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samedi 23 septembre 2023

Eolien en mer : l’été meurtrier et des raisons d’espérer ( pour les associations antiéoliennes !)

 Les projections d’éolien en mer reprises par RTE (18 GW en 2035 puis 40 GW en 2050, soit plus d’une cinquantaine de zones industrielles éoliennes dont 25 GW- 30 parcs- le long des côtes bretonnes) sont-elles inéluctables ? 

Pas sûr ! L'absurde ne peut durer indéfiniment sans se heurter à la réalité

Tout d'abord l'été n'a pas été avare de mauvaises nouvelles pour l'éolien, démontrant son absurdité, les mensonges sur ses coûts, les difficultés des promoteurs éoliens et leur renonciation à de nombreux projets. La prise de conscience des effets néfastes sur l'environnement et la biodiversité gagne du terrain, le programme éolien en mer est encore largement en discussion et une consultation organisée par la CNDP va s'ouvrir : chaque association, chaque citoyen pourra donner son avis.

Le contexte n'est plus si favorable à l'éolien offshore, comme nous l'expliquons ci-dessous. Profitons-en !

1) Des records d'absurdité électrique, climatique, économique

Ainsi, en pleine canicule, le 10 septembre 2023le facteur de charge du parc éolien allemand, qui comprend de nombreuses éoliennes en mer, était de…0. 21 % .

Dit autrement, la capacité installée du parc éolien allemand (66GW), légèrement supérieure à celle de l'ensemble du parc nucléaire français, ne produisait qu'un dixième de la production d'un seul réacteur nucléaire. Evidemment, les Allemands devaient alors avoir recours massivement au charbon, à la lignite et au gaz, et ce jour-là, les émissions de CO2 de l'Allemagne pour la production électrique étaient 42 fois plus élevées que celles de la France.

Ceci dit, il arrive que l'éolien fonctionne, et même à plein. Dans ce cas, l'Allemagne est en excès de production électrique, et lors de cet été de tous les records, il est arrivé que l'Allemagne nous « vende » son électricité …à –(moins !) 60,04€ le MWh. C'est -à-dire qu'elle nous a payé pour prendre une électricité excédentaire non stockable dont personne ne veut à un tarif excédent de beaucoup le coût de production (~42 €/MWh en France)

Le recours à l'éolien terrestre et plus encore maritime est bien cette absurdité climatique, électrique, économique que PIEBÎEM ne cesse de dénoncer. Elle ne saurait durer bien longtemps

2) Dernier appels d'offre éolien en mer au Royaume-Uni : Zéro candidats !

Un événement que la presse britannique a qualifié de « plus grand désastre pour l'énergie verte depuis des années» , et qui était pourtant assez prévisible. Masqué en Angleterre par des contrats à prix faibles mais dont les producteurs se dégageaient très facilement et par des flots de subventions et d'aides diverses (deux milliards d'euros pour les vingt premières éoliennes de Bretagne Sud), le vrai coût de l'éolien en mer commence à apparaître, et il est exorbitant.

L'éolien en mer est de loin le plus nécessiteux en matières premières, matériaux et métaux critiques, dont le prix commence à flamber alors que des goulots d'étranglement apparaissent, qui rendront certains projets tout simplement impossibles. C'est également le cas pour les câbles électriques – il ne sera pas possible de faire à la fois toutes les interconnexions et l'éolien en mer dont nous menacent les plans européens et français !

Les premières statistiques des parcs danois indiquent des durées de vie des éoliennes en mer de moitié inférieures à celles prévues (12-13 ans au lieu de 25 et déjà de nombreuses pannes au bout de sept ans). Enfin l'éolien flottant (celui de Bretagne Sud) n'est pas technologiquement mature et il reste des problèmes majeurs (vibration, nature des supports, des câbles dynamiques) à résoudre. Quant au prix, l'un des acteurs majeurs (Total Energie) avouait devant le Sénat : « Estimer les coûts de construction d'une filière qui n'est pas mature sur une période de 8 à dix ans ; impossible c'est une boule de cristal »

Cette annonce de l'appel d'offre manqué résulte d'effets structurels qui s'accumulent depuis des années et n'a donc rien d'une surprise ; les illusions et mensonges entretenus à propos de l'éolien en mer se heurtent à la réalité.

3) Une industrie éolienne européenne en plein crash.

L'annonce estivale la plus spectaculaire a été, le 23 juin 2023, la perte de valeur de 35% du groupe Siemens à la bourse de Francfort ( le plus gros krach depuis longtemps  d'une société allemande), suite à l'annonce de difficultés dans sa filiale éolienne Siemens Gamesa dues à une sous- des défaillances de turbine.

Près de 30 % des 108 GW d’éoliennes fabriquées par Siemens Gamesa pourraient être défectueuses. Les turbines offshore sot particulièrement touchées : « Siemens Energy a déclaré qu'il existait une série de problèmes distincts dans le secteur des turbines offshore « centrés sur un retard dans la montée en puissance de 30 % de la production : retard dans la construction des sites de production, problèmes au niveau de la chaîne d'approvisionnement, manque de qualité des composants lors de la montée en puissance, coûts de matériaux plus élevés que prévu »

Vestas la pépite danoise de la fabrication d’éoliennes vient d’annoncer une perte avant impôts de 130 millions et une perte nette de 115 millions d’euros au 2ème trimestre 2023, qui vient après une année 2022 très difficile avec une importante perte de 1,572 milliard en 2022. Et Vestas n’est plus le premier mondial des turbiniers, Vestas vient de se faire dépasser par le chinois Goldwind.

Oersted, l'inventeur de l'éolienne flottante, est aussi en fortes pertes  et a annoncé cet été des dépréciations pouvant aller jusqu’à 2,1 milliards d’euros sur l’ensemble de ses projets américains, à savoir Ocean Wind 1 (au large d’Atlantic City, New Jersey), Sunrise Wind (New York) et Revolution Wind (pour les Etats du Connecticut et de Rhode Island), en raison de tensions sur la chaîne d’approvisionnement, de retards de livraisons de la part des fournisseurs, de crédits d'impôt moins élevés que prévu et de la hausse des taux d'intérêt Immédiatement, le cours de Bourse de l’entreprise s’est effondré du quart de sa valeur.

Oersted a abandonné une vente aux enchères pour l'attribution de zones d'éolien offshore en Allemagne. 

En 2022, la branche énergies renouvelables de GE, baptisée Vernova, a perdu 2 milliards d'euros. En 2023 le conglomérat industriel américain reste confronté à des difficultés persistantes dans son activité énergies renouvelables et a prévenu d'une perte d'exploitation comprise entre 200 millions et 600 millions de dollars. GE cherche à vendre Vernova ce qui passe mal chez les salariés français de Saint-Nazaire, Nantes et Cherbourg.. Mais ce n’est même pas sûr ; face aux pertes et au manque de perspectives, les analystes se demandent si GE ne sera pas contraint de modifier son projet de scission de GE Vernova en une société distincte ; pour commencer, des pertes d’emploi de l’ordre de 20% sont prévues au niveau mondial 

Ajoutons que l'un des principaux assureurs des exploitants des parcs éoliens, Gcube, a dénoncé une course au gigantisme très mal maitrisée, et considère que « l'augmentation de taille des éoliennes offshore crée des risques de marché insoutenables ».

Nous sommes sur un point de bascule : le contexte n'est plus si favorable à l'éolien offshore

Il devient maintenant très clair qu'accélérer sur l'éolien offshore, ce serait subventionner très grassement une industrie chinoise qui possède l'ensemble de la chaine de valeur.

L'échec de l'appel d'offre en Grande Bretagne est donc tout sauf une surprise : lorsqu'on ment depuis des années sur les vrais coûts de l'éolien en mer, sa rentabilité, ses difficultés, ses goulots d'étranglement, sa dépendance en matériaux stratégiques, la réalité finit bien par se rappeler à vous !

Tout cela est d'assez mauvais augure pour les plans délirants français d'éolien en mer : 40 GW soit une cinquantaine de gigaparcs , dont 25 GW pour la seule Bretagne (30 parcs) : tout ne pourra pas se faire !

Et l'un des plus absurdes d'entre eux est bien Bretagne sud, qui cumule les inconvénients de l'éolien flottant (incertitudes technologiques, coûts) et celles de l'éolien posé (proximité des côtes).

Donc, le combat n'est pas perdu, Mobilisez-vous avec nous !

PIEBÎEM (Préserver l'Identité Environnementale de la Bretagne sud et des Îles contre l'Eolien en Mer) rappelle donc son opposition à un programme insensé d'éolien en mer climatiquement nul voirenégatif, électriquement inepte car dangereux pour la sécurité d'alimentation électrique, au coût de production exorbitant et économiquement no soutenables, néfaste pour l'économie locale, ravageur pour nos paysages littoraux et leur riche biodiversité.

A Erdeven comme ailleurs, PIEBÎEM, conformément à ses statuts, lutte avec confiance dans un contexte de plus en plus défavorable à l'éolien en mer pour protéger le patrimoine préhistorique, historique et naturel de la Bretagne et appelle donc, comme première mesure, à un moratoire immédiat sur les projets éolien en mer de Bretagne Sud et donc sur l'atterrage prévu dans les champs mégalithiques d'Erdeven et à travers les dunes de Kerhillio.

Plus nous serons nombreux, plus nous pèserons, plus nous serons entendus. Les décideurs économiques ne pourront rester indifférents à la rationalité économique et technique et aux menaces sur des activités locales importantes comme le tourisme, la pêche… Les politiques ne pourront rester sourds à la mobilisation publique pour éviter un désastre écologique pour le cadre de vie, l'environnement, la biodiversité et un désastre financier pour le contribuable et le consommateur. La mobilisation aura aussi un effet sur les promoteurs éoliens, créant de l'incertitude, y compris juridique, et renchérissant leur coûts.

Et de fait, alors que le programme éolien offshore s’annonce de plus en plus délirant, dans la vraie vie, les mises en service d’éoliennes marquent le pas



Eric Sartori pour PIEBÎEM

https://piebiem.webnode.fr/piebiem/

samedi 15 juin 2019

Jours de Colères-juin 2019


Elections européennes :Une grande victoire ? Non, mais une grande arrogance

On a bien compris que le résultat des élections européennes était une grande victoire pour le Prsident Macron, qui s’est impliqué comme jamais aucun autre dans cette campagne, figurant même sur les affiches. Le Rassemblement National tout de même est devant (23,3%) LREM ( 22.4 %), Europe Ecologie (13.5), Droite et Centre (8.48%) , France Insoumise (6.31), Parti Socialiste-Place Publique (6.19), Dupont-Aignan (3.5)

Discours triomphaux de la plupart des LREM, de plus en plus à mesure que s’éloigne le scrutin, et leur trouille devant l’incapacité manifeste de Mme Loiseau et la catastrophe ; pourtant, ils sont bel et bien derrière le RN (et encore plus derrière le RN plus Dupont Aignan). Evidemment, les scores catastrophiques des Républicains et du PS, le score très décevant de la France Insoumise ( tiens une suggestion,; si vous parliez un peu moins d’écologie, où vous n’êtes pas très crédible, et un peu plus du social et la nation, si vous défendiez par exemple le nucléaire civil au lieu de courir derrière la démagogie et l’incompétence écolos ?) les réjouissent beaucoup.

Pourtant ils sont derrière le RN ; et à faire le vide dans l’ancien monde politique qui n’ a pas si démérité et qu’on pourrait bien rapidement regretter, et à prendre 23% des voix pour une approbation massive de leur politique, et avec leur arrogance retrouvée, ils risquent de placer les électeurs devant ce choix : Marine Le Pen, ou l’insurrection ? Et là…

Une ou deux  bizarreries : l’annonce du plan massif de licenciement de GE, plus de 1000 emplois dans les turbines à Belfort juste le lendemain du résultat des élections ; GE que Macron, contre l’avis de Montebourg avait favorisé dans la reprise d’activités stratégiques de a branche énergie d’Alstom, pliant devant un chantage à l’amende et même une prise d’otage des américains ( et que Marine Le Pen lui avait reproché lors du débat présidentiel, Macron avait répondu avec une morgue incroyable) ; GE qui n’a jamais tenu, ni même fait semblant de tenir son engagement de créer 1000 emplois à cette occasion)

Ca pourrait donner à certains l’impression de s’être fait avoir ….

Et aussi la révélation de l’identité et l’arrestation de l’auteur de l’attentat de Lyon (un agent explosif jeté devant une boulangerie, 13 blessés par un étudiant algérien), également le lendemain de l’élection Gérard Collomb, Christophe Castaner ont, à la fureur du parquet un peu vendu la mèche.; l’auteur était identifié dès avant les élections ; mais on a attendu un peu pour son arrestation. Les officiels policiers jurent que c’était pour s’assurer d’une interpellation sans problème et se donner le temps d’enquêter sur d’éventuelles complicités.

On peut quand même fortement se demander si l’opportunité politique ( ne pas faire monter le vote RN, voire laisser penser que cet attentat pourrait être l’œuvre de provocateurs d’extrême droite) n’ pas aussi joué un certain rôle  

On a décidément l’impression de s’être fait avoir…

Ajoutons pour faire bon poids dans la balance les débuts brillants de Nathalie Loiseau au Parlement Européen. Dans un entretien avec des journalistes, elle s'en prend à l’ancien premier ministre belge et actuel président de l’ALDE, Guy Verhofstadt, aurait des «frustrations rentrées depuis quinze ans». Tandis que sa collègue néerlandaise Sophie in ’t Veld aurait quant à elle «perdu toutes les batailles qu’elle a menées». Enfin, le PPE Manfred Weber, pressenti pour la présidence de la Commission, était pour sa part qualifié d’«ectoplasme» qui n’a «jamais rien réussi». Dans sa diatribe, Nathalie Loiseau a également attaqué l’eurodéputé LREM sortant Jean Arthuis. Celui qui a pourtant été le premier député européen à soutenir Emmanuel Macron était ainsi présenté comme un «homme totalement aigri» par l’ancienne directrice de l’ENA.

Attaqué directement par une membre de sa propre famille politique, Jean Arthuis a ironiquement réagi aux propos de sa collègue. «Je salue l’intelligence politique de Nathalie Loiseau et la sincérité de ses démentis. Entrée prometteuse au Parlement européen»,

Bilan : après rétropédalage et démentis menteurs et assez idiots,  LREM  ne prendra pas la tête du groupe Alde, les intérêts français seront moins bien défendus et Mme Loiseau est tricarde au sein du groupe que son génie devait dominer. Bravo.  En fait celle qu’on nous a présenté comme le summum de la macronie en matière de compétence européenne et de subtilité politique (ex-directrice de l’ENA quand même) est en fait particulièrement représentative de l morgue et de l’incompétence des petits marquis macroniens.

Donc dans la foulée de ce « triomphe » de LREM :

- Emmanuel Macron a exprimé sa volonté de remplacer certains hauts fonctionnaires au sein de l’administration centrale qui ne sont plus en phase avec la politique du gouvernement et qui freinent la mise en place des réformes. Une série de remplacements au sein de l’administration centrale française est prévue à partir de juin 2019 selon les projets d’Emmanuel Macron, a déclaré la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

Dans le cadre du conseil des ministres du 29 mai, le «Président français a souhaité que les nominations à la tête des administrations centrales puissent refléter notre volonté» que les réformes soient «accélérées»,

Et vive la démocratie macronienne : ils n’ont décidément rien compris, rien appris. Leur score mirifique de 23% ( derrière le RN, quand même) ne vaut absolument pas approbation de leur politique destructrice, pas plus que celui de la présidentielle…

- Limitation du temps de parole des opposants à l’Assemblée : L'Assemblée nationale a adopté dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 mai une limitation du temps de parole des groupes dans les discussions générales sur les textes de loi, dénoncée comme « un déni de démocratie » par l'opposition qui a quitté l'hémicycle avant le vote en signe de protestation. Après plus de trois heures de débats acharnés, d'éclats de voix, d'amendements de suppression, de rappels au règlement, de suspensions de séance et de tractations en marge de l'hémicycle : l'article le plus controversé de la réforme du règlement de l'Assemblée a été adopté par les seuls députés de la majorité dans une ambiance tendue.

Et vive la démocratie macronienne : ça ne leur suffit pas de disposer, grâce à un système électoral pervers d’une majorité écrasante à l »Assemblmée, ils veulent en plus limiter le temps de parole de leurs opposants !

- Diffusion d'images du groupe Etat islamique : Marine Le Pen renvoyée en correctionnelle
Marine Le Pen ulcérée par le journaliste Jean-Jacques Bourdin suite à une comparaison entre le Front national et Daech, a réagi en publiant trois tweets montrant des photos d'exécutions mises en scène par Daech, avant de retirer celle de James Foley, décapité. Elle avait légendé ces images de ces mots : "Daech, c'est ça !"

Commentaire d’Emmanuel Pierrat, guère favorable à Marine Le Pen : « Elle est poursuivie au titre d’un article qui prévoit l'interdiction de diffusion d'images à caractère violent ou pornographique si ces images sont visibles par un mineur. A l'origine, quand cet article a été introduit dans le code pénal en 1994, il visait la pédophilie. Il a été réarticulé et repris par la jurisprudence, notamment celle du Conseil d'Etat, en disant que cela permettait éventuellement d'englober des violences. Les images de femmes violées, dans des films par exemple, peuvent être poursuivies en ce sens. Dans tous les cas, il faut un caractère sexuel pour que ces articles soient invoqués. Marine Le Pen encourait alors cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende.Mais ça n'est pas du tout le cas ici. »

En effet, et vive la démocratie macronienne !

Ah j'oubliais :

Le ministère de l’Intérieur vient d’entériner de nouvelles commandes massives : 10 000 grenades de désencerclement par an, qui s’ajoutent aux centaines de lanceurs de balles de défense (LBD) achetés en fin d’année dernière. Plus étonnant, la place Beauvau a acheté 25 millions de cartouches de fusils d’assaut pour les quatre prochaines années...

ça promet !

lundi 16 avril 2018

Macron et le scandale Alstom


Débat raté, mais vraie question…Dommage !

Reportage bilan sur la campagne de Marine Le Pen dimanche 15 juin sur la 5 avec Bruce Toussaint  et sur le grand débat qu’elle a en partie raté contre Emmanuel Macron- même si, comme cela se produit assez régulièrement (cf Fabius contre Chirac en 1985) un ratage se transforme au film du temps et des commentaires en déroute, puis en naufrage, puis en catastrophe. Manque de travail et de préparation, fatigue et rythme délirant de campagne imposé par Philippot et manque de repos, migraine ophtalmique, stratégie très agressive suggérée par Philippot et amplifiée alors même qu’elle ne fonctionnait pas, changement de position sur l’euro au dernier moment du à l’alliance avec Dupont-Aignant, manque de compétence économique ??? Et aussi le fait que Macron, sur un petit nuage était imprenable- d’autres que Marine Le Pen s’y sont cassé les dents.
Un moment emblématique : celui où Marine Le Pen veut l’attaquer sur l’affaire Alstom, la vente d’Alstom à General Electric mais se trompe et parle d’Alcatel- ce qui permit à Macron d’ironiser et d’éviter de répondre. Mais Marine Le Pen ne s’était pas trompé sur le fond et sur la gravité de ce qui constitue un véritable scandale, et plus, une trahison gravissime pour l’intérêt national, comme le met en évidence la Commission d’enquête Parlementaire réclamée par Les Républicains et dont les résultats sont accablants.

Le scandale Alstom : l’extraterritorialité américaine comme arme de destruction massive des concurrents

En fait, la Commission d’enquête ne fait que confirmer, en l’aggravant encore, ce qu’avait dénoncé le journaliste Jean-Michel  Quatrepoint dans son livre Alstom, une affaire d’Etat. Rappel des faits : En 2015, le groupe français Alstom a vendu sa division énergie, qui représente 70 % de l’entreprise, a son concurrent américain General Electric (GE). Ce jour-là, les turbines qui équipent nos centrales nucléaires sont passées sous contrôle américain. Au même moment, Alstom était visé par une enquête aux États-Unis pour des faits de corruption. Des cadres dirigeants de l’entreprise étaient incarcérés. Cette concomitance alimente un soupçon : le groupe Alstom aurait-il vendu sous la pression, pour tenter d’échapper à une condamnation ?.Laréponse est maintenant et clairement oui, et il s’agit d’une politique américaine très élaborée basée sur l’extraterritorialité extravagante de la loi américaine.

Explication : Alcatel, Alstom, Technip, Total, la Société Générale, BNP Paribas… Toutes ces entreprises françaises se sont retrouvées, ces dernières années, poursuivies par la justice américaine pour des affaires de corruption ou de contournement d’embargos et même d’embargo purement américain, contre Cuba, contre l’Iran, sans accord de l’ONU.  Elles ont été poursuivies sur la base de ce qu’on appelle « l’extraterritorialité du droit américain. Ce sont des lois qui permettent de poursuivre des entreprises non américaines à l’étranger, à condition qu’elles aient un lien avec les Etats-Unis. Sauf que ce lien est extrêmement large, puisqu’il suffit que les entreprises effectuent une transaction en dollars ou qu’elles utilisent une technologie américaine pour que des poursuites puissent être engagées. « Il suffit d’utiliser une puce électronique, un iPhone, un hébergeur ou un serveur américain pour vous retrouver sous le coup de la loi américaine, explique l’économiste Hervé Juvin. C’est un piège dans lequel de nombreuses entreprises sont tombées. » Pour collecter ces informations, tous les services américains sont mobilisés. « C’est une stratégie délibérée des Etats-Unis qui consiste à mettre en réseau leurs agences de renseignements et leur justice afin de mener une véritable guerre économique à leur concurrents »

La trahison de Patrick Kron

Arnaud Montebourg l’avait dit, la commission d’enquête le confirme : le PDG d’Alstom, Patrick Kron a subi la pression des autorités américaines. Pendant 4 ans, de 2010 à 2014, dans un secret quasi absolu, des dizaines d’enquêteurs du FBI, ont enquêté sur Alstom, pour des affaires de corruption (en Indonésie, en Arabie Saoudite, aux Bahamas, ou encore en Egypte). Sous la pression, l’entreprise a alors capitulé, elle a accepté au mois de décembre 2014 de plaider coupable, et elle s’est vue infliger une énorme amende de 772 millions de  dollars. Le règlement de cette affaire est intervenu au courant de l’année 2014, au moment où la trésorerie de l’entreprise était dans le rouge.

Tout indique que les autorités fiscales américaines et General Electrique ont travaillé mano in la mano
1)  General Electric a participé au règlement de cette affaire avec la justice américaine, alors que la vente d’Alstom n’était pas encore conclue. Dans l’accord, il est stipulé que "la Compagnie General Electric qui a l’intention d’acquérir Alstom s’est engagée à mettre en place un programme de conformité aux règles juridiques, et de le soumettre à son contrôle interne dans un temps raisonnable après l’acquisition ".
2) Quand l’amende est fixée, Alstom ne peut pas la régler. La société demande alors  des délais de paiements aux américains dans l’attente de son rachat… par l’américain General Electric. Un document de juin 2015 l’atteste.
Plusieurs cadres ou anciens cadres de haut niveau d’Alstom nous ont confié leur amertume. Selon un dirigeant qui tient à rester anonyme : "Au sein de l’état-major d’Alstom, tout le monde sait parfaitement que les poursuites judiciaires engagées aux Etats-Unis contre Alstom ont joué un rôle déterminant dans le choix de vendre la branche énergie. Ces poursuites expliquent tout. C’est un secret de polichinelle".

Patrick Kron pour cette vente devrait toucher un bonus de 4 millions d’euros. « Il a présidé à la destruction de fleurons de notre industrie française », l’avait accusé le député (LR) Pierre Lellouche. Son audition par la Commission a confirmé les députés dans l’idée qu’il a agit sous pression américaine et qu’il a délibérément menti aux autorités françaises en particulier à Arnaud Montebourg en niant les discussions avec General electric jusuq’à le placer devant le fait accompli. Il s’agit d’une véritable trahison.

Le rôle d’Emmanuel Macron. La mise au point d’Arnaud Montebourg

Emmanuel Macron connaît bien Alstom. Alors ministre de l’économie, c’est lui qui avait autorisé, en novembre 2014, la vente des activités énergie du groupe français à l’américain General Electric (GE), dossier qu’il avait également suivi à l’Elysée lorsqu’il conseillait François Hollande. La déposition d’Arnaud Montebourg devant la Commission d’enquête (8 septembre2017) est terrible pour Macron. Lorsqu’il apprend la trahison de Kron, Arnaud Montebourg régit rapidement et propose une solution : « À Bercy, dans mon bureau, le patron de Siemens, Joe Kaeser, (...), avait dessiné sa proposition sur une page A4 divisée en deux colonnes: Vous nous vendez l’énergie sauf le nucléaire que vous gardez et, en contrepartie, je vous vends le ferroviaire et la signalisation. Nous faisons deux Airbus de taille mondiale, l’un dans le ferroviaire à direction française, l’autre dans l’énergie à direction allemande", indique l’ex-ministre. Arnaud Montebourg aurait alors soumis cette proposition à François Hollande et Emmanuel Macron, alors secrétaire général adjoint de l’Élysée. Ce dernier aurait balayé l’hypothèse d’un revers de main en déclarant: "On n’est quand même pas au Venezuela !"
Et Arnaud Montebourg de conclure, à propos de Hollande et Macron : « Ils ont vendu nos turbines, pièces industrielles stratégiques pour notre indépendance énergétique, nucléaire et militaire. Il ne s’est pas trouvé un président ou un Premier ministre pour m’autoriser à bloquer cette manœuvre, alors que mon équipe et moi avions forgé les armes pour précisément pouvoir dire non".

Pourtant, Macron ne pouvait pas ignorer la stratégie agressive américaine de l’extraterritorialité juridique. Un rapport de l’intelligence économique placée sous l’autorité du Premier ministre dénonce clairement les risques que font peser les poursuites américaines sur les sociétés françaises : « La pratique des "deals of justice" par les autorités américaines laisse les entreprises françaises très démunies, elle pose de très sérieuses questions. Ces "deals of justice" se traduisent en effet par des atteintes économiques qui peuvent être graves. On ne peut exclure le risque d’instrumentalisation des procédures pour, en amont, affaiblir une entreprise avant un rachat, ou pour, en aval de la procédure, s’approprier certaines informations, voire lui interdire certains marchés « . En effet !

Une décision dramatique

« La vente d’Alstom à General Electric nous prive d’autonomie stratégique sur deux points essentiels : les turbines pour les sous-marins nucléaires, les navires de surface, le porte-avion Charles de Gaulle, ainsi que sur les centrales nucléaires civiles, explique le directeur le directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, Eric Denécé, qui a enquêté sur cette affaire. Il y a eu une vraie trahison des élites françaises. ». Mentionnant encore des systèmes de positionnement par satelllite « équipant l’armée ainsi que des entreprises du secteur de la défense et de l’espace tombés dans le giron de General Electric. ». Les fameux turbo-alternateurs Arabelle équipent plus de 50% des centrales nucléaires de la planète ! Bref, avec Alstom passé sous contrôle de General Electric, nous ne pouvons plus espérer vendre une centrale nucléaire, un sous-marin, un navire sans l’accord des USA. Et qui nous en achètera, sachant qu’à tout moment, les USA pourront refuser de livrer des pièces détachées pour réparation !
Il y a donc une véritable trahison, trahison consciente dans le cas de M. Kron vraisemblablement par peur ou intérêt, trahison par naïveté vis-à-vis des USA, ignorance, incompétence d’Emmanuel Macron,  trahison par  bêtise et mépris de tous ceux qui ne partagent pas la doxa de la secte libérale au pouvoir à Bruxelles et maintenant en France, trahison de celui qui mérite le surnom de Macron l’Américain.

Il est vraiment dommage que ce débat n’ait pas pu avoir lieu en temps utile. Et il est assez amusant de voir les députés En Marche membres de la Commission d’Enquête s’effarer… des décisions prises par Emmanuel Macron.

Dernière minute Et bim ! alors que certains parlementaires même En Marche de la Commission d' enquête, se déclaraient vraiment troublés, le rapport final conclut que tout va bien, que malgré les graves accusations de M. Montebourg, c'est pas si grave, qu'il n'y a rien à reprocher aux Américains, ni à craindre pour notre indépendance. Tout au plus conviendra-t-il à l'avenir de surveiller un peu plus les investissements étrangers, éventuellement de créer des golden shares pour l'Etat dans certaines indsutries et d'élargir le décret Montebourg (le décret vénézuelien selon M. Macron) à de nombreux secteur...un petit hommage, tout de même. Quant aux critiques contre M. Macron, elles ne relèveraient que de la volonté mauvaise de M. Vauquiez et d'autres .

Ce que c'est bien quand même d'avoir un parti de croquenots à sa botte et une démocratie illibérale qui fonctionne bien gentiment pour le Président. 

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mardi 17 octobre 2017

Droit américain : impérialisme et far west (2)

Le rachat –rapt de la branche énergie d’Alstom par General Electric

En 2015, le groupe français Alstom a reçu une offre de General Electric pour le rachat de sa division énergie, qui représente 70 % de l’entreprise, a son concurrent américain General Electric (GE). Bizarrement, au même moment, dans le cadre du Foreign Corrupt Practices Act, Alstom était visé par une enquête aux États-Unis pour des faits de corruption en Indonésie dans un contrat d'une valeur de 118 millions de dollars. 4 cadres dirigeants de l’entreprise étaient incarcérés aux USA  (l’un d’entre eux a passé 14 mois dans une prison de haute sécurité) et Alstom se voit menacé d’une énorme amende de 772 millions de dollars.
Bizarrement, le 16 décembre 2014, trois jours avant l'assemblée générale extraordinaire des actionnaires d’Alstom qui approuvera la cession des activités énergies à General Electric, une nouvelle dépêche de l’agence Bloomberg confirmait la fin des poursuites contre les dirigeants d’Alstom : "Accusé de corruption, le groupe serait prêt à transiger avec le ministère de la Justice américain, mais c’est GE qui paierait" ! Selon Le Figaro du 17 décembre : "les avocats de GE auraient joué un rôle clé : leur intervention aurait permis de faire baisser le montant en échange d’une promesse d’appliquer le code de bonne conduite du groupe américain chez le français. L’accord ne devait toutefois être révélé qu'après la finalisation de l’opération pour que l’amende n’apparaisse pas comme un élément qui aurait fait pencher la balance du côté américain plutôt qu’en faveur de Siemens-Mitsubishi" ».
Selon un dirigeant qui tient à rester anonyme : "Au sein de l’état-major d’Alstom, tout le monde sait parfaitement que les poursuites judiciaires engagées aux Etats-Unis contre Alstom ont joué un rôle déterminant dans le choix de vendre la branche énergie. Ces poursuites expliquent tout. C’est un secret de polichinelle. »
Montebourg, alors ministre des finances, a été soigneusement maintenu à l’écart et a appris la décision surprise du rachat… par la presse. Conscient de la méthode et des enjeux et dans l’urgence, il a proposé alors une nationalisation partielle d’Alstom pour protéger les intérêts français. Ceci a été refusé par le président Hollande, sous l’influence de son conseiller économique, Macron, qui aurait déclaré : nous ne sommes quand même pas  au Vénézuela.
Bilan des courses : un fleuron de l’industrie française (l’électrique, c’est 75% d’Alstom) est passé sous contrôle américain par une opération de chantage et de guerre économique. L’amende (772 millions de dollars) a finalement été réglée, non par General Electric, mais par  ce qui restait d’Alstom, cad le transport ferroviaire.

Arabelle :un enjeu stratégique

Les turbines d’Alstom constituant un élément essentiel ( non nucléaire) des centrales nucléaires française ( les turbines Arabelle équipent , le rachat par GE s’est vite révélé pour ce qu’il était : une atteinte directe aux intérêts stratégiques français :
Ainsi, dès 2016, General Electric engageait  un bras de fer avec EDF pour modifier le contrat d'entretien des 58 turbines Arabelle d'Alstom qui font tourner nos centrales atomiques. Le groupe américain voudrait réduire sa responsabilité financière en cas d'incident.n Pour tordre le bras à EDF, General Electric est allé jusqu'à suspendre, pendant quelques jours de février, le travail de ses équipes dans les centrales françaises et pratiquer « une grève de la maintenance », en fait un véritable chantage, provoquant la colère  du PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy: « EDF a été forcé de mettre en œuvre des mesures d'urgence dépassant notre plan de secours (habituel). Cette attitude, venant d'un partenaire historique, est inacceptable »
Mais il y pire. L’intervention de General Electric empêche en fait toute politique française de vente de centrales nucléaires. Qui ira acheter des centrales nucléaires françaises sachant qu’une des pièces principales,  les fameuses turbines Arabelle, peuvent être à tout moment soumise à un refus de vente de la part du gouvernement américain ?
Pour Alain Juillet, ancien haut responsable de l’intelligence économique à Matignon, l’affaire est entendue : cette vente fut « une opération manipulée ».
Disons encore que cette opération a rapporté énormément à l’ex-PDG D’Alastom, Patrick Kron, l’homme qui a conclut en douce et sous pression la vente à General Electric : La revente de la branche Énergie d'Alstom à GE a apporté à vingt-et-un dirigeants d’Alstom (dont Jérôme Pécresse, le mari de Valérie Pécresse) un bonus additionnel de 30 millions d'euros dont 4 millions d'euros pour Patrick Kron. En d’autres temps, on aurait parlé de haute trahison, et ce n’est pas un bonus confortable mais une plus inconfortable prison qu’auraient gagné les principaux acteurs. A noter que du côté General Electric France, une conjointe de politique était aussi à la manœuvre : Clara Gaymar, qui a démissionné trois mois après la prise de contrôle musclée d’Alstom- pour, selon certains journalistes, ne pas gêner l’éventuel retour de son mari en politique en cas de victoire de la droite (raté !). Pourquoi, il y avait donc quelque chose de gênant ?
Après avoir autorisé l’investissement de General Electric dans Alstom en 2014, Emmanuel Macron, interrogé en 2016 par une commission d’enquête parlementaire semblait tardivement retrouver un peu de lucidité et émettait quelques doutes sur les conditions de la négociation sous pression de la justice américaine : « Pour ce qui est de l’enquête de la justice américaine, je me suis moi-même posé la question, parce que j’étais à titre personnel moi-même persuadé que c’était le cas. Je n’ai aucune preuve…Après, nous avons chacun notre conviction intime... Je ne dirai pas que ma conviction intime ne rejoint pas la vôtre sur certaines de vos interrogations mais nous n’avons aucun moyen de l’établir "
Eh bien, il lui reste pour quelques jours encore la possibilité de faire rentrer l’Etat français dans Alstom et de priver General Electric de majorité absolue en rachetant des parts appartenant à Bouygues. Le fera-t-il ?

La fin d’Alstom ou comment les dirigeants français détruisent l’industrie

Une fois les activités énergie raptées par General Electric, Alstom Transport ne pouvait survivre seul, et la fusion avec Siemens devenait un pis aller quasi obligatoire, menant peut-être vers un champion du ferroviaire européen où la France pourrait peut-être encore jouer sa partie. C’est pour autant la triste fin de l’empire industriel qu’avait su créer Ambroise Roux, un symbole de la France industrielle, un de plus tué par des financiers naïfs qui croient aux contes de fée de l’ultralibéralisme, et qui, par ignorance ou idéologie, détruisent l’industrie française et mettent en danger les intérêts stratégiques du pays.

La fin d’Alstom et de sa branche énergie montrent aussi comment le droit américain, et sa prétention à l’extraterritorialité, en particulier l’International Emergency Economic Powers Act, est utilisée pour mener une véritable politique d’impérialisme économique. Une commission parlementaire française s’en est récemment inquiété- j’en parlerai dans un prochain blog