteinte à la concurrence. A contrario, les règles de concurrence font l'objet de pas moins de 9 articles de ce même traité qui ont donné lieu à de multiples décisions de la Commission et de la Cour de Justice !

La mise en œuvre du « tout concurrence » et le règne des marchés ont des conséquences calamiteuses sur notre industrie dont la part dans le P.I.B est passée en une quinzaine d'années de 20 % à 12 %, , détruisant des pans entiers de notre industrie et des centaines de milliers d'emplois. Des fleurons de notre industrie ont ainsi disparu, Péchiney, Alcatel, Alstom, sans mentionner les sous-traitants.

Nous étions il y a 25 ans leader mondiaux des télécoms. Je rappelle qu’Alcatel détenait 13,5 % du marché mondial. Aujourd’hui, Alcatel a disparu et nous n’avons plus d’industrie de télécoms. Nos opérateurs de télécoms ont également reculé et se sont affaiblis par rapport à leurs concurrents.

Et les conséquences de cette politique folle de la concurrence se dont sentir. En France, le poids en valeur ajoutée de l’industrie manufacturière dans le PIB était de 17,6 % en 1990, de 14,1 % en 2000, de 10,9 % en 2008 et de 10,2 % en 2016. Cela se traduit également par une diminution de l’emploi salarié, qui représente aujourd’hui 2,8 millions de personnes. Parallèlement, il faut bien avoir à l’esprit que les industries assurent l’essentiel des dépenses de R&D en France. Or, lorsque le poids des industries diminue, le poids de votre recherche et développement diminue ; et c’est ce qui se passe depuis une vingtaine d’années et qui explique en partie notre décrochage.

A chaque fois qu’une entreprise passe sous pavillon étranger, elle disparaît. Lorsqu’une entreprise en rachète une autre, elle achète avant tout des parts de marché, voire des brevets. La marque de l’ancienne entreprise disparaît bien souvent. Dans le cas d’Alstom, l’américain General Electric a immédiatement fait disparaître la marque. De la même façon, Pechiney a totalement disparu à la suite de son absorption par le canadien Alcan. Il ne faut pas oublier aussi que derrière une entreprise, il y a tout un circuit de sous-traitance. Un groupe français a ses habitudes de sous-traitance sur le marché français et aussi à l’étranger ; mais lorsqu’une entreprise étrangère prend le contrôle, elle ne change pas ses propres habitudes et n’intègre pas le circuit de sous-traitance français de l’entreprise rachetée, au détriment du tissu industriel. Cela produit une perte de substance pour le patrimoine industriel national

 Ce désastre industriel, dû en grande partie au dogmatisme de la politique économique de l'Union européenne et à la démission des Gouvernements, est d'autant plus inadmissible que nombre d'Etats de la planète ont des politiques industrielles protectrices de leurs marchés et de leurs entreprises, et conduisent pour certains, de surcroît, des politiques industrielles très offensives.

Nous ne vivons pas dans le monde de bisounours de la concurrence libre et parfaite

Il n’y a que la secte libérale au pouvoir à Bruxelles pour le croire ! Le Canada exige, par exemple, d'une entreprise étrangère soumissionnaire à un marché public, de se présenter obligatoirement avec une entreprise canadienne ce qui n'est pas le cas en Europe : où est la réciprocité ?
La Chine fait de même et gère l'ensemble de son économie avec un contrôle fort de l'Etat, veillant à ce que ses entreprises ne soient pas contrôlées par des étrangers, et ce, en tous domaines (voir plus loin pour ce que l’on a appelé le colbertisme systématique chinois) !

Quant aux Etats-Unis, ils se sont dotés des mêmes règles que le Canada et la Chine mais leur politique industrielle, sous couvert de bons sentiments puritains - lutte contre la corruption - , agit de manière extraterritoriale, en violation flagrante des règles du droit international public, pour déstabiliser les entreprises étrangères ou même prendre leur contrôle. Ce sont, en une dizaine d'années, quelque 20 milliards de dollars d'amendes infligées aux entreprises françaises et européennes qui sont tombés de la sorte dans les poches du Trésor américain !

Nous sommes en guerre. Pas tellement, comme le pointe l’expert Jean-Michel Quatrepoint,  auteur de Alstom, scandale d’État (Fayard, septembre 2015) contre la Chine, (avec qui les règles sont connues, à nous de ne pas être naïfs), mais bel et bien contre les USA. «  La réforme fiscale voulue par Donald Trump devrait permettre de rapatrier aux USA près de 2000 milliards de dollars de profits réalisés à l’étranger, qui seront donc disponibles pour investir. Parallèlement, l’extraterritorialité du droit américain est une arme permettant à Washington de poursuivre des entreprises non américaines à l’étranger et ainsi affaiblir ou écarter la concurrence – certaines entreprises françaises telles qu’Alstom, Total ou Technip en ont fait les frais… La réforme fiscale de Donald Trump est une machine de guerre économique redoutable, fort habile, que les Européens ont découvert trop tardivement. C’était pourtant dans le programme du parti républicain depuis de nombreuses années. Si l’on ajoute à cela l’extraterritorialité du droit américain et tout ce qui concerne les normes, cela traduit bien une réalité : nous sommes en guerre économique. Trop longtemps, les Français n’ont pas voulu le croire. 

Dans le cas de l’extraterritorialité du droit américain, si l’Europe n’a rien à redire à cela, c’est parce que les Européens, et en particulier les Allemands, ont accepté de facto depuis des décennies la tutelle américaine. Or, ces dernières années, ils réalisent que ce n’est pas si bénéfique que cela. Les Allemands s’étaient imaginé qu’ils allaient prendre le marché automobile américain, mais l’affaire Volkswagen leur a montré qu’il n’en était pas question. Les Allemands découvrent maintenant que les Américains sont des concurrents. Mais ont-ils pour autant compris que cela impliquait de se doter dans les secteurs stratégiques d’entreprises indépendantes avec la volonté de faire une Europe indépendante ? Je n’en suis pas convaincu. » (cf https://www.areion24.news/2018/09/11/la-souverainete-industrielle-de-la-france-est-elle-en-danger/)

Un colbertisme européen est-il possible ? ben oui, c’est ce que fait la Chine !  
      
Réhabiliter la politique industrielle, qui a été l'un des moteurs majeurs de la reconstruction de la France, n'est guère aisé. Cela exige de briser certains dogmes, tels le « tout concurrence » dont le fameux concept du « level playing field » prôné par Bruxelles, qui aboutit à condamner toute intervention de l'Etat pour laisser une liberté totale aux forces du marché. Paradoxalement, pour un ex-champion national d’un pays européen, il est beaucoup plus facile de fusionner avec une entreprise extra-européenne qu’avec une autre entreprise européenne. Et c’est ainsi que nos bijoux industriels, nos emplois industriels, notre indépendance disparaissent.

Extrait de l’excellent émission de France culture : Entendez-vous l’eco et du non moins excellent Elie Cohen, dialoguant avec François d’Aubert. A la question un colbertisme européen est-il aujourd’hui possible, et devant un François d’Aubert dubitatif Elie Cohen s’enflamme :

« Progressivement, les avantages qui avaient été acquis dans le domaine du nucléaire, du spatial, de l’aéronautique,  du ferroviaire, de la grande vitesse des télécom, ont été perdus.

Il a manqué un Google, un Microsoft européen. Est-ce que c’était faisable ? La réponse, c’est oui, il suffit de regarder la Chine. Regardez comment la Chine a dupliqué sur son sol le modèle des GAFA, en étant parti après. Ils ont créé leur Google national, leur Apple national, leur Amazon national en se protégeant et en ayant une stratégie de développement par leurs moyens propres… Dans le colbertisme, il y a avait la dimension défensive (le protectionnisme), mais aussi la dimension offensive. 

C’était se protéger pour construire sur le territoire national la base industrielle… Deng Hsiao Ping  avait été qualifié par la presse américaine de Chinese Colbert. Il y a vraiment un colbertisme à la chinoise. La stratégie chinoise, c’est la copie conforme du colbertisme à la française, c’est-à-dire comment jouer de la commande publique, de la norme, du protectionnisme offensif, du transfert de technologie, d’un grand plan d’équipement national pour pouvoir rattraper puis dépasser ceux qu’on a d’abord imité. C’est un vrai plaisir de voir à quel point ils sont inscrits dans les pas de Colbert. »

Ben oui, c’est ce que fait la Chine. Et c’est ce que ne fait pas l’Europe. C’est pourquoi il faut sortir de cette Eurokom là !