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dimanche 5 janvier 2020

Contribution à la Convention Citoyenne sur le Climat : Une transition énergétique juste doit d’abord s’appuyer sur une politique scientifiquement et technologiquement rationnelle- le rôle du nucléaire

Bon, avant que le délai n’expire, j’ai pensé utile d’apporter ma contribution à la Convention Citoyenne sur le Climat, comme le propose leur site- j’en trouve le principe vraiment intéressant tout en étant très réservé sur ses résultats. Me voilà donc vaillamment parti à rédiger un truc qui puisse tenir la route en 15000 signes…puis réalisant que ben, non, c‘était 1500. Elagage rapide pour laisser quand même un texte du coup très, très schématique…mais tout n’est pas perdu pour les lecteurs de ce blog. Ici la VO.

Alors qu’un réchauffement global de 1 degré est déjà effectif en 2019, la lutte contre le réchauffement climatique et les dégagements de gaz à effet de serre doit s’intensifier. Les enjeux du réchauffement climatique et de l’épuisement des ressources fossiles imposent à l’humanité une transition énergétique sans précédent, qui peut entrainer une déstabilisation radicale de nos sociétés et de nos civilisations. Elle exigera d’immenses efforts. Ceux-ci ne pourront être acceptables qu’à une condition préliminaire : Une transition énergétique juste dit d’abord s’appuyer sur une politique scientifiquement et technologiquement rationnelle.
Sur l’enjeu précis des modes de productions énergétiques, cela signifie forcément un recours accru au nucléaire – et non l’inverse

Le nucléaire est une énergie décarbonée – et la seule à permettre un combat efficace contre le dérèglement climatique : L’énergie électronucléaire n’émet quasiment pas de gaz à effet de serre (GES), cause du dérèglement climatique. Son bilan carbone sur l’ensemble du cycle de vie est en effet parmi les plus faibles des technologies bas carbone.
En France, il est même inférieur à celui du solaire mais aussi de l’éolien. Emissions de C02 correspondant à un kWh : nucléaire (12g au niveau mondial, 6g en France en raison du contenu carbone de l’électricité entrant dans les étapes industrielles du cycle) ; éolien (10g), solaire (32g), gaz (443g), fioul (778g) et charbon (1050g) (source GIEC et Ministère de la Transition écologique et solidaire 2019)

Le nucléaire est une  énergie pilotable- et la seule à permettre la sécurité d’approvisionnement  : l’énergie électronucléaire est une énergie « pilotable » et disponible à la demande ; sa disponibilité contribue hautement à la sécurité du système électrique et énergétique européen.

Ainsi,  le 10 octobre 2018 les dix principales associations de professionnels du secteur électrique, réunis à Berlin, ont tiré la sonnette d’alarme dans un communiqué commun. Il anticipe, le cas échéant, la fin de la solidarité européenne si des pays comme l’Allemagne ne parviennent plus à assurer leurs propres pointes de consommation en raison du développement anarchique et irrationnel de l’éolien.
Et il y a aussi les pointes de production : les flux non planifiés et non planifiables  provoquent une l surcharge des transformateurs et le « danger bien réel » d’un effet en cascade en cas de déclenchement des dispositifs de protection. Belgique, France, Pologne, République tchèque, Suisse, Italie sont particulièrement menacés et doivent s’équiper de transformateurs spéciaux, qui diminuent les interconnections européennes et la sécurité quelles sont censées apporter.

Le nucléaire est une énergie abondante, et la seule à permettre la durabilité de nos civilisations : Le TRE (Taux de retour énergétique) est une donnée physique fondamentale  qui quantifie le rapport entre l’énergie effectivement apportée à la société et l’énergie investie pour récupérer cette énergie. 75 pour le nucléaire (réacteur à eau pressurisée), 30 pour le charbon, 4 à 16 pour l’éolien et 1,6 - 4 pour le photovoltaïque (PV). Pour ces 2 derniers, le chiffre le plus bas prend en compte le besoin de stockage associé à des sources intermittentes. On estime qu’un TRE de 7-12 est nécessaire pour soutenir notre société complexe qui est également peu rationnelle dans son utilisation de l’énergie.

Le nucléaire est une énergie géographiquement très concentrée, et  la seule qui permette de sauvegarder notre cadre de vie : La densité de puissance est une donnée physique fondamentale qui  quantifie la puissance produite (ou consommée) divisée par la surface requise pour l’infrastructure de production (ou consommation).  Elle est de l’ordre de 1000-4000 W/m2 pour le nucléaire, de 200-2000W/m² pour les centrales à gaz, de 1 à 10 W/m² pour le PV et autour de 1W/m² pour l’éolien ! En d’autres termes, pour subvenir aux besoins de Paris avec des panneaux solaires, il faut couvrir une surface entre 4,5 et 45 fois plus grande que celle de la ville elle-même ! Pour l’agglomération lyonnaise, une surface 7 fois plus grande que celle de la région doit être recouverte d’éoliennes pour fournir suffisamment d’énergie ! 



Le nucléaire est une énergie durable à la construction : Une étude du Department of Energy  donne 800 t/TWh de béton et 160 t/TWh d’acier pour le nucléaire, et 8000 t/TWh de béton et 1800 t/TWh d’acier pour l’éolien, soit un facteur 10 pour le béton et 11 pour l’acier, à l’avantage, très marqué, du nucléaire. Un ordre de grandeur calculé par Tristan Kamin pour l’EPR, centrale nucléaire optimisée du point de vue de la production et de la sécurité donne 8 fois moins de béton et 20 fois moins d’acier pour l’EPR que l’éolien.

Le nucléaire est une énergie sûre et très dépolluée : En plus d’être bas carbone, l’énergie électronucléaire présente divers avantages environnementaux établis comme la non émission de particules fines ainsi que de CO, de SOx ou de NOx. Le nucléaire évite ainsi les décès prématurés statistiquement provoqués par les émissions polluantes des combustibles fossiles (évalués annuellement  à 1,8 million dans le monde et 290 000 pour la France). Ainsi, l’abandon du nucléaire par l’Allemagne va causer plus de 1000 morts par an (remplacer le nucléaire par du charbon ou du gaz n’est ni bon pour le climat, ni bon pour la santé.

L'énergie électronucléaire, comparée aux autres sources de production d'électricité matures et commercialement viables, est l'une des technologies générant le moins de décès rapportés au kWh d’électricité produite. La mortalité due à l'électricité nucléaire est de 90 décès par billion (= mille milliards) de kWh, 100 000 pour le charbon (toujours par billion de KWH.), 36 000 pour le pétrole, 4.000 pour le gaz naturel, 1 400 pour l'hydroélectricité, 440 décès pour le solaire photovoltaïque 150 décès pour l'éolien.

Ces chiffres expertisés et validés (Kharecha et Hansen 2013, Environ Sci Technol; Gibon & al. 2017, Enviro. Res. Lett ; Barry W. Brook and Corey J. A. Bradshaw 2014,Conserv Biol; Prof A.Markandya,P. Wilkinson 2007, The Lancet) prennent en compte notamment l’ensemble des effets et situations accidentelles (Tchenobyl, mais aussi les immenses catastrophes hydroélectriques Morvi, Banquiao, Malpasset, bien oubliées), les morts dans les mines, les effets de la pollution etc.). Et, ce qui est scientifiquement pertinent, ils sont ramenés à la quantité d’énergie produite.



Le nucléaire est l’énergie la plus économique et la plus socialement juste– la seule à permettre la durabilité de nos sociétés.

Nucléaire historique :33-40€/MWh ,Photovoltaïque : 62-99€/MWh,Eolien : 60-65€/MWh ,Eolien marin : 200-220/MWh, EPR:+110€/MWh
Mais auxquels il faut ajouter les subventions publiques : Nucléaire : 25€/MWh , Eolien: 476 €/MWh, Photovoltaïque :+500 €/MWh.
L’absurdité économique de la politique énergétique française a été dénoncée par la Cour des Comptes dans son rapport sur le financement des énergies renouvelables de 2018.

Ainsi, l'État doit ainsi payer chaque année 2 milliards d'euros pour produire par le solaire... 0,7 % du mix électrique français !!!. Soit, d'ici à 2030, la bagatelle de 38,4 milliards d'euros, pour une goutte d'eau énergétique. (NB : Soit déjà 3 EPR tarifs Flamanville -et on peut faire beaucoup moins cher !).

Ainsi, les six parcs Eoliens off shore d'ores et déjà attribués au large des côtes françaises devraient coûter 2 milliards d'euros par an sur 20 ans, soit un montant total de 40,7 milliards, pour une part de 2% du mix énergétique (NB soit allez, encore 3 ou 4 EPR)

Ainsi, la CSPE (Contribution au service public de l'électricité) initialement créée pour lutter contre la précarité énergétique  coûtait en 2016 7 milliards, dont seulement 29 % allaient à la solidarité : tout le reste, ce sont des subventions à l'électricité d'origine renouvelable et à la cogénération. La CSPE n’aide plus la précarité électrique, elle subventionne grassement les nécessiteux producteurs d’ENR ! Il s’agit d’un véritable détournement de l’argent de la solidarité !

Le nucléaire permet de conserver prospérité économique et justice sociale.

L’industrie nucléaire européenne emploie actuellement plus d’un million de personnes dans l’UE (155000 directs et 100.000 induits en  France), y compris dans les pays non dotés de capacité de production nucléaire, et a un impact social majeur. Parmi les différentes technologies à faibles émissions de GES disponibles en Europe, le nucléaire crée le plus grand nombre d’emplois par GW de capacité installée (3 fois plus que l’éolien par exemple). Investir dans le nucléaire génère des emplois qualifiés et de la croissance économique en Europe, ainsi que des emplois indirects dans des territoires éloignés des grandes métropoles pour lesquels les emplois industriels sont rares. Contrairement à l’éolien et au solaire, le nucléaire a un potentiel important de croissance d’emplois industriels qualifiés et bien rémunérés en Europe et singulièrement en France.

Par ailleurs, le nucléaire est un atout considérable en matière d’indépendance énergétique, qui permet de s’affranchir de la dépendance stratégique des énergies fossiles. Cet atout, bien oublié depuis la crise pétrolière des années 70, redevient d’une extrême importance avec la raréfaction de l’énergie !

La nécessité du nucléaire est prouvée a contrario par la catastrophe de l’energiewende allemande.

Catastrophe écologique et climatique : Malgré les centaines de milliards déjà mis sur la table (depuis 2010 plus de 30 milliards par an et l’on prévoit une facture globale de plus de 500 milliards à l’horizon 2025 –pour partie constituée de subventions et crédits publics, pour le reste financé par les ménages et les entreprises sous forme de hausse de prix. Une étude chiffre même à plus de 3.000 milliards d’euros le coût final si l’Allemagne continue sur la même lancée), les émissions de gaz à effet de serre de l’Allemagne sont au même niveau… qu’en 2009. L’Allemagne s’est certes hérissée d’éoliennes, mais en  2018, le charbon (lignite et houille réunis) compte toujours pour près de 38% de la production allemande d’électricité. Avec son Energiewende tout renouvelable, l’Allemagne n’a en valeur absolue pas  baissé d’un pousse ses émissions de CO2 par habitant qui restent supérieures d’un tiers à celles de la France. Quant aux émissions de CO2 pour la production électrique, elles sont 8 à 10 fois supérieures à celles de la France !

Catastrophe économique : Les ménages allemands sont les Européens qui paient leur électricité le plus cher après le Danemark (qui suit la même politique) : 0,30 €/kWh au 1er semestre 2018 selon les dernières données d’Eurostat, soit 70% de plus qu’en France. L’industrie allemande du solaire s’est complètement effondrée, et les subventions européennes créent des emplois et de la recherche…en Chine. Afin la fin d’un régime de subvention très favorable, l’éolien prend le même chemin, avec des faillites d’entreprises allemandes en série.

Face à cette catastrophe, l’Allemagne retarde indéfiniment sa sortie du charbon. Remplacer le nucléaire par de l’éolien plus une puissance équivalente en charbon ou gaz pour en compenser l’intermittence est une catastrophe climatique, écologique, économique et sociale. (NB  Les dépenses déjà réalisées représente entre 60 et 70 EPR !).

Proposition : Une transition énergétique juste doit d’abord s’appuyer sur une politique scientifiquement et technologiquement rationnelle. La Conférence Citoyenne devrait, en l’état des techniques, affirmer le rôle essentiel du nucléaire dans la transition énergétique et marquer son opposition à la diminution du nucléaire dans le mix énergétique français prévu par la PPE. Aucun sacrifice demandé à l’ensemble de la population ne peut être juste ou acceptable s’il ne sert qu’à enrichir les profiteurs des ENR sans apporter de solution aux problèmes climatiques, écologiques, économiques et sociaux de la nécessaire transition énergétique.

La Convention Citoyenne pourrait proposer l’institution un  Conseil Scientifique de la Transition énergétique qui rédigerait un rapport public au moins tous les ans (NB sur le modèle du Haut conseil pour le climat, mais celui-ci ne prend pas suffisamment en compte l’ensemble des aspects économiques et sociaux de la transition- aurait-il évité la révolte des gilets jaunes ?)

dimanche 16 juin 2019

Interdiction des moteurs essence et diesel à partir de 2040- le rapport parlementaire (1)


Les scénarios technologiques permettant d’atteindre l’objectif d’un arrêt de la commercialisation des véhicules thermiques en 2040- rapport de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques.

(Suite du blog https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/06/interdiction-des-moteurs-essence-et.html parlant de l’interdiction de production des  moteurs diesel été et essence à partir de 2040, introduite dans la loi mobilité votée en juin 2019, une loi stupide de plus votée en toute méconnaissance de cause  par des députés macronistes zombies ou playmobyl)

Un office parlementaire sous contrainte, et qui exprime de sévères doutes.

Observons d’abord que L’OPECST (l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques) a été saisi d’une manière plutôt contrainte. Il ne s’agit pas de savoir si l’interdiction des véhicules diesel et essence en 2040 est possible, souhaitable, efficace au regard des défis climatiques, mais de savoir comment on la réalisera. Donc, de l’objectif principal, on ne débattra pas, mais uniquement de ses modalités.
Cette manière de brider l’office parlementaire est tout de même assez bizarre et bien dans la ligne de la démocratie macronienne. On peut s’étonner qu’un scientifique comme M. Villani accepte sans broncher ce qu’il faut bien appeler une forme d’instrumentalisation.

Heureusement, du côté Sénat, quelques représentants politiques de l’ancien monde ne sont pas aussi dociles, ce qui permet quand même une discussion assez approfondie. 

« Les enjeux sont considérables, puisque la filière automobile représente 16 % du chiffre d’affaires de l’industrie manufacturière française, avec plus de 4000 entreprises industrielles employant quelque 440 000 salariés, et, en aval,près de 130 000 entreprises de services employant 480 000 salariés. Au terme de leurs travaux, les rapporteurs sont globalement confiants dans la capacité de l’industrie et de la recherche française à tirer parti des transformations en cours dans l’industrie automobile. Néanmoins, ils considèrent qu’il convient de ne pas sous-estimer les risques associés à un tel bouleversement »

« Les premières auditions menées par les rapporteurs ont confirmé, d’une part, le degré très élevé d’incertitude sur l’évolution des solutions de mobilité, aussi bien à l’échéance de 2040 qu’à un horizon plus rapproché, d’autre part, la nécessité, pour mener à bien la réalisation des scénarios technologiques demandés, de disposer de connaissances approfondies de l’ensemble des solutions technologiques touchant à la mobilité, ainsi que d’une maîtrise de la démarche d’élaboration des scénarios et des modèles mathématiques sur lesquels ceux-ci sont fondés »

Traduction : on sait pas trop comment faire ; on sait pas quelles solutions techniques il faut prendre, mais la seule certitude c’est que cela coutera très cher et risque de faire disparaître un des grands secteurs industriels français !

Incertitudes techniques : biodiesel, électrique, hydrogène, piles

Le véhicule électrique est-il si vertueux ? « Ramené engrammes de CO2 par miles, le constructeur Audi évalue ses émissions aux alentours de 48 grammes pour un véhicule diesel ou essence, de 53 pour un véhicule au gaz, et de 82 pour un véhicule électrique. D’où provient cet écart ?Très clairement des batteries, puisqu’il faut énormément d’énergie pour les produire. Ainsi qu’il est souvent rappelé, un véhicule électrique ne commence à être propre qu’à partir de 40 000 ou 60 000 kilomètres, puisque sa fabrication a nécessité de l’énergie. Ce matin, le directeur général de l’énergie et du climat, M. Laurent Michel, soulignait la nécessité d’aller plus loin à l’avenir dans l’analyse des cycles de vie complets. Nous sommes complètement d’accord, pas seulement parce que cela va à notre avantage, mais d’abord en tant que citoyens, car cela correspond à la réalité. »
Commentaire : Ben oui, avant de se lancer dans le tout électrique et d’abandonner le véhicules thermiques, il faudra quand même savoir. Et savoir aussi d’où provient l’électricité ; car le résultat n’est pas le même avec une électricité nucléaire décarbonnée, ou une électricité produite à partir du charbon et du lignite

Le cas du biogaz ; une vraie opportunité pour la France, ratée pour l’instant : La voiture thermique à biogaz peut être extrêmement vertueuse du point de vue climatique. La France, qui est d’être un grand pays rural, avec beaucoup de biomasse a là de grands atouts dont nous n’avons pas profité. Les Allemands ont construit presque 10 000 méthaniseurs. Ils ont développé la méthanisation en réorientant vers celle-ci les crédits de la politique agricole commune ! En réaffectant, subventionnés par l’Union Européenne, des  surfaces utilisées pour l’alimentation animale ou humaine en culture énergétique, les Allemands ont  en partie, sauvé leur agriculture, et, en partie, détruit la nôtre, en créant un delta de compétitivité.

Nous avons 63 methaniseurs. Nous avons interdit par un vote du Parlement de réaffecter des surfaces de cultures alimentaires en cultures énergétiques. En revanche, la France a accepté les cultures intermédiaires qui consistent à planter, immédiatement après la récolte de l’orge ou du blé, une culture qui sera récoltée, par exemple au mois de mars ou d’avril, avant de semer du maïs ou des betteraves.

Commentaire : arrêtons de diaboliser le moteur thermique ! Et comme d’hab, l’Europe est un jeu qui se joue à 27 (ou un peu moins), et à la fin, c’est toujours l’Allemagne qui gagne !

L’hydrogène au doigt mouillé : « Le scénario Pro-hydrogène démontre que cette technologie pourrait jouer un rôle important, si deux conditions étaient réunies : des progrès techniques beaucoup plus rapides que prévu, permettant une baisse accélérée des prix, et un fort soutien public (l’aide à l’achat  retenue est de 10 000 € jusqu’en 2040. »

Commentaire : quand l’expertise scientifique aboutit à constater que si ma tante en avait deux, on l’appellerait mon oncle. Avec un autre paramètre caché : si on produit, comme maintenant, de l’hydrogène à partir du méthane, le bilan climatique est désastreux. Et à partir de l’électricité, et ben, pour le coût, c’est absolument pas compétitif et il faudrait beaucoup d’électricité…Donc, ça dépend aussi comment elle est produite, et l’avantage par rapport au véhicule électrique est alors…incertain.

Faut-il tuer le moteur thermique ? : « Le moteur à combustion interne est  un avantage compétitif européen à préserver. L’avance considérable de l’industrie automobile européenne dans le domaine des moteurs à combustion, issue de plus d’un siècle de recherche et développement, lui a jusqu’à présent permis de résister à la montée en puissance des constructeurs chinois qui ne sont pas parvenus à atteindre le même niveau de maîtrise de cette technologie. La disparition de cet avantage compétitif constituerait l’une des principales conséquences d’un abandon complet du moteur à combustion au profit du moteur électrique. Compte tenu de la simplicité de ce dernier, et du niveau de performance élevé atteint par les produits actuellement disponibles, par exemple en termes de rendement, il semble en effet difficile d’espérer reconstituer un tel différentiel concurrentiel.

Une autre conséquence directe d’un abandon rapide du moteur à combustion au profit du moteur électrique concerne les emplois du secteur automobile. Comme l’a rappelé M. Gilles Le Borgne : « En comparant un moteur électrique et un moteur à combustion interne de dernière génération de trois cylindres, avec quatre soupapes par cylindre, l’ensemble des systèmes d’échappement, une boîte de six vitesses, etc. Il n’est nullement nécessaire d’être spécialiste pour constater que dans un cas la valeur ajoutée est beaucoup plus importante que dans l’autre. »

« Qui plus est, la disparition pure et simple des moteurs à combustion des véhicules des marchés français et européen, alors que ceux-ci continueront nécessairement à être commercialisés dans d’autres pays, impliquerait à relativement court terme, pour des raisons de rationalisation industrielle, le transfert des emplois correspondant vers les pays où ce type de motorisation sera toujours demandé. »
Parmi ses recommandations, le rapport appelle à « ne pas négliger la R&D sur les moteurs à combustion interne. D’une part, il est crucial d’augmenter encore leurs performances, car ces moteurs vont constituer encore pendant une vingtaine d’années l’essentiel du parc. Toute amélioration pendant cette période aura des effets très significatifs sur le sentier de décarbonation. D’autre part, parce que la filière automobile française et européenne exporte aussi sur d’autres marchés moins contraints… »

Commentaire : alors faut-il tuer le moteur thermique ? La réponse du rapport est plutôt non ;, et pour de multiples raisons : écologiques ( et oui, ça dépend ce qu'on en fait et l'électricité n'est pas du tout idéel en tous cas), économiques, stratègique, besoin des utilisateurs, situation mondiale, compétition avec la Chine)

Conclusion sur ce chapitre des moteur thermiques, quels que soit leur carburant, avant d’en venir à la multiplicité de problèmes posés par les véhicules électriques: « Aujourd’hui, le consommateur est complètement perdu : que doit-il acheter, avec quelle motorisation, à quel horizon de temps, à quel coût, etc. ? » Il en va de même pour les industriels » 

C’est un peu fâcheux, mais compte-tenu des incertitudes scientifiques et technologiques, un peu inévitable. D’où :

La grande conclusion : la neutralité technologique.  En effet, et donc dans cette incertitude, les rapporteur en appellent plusieurs fois et fortement à « réaffirmer le principe de neutralité technologique, garant de la liberté des industriels de trouver les solutions les plus efficaces et les moins coûteuses, et de celle de leurs clients d’adopter celles qui répondent le mieux à leurs besoins. À cet égard, le moteur thermique continuera à jouer un rôle, dans une période de transition, au côté des véhicules électriques à batterie, par exemple dans les véhicules hybrides rechargeables. Il revient aux pouvoirs publics d’imposer des objectifs, tels que la réduction des émissions de CO2, et de laisser les acteurs libres d’innover et de choisir les meilleurs moyens pour les atteindre, ce qui permettra d’optimiser l’impact des innovations sur la société et l’environnement » « La neutralité technologique permet aussi une transition plus progressive, limitant les impacts sur le tissu industriel et les emplois »

Commentaire : Cette neutralité technologique de bon sens, c’est  qui est le contraire de ce qui a été voté par la majorité LREM du Parlement dans la fameuse loi mobilité, la mesure couperet d’interdiction des véhicules thermiques en 2040, démagogique, dangereuse, idiote !

La suite sur les défis redoutables du tout moteur électrique dans un prochain blog.


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dimanche 7 avril 2019

Jours de colères –Avril 2019

Jours de colères –Avril 2019

Disons-le, cette présidence continue à me plonger dans une rage continue. Compte-rendu mensuel

Geneviève Legay : cynisme et mensonges

Une manifestante âgée de 73 ans, Geneviève Legay a été grièvement blessée à Nice le samedi 23 mars, lors d’une manifestation des gilets jaunes, acte 23.  Cette militante d’Attac bien connue localement souffre de fractures au crâne et aux côtes, après avoir chuté violemment contre une borne.

Déclaration du procureur : Mme Legay n’a « eu aucun contact avec les forces de sécurité… On ne voit pas qui la pousse. Si ce n’est que ce n’est pas un agent de sécurité, qui sont  reconnaissables. C’est quelqu’un qui était devant elle, j’en connais trois », avait-il répété lundi. Il avait aussi laissé planer le doute sur l’identité de la personne qui aurait pu la pousser, citant notamment « un cameraman » et « un homme avec une casquette marron ».

Déclaration de Macron : « Cette dame n’a pas été en contact avec les forces de l’ordre », dans un entretien au quotidien Nice-Matin. « Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci »…

On connait son manque total d’empathie qui ne fait que se confirmer et sa propension à donner des leçons à tort et à travers. Ici, en plus, il y a mensonge, mensonge, mensonge et insulte, mensonge ety manipulation.

Après une semaine d’enquête où Mediapart a joué son rôle :

1)  Le Monde, le service CheckNews de Libération, l’Agence France-Presse et Arrêt sur Images ont  analysé les images à leur disposition et ont conclu qu’un policier était sorti du cordon au début de la charge et avait volontairement poussé Mme Legay, entraînant sa chute puis ses blessures.

2) Le garde du corps d'un journaliste a également relaté le moment de la chute de Geneviève Legay à Mediapart : «Nous étions à deux mètres d’elle comme je l'ai expliqué aux policiers lors de mon audition. Geneviève Legay était comme nous en première ligne, personne ne l’a séparée des policiers qui ont chargé brutalement. Je n’ai pas vu lorsqu'elle est tombée. Je suis moi-même tombé et j’ai entraîné avec moi le caméraman pour le protéger. Quand je me suis relevé, j’ai vu qu’elle était à terre avec du sang qui coulait de sa bouche.»

Rappelons que selon tous les témoins, manifestants ou pas, la manifestation était totalement pacifique et calme, et que rien ne justifiait une charge policière, surtout aussi violente.

3) Un autre témoin contacté par Mediapart, Thibault Huart, secouriste de rue, a expliqué : «Geneviève Legay a reçu un coup de bouclier au visage et s’est effondrée à ce moment-là. J’étais à un ou deux mètres d’elle avant et pendant la charge des policiers. Elle a bien reçu un coup des forces de police au visage, ce qui l’a fait tomber. Ensuite j’ai dû m’occuper d’un journaliste et je ne l’ai retrouvée que lorsqu'elle était à terre. J’ai voulu l’aider mais des policiers m’ont empêché de le faire

Donc la police a empêché les premiers secours pour Mme Legay

4) Les filles de la victime relatent l’intrusion de policiers dans la chambre d’hôpital de leur mère le samedi même, alors que cette dernière était toujours choquée et en état de faiblesse, pour tenter de lui « faire dire que c’était un cameraman qui l’avait bousculée, et pas les forces de l’ordre ». Ils sont ensuite revenus deux fois le dimanche, pour les mêmes raisons.

Alors là le tableau est complet. Cette présidence ne peut qu’entrainer un vomissement généralisé de tout ce que le pays compte encore d’honnêtes gens, de droite, de gauche, et même du centre….

Muriel Penicaud, mensonge, cynisme, fake news

Annoncé trompettes sonnantes (et aussi flutiaux) par la ministre des ordonnances  travail Muriel Pénicaud : un chômeur sur cinq toucherait une allocation supérieure à son salaire antérieur.

Patatras et boule de gomme : « Le débat sur la réforme de l’assurance-chômage vient de connaître un rebondissement très intrigant. A l’origine de ce nouvel épisode, une note de quatre pages rendue publique, mercredi 27 mars, par l’Unedic, l’association paritaire qui pilote le dispositif d’indemnisation des demandeurs d’emploi. Ce document remet en cause l’un des arguments-clés de l’exécutif pour transformer le régime : il s’agit de l’idée selon laquelle 20 % des chômeurs bénéficieraient d’une allocation supérieure à leur salaire mensuel moyen, perçu avant de s’inscrire à Pôle Emploi…. D’après l’Unedic, ce sont surtout les personnes ayant travaillé  moins de 25 % de l’année précédant leur ouverture de droit » qui ont touché une prestation supérieure à leur salaire antérieur. Or, elles sont peu nombreuses : 4 %, au total, soit un pourcentage très éloigné de celui évoqué par Mme Pénicaud.

La présidente CFDT de l’UNEDIC, Patricia Ferrand a exprimé son scepticisme lors d’une conférence de presse. Interrogée sur les 20% de chômeurs dont l’allocation excèderait leurs revenus d’activités mensuels moyens, elle a répondu : on ne sait pas du tout comment cela a été calculé…. ». « Les chifrres du gouvernement tenaient de la communication politique, dans l’optique de faire baisser les droits des demandeurs d’emploi. Nous, on avait dit depuis le début qu’ils étaient faux et l’étude de l’Unedic en fait la démonstration (Michel Beaugas, FO)

 Eric Le Jaouen, le vice-président Medef a fait chorus : « on aurait besoin d’un appui technique sur ce chiffre parce que ce n’est pas du tout ce que l’on constate dans notre position de gestion de l’assurance chômage…  Que c’est gentiment dit !

Constat du Monde : « Les écarts significatifs qui existent entre la note de l’Unedic et les constats de Pole Emploi ont de quoi laisser perplexe.  Comment parvenir  un diagnostic partagé sur l’assurance chômage, si des chiffrages disparates circulent ? »… Que c’est gentiment dit !

Pas 20%, 4% et au fait, des gens, dont le revenu qui sont à peine au-dessus du RSA…

Mensonge, cynisme, ignorance, idéologie indécrottable : Tiens, au fait, où en est la loi sur les Fake News ?

Yassine Bellatar, l’autre copain de Macron

L’ « humoriste » Yassine Belattar soutient Emmanuel Macron en 2017. Selon Wikipedia,  Yassine Belattar et le président Emmanuel Macron entretiennent des relations proches ; Yassine Belattar le considère comme un « frère » et est figure parmi les visiteurs du soir  de l'Elysée.

En mars 2018, Emmanuel Macron le nomme membre de l'instance du Conseil présidentiel des villes, animé par Anne de Bayser, secrétaire générale adjointe de l'Elysée, qui vise à prendre des mesures pour les quartiers difficiles. Ce comité, composé de 25 membres qualifiés par Emmanuel Macron de « vraies gens des quartiers », a été placé en concurrence avec les élus de la République que sont les maires et les spécialistes reconnus de la politique de la ville lors de son intronisation le 22 mai 2018. Le rôle de Yassine Belattar dans l'enterrement d'un rapport sur le sujet par Jean-Louis Borloo en mai de la même année a par ailleurs été critiqué.
Yassine Bellatar, c’est en quelque sorte le conseiller privé  banlieue de Macron. Ajoutons qu’il est connu pour avoir déclaré : « Je ne suis pas Charlie, je ne suis pas un homme de slogan. Je ne choisis pas mes deuils. Je ne suis pas Charlie, je ne suis pas Nice, je suis Français et tout ça fait que je suis toujours en deuil quand il y a un malheur sur le territoire français » ou encore pour avoir comparé les djihadistes français prisonniers en Irak et en Syrie à des enfants qui « foutent le bordel à un anniversaire ». Ou encore qu’il n’a rien trouvé à redire à cette curieuse présidente de l’UNEF qui porte ostensiblement le voile.

L’hebdomadaire Marianne a ainsi intitulé un article  titré « Yassine Belattar, faux clown et vrai danger ». C’était assez prémonitoire. Début avril 2019 Yassine Belattar, visé par une plainte d'un ancien collaborateur d'une émission satirique, les Guignols de l'info, a été mis en examen (inculpé) jeudi à Paris, notamment pour «menaces de mort» et «harcèlement moral» sur des personnes du monde du spectacle, a appris l'AFP auprès de son avocate et de source judiciaire. Le comédien, devenu aussi polémiste à la télévision, a été mis en examen pour «menaces de mort, menaces de crimes réitérés, envois réitérés de messages malveillants et harcèlement moral» dans le cadre d'une information judiciaire ouverte jeudi par le parquet de Paris de ces mêmes chefs, selon la source judiciaire.

Selon le site d'information «Mediapart», l'enquête préliminaire avait aussi permis de recueillir des témoignages de personnes du monde du spectacle dénonçant «des comportements humiliants ou menaçants». «Quatre personnes ont décrit sur procès verbal des menaces directes, une demi-douzaine de personnes au bas mot ont évoqué des relations professionnelles difficiles et deux jeunes femmes ont raconté des conversations dérivant vers des sous-entendus ou des allusions sexuelles alors qu'elles étaient à la recherche de travail», écrit Mediapart qui dit enquêter depuis fin 2017 sur cette affaire.

Décidément après Benalla, après l’affaire du doigt d’honneur à Saint Martin, ça se confirme ! Macron a une certaine fascination pour les racailles de banlieue.

La jurisprudence Besson : le conseil d’Etat sévit !

Philippe Besson, également scénariste, est l'auteur d'une vingtaine de romans dont l'un, intitulé Un personnage de roman, narre la conquête de l'Élysée par Emmanuel Macron, dont il a suivi la campagne en tant que témoin privilégié. Il est l’ami du couple Macron et avait très envie d’être nommé Consul à Los Angelès.

Ben oui, mais c’est bête : ces postes sont dévolus au personnel sous statut des agents diplomatiques !

Qu’à cela ne tienne, à Jupiter (qui rend fous ceux qu’il veut perdre)-Macron, rien d’impossible. Donc il prend un décret en aout 2018 (tiens, pas une ordonnance, bon, bon) qui d’un seul coup, d’un seul permet au gouvernement de  nommer les titulaires de 22 postes de consul…

La voie de Los Angeles s’ouvre tout droit pour le très cher Philippe Besson.  La CFDT  réagit à la publication de ce décret par un communiqué : « Une réforme au service d'intérêts particuliers ?"  Emmanuel Macron lui, avait déclaré sans vergogne : « Il n'y a chez moi aucun copinage pour services rendus ».

Bref mars 19 : le Conseil d’Etat annule le décret d'août 2018, qui permettait au gouvernement de nommer les titulaires de 22 postes de consul, et par là même, la nomination de Philippe Besson.

LA, ce sera pour plus tard/.    

Le progrès ne tombe pas du ciel… certes non, surtout par macronisme fort

Le progrès ne tombe pas du ciel, titre d’un ouvrage de deux baby Macron, Ismaël Emelien, ancien conseiller spécial d'Emmanuel Macron, et David Amiel, économiste et ancien conseiller élyséen démissionnaires pour cause de lassitude ( et un peu d’affaire Benalla ?) . Un manifeste progressiste parait-il.

Interview à la grande matinale de France Inter et …accablante impression d’arrogance, d’immaturité et d’ignorance. Citation : « Nous, on veut transformer les corps intermédiaires en associations intermédiaires. Les syndicats devraient passer moins de temps à interpeller l'État et plus à changer la société. Pour interpeller l'État, les citoyens n'ont plus besoin d'eux. Ils n'ont pas besoin de la CGT pour organiser une manifestation »

De la part de ceux qui avec les ordonnances travail ont mené la pire des politiques de régression sociale jamais effectuée, c’est quand même assez fort ! Visiblement ils n’ont pas pris l’option histoire du travail, à Sciences PO ( elle existe ?)

Réaction de François Hommeril, secretaire générale de la ( CFE-CGC : « Rien à dire... là, je prends une leçon. 30 ans de syndicalisme et je n’avais jamais pensé à changer la société. Je vais prendre un peu de repos et réfléchir à la portée d’une telle fulgurance. Merci David. » @CFECGC


Eh ben, s’ils réussissent même à énerver la CFE-CGC….


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mercredi 27 mars 2019

Chers amis allemands ou comment ils veulent nous refiler la note de leur transition écologique ratée.


La taxe carbone, le retour ?

Les Gilets Jaunes, après les violences de ces black blocs que la police ne connait pas, sont un peu en baisse dans l’opinion ? Et voilà que repart l’idée de la taxe carbone.

C’est à ça qu’on reconnait le pouvoir macronien : il ne renonce jamais ; donc, amis gilets jaunes, restez mobilisés !

Donc : Après des membres de son ministère, c'est au tour du ministre de la Transition écologique et du délégué général de LREM de défendre une renaissance de cette taxe sur les carburants, pourtant à l'origine de la colère des «gilets jaunes».

Deux mois après l'abrogation de la taxe carbone par le Premier ministre, cet impôt à l'origine de la mobilisation des «gilets jaunes» pourrait faire son grand retour. «C'est sur la table, c'est le moment ou jamais d'en débattre», affirme ainsi le ministre de la Transition écologique ce matin sur Europe 1. François de Rugy a défendu un dispositif qui a «un vrai impact. En 2018 la consommation de carburant a baissé, c'est une première. Cela signifie que c'est possible de diminuer notre consommation en énergies fossiles», a estimé le ministre. À ses yeux, «on peut reprendre cette trajectoire» à condition que l'argent de cet impôt - deux milliards d'euros - «soit à 100% pour la transition écologique». La veille, Brune Poirson, secrétaire d'État à la Transition écologique et solidaire déclarait que cet outil est «efficace» et qu'il «a un vrai impact».
Ben voyons.

En réponse, et pour apporter un autre éclairage,  un très excellent (encore un !)article de Tristan Kamin sur Atlantico intitulé :

Pourquoi les tentations de revenir à la taxe carbone révèlent une fascination mortifère de la France pour le contre-exemple énergétique allemand.

(https://www.atlantico.fr/decryptage/3565967/pourquoi-les-tentations-de-revenir-a-la-taxe-carbone-revelent-une-fascination-mortifere-de-la-france-pour-le-contre-exemple-energetique-allemand-tristan-kamin)

Atlantico : Dans le cadre de l'objectif de réduction des émissions de CO2, 86 députés ont fait paraître une tribune dans Le Figaro exigeant le retour d'une taxe carbone plus transparente. Pourtant, selon un article publié par Forbes, la politique énergétique française conduirait à une hausse des prix de l'électricité qui éloignerait les consommateurs d'une énergie décarbonée, et conduirait ainsi à de mauvais résultats en termes d'émissions de Co2. Cet argument est-il recevable ? 

Tristan Kamin : On a tendance à mal faire la séparation entre « énergie » et « électricité ». Dans certains – nombreux – pays, où le couplage est très fort entre les énergies fossiles et l’électricité, l’amalgame entre les deux n’est guère dérangeant. En France, au contraire, le lien entre les deux est beaucoup plus ténu, la faute (ou grâce) au nucléaire. À titre d’exemple : une taxe carbone de 30 € par tonne de CO2 (le niveau actuellement appliqué aux carburants) appliquée à l’électricité et ses 20 millions de tonnes de CO2 en 2018 représenterait 600 millions d’euros à prélever sur une consommation de 475 milliards de kilowattheures : cela représente 0,13 centimes par kilowattheure, soit moins de 1% du prix actuellement facturé. Ainsi, cette taxe carbone qui a été massivement rejetée par la population lorsqu’appliquée aux carburants est quasiment insignifiante lorsqu’appliquée à l’électricité. Donc non, en France, en théorie, une taxe carbone ne conduit pas à une hausse notable des prix de l’électricité, parce que celle-ci est bas-carbone.

En quoi la taxe carbone pourrait-elle être contre-productive en ce sens ?
Dans mon raisonnement précédent, je considère une taxe dont le montant est lié aux émissions de gaz à effet de serre. En revanche, si l’on taxe l’électricité au nom « du climat » ou « de la transition écologique », mais avec des montants plus ou moins arbitraires et, surtout, sans lien avec les émissions de gaz à effet de serre du secteur électrique, alors le terme de « taxe carbone » est une usurpation. Alors, en effet, cela peut dissuader le recours à l’électricité bas‑carbone et, au contraire, favoriser l’usage d’énergies fossiles.

Quelle serait la trajectoire politique la plus appropriée dans un objectif de réduction des émissions ? ? 

Je pense qu’il faut raisonner secteur par secteur, et non pas chercher une solution globale qui agirait positivement sur tous. Par exemple, le secteur électrique n’a plus qu’une faible marge de progrès sur ses émissions de gaz à effet de serre, et devrait être passé à l’arrière-plan : il faut simplement s’assurer de continuer à aller dans le bon sens et à long terme, sans se focaliser plus que nécessaire dessus. Le secteur du résidentiel et tertiaire (essentiellement le chauffage des logements, bureaux, commerces, bâtiments publics…) a, lui, une forte marge de progression que je pense facile à faire bouger : remplacement rapide du chauffage au fioul, limitation, voire réduction, du chauffage au gaz naturel, rénovation thermique...

Dans le secteur des transports, en revanche, si la marge de progression est évidemment énorme, réduire les émissions ne s’annonce pas simple. En particulier, il semble nécessaire de développer des alternatives avant de parler de taxer. Car auprès des usagers qui n’ont pas ou peu de marges de manœuvre, une taxe carbone est ressentie non pas comme une mesure incitative mais comme une sanction. On pourrait de la sorte prolonger la réflexion au secteur de l’agriculture, de l’industrie, etc., chacun ayant ses spécificités.

Dans son article, Forbes évoque une pression de l'Allemagne sur la France pour aller en ce sens. Quelle est la réalité de cette pression ? 

Si je ne peux me prononcer sur sa réalité, les motivations sont en tout cas assez transparentes, au-delà de l’aversion idéologique des allemands pour le nucléaire.

Aujourd’hui, l’Allemagne a deux parcs électriques. Son parc de moyens de production pilotable (environ 100 GW) sur lequel elle repose pour s’assurer un approvisionnement en électricité à tout moment, y compris en l’absence de vent et de soleil. Et son parc éolien et solaire (environ 100 GW aussi), dont la production n’est pas pilotable, on la dit « fatale ». Par définition, son parc « pilotable » suffirait à alimenter le pays, et d’un point de vue énergétique et économique, son parc « fatal » la met en situation d’énorme surcapacité. Qui dit surcapacité dit prix de marché bas, et notamment à chaque fois que le vent abonde.

Dans de telles conditions, les charbonniers et gaziers peinent à être rentables, et le solaire et l’éolien le sont grâce à des subventions qui pèsent lourd sur la facture des consommateurs. Or, le parc nucléaire français, composé de réacteurs nucléaires qui produisent, peu importe la météo, une électricité peu coûteuse (compte tenu du fait que le coût d’investissement du parc historique est aujourd’hui amorti), contribue considérablement à tirer vers le bas les prix du marché ouest-européen. On comprend donc l’intérêt de l’Allemagne à inciter la France à réduire la voilure nucléaire.

En plus de cela, la politique allemande semble déterminée faire du pays la plaque tournante du gaz en Europe de l’Ouest, avec notamment au programme un terminal méthanier pour importer du gaz naturel liquéfié depuis l’outre-Atlantique, et un gazoduc (Nord Stream 2) pour importer de Russie. Or, en l’état actuel des technologies, une réduction de la production nucléaire en France serait vraisemblablement compensée, au moins partiellement, par une hausse de la consommation de gaz. Ceci étant dit, le bénéfice potentiel pour l’économie allemande apparaît flagrant.

En résumé, les Allemands insistent fortement pour nous faire réduire la part du nucléaire, parce que cela leur permettrait de pas vendre à prix faible, voire négatif leur énergie excédentaire ( eh oui , lorsque les éoliennes tournent à donf, il faut parfois payer l’Espagne ou l’Angleterre pour qu’elles prennent l’électricité allemande, cf. blog précédent ; par contre, il faut quand même garder un volume équivalent de production pilotable- et en Allemagne, hautement carboné et polluan,t pour quand elles tournent pas…) ; et pour nous faire remplacer notre nucléaire décarboné par un gaz qu’ils se feront joie et grand profit de nous revendre…tant pis pour le climat.

Quelques données sur le « gross » ratage de la transition énergétique allemande. (energiewende)

L’energiewende est :

Mauvaise pour le climat : L'Allemagne est un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre au monde : en 2017, ses émissions de CO2 liées à l'énergie, estimées à 764 Mt, en font le no 1 de l'Union Européenne, loin devant la Grande-Bretagne qui est no 2 avec 398 Mt et la France, no 4 (après l'Italie) avec 320 Mt. Par habitant, c’est encore pire : 8,88 tonnes par habitant, plus du double de la moyenne mondiale, contre 4,37 tonnes en France. Selon les estimations d'octobre 2017 du ministère de l'Environnement, l'Allemagne ne pourra pas atteindre ses objectifs de réduction d'émissions de CO2 de 40 % entre 1990 et 2020.

Mauvaise pour l’économie : En 2017, selon l'Agence internationale de l'énergie, le prix moyen de l'électricité pour les ménages atteignait en Allemagne 343,59 $/MWh contre 188,53 $/MWh en France, 129,00 $/MWh aux États-Unis, 202,41 $/MWh au Royaume-Uni.

Mauvaise pour l’environnement et la santé : L'Allemagne est le premier producteur mondial de lignite, utilisé pour produire 23,1 % de son électricité. Un signe flagrant de la persistance de cette culture charbonnière est que dans les statistiques allemandes l'unité « TEP » (tonne équivalent pétrole) n'est que rarement utilisée : les Allemands lui préfèrent la TEC (tonne équivalent charbon, en allemand : SKE, Steinkohleeinheit).
Conséquence de cette addiction au charbon : un rapport publié en juin 2016 par WWF et trois autres ONG avec le soutien de l'Union européenne évalue à 4 350 décès prématurés l’impact des centrales à charbon allemandes, dont 2 500 décès dans les pays voisins –dont la France. Sans compter la morbidité, notamment asthme et maladies respiratoires.

Mauvaise pour les paysages et la démocratie : Le développement de l’éolien se faisant principalement dans le nord du pays et plus particulièrement dans la mer du Nord et l’électricité étant consommée principalement dans les Länder du sud, la transition doit s’accompagner d’un fort développement des lignes de transport à haute tension. Mais ce développement se heurte à l’opposition des riverains. Dans une étude remise fin mai 2012 à la Chancelière, les quatre gestionnaires de réseaux de transport estiment à 3 800 km la longueur des lignes haute tension à construire et à 4 000 km celle des lignes à moderniser, pour un montant de 20 Md € auxquelles il faut ajouter 12 Md € pour le raccordement de l’éolien marin. Soit un total de 32 Md € à investir pour atteindre l’objectif 2022. Or depuis 2005, seuls 200 km de lignes haute tension ont pu être construites. C'est pourquoi une loi est en discussion pour faciliter les autorisations de construction des lignes haute tension…

Et c’est ce ratage que veut nous faire payer l’Allemagne, en faisant le forcing pour faire diminuer notre production nucléaire électrique, décarbonée et économique…un immense avantage compétitif qu’ils ne supportent pas .

Tiens : mise à jour de 7 avril 2019 : Le Parlement européen s’est exprimé sur une proposition de classification des actifs durables, et a choisi d’empêcher l’énergie nucléaire d’obtenir le sceau d’approbation écologique des marchés financiers.  Chers amis allemands et écolos, merci.....



cf aussi https://vivrelarecherche.blogspot.com/2018/02/transition-energetique-ppe-la.html