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mardi 5 mars 2024

Débat Façade, Eolien en Mer : Ce que le SER et France « Renouvelable » nous préparent

 Dans le cadre du débat Façade CNDP ( La Mer_enDebat), Le SER (Syndicat  des Energies Renouvelables) et France Renouvelable ( ex-France Energie Eolienne qui n’ose plus dire son nom ) viennent de présenter leur quatre scenarios pour le développement de l’éolien en mer. Ces scenarios sont accssibles sur le Les trois premiers scenarios sont des scenarios d’étude           maximisant trois enjeux différents et plus ou moins exclusifs :  1) minimisation des coûts pour la collectivité;  2) Hors zone de protection réglementaire privilégiant la localisation des capacités en dehors de toute zone de protection de  l’environnement            ; 3) planification des parcs “très loin des côtes”

Chaque scénario ne tient compte que d’un seul enjeu, afin d’en montrer les conséquences sur  la répartition spatiale des capacités mais aussi d’en pointer les limites. Selon France  Renouvelables et le SER, cette approche montre que la répartition des 45 GW annoncés par le gouvernement à horizon 2050  est possible mais implique des conséquences fortes sur  d’autres enjeux, comme des déséquilibres dans la répartition entre les façades maritimes,  ainsi qu’en matière de coûts pour le système électrique, ou encore de retombées industrielles  et de cohabitation des usages.

 Un quatrième scénario de synthèse, dit “Équilibre”, complète la proposition du SER et constitue donc à date sa proposition favorite.

Preuve est ainsi faite qu’il est impossible de concilier l’éloignement des côtes (donc les atteintes paysagères et la minimisation des conflits d’intérêt, la protection réglementaire de la  vie marine et de sa biodiversité et un coût acceptable donnant ainsi raison au CNPN dans son autosaisine de 2021 : « L’adéquation des objectifs éoliens offshore avec l’objectif de zéro perte nette de biodiversité inscrit aux articles L. 110- 1 et L. 163-1 du code de l’environnement paraît difficile voire impossible à atteindre »

A PIEBÎEM, nous sommes attachés  à la vision de la mer libre, de cet infini horizontal, et à son accés, à la préservation du littoral de ses paysages, de sa biodiversité – ce programme éolien de 45GW annihilerait cent ans d’efoorts de protection du littoral. Nous sommes aussi attachés à la rationalité scientifique et technique, et pour une transition énergétique soutenable économiquement et socialement. 

Nous  rappellons donc notre  opposition à un programme éolien insensé qui verrait s’installer une soixantaine de zones éoliennes marines équivalent à celle de Saint-Nazaire-Guérande le long des côtes bretonnes ( et 90 pour la France), d’intérêt climatique nul dans le contexte français, dangereux pour la sécurité d‘alimentation électrique, économiquement et socialement insoutenable, avec des promesses fallacieuses d’emploi et de fortes dépendances étrangères, mettant en péril des activités comme la pêche côtière artisanale et ravageur pour nos paysages littoraux et leur  biodiversité unique.

Lien vers le document du SER https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2024-02/MED-actu-SER-29022024.pdf

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1) Scénario dit « Minimisation des coûts pour la collectivité » : plus d’éolien posé, tous les littoraux sacrifiés, surtout la Manche !

Ce scénario vise à limiter le coût final de l’électricité pour la collectivité en minimisant les coûts de construction et d’exploitation des parcs et de leur raccordement. Pour cela, la filière a donc privilégié les zones proches des côtes présentant les meilleurs gisements de vent. La technologie de l’éolien posé est aujourd’hui et à moyen terme moins coûteuse que l’éolien flottant, car plus mature. Dans ce scénario, l’éolien posé est donc privilégié avec pour conséquence des parcs plus proches des côtes en Atlantique, et un nombre accru de parcs en Manche !




MANCHE EST - MER DU NORD Ce scénario compétitif, en privilégiant fortement le posé, conduit à une concentration plus élevée de parcs en Manche (11 parcs). Il présente des enjeux de co-visibilité pour la façade, de même que des enjeux d’interaction avec les co-usagers de l’espace maritime (pêche, tourisme) et la biodiversité locale, en raison de la concentration de parcs.

NORD ATLANTIQUE - MANCHE OUEST Ce scénario propose une implantation équilibrée de 5 parcs éoliens flottants en Nord Bretagne et 6 parcs éoliens posés en Atlantique.

SUD ATLANTIQUE Le scénario, en privilégiant le posé, conduit à implanter 5 parcs éoliens posés sur la façade, au large des côtes vendéennes et de la Charente-Maritime.

MÉDITERRANÉE Dans ce scénario, 6 parcs éoliens flottants sont envisagés, dont 5 au-delà de 12 milles nautiques

2) Scénario dit « Hors zones de protection réglementaire de l’environnement », NAMO sacrifié, 14 parcs éoliens flottants au-delà de 12 milles nautiques pour la façade NAMO !

Ce scénario propose une implantation des parcs excluant toute implantation en zone réglementaire de protection de l’environnement à savoir : les sites Natura 2000 (zones de protection spéciale (ZPS) et sites classés au titre de la directive Habitats) et les Parcs naturels marins. Il convient ici de rappeler que ces zones réglementaires de protection de l’environnement ne sont pas incompatibles avec le développement de projets éoliens en mer. L’exclusion de toute zone réglementairement protégée, mais également des zones d’exclusion réglementaires et des servitudes militaires et aériennes, conduit à privilégier une implantation des parcs au-delà de 12 milles nautiques (>22 km) des côtes.

MANCHE EST - MER DU NORD Ce scénario conduit à privilégier l’implantation dans la façade de parcs éoliens posés (9) par rapport aux parcs éoliens flottants (0). Les zones à fort potentiel éolien sont valorisées. Les sites Natura 2000 et sites classés par les directives « Habitats – Faune – Flore » et « Oiseaux » sont évitées, de même que le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale.

NORD ATLANTIQUE - MANCHE OUEST Ce scénario conduit à une concentration importante de parcs éoliens flottants sur la façade NAMO, avec 14 parcs éoliens flottants au-delà de 12 Milles nautiques , dont 10 entre le large de Belle-Île et le large de la Vendée. Cette concentration présente des enjeux d’effets cumulés pour la façade et ne permet pas d’optimiser les gisements de vent à l’échelle du territoire (effet de sillage). Enfin, les infrastructures limitées du réseau électrique présentent des difficultés techniques de raccordement à court terme.

Bref c’est étrange : qu’on m‘explique comment un scénario protection maximale conduit à une telle concentration de parcs sur la façade NAMO, avec ses corridors de migrations intercontinentales d’oiseaux et de cétacés !

SUD ATLANTIQUE Ce scénario conduit à une concentration de parcs éoliens flottants sur la façade Sud-Atlantique, notamment au large de la Charente-Maritime avec 10 parcs éoliens flottants envisagés au large des îles de Ré et d’Oléron. Cette concentration présente des risques d’effets cumulés pour la façade.

MÉDITERRANÉE Ce scénario exclut toute implantation de parcs éoliens en Méditerranée, l’ensemble de la zone étant classée au titre de l’environnement ou de servitudes aériennes et militaires. Au-delà des 20 à 24 milles nautiques

3) Scénario  «Très loin des côtes » propose une implantation des parcs excluant toute implantation de parc éolien en mer à moins de 20 milles nautiques (37 km env.). Cette hypothèse vise à minimiser la co-visibilité de l’éolien en mer avec le littoral métropolitain et à éviter les usages côtiers

MANCHE EST - MER DU NORD Ce scénario conduit au développement de 4 parcs éoliens posés et 4 parcs éoliens flottants, à volumes équilibrés vis-à-vis des autres façades. Toutefois, le rail inter DST (Dispositif de séparation du trafic) transManche présente des contraintes réglementaires fortes pour le développement des parcs éoliens au-delà des 12 milles nautiques.

NORD ATLANTIQUE - MANCHE OUEST Ce scénario conduit à implanter 9 parcs éoliens flottants sur la façade, majoritairement au large des Pays de la Loire. En raison de la limite que présente le couloir maritime inter DST dans la Manche au-delà des 20 milles nautiques, ce scénario limite le développement de parcs au large du nord de la Bretagne.

SUD ATLANTIQUE Ce scénario conduit à une concentration de parcs éoliens flottants sur la façade Sud-Atlantique, avec 13 parcs éoliens flottants envisagés. Cette concentration présente des risques d’effets cumulés pour la façade et les co-usagers de l’espace maritime (secteur de la pêche, biodiversité, etc.)

 MÉDITERRANÉE Ce scénario prévoit un développement très modéré de l’éolien en mer sur la façade méditerranéenne avec l’implantation de 3 parcs éoliens flottants au-delà de 12 milles nautiques au large des côtes d’Améthyste et camarguaise.

4)Scenario équilibre ! Celui qui sacrifie tout pour rien !

Les commentaires sont ceux du SER ; pour notre part, nous laissons chacun, enfin confronté à des propositions concrètes,  méditer sur ce tsunami éolien et les désastres inutiles qu’il entraîne : c’est tout simplement l’annihilation de cent ans d’efforts de protection du littoral et la transformation généralisée de nos côtes en zones industrielles.

« Les trois scenarios « minimisation des coûts pour la collectivité », « Hors zones de protection réglementaire de l’environnement » et « Très loin des côtes » démontrent qu’il convient d’adopter une démarche plus équilibrée de planification à l’échelle nationale, en adoptant une approche multi-enjeux. Pour ce faire, la filière a construit un scénario dit « Équilibre », qui propose une implantation possible des parcs privilégiant un déploiement mixte des scénarios précédents. Ce scénario n’est pas unique et ne représente pas, à ce stade, la proposition définitive de la filière éolienne en mer dans le cadre du débat public en cours. 



Façade Mer du Nord


Façade NAMO


« Ce scénario propose d’implanter 8 nouveaux parcs éoliens dont 1 seul parc posé au large de la Bretagne et des Pays de la Loire et à des distances majoritairement supérieures à 20 milles nautiques (>37 km) afin de minimiser la visibilité depuis la côte. »

Façade Sud Atlantique 



« Ce scénario propose de développer 4 nouveaux parcs éoliens sur la façade à plus de 20 milles nautiques (>37 km), dont 3 parcs éoliens flottants. Le Parc naturel marin de la Gironde est évité et la visibilité depuis la côte est réduite. »

Façade Méditerranée


« 5 nouveaux parcs éoliens flottants sont implantés en Méditerranée à plus de 12 milles nautiques selon ce scénario, et ce afin de valoriser les zones présentant le meilleur potentiel éolien sur la façade. La visibilité depuis la côte est réduite. »

mercredi 30 juin 2021

Comité de prospective de la CRE- Les énergies marines

Le SER, un lobby efficae à l’œuvre

« Cette année, j’ai confié au groupe de travail « bouquet énergétique », placé sous la présidence d’Hugh BAILEY, Directeur général de General Electric France, et de Marc LAFOSSE, Président d’Énergie de la Lune et Président de la Commission Énergies marines du SER, la difficile mission d’éclairer l’avenir de la filière énergies marines française » (Jean-François CARENCO)

Commentaire : qu’on demande une expertise à des scientifiques travaillant pour les ENR, O.K à condition qu’elle soit contradictoire ; mais que la CRE demande à l’un des principaux dirigeant du lobby des ENR de codiriger un groupe de travail…, c’est un peu embêtant.

« Ce rapport, qui se veut accessible à tous les publics – y compris aux non spécialistes du secteur de l’énergie –, a pour ambition de nourrir le débat public, en s’appuyant sur l’analyse des principaux acteurs, privés, publics et parapublics, de l’énergie en France. Il est rédigé sous la seule responsabilité des deux co-présidents, Hugh BAILEY et Marc LAFOSSE »

Commentaire : donc, on est bien d’accord, il engage pas la CRE !

Parmi les participants et intervenants, que des partisans des ENR, donc pas un bémol ne sera exprimé. Amusant :  on trouve notamment quatre représentants de Naval Energies

Commentaire : Décembre 2020 : « Naval Energies ambitionne de devenir un acteur industriel de référence au niveau mondial de l’éolien flottant. Le dynamisme du marché français permet à Naval Energies de se projeter ambitieusement sur les marchés export »

Février 2021 : Naval Group cède sa filiale Naval Energies, mettant en avant « l'immaturité du marché des énergies marines renouvelables » : « L'éolien flottant représente des investissements considérables pour une rentabilité incertaine, voire inatteignable »

 Les mensonges habituels sur la France en retard…

 « La France possède le deuxième gisement de vent éolien marin le plus important d’Europe, ainsi que la Zone Économique Exclusive (ZEE) la plus étendue après les États-Unis. Un réel potentiel existe en ce qui concerne la production d’EMR dans le pays, bien qu’il soit aujourd’hui largement sous-exploité par rapport à ses voisins européens… plusieurs États au sein de l’Union européenne se sont fixés des objectifs de développement des EMR, là où la France semble restée sur la réserve, alors même qu’elle dispose d’un potentiel bien supérieur »

 Commentaire : C’est faux ! La Commission Européenne a validé en juillet 2019 des tarifs compris entre 131 et 155 € par MWh pour les parcs éoliens français (sauf Dunkerque  (44 € par MWh) . La Commission justifie ainsi ces prix particulièrement élevés :"Ce soutien élevé par rapport à ceux pratiqués en mer du Nord ou en Baltique se justifient par deux particularités des côtes françaises : des vents plus faibles et une nature de sol plus complexe (sols rocheux carbonatés au lieu de sols sableux ou argileux). »

Bon ben si les côtes françaises ne sont pas adaptées à l’éolien off shore, faut pas en faire…

 « Proposition n°1 : afficher des objectifs plus ambitieux pour la filière des EMR en adoptant lors de la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en 2023 les objectifs suivants : - éolien en mer : 18 GW en 2035 et 50 GW en 2050 (le potentiel technique exploitable identifié par l’Ademe est de 16 GW pour le posé et 34 GW pour le flottant) »

 Commentaire :  Ça représente de l’ordre de 100 parcs comme Saint-Brieuc ! Il ne resterait rien de ce pays et de ses littoraux. Et puis, bonne chance, hein !

 « Proposition n°2 : la mise en place, après un débat public national associant l’ensemble des parties prenantes, d’une planification nationale maritime engageante à horizon 2050, dont le principe serait inscrit dans la PPE. Ce portage politique pourrait être assuré par le ministère de la Mer….

Le groupe de travail recommande également la simplification des procédures d’autorisation administratives, ainsi qu’une unification des différents essais en mer : - Proposition n°9 : généraliser le modèle de l’autorisation unique mis en place pour les projets d’EMR en Zone économique exclusive (ZEE) à l’ensemble des projets, y compris ceux dans le domaine public maritime. »

 Commentaire : Ben voyons, Open bar pour les margoulins de l’éolien. Wind Europe était plus franc : « Nous allons devoir approcher différemment la planification de l’espace maritime. Les zones aquatiques doivent pouvoir faire l’objet d’usages multiples….Pour faciliter le développement des parcs offshore, la Commission Européenne va donc devoir résoudre ce problème en priorité. »

Autrement dit, pousse-toi de là que je m’y mette ! l’éolien off shore aura priorité et on enverra valdinguer protection des paysages, conservatoires du littoral et les autres activités, telles la pêche, le tourisme, la plaisance, les nécessités militaires.

 Une équation économique très très compliquée, surtout pour l’éolien flottant

« Enfin, l’ultime proposition vise à répondre à l’enjeu du stockage de la surproduction d’électricité des EMR : - Proposition n°11 : coupler la question du développement des EMR avec celle de l’hydrogène »

Commentaire : on sait déjà que cette production éolienne offshore sera excédentaire et lorsque le vent souffle en Europe, l’électricité générée ne vaudra rien, et même moins que rien : elle aura un prix négatif. Et par anticyclone d’hiver et d’été…ben, il faudra trouver autre chose. Alors, du coup, on vous propose de se servir de l’éolien offshore  pour générer l’hydrogène de la façon la plus chère qui soit.  

« L’éolien en mer posé est la technologie la plus aboutie et la plus compétitive. À ce stade, les pays les plus avancés sur les EMR ont axé leur développement sur les éoliennes en mer posées… L’éolien en mer flottant est en pleine expansion, mais pose encore certaines questions. Le premier parc d’éoliennes flottantes en mer, le projet Hywind, a été inauguré en Ecosse en 2017 par les sociétés Statoil et Masdar. Sa capacité de production est de 30 MW. Un autre parc éolien flottant, WindFloat Atlantic, a été mis en service fin juillet 2020 au Portugal. Ses trois éoliennes sont composées des plus grandes turbines au monde sur plate-forme flottante, et ont une capacité installée totale de 25 MW.”

Commentaire : merci de cet aveu ! Car justement, en France, il faut, compte-tenu des côtes, quasi-exclusivement de l’éolien flottant…On est donc pas si en retard…Et il reste effectivement beaucoup de questions

« Trois principales raisons expliquent le niveau élevé de risque des projets d’EMR : - à l’exception de l’éolien en mer posé, le niveau de maturité des différentes technologies n’est pas encore optimal, ce qui se traduit à la fois par des incertitudes sur la réussite des projets et par des coûts de production élevés (malgré un coût en baisse pour l’éolien notamment posé) ; - tous les types de projets ont été touchés par des sinistres importants ; - le retour sur expérience est encore faible ce qui limite les possibilités de modélisation et se traduit par la prise de marges plus importantes par les financeurs et les assureurs…Les assureurs considèrent les projets d’EMR comme des projets à « risques aggravés ».

Commentaire : encore une fois, merci de cet aveu…On comprendra que vous aurez besoin de l’aide de l’Etat, pour vos projets si merveilleux… De beaucoup d’aide..

Pour mémoire, JMJ, soit  Jancovici  ( Fondation Nicolas Hulot, X-environnement, Shift Project, Haut Conseil pour le Climat…). Extrait de son exposé devant la Commission Aubert :

« L’éolien offshore aujourd’hui, c’est 25 milliards d’euros qui vont partir dans ce dispositif qui a encore moins d’intérêt que l’éolien terrestre. S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! Avec ces 25 milliards d’euros vous avez de quoi payer 6000 euros de prime de conversion du fuel en pompe à chaleur aux quatre millions de ménages français qui sont chauffés au fuel, qui sont souvent des ruraux, souvent précaires. Qu’on augmente mon taux d’imposition pour ça, moi je veux bien ! Mais qu’on me prélève un centime de plus pour payer l’éolien offshore, ce truc de Shadock »

« La part du raccordement dans le coût complet des projets éoliens en mer va augmenter. Aujourd’hui, concernant le raccordement, le volume d’investissements en portefeuille en phase de réalisation s’élève à 1,2 milliards d’euros, montant équivalent à celui du volume d’investissements en portefeuille en phase de développement. À l’avenir, les projets vont changer d’échelle et passer d’une moyenne de 500 à 600 MW à 1 GW. Par ailleurs, les parcs éoliens en mer ont tendance à s’éloigner de plus en plus des côtes. La zone maritime retenue pour le 4ème appel d’offres se situe à 70 kilomètres des côtes alors que pour les projets précédents elle était plutôt à 30 kilomètres. La combinaison de ces deux éléments entraînera une hausse du coût du raccordement. Actuellement, le raccordement représente entre 15 et 20 % du coût d’un parc. Les premiers raccordements sur le 1er et le 2nd appel d’offres coûtent un peu moins de 550 k€/MW, sans la plateforme et près de 800 k€/MW avec la plateforme. Pour le 4ème appel d’offres, le coût du raccordement s’élèvera à environ 1 milliards d’euros et le renforcement terrestre nécessaire représentera entre 50 et 100 milliards d’euros »

Commentaire : ah ben dites, ça tombe bien que le gouvernement ait justement récemment décidé de prendre ces frais de raccordement à sa charge, c’est-à-dire à celle du contribuable, au mlieu de la laisser à l’exploitant, comme c’était le cas auparavant.

« L’acceptabilité des énergies marines renouvelables fait encore débat notamment pour les riverains, les défenseurs de la biodiversité et les pêcheurs »

Commentaire : ben oui ! d’où de discrètes avancées législatives comme la  loi du 7 décembre 2020 d’accélération et de simplification de l’action publique (dite loi « ASAP ») qui permet notamment d’autoriser le ministre chargé de l’énergie à lancer la procédure de mise en concurrence avant la fin du débat public ou de la concertation préalable.

Décidément, le lobby des margoulins de l’éolien est très efficace. Merci à la CRE de lui avoir prêté la main !



mercredi 23 décembre 2020

Les Energies renouvelables, un statut exorbitant

Intoxication des margoulins de l’éolien : il se plaignent !

Dans une lettre ouverte au Président de la République (24  novembre 2020), le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) affirme :

« Le sujet des énergies renouvelables et en particulier de l’éolien, est de plus en plus pris en otage par des débats stériles, animés par des organisations opposées à la transition énergétique et par des acteurs politiques qui manipulent l’opinion en agitant des peurs factices. En favorisant la production et la diffusion de fausses informations, ces organisations et personnalités cherchent à opposer les Français les uns aux autres. »

Nicolas Wolff, Président de France Energie Eolienne dénonce « un  climat de défiance, voire d’outrance, où la désinformation et certains agendas politiques empêchent toute rationalité »

Jean-Louis Bal, Président du SER : « Les Français, dans leur très grande majorité, veulent accélérer la transition énergétique et soutiennent pleinement les énergies renouvelables et l’éolien. »

 Ben oui, surtout ceux qui habitent dans les villes et n’en subissent pas les inconvénients. Si les Français soutiennent pleinement les éoliennes ( et ceux qui le font le font-ils pour de bonnes raison ? savent-ils que leur intérêt climatique est quasi-nul, voir négatif), pourquoi autant d’oppositions et pourquoi cette lettre ?

Parmi les signataires figurent le président de la Région Bretagne Loïg Chesnais-Girard (PS), du Grand Est Jean Rottner (LR), le vice-président de France Nature Environnement Jean-David Abel, Yann Arthus-Bertrand, la PDG d'Enercoop Amandine Albizzati, ou le président de l'association de collectivités Amorce Gilles Vincent.

Les margoulins de l’éolien sont sans vergogne. En réalité, ils ont bénéficié d’un pactole de 120 milliards d’euros d’engagements pour même pas produire… 2% de l’électricité française ( et encore une électricité intermittente). 

https://euro-energie.com/lettre-ouverte-au-president-de-la-republique--n-8039

Mais, en plus, pour imposer leurs couteuses machines, ils bénéficient d’un droit à leur main, proprement exorbitant ;



La distance aux habitations

Le 4 décembre 2020 la majorité a rejeté un amendement de Julien Aubert projetant d’augmenter la distance minimale entre éoliennes et habitation (aujourd’hui de 500 mètres, l’une des législations les plus laxistes d’Europe.


Et ceci alors que les hauteurs en bout de pales des machines n'ont fait qu'augmenter et que  les promoteurs imposent maintenant des machines monstrueuses de 150 à 240 m de haut.  La loi qui préconise un éloignement minimum de 500 m des habitations n'est aujourd'hui plus adaptée.

Pour protéger efficacement le cadre de vie des riverains,  il serait temps que le législateur passe cette distance à  1500m minimum ou 10 x la hauteur comme cela est déjà pratiqué dans d'autres pays.

Déjà en 2006, l’Académie de médecine recommandait  de suspendre à titre conservatoire la construction d’éoliennes d’une puissance supérieure à 2,5 MW à moins de 1500 mètres des habitations ; 3) de considérer les éoliennes comme des installations industrielles et qu’à ce titre elles soient soumises aux mêmes contraintes et règlementations, notamment en matière de nuisances sonores.

Rien n’a été fait, bien au contraire ! de quoi se plaint le lobby éolien en France qui bénéficie d’une des législations les plus laxistes…

 Cf/https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/01/petits-problemes-avec-leolien-7.html

La suppression du double degré de juridiction et la cristallisation des moyens

Depuis le 29 novembre 2018 (décret n°2018-1054 dit décret Lecornu) , pris en application de la loi du 10 août 2018 pour un Etat au service d’une société de confiance, le double degré de juridiction dans le contentieux éolien a été supprimé.Désormais, les recours formés contre les permis de construire, les autorisations d’occupation du domaine public, les autorisations d’exploiter et l’ensemble des décisions administratives relatives aux projets éoliens terrestre ne pourront plus être contestée que devant les cours administratives d’appel, en premier et dernier ressort….Ce décret crée un nouveau régime contentieux de faveur, cette fois-ci au profit des projets éoliens terrestres. Le double degré de juridiction avait déjà été supprimé au profit de l’installation d’éoliennes en mer.

Le décret Lecornu prévoit aussi de « cristalliser les moyens » du demandeur deux mois après la communication du premier mémoire en défense, c’est-à-dire de limiter le temps utile aux requérants pour rassembler leurs arguments. Ces mesures seraient complétées par une réduction des délais d’instruction, par l’adoption du principe de « silence vaut accord » (consentement tacite de l’administration) et autres « simplifications » administratives… Ces mesures liberticides s’ajoutent à l’interdiction pour les associations créées depuis moins d’un an d’agir en justice contre une décision relative à l’utilisation des sols.

Commentaire trouvé sur https://blogdroitadministratif.net/2018/12/18/une-restriction-du-droit-au-recours-contre-les-projets-eoliens :


« On peut encore comprendre que, dans un souci de bonne administration de la justice, l’appel soit supprimé dans des contentieux de masse ou de faible importance. Il est nettement moins facile de justifier que l’on puisse, dans des litiges aussi importants que ceux portant sur la construction d’un parc éolien ou d’un grand centre commercial, supprimer la faculté d’interjeter appel, alors que compte tenu de leurs impacts aussi divers qu’irréversibles sur les milieux naturels, les sites et les paysages, le contrôle juridictionnel devrait au contraire être renforcé.

 

Enfin, les objectifs de politique publique invoqués (transition écologique, développement économique…) cachent assez mal le fait que ces régimes d’exception, créés au seul profit de certains secteurs économiques identifiés (filière éolienne, grande distribution, grands groupes cinématographiques…), permettent aussi de préserver des intérêts économiques particuliers. La création de ces régimes contentieux d’exception pose ainsi la question de la réelle impartialité des l’État face aux groupes de pression. Il n’est pas certain que de telles mesures, qui restreignent ainsi le droit au recours des justiciables pour ces motifs ambivalents, contribuent à l’acceptabilité sociale des projets éoliens et à la confiance dans la vie politique. »

 

C’est bien une juridiction d’exception au service d’intérêt privé ( et non de l’intérêt climatique) qui a donc été mise en place !

 

Vers la suppression de l’enquête publique : la neutralité n’est plus respetée

En application de l’article 16 de la loi n°2011-525 du 17 mai 2011 dite de simplification et d’amélioration de la qualité du droit, l’Etat peut recourir, préalablement à l’adoption d’un acte réglementaire, à une simple consultation sur Internet. La mesure sera d’abordexpérimentée en Bretagne et dans les Hauts de France.

Cette mesure a elle-même été soumise à une consultation internet provoquant l’opposition de 93% des participants…

 

Commentaire de Bruno Ladsous, (Sites & Monuments) :  Ainsi, en ne respectant pas les 93 % d’avis défavorables de la consultation Internet, le ministère de la Transition écologique annonce ce qui adviendra lorsque des consultations Internet auront été substituées aux enquêtes publiques ! Bref, la consultation sur les consultations annonce leur future portée… »

 

En effet !

Et cela pose un réel problème : « avec le système expérimenté en vertu du décret, ce sont les préfectures (Direction départementale des territoires) qui instruiront directement les dossiers : autant dire que l’administration sera juge et partie. En effet,  le préfet est par ailleurs soumis aux objectifs gouvernementaux de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) prévoyant notamment  de « faire passer le parc éolien de 8000 mâts fin 2018 à environ 14 500 en 2028, soit une augmentation de 6500 mâts »

Les énergies éoliennes au détriment des autres usages : Poussez-vous de là que je m’y mette !

Ainsi apprend-on que « le ministère des Armées doit travailler à libérer des espaces soumis à des contraintes radars, afin d'accélérer le développement de l'éolien…. »

Cela ne suffit pas aux margoulin de l’éolien qui en veulent toujours plus : « mis bout à bout, les contraintes de distance de 500 mètres par rapport aux habitations ( !!!NB :l’une des plus laxistes des pays développés) , de protection des zones Natura 2000 et les contraintes de l'aviation militaire et civile limitent largement les possibilités », explique le délégué général du syndicat des énergies renouvelables Alexandre Roesch. A ce jour seuls 20 % du territoire sont accessibles aux éoliennes et grâce à ces travaux, le gouvernement espère libérer « jusqu'à 14.000 à 18.000 km² » supplémentaires.

Et la situation est encore plus critique pour la péche et l’éolien maritime :

Job Shot , président du syndicat de pêcheurs EMK : «Avec ce qui est construit ou décidé en Mer du Nord, 25% des zones traditionnelles de pêches sont déjà occupées…Il faut comprendre que nous sommes chassés de la mer …Ils prétendent que la zone autour des éoliennes crée une sorte de paradis de la biodiversité. C'est exactement le contraire. Ce sont des zones mortes… »

Wind Europe (lobby des producteurs éoliens) :  « Nous allons devoir approcher différemment la planification de l’espace maritime. Les zones aquatiques doivent pouvoir faire l’objet d’usages multiples…. Pour faciliter le développement des parcs offshore, la Commission Européenne va donc devoir résoudre ce problème en priorité. »

Cf. https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/11/eolien-en-mer-les-pecheurs-se-battent.html

 Même les zones Natura 2000 ne constituent plus une protection !

Un parc éolien marin au large d’Oléron, au cœur d’une zone Natura 2000 et d’un parc naturel, est-il concevable ? Cette question ne semble plus poser de problème particulier aux services de l’Etat, qui semblent désormais prêts à lancer la procédure de débat public. Ce projet controversé a pourtant mis du temps à être officiellement intégré dans la politique française de transition énergétique, tant les enjeux environnementaux, pluriels et complexes, s’avèrent éminemment difficiles à concilier. N’a-t-on pas, précisément, atteint les limites de la conciliation ? Car l’ambition de développer les énergies renouvelables en mer se heurte ici à celle, non moins importante, de préserver la richesse de la biodiversité (aviaire et marine), richesse (et fragilité) ayant motivé la mise en place de zones protégées de premier plan.

Après quelques hésitations – qui auraient pu conduire le gouvernement à faire machine arrière –, l’insistance des acteurs du projet éolien oléronais aura finalement conduit à intégrer ce dernier dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) d’avril 2020, laquelle mentionne bien l’implantation d’un parc en zone Sud Atlantique de 500 à 1000 MW… Ce projet, aujourd’hui, semble au seuil de la première étape réglementaire, avec la saisine à court terme de la Commission nationale du débat public (CNDP). Il devrait, dans cette perspective, figurer à l’ordre du jour d’un prochain conseil maritime de la façade Sud Atlantique.

https://www.liberation.fr/debats/2020/12/10/oleron-un-projet-de-parc-eolien-marin-en-pleine-zone-protegee_1808239,  Laurent Bordereaux, professeur à l’université de La Rochelle —

Une justice française qui sort de son rôle  Quelques exemples parmi beaucoup d’autres

Appel des pêcheurs d’Erquy : refusé !

L’Association pour la protection des sites d’Erquy a une nouvelle fois tenté sans succès de faire annuler l’arrêté préfectoral autorisant le projet éolien devant le Conseil d’État. Selon le rapporteur public du Conseil d’État, Olivier Fuchs, le projet éolien de la baie de Saint-Brieuc, est « l’un de projets majeurs offshore de notre pays pour rattraper le retard de la France sur les pays nordiques » Le Télégramme, 12 novembre 2020)

Commentaire : De quel retard s’agit-il ? La Commission Européenne a validé en juillet 2019 des tarifs compris entre 131 et 155 € par MWh pour les parcs éolines français (sauf Dunkerque  (44 € par MWh) . La Commission justifie ainsi ces prix particulièrement élevés :

"Ce soutien élevé par rapport à ceux pratiqués en mer du Nord ou en Baltique se justifient par deux particularités des côtes françaises : des vents plus faibles et une nature de sol plus complexe (sols rocheux carbonatés au lieu de sols sableux ou argileux). »

Bon ben si les côtes françaises ne sont pas adaptées à l’éolien off shore, eh ben, il ne faut pas en faire !!Non ?

Mais surtout au nom de quoi, de quelle compétence la justice française se permet-elle de se prononcer sur le fond de la politique énergétique et sur la pertinence climatique et économique de l’éolien (qui rappelons-le augmente et non diminue les émissions de C02 par rapport au mix existant, au rebours de tous les experts sérieux, tels Jean-Marc Jancovici ?)

Trouble de jouissance lié à la présence d’éoliennes :

 Un arrêt de la cour de cassation rendu le 17 septembre 2020 (Civ. 3e, 17 septembre 2020, 19-16.937) a estimé que la présence d’une éolienne ou d’un parc éolien ne pouvait pas constituer de trouble de voisinage indemnisable pour les victimes qui ont le malheur d’avoir à vivre à proximité et donc leur a refusé toute indemnisation

Dans cette affaire, le litige portait sur l’installation d’un parc éolien à proximité d’une maison d’habitation dont les propriétaires ont estimé subir un préjudice. Les éoliennes se situaient à 588 mètre du voisin le plus proche (distance légale en France, bravo le lobby éolien).  La Cour d’Appel   a approuvé les conclusions de l'expert évaluant à une décote de 10 % à 20 % des biens immobiliers riverains. Cependant, les rapports d'expertise et le constat d'huissier précisent que le bruit émis de jour comme de nuit par les éoliennes est inférieur au seuil réglementaire.

Les motivations de la Cour sont surprenantes : «  nul n'a un droit acquis à la conservation de son environnement".  Prenant en compte les droits respectifs de chaque partie, le juge a comparé la dépréciation de la valeur immobilière des propriétés voisines, à "l'objectif d'intérêt public poursuivi par le développement de l'énergie éolienne".

Un objectif d’intérêt public ? Mais lequel ? Quels experts la Cour a-t-elle consultés ? Quel intérêt pour la décarbonation et le défi climatique ?

 Ce jugement est surprenant et semble  assez arbitraire, d’autant qu’un certain nombre de jugement vont dans un autre sens :  en cas de d’impact visuel permanent et dégradation de la qualité du paysage (CA Douai, 16 avril 2009, n° 08/09250 ; TGI Montpellier, 4 février 2010, n° 06/05229 ; TGI Montpellier, 17 septembre 2013, n° 11/04549) ; En cas de nuisance auditive altérant la vie quotidienne, même en l’absence d’infraction caractérisée à la règlementation, mais à condition de prouver le niveau sonore réel de l’ouvrage (CA Caen, 23 septembre 2014, n° 13/03426 ; TGI Montpellier, 4 février 2010) ; En cas de trouble économique tel que perte d’exploitation ou dépréciation de la valeur du bien immobilier (TGI Montpellier, 4 février 2010, précité), notamment sur le fondement de la perte de chance (CA Rennes, 25 mars 2014) ; En cas de préjudice d’atteinte à la vue dû au balisage créant une tension nerveuse et des phénomènes stroboscopiques et de variation d’ombre (TGI Montpellier, 17 septembre 2013, précité). Etc.

 Cf. https://www.juritravail.com/Actualite/urbanisme/Id/346084?s=09

 Mais il y a bien longtemps que personne ne peut plus prononcer sans rire « J’ai confiance en la justice de mon pays »… De là à la mépriser, il n’y a pas loin. Comme le dit la comptine populaire :  Oh juges, oh mauvais juges, vous avez fait faux jugement-

 Ajoutons que la dévalorisation des propriétés par la proximité d’éoliennes est bien réelle et documentée et plutôt sous-estimée :

" Les éoliennes contribuent à un forte dévalorisation des actifs.. .Quand vous ne pouvez pas vendre votre maison, eh ben, on ne peut pas constater qu’elle est dévalorisée… Aujourd’hui on a de plus en plus de Français qui sont scotchés de facto dans leur maison dont ils ne veulent plus, et cela, uniquement à cause des éoliennes. »

Selon les agents immobiliers, la proximité des parcs éoliens entraine une baisse de valeur des propriétés jusqu’à 40% de leur valeur réelle.

Cf. Christophe Zeller :  https://www.youtube.com/watch?v=LQeH9XxSczY

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/05/les-margoulins-de-leolien-et-leurs-gros.html

Et lorsque la justice, même partiale, ne suffit plus, il reste les pressions  et l’intimidation

Intimidation des plaignants : Total  dans le parc régional du Pilat réclame 90.00 euros à ses opposants

« La  SAS Les Ailes de Taillard » souhaite implanter 10 éoliennes de 125 mètres de hauteur dans le périmètre du parc naturel régional du Pilat. Elles seraient placées, en ligne, sur une crête forestière à une altitude de 1300 mètres, donc en position dominante . Un contentieux a naturellement été formé afin de préserver ces paysages exceptionnels…Le promoteur éolien, détenu par TOTAL-QUADRAN  a alors assigné le 18 juin 2020 trois associations et 29 particuliers requérants devant le Tribunal Judiciaire de Saint-Etienne. C’est pas moins de 893 034 euros (!) qui sont demandés « in solidum » (le promoteur pouvant réclamer l’intégralité de la somme à l’une des 32 personnes poursuivies, à charge pour elle de se retourner contre les autres).

Décidément, las margoulins de l’éolien sont sans vergogne !! Et la lettre du SER au Président de la République est assez détestable et mensongère !



jeudi 11 juin 2020

La Propagande du SER (Syndicat des Energies Renouvelables), ça suffit comme ça !


En pleine crise du Covid, le SER (Syndicat des Energies Renouvelables)  a publié un « Rapport sur l‘évaluation et l’analyse de la contribution des énergies renouvelables à l’économie de la France et de ses territoires », et, en sortie de crise, des propositions pour relancer l’économie. Une magnifique action de propagande qui se traduit par : les énergies renouvelables sont déjà gavées de subventions et d’aides, elles en veulent encore plus !


décryptage et réaction :

1) Un sens certain du contretemps et de l’indécence. L’ARENH

Le moins qu’on puisse dire est que le timing marque un certain sens du contretemps et de l’indécence, puisque le rapport du SER est publié quasiment  en même temps que le rejet par le  Conseil d’Etat de la requête en référé déposée par des concurrents d'EDF « visant à obtenir la suspension de contrats d'approvisionnement en électricité nucléaire à un prix préalablement fixé pour tenir compte de chute de la demande à la suite des mesures de confinement liées à la crise sanitaires. ». Cet avis fait suite et confirme l’avis de la CRE qui avait déjà indiqué » qu'elle n'était pas favorable au déclenchement de la clause de force majeure. »

Il s’agit bien sûr du mécanisme de l’ARENH, qui permet aux fournisseurs alternatifs d’acheter à bas prix de l’électricité nucléaire d‘EDF lorsque le prix marché de l’électricité est élevée et de se tourner vers d’autres sources lorsque ce n’est pas le cas. Comme les temps changent, et rapidement ! En janvier encore, les prix de marché étaient élevés, les concurrents d'EDF se ruaient  sur l'ARENH, il n’y en avait pas assez pour tous et ils trouvaient le système tellement profitable qu’ils engageaient une intense action de lobbying pour augmenter le plafond de l’ARENH, voire le déplafonner totalement.

Je ne reviendrais pas en détail sur cette indécence totale déjà traité dans un précédent blog. Il revient à imposer à EDF et à son nucléaire historique, non seulement de subventionner ses concurrents, mais encore, si cette demande était accordée,  de devenir leur assureur en dernier recours contre la volatilité des marchés. Les fournisseurs alternatifs (attention, il y a des gros, hein, comme Total, Eni, Vattenfall) se comportent comme de véritables passagers clandestins du système électrique : ils vivent de la subvention que constitue l’AReNH, sans prendre le moindre risque et sans investir le moindre centime dans le système électrique français et donc pour la sécurité énergétique des Français. D’instrument censé encourager la construction de nouveaux moyens de production, l’Arenh est devenu un instrument de spéculation jueeuse et sans risque.

Le pire est que certains tribunaux, en première instance, allant contre l’avis de la CRE et du Conseil d’Etat ont donné raison à Total et autres. Bon, le match est pas fini.

Sur l’indécence,cf ; blog précédent et la réaction documentée de la CFE-CGC énergie

2) « Les retombées fiscales et la valeur ajoutée générées par les énergies renouvelables sont bien supérieures aux montants des soutiens publics qui leur sont consacrés. » (SER)

Faux :

Notons déjà dans le rapport un léger biais méthodologique : l’hydroélectricité est embarquée parmi les énergies renouvelables, sans qu’à aucun moment sa contribution actuelle  dans la valeur ajoutée, dans les emplois, dans les importations évités, dans les retombées fiscales et locales ne soit mise en évidence.
L’énergie hydraulique fait certes partie des énergies renouvelables les plus décarbonées, sa rentabilité et son modèle économique ne font aucun doute, mais, comment dire, on ne sache pas que la construction de nouveaux barrages soit l’activité principale des membres du Syndicat des Energies Renouvelables !

Sur l’ensemble du financement des Energies éoliennes et solaires, rappelons les conclusions du rapport de la Cour des Comptes de 2018 :

- «  121 milliards d’euros » C’est le montant du soutien public auquel s’est engagé l’Etat par les contrats signés avant 2017 au bénéfice des producteurs d’électricité d’origine éolienne et photovoltaïque (plus un peu de biométhane).

- Le coût faramineux du soutien à l’électricité photovoltaïque, pour un résultat minable. Ainsi les seuls contrats signés avant 2010 pèseront, au total lorsqu’ils seront arrivés à terme, pas moins de «38,4 milliards d’euros pour les finances publiques»,  pour… 0,7% de la production d’électricité »

- Les contrats de l’éolien vont coûter «40,7 milliards d’euros en 20 ans» pour… «2% de la production française… les appels d’offres pour l’éolien offshore flottant de 2015 pourraient se traduire par un coût de 1,7 milliard pour moins de 100 MW de puissance installée, et 390 GWh par an, soit… 0,07% de la production nationale »

Même si certains chiffres ont été revus marginalement à la baisse, les ordres de grandeur ne sont pas significativement modifiés et jettent un doute important sur la façon assez obscure dont le SER génère et présente les données qu’il utilise.  En particulier, l’éolien off-shore dont le SER demande le développement a vu son prix baisser…parce que les prix de raccordement au réseau, particulièrement importants dans ce cas, seront désormais pris en charge par le réseau et non plus par l’exploitant.

- Jancovici sur l’éolien  offshore : « L’éolien offshore aujourd’hui, c’est 25 milliards d’euros qui vont partir dans ce dispositif qui a encore moins d’intérêt que l’éolien terrestre. S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! Selon sauvons le Climat, le tarif d’achat est de 192 euros /MWh, et il ne baisse pas, auxquels il faut ajouter le coût du raccordement.(NB :  nucléaire historique :32 euros/MWH)

3) « Notre activité est désormais très compétitive sur la plan économique… la compétitivité croissante de l’ensemble des filières renouvelables va permettre de déployer de nouvelles capacités (SER)

Faux !

En fait, le miracle économique des énergies renouvelables, c’est l’ultra subvention et la priorité d’accès au réseau …quel qu’en soit le coût !

Xavier Barbaro, PDG de NEOEN (l’un des plus gros industrlels ENR au niveau international, partenaire de Tesla et membre du SER) a récemment publié dans Les Echos (26 Mars 2020), une interview qui jette un jour cru sur la façon dont les membres du SER font parler les chiffres. Il y affirmait notamment que son activité est « désormais très compétitive sur le plan économique, alors qu'elle était très subventionnée il y a dix ans » et que « grâce à nos contrats de long terme qui fixent le prix de vente de l’électricité produite dans nos centrales pour 10 ou 15,20 ou 25 ans, on a du chiffre d’affaires qui rentre malgré la crise… ». 

Cela lui a valu une réponse assez virulent mais argumentée d’un de ses camarades polytechniciens qui a beaucoup circulé dans la communauté de ceux qui s’intéressent aux problèmes énergétiques (Réponse d'un Polytechnicien à la tribune hors-sol de son camarade, florissant promoteur éolien, https://www.energieverite.com/post/r%C3%A9ponse-d-un-polytechnicien-%C3%A0-la-tribune-hors-sol-de-son-camarade-florissant-promoteur-%C3%A9olien)
« L’économie mondiale est littéralement à l’arrêt ; chaque mois de confinement provoque une contraction de 3 à 4% des PIB ; tu nous expliques que, quoiqu’il arrive, le chiffre d’affaires de ta société est préservé. Cela laisse rêveur, sur quelle planète es-tu ?..

Aujourd’hui, tu nous vends ta production électrique 80 €/ MWh. Dans le même temps, le prix de marché du MWh – indicateur avancé de l’activité économique- s’est effondré passant de 40 €/MWh (octobre 2019) à 20 €/MWh ; il va rester probablement scotché à ces niveaux…
 
De sorte que la subvention dont bénéficie ton produit - ce produit que le client est obligé d’acheter même s’il n’en a pas besoin - est passée de 40 €/MWh (80 € -40 €) à 60 €/MWh (80 €-20 €) : + 50% en quelques mois !

Pour de nombreux ménages, la sortie de crise devra se traduire par un retour aux fondamentaux : se nourrir, se déplacer, se vêtir, pourvoir aux besoins élémentaires des siens ; l’énergie fait effectivement partie des besoins vitaux. 

Les milliards de subvention accordés à ton secteur d‘activité en pure perte par la communauté nationale exsangue devront être réaffectés et c’est tant mieux. » 

PS : Par arrêté en février 2020, la préfète de Charente vient, hélas, de t’autoriser à ériger un site éolien de 15MW à Courcôme. C’est un projet de 20 millions d’euros de matériels importés ; pour le mener à bien, tu as constitué une société (Eoliennes Courcôme) au capital de 5.000 euros ; 5.000 euros risqués face à 20 m€ investis en matériels importés, cela en dit long sur l’effet de levier financier que tu vas rechercher.
Et comme d’habitude, tu dois tabler sur un chiffre d’affaires cumulé sur les 20 ans d’une cinquantaine de millions d’euros subventionné à plus de 70% ».      

Ces chiffres n‘apparaissent absolument pas dans les tableaux présentés par le SER !.

Rappelons également qu’en France, les analystes estiment le coût de l’électricité éolienne à 70 euros/MWh pour les meilleurs parcs éoliens terrestres et 150 €/MWh pour les plus mauvais. En comparaison les coûts du nucléaire historique sont aux alentours de 33 €/MWh, ! soit 100 à 200% de surcoût !!

4) « Les énergies renouvelables représenteront 236 000 emplois (Équivalent temps plein – ETP) directs et indirects en 2028. » (SER)

Propagande !

On pourrait commencer par rappeler que les professionnels de la filière photovoltaïque, par exemple, promettaient en 2007 100.000 emplois d’ici 2020. Il y a eu moins de 4.000.
Ou encore les  230.000 jobs promis en 2007 au moment du Grenelle de l’environnement-il y en a eu 10 fois moins.

Admettons charitablement que le solaire ait connu des difficultés importantes et une concurrence déloyale chinoise . Mais ces scénarios mirobolants sur les emplois appellent un grand nombre de réserves, cf. notamment une étude réalisée par EPSU (European Public Service union) sur l’échec de la  libéralisation de l’énergie :

Les statistiques d’ EurObserv’ER sont qualifiés d’ « inutilisables » – malhonnêtes serait plus approprié - ; entre autres défauts méthodologiques, ils englobent tous types d’emplois et de services, y compris les coiffeurs et les employés de cafés au service des salariés du secteur ! Par ailleurs, impasse est faite sur la nature des emplois directs dans les ENR, qui concernent très majoritairement la fabrication et la construction, et non le fonctionnement, et n’ont donc pas de caractère pérenne »

NB. EurObserv’ER est un consortium spécialisé dans le suivi du développement des énergies renouvelables dans l'Union européenne… l‘appellation peut tromper en faisant officiel et statistique européenne,, mais c’est en fait une officine de propagande pro ENR !)

Quant aux promesses françaises de notre cher SER, il s’agit de promesses d’emplois créées selon un scenario PPE ou PPE renforcé, qui comprend une baisse significative du nucléaire, et qu’il n’y a aucune estimation du bilan emplois créés/emplois détruits.

Concernant le sérieux de ces prévisions d’emplois, dans son rapport sur les ENR de 2018, la Cour des Comptes taclait sévèrement l’Ademe  qui estimait à 79 000 le nombre d’emplois directs liés aux marchés des EnR hors biocarburants sur le territoire national en 2016, soit une hausse de 30 % par rapport à l’année 2006. Le problème ; seuls 15 % (12 000) relèvent toutefois de la fabrication d’équipements et de l’assemblage et peuvent ainsi être considérés comme des emplois industriels et pérennes. Le reste relève essentiellement de la maintenance-exploitation (35 à 45 %) et de l’installation (25 à 30 %) précise la Cour des Comptes, qui ajoute que “les projections du nombre d’emplois attendus du développement des énergies renouvelables sont très variables”.

En effet !

Les syndicats français ont aussi produits leurs propres estimations. La FNME-CGT a rappelé que,  selon l’Ademe, une capacité de production éolienne de 15 GW (celle actuellement installée en France) génère moins de 4 000 emplois, soit moitié moins que l’actuelle production d’électricité dans les centrales à charbon. Ce chiffre  montre à quel point le développement des énergies renouvelables n’est pas le gigantesque gisement d’emplois souvent évoqué.

Surtout, ces emplois sont très subventionnés : 71 milliards d’euros sur la durée de la PPE selon les chiffrages de FO Énergie et Mines.

5) « Une bascule va ainsi s’opérer en 2025, date à laquelle le montant des soutiens publics va commencer à décroître alors que la valeur ajoutée créée par les énergies renouvelables continuera elle d’augmenter. »( SER)

Oui, enfin, il y a un pays où la bascule s’est déjà produite et dont il conviendrait de tirer les enseignements, soit les leçons de l’Energiewende.

En  2016, le gouvernement allemand, jugeant le secteur arrivé à maturité et les subventions trop lourdes pour le contribuable, a modifié ses aides. L'amendement à la loi énergétique allemande (EEG) a supprimé les revenus garantis, et favorisé la mise en concurrence via des appels d'offres. (Auparavant, depuis l’adoption de la loi sur les énergies renouvelables, en 2000, les exploitants d’éoliennes profitent d’un soutien leur assurant vingt ans de revenus garanti)

L’effet a été immédiat ; dans les mois qui ont suivi, 26.000 emplois ont été supprimés dans ce secteur en Allemagne, soit plus que dans le charbon, selon les chiffres publiés par le Bundestag.

Parmi les gros disparus du secteur, signalons Senvion,  entreprise de 4.400 salariés, installée près de Hambourg, qui a annoncé fin août mettre la clé sous la porte, touchée de plein de fouet par l'effondrement du marché allemand en 2016, qui représentait 60% de ses revenus.
Il y avait déjà eu la faillite en 2014 du fabricant d’éoliennes Prokon qui était financé par des « participations citoyennes ». Cette entreprise avait la particularité d’avoir été financé par 75 000 petits investisseurs privés. Elle les avait alléchés avec un investissement présenté comme « éthique », et accompagné d’intérêts élevés (de 6 % à 8 %). Ce dépôt de bilan s’est soldé par de très grosses pertes pour de nombreux petits épargnants et a poussé le gouvernement allemand à demander aux autorités des marchés financiers (Bafin) un contrôle plus strict de ce type d’investissement.

Et pour le solaire, ça a été encore pire. Selon la Fondation Hans Böckler , « Au cours des dernières décennies, aucune autre industrie n’a connu une croissance aussi rapide que celle des panneaux solaires – et aucune ne s’est effondrée aussi rapidement. » Quinze ans ont suffi pour accomplir le cycle.
La Fondation décrit comment de petites start-up se sont transformées en stars des marchés high-tech puis sont devenues insolvables les unes après les autres à partir de 2011. Des entreprises comme Solar Millennium, Q-Cells, Centrotherm, ou Conergy ont toutes fait faillite aussi rapidement qu’elles avaient surgi.

En une seule année, 30 000 emplois ont disparu et des dizaines de milliards en capital privé ont été détruits. « Le seul désaccord des experts des marchés financiers porte sur le montant : parle-t-on de 30 ou de 50 milliards d’euros ? »
Une région sinistrée de l’ex-RDA, situés entre Dessau et Leipzig, devait,  selon les promoteurs des ENR, se transformer en t « Temple du Soleil », avec prospérité économique et multitude d’emplois high-tech. Elle est aujourd’hui dans un état pire qu’avant, et salariés et investisseurs on fait tintin !

Le SER ne parle évidemment pas de ce « retournement allemand ». C’est tout de même curieux, ces secteurs prétendus matures qui s’effondrent lorsque cessent les subventions et avantages divers dont ils bénéficient !

6) « Au-delà des bénéfices en matière de lutte contre le changement climatique, d’indépendance énergétique et de santé publique, les énergies renouvelables apportent aujourd’hui une contribution essentielle à l’économie de la France » (SER)

En ce qui concerne la lutte contre le réchauffement climatique, la consommation du 8 avril exprime le cas typique des conditions anticycloniques en ce moment : 




Pour la production électrique, en cette période,  la France est championne du monde de la décarbonation grâce au nucléaire ! De façon générale, en France, pour la production électrique, les ENR ne présentent aucun intérêt climatiques (les émissions de CO2 de l’Allemgane pour la production électrique sont 8à 10 fois supérieures à celles de la France), ni économique, ni social (les ménages allemands sont les Européens qui paient leur électricité le plus cher après le Danemark , 70% de plus qu’en France).
Or pourtant, c’est le secteur dans lequel les ENR tentent majoritairement de s’imposer et où elles raflent un maximum de subventions !

7) « La mise en place du scénario proposé par le SER se traduit par une création de valeur supplémentaire de 21 milliards d’euros sur la période 2019-2028, c’est-à-dire 12 % de valeur en plus par rapport au scénario PPE. Cette valeur additionnelle provient des filières pour lesquelles le SER a proposé des objectifs plus ambitieux que ceux du projet de PPE ; ce sont principalement l’éolien en mer, la méthanisation, le bois énergie et la géothermie électrique » (SER)

L’éolien  en mer est absurde climatiquement, économiquement, socialement (Jean-Marc Jancovici devant la Commission Aubert : « « L’éolien offshore aujourd’hui, c’est 25 milliards d’euros qui vont partir dans ce dispositif qui a encore moins d’intérêt que l’éolien terrestre. S’il y a un truc qu’il faut arrêter tout de suite, c’est bien ça ! Avec ces 25 milliards d’euros vous avez de quoi payer 6000 euros de prime de conversion du fuel en pompe à chaleur aux quatre millions de ménages français qui sont chauffés au fuel »

Si le SER prévoit de décarboner à prix d’or, en massacrant la vie des populations littorales et singulièrement des pêcheurs, ça va pas le faire !



Le bois énergie peut effectivement se développer, mais de manière modeste, mais l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) ont déjà attiré l‘attention de leur ministère de tutelle contre des prélèvements importants de bois à des fins énergétiques (entraînant éventuellement une augmentation parallèle de la consommation de bois d’œuvre) pourraient conduire cependant à une baisse du carbone stocké chaque année dans la forêt. C
Ce serait le cas notamment dans les scenarios 100% gaz renouvelable de l’Ademe en 2050, qui n’est de ce point de vue, ni écologique, ni durable

Si le SER prévoit de décarboner en massacrant nos forêts, ça va pas le faire !

La géothermie ne semble poser aucun problème

Par contre la méthanisation pour laquelle le SER prévoit un développement important. Les problèmes multiples posés par la méthanisation ont fait l’objet notamment d’une séance de la Commission Aubert sur les Energies renouvelables et de nombreux articles très bien informés notamment sur Bastamag pose, c’est le moins qu’on puisse dire de nombreux et sérieux  problèmes (http://www.assemblee-nationale.fr/15/pdf/cr-cetransene/18-19/c1819046.pdf, https://www.bastamag.net/methanisation-lobby-gaz-vert-biogaz-agriculture-energetique-alimentaire, https://www.bastamag.net/gaz-effet-serre-bilan-carbone-elevages-industriels-incidents-explosion-pollution-eau-controverses-methanisation-biogaz)

J’ai déjà assez longuement rendu compte des problèmes de la méthanisations ds plusieurs billets de ce blog
https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/04/ravages-dans-nos-campagnes-apres-les_4.html
https://vivrelarecherche.blogspot.com/2020/04/ravages-dans-nos-campagnes-apres-les.html

Parmi les problèmes les plus couramment évoqués :

 - la sécurité. Jusqu’à  100 tonnes de matières entrantes par jour (seuil récemment relevé à la demande des producteurs ENR !), On confie ainsi  à quatre ou dix agriculteurs qui vont avoir suivi une formation de quinze jours une usine de procédés industriels chimiques nde type Seveso ! Si la France reste relativement exempte d'accidents graves, selon Roland Fendler, de l'Office fédéral de l'environnement, l'Allemagne en connaît chaque semaine : « La filière manque de conscience et de responsabilité par rapport à la matière », déclare-t-il. Ecoulements, pollutions de ruisseaux, accidents du travail, incendies et explosions s'y succèdent.

- les dangers sanitaires : les dégagements de sulfure d’hydrogène, gaz extrêmement nauséabond et toxique- on lui doit les morts d’animaux et même d’humains dans des champs d’algues pourrissantes, la contamination bactériologiques des terrains et nappes phréatiques par les digestats (sur 10 000 tonnes d’intrants, un méthaniseur donne typiquement  1 000 tonnes de gaz, 600 kilogrammes de méthane et 8000 tonnes de digestat)

- les nuisances diverses (odeurs, pertes de valeurs drastique des propriétés alentours, la ronde infernal des intrants- un méthaniseur agricole génère le passage de 13 000 camions par ans, parfois même la nuit, avec des intrants venant parfois de plus 800 km et de pays étrangers)

- Un bénéfice climatique qui va de l’incertain au catastrophique. Le méthane est un gaz à fort effet de serre, environ vingt-cinq fois plus impactant que le dioxyde de carbone.  À 4 % de fuite (ce qui se produit coutramment en Allemagne), vous perdez tout le bénéfice environnemental du méthaniseur. Et les digestats solides  épandus génèrent des oxydes d’azotes d’effet de serre 300 fois plus fort que celui du CO2. Ce sont, de ce point de vue, de très mauvais engrais, ainsi que les digestats liquides, très lixiviables, qui vont polluer davatge encore mles nappes phréatiques.

- la concurrence avec les cultures destinées à l’alimentation. Près de 7 % de la surface agricole allemande est dédiée à la méthanisation en 2014 (esentiellent du maïs) et l’Allemagne a freiné brutalement l’extension des méthaniseurs lorsqu’elle s’est apérçu qu’elle était devenue, pour la première fois, non autosuffisante en céréales…

 - le fait que la méthanisation encourage l’agriculture fortement industrielle au détriment de l’agriculture raisonnée ou  biologique. A la limite l’agriculteur devient un industriel de la méthanisation, davantage préoccupé de trouvé des intrants pour son méthaniseur que de ses cultures.
Autant la méthanisation à la ferme qui aide  l’agriculteur à utiliser son énergie et à éliminer ses déchets ne suscite ni questions, ni opposition, la méthanisation agricole, sur une toute autre échelle, pose de tels problèmes sérieux et multiples qu’il est difficile de penser qu’elle connaitra l’expansion que lui prête le Syndicat des Energies Renouvelables.

Ou alors, il faudra faire protéger les installations par la gendarmerie !!!

Bref, la propagande du SER est imbuvable, elle doit être encore et sans arrêt dénoncée !