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samedi 1 avril 2023

Commission Schellenberger n°44 et 43 : paroles de ministres écolos : Nicolas Hulot, Barbara Pompili

Nicolas Hulot : L’ignorance de celui qui ne veut pas savoir

« Concernant la réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique et sa limitation à 50 %, j’ai été obligé de prendre une décision, difficile pour moi, mais rationnelle. Si nous n’avions pas repoussé l’échéance, nous aurions dû imposer des mesures brutales dont nous n’aurions pas forcément maîtrisé les conséquences. »

« Je ne suis pas resté en poste très longtemps, mais jusqu’à la fin, il m’a manqué beaucoup d’éléments pour appréhender la situation de manière globale. Combien coûte le démantèlement ? Quelle prolongation d’exploitation serait envisageable, pour quels réacteurs, quelles centrales ? Les données, lorsque j’en avais, n’étaient pas toujours concordantes. Dans ces conditions, il était difficile de prendre des décisions »

« Pourquoi Fessenheim était-elle en tête de liste ?... Nous avions également découvert des problèmes de corrosion – d’autres centrales étaient touchées. Par ailleurs, nous subissions une pression de la part de nos voisins européens concernant Fessenheim. Il s’agissait de notre plus vieille centrale et elle était à proximité de deux frontières. Nous devions en tenir compte.

NB : les problèmes de corrosion sur Fessenheim, c’est faux !

 Le classement vertical des rapports qui vont pas dans le sens du ministre !

M. le président Raphaël Schellenberger.  Monsieur le ministre d’État, vous avez plusieurs fois déploré le manque d’informations ou la difficulté d’y avoir accès. Il me semble que le rapport de MM. Yannick d’Escatha et Laurent Collet-Billon a été remis lorsque vous étiez en fonction. Celui-ci aborde à la fois le nucléaire civil et le nucléaire militaire et a été presque immédiatement classé secret défense. La commission d’enquête a demandé à avoir communication des parties consacrées au nucléaire civil. Comme la presse s’en était fait l’écho à l’époque, ce rapport préconisait la construction d’au moins six EPR de nouvelle génération. En avez-vous eu connaissance ? Ce rapport a-t-il éclairé vos décisions ?

M. Nicolas Hulot. La sortie du nucléaire n’a jamais été actée au plus haut niveau de l’État. Personne ne m’a jamais dit qu’aucun nouvel EPR ne serait construit. Une fois l’objectif de 50 % du mix électrique atteint, la construction de nouveaux réacteurs était probablement envisagée. Je ne me souviens pas que ce rapport me soit parvenu en l’état, mais comme je voudrais dire la vérité et ne pas me tromper, je laisse la parole à Michèle Pappalardo.

Mme Michèle Pappalardo. Ce rapport a été réalisé à l’initiative de différents ministères, dont le nôtre – nous avions choisi M. d’Escatha – et avec un objectif très précis. Le nucléaire civil commençait à souffrir d’une perte de compétences. Puisqu’elle ne semblait pas toucher le nucléaire militaire, nous voulions nous inspirer des pratiques du ministère de la défense, notamment pour renforcer l’attractivité de ce secteur. Nous avons été un peu déçus, car le rapport ne traitait finalement pas ce sujet.

Je ne suis pas certaine d’avoir lu le rapport, ce qu’avait assurément fait le conseiller en charge de l’énergie. Nous en avions fait part au ministre d’État.

Je ne sais plus quand le rapport a été rendu, mais il me semble que c’était peu avant notre départ, à l’été 2018, ce qui explique que nous en ayons un souvenir limité. Il a en outre été rapidement classé secret défense, ce qui signifie que nous ne pouvions plus l’évoquer publiquement. Nous ne l’avons donc pas exploité.

M. le président Raphaël Schellenberger. Vous avez commandé un rapport sur l’avenir de la filière. Pour la préserver, celui-ci préconise de construire des centrales. Pourquoi dites-vous que ce n’était pas la réponse que vous attendiez ?

Mme Michèle Pappalardo. Ce genre de rapport fait l’objet d’une décision interministérielle, mais nous avions clairement exprimé nos préoccupations.

M. Nicolas Hulot. Je remercie Michèle Pappalardo, qui a une mémoire plus précise que la mienne – je me suis éloigné de tous ces sujets depuis deux ans. Je suis incapable de vous dire si j’ai lu le rapport dans son intégralité, ce qui est toutefois peu probable. Je suppose qu’à l’époque, un de mes conseillers m’en avait transmis une synthèse

Nous ne pouvions pas courir tous les lièvres à la fois : il n’était pas possible de baisser notre consommation, développer massivement les énergies renouvelables, réduire la part du nucléaire et construire de nouveaux EPR.

M. le président Raphaël Schellenberger. M. le ministre d’État a plusieurs fois souligné les difficultés d’accès à l’information. Madame la directrice de cabinet, comment sont traités et synthétisés les nombreux rapports produits pour éclairer le ministère ? Lors de son audition, Yves Bréchet a évoqué les 4 000 pages qu’il a rédigées en tant que haut-commissaire à l’énergie atomique et qui, selon lui, n’ont pas été lues.

Mme Michèle Pappalardo. Il est difficile d’apporter une réponse générale. Pendant les dix-huit mois du ministère, il ne me semble pas que nous ayons reçu énormément de rapports. Nous n’en avons pas eu vraiment le temps.

Ayant rédigé de nombreux rapports pour la Cour des comptes, j’ai une certaine expérience de ce qu’ils deviennent. Certains sont très utilisés, d’autres moins. Ce serait toutefois une erreur de considérer qu’ils ne servent à rien…



Barbara Pompili : antinucléaire un jour, antinucléaire toujours

« En effet, qui furent, dès l’origine, les partisans des énergies renouvelables ? Dans leur immense majorité, des militants écologistes ; or les militants écologistes étaient historiquement, et pour de très bonnes raisons que je ne renierai pas, antinucléaires. Dès lors, tous ceux qui défendaient le nucléaire ont considéré que les énergies renouvelables s’opposaient à celui-ci, et que leur développement serait une menace pour lui. »

100% nucléaire , c’est possible !

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) et RTE m’ont rendu en janvier 2021 un rapport qui confirmait qu’il était possible d’atteindre en 2050 un mix 100 % renouvelable, mais à condition de passer par des étapes assez lourdes et complexes. Néanmoins, cela a eu le mérite d’empêcher le monde du nucléaire de continuer à soutenir le contraire.

M. le président Raphaël Schellenberger. Et vous commandez alors un scénario sur un passage à 100 % aux énergies renouvelables ?

Mme Barbara Pompili. J’aurais dû vérifier avant de me rendre à cette audition quand cette commande a été faite. Je vous transmettrai cette information par écrit parce que je ne sais plus si elle n’a pas également été passée par Élisabeth Borne. C’est fort possible. Je ne voudrais pas lui en voler la maternité. À l’époque, j’étais présidente de la commission du développement durable et nous travaillions beaucoup ensemble sur ces sujets.

NB : Elisabeth Borne explique exactement le contraire ; le scenario 100% ENR aurait ermis d’éliminer cette solution

Vous avez mentionné, monsieur le président, le scénario de l’association négaWatt. J’ai eu l’occasion d’en discuter avec ses membres. Il s’agit d’un scénario intéressant, qui se fonde sur des postulats un peu différents et sur l’hypothèse d’un mix 100 % renouvelable. Le problème, c’est qu’il suppose de prolonger très longtemps la durée de vie des centrales existantes – or on voit actuellement les problèmes d’entretien qui se posent.

50% de nuc et fermetures de 14 centrales totalement assumés ; dommage qu’on l’ai pas fait !

« Je vais vous dire le fond de ma pensée. Il avait été décidé de ramener la part du nucléaire à 50 % en 2025. Cette échéance a été décalée à 2035 car on n’a pas été collectivement fichus de tenir collectivement nos objectifs – à l’exception de la fermeture de la centrale de Fessenheim, dont je reconnais qu’elle a été réalisée. Je sais ce que vous pensez de ce dossier, monsieur le président, mais lorsque des décisions sont prises, le pire pour un responsable politique est qu’elles ne soient pas suivies d’effet. Cela perturbe tout le monde et personne ne sait à quoi s’en tenir. À l’occasion de l’examen du projet de loi « climat et résilience », je me suis aperçue que, lorsque l’on vote ensuite d’autres textes, les gens sont persuadés qu’ils ne seront pas appliqués. Ils ne se préparent pas et se retrouvent démunis lorsque la loi est appliquée. »… Nous devrions fermer quatorze réacteurs d’ici à 2035, mais il est évident que nous n’y arriverons pas parce que nous ne nous sommes pas donné les moyens de le faire…La fermeture de réacteurs et la diminution de la part du nucléaire n’ont pas été réalisées pour deux raisons. L’une est politique »

« EDF avait en outre affiché sa volonté de préempter des terrains pour y installer les futurs EPR2. Nous lui avions alors répondu qu’il ne fallait pas mettre la charrue avant les bœufs. »

NB : il y a de décisions politiques qui se heurtent à la réaliyé physique, et de plus en plus. Il est souhaitable qu’elles ne soient pas suivi d’effet !

Des militants antinucléaires au cœur du système

M. Antoine Armand, rapporteur.  Dans le cadre de la commission d’enquête dont vous étiez rapporteure, vous avez publié des préconisations visant à lutter contre l’endogamie dans l’expertise. L’un d’elles recommande de favoriser la présence d’experts non institutionnels au sein d’organismes tels que l’ASN et l’IRSN, de manière à réduire l’entre-soi des techniciens, mis en évidence au cours des auditions. Rémunérer la participation des experts indépendants à ces instances permettrait en outre d’éviter, selon M. Yves Marignac, d’avoir affaire à des militants engagés, qui n’ont pas les moyens nécessaires pour mener ces expertises. Avez-vous fait cette recommandation parce que vous aviez l’impression que l’expertise française était insuffisamment robuste et que les experts institutionnels n’étaient pas assez compétents ou indépendants ?

Mme Barbara Pompili. L’énergie nucléaire est un sujet compliqué et technique, ce qui ne justifie pas qu’il soit confisqué par les techniciens – les responsables politiques ne sont pas forcément de bons techniciens mais l’inverse est vrai aussi ; chacun à sa place ! 



samedi 21 septembre 2019

Energiewende : Our dear German friends are starting to seriously break our balls(2)


To complete the previous blog:

https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/08/energiewende-nos-chers-amis-allemands.html

And to give a little insight into the Franco-German atmosphere in energy policy:

About Fessenheim:

12 January 2015, letter from Barbara Hendricks, German Minister of the Environment, to Ségolène Royal:

"Dear Colleague, In 2014, on the sidelines of the informal environmental summit in Milan, we talked among other things about the Fessenheim nuclear power plant. I therefore welcome the fact that President Hollande has once again confirmed the decision to close Fessenheim. In this context, and in connection with my letter of September 15, 2014, please inform me of the timetable and procedures you intend to follow for the Fessenheim stop.

As you know, the people living in the border areas are very concerned about the security of the plant. I urge you to take these concerns into account when weighing the pros and cons and in your decisions, and to foresee the Fessenheim shutdown at the nearest possible time. I am of course aware that in this area, the decision is ultimately France's sovereign responsibility. But you certainly won't mind me fighting for the demands of the people who live near the Fessenheim power plant.

Comment: A bit threatening, no!

04/03/2016 , the same Barbara Hendricks: "The French nuclear power plant in Fessenheim, close to the border with Germany, is "too old" and "should be closed as soon as possible," a spokesman for the German minister said on Friday. Barbara Hendricks.  "For us it is very clear that Fessenheim is very old, too old to be still active," the spokesman said, when asked at a regular government press briefing. "The minister is calling for (the plant) to be closed as much as possible."  "Obviously, such an older reactor has a lot of technical problems," he said, and "for us reactors this old pose a security risk." He referred to "the concerns of the inhabitants of the border regions ".

Comment: lies and  lies! In France, nuclear power plants are maintained and regularly modernized. If Fessenheim is closed, it is by a purely political decision, the Nuclear Security Authority having deemed it good for the service!

Fessenheim and Cattenom, or when Nicolas Hulot defended French nuclear power and stuck with the Germans.

"After a two-year shutdown for control, reactor 2 at the Fessenheim nuclear power plant in Upper Rhine is due to restart on Saturday 31 March. This is expected to last only a few months since the government has promised to close the Alsatian power plant at the end of 2018, when the EPR in Flamanville (Manche) has started.
This closure is also an issue for France's European neighbours, such as Germany. Nicolas Hulot, the Minister of Ecological and Solidarity Transition, met his German counterpart, Svenja Schulze, this week and for the first time. During the meeting, the German Minister of Environment, Nature Protection and Nuclear Safety recalled that her country's demands had not changed on this issue.

 "I have obviously expressed the concerns of the German people," said Svenja Schulze, "and that is why I really welcome the fact that we are moving towards a quick stop at the Fessenheim power plant."

"Of course I also talked about the Cattenom power plant [in Moselle] and our position that there should be no extra time," said the German minister. We agreed that the topics we are discussing here are also very important for the German population at the border.

Nicolas Hulot's response: the government will close the Fessenheim plant as soon as the EPR starts, either at the end of 2018 or in 2019. On the other hand, for Cattenom, he recalled that EDF was starting maintenance work, in order to continue its production for another 10 years.

The French Minister of Ecological and Solidarity Transition wanted to give the best welcome to his newly appointed counterpart, to show that they also had common ground. "No one has a lesson to teach themselves," said Nicolas Hulot. Our two countries are in unparalleled energy transitions, at least historical, with parameters, constraints, which are not always the same - to say the least - but at least with ambitions that are common

Several German politicians have regularly expressed concern about the safety of some French power plants near the border, in particular the one in Fessenheim, Upper Rhine, which is due to close soon, and that Cattenom (Moselle). The two countries will also continue their discussions in the autumn on the introduction of a carbon floor price, which still lacks a common position."

Comment: yes, our dear German friends are in a much better hurry to shut down our nuclear power plants than to introduce a real carbon tax. It's criminal for pollution and for the fight against climate change!

The obscure role of OFATE (Franco-German Office for Energy Transition)

In the oral question, Senator Anne-Claire Loisier asked what was the merits of the existence of a Franco-German renewable energy lobbyists' office established within the Ministry of Ecology, and named the Franco-German Office for the Energy Transition (OFATE). This office was created by the French and German governments in 2006 with offices in the Ministries of Ecology in Paris and Berlin, and its steering committee consists mainly of renewable energy promoters.

« Anne-Catherine Loisier draws the attention of the Minister of State, Minister of Ecological and Solidarity Transition, to the representation of wind companies in the Franco-German Office for Energy Transition (OFATE).

This body is supposed to coordinate Franco-German policies. To this end, it maintains its offices in the ministry's own premises and is funded by more than a third of the department.  Its steering committee includes the four Franco-German EnR unions and many of the other members have special interests in the sector.  It would appear, therefore, that the wind "lobby" is funded by the department itself.

Moreover, the Franco-German report AGORA IDDRI ("Energywende and energy transition by 2030") states that "[...] if nuclear capabilities are removed from the French mix, the competitiveness of coal-fired power plants maintained in the system in Germany is improved. Germany would therefore have a doubly interest in France strengthening its wind energy production capacity because it has many companies in this sector and the decline in French nuclear capacity would make it more competitive coal-fired power plants and thus their maintenance in Germany.  It therefore asks him for his analysis on these facts in relation to France's energy policy interests. »

Comment: Anne-Claire Loisier is a Senator from the Gold Coast, Centrist Union group. Fortunately, in the old world, there are a few elected officials who do their job!

Here, for a change, the Belgian nuclear power plants

Le Monde, 13 January 2016: "The Minister of the Environment of the Land of North Rhine-Westphalia, Johannes Remmel, is asking the European Commission to check the safety rules in force in Belgium. In Luxembourg, the Secretary of State for Sustainable Development, Camille Gira, also expressed concern and called for clarification on the situation in Tihange. German officials had previously called for the closure of the unit, located 70 kilometres from the town of Aachen, after microcracks were discovered on the steel tanks of several Belgian reactors..

The government of the German regional state of Rhineland-Palatinate decided on Tuesday to join a complaint by Greenpeace and Benegora, a Belgian-Dutch consultation platform in the Antwerp region, against extending the life of the power plants Tihange 1 and Doel 1 and 2. Rhineland-Palatinate calls for emergency shutdown of these facilities to protect the population. »

Comment : Tihange 1: 962 MWe and Doel 1 and 2 have been extended until 2025 by the Belgian government... with the support of the Netherlands. Well, well....

Conclusion (Huffington Post Blog, 09/25/2017, commenting on a report by France Energy on Energywende):

"In the light of the facts, the increase in intermittent electricity production (wind and photovoltaic) in place of nuclear power has only reinforced the role of coal and gas, the only energies capable of compensating for the variability of wind and sun, and  for lack of viable storage method! Energy efficiency gains were also largely overestimated in relation to the actual behaviour of the population and industry.

Germany has once again acted as a  clandestine passenger of European integration, using the solidarity and stupidity of its partners to its own benefit. The guaranteed supply of French and Austrian electricity has enabled German electricity grids to offset the technical effects of the "fatal" energy of its wind turbines and solar panels unable to keep up with the real needs of consumption.
In short, Germany is flooding markets with electricity when no one needs it and pumps its neighbors when the climate and the production is capricious!

Well, nothing better to add !


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vendredi 30 août 2019

Energiewende : Nos chers amis allemands commencent à nous casser sérieusement les bonbons (2)


Pour compléter le blog précédent :
 https://vivrelarecherche.blogspot.com/2019/08/energiewende-nos-chers-amis-allemands.html

Et pour donner un petit éclairage sur l’ambiance franco allemande en matière de politique énergétique :

A propos de Fessenheim :

12 janvier 2015, lettre de  Barbara Hendricks, ministre allemande de l’environnement, à Ségolène Royal :
« Chère collègue,
En 2014, en marge du sommet environnemental informel de Milan, nous avions entre autres parlé de la centrale nucléaire de Fessenheim. Je me félicite donc maintenant que le Président Hollande ait une nouvelle fois confirmé la décision de fermer Fessenheim.
Dans ce contexte, et en lien avec mon courrier du 15 septembre 2014, je vous prie de m’informer du calendrier et des procédures que vous avez l’intention de suivre pour l’arrêt de Fessenheim.
Comme vous le savez, la population vivant dans les zones frontalières est très préoccupée par la sûreté de la centrale. Je vous prie vivement de prendre en compte ces préoccupations lorsque vous pèserez le pour et le contre et lors de vos décisions, et de prévoir l’arrêt de Fessenheim à une échéance aussi rapide que possible. Je suis naturellement consciente qu’en ce domaine, la décision relève au final de la responsabilité souveraine de la France. Mais vous ne m’en voudrez certainement pas de me battre pour les revendications de la population qui vit près de la centrale de Fessenheim.

Commentaire : Un poil comminatoire, non !

04/03/2016 , la même Barbara Hendricks, :  « La centrale nucléaire française de Fessenheim, toute proche de la frontière avec l'Allemagne, est "trop vieille" et "devrait être fermée le plus vite possible", a déclaré vendredi un porte-parole de la ministre allemande de l'Environnement Barbara Hendricks.  "Pour nous il est très clair que Fessenheim est très vieille, trop vieille pour être encore en activité", a dit ce porte-parole, interrogé lors d'un point de presse régulier du gouvernement. "La ministre demande que (la centrale) soit fermée le plus possible".
"Évidemment, un réacteur aussi âgé a beaucoup de problèmes techniques", a-t-il dit, et "pour nous des réacteurs aussi vieux représentent un risque sécuritaire". Il a évoqué "les inquiétudes des habitants des régions frontalières".

Commentaire : Faisceau de mensonges ! En France, les centrales nucléaires sont entretenues et régulièrement modernisées. Si Fessenheim est fermée, c’est par une décision purement politique, l’Autorité de Sureté Nucléaire l’ayant jugée bonne pour le service !

Fessenheim et Cattenom, ou quand Nicolas Hulot défendait le nucléaire français et se collait les Allemands.

« Après deux ans d'arrêt pour contrôle, le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) doit redémarrer samedi 31 mars. Cela ne devrait durer que quelques mois puisque le gouvernement a promis de fermer la centrale alsacienne fin 2018, quand l'EPR de Flamanville (Manche) aura démarré.
Cette fermeture est aussi un enjeu pour les voisins européens de la France, comme l'Allemagne. Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire, a rencontré son homologue allemande, Svenja Schulze, cette semaine et pour la première fois. Lors de cet entretien, la ministre allemande de l'Environnement, de la protection de la nature et de la sécurité nucléaire a rappelé que les demandes de son pays n'avaient pas changé sur ce dossier. "J'ai évidemment fait part des inquiétudes de la population allemande, a indiqué Svenja Schulze, et c'est pourquoi je salue vraiment le fait qu'on aille vers un arrêt le plus rapide possible de la centrale de Fessenheim."
J'ai bien sûr aussi parlé de la centrale de Cattenom [en Moselle] et notre position qu'il ne doit pas y avoir de délai supplémentaire, a encore déclaré la ministre allemande. Nous étions d'accord pour dire que les sujets que nous abordons ici sont aussi très importants pour la population allemande à la frontière.

Réponse de Nicolas Hulot : le gouvernement va bien fermer la centrale de Fessenheim dès que l'EPR aura démarré, soit à la fin de l'année 2018 ou en 2019. En revanche, pour Cattenom, il a rappelé qu'EDF débutait des travaux de maintenance, afin de poursuivre sa production pendant encore 10 ans.
Le ministre français de la Transition écologique et solidaire a voulu faire le meilleur accueil à son homologue fraichement nommée, pour montrer qu'ils avaient aussi des terrains d'entente. "Personne n'a de leçon à se donner, a rappelé Nicolas Hulot. Nos deux pays sont dans des transitions énergétiques sans commune mesure, en tout cas historiques, avec des paramètres, des contraintes, qui ne sont pas toujours les mêmes - c'est le moins qu'on puisse dire - mais en tout cas avec des ambitions qui sont communes
Plusieurs responsables politiques allemands ont régulièrement fait part de leur crainte quant à la sécurité de certaines centrales françaises situées près de la frontière, en particulier celle de Fessenheim (Haut-Rhin), censée fermer prochainement, et de Cattenom (Moselle). Les deux pays vont également poursuivre à l'automne leurs discussions sur la mise en place d'un prix plancher du carbone, qui manque encore d'une position commune »

Commentaire : ben oui, nos chers amis allemands sont bien plus pressés de nous faire fermer nos centrales nucléaires que de mettre en place une vraie taxe carbone. C’est criminel pour la pollution et pour la lutte contre le changement climatique !

Le rôle obscur de l’OFATE (Office franco-allemand pour la transition énergétique)

Au Sénat en question orale, la sénatrice Anne-Claire Loisier a demandé quel était le bien-fondé de l’existence d’un bureau franco-allemand de lobbyistes des énergies renouvelables établi au sein du ministère de l’Écologie, et nommé Office Franco-Allemand pour la Transition Energétique (OFATE).
Cet office a été créé par les gouvernements français et allemand en 2006 avec des bureaux dans les ministères de l’Écologie à Paris et à Berlin, et son comité de pilotage se compose essentiellement de promoteurs des énergies renouvelables.

« Mme Anne-Catherine Loisier attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire sur la représentation des entreprises du secteur éolien au sein de l'Office franco-allemand pour la transition énergétique (OFATE).

Cet organisme est supposé coordonner les politiques franco-allemandes. À cet effet, il tient ses bureaux dans les locaux même du ministère et est financé pour plus d'un tiers par celui-ci.  Son comité de pilotage est notamment composé des quatre syndicats d'EnR franco-allemands et nombre des autres membres ont des intérêts particuliers dans ce secteur.
Il semblerait donc que le « lobby » éolien soit financé par le ministère lui-même.
Par ailleurs, le rapport franco-allemand AGORA IDDRI (« L‘Energiewende et la transition énergétique à l'horizon 2030 ») indique que « […] si des capacités nucléaires sont retirées du mix français, la compétitivité des centrales à charbon maintenues dans le système en Allemagne est améliorée. »
L'Allemagne aurait donc doublement intérêt à ce que la France renforce ses capacités de production d'énergie éolienne car elle compte de nombreuses entreprises dans ce secteur et que la baisse des capacités nucléaires françaises rendrait plus compétitives les centrales à charbon et donc leur maintien en Allemagne.
Elle lui demande donc son analyse sur ces faits au regard des intérêts de la France en matière de politique énergétique. »

Commentaire : Mme Anne-Claire Loisier est Sénatrice de la Côte d’Or, groupe Union Centriste. Heureusement, dans l’ancien monde, il y a quelques élus qui font leur travail !

Tiens, pour changer un peu, les centrales nucléaires belges

Le Monde, 13 janvier 2016 : « Le ministre de l’environnement du Land de Rhénanie-du-Nord- Westphalie, Johannes Remmel, demande à la Commission européenne de vérifier les règles de sécurité en vigueur en Belgique. Au Luxembourg, le secrétaire d’Etat au développement durable, Camille Gira, a également exprimé son inquiétude et réclamé des éclaircissements quant à la situation de Tihange. Des responsables allemands avaient auparavant demandé la fermeture de cette unité, située à 70 kilomètres de la ville d’Aix-la-Chapelle, après que des microfissures ont été découvertes sur les cuves en acier de plusieurs réacteurs belges.
Le gouvernement de l’état régional allemand de Rhénanie-Palatinat a décidé mardi de se joindre à une plainte de Greenpeace et de Benegora, plate-forme de concertation belgo-néerlandaise de la région d’Anvers, contre la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires belges de Tihange 1 et de Doel 1 et 2. La Rhénanie-Palatinat demande l’arrêt d’urgence de ces installations pour protéger la population. »

Remarque :Tihange 1 : 962 MWe et Doel 1 et 2 ont été prolongé jusqu’en 2025 par le gouvernement Belge… avec le soutien des Pays-Bas. Bien, bien….

 Conclusion (Blog du Huffington Post, 25/09/2017, commentant un rapport de France Stratégie sur l’Energiewende) :

« A la lumière des faits, l'augmentation de la production électrique intermittente (éolienne et photovoltaïque) à la place du nucléaire n'a fait que conforter le rôle du charbon et du gaz, seules énergies capables de compenser les aléas du vent et du soleil faute de moyen de stockage viable! Quant aux gains d'efficacité énergétique, ils se sont avérés eux aussi largement surestimés par rapports aux comportements réels de la population et de l'industrie.
L'Allemagne a agi une fois encore en passager clandestin de la construction européenne, utilisant à son seul profit la solidarité et la bêtise de ses partenaires. L'apport assuré de l'électricité française et autrichienne a permis aux réseaux électriques allemands de pallier les effets techniques de l'énergie "fatale" de ses éoliennes et de ses panneaux solaires incapables de suivre les besoins réels de la consommation. En bref, l'Allemagne inonde d'électricité les marchés quand personne n'en a besoin et pompe ses voisins quand le climat est capricieux! »

Eh ben, pas mieux !


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dimanche 25 novembre 2018

Après les gilets jaunes du fuel, les gilets jaunes électriques


La fermeture de centrales nucléaires, c’est l’assurance d’une explosion du prix de l’électricité

En France, le parc électronucléaire est constitué de 58 réacteurs en activité, répartis dans 19 centrales. Deux de ces réacteurs sont implantés sur la commune de Fessenheim dans le Haut-Rhin (en Alsace). Disposant chacun d’une puissance électrique de 900 MW, ils ont fourni, en cumul, près de 2,4% de la production électrique française en 2015 et 1,6% de celle-ci en 2016. En 2016, la centrale nucléaire de Fessenheim a généré près de 8,4 TWh, soit l'équivalent d'environ 65% de la consommation alsacienne d'électricité. Près de 1 100 personnes travaillent en permanence sur le site (850 salariés d’EDF et près de 250 salariés permanents d’entreprises extérieures). Lors des arrêts pour maintenance, il s’ y ajoute 600 à 2 000 personnes supplémentaires, issues de sociétés prestataires. Au niveau local, la centrale de Fessenheim représente 47,1 millions d’euros en 2016, dont 15,9 millions d'euros au titre de la taxe sur les installations nucléaires, 14,3 millions de redevance voie navigable et 2,1 millions d’euros de taxe foncière. Les investissements moyens dans la centrale (maintenance et amélioration de la sûreté) ont représenté  128 millions d’euros en 2016.

EDF souhaitait poursuivre l’exploitation au-delà de 40 ans, pour une durée minimale de 50 ans. L’Autorité de Sûreté Nationale (ASN) a validé cette prolongation à chacune de ses visites décennales, la dernière d’entre elles ayant été effectuée en 2009/2010 pour le réacteur 1 et en 2011/2012 pour le réacteur 2 de la centrale. Fermer Fessenheim n’est donc pas une question de sécurité !

Fermer Fessenheim, mais le remplacer par quoi ? Un remplacement progressif du nucléaire par de l’éolien stocké coûte donc environ 6 fois plus qu’avec du nucléaire à 60 ans, sans faire rien gagner sur les émissions de CO2 par ailleurs. Avec le photovoltaïque les investissements seraient multipliés par un facteur 5 à 10 par rapport à l’éolien (donc 50 par rapport au nucléaire), à consommation identique ! En passant, lorsqu’on s’inquiète avec un peu de raison du dérapage de la construction de l’EPR, eh bien, l’EPR, son coût il peut dériver encore 5 fois, 10 fois, il sera encore moins cher que les énergies renouvelables, compte-tenu du flux d’électrons qu’il relâchera !

Ce qui veut dire aussi que la fermeture de centrales nucléaires, si elle devait être actée par la PPE, c’est l’assurance d’une explosion du prix de l’électricité. Après les gilets jaunes de l’essence, préparez-vous aux gilets jaunes de l’électricité.

Et aux restrictions autoritaires ! Remember : Le compteur Linky est prévu pour pouvoir vous « effacer » du réseau !

Fermer Fessenheim, mais le remplacer par quoi ? Eh bien, dans l’immédiat, par les centrales au charbon (voire au lignite !) allemandes, les plus polluantes et les carbonnées qui soient. Vive la pollution en Alsace et en France !

Fermer Fessenheim, mais le remplacer par quoi pour les travailleurs d’EDF, pour les habitants de la région ? Ben, on sait pas trop ! Et si ce sont 4, 6 centrales nucléaires de plus qu’on ferme ?

Fermer Fessenheim, c’est un scandale écologique, économique, social, sanitaire, c’est une absurdité idéologique, c’est une magouille pour complaire aux écologistes bigots et rétrogrades et scientifiquement ignares. C’est révoltant et inacceptable, c’est brader le patrimoine technologique français et les efforts de nos parents qui ont construit le nucléaire français.
Et fermer d’autres centrales nucléaires, encore plus ! Le nucléaire est certes hors de prix, mais les alternatives non carbonées sont bien plus chères !

 « Tout le monde est d’accord pour  réduite la part du nucléaire à 50% » Eh bien non !

C’est une des  déclarations de Hulot, qui prend de plus en plus l’aspect d’un prophète sectaire et déjanté bourré de tics, jouant et rejouant l’annonce de l’Apocalypse, manipulant les peurs, jouant sur l’indignation (parfois justifiée), la colère, la culpabilisation,  en perpétuelle séquence émotion, ce qui le dispense de toute raison et de toute argumentation scientifiquement fondée.

Non M. Hulot, tout le monde n’est pas d’accord pour réduire la part du nucléaire à 50% dans la production électrique, et en particulier pas les scientifiques du Giec. Tous les scenarios du GIEC qui permettent de limiter la hausse de la température moyenne du globe à moins de 1.5° en 2100 ; tous ! incluent une augmentation significative de la part du nucléaire ! (de 59-106% d’ici 2030, de 98-501% d’ici 2050. Le respect des objectifs climatiques nécessitera de multiplier par six les capacités nucléaires mondiales. Et pour la France, la recommandation spécifique est de commencer dès maintenant la construction de nouveaux EPR, compte-tenu des délais de mise en route effective  pour des raisons plus administratives que techniques !). Nous sommes déjà exemplaires sur le plan de la décarbonation de l’électricité (mais pas sur celui des transports, du diesel, de l’isolation thermique), pourquoi revenir en arrière et priver la France d’une énergie durable, décarbonnée, économiquement très compétitive,  pourvoyeuse d’emplois durables et qualifiés, bonne pour le climat et la pollution, et dont nous étions les leaders mondiaux, avec une solide expertise !
Et pas plus l’ensemble des scientifiques internationaux qui ont adressé au Pt Macron une lettre pour lui faire part de leur inquiétude devant votre décision d'éloigner la France d'une production nucléaire propre, soulignant que « toute réduction de la production nucléaire en France aura pour effet d'augmenter la production d'électricité par des combustibles fossiles, donc la pollution ».

Et pas plus les dizaines de milliers de citoyens français (~40.000) et les centaines d’organisations représentatives, bons connaisseurs des problématiques énergétiques) , qui ont tenu à participer au Grand Débat sur la PPE ( programmation de la politique énergétique), qui à la grande surprise du rapporteur et du gouvernement, ont contesté  « la cohérence des deux objectifs de décarbonation et de modification du mix (notamment baisse du nucléaire ». Conclusion du rapporteur : « Une offensive forte pour remettre en cause la loi elle-même ainsi que ceux qui l’incarnent ou la pilotent », et notamment la baisse de la production nucléaire. Puisque c’est lui qui le dit !

Et pas plus cette syndicaliste de l’alliance UNSA/CFE-CGC (Mme Autissier), qui signe dans Le Monde du 25 novembre 2018 une tribune justement intitulée, « Non, tout le monde n’est pas d’accord pour réduire la part du nucléaire ». Citations : « Pour réduire la part du nucléaire à 50 % de la production totale à l’horizon de 2030, Ampère préconise la fermeture de 16 réacteurs entre 2020 et 2030, réduisant le parc nucléaire de 63 gigawatts (GW) à environ 50 GW. Pour arriver à 50 % d’électricité nucléaire en 2035, Volt préconise pour sa part la fermeture de 9 réacteurs et un parc nucléaire de 55 GW.

De tels scénarios conduiront inéluctablement à des arrêts d’activité dans nos régions et généreront des pertes d’emplois – avec leurs conséquences sur la vie locale. Le scénario Ampère entraînera la suppression de 70 000 à 120 000 emplois directs, indirects et induits, tandis que le scénario Volt ferait perdre entre 35 000 et 65 000 emplois. En outre, ces scénarios détruiront à terme la filière de recyclage de l’uranium, dont la France est l’incontestable leader, avec des conséquences désastreuses sur l’activité industrielle en Normandie et dans la vallée du Rhône. »
« Alors que la France aspire à promouvoir l’activité industrielle nationale et à faire vivre ses territoires tant malmenés par la désindustrialisation, cherche-t-on à casser une industrie qui se déploie sur l’ensemble du pays ? Rappelons que 40% des emplois de la filière nucléaire sont situés en Rhône Alpe et en Provence Cote d’Azur, un quart en Île de France, 20% en Normandie… La filière fournit des emplois durables, particulièrement aux jeunes générations,.. »

Et pas plus cette syndicaliste CGT (Mme Cailletaud), qui s’exprime dans le même numéro du Monde dans une tribune intitulée la France doit se doter d’un service public de l’énergie, : Sortir du fissile n’est pas climato-compatible. La France, qui a encore des compétences  précieuses en la matière porte une responsabilité particulière. Il est donc plus que jamais d’actualité que la PPE prenne en compte  les réalités techniques et économiques pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux et se débarrasse des points de vue idéologiques.

Trente ans de dérèglementation du secteur de l’énergie ont conduit à la déstructuration, à l’affaiblissement des énergéticiens européens, à la fragilisation de notre sécurité et de notre indépendance énergétique, qui a diminué de deux points de CO2 en 2016 et à l’augmentation des coûts.
Non à la scission d’EDF ! …Garantir simultanément des dividendes élevés et une forte valorisation boursière du titre d’EDF est  peu compatible avec les besoins très lourds et à long terme d’une  entreprise comme EDF… Le caractère stratégique de l’énergie implique d’avoir une vision systémique servie par un pôle public répondant aux besoins et aux enjeux du XXIème siècle » En effet !

Et pas plus la fédération FO mines énergie, au discours particulièrement net, courageux, compétent et argumenté ( eh oui, vivent les corps intermédiaires, malgré leurs défauts !) :

«  FO Énergie et Mines rappelle son désaccord constant avec l’atteinte d’un objectif de 50 % de part du nucléaire dans le mix électrique, lequel ne repose sur aucune considération objective. La définition d’une politique énergétique doit être fondamentalement pragmatique et reposer sur l’analyse de la contribution réelle des différents moyens de produire l’électricité à la lutte contre le réchauffement climatique. La montée en puissance des énergies intermittentes et la réduction de la part du nucléaire n’améliorent en rien le bilan CO2 de notre pays. Comme l’a rappelé la Cour des Comptes, l’accélération du développement des énergies renouvelables intermittentes génère des coûts élevés qui pèsent largement sur les ménages. Elle amplifiera le déficit commercial de notre pays et présente à terme des risques géopolitiques avérés (terres rares quasi exclusivement concentrées en Chine). Elle porte également un risque sur la sécurité d’approvisionnement de notre pays en l’absence de solution économiquement abordable en matière de stockage.

Notre pays peut compter aujourd’hui sur un parc nucléaire performant qui a contribué à faire de la France un des pays européens où l’électricité - hors taxes - est l’une des moins chères d’Europe et sur la troisième filière industrielle de France, qui emploie 220 000 salariés. FO Énergie et Mines considère qu’au point de vue économique, social et environnemental ,la fermeture pour des raisons politiques d’une centrale nucléaire serait une absurdité et un gâchis pour notre pays, sa compétitivité et le pouvoir d’achat des Français. FO s’y opposerait alors de toutes ses forces avec les personnels. »

Le nucléaire reste une énergie d’avenir et il importe en conséquence, pour maintenir les compétences, de lancer parallèlement un programme de construction de nouveaux réacteurs."

« Tout le monde est d’accord pour  réduite la part du nucléaire à 50% » Eh bien non ! (bis)

Cf. sur un ton moins revendicatif mais sur le fond aussi critique la tribune de l‘expert Jacques Percebois, Coresponsable du pôle Transitions énergétiques à la Chaire Économie du Climat (Paris-Dauphine), qui s’exprime sur le très officiel et très gouvernemental Connaissance des énergies. Citation :
« La presse a évoqué hier trois scénarios envisagés par le gouvernement quant à l’évolution du nucléaire en France. Le scénario retenu sera officialisé la semaine prochaine lors de la présentation de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Dans les trois cas, il est prévu de fermer entre 11 et 14 réacteurs avant fin 2035 (en incluant les 2 tranches de Fessenheim dont l’arrêt est déjà acté) sur les 58 réacteurs en activité. Dans les trois cas, la part du nucléaire devrait baisser à 50% de la production d’électricité mais à des dates un peu différentes : 2035 dans le scénario « Hulot/Rugy » et le scénario dit « intermédiaire », et 2040 dans le scénario « Bercy ».

Dans les trois cas, la part des renouvelables devrait atteindre 40% de la production d’électricité contre 18% environ aujourd’hui, mais là encore à des dates un peu différentes : 2030 dans le premier scénario, 2032 dans le second et 2034 dans le troisième.
La vraie divergence entre ces scénarios ne tient pas aux dates, assez proches, de réduction de la part du nucléaire mais au fait que seul le troisième scénario envisage de façon explicite de construire de nouveaux réacteurs : 4 EPR, 2 vers 2034-2035 et 2 vers 2040-2041.

Dans les deux premiers scénarios, on donne l’impression que le nucléaire est à échéance plus ou moins lointaine condamné à disparaître en France. Seul le troisième maintient le cap nucléaire tout en réduisant la voilure.
Plusieurs questions devront être explicitées :

Sur quelle base d’évolution de la demande d’électricité ces scénarios ont-ils été construits ? Maintient-on l’hypothèse d’une demande d’électricité stable, voire en baisse ? Quid des nouveaux besoins liés à la mobilité électrique et aux objets connectés ? (NB un message électronique avec pj standard équivaut à la consommation d'une ampoule de 60W pendant 25 minutes- et les besoins des blogs chain font déjà exploser les besoins en serveurs...)

Quels réacteurs seront fermés ? Si ce sont les plus anciens, cela concerne les réacteurs dits « moxés ». Si tel est le cas, ne risque-t-on pas de mettre en péril le retraitement du combustible donc toute la filière « aval » du cycle ? La France a choisi le cycle fermé du combustible avec recyclage de l’uranium et du plutonium, ce qui permet d’économiser de l’uranium et de réduire le volume des déchets à stocker.

Si l’on veut maintenir les compétences dans le nucléaire, renvoyer à 2035 la construction de nouveaux réacteurs n’est-il pas trop tardif ?

ll faudra aussi se prononcer sur le choix de l’après EPR : maintient-on le cap de la « Génération IV » (les RNR) ? Le projet Astrid est-il abandonné, repoussé ? Qu’en est-il des nouvelles technologies du type SMR (Small Modular Reactors) ? Un regard sur ce qui se fait à l’international, en Russie, en Chine et aux États-Unis sera nécessaire à ce niveau si l’on veut rester dans la course. Mais le veut-on ?

Comme on le voit, beaucoup de questions demeurent en suspens et devront être débattues en rappelant que la lutte contre le réchauffement climatique est une priorité à la réalisation de laquelle le nucléaire contribue fortement en France.