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mardi 2 avril 2019

Le glyphosate et les procès de sorcières (2)


Glyphosate- études divergentes à qui faire confiance ?

En décembre 2017, la Commission Européenne a mis fin à deux ans de tergiversations chez les législateurs européens en autorisant l’utilisation du glyphosate pour 5 ans. L’autorité Européenne de sécurité des aliments (EFSA)  a estimé qu’elle ne disposait d’aucune preuve d’un éventuel caractère cancérogène. Pour davantage de sureté, la Commission Européenne a également demandé l’avis de l’Agence Européenne des produits chimiques (ECHA) , qui a également conclu à l’absence de preuve de danger du glyphosate. En mai 2016, un panel d'experts de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture et de l'Organisation mondiale de la santé a tranché de la même façon. L'Office fédéral suisse de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires et l'Office fédéral de l'agriculture ont observé le 30 juillet 2015 que « le CIRC ne disposait pas de nouvelles études reconnues au plan international pour sa décision de reclassifier le glyphosate comme carcinogène », et réitèré qu'ils « considèrent que les résidus de glyphosate provenant de l'utilisation de ce produit comme produit phytosanitaire sont inoffensifs pour la population ». Même position pour les agences canadiennes, australiennes, Etats-Uniennes…

Bref, la quasi totalité des agences de régulation dans le monde considèrent qu’il n’y a aucune preuve de toxicité ou de caractère cancérogène du glyphosate.

Une seule agence notable liée à l’ONU fait exception, le CIRC. En 2015, le CIRC a considéré le glyphosate comme « cancérigène probable, catégorie 2A)

La classification CIRC  - curieuse ?

Le CIRC a tout de même une curieuse méthode de classification. Le glyphosate se retrouve ainsi dans le même groupe  que le bromure de vinyle et les N methyl et ethyl nitrosourées, que tout chimiste classerait sans hésiter dans les cancérogènes certains. C’est que le CIRC estime ( et je trouve cela en l’espèce vraiment contestable) un risque global tenant compte de la cancérogénicité « intrinséque » et de l’exposition au produit de la population : ainsi s’explique que des produits fortement cancérigènes mais très peu utilisés se retrouvent dans la même catégorie qu’un produit extrêmement utilisé mais dont la cancérogénicité intrinsèque est non démontrée- comme le glyphosate.

Dans cette classification du CIRC, le glyphosate se retrouve finalement assez logiquement dans la même catégorie que la consommation de viande rouge  et le travail de nuit. Va-t-on pour autant interdire le travail de nuit ? Bien sûr que non ; simplement, on serait bien inspiré de mettre en place un meilleur suivi sanitaire des travailleurs de nuit.

Eh ben, pareil pour le glyphosate !

Une autre différence importante est que les agences de régulation telles l’EFSA se fonde sur les études réglementaires effectuées par les industriels que les agences exigent avant la mise sur le marché d’un phytosanitaire. Au contraire, le CIRC n’utilise que les publications universitaires.

Quelles études, pour faire quoi ?

Maintenant, à quoi faites-vous davantage confiance ? Aux tests réalisés par les industriels conformément aux exigences réglementaires ou aux tests décrit dans les publications universitaires et effectués par des chercheurs libres de tout conflit d’intérêt ?
Eh bien, choc des chocs, scandales des scandales,  abomination et pic et pic et colegram. Evidemment aux tests réglementaires pratiqués par les industriels ! Ils sont standardisés, calibrés, parfaitement reproductibles, leur interprétation est immédiate, leur pertinence quant aux effets biologiques certaine et universellement reconnue.
Les chercheurs eux testent des protocoles, nouveaux, originaux, que seuls de petites équipes maitrisent. Leur pertinence quant aux effets toxiques chez l’homme est incertaine, pas encore reconnue…. Ce n‘est pas un vain mot : les instances universitaires se trouvent confrontées à une très sérieuse crise de la reproductibilité.

Ainsi, précisément dans le domaine de la biologie du cancer, des chercheurs de Bayer et d’Amgen ont passé un an à tenter de reproduire des expériences critiques : pour les premiers, 21% seulement  de ces expériences ont pu être entièrement reproduites et 11% partiellement ; pour les seconds, seulement 11 expériences sur 53. Dans cette crise de la reproductibilité, il y a là une part intrinsèque à l’activité de recherche (surtout lorsqu‘elle utilise des matériaux biologiques de plus en plus complexes et artificiels), il y a aussi malheureusement une part due au publish or perish - la pression pour publier très vite très souvent-. Et enfin une part liée aux biais de publication, à la politique éditoriale : un article mettant en cause Monsanto trouvera plus facilement preneur qu’un article confirmant les résultats de ses chercheurs…

Il est donc quand même assez étrange que le CIRC ne prenne pas en compte les tests les plus validés  et les plus pertinents…

Est-ce à dire que les tests réglementaires auxquels sont soumis les industriels sont suffisants et que la recherche est inutile ? Bien sûr que non ! Ils fixent l’état des connaissances certaines à un instant donné. Les résultats de la recherche, lorsqu’ils seront certains, suffisamment reproductibles pour donner lieu à des protocoles précis et que leur pertinence biologique sera reconnue par consensus de la communauté des experts ont vocation à améliorer, compléter ou remplacer les tests existants.

Dans le cas des études de toxicité, en tout état de cause, l’affaire du glyphosate appelle certainement à des améliorations des process actuels, notamment en ce qui concerne la publication de toutes les études de toxicité et d’écotoxicité menées par les industriels, soit dans des publications scientifique, soit par dépôt  obligatoire auprès des agences réglementaires des données et d’un résumé.

Il faudrait aussi imposer des études sur les formes effectivement commercialisées et utilisées et non simplement sur les principes actifs purs, et tenir compte aussi des conditions réelles d’utilisation : le produit et le mode d’utilisation par un professionnel ne sont pas les mêmes que pour un jardinier amateur. Il vaut mieux éviter de confier une grue à un automobiliste lambda…

Reste aussi que pour le glyphosate, utilisé maintenant depuis plus de 40 ans,, nous pouvons disposer d’études épidémiologiques, avec, compte-tenu de sa popularité, des populations conséquentes d’utilisateurs et des durés suffisantes pour voir apparaitre d’éventuels cancers, même tardifs.

Les études épidémiologiques 

Débutée dans les années 90, l'Agricultural Health Study a suivi plus de 50.000 agriculteurs et épandeurs américains en Iowa et en Caroline du Nord et dont 80% utilisaient du glyphosate. Près de 6.000 cas de cancer ont été observés au cours de ce suivi. Verdict de l'analyse : le glyphosate n'est pas significativement associé à une augmentation du risque de cancer, quelle que soit sa localisation. Toutefois, parmi les épandeurs qui ont été le plus exposés au glyphosate, les chercheurs constatent un risque accru de leucémie aiguë myéloïde par rapport aux autres utilisateurs, qui augmente avec la durée d'exposition et devient statistiquement significatif au-delà de 20 ans.
En 2005 déjà, les premiers résultats issus de l'étude prospective Agricultural Health Study, incluant des hommes et des femmes suivis sur plusieurs années, ne montraient déjà pas d'association statistiquement significative entre l'utilisation du glyphosate et le risque de cancer à l'exception d'un risqué augmenté mais non significatif de myélome multiple.

En 2019, une meta analyse reprenant l’étude de l’AHS (Zhang et al. 2019, Mutation Research) a  sélectionné le groupe de participants avec une exposition la plus haute (niveaux et durées d’exposition importants, temps de latence important). Dans ces conditions, apparait une association statistique entre une exposition cumulée élevée aux formulations à base de glyphosate et un risque accru de +41% de lymphomes non-hodgkiniens (LNH). Il ne s’agit pas de faits nouveaux mais d’une réanalyse soutenue par le seul Dr Zhang, et non les autres  auteurs de l’article original qui ont travaillé sur les mêmes données. Sur la signification exacte et l’incertitude des chiffres obtenues après une telle sélection drastique dans l’étude originale (856 études exclues sur 866 !), alors là, c’est vraiment une discussion de spécialistes. (cf par exemple https://quoidansmonassiette.fr/analyse-critique-meta-analyse-zhang-2019-glyphosate-risque-lymphomes-non-hodgkiniens/

Le 18 mars 2019 paraissait dans l’International Journal of Epidemiology une étude menée sur des cohortes d’agriculteurs de France (cohorte AGRICAN), de Norvège et des États-Unis  montrant un risque accru de 36 % du lymphome non hodgkinien le plus fréquent, à savoir le lymphome diffus à grandes cellules B –il n’était pas significatif dans AGRICAN. Les chercheurs ont procédé à un effort de synthèse inédit, en exploitant les informations de trois grandes cohortes constituées en France, en Norvège et aux Etats-Unis, rassemblant ainsi les données de plus de 315 000 agriculteurs suivis en moyenne pendant plus de dix ans. Ils ont évalué l’exposition des fermiers à 33 pesticides différents selon une classification binaire. Trois substances sont pointées: deux insecticides, le terbuphos et la deltamethrine, et un herbicide, le glyphosate.

Les antiglyphosates ont relayé triomphalement ces études. En ce qui concerne la méta-étude du Dr Zhang, elle ne convainc pas grand monde parmi les spécialistes, et notamment n’a pas convaincu le CIRC de changer la classification du glyphosate en cancérigène certain. Les promoteurs de la seconde étude se sont eux-mêmes montré très prudents : comme ils n'ont pas évalué le degré d'exposition des agriculteurs, classant ces derniers en seulement deux catégories : «utilisateurs» et «non utilisateurs» ; ils indiquent en conséquence qu'il « est nécessaire de disposer de «données plus précises» sur cette question, avant de formuler des conclusions ».

En effet, plusieurs études ont montré avec certitude une augmentation des lymphomes non hodgkinien chez les agriculteurs (19% dans l’Agricultural Health Study (57000 agriculteurs, Iowa et Caroline du Nord entre 1993 et 1997). Elles ont abouti à un résultat : le lymphome non hodgkinien a été ajouté en juin 2015 à la liste des maladies professionnelles. L’implication de plusieurs pesticides a été clairement démontrée : lindane, insecticides carbamates, insecticides organo-phosphorés – ces derniers maintenant interdits en France et aux USA notamment. Prouver un effet propre du glyphosate suppose d’éliminer avec certitude l’exposition à ces molécules connues depuis longtemps comme toxiques…Pas facile dans des études rétrospectives…

Une certitude : il est temps enfin de suivre correctement l’état de santé des agriculteurs, et plus généralement, des salariés – et cela ne va pas dans le sens du démantèlement progressif de la médecine du travail sous les coups de boutoir continus des idéologues ultra-libéraux et des dernières décisions gouvernementales

Enfin le glyphosate serait impliqué dans l’explosion de maladies rénales chroniques observées dans les rizières, particulièrement au Sri Lanka vers 2015. Le nom donné à cette maladie (maladie rénale chronique d'étiologie incertaine, chronic kidney disease of uncertain etiology) montre le degré d’incertitude et jusqu’à présent rien ne permet d’y impliquer le glyphosate. La présence en forte concentration dans l’eau des rizières de métaux tels que le plomb, l'arsenic et surtout au cadmium fournissent des coupables potentiels bien plus convaincants, surtout que jusqu’à présent aucune étude n’a laissé entrevoir un lien entre glyphosate et pathologie rénale. Peut-être aurait-il pu jouer un rôle adjuvant en complexant ces métaux ?

En tout état de cause, cette maladie rénale chronique d'étiologie incertaine a été signalée à de multiples endroits au cours du siècle dernier, beaucoup de cas étant antérieurs à la découverte et à l'utilisation du glyphosate (1974).

Après l‘avoir interdit, le gouvernement Sri Lankais a réautorisé le glyphosate en 2019.

Les « pisseurs involontaires ». Du glyphosate dans les urines ?

Depuis la très contestable émission d’Elise Lucet sur le glyphosate, où un certain nombre de personnalités s’étaient fait tester pour la présence de glyphosate dans leurs urines et montraient leur affolement devant un résultat qui ne donnait ni valeurs, ni incertitudes,  (pauvre Julie Gayet, c’est honteux de la paniquer comme ça !), le mode des pisseurs involontaires de glyphosates s’est étendue et du glyphosate, on en trouve partout et chez tout le monde à des taux ahurissants !

Bah c’est quand même très très très très  étrange. Le glyphosate est un produit phosphaté très simple qui se dégrade rapidement en AMPA, un phosphate omniprésent dans la nature… et qui provient aussi des phosphates utilisés dans les lessives. Certains esprits critiques en ont conclu un peu rapidement que « les pisseurs de glyphosates étaient en fait des pisseurs de lessive ».

Oui, mais non. C’était peut-être le cas avec les tests plus anciens mesurant indifféremment  la présence de glyphosate et d’AMPA dans l’eau, et montrant une forte corrélation avec l’introduction de certaines lessives, mais les tests urinaires utilisent des anticorps anti glyphosate et ne sont pas sensibles à l’AMPA. Les sites de Counterchecking se sont fait une joie de le faire remarquer, traitant les douteurs de suppôts de Monsanto. Mais ce qu’ils n’ont pas dit, c’est que ces tests ont été validés pour mesurer le glyphosate dans l’eau, et pas dans l’urine, où des molécules phosphatées naturelles variées  sont présentes en quantité importantes et peuvent peut-être interférer avec le test.

C’est aussi étrange compte-tenu de la faible rémanence du glyphosate, qui ne fait vraiment un produit miraculeux : le glyphosate fut un des premiers herbicides permettant de semer directement après usage et sans effet sur la culture suivante ; l'effet désherbant apparaît uniquement en cas de pulvérisation sur les feuilles de la plante. La possibilité de planter vite juste après un désherbage efficace était une vraie rupture à l'époque de sa mise sur le marché.

Devant des résultats aussi étonnants, il convient certainement de mettre d’abord en cause le test. Lorsque dans un appareil d’optique vous voyez un ciel gris alors qu’en le regardant vous le voyez d’un bleu superbe, il faut peut-être revoir les réglages…

Les décisions judicaires : inadmissibles procès de sorcières

Le groupe de produits phytosanitaires Bayer-Monsanto a perdu mercredi son deuxième procès lié au Roundup aux Etats-Unis. La justice américaine a donné raison au retraité Edwin Hardeman, estimant que Monsanto avait mis sur le marché un produit présentant « un défaut de conception ». Le point sur les nombreuses procédures en cours ou à venir. En août dernier, un premier procès a conclu que les herbicides de Monsanto avaient causé le lymphome non hodgkinien du jardinier Dewayne Johnson et n’avait pas suffisamment averti des risques. Le groupe de produits phyto a été d’abord condamné à verser 289 millions de dollars, une peine réduite ensuite à 78 millions.
Au terme du procès Hardeman, la condamnation s’élève à près de 81 millions de dollars. « Le verdict rendu dans ce procès n’a aucune conséquence sur les futurs procès et affaires, étant donné que chaque procès repose sur des faits et des circonstances légales qui lui sont propres », a réagi jeudi le groupe dans un communiqué. Dans les deux cas, Bayer a fait appel de la décision.
Dans son dernier rapport annuel, Bayer disait faire face, au 28 janvier dernier, à des procédures lancées par « approximativement 11 200 plaignants » exposés à des produits Monsanto à base de glyphosate aux Etats-Unis. Le groupe s’attend à faire face à d’autres procédures.

Compte-tenu de ce qui précède, je crois que la conclusion s’impose. Qu’est-ce qui permet aux juges d’aller au-delà des préconisations des agences de régulation ? Qu’est-ce qui leur permet d’affirmer la responsabilité du glyphosate dans les cancers des malheureux plaignants ? D’où tiennent-ils la compétence scientifique de trancher des débats à le place des experts ?
Oui ou non Monsanto s’est-il soumis aux législations en vigueur ? A-t-il (comme certains constructeurs automobiles…) triché sur ces tests ?
Non !
Disposait-il de données reconnues irréfutables pouvant impliquer le glyphosate dans des cancers ? Les a-t-il dissimilées ? Non !

La vérité est que Monsanto est victime d’un véritable procès de sorcières obscurantistes et rétrogrades qui lui reprochent moins le glyphosate (de nombreux pesticides dont la toxicité est bien prouvée ne suscitent pas autant de réactions…) que les cultures OGM (génétiquement modifiées)  résistantes au glyphosate, et d’avoir été un véritable précurseur dans un nouveau mode d’agriculture  qui risque fort d’être le seul à permettre de nourrir une population en augmentation. Et que certains juges, par ignorance, compassion ou lâcheté s’en sont fait les complices.

Aucune bonne justice ne peut être rendue contre les connaissances scientifiques, en l’état où elles sont. Que l’on y prenne garde ! Demain, le procès de sorcière contre Monsanto pourra s’étendre aux vaccins, aux médicaments, aux ondes électromagnétiques des linky par exemple….


vendredi 1 mars 2019

Jours de Colères- février 2019- la fête aux juppéistes


Valérie Pecresse et punir la Grande Bretagne pour le brexit ou la bêtise de la droite juppéiste

Du sang, de la sueur et des larmes. Voilà ce que souhaite aux Britanniques, coupables de vouloir quitter l'Union européenne, la présidente Les Républicains (LR) de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse. Ce mercredi 6 février, celle qui se pose en rivale de Laurent Wauquiez présentait ses vœux à son mouvement, "Libres !", en profitant pour livrer sa vision de ce que doit être le Brexit : « «Je souhaite une Europe qui ne cède pas à la pression du Royaume-Uni car quand on la quitte, cela doit être douloureux !".

Réponse dans  Le Monde, jeudi 14 février 2019, de Charles Moore, ancien rédacteur en chef du Daily Telegraph : Dans certains pays d’Europe, les referendum ne sont plus que des soupapes de sécurité. Le gouvernement fait quelques concessions, puis impose un second vote. Si cela devait se produire en Grande Bretagne, ce serait un scandale, car nous avons horreur d’être intimidés. Presque tous les jours, dans les pubs,  dans les magasins, les trains,  les églises, les cabinets médicaux, j’entends les gens dire. « ils essaient de nous empêcher de quitter ll‘Europe, mais nous avons voté pour ça ! »…

Pour la plupart des électeurs du Brexit, les évènements qui ont eu lieu depuis le référendum de 206 n’ont fait que confirmer tout le mal qu’ils pensaient de l’UE, : l’argent qui nous a été réclamé,  les tentatives pour nous faire rester, la prétention de nous dicter les règles qui prévaudraient à la frontière entre l’Irlande du nord et la République d’Irlande, ainsi qu’entre l’Ulster et le reste du Royaume-Uni. Que diraient les Français si la Grande Bretagne leur expliquait comment traiter les marchandises transitant de la Bretagne vers une autre partie du territoire. Le langage insultant de Jean-Claude Juncker, le dédain de Michel Barnier, et maintenant la relégation aux enfers par Donald Tusk ont donné raison à toutes les caricatures qui avaient été faites d’une Bruxelles toute puissante. Que l’on puisse rester après tout sonne comme une plaisanterie pour des millions d’entre nous.

Il semble désormais logique de sortir de l’Union sans accord et de s’en remettre aux règles de l’Organisation Mondiale du Commerce dans nos relations avec le continent. Nous sommes nombreux à vouloir une issue plus positive, mais nous ne voulons pas d’une paix carthaginoise. Le no-deal serait dur pour nous, mais cela a des avantages précis. Cela signifie que l’on garderait nos 39 milliards de livres, que nous serions libres de conclure nos propres accords commerciaux, et que nous saurions à quoi nous en tenir plutôt que de traverser une transition qui nous serait démuni. Il se peut que nous soyons plus pauvres à court-terme, mais nous serions libres…Nous aurions exercé la liberté qui devrait appartenir à toutes les nations européennes, de reprendre en main notre avenir. »

Alors voilà : on pourrait penser que le peuple britannique ayant démocratiquement décidé de quitter l’Union Européenne, le reste de l’Europe ferait en sorte  que les conséquences soient les meilleures ou les moins mauvaises possibles, de recherche un accord gagnant /gagnant selon le vocabulaire que la Commission comprend.

Eh bien non, et cela,  et d’autres commentaires des fonctionnaires européens éclairent bien les choses :  il s’agit bel et bien de punir.  La politique de l’UE et de la Commission, c’est qu’il devrait être interdit de quitter l’Union Européenne (l’Eurokom), sauf à souffrir beaucoup.. Et ce qu’elles qu’en soient les conséquences, en particulier pour la France ; au hasard : le Royaume Uni est le principal pays développé avec lequel notre solde commercial est positif, les zones de pêche et les intérêts respectifs des pêchers français et anglais sont inextricablement entremêlés, les ports français seront très fortement impactés ( en cas de Brexit dur, il est question de limiter le transport transmanche à Rotterdam, Anvers et Zeebrugge) ; c’est nous qui sommes les plus proches des côtes anglaises, et en cas de Brexit, c’est Calais puissance dix qui s’annonce, etc., etc.

Donc en cas de Brexit dur, la Grande Bretagne perdra, et la France perdra aussi, et ce seront les deux principaux perdants. Mais la France y perdra beaucoup plus, parce qu’elle continuera à subir les contraintes de l’Union Européenne, tandis que la Grande Bretagne s’en libèrera

Pauvres Pécresse, pauvres imbéciles de la droite libérale juppéiste, ultra droits dans leurs bottes ultra libérales…Qu’ils dégagent !

Bonne retraite avec régime spécial et complémentaire à Juppé !

Et pour finir, bonne retraite à Alain Juppé, lui si sûr d’être le meilleur de son camp et si humilié par les dernières primaires de la droite. Le voilà nommé par la grâce de Macron au Conseil Constitutionnel ( eh ben tiens, ça doit faire plaisir aux ex socialistes qui se sont tapés Juppé sous Chirac). Une petite très petite manœuvre pour diviser la droite, très ancien monde.

Donc résumons : Juppé en tant que maire de Bordeaux touchait 3 694 euros par mois  et 4935 euros par mois comme président de Bordeaux Métropole, plus quelques picaillons (3 654 euros par mois, tout de même !! d’une UMP en faillite – les militants apprécieront.)  Bon, le tout plafonné à 8 435 euros par mois car les indemnités d'un élu local sont plafonnées à cette somme, le reste distribué à sa convenance.

Au Conseil Constitutionnel, M. Juppé touchera 13 300 euros environ pour le Conseil ; ah oui, mais attention, le cumul des indemnités n’est plus plafonné ; calcul du Nouvel Obs, un journal très méchant avec les juppéistes) ; M Juppé touchera donc 3 654 de l'UMP, 6 200 de sa retraite parlementaire, et environ 13 300 euros de ses indemnités de Sage), le total s'élève à environ 23.200 euros. A 74 ans !
Pour quelqu’un qui s’indignait des privilèges extravagants des régimes exceptionnels de retraite des cheminots et autres, c’est pas mal !

Enfin, il faut bien reconnaitre que M. Juppé possède des compétences particulières qui justifient totalement sa nomination au Conseil Constitutionnel. C’est un expert en matière de financements illégaux:

Rappel  : En 1999, Alain Juppé est mis en examen pour « abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illégale d'intérêt » pour des faits commis en tant que secrétaire général du Rassemblement pour la République et maire adjoint de Paris aux finances, de 1983 à 1995. Il est considéré comme un élément clé d'un système de financement occulte d'emplois au sein du RPR financés par la mairie de Paris et des entreprises désireuses de passer des contrats publics (sa secrétaire personnelle au RPR fut elle-même rémunérée par une entreprise, le groupe immobilier Ségur, puis par la ville de Paris). Il est contraint de quitter la vie politique en 2004, la cour d'appel de Versailles l'ayant condamné à 14 mois de prison avec sursis et à un an d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts, avec des considérations asse sévères :
           
« Il est regrettable qu'au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l'occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n'ait pas appliqué à son propre parti les règles qu’il avait votées au Parlement. Il est également regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n’ait pas cru devoir assumer devant la justice l'ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés.»

On peut aussi rappeler les régimes immobiliers de faveur dont il a su profiter : ce magnifique appartement de six pièces rue Jacob dans le 6ème arrondissement de Paris pour un loyer très amical, un appartement du domaine privé de la ville de Paris, rénové aux frais du bailleur.4

Juppé et les juppéistes : qu’ils dégagent !

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mercredi 5 octobre 2016

Juppé, Grand Cerveau Malade


Ce n’est pas le but de ce blog que de traiter de sujets directement politiques, mais j’avoue que je ne peux voir sans une réelle inquiétude Alain Juppé apparaitre comme le choix favori des français…y compris maintenant d’un certain nombre d’électeurs de gauche sans doute très désorientés. Alors, quelques rappels.

Le programme d’Alain Juppé (interview journal du dimanche, 2 octobre et  Cinq ans pour l'emploi)

- réforme du contrat de travail : « réhabiliter le CDI et le rendre plus attractif pour l'entreprise», notamment en y incluant «des motifs prédéterminés de rupture » - autrement dit, le CDI sans garantie ; plus même question de prudhommes !
- généralisation de la pratique du référendum d'entreprise», qui pourrait être organisé «avec l'accord du chef d'entreprise et d'au moins un syndicat représentatif». Son résultat aurait «force obligatoire» si les négociations avec les représentants du personnel n'aboutissaient pas
libéralisation du travail du dimanche, Alain Juppé est favorable à une «libéralisation» sur la base du volontariat des salariés et d'une majoration de leur rémunération. Selon lui, les blocages survenus par exemple aux Galeries Lafayette et au Printemps relèvent «d'une vision paléolithique de notre société »
passage au trente-neuf heures… éventuellement payées trente-cinq : « laisser la liberté de négociation dans l'entreprise. Mais la loi disposera : si dans deux ans la négociation n'a pas abouti, le temps de travail hebdomadaire passera à 39 heures »
- limitation des mandats syndicaux : les élus syndicaux devront  consacrer au moins 50 % de leur activité à leur métier dans l'entreprise et  ne pourront nt pas faire plus de deux mandats consécutifs. C’est tellement mieux pour négocier dans les entreprises d’avoir des délégués peu expérimentés !
- réduire la dépense publique de 100 milliards en cinq ans, le nombre de fonctionnaires de 250.000 (où ça ?) et ramener l'impôt sur les sociétés à la moyenne européenne (en comptant l’Irlande ?)

Et il y a aura pire que le 49-3
« J'élaborerai une loi d'habilitation autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances »,

Et ce ne sont pas des promesses en l’air :
« j'ai une certaine crédibilité : dans ma vie, j'ai fait ce que j'ai dit. »

Le passé d’Alain Juppé : Alain Juppé track record !

Pour ceux qui n’ont pas oublié les grèves de 1995, les embouteillages monstres, les marches interminables sous la neige, les poubelles non ramassées et l’armée se substituant aux très partiellement aux transports en commun et même aux éboueurs (mainteant, avec tout ce qu’ils ont à faire, ce serait même impossible !)
- une bonne connaissance du système judiciaire : En 1999, Alain Juppé est mis en examen pour « abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illégale d'intérêt » pour des faits commis en tant que secrétaire général du Rassemblement pour la République et maire adjoint de Paris aux finances, de 1983 à 1995. Il est considéré comme un élément clé d'un système de financement occulte d'emplois au sein du RPR financés par la mairie de Paris et des entreprises désireuses de passer des contrats publics. Le 30 janvier 2004, il est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à 18 mois de prison avec sursis et à une peine de dix ans d'inéligibilité. Le 1er décembre 2004, la Cour d’appel réduit la condamnation à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité. «  Il est regrettable qu'au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l'occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n'ait pas appliqué à son propre parti les règles qu’il avait votées au parlement. Il est également regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n’ait pas cru devoir assumer devant la justice l'ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés »
- une connaissance approfondie des problèmes immobiliers : En juin 1995, Le Canard enchaîné publie un document interne de la ville de Paris, signé en janvier 1993 par Alain Juppé, qui donne l'ordre à ses services de diminuer le loyer de son fils Laurent, logé dans un appartement relevant des propriétés de la ville, rue Jacob. Par ailleurs, Alain Juppé est locataire, à un prix défiant toute concurrence, d’un appartement de 189 m² dans la même rue, où sont réalisés des travaux pour plusieurs millions de francs aux frais des contribuables. Il attend deux semaines avant de se justifier et refuse de s'excuser, affirmant rester « droit dans ses bottes »
- Un sens sûr de l’économie : En 1996, le Premier ministre souhaite vendre au groupe Daewoo l’entreprise publique Thomson Multimédia, officiellement « très endettée », contre un franc symbolique après sa recapitalisation par l’État, à hauteur de 11 milliards de francs. Il faut noter que Thomson Multimédias détient à cette époque les brevets et licences de la totalité des supports numériques sur disque (CD, CD-Rom, LaserDisc, DVD, disques magnéto-optiques, disquettes…) qui génèrent des royalties dans le monde entier avec l’émergence de la télévision numérique.
- Le sens du dialogue social : Les grèves de 1995 en France contre le plan Juppé de 1995 furent à leur époque les plus importantes depuis celles de Mai 68. Lors des six grandes manifestations qui ont touché toutes les grandes villes du pays, 2 millions de personnes (selon les organisations syndicales) sont descendues dans la rue.  Du 24 novembre au 15 décembre, des grèves d'ampleur ont eu lieu dans la fonction publique et le secteur privé contre le « plan Juppé » sur les retraites et la Sécurité sociale. Le mouvement social de l'automne 1995, souvent réduit à la grève des transports publics, très visible et fortement médiatisée, a concerné également les grandes administrations (La Poste, France Télécom, EDF-GDF, Éducation nationale, secteur de la santé, administration des finances, etc.). Le 12 décembre marque le point culminant du mouvement, avec deux millions de manifestants. Le 15 décembre, le gouvernement retire sa réforme sur les retraites, la fonction publique et les régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF). France.
Selon la DARES, le service des études et des statistiques du ministère du travail, le nombre des jours de grève a été de 5 millions, dont environ 4 millions de jours de grève dans la fonction publique et 1 million dans les secteurs privé et semi-public.


Alors, Alain Juppé, stop ou bis ?

jeudi 20 mars 2014

Debré et Even condamnés par le Conseil de l’Ordre


En attendant d’autres sanctions ?


En première instance, le Conseil de l’Ordre des Médecins (Conseil régional) a condamné Debré et Even à une « interdiction d’exercer la médecine pendant une durée d’un an, dont six mois avec sursis ». Les attendus mentionnent de «nombreux manquement à la déontologie » : Debré et Even ont  mis « gravement en cause la compétence et l’honnêteté de médecins, notamment allergologues et cardiologues », juge l’instance disciplinaire dans sa décision du 17 mars. Ils ont suscité chez les patients « un sentiment de défiance à l’égard de leur médecin traitant » et ont voulu donner à leur livre « un tour spectaculaire non dénué de visées commerciales ». (Le Quotidien du Médecin, 18 mars 2014)
 
Concernant des médecins retraités, la sanction n’est que symbolique, mais le symbole est tout de même important. Le problème est que le Conseil de l’Ordre ne se prononce ( mais  pouvait -il faire autrement ?) que sur la déontologie et le défaut de confraternité, et non réellement sur le manque de valeur scientifique de l’ouvrage et de ses auteurs et la mise en danger de patients interrompant leurs traitements sous l’influence de ces marchands de peur très intéressés ; ce qui peut laisser penser qu’après tout, c’est le manque de confraternité et non le mensonge intéressé qui est condamné, et que Debré et Even pouvaient avoir raison dans leurs dénonciations tous azimuth « des médecins irresponsables, des patients inconscients, des agences de surveillance incompétentes et de l'industrie pharmaceutique diabolique?" ‘(Elise Soli, Huffington Post). Cette condamnation de l’ordre devrait donc être suivi d’un rappel ferme des diverses sociétés savantes de l’ineptie et de la dangerosité de l’ouvrage ; et éventuellement de poursuites pénales pour mise en danger de la vie d’autrui.

 
La plupart des réactions s’exprimant sur le site du Quotidien du Médecin sont favorables à l’Ordre : « Quand on publie des absurdités pareilles, on peut douter sérieusement de la qualité professionnelle de ces deux confrères. Six mois d'interdiction est un minimum pour leur apprendre à réfléchir à la portée de leurs actes et aux heures que nous perdons grâce à eux à expliquer à nos patients coronaropathes la nécessité de ne pas interrompre leurs traitements ». « Leur brûlot largement médiatisé nous a obligé à essayer de reconvaincre nombre de patients sur l'utilité des traitements que nous mêmes ou nos confrères notamment cardiologues pour ne parler que des statines, prescrivons. Si ce n'est pas une attitude anti-déontologiques comment la qualifier ? » «  Les professeurs Even et Debré nous ont traité comme des apprentis sorciers ou encore comme des mauvais élèves alors que nous n'avons rien à apprendre d'eux en dehors peut être dans le domaine de leur spécialité » . « Il faudrait faire une enquête sur le nombre d'accidents cardio-vasculaires, voire de décès, survenus chez des malades ayant arrêté leur traitement de statines, paniqués par l'oeuvre, sans aucun doute rémunératrice, de ces deux messieurs ».  Plusieurs internautes appellent Even et Debré, s’ils ont encore un peu d’honnêteté et de conscience, à verser leurs royalties à  la recherche médicale.

La responsabilité des media
 

Reste qu’une part du problème vient aussi du traitement médiatique - un médecin mentionne que la plupart des patients n’ont pas lu le livre, mais que beaucoup en ont entendu parler dans les media.  Une parole prétendument iconoclaste et pamphlétaire, fut-elle absurde, mensongère et intéressée, est privilégiée face aux démonstrations argumentées et aux vérités nuancées d’experts reconnus et d’officiels. Il y a bien aussi une responsabilité et une déontologie médiatique qui doit interdire de donner le même poids au mensonge et à la diffamation, même s’il fait vendre, qu’à l’honnêteté et au savoir ;
 
 
Est-il pourtant si difficile, même à un journaliste non spécialiste, de  comprendre et d’expliquer que Debré et Even, et pour le diabète, et pour la contraception, et pour l’hypertension, et pour la dépression, et pour le cholestérol, et pour les antiinflammatoires, et pour les allergies ne peuvent avoir raison contre la communauté des spécialistes de chacune de ces aires thérapeutiques, eux qui ne sont spécialistes en rien, et, en tous cas, pas en ces domaines ?
 
 
Et pourquoi les journalistes ne rappellent-ils pas comment Even, dès 1985, déjà affamé de gloire médiatique, s’est ridiculisé et a compromis la recherche française en annonçant dans une conférence de presse la découverte d’un traitement du sida, après avoir administré de la ciclosporine ( un médicament diminuant les défenses immunitaires)  à deux patients, lesquels mourront rapidement, essai mené dans un contexte de compétition internationale pour découvrir un traitement du sida, et conduit sans respecter les règles :pas de consentement éclairé des patients, pas de consultation de la  Commission nationale d’éthique pour approuver le protocole de cet essai. (en fait, le nombre de lymphocytes  T4 des patients augmentait du fait qu'ils sont neutralisés par la ciclosporine, mais du fait même de cette neutralisation, cette augmentation n'était  d'aucun secours). Ou encore ses déclarations incendiaires contre les dangers du tabagisme passif, pourtant avérés ? Il suffit pourtant de consulter Wikipedia…et quelques experts qui ont de la mémoire.