Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est scenario negawatt. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est scenario negawatt. Afficher tous les articles

vendredi 13 décembre 2019

La sobriété énergétique est mal partie (2) : le scénario négaWatt.


NegaWatt et les Pirates

Le scenario negaWatt, j’en ai déjà parlé à propos du Parti Pirate, qui l’a sérieusement évalué dans une démarche tout à fait agnostique…et en a conclu :

« la poursuite du développement du nucléaire en France, énergie aujourd’hui la moins carbonée, nous semble pour l’instant inévitable. »

avec des remarques assez assassines. Le scénario negaWatt :!

« impose donc une société qui ne pourra être que très contrôlée, le moindre écart ayant des conséquences importantes pour la collectivité.
Il  impose une société ou les campagnes devront se vider vers des villes, car nous n’aurons pas l’énergie pour les transports domicile - travail.
Il impose une société ou le citoyen ne sera toujours pas en droit de définir sa politique énergétique à court, moyen et long terme. »

Bien vu, et  pour une critique plus complète de negaWatt, un article remarquable de Bernard Cassoret, Maitre de Conférence à l’Université d’Artois

Le scénario négaWatt : des hypothèses difficilement envisageables

Extraits :

1) negaWatt, une impossibilité technique !

Parmi les scénarios de transition énergétique, négaWatt est sans doute le plus connu, élaboré par l’association du même nom. Il concerne la totalité de l’énergie consommée en France, et pas seulement l’électricité.
Alors que les énergies renouvelables ne représentaient en 2017 que 10,5% de nos besoins, elles en couvriraient  la quasi-totalité en 2050.  La mise en œuvre de ce scénario permettrait donc de se passer à la fois des énergies fossiles et nucléaire.
Les hypothèses du scénario, récemment publiées par l’association, permettent  de mieux se rendre compte du niveau de difficulté d’un tel challenge.
Ce scénario supposerait des efforts considérables dans les énergies renouvelables, en particulier l’éolien et le photovoltaïque qui connaitraient une croissance spectaculaire.

L’éolien devrait fournir 247 TWh en 2050 contre 24 TWh en 2017, dix fois plus donc ! Cela supposerait environ 20 000 éoliennes terrestres et 4 000 éoliennes maritimes, contre environ 7 000 terrestres et aucune en mer actuellement.
La puissance totale du parc installée devrait atteindre 77 GW contre 13 GW en 2017. La durée de vie de ces machines étant inférieure à 25 ans, il faudrait dans le futur tripler le rythme actuel d’installation (1.2 GW par an en moyenne ces 5 dernières années) rien que pour maintenir les 77 GW de puissance installée.
Le photovoltaïque devrait fournir chaque 147 TWh contre 9 TWh en 2017 ; la puissance du parc photovoltaïque devrait pour cela passer de 8 à 140 GW !
Sachant que l’on a installé 0.8 GW par an en moyenne ces 5 dernières années et que la durée de vie des panneaux ne dépasse pas 30 ans, il faudrait dans le futur un rythme d’installation 7 fois supérieur au rythme actuel rien que pour maintenir la puissance installée de 140 GW ! »

Commentaire : et on les met où tous ces moulins à vent ? D’autant que les sites les plus favorables étant déjà pris, le nombre me semble plutôt sous-évalué !

« Les problèmes d’intermittence (pas de production les soirs sans vent) seraient essentiellement réglés par la production et le stockage d’hydrogène et de méthane.
Il faudrait donc des investissements considérables dans des usines de transformation de l’électricité en gaz, une technologie actuellement au stade expérimental (comment et où construire les usines, comment stocker le gaz ?) et dont les rendements sont faibles. »

2) negaWatt, un monde cauchemardesque !

« Mais l’essentiel n’est pas là. Malgré ces efforts très importants, il faudrait selon négaWatt réduire la demande en énergie primaire de 65 % alors que la population augmenterait de 15 %....

L’essentiel viendrait de la sobriété énergétique qui consiste, selon négaWatt, à privilégier les usages les plus utiles, à « restreindre les plus extravagants et supprimer les plus nuisibles » ; de beaux débats en perspective pour juger ce qui est utile ou nuisible… Il faudrait accéder à moins de biens et de services, c’est-à-dire vivre de manière moins riche.

La consommation résidentielle et tertiaire diminuerait de 49 % grâce à une stabilisation du nombre d’habitants par foyer (moins de célibataires ?), un développement de l’habitat en petit collectif (faudra-t-il interdire de construire des maisons individuelles ?), un ralentissement de la croissance des constructions (le nombre de logements construits chaque année serait divisé par 3, leur surface baisserait de 25%), l’optimisation des systèmes de chauffage et l’isolation des logements.

Il faudrait, selon négaWatt, rénover chaque année jusqu’à 780 000 logements pour les amener à une consommation moyenne de 40 kWh/m² par an pour les besoins du chauffage.
Est-ce possible ? La réglementation thermique 2012 en vigueur exige qu’un logement neuf (Bâtiment Basse Consommation) consomme moins de 50 kWh/m² par an, donc plus que 40, mais on sait que la consommation réelle est souvent supérieure ; les logements collectifs neufs ont d’ailleurs droit à des dérogations.
La consommation moyenne des logements français est actuellement proche de 200 kWh par m², très loin de 40…
En 2012, l’État français avait fixé l’objectif de rénover 500 000 logements chaque année, un objectif qualifié dans le journal Le Monde du 4 juin 2014 de « définitivement hors d’atteinte »…
Et rénover un logement ne signifie pas que sa consommation atteigne un niveau suffisamment bas : on peut gagner beaucoup sur des logements mal isolés, passer par exemple de 300 à 150 kWh/m² par an, mais il est très difficile dans l’ancien de descendre en dessous de 50.

Quant au logement, il me semblait plutôt que les Français en manquaient et qu’ il était nécessaire de relancer la construction !

Acceptabilité sociale zéro !

« Dans les transports, le nombre de kilomètres parcourus par personne chaque année diminuerait de 26 %, ce qui irait à l’encontre de l’évolution que nous connaissons depuis toujours. Ainsi il y aurait moitié moins de déplacements de plus de 1500km, il n’y aurait plus de vols intérieurs, les vols internationaux diminueraient d’un tiers.
L’usage de la voiture individuelle telle que nous la connaissons actuellement diminuerait de moitié dans les campagnes et serait exclu dans les grandes villes.
Le taux de remplissage des voitures individuelles dans les campagnes devrait augmenter de 50% avec une moyenne de 2.4 personnes par véhicule contre 1.59 actuellement. Le transport des marchandises diminuerait de 17%

Se déplacer moins, ça n’est pas seulement moins partir en vacances, c’est aussi moins voir sa famille et ses amis, avoir moins d’échanges avec les étrangers, avoir plus de difficultés à travailler, à se fournir en nourriture et matériaux de construction…  

La consommation énergétique de l’industrie diminuerait grâce à un gain en efficacité et à une baisse des besoins en matériaux : -26% d’acier, -35% de plastique, -39% de ciment, -41% de verre.
Cette baisse signifie une diminution de la consommation de produits manufacturés s’inscrivant dans une économie décroissante que bien peu de politiques souhaitent, avec probablement de nouvelles fermetures d’usines en perspective…

Entre autres réjouissances, on peut noter également :
– baisse de 29% de la quantité d’eau chaude consommée par personne,
– baisse de 22% du nombre de cycles de lave-linge,
– baisse de 18% du nombre de cycles de lave-vaisselle,
– baisse de 18% du taux d’équipement en sèche-linge,
– baisse de moitié du taux d’équipement en congélateur,
– baisse de 33% de l’usage du fer à repasser,
– passage de 8 à 5 heures d’éclairage par jour dans le tertiaire,
– disparition des consoles de jeux,
– baisse d’un tiers du nombre  d’écrans par foyer,
– division par 3 du nombre d’ordinateur par foyer,
– division par 2 du nombre de lecteurs musicaux,

Des conséquences peu réjouissantes 

D’une manière générale, je constate que les changements proposés auraient des conséquences considérables et peu réjouissantes sur nos modes de vie, et je vois mal comment une vaste prise de conscience collective des enjeux environnementaux pourrait les imposer dans la joie et la bonne humeur.
On peut se demander si ces changements sont compatibles avec la démocratie : ils impliquent des mutations de mode de vie si importantes qu’il est possible qu’il faille les imposer par la force.
Il est probable qu’une forte sélection se fera par l’argent : ceux ayant les moyens continuant à vivre dans le confort, les pauvres devant se débrouiller et avoir une vie plus dure »

Commentaire final de M. Bernard Cassoret : «  Il est probable que l’objectif de certains membres de cette association soit avant tout de montrer qu’il est possible de se passer du nucléaire sans grandes conséquences. »

Eh bien, c’est pas gagné ; et au vu de l’interaction entre negaWatt et le Parti Pirate, c’est le contraire qui s’est produit !

Maintenant, il faut savoir que RTE a été prié d’intégrer des éléments de negaWatt dans ses scenarios, que negaWatt a bureaux et tables ouvertes à l’Ademe, qui lui apporte publicité et crédibilité ( à moins qu’elle ne perde surtout la sienne), qu’Elisabeth Borne, en exigeant qu’EDF étudie un scénario 100% renouvelable s’inspire de negaWatt.

Il fait donc faire connaître le programme de negaWatt, et merci à M. Cassoret pour avoir eu la patience de se pencher sur un tel amoncellement d’insanités.


mardi 22 octobre 2019

Le Parti Pirate, Negawatt et le nucléaire


Le Parti Pirate s’est récemment positionné en faveur du nucléaire. Extraits (pour version complète et discussion,)

« Le positionnement politique énergétique du Parti Pirate a fait l’objet de nombreuses demandes et questionnements lors des européennes 2019. Il est temps pour le parti de trancher la question de société qu’est celle du nucléaire. Le texte ci-dessous offre une première direction à un futur programme énergétique plus complet en cohérence avec le programme européen. »
« Le parti pirate se positionne en faveur de l’objectif primordial aujourd’hui : décarboner au maximum la consommation d’énergie primaire et donc en conséquence la production électrique. »

Dans ce cadre, la poursuite du développement du nucléaire en France, énergie aujourd’hui la moins carbonée, nous semble pour l’instant inévitable. Il ne semble pas envisageable de prôner une transition complète et unique vers l’éolien et le solaire. Le développement des énergies décarbonées doit continuer conjointement, de manière complémentaire. »

« Cette position sera réévaluée à la lumière de l’évolution future (coût, impact environnemental, etc) des technologies de production et de stockage d’électricité. »

« Il semble non seulement nécessaire de renouveler le parc nucléaire actuel mais aussi de remplacer les centrales à charbon et à gaz (autres que celles à bilan carbone nulle comme les système Power2Gas) restante. À cet effet, le passage à l’EPR, dans un système de contrôle strict des dérapages budgétaires à la charges des constructeurs et non des exploitants, semble la meilleure solution afin d’assurer une stabilité de production pour les prochaines décennies. »

« Le Parti Pirate préconise, au vu des dispositifs technologiques dont nous disposons, une gestion des déchets qui soit géologique (CIGEO). Il préconisé également de mettre en place des mécanismes de cogénération (récupération de la chaleur émise par les centrales pour le chauffage, l’industrie) afin d’optimiser les productions de ces centrales. Enfin il préconise de privilégier le développement de centrale avec systèmes aéroréfrigérant limitant ainsi les prélèvements d’eau des cours d’eau sans réintégration directe »

« Une base de production telle que proposée ci-dessus nous permettra de continuer à innover sans craintes sur les EnR. Le premier défi qui s’annonce va concerner la consommation en métaux rares et moins rares, en béton. Le deuxième défi sera celui de l’utilisation et la modification des espaces écologiques pour accueillir cette production (barrages, champs éoliens). Le troisième défi va concerner le stockage. Pour ce dernier défi, le parti pirate préconise de centrer les efforts sur des technologies comme le power2gas. »

Quand le Parti Pirate aborde Negawatt (au sens d’abordage, au sabre !)

Ce qui est intéressant, c’est non seulement le résultat, qui n’était pas acquis au départ, le Parti Pirate était assez agnostique en matière de politique énergétique, et le nucléaire, du moins sous la forme actuelle de grandes installations centralisées ( un de ses grands avantages en terme d’occupation du territoire) n’appartenant pas spécialement à l’univers libertarien, c’est aussi la méthode.  Parce que le Parti Pirate a une vraie culture du débat, qu’il refuse l’irrationalité et est très attaché à la rationalité scientifique et technique que ses animateurs ont une certaine culture scientifique. Alors ils ont consulté large, (et de bons experts vulgarisateurs, cf. Tristan Kamin) ils ont débattu, ils ont décidé dans le sens indiqué.

Parmi les discussions, des échanges assez savoureux ont eu lieu avec Negawatt, association ultra médiatique qui prône pour la France, une trajectoire utilisant 100% d’énergies renouvelables en 2050, sans nucléaire, sans fossile. Son principal animateur, Yves Marignac, fait figure d’expert souvent invité (parfois qualifié d’expert du nucléaire (avec quelle formation ?) mais en réalité militant anti-nucléaire assez fondamentaliste.

Dans la mesure où le  trop fameux scénario Negawatt (cf.graphe ci-dessous) prévoit une diminution des deux tiers de la consommation énergétique, j’avoue que l’hypothèse de départ me paraissant assez farfelue, je ne m’étais même pas donné la peine de trop fouiller. Et comme beaucoup, j’ai sans doute eu tort, parce que, du coup,  comme personne ne le discute, le scénario Negawatt s’est mis à faire référence et a même été pris en compte pour l’élaboration de la PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie)- ça explique certaines choses !

Donc voici le scénario Negawatt :


Comme annoncé à l’horizon 2050, disparition du nucléaire et des fossiles, diminution des 2/3 de la consommation d’énergie, le reste étant en sobriété, grâce à la « sobriété » et à l’ « efficacité demande  ou offre»

Ben oui, il y a qu’à croire. mais le Parti Pirate n’a pas voulu croire, il a voulu voir ce que cela signifiait. Et ils ont pas été déçu !

Résumé-extrait (entre guillemet, extraits de discussion du Parti Pirate, en dessous, mes commentaires)

« La sobriété – transport » : baisse de la vitesse sur autoroute de 130 à 110 km/h (consommation réduite de 25% sur ce type de trajet). ; diminution des distances parcourues : Télétravail / Coworking ; Plus de vols intérieurs en France (sauf particularité) »

Alors si tout cela semble “cool”, clairement la partie télétravail est à mon sens un peu surévalué (je ne pense pas que cela fonctionne beaucoup plus que maintenant) »

Remarque :en effet ! Et je me demande bien ce que signifie plus de vols intérieurs sauf particularité….de qui, de quoi ? De vol particuliers ?

« la sobriété pour le Bâtiment : Là en résumé, l’idée c’est … De ne plus construire de maisons neuves individuelles … et un peu de “petit collectif” ET une limitation de la taille des logements (possible par des mutualisations dans les petits collectifs, comme les buanderies ou chambres d’amis).
On parle aussi d’une baisse importante d’électroménager (-20 % de sèche-linge, une seule TV par famille) … mais aussi 20 % à 30 % de serveurs dans les data centers (car ils seraient zombies…).
=> Cela ne semble rien, mais c’est HYPER VIOLENT en termes de libertés individuelle »

Remarque : en effet, surtout que tous les rapports sur le numérique prévoient au contraire une augmentation considérable de la consommation électrique pour les nouveaux usages. Les block chain, ça consomme pas mal. Et la limitation du nombre d’écrans, le Parti Pirate aime pas trop. On les comprend.

« Agriculture : On résume : -50 % de viande, -20 % de protéines (animale et végétale), plus de gaspillage alimentaire (je doute de l’impact annoncé, mais … pourquoi pas ?) »

Commentaire : z’êtes bien gentil les Pirates, mais là moi, je trouve ça aussi hyper violent

« Conclusion sobriété : Pour ma part, je trouve cela très léger. Clairement, on est dans de la mesurette et je trouve déjà que l’on va taper assez fort sur la liberté individuelle … Pour pas grand-chose.
Et vous allez vous rendre compte qu’en fait, quand on rentre dans le détail, on est presque dans le mensonge »

« Alors on va le dire clairement, pour suivre ce plan il faut : Supprimer l’ensemble des recours anti éolien posé par les écologistes (sinon on n’atteindra pas l’objectif fixé, déjà que le tendanciel me semble optimiste)
Va falloir obliger l’ensemble des citoyens à avoir un compteur intelligent (vu le volume de photovoltaïque).
Et donc, comment gère-t-on le fait que l’éolien et le photovoltaïque, c’est non pilotable (pas de vent, pas de soleil, pas d’élec) ? Et bien facile, on va “sur équiper” la France en Éolien et Photovoltaïque et quand on surproduit, on va utiliser le Power To Gaz pour stocker l’énergie.
Et donc, comment gère-t-on le transport de véhicule personnel dont on ne peut pas se passer … “Biogaz et Power To Gaz aussi”. »

Commentaire : l’explosion de l’éolien que suppose le scénario… c’est tout simplement pas possible. NB : Pour remplacer Fessenheim (puissance nominale 1800 MW et coefficient de production de 90%), il faut donc 4000 éoliennes. Pour des éoliennes qui mesurent maintenant près de 180-200mètre en bout de pales, supposons-les espacées de 300mètres, ce qui est un minimum. Donc, pour remplacer une seule centrale nucléaire, avec des éoliennes de 2 MW, il faudra les aligner de Nice à Perpignan (2 x 475 km) sur deux rangées tout le long de la côte méditérannéenne + le tour de Corse (325 km), soit 1350 km, 
Ca va Negawatt ? Et l’acceptabilité des éoliennes ! Il va falloir mobiliser l’armée et tirer au canon !


« Le chauffage : On passe de 900 TWh de chaleur à 380 TWh. Pour cela, il faut donc isoler l’ensemble des logements de France et supprimer l’ensemble des radiateurs électriques par des pompes à chaleur ou autre moyen de chauffage (sachant que l’on aura plus le droit au Fioul).
=> Question : Un pauvre il isole comment son appartement ? Il change son chauffage avec son RSA ? »

« Le transport : On passe de 631 TWh à 250 TWh. Sachant que l’on aura plus un train, plus un bus au Fioul hein. Et que l’on va doubler le nombre de trajet en train.
=> Là je trouve que l’on a le plus gros mensonge. On parle de solutions pour réduire la partie transport (co voiturage, train, coworking) qui ne répondent tout simplement pas à une diminution de plus de moitié de notre besoin. Croire que covoiturage va diminuer de moitié le trafic pendulaire en France, c’est juste pas possible. De la même manière, sans le dire dans aucun des PDF que j’ai lus, le scénario négawatt a besoin d’une interdiction totale de tout ce qui sera plus grand qu’une citadine.
On parle en quelques lignes de “revitaliser les zones rurales” … C’est sûr, personne n’y avait pensé, aucun maire de zone rurale ne tente de se battre pour son boulanger ou le bar du coin … »

« Le reste : Et l’usage électrique direct (TV, PC, machine-outil, etc.). On passe de 282 TWh à 172 TWh. Et on touche principalement le résidentiel et le tertiaire (l’industrie ne peut pas se passer de machine …).
Sans mettre en place un contrôle sur place ou une limitation de la consommation, on ne peut simplement rien faire … Vous aviez fait un cauchemar où l’état vous espionnait et vous donnait un mauvais point, car vous aviez fait tourner un lave-linge le samedi après midi … On y arrive « 

«Conclusion….
Dans ce scénario, il n’y a pas de marge, les énergies renouvelables non pilotables sont prévues pour surproduire, cette surproduction étant stockée en Gaz pour le cas où nous n’aurions pas de production.
La moindre surconsommation mettrait tout simplement le système à genoux, nous imposant d’acheter à nos voisins, s’ils ont pris le même chemin, la gestion du réseau sera vraiment très très complexe … Et dans le même temps, on utilise le même gaz pour le transport, qui par définition est très fluctuant …
Il impose donc une société qui ne pourra être que très contrôlée, le moindre écart ayant des conséquences importantes pour la collectivité.
Il impose une société ou les campagnes devront se vider vers des villes, car nous n’aurons pas l’énergie pour les transports domicile - travail.
Il impose une société ou le citoyen ne sera toujours pas en droit de définir sa politique énergétique à court, moyen et long terme. »


Commentaire: Merci les Pirates, rien de mieux à dire, vous vous êtes tapé un sacré boulot à lire les élucubrations de Negawatt, et vous avez mis le doigt sur, comment dire, quelques petits inconvénients et conséquences dont les media qui se garagarisent du scénario megawatt ne disent mot…