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vendredi 9 août 2019

Réforme des retraites- les cadres encore sacrifiés –vers l’explosion


Après la réforme de l’indemnisation du  chômage, particulièrement injuste pour les cadres,  avec une  dégressivité de 30% après 6 mois pour tout salaire initial supérieur à 4500 € brut et un taux d’indemnisation qui  passera donc de 57% à 39,9 % !, une dégressivité injuste, inefficace, aux effets ravageurs pour les cadres seniors …


Pétition unitaire CFE-CGC et CGT pour protester contre la dégressivité de l’indemnisation chômage des cadres. Signer  vite et nombreux, SVP) :

Voici maintenant la réforme des retraites ! Et c’est pas mieux !!

A combien le point ? Quel niveau pour la retraite ? Une loterie d’Etat !

Dans les éléments de langage macroniens, c’est un système universel, plus juste et plus lisible puisque, slogan inlassablement répété, pour tout le monde,  « un euro cotisé ouvrira les mêmes droits à retraite pour tous ». Toutes les générations nées à partir de 1963 seront concernées ; dès 2025, elles devront avoir en pratique avoir  cotisé 172 trimestres. Elles vont donc subir une double peine : l’allongement de la durée de cotisation requise qui les obligera à reporter leur départ au-delà de 62 ans , la bascule dans le futur système à points

Lisible ? Ben pas vraiment ! Et en tous cas, pas du tout transparent ! Ce système par point ne permet d’évaluer la pension qu’à la veille de la retraite car la valeur du point est modifiée chaque année. Benoitement présentée, il s’agit en fait d’une réforme systémique qui induit une rupture majeure : alors qu’aujourd’hui les salariés ont une garantie de maintien de leur niveau de vie avec des pensions qui représentent en moyenne 61 % du salaire moyen, le montant de leur pension dans le nouveau système ne sera défini qu’au moment du départ en retraite, en fonction de l’espérance de vie et de la situation économique : la loterie ( selon la CGT, qui présente plusieurs dossiers et un calculateur assez bien fait

Enfin, une loterie avec toujours les mêmes perdants ! La preuve qu’il y a un loup, un énorme loup là-dessus, c’est que M. Delevoye, dans les présentations qu’il a fait, avec les masses de chiffre qu’il donne, à aucun moment il ne donne la moindre indication sur le taux de remplacement ( la retraite, combien en % du salaire, même pas une estimation.

Or, la Suède l’a déjà expérimenté : le basculement d’un système « à prestations définies » avec garantie du niveau de pension, à un régime « à cotisation définies » avec blocage des ressources s’est traduit par une baisse de 10 % des pensions en seulement 4 ans !

Et il y a la retraite au moment où vous partez, et ce qu’elle devient ensuite. Là-dessus, on peut juger le gouvernement actuel non pas à ses intentions, mais à ce qu’il a déjà fait : l’annonce, pour 2019 et 2020, de la désindexation des pensions par rapport au coût de la vie, est un signal très clair… et très mauvais pour les futurs retraités !

En fait ce système par point représente le summum de ce que Alain Supiot appelle la gouvernance par les nombres qui se substitue à la gouvernance par les hommes – et c’est pas forcément un progrès !  L’évolution du point est pilotée par un certain nombre d’indicateurs économiques, et, en cas de crise, le point et les pensions peuvent baisser, et même fortement. Plus de lisibilité, plus de prévisibilité ! De cette manière-là, les conflits d’intérêt, les conflits politiques, de classe, si l’on veut, qui sont pourtant tout à fait légitimes, se trouvent niés et complètement masqués sous une apparence technocratique qui se substitue à la démocratie basée sur la libre discussion des désirs, des intérêts et des opinions. Plus de discussions jusqu’au petit matin entre partenaires sociaux, plus de grain à moudre, ou pas, plus de grèves et de manifestations, l’algorithme, garanti par l’Etat et l’Etat seul décide.

Nous sommes là dans la  continuation obstinée, planifiée et même revendiquée de ce qui a été fait pour l’indemnisation du chômage : l’éviction totale des partenaires sociaux, et singulièrement des syndicats, qui, comme Macron l’avait annoncé, n’ont aucune vocation à représenter l’intérêt général !

Un jugement particulièrement éclairé et éclairant : « Le système par point permet une chose qu’aucun homme politique n’avoue… Ca permet de baisser chaque année le montant des points, la valeur des points et donc de diminuer le niveau des pensions. »… François Fillon !


Les cadres spécialement matraqués

Plusieurs dispositions vont plus spécialement et sérieusement impacter les retraites des cadres.

Plafonnement de la cotisation : Jusqu'à présent, les cadres cotisaient obligatoirement (et beaucoup) pour la (et leur employeur avec eux). Or, le nouveau projet la limitation à 3 plafonds de la Sécurité sociale des salaires pris en compte, contre 8 actuellement.
Cela veut dire pratiquement que, comme pour l’assurance chômage, il n’y a plus une assurance qui assure à chacun, moyennant le niveau de cotisation approprié, un niveau de remplacement correct à la retraite, mais une prestation minimale qui devra être largement complétée par  une assurance individuelle.

Années de références : Avec la prise en compte de l’ensemble de la carrière au lieu des 25 meilleures années dans le privé ou des 6 derniers mois dans le public, celles et ceux qui ont eu des carrières ascendantes seront particulièrement perdant ! Merci pour l’investissement au travail et la promotion professionnelle !

Age de la retraite. Là, c’est la grande farce ! La réforme garantit, soi-disant, un droit à la retraite à 62 ans ; sauf que le gouvernement  ne cache d’ailleurs plus désormais que son objectif est de reculer l’âge réel de départ à la retraite à 64 ans puis à 65 ans. Donc malus il y aura, avant 64 ans dans un premier temps.
Mais attention, le fait de garder de manière tout à fait hypocrite 62 ans comme référence risque d’avoir des conséquences graves pour les cadres âgés. La question est de savoir si Pôle emploi va continuer à indemniser tous les chômeurs jusqu’au nouvel âge du taux plein – et dans l’affirmative à quelles conditions - prenant à sa charge le relèvement déguisé de l’âge de la retraite ou s’il va arrêter de les indemniser dès 62 ans, quel que soit leur durée d’assurance, puisque cette notion disparaît dans le futur régime. Mais s’ils se retrouvent sans allocations chômage, et sont contraints de demander la liquidation de leur retraite à 62 ans, ils subiront automatiquement la nouvelle décote. Et là, ça fera mal.

Tous les futurs retraités n’ont pas forcément le choix de décaler la date de leur départ en retraite. Réaction de la CFE-CCG : « les propositions du haut-commissaire visent à repousser l’âge de départ à la retraite, sans considération du taux d’emploi des seniors, ni de l’accroissement du chômage qui en découle. Une approche étriquée avec, au bout, une régression sociale. »

Les pensions de réversion : L’enjeu est de taille: les pensions de réversion pèsent environ 36 milliards d’euros, soit 12% des dépenses totales de retraite. Elles s’élèvent en moyenne à 304 euros mensuels pour les hommes et 642 euros pour les femmes. Pour ces dernières, cela représente presque la moitié du montant de la retraite moyenne ! Comme souvent, il y a eu une intense préparation médiatique de la part de LREM depuis un an, avec des propositions de suppression totale. Comme ça, quoi qu’il arrive, ça ne pourra pas être pire !     
Donc elles ne seront pas supprimées… mais on n’en sait pas plus.  La CFE-CGC, méfiante, demande qu’elle s’applique  sans conditions de ressources, et permette de maintenir le niveau de vie qu’avait le couple.

Hold-up sur les réserves de l’Agirc Arco et des régimes spéciaux : Depuis très longtemps, assaut de démagogie sur les régimes spéciaux de la part de LREM, avec la tactique habituelle de dénoncer des privilégiés.
Or, la plupart de ces régimes sont bien gérés et disposent d’importantes réserves. Ainsi, syndicats et patronat gèrent paritairement le régime de retraite complémentaire des salariés du privé, l'Agirc-Arrco, qui dispose des  plus grosses réserves de tous les régimes  : en 2016, 70,8 milliards sur les 118 milliards d'euros de l'ensemble des régimes complémentaires obligatoires du pays (5,3 % du PIB). Les partenaires sociaux ont eu à coeur de pérenniser leur régime, et ont conclu plus de dix accords de redressement des comptes par le passé pour garantir un haut niveau de réserves. Le dernier (2019) a déjà entraîné le recul d’un an de l’âge de la retraite à taux plein sous peine de malus.

Or, le Haut-Commissariat et le gouvernement se verraient bien récupérer ces réserves pour compenser le déficit du régime général. Ainsi, l'Etat employeur pourrait être contraint de « doter » ses 5 millions de fonctionnaires en déposant 20 milliards d'euros dans la corbeille de mariage des régimes de retraite…
S'ils récupèrent toutes les réserves, nous attaquerons en justice en plaidant l'égalité des droits », menace Philippe Pihet, le négociateur Force ouvrière. Pour le syndicat, mettre au pot commun les 70 milliards de l'Agirc-Arrco reviendrait à spolier certains assurés, puisque les engagements du régime ne seront pas tous couverts par le futur régime universel. Le patronat aussi regimbe :  le négociateur du Medef Claude Tendil a déclaré  précédemment que « les efforts consentis par les entreprises et les salariés du privé au sein de l'Agirc-Arrco ne doivent pas bénéficier au laxisme d'autres régimes ».

Et aussi les pilotes d’avion, les avocats, les policiers, les chirurgiens-dentistes ont réagi au quart de tour devant ces menaces et n’ont pas l’intention de se laisser piller par M. Delevoye et Macron. Ça promet !!

Les régimes spéciaux : En ce qui concerne les âges et conditions de départ à la retraite, les régimes spéciaux ont déjà beaucoup évolué. Alors, le gouvernement prétend instaurer un régime plus juste, on peut se demander pourquoi cela se fait toujours dans le sens d’un alignement général vers le bas plutôt que vers le haut. (Ou version morale politique élémentaire : quand ils s’en sont pris aux « privilèges » de la RATP, je n’ai pas bougé ; à ceux de la SNCF, je n’ai pas bougé non plus ; à ceux d’EDF, je n’ai toujours pas bougé ; et quand ils s’en sont pris aux miens, il n’ y avait plus personne…)

Ces régimes spéciaux sont le résultat de longues luttes syndicales pour obtenir une juste compensation de certaines servitudes. La justice consiste-telle à tous les supprimer, à mettre tout le monde sur le même plan ? Bien sûr que non ! Le gouvernement l’à déjà reconnu pour les métiers régaliens (policiers, douaniers, pompiers, surveillants pénitentiaires) qui garderont leurs spécificités de départ anticipé à 57 ans, voire 52 ans ; et aussi pour les militaires.  
En revanche, apparemment c’est non pour les aides-soignantes des hôpitaux publics ! Et les trajets de nuit des cheminots, mes servitudes des agents de la RATP, les pilotes qui devront continuer à piloter jusqu’à 64 ans….

Estimation des pertes : pour ce journal très à gauche qu’est Capital, voici une estimation, à mon avis minorée, des évolutions :
« Dès les plus bas niveau de revenu, la perte se chiffre à 122,69 euros mensuels, Pour quelqu’un dont le salaire correspondrait à 1,5 fois le smic - soit 27 381,90 euros annuels, le manque à gagner s’établit en à 184,05 euros mensuels,  Un cadre, dont le salaire s’élève annuel brut s’élève à 40 524 euros perdrait pour sa part 247 euros chaque mois…

Pour l’assurance retraite, comme pour l’assurance  chômage, ce gouvernement veut imposer une réforme ultra-libérale, avec  fin du paritarisme et étatisation. Le système ne sera plus assurantiel et contrairement à ce que les Nordiques ont pris soin de faire, il n’embarquera plus les classes moyennes supérieures. Il évoluera vers un filet de sécurité minimal, qui devra être complété, pour ceux qui le peuvent, par des assurances privées. D’ailleurs, le secteur des assurances se frotte déjà les mains et peaufinent de nouveaux plans d’épargne retraite…à la sécurité discutable.

Rappel : l’écrasement des classes moyennes produit des monstres politiques ! Et Macron ferait bien de ne pas désespérer son électorat préférentiel !


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mardi 9 juillet 2019

Chômage des cadres ; une dégressivité injuste, inefficace, aux effets ravageurs pour les cadres seniors


Réforme Macron, pour les cadres, dégressivité de 30% après 6 mois pour tout salaire initial supérieur à 4500 € brut!!!Le taux d’indemnisation passera donc pour cette population de 57% à 39,9 % !
Dès le 1er novembre 2019, tous les chômeurs qui percevaient plus de 4 500 € brut de salaire mensuel verront leur indemnité réduite de 30 % à partir du septième mois. Une mesure qui vise principalement les cadres seniors !


Pétition unitaire CFE-CGC et CGT pour protester contre la dégressivité de l’indemnisation chômage des cadres. Signer  vite et nombreux, SVP) :


Non, les cadres n’abusent pas de l’ assurance chômage !

Il faut se méfier des gens de LREM, ils font vraiment ce qu’ils disent, surtout quand c’est idiot et injuste ! L’histoire a commencé, en août 2018, quand le député LREM, Aurélien Taché, a lancé l’idée de retoucher à l’indemnisation chômage des hauts revenus. « La justice sociale, ce n’est pas de couvrir pendant deux ans des gens qui ont de très hauts revenus et pourraient retrouver un emploi » !!!
Et de citer l’exemple de quelques traders, mis au chômage en Angleterre par la crise boursière, et qui reviendraient toucher des indemnités exorbitantes en France !

Ah toujours cette exquise méthode de désigner à la jalousie générale les privilégiés ( les cheminots et leurs statuts spéciaux, EDF et ses tarifs agents..). Donc ici, les cadres aux indemnités mirobolantes, et qui au lieu de chercher du travail, bronzeraient dans des îles exotiques.

Réalité des choses et Fake news : Seulement 900 personnes touchaient l’allocation maximale (7 454 € brut par mois soit 6560€ net), cela représente 0,03 % des bénéficiaires en 2017 ; les cadres ne représentaient que 7 % des allocataires indemnisés en 2016 ; 95 % des allocataires cadres perçoivent une allocation de moins de 2 275 € brut par mois ;

Et pour en rajouter une louche, une étude très bienvenue de Pole Emploi mise en avant par LREM comme donnant de nouveaux arguments au gouvernement. Ils démontrent, en effet, que la catégorie des demandeurs d'emploi percevant le niveau d'allocation le plus élevée - soit plus de 5000 € mensuels - est aussi celle qui reste le plus longtemps au chômage. En clair, d'après ces chiffres, les 15 609 chômeurs, qui, en 2017, ont pu toucher une allocation de 5000 € et plus chaque mois sont restés plus d'un an et demi au chômage.

Réalité des choses et Fake news : Il faut être singulièrement buse, ou singulièrement de mauvaise foi pour manipuler les chiffres ainsi ! Car l’évidence, c’est que la population en question sont des cadres senior de relativement haut niveau. Constatation de François Hommeril, président de la CFE/CGC : « Un cadre de haut niveau au chômage met plus de temps à retrouver un emploi car le marché du travail auquel il s'adresse est plus restreint et son niveau d'exigence plus élevé. C'est donc normal qu'il prenne plus de temps et qu'il touche plus longtemps ces allocations. Constatant cet état de fait, le gouvernement fait l'interprétation inverse : il prétend que les cadres au chômage recherchent mollement du travail. En plus l'outil utilisé, la dégressivité des allocations donc, est inefficace. Il existait avant (NDLR : entre 1986 et 2001) et il a été abandonné justement par ce que ça ne marche pas. Cela pousse les gens à accepter un emploi déqualifié par rapport à leur niveau de compétence et ça dévalue l'ensemble de la pyramide des activités et des demandeurs d'emploi. C'est une politique démagogique »

Il existe une vraie discrimination liée à l’âge, toute chose égale par ailleurs, analyse Yannick L’Horty, professeur à l’université de Paris-Est et directeur de la fédération de recherche « Travail, Emploi et Politiques publiques ». Même à productivité et à rémunération identique, les seniors ont plus de difficultés à retrouver un emploi. Et plus on avance en âge après 50 ans, plus c’est difficile. »
L’absence supposée de mobilité, la peur des managers d’embaucher un cadre plus âgé qu’eux qu’ils n’arriveraient pas à diriger, ou encore les préjugés concernant la réactivité et l’engagement sont autant d’idées reçues qui bloquent les recruteurs.

En 2012, la moitié des plus de 55 ans au chômage l’était depuis plus d’un an, contre moins de 10 % chez les moins de 30 ans, relevait la dernière étude de l’Apec. Sur l’ensemble des chômeurs, seul 13 % des seniors trouvent un emploi dans le trimestre
Et senior, c’est pas 57 ans, ni même 50 ans. Statistiquement, on est senior à partir de 50 ans, mais pour les recruteurs, c’est dès 45 ans ! »estime Jean-Paul Domergue, responsable dans l’association Solidarités nouvelles face au chômage et ancien directeur des affaires juridiques à l’Unédic. Une vision que confirme Annie Jolivet, chercheuse au Centre d’études de l’emploi et du travail, qui dépend du Cnam : « La limite à partir de laquelle on est "âgé" dépend du recruteur et du secteur d’activité, certains candidats peuvent être perçus comme "âgés" avant 50 ans ». Un candidat de plus de 48 ans a trois fois moins de chance de passer la première étape d’une embauche qu’un candidat d’une trentaine d’années, chiffrait une étude de l’université Paris.

La dégressivité des allocations chômage est-elle efficace ? Non !

En 1992, en pleine crise économique et face à l'augmentation du déficit de l'assurance chômage, syndicats et patronat ont mis en place une allocation dégressive. A l'époque, tous les chômeurs étaient concernés et le montant de leur allocation baissait tous les quatre mois.

Dans une étude, l'Insee a conclu que ce type de dégressivité (finalement supprimée en 2001) n'a pas accéléré le retour à l'emploi. Sauf chez les chômeurs les mieux indemnisés qui pouvaient voir leur allocation baisser jusqu'à neuf fois au cours de leur période d'indemnisation. Seul bémol, l'étude n’a pas analysé la qualité des emplois repris. La question étant de savoir si certains cadres ou salariés à hauts revenus ont été contraints d'accepter un travail moins qualifié et moins payé que ce qu'ils espéraient…pénalisant ainsi d’autres catégories.

D'après l'OFCE, une soixantaine d'études académiques a été menée dans plusieurs pays sur les effets de la dégressivité des allocations chômage. 80% d'entre elles concluent que le système le plus efficace pour stimuler la reprise d'emploi, c'est celui des droits constants. C'est-à-dire quand un chômeur touche le même niveau d’allocations tout au long de sa période d'indemnisation. Des études qui visiblement n'ont pas convaincu le gouvernement. 

Trois mois, pour retrouver un poste pour un cadre senior, c’est juste le temps de commencer à activer son réseau. Il est visible que M. Aurelien Taché et ses copains de LREM qui ont voté cette mesure scélérate n’ont jamais été confronté au problème. Savez-vous qu’être au chômage, c’est loin d’être au repos, que c’est même un travail à plein temps, et même à plus que temps plein. Et que c’est en plus une période pendant laquelle vous dépensez plus, parce que vous avez perdu les avantages du salariat, que vous devez vous déplacer beaucoup, monter des dossiers ou des présentations etc. sans aide logistique. Sans compter, que pour beaucoup de cadres âgés, la seule solution est souvent de créer son emploi et son entreprise… et que les  indemnités chômage servaient aussi à cela.
Non seulement la dégressivité des allocations chômage est inefficace, elle constitue même une entrave à la recherche d’un emploi.

Comment en est-on venu là ?

Et bien suite à une grande manip du gouvernement qui a imposé aux partenaires sociaux un cadrage de l’Unedic impossible et extrêmement injuste, puis qui, devant leur refus unanimes, syndicats salariés et patronaux, a prétendu qu’ils étaient incapables de gérer l’Unedic. Réponse de ce syndicat oh combien extrémiste qu’est la CFE-CGG : « On n'a aucune responsabilité dans la situation de l'Unédic. Le système d'assurance chômage, si on fait l'équilibre entre les cotisations et les allocations, est excédentaire. Et c'est comme ça depuis 20 ans. Si le système affiche de la dette, c'est parce que l'État fait peser sur lui d'autres engagements. Comme le financement de Pôle emploi, c'est 3,4 milliards d'euros prélevés chaque année sur les cotisations. Lors de la négociation de la dernière convention, le gouvernement était venu vers nous en imposant une lettre de cadrage pratiquement impossible à suivre. En reprenant la main, il a laissé libre cours à ses idées les plus néfastes. »
Un acte politique d’agression », dénonce François Hommeril, président de la CFE-CGC, le syndicat des cadres. L’ancien géologue n’a pas de mots assez durs pour dénoncer « la violence », « le cynisme » et « l’inconséquence » de l’exécutif. « Non seulement la réforme prive de leurs droits ceux qui contribuent le plus, mais, cerise de l’indignité, elle prétend le faire au nom de la justice sociale. »En 2017, rappelle-t-il, la participation des cadres finançait le régime d’assurance-chômage à hauteur de 42 %, alors qu’ils ne recevaient que 15 % des allocations. « Inefficace », « funeste », « néfaste », « démagogique »
C’est aussi « oublier » que les cadres étant peu au chômage, leurs cotisations représentent 42% des ressources du régime et leurs allocations comptent seulement pour 15% des dépenses. La dégressivité et le plafonnement des allocations des cadres dégagera donc peu d’économies. Par contre, les chiffrages de l’UNEDIC démontrent que mettre à contribution les cadres dirigeants et instaurer des cotisations chômage sur la part des salaires supérieurs à 13 500€ permettrait de dégager 700 millions d’euros de recettes supplémentaires et concernerait d’abord les grandes entreprises qui concentrent les plus hauts salaires.
Vers la destruction de l’assurance chômage !
L’enjeu, c’est la conception même du régime d’assurance chômage et cela concerne l’ensemble des salariés. En plafonnant les allocations, on passe d’un régime donnant droit au maintien du niveau de vie des salariés à un système de filet de sécurité minimum avec des indemnités plafonnées et conditionnées. Résultat : pour maintenir leur niveau de vie, celles et ceux qui en ont en ont les moyens financiers seront renvoyés vers les assureurs.D’où fin du paritarisme et étatisation. Elle sera suivie, c’est annoncé, de la fin du système d’assurance chômage, qui sera remplacé par un filet de sécurité à l’anglaise, un minimum vital contraignant à  reprendre le plus vite possible n’importe quel emploi.
Il ne restera à ceux qui voudront une vraie assurance chômage que de se tourner vers les assureurs privés qui commencent à se frotter les mains. A noter que les Suédois, justement pour éviter l’atomisation de la société, ont fait le choix contraire de sauver les assurances sociales en gardant à bord les classes moyennes supérieures
C’est une agression contre les cadres, et c’est assez simple à comprendre, c’est une catégorie électorale que LREM et Macron considèrent comme quasiment captive, qui ne votera jamais Marine Le Pen ou quelque autre opposant. Chiche ?

Vous n’entendez pas dans les campagnes, dans les villes, dans les entreprises, contre Macron, la grande colère qui monte, qui monte !
Attention,  l’écrasement  des classes moyennes provoque des monstres politiques !

Pétition CFE-CGC et CGT : 


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jeudi 27 juin 2019

Non à la dégressivité des allocations chômage ! Pétition unitaire CFE-CGC


Oyez Mesdames et Messieurs, après la pétition pour réclamer un referendum contre la privatisation d’Aéroports de Paris soutenue par des RN, LR, PS, PC, Insoumis soucieux des biens communs et de l’intérêt du pays, refusant la tyrannie ultra-libérale, un autre moment historique, une pétition unitaire CFE-CGC et CGT pour protester contre la dégressivité de l’indemnisation chômage des cadres. Sera-t-il possible de faire reculer ce gouvernement ?

Réforme Macron, pour les cadres, dégressivité de 30% après 6 mois pour tout salaire initial supérieur à 4500 € brut!!!Le taux d’indemnisation passera donc pour cette population de 57% à 39,9 % !

Texte de la pétition- à signer  vite et nombreux, SVP) :


Non à la dégressivité des allocations chômage !

Le gouvernement a annoncé la dégressivité et le plafonnement des allocations chômage pour les cadres. Concrètement, cela signifie que pour celles et ceux qui ne retrouveront pas immédiatement de travail, le montant des allocations chômage baissera et ne leur permettra plus de maintenir leur niveau de vie.

Cadres ou non, cette situation nous concerne tous et toutes car une fois expérimentée, n’en doutons pas, la dégressivité sera étendue à tous les autres salariés au prétexte de l’équité.

Pour justifier cette mesure, le gouvernement prétend que les cadres sont des favorisés, et que le montant « trop généreux » de leurs allocations chômage ne les incite pas à chercher un travail. Stigmatiser les cadres alors qu’on refuse de rétablir l’Impôt Sur la Fortune, la ficelle est un peu grosse.

Mais c’est surtout complètement faux. Le gouvernement a déjà mis en place depuis janvier la suspension des allocations chômage après 2 refus d’une offre d’emploi, y compris si les emplois proposés étaient à un salaire bien inférieur à celui perçu antérieurement et très éloignés géographiquement. Donc la pression est déjà énorme et les mécanismes existent déjà pour forcer les personnes privées d’emploi à accepter n’importe quoi.

C’est aussi « oublier » que les cadres étant peu au chômage, leurs cotisations représentent 42% des ressources du régime et leurs allocations comptent seulement pour 15% des dépenses. La dégressivité et le plafonnement des allocations des cadres dégagera donc peu d’économies. Par contre, les chiffrages de l’UNEDIC démontrent que mettre à contribution les cadres dirigeants et instaurer des cotisations chômage sur la part des salaires supérieurs à 13 500€ permettrait de dégager 700 millions d’euros de recettes supplémentaires et concernerait d’abord les grandes entreprises qui concentrent les plus hauts salaires.

L’enjeu, c’est la conception même du régime d’assurance chômage et cela concerne l’ensemble des salariés.

En plafonnant les allocations, on passe d’un régime donnant droit au maintien du niveau de vie des salariés à un système de filet de sécurité minimum avec des indemnités plafonnées et conditionnées. Résultat : pour maintenir leur niveau de vie, celles et ceux qui en ont les moyens financiers seront renvoyés vers les assureurs. On passe ainsi de droits acquis par les cotisations et dus aux salariés à des aides sociales consenties au nom de la solidarité nationale et devant être « méritées » donc conditionnées. Cadres, retraités ou fonctionnaires, les plus gros contributeurs seront aussi ceux qui bénéficieront le moins du système. C’est ainsi que l’on organise le « ras le bol fiscal » et que l’on fabrique l’« assistanat ». Rien de tel pour diviser le salariat.

Cadres, nous refusons de servir de boucs émissaires et de poissons pilotes pour déstructurer le régime. Nous voulons continuer à financer et bénéficier d’un système de protection sociale solidaire ! Salariés, nous signons cette pétition pour défendre notre modèle de protection sociale solidaire, qui protège mieux les plus démunis parce qu’il est financé et bénéficie par l’ensemble du salariat.

Pétition soutenue par :
o  Sophie Binet et Marie-José Kotlicki, cosecrétaires générales de l’UGICT-CGT
o  François Hommeril, président de la CFE-CGC et Jean-François Foucard, Secrétaire National Emploi-formation de la CFE-CGC, négociateur assurance chômage

Commentaires de la CFE-CGC

Dans le texte qui accompagne la pétition, ses auteurs jugent qu’« une fois expérimentée, n’en doutons pas, la dégressivité sera étendue à tous les autres salariés au prétexte de l’équité » et que « stigmatiser les cadres alors qu’on refuse de rétablir l’impôt sur la fortune, la ficelle est un peu grosse ».

Si ces déclarations sont dans la droite ligne de ce que défend la CGT, elles sont plus surprenantes pour la CFE-CGC.

François Homméril, président de la CFE-CGC, les assume totalement. « Le gouvernement en a plein la bouche de son argument de “justice sociale”, dénonce-t-il. C’est particulièrement indigne quand on sait qu’il s’agit de s’attaquer au principe même du régime assurantiel et contributif. Sans les plus hauts revenus, il n’y a pas d’équilibre ni de solidarité du système. » Même si sa centrale n’est pas allée jusqu’à appeler à défiler aux côtés de la CGT contre les ordonnances réformant le droit du travail en 2017, M. Homméril a multiplié les critiques envers l’exécutif depuis le début du quinquennat.

Le ton est encore monté d’un cran depuis qu’il sait que les droits de la catégorie socioprofessionnelle constituant l’essentiel de l’électorat de son syndicat vont être rognés. « Dire, comme le fait le gouvernent, qu’il y a une corrélation entre le niveau d’indemnisation et le nombre de jours passés à Pôle emploi est une interprétation fausse d’une courbe qui est réelle, c’est un viol des faits et des chiffres, s’emporte-t-il. Pour les cadres expérimentés, il est difficile de retrouver le même niveau d’emploi, c’est beaucoup plus dur de rebondir. »

Le président de la CFE-CGC ne se fait cependant guère d’illusions sur le succès de la pétition dont le nombre de signataires, reconnaît-il, est « relativement faible » à l’heure actuelle. Mais lancer cette action avec la CGT constitue pour lui « un message politique fort ». Quant à ceux qui ironisent depuis plusieurs mois sur la « CFE-CGT », il n’en a cure : « Cela fait trente ans que je milite et trente ans qu’on me fait le coup, rien de nouveau sous le soleil. »

Commentaires du blog : vers l’étatisation de l’assurance-chômage et la fin du paritarisme

C’était une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron, une des nombreuses que ceux qui ont voté pour lui n’avaient pour la plupart, ni lu, ni a fortiori approuvé. Eh bien, cette réforme pour laquelle il n’avait aucun mandat il est en train de la tenir : l’étatisation de l’assurance chômage.

L’affaire a été menée en deux étapes :

Première étape : Depuis le 1er janvier, les cotisations chômage de tous les salariés sont supprimées, remplacées par une hausse de la CGS. Le gouvernement a troqué un régime assurantiel – un salarié cotise à un fonds pour s’assurer contre un risque – pour un impôt, collecté par l’État, qui en maîtrise l’affectation.

Deuxième étape : le gouvernement demande aux gestionnaires de l’Assurance chômage basée sur le paritarisme de se mettre d’accord sur un plan d’économies de plus de 1 milliard d’euros par an pour l’Unédic. Malgré le piège qu’ils sentent se refermer, impossibilité pour les syndicats de salariés et du patronat de se mettre d’accord sur un tel programme.

D’où fin du paritarisme et étatisation. Elle sera suivie, c’est annoncé, de la fin du système d’assurance chômage, qui sera remplacé par un filet de sécurité à l’anglaise, un minimum vital contraignant à  reprendre le plus vite possible n’importe quel emploi.

Il ne restera à ceux qui voudront une vraie assurance chômage que de se tourner vers les assureurs privés qui commencent à se frotter les mains

A noter que les Suédois, justement pour éviter l’atomisation de la société, ont fait le choix contraire de sauver les assurances sociales en gardant à bord les classes moyennes supérieures ; celles-ci cotisent plus, mais en cas de problème, reçoivent des prestations plus élevées leur assurant un certain maintien de leur style de vie ; et suivant les principes de John Rawls, cette inégalité calibrée profite en réalité à tous, car les classes moyennes supérieures sont, comme en France, largement contributrices !

Réforme Macron, pour les cadres, dégressivité de 30% après 6 mois pour tout salaire initial supérieur à 4500 € brut!!!. Le taux d’indemnisation passera donc pour cette population de 57% à 39,9 % !

Donc, à 4500 euros par mois, on fait partie des riches que Macron n’aime pas (contrairement aux très riches). Mais comment se fait-il ?
Eh bien, une des raisons principales, c’est peut-être que les cadres, bien moutonniers, bien bovins, bien prêts à passer à l’abattoir soutiennent massivement sans faiblir Macron, quoi qu’il fasse !

Il faudrait peut-être réagir ! « l’écrasement des classes moyennes produit des monstres politiques » !

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