Viv(r)e la recherche se propose de rassembler des témoignages, réflexions et propositions sur la recherche, le développement, l'innovation et la culture



Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est écologie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est écologie. Afficher tous les articles

vendredi 21 octobre 2022

Mensonge et propagande antinucléaire sur France Inter- comme d'hab : une semaine en France et le téléphone sonne , vendredi 7 octobre 2022

 Dites  France Inter, vous annoncez pendant toute la semaine une émission sur le débat public nouveau nucléaire le vendredi 7 octobre 2022

Et vlan, à 18h,  Une semaine en France, une heure complète où Hervé Kempf, militant antinucléaire exprime sa nucléophobie bigote, ses mensonges ((le nucléaire n’est pas bon pour le climat)- et joue sur tous les registres de peur sans aucun contradicteur

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/une-semaine-en-france/une-semaine-en-france-du-vendredi-07-octobre-2022-8101301

Donc la principale énergie bas-carbone de France et d'Europe n'est pas bonne pour le climat et France Inter, n’apporte aucun correctif à une contradiction flagrante des rapports du GIEC et de l'AIE...., pour commencer. Le climato-dénialisme au micro de France Inter. Vous réalisez la prouesse de violer les articles 2, 3, 6, 7 et 8 de la Charte pour un journalisme à la hauteur de l'urgence écologique, que vous avez promue & déclinée à travers votre manifeste #LeTournant.

2) Faire preuve de pédagogie ( ce qui est le contraire de relayer des proos contraires à toute vérité scientifique)

3) s’interroger sur le lexique et les images utilisées ( ce qui est le contraire de diffuser sans moufter une propagande grossière jouant ad nauseam sur les peurs )

6) Assurer la transparence ( votre invité est un antinucléaire écologiqte, il aurait été bon de le souligner et de rappeler qu’il existe, et heureusement de plus en nombreux) des écologistes pro-nucléaires

7) Révéler les stratégies pour semer le doute dans l’esprit du public. Alors là, on est en plein dedans, vous aviez une belle occasion de vous entrainer il était inconcevable d’inviter M. Kempf sans contradicteur)

8) informer sur les réponses à la crise ( et vous avez fait exactement le contraire, désinformer sur les réponses à la crise)

Et donc, pour la grande émission annoncée, le téléphone sonne avec Chantal Jouanno sur le nouveau nucléaire

Revlan, le même Hervé Kempf (qui doit coucher sur place) toujours sans aucun contradicteur puisque Chantal Jouanno ne peut par ses fonctions lui répondre sur le fond. Le procédé, usé jusqu’à la nausée, est toujours le même : vous opposez des militants antinucléaires bien entrainés et à l’expression libre à des experts ou des personnages institutionnels dont la parole est nécessairement bridée par leurs fonctions et qui ne peuvent les contredire franchement. Donc là encore dans cette émission présentée comme important, H Kempf a pu dérouler sa propagande ant-nucléaire sans contradiction

France Inter par bêtise, par idéologie ennemi du climat. Justement, ce climat systématique antinucléaire sur France Inter, ce climat ou mensonges et manipulations s’expriment sans contraintes, et dont les connaissances et la vérité scientifique sont exclues est insupportable et devrait entrainer des sanctions de l’ARCOM

Quant au fait que Chantal Jouanno n’ait pas protesté et quitté l’émission, cela remet sérieusement en cause sa capacité et sa légitimité à mener un débat sur le nucléaire, qui  a d’ailleurs déjà été mené au Parlement pour les 6 futurs EPR et qui est l’instance légitime pour décider de la future politique énergétique

jeudi 21 janvier 2021

Merci et soutien à Xavier Gorce !

 Le très doué dessinateur des Indégivrables Xavier Gorce rompt avec Le Monde après que le Monde se soit excusé de la publication d’un de ses dessins jugé choquant :  «  Ce dessin n’aurait pas dû être publié ».

Xavier Gorce : « « La liberté ne se négocie pas. Mes dessins continueront ! … Si les rédactions ne résistent pas à la pression des réseaux sociaux, que ce soit pour des raisons d’image ou par peur des campagnes de dénigrement aux implications économiques, elles peuvent être tentées de faire table rase des choses jugées incorrectes ou offensantes comme peut parfois l’être le dessin de presse. C’est ce même phénomène qui a conduit le “New York Times” à renoncer aux caricatures pour ne plus avoir à affronter de situations difficiles… »

Jean-Marc Jancovici : « Xavier Gorce, le dessinateur des indégivrables, a récemment publié un tweet dans lequel il indique qu'il ne permettra plus à Greenpeace d'utiliser gracieusement ses dessins, "étant en désaccord avec leur idéologie anti-nucléaire incompatible avec la lutte contre le réchauffement et les énergies fossiles" : 

https://lnkd.in/g5xFfaP
C'est un fait rare dans la presse qu'une personne "en vue", qui n'a objectivement rien à gagner à faire prévaloir sa conviction si cela "abîme" son image (car le public du Monde ne va pas l'applaudir, pour une large part), le fasse ainsi. 

Xavier Gorce : « Depuis des années, je permettais à @greenpeacefr  d’utiliser gracieusement dans son magazine mes dessins traitant d’écologie. J’ai décidé d’arrêter, étant en désaccord avec leur idéologie anti-nucléaire incompatible avec la lutte contre le réchauffement et les énergies fossiles »

Florilège :













Bon parfois, c’est vrai, il y a des dessins un peu moins drôles ! (un peu !)


vendredi 7 juin 2019

Interdiction des moteurs essence et Diesel avant 2040 : et une loi macroniste stupide de plus !


Décidément, depuis sa pseudo-victoire aux européennes, le macronisme se sent tout revigoré  et un peu de démagogie opportuniste et écologiste aidant fonce droit devant. Donc a été voté à l’Assemblée une loi démagogique, inapplicable, stupide, dangereuse de plus : L'interdiction des moteurs essence et diesel à partir de 2040.

Un choc social énorme pour l’industrie

Décidément, si l’écologie est à la mode, on ne voit, malgré la colère toujours présente des gilets jaunes aucune remontée des préoccupations sociales. Donc, allons-y ans le brutal pour faire réaliser l’ampleur de la chose  : d’ici à une vingtaine d’années, les constructeurs automobiles ne pourront plus commercialiser de véhicules essence ou diesel. Ces derniers représentent aujourd’hui plus de 95 % des ventes.

Les enjeux sont considérables, puisque la filière automobile représente 16 % du chiffre d’affaires de l’industrie manufacturière française, avec plus de4 000 entreprises industrielles employant quelque 440 000 salariés, et, en aval, près de 130 000 entreprises de services employant 480 000 salariés.
Tiens, pour ceux qui aiment s’amuser, un extrait du rapport  de l’Office Parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques sur l’arrêt de la commercialisation des véhicules thermiques en 2040.

« M. Gérard Longuet : je ne vois pas que le gouvernement pourrait, de gaieté de cœur, considérer un problème impactant 800 000 personnes sans leur donner le moindre espoir de s’en sortir. Quand, entant que ministre chargé de l’industrie, j’ai « fermé » les dernières mines de charbon, elles n’avaient plus que 10 000 salariés, c’était relativement facile. Pourtant, mon ministère a été vandalisé plusieurs fois. Le Conseil régional de Lorraine tout autant. Je pense qu’on ne peut pas dire à 800 000 personnes qu’on est en train de programmer leur disparition, sans certitude de pouvoir les sauver, et sans perspective de nouveaux métiers...

M. Cédric Villani, député, premier vice-président de l’Office. Pourtant, il va falloir gérer cette disparition. La question est : comment le faire ? (Il est bien gentil Cedric !) Gérard Longuet,. En tout cas, je pense qu’on ne peut pas ne pas montrer l’importance de ce choix, et les questions sans réponse à cet instant. »

En effet !

Et c’est pourtant ce qu’a fait la majorité macroniste de l’Assemblée! Plus dans le méptis et le et le je m’en foutisme social, c’est difficile

Un matraquage de plus pour les automobilistes

Ben oui, car le Diesel, même sans bénéficier de la prime au carburant, c’est toujours très économique. A preuve : Selon une étude réalisée par le groupe l'Argus, plus des deux tiers des automobilistes qui sont passés du Diesel au sans-plomb depuis trois ans sont déçus car ils trouvent que leur véhicule consomme trop !

Le rapport de l’Office Parlementaire estime à un faramineux plusieurs centaines de milliards d’euros le coûr de l’interdiction des moteurs thermiques d’ici 2040. Qui paiera ? Ben, les automobilistes et surtout ceux qui ne le peuvent pas. A l’achat, le véhicule électrique est pénalisé : à modèle équivalent, malgré les aides gouvernementales, le surcoût moyen par rapport à une voiture thermique est  proche de 50 %.

Et cerise sur le gateau !: la décision d’arrêter brutalement le diesel a un effet pervers, celui de bloquer les innombrables propriétaires actuels de diesel dans leur choix actuel ( naguère très favorisé par l’Etat).En effet, la valeur de revente de leur véhicule est de zéro !
Alors on fera comment ? Là encore, la solution macroniste figure dans le rapport de l’Office Parlementaire :

« Les pouvoirs publics devront par conséquent faire payer à la collectivité le prix nécessaire pour que la mobilité devienne sobre en termes de carbone. M. Nicolas Meillant : Un autre levier qui pourrait encourager les consommateurs à s’équiper en véhicules électriques sont les restrictions de circulation pour les véhicules les plus polluants, comme celles instaurées dans la ville de Londres. Les centres-villes vont être de plus en plus dédiés aux mobilités à faibles émissions, donc à la mobilité électrique. La mairie de Paris étudie d’ailleurs l’idée de réserver les quatre premiers arrondissements aux mobilités à faibles émissions. En Allemagne, une trentaine de ont déjà pris des mesures restrictives pour les véhicules thermiques. Par exemple, à partir de janvier 2019, les véhicules diesel ne pourront plus circuler à Stuttgart, y compris sur les rocades. À Hambourg, depuis mai 2018, tous les véhicules diesel, y compris Euro 5, soit 80 % des véhicules en circulation, ne peuvent plus emprunter l’une des rues principales de la ville. Ces mesures vont se multiplier. Quand bien même le véhicule électrique serait plus cher, il conférera à son utilisateur un avantage d’utilité, grâce à son accès aux centres-villes.

Donc, manants diéselisés, interdiction de rentrer dans les villes ! Macronistes, vous voulez vraiment remplir les ronds points !

Un choix très contestable pour l’écologie

Si j’ai un moteur (le Diesel) qui consomme 30% de moins que so concurrent, si l’on effectue le traitement nécessaire à la sortie des gaz, il doit polluer 30% de moins. En tous les cas, pour le CO2 dont on nous rabat les oreilles, c’est incontestable ! Du point de vue climatique le Diesel est plus intéressant que l’essence !

Le remplacement par la voiture électrique ? Encore faut-il calculer l’analyse des émissions de CO2 tout au long de son cycle de vie, et non plus seulement en utilisation, comme actuellement. Et surtout ceci : ça dépend fortement comment l’électricité est produite ! A partir de lignite ou de carbone, c’est catastrophique ( et les allemands se fichent vraiment du monde) ; à partir de gaz ? Ben, à ce moment, il vaut beaucoup mieux des véhicules GPL ! La France est privilégiée de ce point de vue en raison de ses 75% de production électrique nucléaire. Mais alors il faut en tirer la conclusion : vouloir à la fois pousser le véhicule électrique et réduire le nucléaire est absurde au regard de l’objectif bas carbone.

Néfaste pour le climat, l’interdiction des moteurs essence et Diesel avant 2040 est –elle favorable à la santé publique ? La situation n’est pas la même dans les villes et les campagnes ; de plus, avec les nouvelles normes Euro 6, le Diesel, compte-tenu du fait répétons-le qu’il consomme 30% de moins de carburant, n’émet maintenant pas plus de particules que les moteurs à essence (en particulier, les rejets de NOx ont été divisés par deux).

Reste que la découverte chez Volkswagen de dispositifs destinés à fausser spécifiquement les résultats lors des test destinés à vérifier le respect des normes a porté un coup terrible au Diesel. Que l’on punisse sévèrement le (ou les)  tricheurs, et surtout que les Allemands se montrent un peu plus modestes sur une Deutsche Qualität de plus en plus mythique) ; mais il serait irresponsable de liquider tout un secteur qui n’est pas dépourvu d’intérêt pour la mobilité et pour l’environnement à ce prétexte.

Une loi en contradiction avec les recommandations de l’OPECST

Constatant le coût faramineux de  cette mesure d'interdiction des moteurs essence et diesel à partir de 2040, le rapport parlementaire invitait à éviter des choix précipités et néfastes et surtout à respecter la neutralité technologique :

« les rapporteurs estiment qu’il faut réaffirmer le principe de neutralité technologique, garant de la liberté des industriels de trouver les meilleures solutions, et de celle de leurs clients, d’adopter celles qui répondent le mieux à leurs besoins. À cet égard, le moteur thermique continuera à jouer un rôle, dans une période de transition, au côté des véhicules électriques à batterie, par exemple dans les véhicules hybrides rechargeables. Alimenté en bioGaz ou même GPL, le moteur thermique peut d’ailleurs être plus vertueux. La neutralité technologique permet aussi une transition plus progressive limitant les impacts sur le tissu industriel et les emplois. »

Eh ben, les députés macronistes ont fait tout le contraire ! Et leur amateurisme, et leur irresponsabilité sont telles qu’on ne sait même pas si l’interdiction qu’ils ont votée concernera les moteurs hybrides ou fonctionnant au bio-gaz !!  Si c’est le cas, cela va à l’encontre de l’évaluation pourtant déjà « audacieuse » de l’OPECST… et cela rend leur loi de toute façon inapplicable ! Une loi de papier de plus !

Le Diesel bashing. Quid de la mortalité ?

 « Le diesel-bashing repose sur une mauvaise appréciation des résultats scientifiques et condamne un secteur d’activités, non pas à cause de l’évolution naturelle de la société, ce qui conduit, en général, à une lente décroissance des productions, mais à cause d’une idéologie instrumentant les peurs »
voir là-dessus une série d’articles très intéressants et passionnés de M. Le Floc-Prigent, notamment http://loikleflochprigent.com/?p=321, http://loikleflochprigent.com/?p=865

En résumé :

Le chiffre de 48.000 morts par an dus au Diesel a été lancé par Jean-Vincent Placé, Delphine Batho et Cécile Duflot, repris par de nombreux media sans critiques et par Emmanuel Macron lui-même (Tinens, où en est la loi sur les Fake news ?).  

Aucune étude n’en apporte la preuve. La réalité semble même être complètement différente.

Même le journal Le Monde, en 2013, avait dénoncé l’usage abusif de ce bilan, martelé sur les ondes.
Ce chiffre est issu d’une manipulation d’étude de la Commission européenne sur la pollution atmosphérique. Il s’agissait en réalité de l’ensemble des morts prématurés dues à la pollution, et de plus estimée d’une manière, comment dire, assez cavalière. Commentaire « Quand sur un certificat de décès il est indiqué tuberculose comme cause de la mort, on sait à quoi s'en tenir. Quand on lit affection respiratoire chronique, aggravée par le tabagisme ou d'autres facteurs, c'est beaucoup plus difficile d'évaluer le rôle de la pollution atmosphérique, a fortiori le rôle éventuel du diesel. Les chiffres que nous avons sont des estimations entourées d'incertitudes." (Agnès Lefranc, adjointe à la direction santé et environnement de l'Institut de Veille sanitaire (INVS).

Au même moment, un article paru dans Nature a proposé un chiffrage  des décès dus aux PM 2,5 et aux NOx à 38 000/an dans le monde, dont 28 000 dans l’Union Européenne… C’est pas 48 000 pour la France seule !

En 2011, une enquête auprès de 9 villes de France (sur un total de 25 villes européennes) s’est penchée sur les effets de la pollution atmosphérique urbaine. Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse (soit 12 millions d’habitants) ont contribué à ce projet baptisé Aphekom. Les résultats ont été publiés en 2012. Résultat : L’espérance de vie à 30 ans pourrait augmenter de 3,6 à 7,5 mois selon la ville, ce qui équivaut à différer près de 3 000 décès par an, si les concentrations moyennes annuelles de PM2,5 respectaient la valeur guide de l’OMS (10 µg/m3). (NB accidents domestiques 20000 morts par ans en France)

Ajoutons à cela que l’on mélange joyeusement mortalité, mortalité prématurée , mortalité évitable, qui sont des concepts statistiques  assez délicats d’interprétation (La mortalité prématurée est l’ensemble des décès survenus avant 65 ans. La mortalité évitable est définie à partir d’une répartition en trois composantes : causes de décès liées aux comportements à risque, causes de décès liées au système de soins et autres causes de décès. )

Oui, il  y a bien eu dans les campagnes contre le Diesel ce mélange maintenant systématique d’ignorance scientifique, de haine de la technique, de refus de la rationalité et de manipulation des peurs !


Résultat de recherche d'images pour "Diesel essence interdiction"

dimanche 14 avril 2019

Nucléaire contre éolien : le plus écologiste n’est pas celui qu’on croit !


Nucléaire contre éolien : un Parlement imbécile

Attention, dans ce blog, un ton assez inhabituel pour cause de  pétage de plomb du principal rédacteur :

Le Parlement européen s’est exprimé sur une proposition de classification des actifs durables, et a choisi d’empêcher l’énergie nucléaire d’obtenir le sceau d’approbation écologique des marchés financiers. En s’exprimant sur la classification des actifs durables, le Parlement européen vient d’exclure l’énergie nucléaire, les combustibles fossiles et l’infrastructure gazière de la taxonomie du financement vert proposée par l’UE.

Imbéciles, ! idiots ! bigots ! Ignorant ! Pn, quand est-ce qu’on se casse de ce merdier ?

Cela veut dire : nous abandonnons tout espoir  d’agir contre le réchauffement climatique.

On ne peut pas se dire écologiste et ne pas être en faveur du développement de l’énergie nucléaire. C’est scientifiquement infondé, ce doit être politiquement discrédité.

Le nucléaire, énergie totalement décarbonnée, est la seule source d’énergie qui nous permettrait d’éviter le réchauffement/dérèglement  climatique. Sa part en France ne doit pas diminuer, sa part mondiale doit augmenter considérablement. Heureusement, la Chine y œuvre ! Efficacement !

Bon, on verra ce qu’il adviendra quand ce parlement failli sera remplacé ! D’autant que cette position est en contradiction avec celle adoptée en 2018 par la Commission européenne  qui a ainsi défini  sa vision stratégique à long terme « afin de parvenir à une économie prospère, moderne, compétitive et neutre pour le climat d'ici à 2050 – Une planète propre pour tous » :

La Commission se donne l’objectif d’un avenir neutre pour le climat couvrant l’ensemble des politiques de l'UE. Elle s'inscrit clairement dans la droite ligne de l'objectif de l'accord de Paris visant à maintenir l'accroissement de la température bien en deçà de 2°C et de poursuivre les efforts pour la contenir à 1,5°C. « Pour que l'UE puisse mener le monde vers la neutralité climatique, cette neutralité doit être atteinte d'ici à 2050 ». S’agissant du nucléaire, la Commission européenne confirme que cette énergie, avec les énergies renouvelables, constituerait l'épine dorsale d'un système énergétique européen sans carbone. Chaque État membre étant libre de choisir son propre bouquet énergétique, la Commission souligne que le nucléaire peut contribuer à la sécurité de l'approvisionnement en énergie, à la compétitivité et à une production d'électricité plus propre.

L’UE reconnait ainsi le nucléaire comme une source d'électricité à faible émission de carbone, et en capacité de réduire la dépendance de l'Europe vis-à-vis des importations d’énergies fossiles et d'assurer sa sécurité d'approvisionnement.

Les métaux rares, le visage sale des technologies « vertes » : « La plus fantastique opération de “greenwashing” de l’histoire »
La transition énergétique vers les « technologies vertes » dépend de l’exploitation de matériaux indispensables au fonctionnement des éoliennes, panneaux solaires ou autres batteries électriques. Dans « La guerre des métaux rares » (Les liens qui libèrent) le journaliste Guillaume Pitron révèle l’envers de cette  révolution  et il qualifie la promotion du solaire et de l’éolien de « plus fantastique opération de “greenwashing” de l’histoire ». Extraits :

L’industrialisation d’une voiture électrique consomme trois à quatre fois plus d’énergie que celle d’un véhicule conventionnel et sur l’ensemble d’un cycle de vie, leurs consommations énergétiques sont globalement proches. La fabrication d’une puce électronique de deux grammes implique le rejet de deux kilos de matériaux. Un courriel avec une pièce jointe consomme autant d’électricité qu’une ampoule basse consommation de forte puissance pendant une heure. « La prétendue marche heureuse vers l’âge de la dématérialisation n’est donc qu’une vaste tromperie, puisqu’elle génère, en réalité, un impact physique toujours plus considérable.

Le double dumping, social et environnemental, pratiqué par la Chine lui a permis de réduire considérablement ses prix de revient de production des métaux rares. Ce qui a poussé l’Occident à délocaliser sa pollution : le monde s’est organisé entre « ceux qui sont sales et ceux qui font semblant d’être propres ». « Dissimuler en Chine l’origine douteuse des métaux a permis de décerner aux technologies vertes et numériques un certificat de bonne réputation. C’est certainement la plus fantastique opération de greenwashing de l’histoire »

« il faut purifier huit tonnes et demie de roche pour produire un kilo de vanadium, seize tonnes pour un kilo de cérium, cinquante tonnes pour un kilo de gallium ». Pour extraire ces métaux rares, il faut donc des centrales électriques qui permettent d’exploiter une mine, de raffiner les minerais, mais il faut aussi les expédier vers des centres de production.

« Une mine, c’est un véritable choc visuel, un derrick à côté ce n’est rien. Nous avons pu approcher des mines en Chine et des lacs de rejets d'effluents toxiques d'usines de raffinage en Mongolie. C’est l’enfer de Dante. Tout est pollué là-bas, les sols, les airs, les nappes phréatiques. Les eaux chargées en métaux lourds sont déversées dans des lacs artificiels qui débordent régulièrement et polluent les fleuves, tels que le Fleuve jaune. Dans la région de Baotou, capitale mondiale des terres rares, on parle de villages des cancers. D’un bout à l’autre de la chaîne de production de métaux rares, quasiment rien n’y a été fait selon les standards écologiques et sanitaires les plus élémentaires ». Les ouvriers travaillent au bords de rivières d’acides sulfuriques concentrés pratiquement sans protections.

L’enquête de Guillaume Pitron l’emmène dans un village du nord-est de la Chine où 90 % des habitants ont dû quitter leurs terres. La raison de cet exode ? Des rizières devenues infertiles à cause des rejets de produits chimiques utilisés pour purifier les minerais. Loin de prévenir la pollution des sols, les autorités locales se contentent de dédommager les villageois pour leur départ. Avec une somme « qui ne satisfait pas les agriculteurs car le prix des appartements en ville reste largement prohibitif ». Les rivières et les fleuves connaissent le même sort que les sols. Les stations d’épuration sont quasi inexistantes dans l’Empire du milieu, or il faut 200 m3 d’eau pour purifier une tonne de terres rares. Faisant une halte à Weikuand Dam, non loin de la ville de Baotou, en Chine du nord, G. Pitron décrit « des dizaines de boyaux métalliques qui vomissent des torrents d’eau noirâtre »

De même en République démocratique du Congo, qui satisfait plus de la moitié des besoins de la population mondiale en cobalt. Là, l’auteur rapporte des études réalisées par des médecins congolais : dans les urines de populations riveraines des mines de Lubumbashi, on retrouve une concentration en cobalt jusqu’à 43 fois supérieure à la moyenne.

Une spécialiste chinoise de la question, Vivian Wu, résume la situation : « Le peuple chinois a sacrifié son environnement pour nourrir la planète entière avec des terres rares ».

Pourquoi l’a-t-il fait ? J’ai déjà traité ce sujet dans Terres rares , une hégémonie chinoise ?. (https://vivrelarecherche.blogspot.com/2013/05/terres-rares-lhegemonie-chinoise.html) C’est le résultat d’une stratégie de très long terme mise en place par Deng Xiaoping : «  Le Moyen Orient a le pétrole, la Chine a les terres rares » qui vise à placer la Chine en situation de quasi-monopole en matière de production de métaux rares – stratégie qui a réussi au-delà même de leurs espérances.  Guillaume Pitron dessine un scénario où le déni de la rareté de ces ressources, le manque d’infrastructures minières, le défi du taux de retour énergétique (c’est-à-dire le ratio entre l’énergie nécessaire à la production des métaux et celle que leur utilisation va générer) pourraient bloquer la plupart des pays dans leur transition énergétique et numérique. La Chine cherche à étendre son monopole au contrôle planétaire de la production de métaux rares en organisant l’instabilité des cours pour empêcher le développement de mines concurrentes. Elle pourrait ainsi devenir l’un des rares pays à être capable de soutenir sa transition énergétique et numérique.

Cette face caché des énergies  dites vertes (chez nous, pas chez les autres !) constitue donc un défi majeur, d’ abord un défi écologique, ensuite un défi géostratégique. Guillaume Pitron souligne l’incohérence des ONG écologistes qui dénoncent les conséquences, minières notamment, de la transition qu’elles promeuvent. Il plaide pour la réouverture de mines en France,  se faisant l’avocat d’une « mine responsable chez nous » qui vaudra toujours mieux qu’une « mine irresponsable ailleurs »…

Tiens, d’ailleurs, ça vaudra le coup d’y revenir à propos de Gardanne et d’Alteo…



mardi 19 mars 2019

Pourquoi détester l’Eurokom ? Carlos Tavares et la politique automobile européenne

Le diktat de l’Europe -  Ces questions sont traitées avec une légèreté et un amateurisme atterrants

Interview au Figaro du 3 mars 2019: extraits :

Carlos Tavares fustige le diktat de l’Europe, la décision du Parlement de Strasbourg de réduire de 40% les émissions de CO2 quand les constructeurs plaidaient pour 20%. Compte-tenu des amendes prévues, les entreprises seront confrontées à un enjeu vital, donc elles le feront. Mais cela implique un changement de cap total pour nos sociétés pour lequel les responsables politique ne les préparent nullement…

Depuis deux mois, l’industrie automobile européenne a annoncé la suppression de plus de 20.000 postes. La volonté d’imposer la correction de trajectoire de l’industrie a parfaitement  réussi. Veut-on aller plus loin encore ? Très bien, les entreprises s’adapteront. Mais cela met en risque les treize millions de personnes qui travaillent dans notre industrie et cela déstabilisera nos sociétés européennes.

Comment débattre quand on n’est pas écouté ? Nous sommes enfermés par cette surdité. Je peux en témoigner comme président de l’ACEA, associations européennes des constructeurs automobiles ; la Commission Européenne n’a jamais donné le moindre signe de vouloir engager une discussion constructive. L’Union européenne nous a totalement ignoré : elle était y elle-même ulcéré par l’affront de la tricherie d’un constructeur, ce qui l’a conduite à faire l’amalgame avec tout le secteur. Le vote du Parlement est un vote contre toute l’industrie européenne. Si être prémonitoire, c‘est faire du chantage, alors ne disons-rien et attendons que les choses se produisent.
La société a décidé de tuer le diesel. Passons à autre chose. Mais le problème, c’est que les émissions de CO2 augmentent. Donc, on nous dit de passer à l’électrification. Très bien ? Mais comment nos concitoyens pourront-ils disposer dans des conditions économiques raisonnables d’une pleine liberté de mouvement ? Ces questions sont traitées avec une légèreté et un amateurisme atterrants.

L’électrification n’est-elle pas la solution ? Je ne dis pas cela. Mais je ne voudrais pas que dans vingt ans mes petits-enfants me disent : papy, quand vous avez décidé le tout électrique, vous n’avez pas tout bien regardé ! » Il faut une vision à 360 degrés. Nous avons besoin d’un pilotage stratégique. Les constructeurs ont les produits. Mais il faut penser à la production de l’énergie propre qui propulsera les véhicules, l’empreinte carbone de la production et du recyclage des batteries, les conditions d’extraction des terres rares qu’elles contiennent, le dimensionnement du réseau de chargement, le devenir des 414 milliards de recettes fiscales en Europe sur les carburants, le financement… Comment les Etats, exsangues, au bout de leurs capacités d’endettement, de déficit et de pression fiscale, trouveront-ils l’argent pour financer les réseaux de chargement ? Je constate que l’automobile est en position de  fusible entre les ministères de l’industrie et de l’Environnement ? Il y a treize millions de salariés qui sont les otages de ce débat de société. Cela mérite au minimum une approche professionnelle et scientifique de la question posée.

Vous êtes sévère sur le pilotage stratégique ! Mais, pour le coup, la question de la production des batteries est posée ? Participerez-vous au projet d’ Airbus des batteries ? Je salue l’initiative de la France et de l’Allemagne. De grands acteurs comme Bosch, ont regardé le dossier et considéré que ce n’était pas rentable. Nous avons étudié le sujet. Le capital initial est colossal. Ce projet n‘est possible que s’il est considéré comme hautement stratégique et qu’à ce titre, il ne soit pas étouffé par les règles qui contraignent les aides d’Etat. L’Union européenne sera-t-elle capable de s’élever à ce niveau de vision stratégique, au-delà des simples règles de concurrence intracommunataires ? Sera-t-elle capable de se débarrasser de son carcan technocratique pour permettre que l’on localise l’industrie de la batterie vers l’Europe ? Bref pouvons-nous faire confiance à l’Europe ?

La décision sur Alsthom Siemens peut nous rendre soit pessimiste, soit optimiste, si elle sert d’électrochoc. Mais il faut faire vite. Nous avons des échéances pour 2020, pour 2025, pour 2030. A ces dates, si les constructeurs ne vendent pas assez de voitures électriques, ils seront ruinés par des amendes. Dans le monde réel, nous chefs d’entreprises, devons prendre des décisions et réserver des volumes de batteries auprès de fournisseurs asiatiques qui nous voient arriver avec un grand sourire, pendant que la paperasserie européenne suit son cours. Ils sont ravis de cette contrainte qui pèse sur nous, et leur permet de négocier de bons prix.

La décision du parlement européen est tout simplement en train d’obliger le secteur automobile européen à exporter 40% de la valeur des automobiles vers l’Asie . Est-ce pour cela que les citoyens européens ont voté ? Les élus qui ont pris des décisions jusqu’au-boutistes avaient-ils ce mandat-là ?

« Le monde est fou. Le fait que les autorités nous ordonnent d’aller dans une direction technologique, celle du véhicule électrique, est un gros tournant. Je ne voudrais pas que dans 30 ans on découvre quelque chose qui n’est pas aussi beau que ça en a l’air, sur le recyclage des batteries, l’utilisation des matières rares de la planète, sur les émissions électromagnétiques de la batterie en situation de recharge ? ». Je m’inquiète en tant que citoyen, parce qu’en tant que constructeur automobile, je ne suis pas audible. Toute cette agitation, tout ce chaos, va se retourner contre nous parce que nous aurons pris de mauvaises décisions dans des contextes émotionnels. »

Un peu de techniques : la voiture électrique est-elle écologique ? Ben, pas tellement !

Note de l’Ademe de 2013 : La fabrication des batteries est tellement émettrice de CO² qu’il faut avoir parcouru de 50 000 à 100 000 km en voiture électrique pour commencer à être moins producteur de CO² qu’une voiture thermique. Soit 15 à 30 km par jour, 365 jours par an, pendant 10 ans !

Bon, les chiffres sont déjà assez anciens, ils se sont peut-être améliorés, mais les ordres de grandeur restent les mêmes. Sachant que ces voitures servent essentiellement à des trajets courts, il est probable que le kilométrage nécessaire pour s’estimer « vertueux » ne sera jamais atteint. De plus, tout le CO² émis par une voiture électrique est envoyé dans l’atmosphère avant même que ne soit parcouru le moindre kilomètre, alors qu'il est partout prétendu que la voiture électrique n’émet pas de particules fines. Mais, comme le signale le magazine Science et Vie (janvier 2015), « les pneus, les freins et l’usure des routes émettent presque autant de microparticules que le diésel ». Alors, la voiture électrique émet certes moins de particules que la voiture thermique, puisqu'elle ne dispose pas d’un pot d’échappement, mais elle possède bien des freins, des pneus, et roule sur le goudron !

Au final, on peut avoir de sérieux doutes sur le caractère écologique de  la voiture électrique. Or, l’argent public consacré à son développement est considérable. Un compte rapide :  

Le gouvernement a lancé un plan d’installation de 7 millions de bornes de rechargement à environ 10 000 euros pièce, soit un cout d’environ 70 milliards d’euros. Il est d’ailleurs poignant de voir les élus de petites communes, croyant faire un geste pour l’environnement, casser la tirelire municipale pour s’offrir une borne ;

Le bonus «écologique» à l’achat d’une voiture électrique dépasse 10 000 €par véhicule, souvent complété par une prime de la région. La quasi-totalité des acheteurs sont des ménages aisés, car ces véhicules sont très chers : une fois de plus, l’argent de tous est offert aux plus privilégiés. (cf. Stephane Lhomme, Directeur de l’Observatoire du nucléaire, pour qui  la promotion de la voiture électrique cache en en fait la défense et la promotion du nucléaire).

Tiens, et autre chose en passant : il n’y a pas que l’automobile. En considérant la taille des moteurs et la qualité du carburant utilisé, les 40 plus gros navires-cargos du monde polluent autant que l’ensemble des 760 millions d’automobiles de la planète. Et Ces 40 navires font partie d’une flottille de 3.500, auxquels il faut ajouter les 17.500 tankers qui composent l’ensemble des 100.000 navires qui sillonnent les mers…

Tiens, une dernière citation de Carlos Tavares : Ce magnifique instrument de liberté qu’est l’automobile… Elle permet à nos concitoyens une liberté de mouvement  sans égale.

Ca va être dur de s'en passer....

Les manifestations pour le climat

Prenons les manifestations pour le climat ; si consensuelles tant qu’on ne parle pas de solutions concrètes, pratiques et acceptables. Prenons les propos de l’ égérie suédoise Greta Thunberg, partie en train à Davos (ça prend du temps, mais il faut reconnaître que c’est cohérent ): «   Je ne veux pas de votre espoir. Je veux que vous paniquiez, que vous ressentiez la peur que je ressens tous les jours et que vous agissiez. »

Eh bien non, justement. La panique, c’est un très mauvais plan, et le plus sûr moyen de faire n’importe quoi, comme de décréter des objectifs absurdes et démagogiques  sans souci de leur faisabilité technique et de leur soutenabilité sociale- juste comme l’a fait le Parlement Européen, comme le dénonce très courageusement Carlos Tavares.

Il  justement  temps  de quitter le mode panique , qui semble se développer dangereusement, pour revenir en mode technique. Ce qui se passe n'est pas très étonnant. Certains penseurs écologistes, adversaires idéologiques du progrès, l'ont théorisé : la peur est pour eux le seul moyen qui permettra d'imposer les changements radicaux de comportement qu'ils pensent nécessaires pour sauver l'humanité. Une posture dangereuse d'autant qu’ils sont aussi prêt à balancer par dessus bord rationalité technique, démocratie, problèmes sociaux et finalement toute une partie de l’humanité qui ne mériterait pas d'être sauvée.

Nous avons connu les épisodes tragiques des gardes rouges, il ne faudrait pas que l’appel à la panique et à la peur de l’apocalypse engendre des gardes verts. Or, déjà, les attaques de boucherie et d’agriculteurs au travail se développent….

Résultat de recherche d'images pour "voiture électrique CO2"