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dimanche 7 mai 2017

Michel Onfray pour le nucléaire – roboratif

Certains textes parlent d’eux-mêmes et se passent de tout commentaire…. On ne peut qu'essayer de les rendre au mieux en invitant les lecteurs à se rendre à l'original

Nucléaire, démocratie, jacobinisme. M. Onfray contre les idées reçues

Michel Onfray : « je n’ai jamais eu l’esprit moutonnier et n’ai jamais participé aux combats antinucléaires qui se tenaient à l’université de Caen quand j’étais étudiant – entre 1976 et 1984 ». L’énergie nucléaire était alors le reflet de « la puissance d’un siècle qui ne rechignait pas à la puissance car elle en avait les moyens ». Cette énergie symbolise le « feu nucléaire qui peut être arrimé à la pulsion de vie (l’énergie civile) ou à la pulsion de mort (l’énergie militaire) ».
Contrairement à ce que prétendent certains anti-nucléaires, Michel Onfray considére que le nucléaire ne s’oppose pas à la décentralisation  ( le combat contre le jacobinisme centralisateur a toujours été important pour lui ) ; le nucléaire, symbole « de l’hyper-technophilie » du siècle passé et de ses grands programmes centralisés, aux côtés du TGV et du Concorde, ne s’oppose pas à la délocalisation « Décoloniser les provinces : contribution aux présidentielles ». « La région de Flamanville fait la démonstration que les retombées en matière d’emplois, de taxes professionnelles, d’infrastructure sont considérables ».

La pollution des paysages par les éoliennes

Le nucléaire, fruit de la société dans laquelle il s’inscrit, est une « réponse aux besoins créés par une société de consommation qui a multiplié les appareils électriques auxquels la plupart sont attachés comme à des doudous ». Dès lors, Michel Onfray juge avec sévérité l’écologie politique de gauche « qui campe sur une position d’opposition bien que la démonstration soit faite que l’énergie renouvelable ne répond pas aux besoins d’une société de consommation ». Il rappelle ainsi que ceux qui critiquent le nucléaire « sont rarement ceux qui optent pour une désaffiliation d’avec ces objets de la servitude volontaire ». Michel Onfray s’étonne d’ailleurs des contradictions de ce mouvement. « La pollution des paysages par les éoliennes et par les milliers de tonnes de ciment des dalles sur lesquelles elles reposent, en même temps que la disparition de ces terres pour un usage agricole au profit du bétonnage échappent bizarrement à la critique écologiste ». Dans ces conditions, il estime que seuls les décroissants apportent une critique cohérente du nucléaire.

Plus généralement, Michel Onfray considère que le nucléaire a fait les frais des postures politiciennes : « La gauche et la droite invitent chacune à ne pas   penser et à se soumettre à leurs catéchismes et à leurs slogans. La première est contre le nucléaire ; la seconde est pour ; l’une et l’autre le sont presque par atavisme, par héritage. Le nucléaire a été décidé par un gouvernement de droite, c’est donc une mauvaise chose pour la gauche. Mais quand Mitterrand arrive au pouvoir, il n’est pas contre. Que dit alors la gauche ? Qu’elle n’est plus contre… »

A ceux qui pointent le manque de démocratie du nucléaire, Michel Onfray répond : « les valeurs républicaines n’excluent pas une part de discrétion ou de secret et l’idée d’une transparence totale en la matière ne me semble pas une garantie de démocratie mais sûrement un gage de démagogie ». Et de souligner : « Que le nucléaire civil soit en relation avec le nucléaire militaire ne fait aucun doute et que le militaire soit un domaine réservé du chef de l’Etat ne me choque pas. Nos chefs de l’Etat sont démocratiquement élus… »
Michel Onfray souligne également que « le manque de démocratie se manifeste quand le syndicalisme est interdit dans une entreprise ». Et d’ajouter : « les syndicats sont présents à tous les niveaux dans les centrales ».


Sur la question du « risque nucléaire », il précise : « je persiste à croire que Tchernobyl est une catastrophe à mettre au compte de l’impéritie de la bureaucratie soviétique et Fukushima sur celui d’un tsunami contre lequel on ne peut pas grand-chose. » Le philosophe le dit sans ambages : « je ne suis pas de ceux qui sont pour le nucléaire mais le voudraient chez les voisins – idem avec les camps de migrants, les prisons ou les salles de shoot ». Et de conclure, « la centrale est certes un camp menaçant dans le sublime paysage du Cotentin, mais la vie n’est pas faite qu’avec des parcs d’attraction du genre Disneyland. »



samedi 9 mai 2015

Diplomatie scientifique de la France_ le changement climatique

Promouvoir la recherche climatique française_ un ensemble peu lisible
Si diplomatie scientifique de la France il doit y avoir (et il devrait effectivement y avoir, c’est un thème qui a été récemment mis en place au Ministère des Affaires étrangères et qui doit être développé), il serait dommage qu’on ne profite pas de cette occasion unique et majeure qu’est la conférence de Paris sur les changements climatiques (COP 21) en novembre 2015 pour mieux faire connaître et promouvoir la recherche française dans le domaine du climat. Certaines ambassades (Dublin notamment) ont fait un effort en ce sens en consacrant un page internet à ce thème ; Campus France propose en ligne un document sur la recherche climatique en France, certes utile aux spécialistes ; mais le moins qu’on puisse dire est que les informations sur la recherche climatique en France sont dispersées, peu homogènes, peu attractives pour le grand public et qu’elles font peu pour la promotion de la recherche française en dehors d’un cercle étroit et informé de spécialistes. Un cercle facilement dérouté, car, défaut exacerbé en France, l’enchevêtrement des structures de recherche et des collaborations rend l’ensemble vraiment peu lisible. Citons, et je suis sûr d’en oublier : le CEA, acteur majeur, d’où est issu le glaciologue et climatologue Jean Jouzel, centre d’excellence mondial pour la recherche historique sur le climat, depuis la paléoclimatologie jusqu’aux glaciations récentes (les « archives du climat »), l’étude des événements climatiques soudains, la mesure du CO2 et autres traceurs géochimiques et climatiques (qui fait partie de son cœur de métier), les interactions entre la composition de l’atmosphère, les échanges avec la surface terrestre et les activités humaines, etc. ; L’Institut Pierre Simon-Laplace et ses calculateurs géants, en pointe sur la modélisation du climat et de la mesure des gaz à effets de serre, l’ Institut des Sciences de l’Univers du CNRS (INSU), l’IRD (institut de recherche sur le développement) qui suit particulièrement les effets du changement climatiques sur les pays en voies de développement, le Centre National de Recherche Météorologique (CNRM, partagé entre Meteo France et le CNRS), qui participe très activement depuis le début aux travaux du GIEC....
 
De Charcot à Jouzel, une belle histoire
 
Oui, il serait quand même intéressant que la COP 21 soit l’occasion de montrer  un visage plus clair et unifié d’une recherche climatique française, très active et de valeur, d’ailleurs reconnue entre autres récompenses par le Prix Nobel de Jean Jouzel. Une recherche climatique française  qui a su attirer des personnalités étrangères de premier plan, comme Robert Kandel, diplômé de Harvard, spécialiste mondial du bilan radiatif et des aérosols, qui a fait toute sa carrière en France. Ce pourrait être l’occasion aussi, de raconter une vraie histoire scientifique française, une histoire qui part de l’exploration et de la  recherche arctique et antarctique, des missions polaires de l’extraordinaire Jean-Baptiste Charcot (1867-1936), des odyssées de ses Pourquoi pas, et de sa mort héroïque. Une histoire qui passe par Paul-Emile Victor, puis par  Claude Lorius, prédécesseur de Jouzel, par les premières campagnes de prélèvement des carottes de glace arctique et de l’analyse de la composition des bulles d’air qu’elles contiennent (projet Vostock 1984-1991). Cette exploitation des extraordinaires « archives climatiques arctiques » ont montré sans ambiguïté le lien entre évolution climatique et taux de gaz à effets de serre sur des périodes allant de 15000 à 800000 ans, point de départ de la prise de conscience du réchauffement climatique et de son origine anthropique, puis des travaux du GIEC.  C’est une belle histoire qui continue, et que la France, qui y a joué un rôle majeur, devrait mieux faire connaître à l’occasion de la COP 21.