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vendredi 13 octobre 2023

Patrimoine National et Climat sur le bilan prévisionnel 2035 de RTE

 1) Un tabou tombe : «Pour éviter ruine ou black-out, nous allons hélas devoir construire des centrales à gaz»

Patrimoine Nucléaire et Climat a pris une position courageuse mais que beaucoup d’experts réclamaient sans trop oser le dire. Il va falloir relancer la construction de centrales à gaz !

Tribune Figaro Vox, https://www.lefigaro.fr/vox/societe/pour-eviter-ruine-ou-black-out-nous-allons-helas-devoir-construire-des-centrales-a-gaz-20230927

Dans l'attente d'une reprise du nucléaire, il faut trouver une solution pour couvrir les besoins énergétiques de la France, plaident l’ancien président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer, et les anciens ministres Jean-Pierre Chevènement et François Goulard.

« Pour avoir délibérément sous-estimé l'évolution de sa consommation et avoir décidé en dix ans la fermeture de plus de 10 GWe de capacité de production électrique, la France se trouve aujourd'hui face à un « mur énergétique », selon l'expression de la ministre en charge de la transition énergétique, qu'il s'agisse du court, moyen ou long terme. La situation est grave, car nous manquons de moyens de production pilotables, et les conséquences industrielles, économiques, sociales et politiques, déjà lourdes, ne peuvent que s'aggraver. »

« La relance de la filière nucléaire, essentielle et réclamée dans le rapport d'Escatha-Billon d'il y a 5 ans, ne pourra raisonnablement pas répondre à ces besoins avant 2035-2040. »

« RTE, CRE, comme la DGEC restent obstinément dans le déni face aux besoins en électricité pilotable »

« Il faut être réalistes et ne pas se cacher derrière des scénarios évolutifs et autres planifications complexes, qui restent des exercices théoriques technocratiques, entachés de biais multiples… Ces centrales de pointe, dont le coût d'investissement est modéré, ne seraient appelées qu'en cas de nécessité lors des pointes de consommation et pour compenser l'indisponibilité de l'éolien et du solaire. Leurs émissions de GES seraient donc modestes et largement compensées par les économies globales d'émissions obtenues grâce à l'électrification de notre économie et de notre patrimoine industriel. Elles nous protégeraient d'importations ruineuses d'une électricité hyper-carbonée, de la fragilisation de notre industrie face à une production hachée par les effacements et du risque de black-out. Nous serions robustes quelle que soit la météo ! »

2) Positifs et negatifs du bilan bilan prévisionnel 2035 de RTE

 PNC se félicite par ailleurs des évolutions récentes de RTE :

« -La perspective inéluctable d’une croissance forte des besoins en électricité est actée ;

- les scénarios à objectif 100 % renouvelables, très présents dans le document « 2050 »de 2021, semblent tombés dans l’oubli, même dans les questions en conférence de presse ;

- le nucléaire est clairement rentré en grâce.

Et de la fin de quelques illusions (mais pas de toutes …) :

- La flexibilité de la demande et les batteries ne résolvent pas tout

- Révision à la baisse des puits de carbone et du volume de biomasse disponible ;

- Doutes sur les smart grids

- Prudence sur la flexibilité des électrolyseurs…mais RTE la considère comme indispensable, ce qui n’est pas acquis, sauf à accepter des pertes de rendement. Par  ailleurs, la filière hydrogène n’est pas présentée en tant que « stockage d’électricité ».

- Prudence sur la rénovation thermique des logements, ce qui oriente vers le  changement d’énergie vers les sources décarbonées, essentiellement l’électricité et les PAC.

Sur un plan général, il est frappant de constater que ce bilan donne très peu d’indications sur  les prévisions 2030, bien que les engagements de la France vis-à-vis des directives et recommandations européennes soient à cette date. Cette remarque porte à penser que RTE  estime les objectifs 2030 largement inatteignables et reporte aux 5 années suivantes l’essentiel des développements,

RTE présente des développements larges hors du champ d’expertise de RTE et limités sur son  cœur de mission. A titre d’exemple : l’analyse technico économique de la compétitivité de  l’hydrogène décarboné produit en France ou importé, suivant l’usage (RTE a eu cependant  des échanges importants avec GRTgaz sur le sujet et se doit d’étudier l’impact de l’émergence  de l’hydrogène).

Par contre, les questions concernant le réseau électrique et l’équilibre instantané production consommation ne sont en large partie que survolées. »

3) Encore un gros déni de RTE : l’ingérabilité de  l’intermittence avec la montée en puissance des ENR

On ne peut qu’être surpris de la légèreté de la présentation faite de la gestion de  l’intermittence. La gestion quotidienne des pics de production solaire (ou de leur  absence) est abordée (très modestement) par les § 19 (P. 54) et 21 (P.60), avec recours  à la flexibilité, à la modulation des pilotables et à l’écrêtement des ENRi. En effet,  une  simple extrapolation à 2035 des productions actuelles aux capacités indiquées (122 GWe intermittents) montre la difficulté de la tâche, sauf à modifier très profondément les  conditions d’acceptation de ces productions sur les réseaux (des écrêtements massifs  seront indispensables, ce qui changera la rentabilité de ces sources et les règles de  marché).

Il est aisé, sur la base des données RTE téléchargeables sur le site Eco2mix,  d’extrapoler les productions intermittentes en 2035 en tenant compte des croissances  prévues des capacités de chaque source en supposant, ce qui est raisonnable, des  données climatiques similaires aux actuelles.


- En conditions hivernales la fluctuation de puissance sur une journée pourra atteindre  une cinquantaine de GWe et on pourra avoir sur des périodes de 2 à 3 semaines des  taux de charge extrêmement faibles, oscillant entre 3 et 10 % seulement de la  capacité installée. L’importance des déficits de puissance dépasse de loin les  projections, optimistes, d’efficacité et de flexibilité



- En conditions estivales les fluctuations de puissance des intermittentes varieront de  2 à 57 GWe avec des écarts matin et soir de 40 à 50 GWe, leur apport étant souvent  proche de la puissance appelée en milieu de journée, mais très faible la nuit (de 2 à  10 GWe malgré 118 GWe installés). L’écart entre la consommation et la production  évoluera chaque nuit entre 35 et 54 GWe.

L’impact quotidien sur le fonctionnement  des capacités pilotables ne sera pas gérable, bien au-delà de ce qu’on pourra attendre  de leur suivi de charge et des flexibilités ou effacements. Il faudra écrêter (à quelles  conditions ?), exporter à bas prix le jour (les pays voisins seront confrontés aux  mêmes excès) et importer si notre capacité pilotable n’est pas restaurée

 

La gestion des gradients de puissance des ENRi et de la capacité pour les pilotables  de les accommoder n’est pas abordée si ce n’est pour nier la responsabilité des ENRi,  en usant d’un sophisme étonnant (page 45) « L’augmentation de la part des énergies  renouvelables dans le mix électrique à l’horizon 2030-2035 ne conduira pas  nécessairement le parc nucléaire à moduler davantage qu’aujourd’hui, mais la part  de modulation liée au manque de débouchés économiques augmentera » (un non dit : à cause du suréquipement en ENRi.)

Par exemple, en été l’analyse des variations de puissance horaire des capacités  intermittentes montre qu’elles atteindront 10 à 14 GWe en une heure, deux fois par  jour à la hausse puis à la baisse, alors que la consommation est faible.


C’est toute l’organisation de l’accès au marché de l’électricité des moyens intermittents (qui  devraient supporter les inconvénients de leur variabilité) et des moyens pilotables  (dont l’économie doit être impérativement préservée) qui devra être profondément  repensée, et ceci dès les prochaines années.

mercredi 5 juillet 2023

Réponses et remarques de l’Association PIEBÎEM au groupe de travail RTE sur les analyses de sécurité d’approvisionnement

 PIEBÎEM est partie prenante de la consultation publique organisée par RTE (Réseau de transport d’Electricité) sur le Bilan Prévisionnel 2030-2035 et participe aux groupes de travail dédiés. Dans le groupe de travail consacré à la sécurité d’approvisionnement, PIEBÎEM a fait part de ses inquiétudes sur les risques que fait peser l’intégration d’une part importante d’énergie intermittente fortement variable comme l’éolien en mer sur la sécurité d’approvisionnement

·   PIEBÎEM considère comme assez inquiétante l’intervention de l’ADEME sur la « notion de défaillance qui n’est pas qu’un critère technique, mais aussi politique ; il faut prendre en compte la facilité à accepter la défaillance ». Elle sonne en effet comme un renoncement à assurer la sécurité d’approvisionnement en présence d’un fort taux d’énergies variables intermittentes  et à accepter des flexibilités de force, bon gré, mal gré. On peut se demander dans quelle mesure de telles conceptions sont compatibles avec une volonté de réindustrialisation et jusqu’à quel degré elles sont acceptables par la population.

 

·         PIEBÎEM souligne que malgré une évidente volonté pédagogique de RTE, la démarche probabiliste utilisée pour estimer les risques de défaillances suscite encore des interrogations. Cette démarche a-t-elle fait l’objet de critiques (éventuellement favorables) de gestionnaires de réseau étranger, est-elle aussi adoptée par certains d’entre eux ?  Ne sous-estime-t-elle pas les risques accrus de défaillance qu’entrainera dans le futur un accroissement important des énergies variables intermittentes ?

 

·         Sur ce même sujet, de récentes publications allemandes montrent des résultats assez inquiétants sur l’estimation et les conséquences des « DunkelFlaute » (épisodes météorologiques de vent très réduit) sur un système à fort taux d’Energies Variables Intermittentes.  Le résultat des études sur la fréquence des épisodes de production d’éolien et de solaire quasi nulle montre entre 2010 et 2016 environ 160 épisodes de 5 jours (soit 26 par an) avec une production éolienne inférieure à 5 GW et que chaque année se produit un épisode de 10 à 14 jours de vents faibles.

 

Mais les auteurs de l’étude estiment que, pour la stabilité du réseau, il faut considérer des périodes beaucoup plus longues. Sur une étude utilisant 35 ans de données de séries chronologiques horaires, leur analyse appuie les conclusions antérieures selon lesquelles les périodes où l'approvisionnement est constamment rare ne durent pas plus de deux semaines, mais constate que le déficit énergétique maximal se produit sur une période beaucoup plus longue de neuf semaines. En effet, plusieurs périodes rares peuvent se suivre de près et il existe donc des périodes plus longues qui contiennent une accumulation de périodes fortement déficientes en vent lorsque l'on tient compte des pertes de stockage et des limites de recharge, la période de définition des exigences de stockage s'étend jusqu'à 12 semaines.

Storage requirements in a 100% renewable electricity system: extreme events and inter-annual variability, Oliver Ruhnau and Staffan Qvist 2022 Environ. Res. Lett. 17 044018, (2022)


RTE a-t-il le même type de réflexion concernant les incidences de l’accroissement de production ENR variables intermittentes et non corrélées à la demande ? 


Nb voir aussi sur ce sujet https://vivrelarecherche.blogspot.com/2023/06/rte-alerte-sur-laugmentation-des.html

 

·   S’il en était encore besoin ( ?), la présentation de RTE a montré qu’il existe de nombreuses externalités négatives économiques et techniques des ENR en terme de stabilité du réseau : besoins en stockage, besoins en inertie, dégradation économique et technique des pilotables en suivi de charge, épisodes de surproduction. PIEBÏEM considère que ces externalités négatives devraient être prises en charge par les producteurs ENR et que dans tous les scenarios et présentations, leur coût, lorsqu’il peut être estimé, devrait être clairement attribué aux ENR.

 

·         Concernant les problèmes posés par le manque d’inertie des systèmes à fort taux d’ENR , Mathieu Hochet, spécialiste « Offshore Wind », Total Energies a déclaré devant l’Académie des Technologies : lorsque les énergies renouvelables, généralement intermittentes, représenteront plus de 50 % du mix électrique, il sera particulièrement délicat de rétablir la tension sur le réseau en cas de black-out. Confirmez-vous cette analyse ?

Le mot de black out semble devenir tabou, pourtant de faibles incidents d’ailleurs  assez récurrents entre la Serbie et le Kosovo ont entrainé (par exemple, le 10 janvier 2019) une baisse de fréquence sur l’ensemble des pays européens ; l’effondrement a pu être évité de justesse par la déconnexion d’industriels électrointensifs mais la résilience du réseau européen à de tels incidents pourtant mineurs peut poser question, surtout avec l’augmentation du taux de pénétration des « ENR ».

 

·     Ainsi qu’il a été évoqué par plusieurs participants, le suivi de charge des ENR par le nucléaire retentit sur ses performances technologiques et sa rentabilité économique  et pourrait en fait impacter la durée de vie des centrales nucléaires…dont la prolongation est indispensable à la sécurité d’approvisionnement. En particulier, la modulation de la production est actuellement utilisée pour optimiser la gestion du combustible et la répartition des arrêts de tranche, qui est aussi un facteur éminemment important de résilience pour passer des périodes difficiles.  La réponse de RTE à ces préoccupations semble être que la modulation du nucléaire pour suivi de charge des ENR remplacera la modulation pour gestion du combustible, ce qui est assez inquiétant quant à la sécurité d’alimentation.

Ce phénomène ne se produit-il pas déjà ? RTE vient de demander à EDF de décaler d'un mois la visite décennale de la tranche 2 de Blayais. Est-ce en en raison de la variabilité des ENR dans la période considérée ? Quelle en est l’incidence sur la sécurité d’alimentation ?

 

·        Au-delà se pose la faisabilité même du suivi de charge par le nucléaire de productions électriques à forte variabilité instantanée comme l’éolien marin, certains considérant qu’il ne peut être accompli que par des centrales à gaz de dernière génération.

 

RTE peut-il fournir une estimation du nombre de nouvelles centrales à gaz qu’il faudrait construire pour assurer un suivi de charge techniquement réaliste et économiquement supportable des Energies Variables Intermittentes, en fonction de leur taux de pénétration et de leur nature ( éolien terrestre, marin, solaire) ?

 

·    Concernant l’hydrogène, PIEBÎEM  note que RTE constate que « des modes spontanément peu flexibles sont envisagés par les industriels ». C’est assez peu surprenant, si l’on prend en compte les avertissements de l’Académie des technologies et de la Commission de Prospective de la CRE. Ainsi, les épisodes de prix négatifs « ne permettent cependant pas de justifier l’hypothèse parfois avancée d’un stockage d’énergie alimenté uniquement par une électricité fatale. Le coût d’investissement des électrolyseurs est élevé et ils ne peuvent se contenter de fonctionner exclusivement dans les périodes de surplus d’électricité ; la rentabilité de la production d’énergie intermittente implique qu’elle soit vendue en moyenne à un prix égal à son coût de production actualisé (Leverage Cost of Electricity), ce qui est retenu dans les évaluations ci-après….Il convient donc de prendre en compte les coûts réels de revient de l’électricité renouvelable proposés par la Cour des comptes en 2018, portant le kg d’hydrogène entre 7 à 9,5 €. S’ajoutent, le cas échéant, des coûts de stockage (compression, réservoirs…) de 0,5 à 1 €/kg. » (https://www.academie-technologies.fr/blog/categories/publications-de-l-academie/posts/l-)


Ou :  la solution qui  « consiste à relier directement les électrolyseurs à une source d’énergie renouvelable et de n’utiliser que les surplus de production d’électricité pour produire de l’hydrogène, afin de bénéficier des prix les plus bas. Ce fonctionnement s’avère être le plus onéreux, car le taux de charge des électrolyseurs est particulièrement faible compte tenu de l’intermittence des renouvelables… cette configuration oblige à surdimensionner l’électrolyseur pour qu’il puisse recevoir le plus possible d’électricité produite par la centrale. Elle ne présente  aucun espoir de rentabilité même à moyen terme avant 2030 » (Comité de prospective de la CRE_ Le vecteur hydrogène)

    De façon générale, l’association  PIEBÎEM appelle RTE à ne pas sous-estimer les dangers d’un taux important de pénétration des Energies Variables Intermittentes sur la stabilité du réseau et la sécurité d’alimentation, à éviter de recourir à de la « flexibilité magique »  et à en peser soigneusement les conséquences, notamment en terme d’équipement en pilotable gaz. PIEBÏEM considère que l’ensemble des données présentées doit inciter à une remise en cause drastique des objectifs de développement de l’éolien en mer dont les coûts intrinsèques déjà élevés sont démultipliés par l’exigence de compenser une forte variabilité, à supposer même qu’il soit possible d’écarter les dangers qu’elle fait peser sur la sécurité d’alimentation.

dimanche 23 mai 2021

Dear German friends : your Energiewende is threatening Germany and whole Europe

The German Federal  Court of Auditors and The Energiewende. When Germany puts herself and Europe at risk !

! this is election year in Germany and the failure of the Energiewende is of utmost importance and should really be debated. The report of the federal court of auditors (Bundesrechnungshof) is an importance piece of information and it is really, really  worrying that is practically not publicized and not debated !

As one German reaction satted : “"The power of the press also lies in not reporting certain things. So there is no problem. »

See also : Energiewende : Our dear German friends are starting to seriously break our balls; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/energiewende-our-dear-german-friends_21.html; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/energiewende-our-dear-german-friends_55.html ; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/energiewende-our-dear-german-friends.html ; https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/09/energiewende-our-dear-german-friends_25.html

 Article Die Welt, 31/03/2021

https://www.welt.de/wirtschaft/article229449033/Energieversorgung-Bundesrechnungshof-warnt-vor-Stromluecke.html?mc_cid=64a4535f40&mc_eid=0c2b52148d

Costs are out of control - and there is a serious risk of electricity shortages! 

Now Energywende is putting Germany at risk! The federal government accepts too high electricity prices and the risk of supply disruptions in order to continue its energy transition.   Today, the Federal Court of Auditors warns that if things continue in this way, Germany and its economy will be in danger! Costs are out of control - and there is a risk of electricity shortages.

The Federal Court of Auditors accused the Federal Ministry of Economy of "failure to control Energywende and mismanagement". These criticisms were already included in a previous report three years ago, and auditors are not only renewing them, but have added an explosive security analysis.

"Since our last review in 2018, too little has been done to master and succeed in the energy transition," said Court President Kay Scheller during the presentation of the second special report: "It makes you think."  In the previous report, the main focus was on controlling the costs of Energiewende, now auditors are also analysing the security of Germany's electricity supply, and the result is alarming!

According to their findings, the federal government does not consider "real and emerging dangers to security of supply" and monitoring the energy transition is "incomplete".

If we continue to follow the current trend, electricity prices will continue to rise. The Federal Court of Auditors mentions a study that the Energiewende will require an additional 525 billion euros between 2020 and 2025 to ensure the supply of electricity, including extension of the grid. However, electricity prices for private households are already 43 per cent above the European average !

Comment: the article is not very clear: forecasts 500 billion more probably on the whole note, already estimated between 1000 and 1500 billion euros over the whole period 2000-2050


The Federal Court of Auditors warns that "the energy transition in this form endangers Germany's economic competitiveness and its international position, and threatens the financial strength of electricity-consuming companies and private households," warned Kay Scheller during the presentation of the special report: "This may ultimately compromise the social acceptance of the energy transition."

 

Population, electricity demand, reserves, weather: nothing is going right: "the key assumptions on which the current assessment of security of supply in the electricity market is based are unrealistic or outdated»

 

The explosive nature of the report is further amplified by the fact that the auditors submitted their criticism to the Federal Ministry responsible for the economy. The answers, explanations and justifications of the minister headed by CDU Minister Peter Altmaier were included in the auditor's report - and they do not, to say the least, reassure the auditors and mitigate their conclusions..

 

Specifically, auditors accuse the federal government of not properly considering the consequences of the phase-out of coal. Earlier this year, 11 coal-fired power plants were closed. Overall, the phase-out under the Coal-Fired Electricity End Act is now being implemented more quickly than anticipated in the Security of Supply Reports.

 

The Federal Ministry of economy last expressed on security of supply in 2019, that is, before the decision to phase out coal. In this document, the phasing out of coal was "indirectly reviewed" - and deemed "harmless" explains the ministry.


Comment: well, just believe it when you see what coal was like in Germany?. So far, the Germans have almost doubled their park. The real problems will begin with the elimination of fossils and nuclear power capable of ensuring baseload production and replacement by intermittent energies

In examining these statements, the Federal Court of Audit found inconsistencies. A comparison with the legal timetable for the decommissioning of coal-fired power plants shows instead that the study assumes a higher secure production from 2022 onwards than can actually be expected after the coal phase-out. There is a "planning gap" of 4.5 gigawatts between the two, which corresponds to the capacity of four large conventional power plants. 

But according to the Department of Economic Affairs, there is a "probability of grid balance" of nearly 100 percent despite the phasing out of coal. The probability that electricity demand could still be covered by electricity supply would be exactly 99.94%. This is questioned by the reviewers. The government's report's calculation of the probability of network balancing "is based on assumptions that sometimes seem unrealistic or are overtaken by current political and economic developments."

 

The auditors state: It is "not realistic to assume that the renewable energy expansion targets will be met under the currently difficult acceptance conditions, especially for wind projects".

 

It is also risky for the federal government to simply base its wind and solar energy forecasts on "historical weather conditions from 2009 to 2013. It is "inappropriate that this simulation does not take into account a year with low energy yields from wind and solar," the Federal Court auditors criticize..

 

Auditors also doubt that the need for reserve power plants has been properly identified. For example, the federal government had planned on October 1, 2020 to create a 2 gigawatt "capacity reserve" to secure the electricity market. However, with the blessing of the Federal Systems Agency, transmission system managers have acquired only half of this power plant reserve. The Federal Audit Office "doubts that the Federal Ministry of Economy has fulfilled its legal obligation to verify the size of the capacity reserve".

 

In the event of a power outage, industrial companies are already expected to voluntarily stop production temporarily - in exchange for compensation. The Ministry of Economic Affairs assumes a potential of 16 gigawatts, which will be fully developed by 2030. However, a study by the Federal Environment Agency suggests a potential of only 6 gigawatts, according to the Court of Audit. Apparently, there is no consensus within the federal government on the extent to which voluntary "load shedding" can help stabilize the power grid.


It is also questionable why the federal government expects to have more than 4.5 gigawatts of "emergency electrical systems" to address the disruption to the electrical balance. In the so-called market basic data registry, only 9.4 megawatts of backup power with it are currently registered, which corresponds to only 0.2% of the potential estimated by the federal government. The examiners are surprised by this slight discrepancy!

 

The Bonn auditors also seriously question other assumptions made by the federal government that do not seem to be more (or more) in line with reality. By predicting energy demand, the federal government is basing its forecasts on a population that fell below 75 million by 2050. On the other hand, the Federal Statistical Office predicts, "in the three most important variants examined with a high probability" a population of between 77.6 and 83.6 million people in 2050".

 

The Ministry of Economic Affairs' assumptions about the security of electricity supply are "partly overly optimistic and partly implausible," the auditors criticise. The Department also did not investigate a scenario in which several predictable factors coincide that could compromise security of supply.

 

Thus, network expansion may be delayed and cross-border transmission capacity may be limited at the same time. The Federal Ministry of Economics argues that "a stacking of various disadvantageous scenarios does not make sense according to the current technical discussion". However, the reviewers found this objection "not convincing ».

 

Comment: well, the delay in terms of the network, for sure!

Other uncertainties arise from the growing demand for electricity for the electrification of transportation and for the production of energy-bearing hydrogen in electrolysis plants. The auditors therefore do not share the federal government's assumption that electricity demand will remain more or less stable until 2030.

 

The Federal Ministry of Economy rejected this criticism: Germany has a coherent system for assessing security of supply. Hydrogen production also does not represent a charge on the grid, as electrolysis systems can be controlled in a "network-friendly" way.

 

However, the ministry as a whole fails to convince the auditors: "The Federal Court of Audit maintains that the key assumptions on which the current assessment of security of supply in the electricity market is based are unrealistic or outdated," states the conclusion of the special report.

 

Some reactions in France and Germany :


Comment: What is disappointing and really worrying  is the lack of reactions in the press and in political debates  to such  profound and fundamental criticisms of a policy that seriously threatens stability and prosperity in Germany, but not only, throughout Europe ...This is election year in Germany, and this topic ( is the energiewende the right way), which is of utmost importance should really be debated…   well, it is above all a deafening silence that seems to be the rule, in the press and among politicians, we hear only silence

 

German reactions: comments on Die Welt's website: "The power of the press also lies in not reporting certain things. So there is no problem. »

The tone of the comments (>600, rather favourable, however, shows that those who reacted already knew the magnitude of the disaster. Obviously the others, all the others, including the politicians have chosen to ignore the serious warning of the Federal Court of Auditors


"In this situation, it is totally irresponsible to close other power plants. In particular, the 6 nuclear power plants still in operation must continue to operate, especially since they do not emit CO2 in operation. »

 

« No one should say during or after the first power outage that they could not have guessed. I wonder when Mr. Scheller, as President of the Federal Court of Auditors, will retire early. Many people will want to push for its replacement. But I hope that there will be more critical voices and that they will be heard. »

 

"Which party to choose for the next election? Unfortunately, this boils down to the fact that Germany must first have a very big blackout before politicians and the majority of the population wake up. »

 

"Which party to choose for the next election? Unfortunately, this boils down to the fact that Germany must first have a very big blackout before politicians and the majority of the population wake up. »»

 

"The Federal Finance Control will certainly be given new tasks after the Greens take power. For example, they can calculate how often the wrong sex has been used or how many marginalized groups are offended."

 

Some French reactions

Gérard Grundblatt ;  https://twitter.com/grunblatt/status/1377592501872234500


"Germans are starting to open their eyes: The German Federal Court of Auditors is warning about the security of electricity supply. Three years ago, the CdCf issued a very critical report on Energiewende, which it considered to be out of control. It reiterates its criticism but with an analysis on the security of electricity supply. It is interesting that it addresses technical issues and challenges the BMWi in a rather alarmist mode. The points raised are exactly the same as in France: what future demand, what flexibility to deal with the intermittency of ENRs, what acceptability of ENRs, network, high electricity prices, ..."


Tristan Kamin ; https://twitter.com/TristanKamin/status/1393892381230043138?s=20


I could not identify the most important information in this article that presents the assessment made by the German federal equivalent of the Court of Audit, about the electricity component of the energy transition.

Is it the fact that, since the previous study in 2018, there has been little effort made to stem the loss of control over electricity costs? 31 cents per kWh for households, Denmark dethroned.


Or the new indication that there is a real risk to the country's electricity supply security?


It is mentioned that at the beginning of the year, 11 coal-fired power plants were shut down. That's good, that's a good thing, in every respect. And so we are ahead of schedule in our plan to get out of coal.

On the other hand, this advance has been achieved at the cost of assumptions that sometimes seem unrealistic or that are outdated by current political and economic developments.


This includes the development of wind power, where reaching the objectives is not considered a realistic assumption. Or on solar energy, whose production forecasts exclude the possibility of a bad year with excessively little sunshine.


Even the population assumptions diverge between the federal government, which is counting on 75 million inhabitants in 2050 against 78 to 84 for the Federal Office of Statistics. "


Michel Gay; https://www.contrepoints.org/2021/05/16/397534-transition-energetique-lallemagne-sinquiete-enfin


"Energy transition: Germany is worried (finally!) ... And the report concludes sternly that "essential assumptions on which the current assessment of the security of supply of the electricity market is based are unrealistic or outdated."  In France, the "ambitious" work of ADEME providing 100% renewable energy in 2050 in France is also totally unrealistic and the French should also be worried!

samedi 22 mai 2021

La Cour des comptes allemande et l’Energiewende. Quand l’Allemagne met en péril elle-même et l’Europe

Article de Die Welt, 31/03/2021

https://www.welt.de/wirtschaft/article229449033/Energieversorgung-Bundesrechnungshof-warnt-vor-Stromluecke.html?mc_cid=64a4535f40&mc_eid=0c2b52148d

Commenté par Tristan Kamin, Gérard Grundblatt et Michel Gay

https://twitter.com/TristanKamin/status/1393892381230043138?s=20

https://twitter.com/grunblatt/status/1377592501872234500

https://www.contrepoints.org/2021/05/16/397534-transition-energetique-lallemagne-sinquiete-enfin

Les coûts sont hors de contrôle - et il existe  un risque sérieux de pénurie d'électricité !

Désormais, l’Energiewende  met  l'Allemagne en danger ! Le gouvernement fédéral accepte des prix de l'électricité trop élevés et des risques de  ruptures d'approvisionnement afin de poursuivre sa transition énergétique. 

Aujourd’hui, la Cour Fédérale des Comptes lance un avertissement : si les choses continuent ainsi, l'Allemagne et son économie  seront en danger ! Les coûts sont hors de contrôle - et il existe  un risque de pénurie d'électricité.

La Cour fédérale des Comptes a accusé le ministère fédéral de l'Économie de  « défaut de maîtrise de l’Energiewende et de mauvaise gestion ». Ces critiques figuraient déjà dans un précédent rapport, il y a trois ans, et les auditeurs, non seulement les renouvellent, mais ont ajouté une analyse explosive de la sécurité d'approvisionnement.

"Depuis notre dernier examen en 2018, trop peu a été fait pour maitriser et réussir la transition énergétique", a déclaré le président de la Cour, Kay Scheller, lors de la présentation du deuxième rapport spécial: « Cela fait  réfléchir ».

Dans le rapport précédent, l'accent était principalement mis sur la maîtrise des coûts de l’Energiewende, désormais, les auditeurs analysent aussi la sécurité de l'approvisionnement en électricité de l'Allemagne, et le résultat est alarmant !

Selon leurs conclusions, le gouvernement fédéral ne considère pas  «les dangers réels et émergents pour la sécurité d'approvisionnement» et le suivi de la transition énergétique est "incomplet".

Si l’on continue à suivre la tendance actuelle, le prix de l’électricité continuera à augmenter. La Cour des Comptes fédérale mentionne une étude selon laquelle l’Energiewende nécessitera 525 milliards d'euros supplémentaires entre 2020 et 2025 pour assurer l’approvisionnement en  électricité, extension du réseau compris. Or, les prix de l'électricité pour les ménages privés sont déjà 43 pour cent au-dessus de la moyenne européenne.

Commentaire : l’article n’est pas très clair :  prévisions 500 milliards de plus probablement sur toute la note, déjà estimée entre 1000 et 1500 milliards d’euros sur toute la période 2000-2050

 


La Cour fédérale des Comptes prévient que » la transition énergétique sous cette forme met en danger la compétitivité économique de  l'Allemagne  et sa place internationale, et menace la solidité financière des entreprises consommatrices d'électricité et des ménages privés", a averti Kay Scheller lors de la présentation du rapport spécial: "Cela peut à terme compromettre l’ acceptation sociale de la transition énergétique. "

 

Population, demande d’électricité, réserves, météo : rien ne va : « les hypothèses essentielles sur lesquelles se fonde l'évaluation actuelle de la sécurité d'approvisionnement sur le marché de l' électricité sont irréalistes ou dépassées»

 

Le caractère explosif du rapport est encore amplifié  par le fait que les auditeurs ont soumis leurs critiques au ministère fédéral responsable de l'économie . Les réponses, explications et justifications de la maison dirigée par le ministre CDU Peter Altmaier ont été intégrées dans le rapport de l'auditeur – et le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne sont pas faites pour rassurer les examinateurs et atténuer leurs conclusions..

 

Plus précisément, les auditeurs accusent le gouvernement fédéral de ne pas avoir correctement pris en compte les conséquences de l'élimination progressive du charbon. Au début de cette année, onze centrales au charbon ont été fermées. Dans l’ensemble, l’élimination progressive au titre de la «Loi de fin de l’électricité au charbon» est désormais mise en œuvre plus rapidement que prévu dans les rapports sur la sécurité de l’approvisionnement.

 

Le ministère fédéral de l'Économie s'est prononcé pour la dernière fois sur la sécurité d'approvisionnement en 2019, c'est-à-dire avant la décision d'éliminer progressivement le charbon. Dans ce document, l'élimination progressive du charbon a été « indirectement examinée » - et jugée « inoffensive » explique le ministère.

 

Commentaire : ben tiens, quand on voit ce que représentait le charbon en Allemagne ? Il ya qu’à croire. Pour l’instant, les Allemands ont quasiment doublonné leur parc. Les vrais problèmes commenceront avec l’élimination des fossiles et du nucléaire capables d’assurer une production de base et leur remplacement par les énergies intermittentes….


En examinant ces déclarations, le Cour des Comptes fédérales a au contraire relevé  des incohérences. La comparaison avec le calendrier légal de démantèlement des centrales électriques au charbon montre plutôt que l'étude suppose une production sécurisée plus élevée à partir de 2022 que ce à quoi on peutt réellement s'attendre après l' élimination du charbon. Il existe entre les deux  un «écart de planification» de 4,5 gigawatts, ce qui correspond à la capacité de quatre grandes centrales électriques conventionnelles. 

 

Mais selon le ministère des Affaires économiques, il existe une «probabilité d'équilibrage du réseau» de près de 100 pour cent malgré l'élimination progressive du charbon. La probabilité que la demande d'électricité puisse toujours être couverte par l'approvisionnement en électricité serait exactement de 99,94%. Cela est mis en doute par les examinateurs. Le calcul de la probabilité d'équilibrage du réseau par le rapport du gouvernement «est basé sur des hypothèses qui semblent parfois irréalistes ou qui sont dépassées par les développements politiques et économiques actuels».

Et les auditeurs précisent :  Il n'est «pas réaliste de supposer que les objectifs d'expansion des énergies renouvelables seront atteints dans les conditions d'acceptation actuellement difficiles, notamment pour les projets éoliens».

 

Il est également risqué que le gouvernement fédéral se contente de baser  ses prévisions d' énergie éolienne et solaire sur  « l’historique  des conditions météorologiques  des années 2009 à 2013». Il n'est "pas approprié que cette simulation ne prennent pas en compte  une année avec des rendements énergétiques faibles du vent et du soleil ", critiquent les auditeurs de la Cour Fédérale.

 

Les auditeurs doutent également que le besoin de centrales de réserve ait été correctement déterminé. Par exemple, le gouvernement fédéral avait prévu le 1er octobre 2020  de créer une «réserve de capacité» de  2 gigawatts pour sécuriser le marché de l'électricité. Cependant, avec la bénédiction de l'Agence fédérale des réseaux, les gestionnaires de réseau de transport n'ont acquis que la moitié de cette réserve de centrale électrique. Le Contrôle fédéral des finances "doute que le ministère fédéral de l'Économie ait rempli son obligation légale de vérifier la taille de la réserve de capacité".

 

En cas de panne d'électricité, il est déjà prévu que les entreprises industrielles arrêtent volontairement leur production temporairement - en échange d'une compensation. Le ministère des Affaires économiques suppose un potentiel de 16 gigawatts, qui sera pleinement développé d'ici 2030. Or, constate la Cour des Comptes, une étude de l'Agence fédérale de l'environnement ne propose qu'un potentiel de six gigawatts? Apparemment, il n'y a pas de consensus au sein du gouvernement fédéral sur la mesure dans laquelle le «délestage» volontaire peut aider à stabiliser le réseau électrique.

 

On peut également se demander pourquoi le gouvernement fédéral pense disposer de plus de 4,5 gigawatts de «systèmes électriques de secours» pour remédier aux perturbations du bilan électrique. Dans ce que l'on appelle le registre des données de base du marché, seulement 9,4 mégawatts d'alimentation de secours avec sont actuellement enregistrés, ce qui ne correspond qu'à 0,2% du potentiel estimé par le gouvernement fédéral. Les examinateurs s'étonnent de cette légère discordance !

 

Les inspecteurs de Bonn mettent aussi gravement en cause  d'autres hypothèses formulées par le gouvernement fédéral  qui semblent ne pas (ou plus) plus correspondre à la réalité. En prédisant la demande d'énergie, le gouvernement fédéral  sa base sur une population tombée sous les 75 millions d'habitants en 2050. En revanche, l'Office fédéral de la statistique prévoit, "dans les trois variantes les plus importantes examinées avec une probabilité élevée » un nombre d’habitants  entre  77,6 à 83,6 millions de personnes en 2050".

 

Les hypothèses du ministère des Affaires économiques concernant la sécurité d'approvisionnement en électricité sont "en partie trop optimistes et en partie invraisemblables", critiquent les auditeurs. Le ministère n'a pas non plus enquêté sur un scénario dans lequel plusieurs facteurs prévisibles coïncident qui pourraient compromettre la sécurité de l'approvisionnement.

 

Ainsi, il se peut que l'expansion du réseau soit retardée et que la capacité de transmission transfrontalière soit en même temps limitée. Le ministère fédéral de l'Économie soutient qu '«un empilement de divers scénarios désavantageux n'a pas de sens selon la discussion technique actuelle». Cependant, les examinateurs ont trouvé cette objection «non convaincante».

 

Commentaire : ben, le retard en ce qui concerne le réseau, c’est sûr !

D'autres incertitudes découlent de la demande croissante d'électricité pour l'électrification des transports et pour la production de l' hydrogène porteur d' énergie dans les usines d'électrolyse. Les auditeurs ne partagent donc pas l'hypothèse du gouvernement fédéral selon laquelle la demande d'électricité restera plus ou moins stable jusqu'en 2030.

 

Le ministère fédéral de l'Économie a rejeté cette critique: l'Allemagne dispose d'un système cohérent d'évaluation de la sécurité d'approvisionnement. La production d'hydrogène ne représente pas non plus une charge sur le réseau, car les systèmes d'électrolyse peuvent être contrôlés de manière "conviviale pour le réseau".

 

Cependant, le ministère dans son ensemble ne parvient pas à convaincre les auditeurs: «La Cour des Comptes fédérales des finances soutient que les hypothèses essentielles sur lesquelles se fonde l'évaluation actuelle de la sécurité d'approvisionnement sur le marché de l' électricité sont irréalistes ou dépassées», indique la conclusion du rapport spécial.

 

Quelques réactions en France et en Allemagne

 

Commentaires : Quelques, parce que, ce qui est décevant, c’est que sur des critiques aussi profondes et aussi fondamentales d’une politique qui menace gravement la stabilité et la prospérité en Allemagne, mais pas seulement, dans toute l’Europe à vrai dire…eh ben, c’est surtout un silence assourdissant qui semble de règle, dans la presse et chez les responsables politiques, on n’entend que le silence


Gérard Grunblatt

  https://twitter.com/grunblatt/status/1377592501872234500

Les allemands commencent à ouvrir les yeux : La Cour fédérale des Comptes allemande alerte sur la sécurité d'approvisionnement en électricité. la CdCf avait rendu il y a trois ans un rapport très critique sur l'Energiewende dont elle jugeait que les coûts étaient hors de contrôle.

Elle réitère sa critique mais en l'assortissant d'une analyse sur la sécurité d'approvisionnement en électricité. Il est  intéressant qu'elle aborde les questions techniques et challenge le BMWi sur un mode plutôt alarmiste.

Les points soulevées sont exactement les mêmes qu'en France : quelle demande future, quelle flexibilité pour faire face à l'intermittence des ENR, quelle acceptabilité des ENR, du réseau, des prix élevés de l'électricité, ...

Tristan Kamin  

https://twitter.com/TristanKamin/status/1393892381230043138?s=20

« Je ne saurais pas identifier l'information la plus importante dans cet article qui présente le bilan fait par l'équivalent fédéral allemand de la Cour des comptes, au sujet du volet électrique de la transition énergétique.

Est-ce le fait que, depuis l'étude précédente, en 2018, il n'y a eu guère d'efforts faits pour enrayer la perte de contrôle des coûts de l'électricité ? 31 centimes par kWh pour les foyers, le Danemark détrôné.

Ou l'indication, nouvelle, qu'il y a un risque bien réel pour la sécurité d'approvisionnement en électricité du pays ?

Il est mentionné qu'en début d'année, 11 centrales à charbon ont été fermées. C'est bien, c'est une bonne chose, à tous égards. Et donc de l'avance est prise sur le plan de sortie du charbon.

En revanche, cette avance est acquise au prix d'hypothèses qui semblent parfois irréalistes ou qui sont dépassées par les développements politiques et économiques actuels.

Y compris sur le développement de l'éolien, dont l'atteinte des objectifs n'est pas une hypothèse jugée réaliste. Ou sur le solaire, dont les prévisions de production excluent à ce jour la possibilité d'une mauvaise année, excessivement peu ensoleillée.

Même les hypothèses de population divergent entre le gouvernement fédéral qui table sur 75 millions d'habitants en 2050 contre 78 à 84 pour l'Office fédéral de la statistique. »

Michel Gay

https://www.contrepoints.org/2021/05/16/397534-transition-energetique-lallemagne-sinquiete-enfin

« Transition énergétique : l’Allemagne s’inquiète (enfin !)… » Et le rapport conclut sévèrement : « que des hypothèses essentielles sur lesquelles repose l’évaluation actuelle de la sécurité d’approvisionnement du marché de l’électricité sont irréalistes ou dépassées ».

En France, les travaux « ambitieux » de l’ADEME prévoyant 100% d’énergies renouvelables en 2050 en France sont également totalement irréalistes et les Français devraient aussi s’inquiéter !

Réactions Allemandes  : commentaires sur le site de Die Welt : « Le pouvoir de la presse réside également dans le fait de ne pas rendre compte de certaines choses. Il n'y a donc pas de problème. »

 

La tonalité des commentaires ( >600, plutôt favorables, montre cependant que ceux qui ont réagi connaissaient déjà l »ampleur du désastre. Visiblement les autres, tous les autres , y compris les responsables politiques ont choisi d’ignorer l’avertissement pourtant sérieux de la Cour fédérale des Comptes


« Dans cette situation, il est totalement irresponsable de fermer d'autres centrales électriques. En particulier, les 6 centrales nucléaires encore en fonctionnement doivent continuer à fonctionner, d'autant qu'elles n'émettent pas de CO2 en cours de fonctionnement. »

 

« Personne ne devrait dire pendant ou après la première coupure de courant qu'il ne pouvait pas s'en douter. Je me demande quand M. Scheller, en tant que Président de la Cour des Comptes fédérales , prendra sa retraite anticipée. De nombreuses personnes voudront faire pression pour son remplacement. Mais j'espère qu'il y aura des voix plus critiques et qu'elles seront entendues. »

 

« Quel parti choisir pour les prochaines élections ? Malheureusement, cela se résume au fait que l'Allemagne doit d'abord avoir un très gros black-out avant que les politiciens et la majorité de la population ne se réveillent. »

 

« Sauf dans le Handelsblatt, aucun article à ce sujet dans les autres médias. Le pouvoir de la presse réside également dans le fait de ne pas rendre compte de certaines choses. Il n'y a donc pas de problème. »

 

« Le Contrôle fédéral des finances se verra certainement confier de nouvelles tâches après la prise du pouvoir par les Verts. Par exemple, ils peuvent calculer à quelle fréquence le mauvais sexe a été utilisé ou combien de groupes marginalisés sont offensés »